New World

Base : HP

Genre : Mystère, romance, et slash HPDM

Disclamer : Rien ne m'appartient à part la trame que prend l'histoire et les personnages qui viendront se greffer ne faisant pas partie du livre.

Note : Un chapitre de plus pour cette histoire qui verra bientôt la fin. Il reste encore je pense cinq ou six chapitres.

UN GRAND MERCI A TOUS ! VOS REVIEW ME FONT EXTREMEMENT PLAISR !

Chapitre 12 : Réapprendre

Ils venaient d'arriver aux portes d'un village désert. Le jour se levait doucement et les pâles rayons éclairaient les bâtiments délabrés en face d'eux. Ciam soutenait Narcissa alors que Soledad surveillait les alentours. La jeune femme du clan Solar ne cessait de faire des allers et retours entre l'avant et l'arrière du convoi pour ne perdre personne. Les femmes étaient toutes fatiguées et beaucoup n'aspiraient qu'à une pause. Ils marchaient depuis qu'ils avaient fui le campement des pillards. Soledad leur avait assuré que leurs poursuivants n'étaient pas prêts de les rattraper pour le moment. Ce qui avait décidé le meneur. Ciam sourit aà sa princesse avant de se tourner.

- Nous allons faire une pause ici. Essayez de rester groupées, trouvez de quoi vous nourrir, vous changer et surtout vous reposer. Nous ne devons pas rester trop longtemps sur place.

Elles se dispersèrent rapidement, se soutenant les unes les autres pour rejoindre un habitat. Soledad rejoignit Ciam et Narcissa en soupirant.

- Tu sais que nous ne pourrons pas leur laisser beaucoup de repos. Ils nous suivent.

- Où est le prochain camp de rebelles ?

- Encore une bonne journée de marche.

Ciam soupira à son tour. Narcissa posa sa main sur son bras et lui sourit. Un voile cachait toujours sa longue chevelure blonde.

- Tu dois te reposer toi aussi.

Ils se dirigèrent tous les trois vers une petite chaumière à moitié démolie par le début d'un incendie. Une fois à l'intérieur, Ciam se laissa tomber sur une chaise alors que Soledad cherchait de quoi aller récupérer un peu d'eau au puits. Elle ramassa un vieux seau et disparut. Narcissa retira alors son voile et s'agenouilla devant Ciam.

- Je savais que tu viendrais me chercher.

- Comment as-tu réussi à te projeter dans l'autre monde ?

Elle sourit et posa ses mains sur les siennes.

- La magie m'y a aidée. Ce monde est encore vivant. Il y a encore un moyen de le sauver, de tout remettre dans l'ordre. Je suis tombée sur un vieux livre de famille. Druella avait écrit un journal pour que je puisse me souvenir un jour de mon ancienne vie. De ce que nous étions. Au début, je n'y ai pas cru et puis, j'ai découvert la pièce secrète. Celle de la sphère, au manoir. Chaque endroit où résidera l'enfant de Naya, une sphère apparaîtra, car jamais Naya ne s'éloigne de ses enfants perdus.

Ciam se détendit. Il ne pensait pas qu'après leur arrivée dans ce monde, la femme qui les avait accueillis et leur avait trouvé une identité écrirait un journal pour qu'un jour, la princesse puisse se souvenir. Ils en avaient parcouru du chemin.

- Je n'aurais pas dû venir sans toi. J'ai été maladroite et curieuse. Je me suis retrouvée ici avec peu de mes souvenirs. J'ai vécu en tant que mendiante avant de me faire capturer avec certaines des autres femmes présentes dans le camp. Il a fallu prendre une décision, t'appeler, te retrouver. Mais mon esprit de mère à chercher avant tout mon fils. Puis toi ensuite.

- Pourquoi as-tu fait venir Draco et Harry ici ?

Narcissa se redressa et ancra ses prunelles dans les siennes.

- Mon fils est un descendant de Naya. Il a besoin d'apprendre, de comprendre qui il est. Lucius en a fait un enfant trop orgueilleux. Je voulais qu'il se redécouvre. Au départ la présence du jeune Harry Potter n'était pas calculée, mais je l'ai senti tout de suite. Ils sont liés. Toi comme moi.

- C'est tellement étrange.

- Pourquoi Ciam ?

Elle se releva complètement, remettant le pan de sa robe déchirée en place.

