« Bella in Wonderland » Bella au Pays des Merveilles

Twilight, à S. Meyer

Bella in Wonderland, à Ccon5

Traduction de Lex Lina

Chapitre 12

BPOV

La lumière du soleil remplace finalement le clair de lune. Elle se projette par la grande fenêtre et, est accompagnée par le bruit de la pluie qui tombe lourdement. Rien d'étonnant jusque là. Je regarde autour de moi, dans une chambre, qui n'est pas la mienne. Soudain, une abondance d'images envahie et inonde mon esprit.

Des bougies. Du vin. Des spaghetti. Des fleurs. Edward fronçant les sourcils. L'ipod. Edward qui sourit. Le son d'une guitare. Des larmes. Les paroles d'une chanson. Un baiser. De la passion. De l'agitation. Des vêtements éparpillés sur le sol. Doucement/rapidement. Dur/doux. Bruyant/calme. Pousser/retirer. Donner/recevoir. Paradis...

Je reste étendue et éveillée durant quelques instants, rejouant tout ce qui a eu lieu la nuit précédente. Un million et demi d'inquiétudes commencent à m'effleurer mais je remarque que d'une, j'ai un putain de grand sourire sur mon visage et de deux, j'ai un mec magnifique, qui possède mon cœur, allongé à coté de moi. Je décide donc que tous les soucis peuvent attendre un peu plus tard. Je compte apprécier le moment. Aussi courte peut être la durée, aussi naïf que ça peut paraître, de mettre la réalité ainsi de coté jusqu'à plus tard, je vais en apprécier l'instant.

Oui bien sûr, j'ai juré d'écouter Britney et de vivre selon les principes de ses paroles, mais merde, elle n'a pas Edward Cullen qui se jette sur elle à chaque seconde de chaque putain de journée. Elle et moi partageons les mêmes initiales et tout, mais maintenant que je couche avec mon womanizer, c'est tout ce que la princesse de la pop et moi nous avons en commun. En plus, est ce qu'elle est vraiment saine d'esprit? C'est une mangeuse de Taco Bell, qui se rase la tête, et qui prend parfois l'accent britannique et c'est qu'elle est un cas avéré d'araignée au plafond.

Tentant de me retourner, loin de la lumière qui n'est pas bienvenue, je me retrouve directement et étroitement enchevêtrée dans un nœud de draps, bras et jambes. J'ai l'impression d'être un putain de chirurgien en m'extrayant de ce bordel. Mais je le fais sans pour autant réveiller l'incarnation de la perfection qui est allongée sur son ventre près de moi.

Ses cheveux sont éparpillés tout autour de son visage alors qu'il repose sur sa joue. Je ne l'ai jamais vu être aussi détendu. Alors que mes yeux parcourent son corps, je remarque deux séries de griffures d'une bonne dizaine de centimètres sur son, autrefois parfaitement parfait, dos nu.

...Plaisir. Douleur. Attiser. Explosion...

Je souris encore plus largement à ce souvenir et frôle avec légèreté, mon doigt, sur une des marques rouges.

Je me glisse hors du lit sans bruit, et parcoure la chambre à la recherche de mes vêtements. Je retrouve ma culotte mais pas mon soutien gorge.

OK, je peux vivre avec ça.

Je finis par me résoudre au fait que tous vêtements qui pouvaient me couvrir ont été perdus dans un trou noir et je finis par prendre une des chemises blanches d'Edward pendue dans son placard. Je sais qu'elles sont là. Je les ai lavées, séchées, repassées et accrochées après tout. J'ouvre délicatement les portes de la chambre, me glisse de l'autre coté et les referme.

Mes yeux tombent sur la cuisine, qui est dans un sale état.

Vin. Lumière tamisée des bougies. Clair de lune. Éméchée. Bras qui se glisse autour de ma taille. Une danse. Deux danses. La première, celle dans laquelle nous nous engageons toujours. Des allers – retours, pousser et retirer, flirter et rejeter. La suivante, traditionnelle. Main dans la main. Main sur la hanche. Se balançant doucement et parfaitement... basilic. Sauce spaghetti. Ail...

