Bonjour tout le monde !

Bon... Ça va un peu mieux que dimanche dernier perso. J'espère que pour vous c'est pareil, disons au moins pour une partie d'entre vous. Je ne dis pas que je suis totalement passée à autre chose, loooin de là, mais je commence petit à petit à moins y penser et à me raccrocher à d'autres choses.

Pour ceux d'entre vous qui sont actifs sur les réseaux sociaux, notamment Twitter et Tumblr, vous avez certainement vu tout ce qu'il s'est passé au cours de la semaine qui vient de s'écouler. Je trouve ça vraiment dingue que le fandom soit parvenu à se relever de cette façon ! Je veux dire, on est partis d'un deuil (car oui, on peut vraiment parler de deuil), tristesse, désespoir, abattement, et on en a fait notre force ! On s'est ressaisis, on a créé notre propre personnage (Elyza Lex) rien qu'à nous pour s'en sortir et s'accrocher à autre chose, et surtout, SURTOUT, on a fait entendre nos voix ! Plusieurs médias ont écrit à notre sujet et notamment la BBC qui a écrit un article concernant le mouvement, on s'est fait entendre sur Twitter, on a créé une levée de fonds pour une association LGBT et actuellement on a déjà récolté pas loin de 40 000$. Je veux dire... Vous vous rendez compte un peu ?! C'est vraiment fou et c'est beau.
Mais on ne compte pas s'arrêter là et j'espère de tout cœur que notre mouvement ne va pas perdre ce bel élan !

Si vous voulez quelques infos sur tout ça dites-mois, je pourrai vous faire un petit topo et vous répondre par PM exceptionnellement, parce que là je peux prendre du temps pour cette cause, ça me tient vraiment à cœur !

Bonne lecture à tous :)


La première chose qui attira son attention fut le panneau qui se trouvait au-dessus de la porte principale : alors qu'il indiquait le nom de Camp Jaha quand elle était partie, un autre l'avait maintenant remplacé et portait l'indication Arkadia. Visiblement Pike n'avait pas perdu de temps et avait voulu s'approprier jusqu'au nom du camp en le rebaptisant.

La brune commença par observer attentivement les patrouilles, le nombre de gardes, les endroits stratégiques et ceux à éviter à tout prix, … Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que les soldats avaient été très bien répartis. Elle allait devoir faire preuve d'ingéniosité et de ruse pour s'introduire à l'intérieur du camp sans être repérée. Néanmoins, elle comptait également sur la probable diminution du nombre d'hommes une fois la nuit tombée, sans quoi les choses seraient encore plus compliquées. Elle finit en étudiant longuement la surveillance qui avait été mise en place autour de la prison. De toute évidence il n'y avait qu'un garde, et il restait toujours devant la seule porte d'accès pour entrer dans le bâtiment.

Mais alors qu'elle était en pleine inspection, elle réalisa qu'elle allait devoir se servir du pistolet qu'elle avait récupéré dans le camion et emmené avec elle. Si elle utilisait son épée et blessait ou tuait des soldats, peu importe qu'elle mène sa mission à bien ou pas, elle fournirait à Pike des éléments pour convaincre les habitants d'Arkadia que les Natifs voulaient s'en prendre à eux. Néanmoins, à peine cette pensée lui avait-elle traversé l'esprit qu'une autre arriva : elle n'avait pas de silencieux, si elle tirait le moindre coup de feu elle serait immédiatement repérée. Contrariée et surtout de plus en plus angoissée, la jeune fille tenta au mieux de se calmer pour garder les idées claires et ne pas se perdre. Si elle arrivait à neutraliser le garde qui se trouvait devant la prison, elle pourrait lui prendre ses clés. Il suffisait qu'elle l'assomme au lieu de le tuer et le tour serait joué.

Après plus d'une heure d'observation et de réflexion, elle avait résolu tous les problèmes qui s'étaient présentés à elle. Tous sauf un : comment allait-elle franchir la clôture ? Quand elle s'était enfuie, Lincoln et elle étaient à l'intérieur du camp et ils avaient donc pu couper le courant comme l'avait déjà fait Raven quelques semaines auparavant pour leur permettre de filer en douce. Mais cette fois elle était seule et à l'extérieur, elle n'avait aucun moyen de désactiver le système ou même de le neutraliser ne serait-ce qu'un court instant. En théorie, son plan d'attaque pouvait fonctionner. En pratique néanmoins… Les choses s'annonçaient très compliquées. Octavia poussa un profond soupir. Il devait bien y avoir un moyen de franchir cette satanée clôture, il y avait forcément une faille quelque part.