- Qu'est-ce qui est étrange Ciam ? Que Draco et Harry soient liés ? Que nos deux mondes sombrent petit à petit dans les ténèbres ? Que ces monstres puissent voler dans le ciel sans problème ? Ou que toi, toi qui aurais dû rester auprès de moi-même de l'autre côté de la sphère, ne l'aies pas fait ?

Ciam ne sut rien dire. Il baissa la tête, fixant ses mains sur ses genoux. Elle avait raison. Il avait pris sur lui de la laisser. De s'éloigner d'elle pour son propre bien. Mais c'était un choix égoïste. Stupide et égoïste.

- Je suis désolé. Je pensais vraiment bien faire.

- Que les choses soient bien claires Ciam. Ce qui s'est passé il y a des années est derrière nous. J'ai vécu des moments magiques avec Lucius. Je ne les regrette pas. Je ne les regretterai jamais car j'ai eu Draco. Je te l'ai déjà dit. Mais en ce moment, mon fils se dirige vers la capitale, vers cet usurpateur. J'aime mon fils plus que tout. Et c'est là, où nous allons nous rendre nous aussi.

Soledad passa la porte au moment même où Narcissa terminait sa phrase. Elle se retint de tout commentaire en voyant la jeune femme devant elle. Malgré la crasse et les blessures dues à sa captivité, elle ressentait en elle une véritable puissance. Elle l'impressionnait. Mais ce qui la stupéfiait le plus, c'était sa superbe chevelure si particulière.

- Merci Soledad.

Narcissa lui prit le seau des mains et le posa sur la table avant de prendre ce qui ressemblait à des gobelets en poterie et les plongea un à un dans l'eau pour les servir ensuite. Ils burent en silence jusqu'à ce que la jeune recruteuse ouvre la bouche pour parler de nouveau.

- Nous ne pouvons pas rester plus longtemps sinon notre avance ne servira à rien. Je vais rassembler les autres femmes.

- Laisse, je vais le faire. Je pense qu'il faut que tu parles du chemin avec Ciam.

Soledad regarda Narcissa remettre son voile et quitter la chaumière la tête haute. L'étrange homme qu'elle avait rencontré dans le désert se détendit aussitôt. Comme si un poids venait de s'enlever.

- Elle a du caractère.

- Il lui en faut.

Il resta quelques secondes le regard dans le vague avant que Soledad ne lui explique le chemin à parcourir. Elle pensait en effet que les emmener dans le prochain camp rebelle serait plus efficace que dans l'un des prochains villages habités. Si en effet les pilleurs les suivaient, en rage après l'incendie de leur camp, il faudrait des personnes sachant se battre pour s'occuper d'eux. Ils étaient d'accord tous les deux sur ce point-là. Lorsqu'ils quittèrent la chaumière à leur tour, Narcissa avait regroupé toutes les femmes ensemble. Elles étaient fatiguées mais le simple fait de savoir qu'elles allaient pouvoir échapper à leurs ravisseurs et retrouver un semblant de liberté les maintenait debout.

Ils se remirent donc en route. Narcissa en bout de file, soutenant une femme blessée à la jambe. Soledad reprit ses allers et retours entre l'avant et l'arrière pour surveiller leur avancement alors que Ciam, en bon premier, maintenait le cap. Ils marchèrent une bonne demi-journée avant de faire une pause. Le soleil tapait fort et même s'il n'était plus dans un désert de roches et de sable, le peu de végétation apparente ne permettait pas de s'abriter du soleil.

Narcissa s'installa dos à un rocher et la tête en arrière, observait le ciel bleu, sa main jouant avec la poussière du sol. Soledad vint s'installer à ses côtés. Elle l'intriguait. Ciam était parti en éclaireur lui laissant un peu de repos.

- Dis-moi Soledad, connaissais-tu cet endroit avant ?

- Quel endroit ?

- Celui-ci. Je ne me souviens pas qu'il y ait eu un désert sur la carte de notre pays.

- C'est parce que c'en était pas un. Certes la végétation avait du mal à s'imposer mais il existait de magnifiques oasis. Elles ont simplement disparu faute de personne pour s'en occuper et surtout de princesse pour maintenir notre monde.

- Tu en veux à notre princesse d'avoir disparu ?

- Non.

Soledad soupira avant de ramasser un peu de poussière et de la faire retomber au sol doucement.