L'ipod n'a plus de batterie depuis longtemps et les préparations pour notre nuit Spaghetti sont restés étrangement intactes dans la cuisine comme une preuve de notre brutale interruption de la veille. Les bougies ont complètement fondues et je suis contente qu'elles n'aient pas provoqué un incendie, non qu'on ne l'aurait remarqué.

Je nettoies la vaisselle puis commence à couper des bananes, et à mélanger de la préparation à pancakes dans un grand bol. Dix minutes plus tard, j'entends Edward bouger dans la chambre. Je souris, l'imaginant à la recherche de ses vêtements comme je l'ai fait un peu plus tôt. Quoi que pour moi les recherches ont été infructueuses. Mais je me souviens aussi que c'est sa putain de chambre et qu'il a accès à ses propres vêtements dedans. Putain bien sûr. Ainsi est sa chance. Ainsi est la mienne.

Je regarde l'heure. Il est presque 07h30. Je me rappelle qu'Edward a sa journée de repos. Je me sens mal à l'idée que ce soit moi qui l'ai peut être réveillé si tôt alors que c'est un de ses seuls jours sans tournage. Je suis sur le point de lui dire de retourner au lit lorsqu'il ouvre les portes et s'approche, les laissant ouvertes derrière lui et me rendant complètement et totalement muette.

Mon dieu qu'il est beau.

Et je peux voir le désastre dans la chambre... flagrant rappel de toutes les fois où nous l'avons fait cette nuit. Un grand sourire stupide s'étend sur mon visage à la vue de l'ensemble.

Il porte un boxer bleu marine à rayures qui descend bas sur ses hanches, accentuant son corps incroyable et ce délicieux 'V' qui indique le chemin à suivre.

… Lumière blanche et ombres parcourant les vallées et les crêtes de son torse nu. De son estomac. Mes doigts persistants, traçants, trainants dessus. Pas assez. Remplacés par ma langue. Assez. Plus qu'assez. Satisfaction. Satiété...

Son visage a cet air innocent de celui qui vient de se lever, c'est adorable et vraiment sexy.

Ses cheveux sont en désordre, ce que j'adore naturellement, et ils partent dans tous les sens. Il baisse sa tête , levant sa main pour frotter ses yeux ensommeillés puis la passe dans ses cheveux ingérables. Je le salue nonchalamment.

« Bonjour. ».

Mais je suis sûre que mon putain de sourire montre combien je suis enjouée. Sa tête est toujours baissée, avec sa main emmêlée dans ses cheveux. Il relève doucement son menton, souriant lorsque ses yeux émeraudes rencontrent les miens.

« Bonjour. ».

Il me retourne mes salutations avec une voix du matin rauque, grave et sérieuse qui me fait fondre.

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EPOV

Elle s'écarte du plan de travail et j'en suis presque tombé raide mort. Elle porte une de mes chemises, mais seuls un ou deux boutons sont attachés sous sa poitrine, ce qui fait que le col est grand ouvert devant ses seins... et elle ne porte pas son putain de soutien gorge. Elle en a choisi une blanche ce qui fait que je peux pratiquement voir à travers le truc.

Le reste de la chemise est ouvert et quelque chose de bleu marine ressort de sous sa taille.

Purée cette couleur ressort très bien sur sa peau.

Je n'ai pas eu le temps d'apprécier sa lingerie la nuit dernière, dans toute cette précipitation, et pour être franc, c'était plus un obstacle qu'autre chose pour moi.

Je traine mon regard plus bas et ses jambes sont incroyables. Je remonte vers son visage. Elle a toujours ce sourire idiot fait par ses lèvres naturellement boudeuses. Ses cheveux ne sont plus qu'un amas de boucles désordonnées. Le terme juste-sortie-du-lit n'a jamais été aussi justifié. À la vue de ces mèches ambrées ébouriffées, je suis soudain pris de flashes de la nuit précédente.

