Titre : Shattered wings
Rating : M (histoire d'être original, quoi)
Personnages : Ecosse (Allistor) et France (Francis)
Réumé : Allistor n'aime pas les humains. Et pourtant, pas le choix, il allait bien devoir supporter celui-ci chez lui pendant quelques temps...
Note de l'auteur : J'ai rien branlé ces derniers temps, je vous demande de m'excuser...Valà un chapitre bien long pour la peine ! Bonne lecture !
Trois heures étaient déjà passées et Francis était en train d'envisager d'attacher Allistor à sa chaise pour l'empêcher de continuer à faire les cent pas. Quoique. Il ferait les cents pas avec la chaise sur le dos. Il ne pouvait pas lui reprocher d'être inquiet pour son petit frère mais bon. Sa nervosité commençait à être contagieuse. La famille de Gilbert passait et repassait sans trop leur prêter attention, vaquant à leurs occupations habituelles. Elizaveta lisait, Ludwig faisait le ménage, Roderich jouait du piano, Vash et Lily jouaient aux échecs.
Soudain, la femme du mécanicien s'effondra sur son fauteuil. Le vampire s'en approcha et lui tapota la joue. Pas de réaction. Il commença à paniquer, étant déjà sur les nerfs.
Personne ne semblait réagir. Pas même Francis.
- Eh, elle est évanouie !
- Ce n'est pas grave, laisse-la, lui répondit Ludwig.
Le roux l'observa comme si une deuxième tête venait de lui pousser.
- Mais elle est évanouie !
- Et je te dis que ce n'est pas grave.
- Mais t'as un problème ! Elle a fait UN MALAISE !
- Ja.
Allistor laissa tomber et prit le livre que lisait la jeune femme pour le poser sur la table basse. Il la prit dans ses bras et se tourna vers Roderich.
- Où est l'hôpital le plus proche ?
- Pas besoin d'hôpital, Gilbert s'en occupera.
- Mais il est en pleine opération !
- Il s'en occupera après.
- …Francis, ils sont dingues ou quoi ?
- Non, ils ont raison, elle n'a pas besoin d'hôpital.
- Pourquoi ? Elle fait ça souvent ? Et ça inquiète personne ?
- C'est normal. Ne t'inquiète pas, Allistor.
Le vampire reposa Elizaveta sur le fauteuil et l'observa quelques instants sans comprendre. Elle venait de s'évanouir sans aucune raison et personne ne semblait choqué. Mais après tout, pourquoi ça l'étonnait ? Depuis qu'il côtoyait Francis, il avait dû revisiter sa définition de l'impossible. Un requin-poulpe à deux têtes pourrait sortir de l'évier que le blond se contenterait de soupirer en disant un truc du genre que ces machins étaient incapables de se tenir tranquilles. Alors une jeune femme qui s'évanouit, apparemment assez fréquemment, sans aucune raison apparente, quoi de plus normal ?
Il alla s'asseoir à côté de l'humain dans le canapé. Mais ne tint pas plus de trente secondes avant de se lever à nouveau.
- Je vais voir comment va Matthew.
- Il a dit qu'il refusait qu'on vienne le voir.
- Je sais.
- Et il a essayé de me mordre quand j'ai voulu le voir quand même.
- Je sais aussi et c'est normal. Un vampire qui vient à peine d'être transformé n'est pas stable et il ne veut pas te blesser, Francis. Mais je suis bien plus fort que lui. S'il veut se défouler sur moi, y'a pas de problème.
- Hm. Sois prudent, et ne le blesse pas.
- Mouais, t'en fais pas…Tu m'appelles quand Gilbert a fini si je suis pas revenu avant, hein !
- Mais oui !