- Non je ne lui en veux pas. Disparue ou morte, j'aime notre princesse. Je ne sais pas ce qui s'est passé lorsque l'usurpateur a pris le pouvoir. Quand il a tué notre roi. Ce que je sais, c'est que nous sommes tous fautifs. Nous avons laissé les choses se faire sans réagir. Nous nous reposions trop sur la famille royale. Mais le peuple doit aussi savoir quand protéger ce qu'il a de plus précieux.

Une main se posa sur la tête dela Solarienne. Unemain un peu cagneuse mais soulageante. Comme si quelque chose venait de la rassurer sur l'avenir.

- Merci.

Narcissa se releva et épousseta le reste de sa robe. Elle observa tout autour d'elle pour voir son pays, ce qu'il était devenu. C'était l'heure. Il était temps de bouger.

Soledad la regarda partir vers un petit groupe de femmes éreintées par le trajet. Elle essayait de leur remonter de moral. Elle soupira. Ciam et elle formaient un couple étrange. Elle posa sa main au sol pour se redresser mais au lieu de sentir le sable, ses doigts glissèrent sur quelque chose de frais et doux. Elle baissa les yeux et vit une petite pousse verte, puis trois autres. Elle en était sûre, elles n'y étaient pas avant. Son regard se posa de nouveau sur Narcissa. Cette femme n'était pas ce qu'elle prétendait être.

O

Alexander n'était pas monté à cheval sur une si longue distance depuis un moment. En fait, depuis qu'il avait dû fuir la capitale et avorter leur idée de révolution dans l'œuf. Cependant, le jour était venu. Il fallait qu'il montre au jeune prince qu'il n'était pas un pleutre. Sa femme lui avait donné le feu vert. C'était à lui à présent de se laisser guider.

Il avait rallié les rebelles des environs en convoquant ses généraux du coin et deux jours après le départ du capitaine Morgan, ils avaient pris la route.

Il leur faudrait une bonne semaine à un rythme soutenu pour arriver au camp rebelle proche de la capitale. Mais il était motivé, ses suivants aussi et même Yuni avait voulu le suivre. Il se souvenait très bien de son arrivée à son service. C'est un jeune mendiant, un peu voleur qu'il avait attrapé en train de lui faire les poches. La punition pour cet acte était de se faire couper la main, au lieu de ça, il lui avait proposé de travailler pour lui. Le garnement avait été dur à éduquer, mais il s'était montré patient et à la longue, avait réussi à en tirer quelque chose.

Pour lui, Yuni était comme un fils. Sa femme n'avait pas pu avoir d'enfant. Sa maladie l'affaiblissait trop pour enfanter. Elle s'en voulait de ne pas pouvoir lui donner d'hériter, comme elle aurait aimé pouvoir pouponner. Elle avait très vite adopté le petit sauvageon. Il se demandait même si ce n'était pas elle qui avait réussi à amadouer l'enfant. En tout cas, il était fier de l'avoir à ses côtés aujourd'hui.

Le trajet serait long mais c'était pour une cause juste.

oOo

Draco était assis sur un rocher et observait la mer. L'attaque du monstre avait endommagé le bateau et ils avaient dû faire une halte non programmée dans l'archipel d'îles le plus proche. Malheureusement pour eux, c'était aussi un repaire de pirates. Aucun bateau n'avait été vu aux abords de la plage, si bien qu'ils avaient décidé de quand même s'y arrêter. Mais une tension régnait entre les membres de l'équipage depuis qu'ils étaient arrivés.

Jamais Harry et lui ne s'étaient posé la question de savoir s'il existait d'autres pirates. Pour eux le capitaine Morgan était le seul écumeur des mers potentiellement dangereux. Pourtant s'il existait un bateau pirate, il devait en exister d'autres. Comme les groupes de pilleurs.

Draco soupira, il regarda ses mains puis la mer de nouveau. Il se souvenait de son presque suicide. L'eau l'enveloppant, la résolution de se laisser submerger et entrainer dans les profondeurs. Cette impression de calme, d'être enfin libre. Il y avait songé. Se laisser mourir. Il y avait songé.

- À quoi tu penses ?

Un petit sursaut fit trembler tout son corps mais il ne quitta pas du regard l'horizon. Harry s'assit à ses côtés et essaya quelques secondes de voir ce que voyait le blond. Mais il n'y arrivait pas.

- Tu sais, moi aussi je me dis souvent que ce serait tellement plus simple si je disparaissais loin de tout.

Draco ne répondit pas mais Harry continua quand même.