Proches. Si proche. Nous deux. Sa tête rejetée en arrière. Elle jouit. Ses cheveux drapant son dos parfait et cambré. Le clair de lune illuminant la courbe de sa cambrure, scintillant dans ses cheveux, luisant sur sa peau. Je la rejoins immédiatement...

Je secoue ma tête pour sortir ce souvenir soudain et extrêmement érotique. Je retire ma main de mes cheveux pour y placer l'autre. Des deux mains, je m'attrape le cœur, lève les yeux vers le plafond et plie légèrement mes genoux comme si j'étais sur le point de mourir.

Elle soupire « Putain d'acteur. ».

« Tu as l'air fantastique. ». Je continue mon jeu d'acteur cliché mais enrobe chacun de mes propos avec de la sincérité.

Elle répond en rougissant légèrement « Je pensais justement la même chose de toi. ». ça c'est le rougissement numéro deux. Quelques secondes passent et je m'inquiètes qu'elle veuille parler de ce qu'il s'est passé.

Je ne suis pas inquiet de lui en parler, merde, je ne suis pas si lâche, mais le peu qu'il y a eu entre nous ce matin se passe extrêmement bien et je ne veux pas que cela change déjà. Je sais que nous devons en parler, et rapidement surtout, mais je veux encore profiter de cette innocence,et de cette simplicité avant que tout soit ruiné par la réalité et les complications.

Je remarque que Bella tient un grand bol, et des pelures de bananes éparpillées sur le plan de travail. Je demande enthousiaste.

« Des pancakes à la banane? ». On pourrait croire que c'est un cadeau de dieu donné au monde.

Purée comment cette fille arrive à me transformer en un putain de môme? Pour des pancakes à la banane? Vraiment Edward reprends toi !

Elle rit « Ouais. Ouais. C'est exactement ce que tu dis. Et Oui, des pancakes à la banane !... mais j'avais oublié que c'était ton jour de repos, alors retournes au lit et je laisserais la préparation dans ton frigo avant que je parte. Ils ne cuiront pas aussi bien mais... ».

Je secoue ma tête « Ça ne le fera pas. ». Un plan se forme dans mon esprit. Elle me regarde avec l'air interrogateur, mais prête à emprunter le chemin que je m'apprete à suivre. Elle est si douce et altruiste que si je lui demande de revenir plus tard pour me les cuire, elle le ferais. Bien sûr, je ne pourrais jamais lui faire ça, mais je sais qu'elle le ferait. Je souris.

« Petit déjeuner au lit? ».

Elle rit. « OK, OK d'accord. Retournes te coucher bébé. ». Elle ne le pense pas de manière attachante car, elle me considère toujours comme un enfant sans défense. « Ils seront prêts dans vingt minutes. ».

« Merci Bébé. ».

J'utilise le même mot qu'elle et retourne dans la chambre, fermant les portes derrière moi.

J'ai dû me rendormir car peu après elle me réveille doucement et je peux sentir l'odeur du bacon et du café dans l'air.

Mon dieu j'aime les petits déjeuners.

« Allez mon chou, réveilles toi. ». Elle parle doucement tout en faisant glisser sa main le long de mon bras.

Je m'assois contre la tête de lit. Elle lance le journal du matin sur une chaise située dans un coin et place un plateau sur moi.

« Putain ça à l'air terrible, merci Bella. ». Je regarde les alentours de la chambre « Hé! Où est le tien? ».

Elle me dit avec une expression sur le visage qui ne peut être décrite que par 'duhh' (Nota. C'est pour tout ce qui est évident.) « Dans la cuisine ».

« Ben vas le chercher. Tu ne veux pas que ça refroidisse n'est ce pas? ». Je lui réponds nonchalamment tout en commençant à tremper mes pancakes délicieusement dorés et moelleux dans le sirop.