- Et, euh, tu la surveille…
Le vampire désigna la jeune femme encore évanouie. Francis acquiesça en souriant devant le regard encore interloqué d'Allistor. Finalement, le roux disparut dans les escaliers et alla frapper à la porte de Matthew. Il n'eut droit qu'à un « Laissez-moi tranquille ! » étouffé. Il en déduit facilement que le blond devait être enfoui sous ses couvertures. Il en avait vu des humains exsangues n'ayant d'autre choix de de devenir vampire. Dylan avait travaillé dans un hôpital spécialisé dans ces cas-là, à une époque, et Allistor étant jeune l'y accompagnait souvent. Et il devinait facilement ce que ressentait le fils adoptif de Francis. De la peur. La peur de ne plus pouvoir vivre une vie normale. De la douleur physique due à la transformation. De l'appréhension. Et s'il oubliait de fermer sa fenêtre et brûlait ? Et s'il ne supportait pas le goût du sang ? Et s'il mourrait en vol ?
Et si Francis ne le voyait plus comme son fils après ça ?
Question tout à fait stupide selon le roux mais il aurait parié ses ailes –s'il en avait encore- que c'était la principale interrogation de Matthew en ce moment même.
Certains humains ne supportaient pas la transformation et se suicidaient en allant au soleil ou en se laissant dépérir. Parce que, parfois, et même souvent, leurs familles les rejetaient. Par peur de se faire mordre ou tout simplement par racisme. Leurs compagnons, maris, femmes, petits amis, petites amies, les quittaient. Qui voudrait partager sa vie avec une créature de la nuit ? Une chose vivant à l'écart de tout rayon du soleil –du moins jusqu'à un certain âge-.
Et qui voudrait voir ses proches dépérir et mourir en se sachant immortel ? Les voir vieillir. Voir ses enfants mourir. Ses petits-enfants mourir. Ses arrière-petits-enfants mourir. Voir toute sa lignée être enterrée. Être incapable de se rappeler les naissances et les premiers rires, les mariages et les premiers amours, les joies et les partages. Ne voir plus que cette accumulation de pierres tombales.
Il entra.
- Matthew ? C'est Allistor.
Il n'eut pas de réponse. Remerciant sa vision nocturne –en même temps un vampire sans vision nocturne, c'est un peu comme une chauve-souris muette. Ca cogne contre les murs-, il s'approcha du lit. Une boule se formait sous la couette. Il s'assit calmement, connaissant les réactions brutales qu'un humain en pleine transformation pouvait avoir. Et il voulait rassurer Matthew, pas l'empêcher de lui arracher la trachée avec les dents. Lentement, une petite tête blonde émergea pour l'observer. Les si beaux yeux bleus du jeune homme avaient virés au rouge sang –un état passager, ils redeviendront bleus dans quelques semaines- et étaient remplis de larmes. Ses lèvres étaient entrouvertes, dévoilant ses canines à présent pointues et aiguisées, prêtes à l'emploi. C'est face à son visage qu'Allistor réalisa qu'il était venu ici pour le réconforter mais n'avait absolument aucune idée de quoi dire.
- Euh, tu sais, c'est pas si terrible d'être un vampire.
Des fois, il se désespérait lui-même.
L'humain renifla et sortit de sous la couette pour s'asseoir à côté du roux sans un mot, s'appuyant un peu contre lui. Ses genoux étaient repliés contre sa poitrine et il les maintenait ainsi grâce à ses bras. Son corps tout entier était secoué de soubresauts, comme un furieux hoquet.
- Francis s'inquiète tu sais.
L'autre ne lui répondit pas, laissant un long silence.
- Je suppose que c'est normal, c'est ton père.
Bien, maintenant il se mettait à dire n'importe quoi pour combler le vide. Ce n'était pas son genre, pourtant. D'habitude, il aimait bien les silences dans les conversations. Lorsqu'il discutait avec Dylan, ils pouvaient échanger durant un quart d'heure puis laisser passer une bonne heure à simplement boire. Lui lisait et son aîné faisait souvent de la couture ou du tricot –et il soutenait que ce n'était pas un passe-temps de grand-mère-.
- Tu ne veux pas en parler, hein ?
Un nouveau silence. Il avait l'impression de se parler à lui-même.