- Mais je comprends petit à petit que ce n'est pas possible. Fuir, c'est abandonner, perdre ce pour quoi on se bat. J'aime Poudlard, les cours, la vie qu'on y mène, mes amis, Ron, Hermione, Dean, Seamus, Neville, Ginny, les jumelles Pavarti, même Colin avec ses foutues photos. Les professeurs, Hagrid, Rusard et Miss Teigne. Les fantômes, Peeves et ses blagues stupides. J'aime ma vie, ce qu'elle est devenue.

Toujours aucune réponse.

- Lorsqu'on rentrera chez nous, et je dis bien ON, j'aimerais qu'on ne reparte pas de zéro. Qu'on n'efface pas tout ce qui nous a rapprochés ici. Bien sûr, il faudra que je règle le problème d'un certain mage noir qui terrorise la population sorcière d'Angleterre. Mais tous les deux, nous avons évolué, appris, écouté, et je veux qu'on garde tout ça.

Harry tourna doucement son visage pour regarder Draco. Il sourit en voyant les larmes couler le long de ses joues. Il prit son menton entre ses doigts et tourna son visage vers lui.

- Ce qu'on a vécu ici, je ne veux pas l'oublier.

- Merci.

Un sourcil brun se releva faisant bouger la cicatrice en forme d'éclair.

- Merci de dire toujours les mots que j'attends.

Un sourire sincère apparut sur les lèvres du gryffondor. Il se leva et lui tendit la main pour l'aider à se relever. Draco accepta, ils devaient aider à réparer le bateau s'ils comptaient repartir.

o

Le capitaine Morgan avait encore du mal à se dire que le jeune blond qu'il avait devant les yeux et qui aidait à réparer les dégâts causés par le craken était un descendant de Naya. D'un commun accord après les révélations, le capitaine n'avait rien laissé filtrer. Il avait confiance en ses hommes mais il avait peur de leur donner de faux espoirs. Car même si Draco était un descendant de Naya et que la princesse Narcissa, sa mère, semblait de retour, il préférait s'assurer de la vérité avant. Il ne remettait pas en doute les dires des deux garçons, il avait bien vu ce dont le petit prince était capable. Non ce qu'il redoutait et à juste titre Harry et Draco aussi, c'est que ses hommes changent leur attitude vis-à-vis d'eux. Ils étaient là incognito et le resteraient. La seule chose qu'il avait dû expliquer c'est la présence de la petite boule de lumière, Nympha. Tous l'avaient vue et il était difficile de la faire passer pour une illusion d'optique. Harry avait joué la carte de la vérité. Il leur avait expliqué que c'était une Luciola, un être de lumière des forêts, et qu'ils l'avaient rencontrée durant leur voyage. Seule, ils s'étaient liés d'amitié. Elle les suivait partout depuis. Ses hommes étaient crédules. Après l'attaque du craken, ils étaient prêts à croire que cette luciole était une adorable boule d'énergie solitaire en manque d'affection. Comme un animal de compagnie.

Cela faisait une journée qu'ils étaient amarrés dans une petite crique des îles de l'archipel, tout le monde mettait la main à la pâte pour réparer les rambardes et les voiles. Le bâtiment aurait pu arriver à bon port, seulement, si jamais ils rencontraient un autre animal des profondeurs loin de chez lui ou même une tempête, il n'était pas certain que Celestia tiendrait. Perdre une ou deux journée était le cadet de ses soucis. Non, ce qui l'inquiétait c'est la présence d'un autre navire pirate pouvant accoster n'importe quand ici.

Il soupira alors qu'il retapait le mât avec Rémy. Celui-ci aussi était inquiet. Il ne cessait de jeter de petits coups d'œil à la mer pour être certain de ne pas voir approcher un navire à voiles noires. Plus loin, Elysa, Timy et le Coq préparaient à manger pour les hommes. Reprendre des forces assez souvent était important. De plus, le bord de plage regorgeait de cocotiers et arbres pouvant fournir quelques fruits pour éviter de trop taper dans les réserves. La nourriture permettait aussi de garder le moral de ses hommes au beau fixe.

- On sera partis avant qu'il n'arrive.

Morgan soupira, Rémy avait le don de toujours deviner quand quelque chose n'allait pas. Même si les débuts avec Harry avaient été difficiles, ils étaient vite devenus amis. Et c'était une bonne chose. Car de tous ses hommes, Rémy était son plus fidèle matelot.