« Écoutes Edward. Je vais juste manger là bas rapidement et partir. C'est peut être ton jour de congé mais ce n'est pas le mien. Erica veut que j'appelle pour confirmer ta présence dans les différentes dédicaces prévues par les studios pour la tournée promotionnelle avant la première. ».

« Ils m'envoient encore dans ce truc ! ». Ça m'échappe alors que j'ai encore un gros morceau de pancake dans la bouche. Je sais qu'il ne faut pas parler la bouche pleine mais je ne peux pas m'en empêcher. En plus je sais bien que Bella ne s'en formalisera pas. C'est à peine si je viens de finir un de ces putains de trucs et j'espérais que maintenant le projet était assez important pour éviter la tournée des centres commerciaux.

« Quatre dédicaces bébé. Q U A T R E. » Elle se moque de moi, agitant quatre doigts dans les airs.

C'est quoi le truc avec tout ces 'Bébé', 'mon chou', et 'chéri' d'ailleurs? Elle les a souvent utilisé avec un ton condescendant, mais jamais autant. Je me concentre sur le fait et dans le but qu'elle revienne dans le lit avec moi.

« Je te connais. Alors... ». Je pose ma fourchette. « Tu n'as surement pas besoin de commencer à appeler avant... Hum... ». Je traine un peu en réfléchissant. « OK. Voyons... On est mardi...Alors... Jeudi ! ».

« Vas te faire voir. C'est un coup de chance. ». Elle s'énerve, roule des yeux et regarde ailleurs. Je sais qu'elle déteste être si prévisible.

« Aucune supposition ici mon chou. ».

Tu vois. Je peux les utiliser aussi Bella.

Je continue machinalement à prendre un autre morceau dans ma bouche. Mon dieu ces trucs sont divins.

« C'est juste que je te connais bien. Un jour d'avance, ce n'est pas assez de temps pour toi, c'est trop proche, et trois jours, alors là c'est juste un peu trop. ». J'appuie mes dires avec ma fourchette dans les airs.

« D'accord. Peu importe. ». Elle va d'un pas lourd vers la cuisine, bien que je pense qu'elle fait semblant d'être ennuyée vu qu'elle a cédé très facilement. Si elle voulait vraiment débattre avec moi, je sais très bien qu'elle l'aurait fait, et ce jusqu'au moment où elle serait arrivée à ses fins. Ma copine est têtue comme ça, et ce n'est qu'une de ses nombreuses qualités qui me laisse admiratif devant elle.

Un peu plus tard, elle revient avec un plateau. Je m'attendais à ce qu'elle s'assoit près de moi, le dos contre la tête de lit, mais non.

Regardes chérie tu n'es pas si prévisible.

Au lieu de cela, elle s'installe près de mon plateau, face à moi. Elle a les genoux pliés et ses jolis petits orteils touchent à peine la tête de lit.

Orteils tendus, rigides alors qu'ils sont pressés dans le matelas... suivis d'orteils tortillés de plaisir...

Elle pose son verre de jus et sa tasse de café sur la table de chevet et lève son assiette et ses couverts devant moi.

« Tiens les s'il te plait. ».

Je les prends, la regarde avec un silence amusé. Elle se penche et pose le plateau vide sur le sol près du lit. Le geste lui demande de se pencher assez bas, ce qui me donne une vue fantastique de son cul, dans sa putain de culotte en dentelle.

mes mains, mes doigts, tenant, agrippant, serrant, s'enfonçant dans son parfaitement rond, et joli derrière... mon dieu Edward. Concentres toi. Allez mec...

Elle s'assoit, réclame ses affaires et me dit.

« Merci. ». J'acquiesce. Je suis encore à court de mots. Elle me demande.

« Pourquoi est ce que tu souris? ». Elle balance l'assiette sur les genoux pliés et commence à manger. Je cherche mes mots.

« Sans raison Bella. C'est juste... toi. C'est tout. ». Je lève ma main gauche et tapote l'intérieur de son mollet lisse qui est juste à coté de moi.