- Je comprends. C'est tout nouveau ce que tu vis. Ca doit être effrayant. Moi j'en sais rien, je suis né comme ça. Je parie que tu entends mon sang pulser dans mes veines. Mais ne me mords pas, le sang de vampire, c'est vraiment dégueulasse, et ça ne nourrit pas. J'crois qu'on a pas de fer dans le sang ou un truc comme ça.
- …C'est vrai ?
- Essaye par toi-même, on vis d'expérience.
Ravi d'avoir pu lui tirer trois mots, Allistor tendit son poignet au blond. Matthew hésita quelques instants mais le vampire l'encouragea à le faire, aussi, il le mordit. Avant de relever la tête en grimaçant, faisant rire le roux.
- C'est pas bon, hein ?
- N-non…
- Quand j'étais gamin je mordais mes sœurs…Un jour Carlin en a eu marre et m'a forcé à me mordre moi-même et boire mon propre sang sous peine de « t'exploser ta foutue tronche contre la porte du garage ». Je peux te dire qu'après ça j'ai arrêté.
L'humain en pleine transformation rit doucement à l'anecdote. Puis se mut à nouveau dans son silence.
- Tu sais, je n'ai plus d'ailes.
Les yeux rouges se levèrent sur lui.
- Nan, j'en ai plus. On me les a arraché. Un humain. Et tu sais, un vampire sans ailes…Bah c'est comme une femme sans seins. Ca reste un vampire mais…C'est pas pareil. Tiens, tu vois les grandes réunions d'été ? Normalement, les vampires les loupent pour rien au monde Sinon tu es exclu, tu vois. Mais bon, la plupart du temps, pendant cette réunion, on vole. Alors quand tu es cloué au sol…Ca le fait pas.
- C'est…C'est triste…
- Bof, j'en ai plus rien à foutre. J'ai mes abrutis de frères et sœurs, et c'est tout ce qui compte. Parce que même si je suis cloué au sol, ils peuvent atterrir et être au sol avec moi. Tu comprends ce que je veux dire ?
Pas de réponse.
- C'est pas grave si tu deviens un vampire. Francis ça reste ton père adoptif. De toute façon il serait mal placé pour te rejeter pour ta différence.
Matthew se renferma encore un peu plus sur lui, enfouissant son visage entre ses jambes. Allistor eut même du mal à entendre son « Comment tu as…As…Deviné que je pensais à…à ça… ? ». Il prit un temps pour répondre.
- Parce que c'est le premier truc que j'ai pensé vis-à-vis de ma mère. Tu vois, je venais de me faire arracher les ailes, et ma première pensée a été que j'allais me prendre une raclée par ma mère (il eut un rire) il faut dire qu'elle a du caractère ! Et je pensais qu'après m'avoir mis une bonne raclée, elle allait me foutre à la porte en me traitant d'incapable. Mais non. Elle a pleuré –et ça je peux te dire que je pensais même pas que c'était possible !- et m'a pris contre elle.
Il marqua une pause.
- Et ensuite, elle m'a mis une raclée.
- P-pourquoi… ?
- Il faudrait que je te raconte tout le schmilblick. Et c'est long.
- On…On a le temps…
Un soupir échappa au roux.
- T'en parles pas à Francis alors. Je n'veux pas de sa pitié.