- Je l'espère. Je n'aimerais pas qu'on soit obligés de rester à terre plus longtemps que prévu.

- Personne n'aimerait.

Ils se remirent à la tâche, accélérant le rythme. Feyrs vint leur donner un coup de main un quart d'heure plus tard, délaissant la coque du navire pour le mât. Apparemment, le rafistolage avançait bien. Tout se passait pour le mieux jusqu'en milieu d'après-midi. Un cri fit sursauter tout le monde. Un des hommes arriva en courant.

- Capitaine, Capitaine. Un navire en approche.

- Couleur ? s'empressa de questionner Morgan.

- Violine, capitaine. C'est lui.

Morgan pâlit, il donna les clous qu'il avait dans la main à Rémy avant de se redresser complètement et de rejoindre le point d'observation. Son matelot ne se trompait pas. Droit devant approchait un bâtiment à voile violine. Il n'eut pas le temps de redescendre qu'Harry arrivait à son tour.

- Que se passe-t-il ?

- Un énorme problème. Prends Draco avec toi, et va voir le Coq. Explique-lui qu'il arrive. Il saura quoi faire. Et surtout cache Nympha.

Harry ne se le fit pas répéter, il dévala la pente, attrapa le bras de Draco et rejoignit le cuisinier. Il lui donna les informations qu'on lui avait communiquées. Rapidement, le Coq attrapa la main du blond et le tira à sa suite vers un grand bac d'eau qui servait à faire la plonge sur la plage. Il attrapa un petit tonneau.

- Mouille-toi les cheveux.

- Quoi ?

- Dépêche-toi.

Draco exécuta et une fois les cheveux mouillés, le cuisinier lui appliqua une sorte de pâte noire et gluante dans les cheveux. Il fit en sorte que chaque parcelle soit recouverte avant de lui vider le baquet d'eau sur la tête pour rincer. Quand Draco se redressa, Harry n'en croyait pas ses yeux. Le serpentard était brun, comme lui. Le Coq attrapa un autre petit tonneau.

- Vos mains !

Les deux obéirent sans se poser de question. Ils se retrouvèrent avec des fruits ressemblant à du cassis. La teinte était la même, la taille aussi mais l'odeur ne l'était pas.

- C'est ce qu'on met dans les plats pour les pimenter. A petite dose. Il sourit, amusé. J'aime relever mes petits bouillons avec. Malheureusement c'est très peu apprécié. Enfin. Dans notre cas, ça a aussi l'effet secondaire de noircir les prunelles quand on en mange trop. L'effet s'estompera quand vous cesserez d'en ingérer.

- Pourquoi ?

- Avalez-les !

Ils exécutèrent. Draco manqua de s'étouffer alors qu'Harry hoqueta de surprise. Timy qui avait suivi la discussion leur apporta un grand verre d'eau chacun. Le verre d'eau fut rapidement consommé.

- Le bateau qui approche est celui du Capitaine Orlanf. Disons qu'en plus d'être un pirate, il est aussi en quelque sorte en bon terme avec le royaume. Vous avez peut-être eu de la chance jusqu'ici mais les étrangers sont très mal vus.

Une petite boîte de baies pour chacun dissimulée dans une poche et au bout de quelques secondes plus tard, ils avaient les cheveux et les yeux aussi noirs l'un que l'autre. Ils rejoignirent ensuite le capitaine qui remit tout le monde au travail. La confrontation aurait lieu dans peu de temps.

oOo

- On avance trop lentement Ciam, ils vont nous rattraper.

- Je sais. Mais nous ne pouvons aller plus vite. Elles sont déjà à bout de force.

Ciam était en tête et savait pertinemment que Soledad avait raison. Ils avaient dû faire une pause en plus à cause d'un petit groupe qui n'avait plus la force d'avancer. Seulement cette pause ruinait le peu d'avance qu'ils avaient encore sur leurs poursuivants.

- Le camp rebelle n'est plus très loin. Je peux y être en une demi-heure si je me dépêche et ramener du secours et des chevaux.

- Il faut donc qu'on arrive à maintenir au moins trois quart d'heure d'avance.

Il balaya le groupe des yeux et s'arrêta sur Narcissa qui donnait de l'eau à une jeune femme qui manquait de s'étrangler à chaque gorgée. Il ne pouvait pas perdre de temps. Il n'avait pas d'autre choix.

- Cours.