Cheminer par mes baisers le long de ses jambes. Commençant à ses pieds... montant sur ses chevilles... tibias... mollets... genoux... cuisses... Explorer... apprendre... fasciner... caresser... être honorer par chaque centimètre de son corps parfait...

Je pourrais facilement glisser ma main tout le long, jusqu'à son genou et descendre l'intérieur de sa cuisse si je le voulais. Savoir que je le peux m'excite, mais je reste simple, doux.

On rit, discute, et mange notre petit déjeuner tranquillement, à un rythme confortable et ça fait incroyablement du bien de ne pas être contraint par le temps. Une fois fini, nous posons la vaisselle sur mon plateau, que nous posons ensuite par terre et on s'installe pour regarder la tv un moment.

Bella se place sous mon bras et repose sa tête contre mon torse et mon épaule. Elle s'intègre parfaitement là, bien entendu. Et je mentirais si je disais que ce n'était pas la chose la plus naturelle du monde... comme si nous nous relaxions ainsi depuis des années. Et c'est sûr que ça me plait, mais cela aurait dû aussi me faire peur. Mais je pense que le plus terrifiant est que ça ne me fait pas peur du tout.

O0o0o0o0o0o0o0o0o

BPOV

Après environ une heure, j'éteins la tv et me décolle de son étreinte chaude et enivrante. Il me demande joyeusement.

« Et où crois tu aller? ».

« Poser la vaisselle dans la cuisine et retourner dans le monde réel. ».

« Je ne pense pas. ».

Je réponds en rampant vers le bord. « Edward, on est dans ce lit depuis près de deux heures, on ne peut pas y rester toute la journée. ».

« Si, en fait on peut. ». Il attrape un pan de ma chemise.. ouais bon, de sa chemise... d'une main.

...Mains... Empoignant... Griffant... S'agrippant aux draps, au matelas, aux oreillers, à la peau, aux cheveux...

Je secoue ma tête aux souvenirs qui m'envahissent et retourne mon regard vers lui et je peux voir qu'une idée germe dans son esprit. Je dis lentement.

« Edward. ».

Il gémit « Quoi? … Il pleut et nous avons passé tellement de temps sous cette putain de pluie que je préfère vraiment rester à ... ».

« Edward, on est mardi purée... ».

« Fais comme si c'est le week end alors ! En plus, c'est mon jour de repos et nous avons déjà établi que tu n'as pas de travail qui serait à faire avant les deux prochains jours. Alors je prends les devants, et aujourd'hui nous ne bougeons pas de ce lit. ».

Je tente de protester « C'est ridicule Edward. Écoutes... ».

« Non. Ma décision est finale. ». Il tire brusquement la chemise et me renverse sur lui.

« OK. D'accord. Peu importe. ». Je me redresse. L'idée est ridicule mais je dois l'admettre, je ne suis pas prête à faire face au monde extérieur. Je sais que nous devons cependant parler de ce qu'il s'est passé. Mais je sens que tant que nous restons dans cette chambre, dans ce lit, nous n'aurons pas à gérer quoi que ce soit directement.

Et qu'il le sache ou non, je sais que c'est pour cela qu'il suggère cette idée, qu'il l'a exigé plutôt, mais peu importe. On aurait pu facilement sortir et faire quelque chose de sa journée de congé, mais au lieu de ça, nous préférons rester dans notre petite cachette, un peu plus longtemps.

« Mais... il n'y a pas grand chose que l'on peut faire ici. ». Un sourire machiavélique s'affiche sur son visage. Je lui réponds en souriant.

« Vas te faire foutre. Je ne vais pas coucher avec toi le reste de la journée. ».

Il rit et me répond « On doit alors être créatifs dans ce cas, n'est ce pas? ». Sa façon de le dire sonne encore comme s'il parle de sexe tout de même.

Je réfléchis une seconde. « OK. Tu ne vas pas aimer ça, mais techniquement je ne vais pas quitter le lit alors... Je dois envoyer un mail à Erica au sujet d'une soirée de lancement pour un magazine à laquelle tu es invité après que tu ais fini ici. Elle veut être sûre que tu sois directement de retour aux vues du public... bla bla bla bla... Alors, ça te dérange pas si j'utilise ton portable vraiment rapidement? ». Je regarde en direction du Macbook argenté qui est sur la table de chevet.