- P-promis…
- Bien. Alors, tu vois, j'ai beaucoup de frères et sœurs. Et l'un d'eux, c'est Arthur. C'était y'a soixante-dix ans, il avait à peine une dizaine d'années. C'était un sale morveux qui passait son temps à refuser sa condition de vampire. Allez savoir pourquoi…Et il sortait souvent sans autorisation en dehors de la maison familiale –à l'époque, j'y vivais-. Et un jour il s'est fait chopé par des humains, des chasseurs de vampires. Sauf que ça n'a rien d'intéressant, un marmot comme ça. Encore s'il avait été une fille, ils auraient pu attendre et le prostituer. Mais là…Ses ailes sont toutes petites et elles n'ont pas encore d'articulations. Juste des petites membranes. Son sang est trop jeune pour avoir un quelconque effet. Bref, il servait à rien. Donc ils ont utilisé la technique du pêcheur, utiliser le petit poisson pour choper un plus gros poisson. Chez nous les Kirkland, c'est bien connu, les femmes sont plus fortes que les hommes, donc ils ont préféré s'attaquer à un homme. J'ai eu le malheur d'être le…Le…Le plus grand je suppose, en taille. –Ou alors le plus beau-. Le deal était simple, je leur offrais tout ce que j'avais à offrir et ils me rendaient Arthur. J'ai accepté. Ils ont failli me vider de mon sang ces cons. Et ils m'ont arraché les ailes. Je peux t'assurer que c'est une expérience qui n'a rien d'agréable. Et puis…J'ai réalisé à quel point j'étais naïf à l'époque. A aucun moment ils n'avaient eu l'intention de me laisser repartir avec Arthur. Ils comptaient me tuer, puis proposer le même marché à Dylan, puis à Rowen, j'en sais rien…Mais ils voulaient y faire passer toute la famille. Sauf qu'ils ont fait une grosse connerie, ils ont laissé Arthur assister à ma torture. Le pauvre, il allait déjà pas très bien mais alors en comprenant que j'allais me faire tuer…Il a eu très peur. Donc il a eu une réaction très…Kirklandaise.
- Ah ?
- Il a tout fait sauter.
- Que…Quoi ?
- Si, si, c'est très Kirklandais ça. Typique même. On aime bien faire sauter les trucs. Et on est des mages, en plus d'être des vampires. Arthur est très puissant, il a un potentiel de dingue, vraiment ! …Mais il est nul –je le soupçonne d'inconsciemment refuser de s'améliorer depuis ce jour-. Il ne contrôle rien. Et là…Bah il a rien contrôlé. Je ne sais pas ce qui s'est passé mais je me suis réveillé au beau milieu de la forêt, en sang, les trois quart des os brisés, plus assez d'énergie pour me régénérer, y'avait des morceaux d'arbre partout, et à quinze mètres de là où on était, y'avait un énorme trou brûlé et des cadavres partout. Ma condition de vampire m'a sauvé de justesse. Et Arthur…Et bien cet idiot a utilisé presque toute son énergie à faire ça et a bien failli me claquer entre les doigts. Maintenant, imagine la réaction de ma famille quand ils ont entendu un bruit contre la porte. Ont ouverts. Et m'ont trouvé à moitié mort, complètement effondré, incapable de faire un pas de plus, à moitié à poil en prime, le dos saccagé, plus d'ailes, et un Arthur dans les vapes dans les bras.
- Oh…
- C'est pas très Kirklandais « Oh ». Ca a plutôt pas mal gueulé. Et je pensais que ma famille ne voudrait plus de moi parce que je n'étais plus pareil. Déjà au niveau physique, je n'avais plus d'ailes. Mais aussi au plan mental. J'ai commencé à m'opposer à tout ce qui pourrait mettre mes cadets en danger, à refuser qu'ils aillent à l'école, les empêcher de sortir. On m'a fait comprendre que ce n'était pas possible et j'ai su que je ne saurais vivre avec eux en les sachant courir de perpétuels dangers comme ça. Donc je me suis exilé dans mon bon vieux château écossais. Ma mère a approuvé mon choix. Mais personne ne m'a rejeté, tu vois ? Alors pourquoi Francis te rejetterait, hm ?
- Il…Il est tellement…Fort…C-comme toi…
- Et alors ? Tu es fort aussi. Déjà, tu le supportes. Et tu…
- N-non, je ne suis p-pas fort…P-parce qu'il…il veut reprendre le dessus…
- Hein ?
- Il…En ce moment il arrive à…A prendre mon…Mon esprit et…
- Mais de quoi tu parles ?
- Il…
- LE GENIAL MOI-MEME ET MA GENIALE ASSISTANTE AVONS FINI NOTRE GENIALE OPERATION !
Arthur : Comment ça les femmes sont plus fortes chez les Kirkland ?
Hermeline : Un problème petit frère ?
Carlin : Tu veux peut-être qu'on vérifie ?
Anna : Monsieur le nul en magie.
Nolwenn : Incapable de réussir un sort.
Review ? :3