Soledad se redressa et partit en courant droit devant elle. Les Solariens étaient connus pour leur rapidité et leur résistance à la chaleur. Ce pour quoi on les appelait le clan Solar. Elle serait assez rapide pour rejoindre le camp. Il leur aurait fallu encore cinq bonnes heures avec le groupe entier. Seule, elle serait plus efficace.

Narcissa avait vu Soledad partir en courant. Ce clan était si beau, si fort, si courageux et élégant. Petite, elle aimait écouter son père vanter les mérites de ce peuple. Leurs aptitudes. Elle aimait les imaginer. Soledad était une digne héritière de ce clan. Elle laissa la jeun femme qui se prénommait Lorine pour rejoindre Ciam.

- Le vent tourne ?

- Oui. Nous repartons dans cinq minutes.

- D'accord.

La princesse repartit aider les plus faibles à se relever alors que les autres tentaient de se maintenir sur leurs jambes râlant contre le soleil qui les fatiguait. La nuit qu'elles avaient passée n'avait été ponctuée que de quelques heures de sommeil par-ci par-là. Certaines avaient même voulu abandonner. Mais Cissa était toujours là pour leur redonner courage. Et la jeune Solarienne aussi. Liberté. Seul ce mot résonnait encore dans leurs oreilles.

Au bout de peu de temps, un bruit derrière eux leur firent tourner la tête. Au loin, la poussière volait signe que quelqu'un se rapprochait. Ils étaient là. Ciam fit accélérer le mouvement mais elles étaient bien trop fatiguées pour faire quoi que ce soit et lui ne pourrait pas les retenir très longtemps. Il n'avait pas pratiqué depuis longtemps. Cissa fit passer la dernière jeune femme derrière Ciam et leur intima de continuer à avancer sans se retourner.

- Va avec elle.

- Je ne te laisserais pas.

- Tu ne dois pas rester. Tu as quelque chose à faire.

Cissa lui assena une gifle. Son protecteur tourna un visage surpris vers elle.

- Tu sais parfaitement que je ne pourrai rien accomplir sans toi.

- Tu es l'héritière.

- Et toi mon protecteur. Ne l'oublie jamais. Nous sommes une paire. Tu restes, je reste.

Ciam voulut ajouter quelque chose mais il était trop tard. Les pillards étaient à présent bel et bien visibles. Une dizaine tout au plus. Un homme contre dix. C'était déjà beaucoup trop. Il sortit son épée, prêt à se battre. Derrière lui, la femme qu'il aimait. Tant qu'elle le soutiendrait, qu'elle serait présente avec lui, il ne pourrait pas perdre.

oOo

Une chaloupe s'approchait lentement de la plage. Le bateau à voiles violines s'était arrêté assez loin pour pouvoir repartir sans encombre. Morgan suivait le mouvement des rames d'un mauvais œil. Il détestait Orlanf, il le haïssait au plus profond de son être et si jamais il apprenait que l'héritier était sur son navire, il s'empresserait d'aller le livrer au roi.

Draco et Harry étaient avec Rémy, ils continuaient de retaper le mât. S'occuper, il fallait s'occuper.

Tout le monde avait été surpris de voir le changement chez le blond, mais personne n'irait à l'encontre de ce qui avait été fait. Personne n'ouvrirait la bouche pour dire quoi que ce soit.

Lorsque la chaloupe accosta, la tension était à son comble, le moindre faux pas et les sabres seraient de sortie L'homme qui quitta en premier l'embarcation était petit, rond et semblait se dandiner en marchant. Il tira la barque jusqu'à la plage pour permettre aux autres de descendre sans trop se mouiller. Le second à le rejoindre était un homme droit, carré, foncé de peau et avec un œil en moins. Un grand tatouage allait de son oreille droite jusqu'à son poignet et représentait un enchevêtrement d'arabesques étranges. Le troisième faisait tout aussi peur mais était légèrement plus petit et moins musclé. Quant au dernier, le capitaine Orlanf lui-même. Plus grand que Morgan d'une tête, il était brun, avec une sorte de petite barbe naissante qui lui donnait l'air de sortir d'un vieux western. Il émanait d'eux un égo et un narcissisme surdimensionnés.

- Capitaine Morgan. Qu'est-il donc arrivé à ton précieux bâtiment ?

- Rien de grave comme tu peux le voir.

- On m'avait dit que tu avais essuyé une violente tempête en arrivant à Sylphe, mais je croyais que ça avait été réparé depuis.