Il dit avec méfiance. « Ouais. Je suppose que c'est bon. ». Je suis contente. Je suis d'accord pour jouer le jeu mais j'ai vraiment besoin qu'une partie de mon boulot soit fait.

Cela fait moins d'une minute que je me concentre sur le pc et Edward est agité. C'est véritablement un putain de gamin. Je l'ignore tout de même, le laissant voler de ses propres ailes.

Après encore une minute, je vois, du coin de l'œil, qu'il se dirige vers le bord du lit. S'il ose poser son pied à terre, je vais lui faire remarquer. Si je dois jouer le jeu, tout ridicule qu'il soit, il doit le faire aussi. Mais sans un mot, il finit par s'agenouiller sur le bord. Il place sa main droite prudemment sur la table de chevet. Il penche son poids dessus, testant sa stabilité, les muscles et les veines de son avant bras et de son biceps tressaillant sous le mouvement.

Ses mains sur mes hanches. Ses bras se pliant alors qu'il les guide et les balance d'avant en arrière, d'avant en arrière, d'avant en arriere … Ses biceps reluisant de sueur car la lumière de la lune se reflète dessus...

Semblant satisfait du soutien de la table de nuit, il se penche encore plus dessus et hors du lit. Il reste dans un équilibre précaire un moment et avec sa main gauche restée libre, il tente d'atteindre le journal qui est posé, et qui le tentait, sur la chaise qui est dans le coin.

La chaise est au moins à un mètre cinquante voire deux mètres du lit.

Ça peut être intéressant.

Je ne dis rien.

Sa portée va loin, mais pas assez. Ses doigts ratent le journal de quelques bons centimètres. Je vois sa langue sortir légèrement du coin de sa bouche tant il se concentre.

Ne me lancez pas sur ses doigts et, Oh Mon Dieu, cette langue... Rien que de les voir dans un même coup d'œil me rend littéralement mouillée...

Il regarde autour de lui, se tenant toujours en équilibre. C'est là que de sa main gauche, au travers du corps, il attrape la télécommande de la tv, alors qu'il est toujours en appui sur la table de chevet qui supporte son poids.

Armé de l'objet, il parvient à attraper le journal et rapidement, revient s'installer sur le lit. Mais à ce moment, j'ai totalement laissé tomber le mail car j'apportais mon entière attention à la scène hilarante qui se passait sous mes yeux.

Une fois son dos de retour sur la tête de lit, le journal en main, il me regarde par dessus ce dernier et me fais un grand sourire. Gonflé de fierté, il ressemble à un gamin qui se serait servi du jus de fruit dans son propre verre pour la toute première fois. Je lui souris et hoche la tête d'approbation.

Oui le grand bébé. Tu as fait du bon travail.

Alors, on a quand même réussi à tenir jusqu'à la tombée de la nuit, sans quitter ce putain de lit. On a alterné l'utilisation du portable et la lecture du journal, fait les mots croisés et les sudokus ensemble et joué tous les jeux imaginables en partant de 'Je n'ai Jamais' en passant par 'Les vingts questions'.

Il tente de m'apprendre à jouer à 'Grand Theft Auto' et d'autres jeux provenant du pack tv... Je lui botte le cul à Mario Kart... et ouais, je dois l'admettre, on a remit ça niveau sexe quelques autres fois aussi...

Allez quoi... Je suis en culotte avec sa chemise, il est dans son putain de boxer... Et on transpire et empeste le sexe. En plus, je ne sais pas pour lui, mais moi, j'ai des flashbacks de cette nuit totalement fantastique et cela depuis le début de cette putain de matinée... mais nous n'avons pas quitté ce stupide lit, une seule fois de toute la journée.

À un moment, nous avons dérivés vers une conversation sérieuse, où il m'a confié qu'il a une peur bleue d'avoir vendu son âme avec cette franchise sur les vampires. Qu'il ressent le fait que sa foi en cet art, qu'il aimait tant au départ, est maintenant et doucement en train de disparaître.

J'ai inséré des 'Ouais' et des 'Hmm' aux bons moments, mais pour la plus grande part, je l'ai écouté. Je sais que c'est tout ce dont il a vraiment besoin.

Ce mec magnifique est devenu simplement une belle gueule pour tant de gens. Et à cause de cela, plus personne ne l'écoute vraiment. Alors je le fais... et non pas en tant qu'assistante, ou quiconque qui travaillerai avec lui. Mais comme son amie, et comme, peu importe ce que je suis maintenant.

Finalement, il fait nuit dehors et on décide que la journée est officiellement finie. On s'attribue le titre de 'Grands gagnants du Jeu des fainéants qui passent toute une journée au lit'.

Oh oui, nous en sommes fiers.

On sort du lit. On s'habille. On utilise les toilettes... ce que l'on attendait avec impatience. Puis nous nous dirigeons dans le séjour sombre. On allume quelques lumières et décidons de sortir pour diner. On meurt de faim.

En premier lieu, je veux retourner dans ma chambre pour prendre une douche et me changer avant de partir. Alors que je me dirige vers la porte, il prend les fleurs de la nuit précédente, me rappelant de les prendre avec moi. Je l'informe gentiment.

« Juste pour info. Je sais que celles ci sont du tas que les fans laissent à l'accueil... mais c'est tout de même très gentil, tu sais, de penser à moi et tout. ». Je finis sur un sourire. Je ne veux pas qu'il pense que je suis saoulée ou blessée mais je ne veux pas laisser passer non plus le fait qu'il m'offre des fleurs de seconde main, sans lui en faire clairement la remarque dessus.

« Comment... Attends... Quoi... Pourquoi penses tu... ». Il bafouille.

Je t'ai eu chéri.

Je hausse les épaules, tentant de garder un ton léger. « Il y a une carte avec... Ces derniers mois, toutes les fois où j'ai dû acheter les fleurs que tu devais envoyer, j'ai toujours laissé les cartes de côté pour que tu les remplisses et tu ne le fais jamais... Ça va. Je ne suis pas blessée, ni rien. C'est juste que je sais que les trucs personnels ce n'est pas ton fort et tout, donc sur ce critère, nous n'avons pas besoin de faire cette... ». Je secoue ma main d'avant en arrière, nous indiquant l'un l'autre « ...histoire trop personnelle non plus. ».

Je n'en pense pas un seul mot. Mais je sais qu'il est bien trop tôt pour espérer qu'il s'engage dans quoi que ce soit, alors je le lui dis. J'ai peur, mais je me sens tellement bien avec lui et je suis prête à faire ce qu'il faut pour le garder près de moi.

Puis avec la populace adolescente entrée en alerte rouge depuis la publication des photos de la première, je sais qu'Erica deviendrait dingue si elle devait gérer un nouveau coup 'Patron & Assistante', mais cette fois, ça serait pour de vrai.

« Oh... hum... ouais... désolé pour ça. ». Il regarde et pioche la carte. « Et... hum... ouais... Relaxe, ça passera bien. ». Sa voix est distante et distraite comme s'il étudiait l'enveloppe scellée, d'une façon étrange que ne comprends pas vraiment.

« C'est quand même très gentil Edward... honnêtement. ».

Je souris, prends les fleurs qu'il tient et presse mon nez contre elles. Puis je me redresse sur la pointe des pieds et l'embrasse doucement. « On se voit dans trente minutes? ».

« Ouais... ». Un sourire revient sur son visage et il range la carte dans sa poche arrière. « … à dans trente minutes. ».

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Tu veux peut être le garder car c'était amusant,

Mais, oh ridicule chérie, qu'as tu fais?

O0o0o0o0o0o0o0o0o

À bientôt !

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