- On ne trouve plus de bons matériaux résistants de nos jours.

Les deux capitaines se toisèrent du regard. Les trois autres hommes déambulèrent dans le campement, observant tout ce qui se trouvait à portée. Chaque marin du Célestia continua sa tâche, faisant comme d'habitude. Le petit homme rondouillet s'arrêta près du cuisinier, reniflant avidement le contenu de sa marmite. Timy épluchait les légumes alors qu'Elysa gardait un œil ferme sur lui.

- Une femme dans ton équipage ?

- Ma femme.

Le capitaine Orlanf regarda le Coq avec mépris.

- Et ton fils peut-être ?

- Parfaitement.

Timy continua d'éplucher sans se couper, feignant de ne pas faire attention à ce qui se passait. Il avait bien compris que ces hommes étaient dangereux. Les trois hommes continuèrent leur tour d'observation alors que le Capitaine Orlanf observait les dégâts.

- Tu as dû entrer en collision avec un gros mammifère… un cracken ?

- Plus une sorte de grosse baleine.

Harry se rapprocha de Draco lorsque l'un des deux gros balourds s'approcha d'eux. Le capitaine sembla lui aussi fortement intéressé par le mât.

- Tu es certain ?

- Pourquoi ? Tu es en chasse d'un mythe ?

Draco tressaillit. Il existait une personne assez folle pour s'attaquer à ses animaux ? Il n'y avait pas que le fait que les fonds marins changent qui poussait à la migration, mais aussi le braconnage. Un beau trophée pour une personne aussi imbue d'elle-même.

- Disons que je veux parfaire ma collection.

- Et bien tu ne trouveras rien ici.

Morgan s'interposa entre le mât et son ennemi. Rémy vint rapidement le rejoindre.

- Oh, tiens, il est toujours là celui-là ?

- Celui-là a un nom. Et oui, je suis toujours là.

Ils s'affrontèrent du regard pendant un court instant avant que le capitaine Orlanf pose son regard sur les deux garçons.

- Je vois que tu recrutes jeune.

Harry avait la main qui le démangeait, prête à se saisir du sabre à sa ceinture s'il tentait quoi que ce soit envers eux et surtout envers Draco.

- Ils ne m'ont pas l'air bien costauds. Enfin… Orlanf se détourna d'eux pour regarder Morgan… Tu engages qui tu veux. Par contre, certaines rumeurs à Sylphe parlaient d'étrangers. Je suis étonné de ne pas les voir.

- Débarqués à Cardin.

- Oh…. Tu es passé à Cardin ? C'est d'autant plus étrange que…

Il se rapprocha de Morgan. Rémy fit un pas en avant pour faire comprendre qu'il n'hésiterait vraiment pas à sortir son sabre. Les deux sbires firent de même.

- Je viens de Cardin et je n'y ai vu aucun étranger.

- C'est en effet très étrange.

Les deux capitaines échangèrent un regard noir. La tension qui émanait des deux était limite palpable. Le capitaine sourit avant de reprendre.

- Tu sais… des rumeurs circulent un peu partout dans le royaume… on dit que la magie serait de retour… le mouvement rebelle prend confiance… et tu te diriges, toi… l'un des plus fervents opposants de sa majesté, vers la capitale. Avoue que c'est intriguant.

Les deux hommes de main vinrent encadrer Morgan.

- Et puis, il me semble me souvenir que ta tête est mise à prix. Il se trouve que je dois faire un saut à la capitale. Le roi sera sûrement heureux si je lui faisais une petite offrande.

- Tu…

- Si. Les temps sont durs en ce moment. Il faut savoir bien jouer sa place.

Il fit un signe de main et le capitaine Morgan fut dans l'incapacité de bouger. Ce fut ce qui déclencha la colère des membres de l'équipage qui sortirent les sabres pour se ruer sur les pirates fraîchement débarqués, mais ils n'eurent pas le temps de bouger qu'un tir de canon se fit entendre. Le boulet atterrit juste dans la coque du bateau amarré.

- Je crois que nous avons dépassé le temps que nous avions donné. Rigola le petit homme rondouillet qui se dandinait d'un pied sur l'autre.

- Je le crois en effet. Alors Morgan, que choisis-tu ? M'accompagner sans faire d'histoire ou je détruis ton navire ainsi que la plage où se trouve ton précieux équipage.

Morgan croisa le regard de Rémy et son second comprit que le choix était fait. Il voulut protester mais ce ne fut pas lui qui ouvrit la bouche.

- Vous êtes un lâche !

- Pardon ?

Draco avança d'un pas alors qu'Harry essayait vainement de lui faire comprendre de se taire.

- Parfaitement. Vous êtes un lâche. Vous venez vous pavaner devant nous et même pas pour votre honneur de pirate. En fait, je ne sais même pas pourquoi on vous appelle pirate vu que vous avez voué allégeance à un monarque irresponsable.

- Mais dites-moi, ce que j'entends là ne serait-ce pas un acte de rébellion ?

- Je crois bien capitaine. Répondit l'homme à tout faire du capitaine.

- Morgan, je vois que tu as trouvé des adeptes.

Orlanf délaissa le rouquin pour se rapprocher de Draco, qui se tenait fier et droit. Harry vint se placer entre eux deux, prêt à en découdre.

- Oh, lui aussi il a un chien de garde.

- Orlanf, laisse-les, soupira Morgan.

Par Naya, qu'est-ce qui passait dans la tête du petit prince pour se faire connaître comme ça. Il ne pouvait pas se taire et attendre qu'ils quittent la plage. Il avait essayé par tous les moyens de les fondre dans la masse et voilà qu'il venait de lui-même se jeter dans la gueule du loup. Et au regard qu'il échangea avec Harry, celui-ci n'était pas du tout au courant de ce qu'il trafiquait.

- Oh non. Il semble que ce jeune arrogant pense par lui-même. C'est surprenant de la part d'un matelot. Je suis sûr que le roi sera heureux d'apprendre qu'on parle de lui en tant qu'irresponsable. Et puis…

- Ils feront de bonnes offrandes aux démons de l'ombre.

L'un des hommes de main délaissa Morgan pour venir attraper Draco par les épaules. Harry n'eut aucun mal à s'interposer de nouveau pour le protéger. L'homme se retrouve au sol. Sa rapidité et son assurance surprirent le capitaine.

- Oh, je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi fluet que toi mettre à terre Lorf.

Un second boulet vint percuter le navire.

- Mais je crois qu'il va falloir que vous vous rendiez à l'évidence. Vous n'avez pas le choix.

L'homme tatoué se redressa et désarma Harry. Les deux furent poussés et tombèrent à genoux devant le capitaine.

- Quelqu'un d'autre souhaite se rebeller ? Oui ? Non ? Parfait. Mieux vaut vous laisser sans meneur. Vous n'êtes qu'une bande d'incapables.

Morgan suivi par Rémy, Harry et Draco furent poussés vers la barque. Personne ne parla le temps du trajet. Les prisonniers ne cessaient de se demander ce qui avait poussé le blond à se rebeller de la sorte. On les fit monter de force dans le navire à voile violine. Ils n'eurent même pas le temps de poser les deux pieds sur le pont qu'on les attrapa et les attacha avant de les jeter sans ménagement dans la cale. Une grille fut placée juste au-dessus d'eux et ils ne purent qu'entendre les ordres du capitaine.

Draco s'installa confortablement contre la paroi. Il avait déjà fait un trajet à fond de cale. Il allait commencer à en prendre l'habitude. Harry qui le vit faire se tourna vers lui, le visage tiré.

- Mais qu'est-ce qui t'a pris ? Se retint-il de crier pour ne pas alerter la vigie.

- Moi ? Draco étendit ses jambes avant de sourire. Le Célestia est en mauvais état et je dois arriver àla Capitalerapidement.

- Tu… Harry ne termina pas sa phrase, il se traina jusqu'à lui en bougonnant.

Morgan regarda l'ancien blond poser sa tête sur l'épaule de son gardien avant de sourire. Il n'avait pas compris tout de suite mais lui avait déjà un bateau d'avance. Il voulait rejoindrela Capitalepar n'importe quel moyen. Et le plus rapide était de se faire emmener par un homme qui avait ses laissez-passer. Rémy voulut dire quelque chose mais son capitaine l'en empêcha. Les réponses viendraient plus tard.

À suivre…

Hop hop et voilà un aller simple pour la capitale.

J'espère que vous aurez apprécié ce chapitre centré sur nos deux couples, Narcissa et Ciam et Harry et Draco.

Le prochain chapitre arrivera fin juillet.
Japan Expo et le fanzine vont me prendre pas mal de temps.

Tchu