Les idées se bousculaient dans sa tête, mais dès qu'une nouvelle apparaissait elle était aussitôt chassée par un élément perturbateur. Elle avait beau tourner le problème dans tous les sens, il semblait insoluble. Elle était sur le point de se déplacer en espérant remarquer un détail qui lui aurait échappé et qui lui aurait enfin apporté une solution, quand soudain elle perçut du mouvement à la lisière de la forêt, à plusieurs centaines de mètres de la position où elle se trouvait. Un groupe de gardes venait d'émerger des arbres et se dirigeait maintenant vers la porte principale. Octavia devina qu'ils revenaient d'une patrouille et les suivit du regard. Dès qu'ils approchèrent, leurs collègues qui se trouvaient à l'intérieur ouvrirent l'un des deux battants pour les laisser entrer, et ils refermèrent immédiatement une fois que le groupe fut à l'abri des clôtures. En voyant cela, la brune ne put empêcher un sourire d'apparaître sur ses lèvres. Elle avait à tout prix voulu trouver un moyen de s'infiltrer dans le camp sans que personne ne sache qu'elle était là, mais ce n'était peut-être pas la solution.

Satisfaite et un peu moins tendue à l'idée d'avoir enfin trouvé un moyen de libérer ses amis, elle rebroussa chemin pour retourner à l'endroit où elle avait caché son cheval. Une fois arrivée, elle mit son pistolet dans le seul sac qu'elle avait avec elle, ne gardant que son épée et son poignard. Pike ne devait pas savoir qu'elle avait obtenu une quelconque aide depuis son évasion, et elle devait donc attaquer avec les seules armes qu'elle avait sur elle en partant. Quand elle fut prête pour son opération, elle s'installa au pied d'un arbre, dos contre le tronc, et garda son épée dans la main par mesure de précaution. Plus sereine qu'à son arrivée un peu plus tôt, elle s'autorisa à dormir, d'un sommeil cependant léger, pour prendre un peu de repos, soulagée d'avoir trouvé une solution : le meilleur moyen de ne pas se faire repérer était peut-être précisément de faire en sorte que tout le monde soit avisé de sa présence dans le camp.

- Clexa -

Deux gardes traversaient le camp à grands enjambées et d'un pas pressé, encadrant Octavia pour s'assurer qu'elle ne leur échapperait pas. La jeune fille avait les mains menottées dans le dos et les suivait docilement, ce qui ne l'empêchait pas pour autant de leur lancer une bordée d'injures tout en avançant. Ils entrèrent à l'intérieur de l'épave de l'Arche et après avoir traversé de nombreux couloirs que la brune connaissait pour les avoir déjà empruntés, ils arrivèrent dans la salle du conseil. Pike était là, penché sur ce qui semblait être des cartes, et il ne releva même pas la tête à leur arrivée.

- Chancelier, nous avons capturé la fugitive.

A ces mots, l'homme releva cette fois immédiatement la tête, abandonnant ce qui semblait pourtant le captiver une seconde plus tôt, et posa ses yeux sur la jeune fille.

- Octavia Blake, quelle agréable surprise. C'est très aimable de ta part de nous rendre une petite visite. Le camp te manquait ?

- Pas autant que vous, lança la brune sur un ton tranchant.

Pike contourna la table pour venir se placer face à la jeune fille, les bras le long du corps.

- Elle a tué l'un de nos hommes qui était en patrouille, puis elle a tenté de creuser pour passer sous la clôture, dit l'un des deux gardes.

- Vous l'avez fouillée ?

- Oui. Elle n'avait que son épée et un poignard avec elle Chancelier, rien d'autre.

Sur ce, le soldat s'avança vers Pike et déposa les dites armes sur la grande table qui se trouvait au centre de la pièce.

- Tu n'es pas allée bien loin avant d'être arrêtée. Il faut admettre que ces armes de sauvages ne sont pas très efficaces, railla Pike.

- On en reparlera quand je vous aurai chatouillé la glotte avec mon épée.

- Aux vues de ce discours, j'imagine qu'il est inutile de te demander si tu es revenue pour te rallier à notre cause.

Pour toute réponse, Octavia cracha aux pieds de Pike puis lui lança un regard méprisant et noir de colère.

- Emmenez-la, dit l'homme à l'intention des gardes.

Les deux soldats s'exécutèrent immédiatement et se dirigèrent vers la sortie de la pièce. Mais Octavia ne l'entendait pas de cette oreille. La brune se débattit violemment, réussissant ainsi à elle seule à empêcher les deux hommes pourtant charpentés de la faire sortir.

- Natrona ! cria-t-elle à Pike.

Les gardes furent obligés de la traîner de force vers le couloir, mais elle continuait à s'en prendre à celui qu'elle venait d'appeler traitre et elle était déterminée à ne pas se laisser faire, si bien qu'ils n'étaient pas très efficaces.

- Ai na gon raun gon chit ai wich in ! Teik yo ogud na wan op ! (Je me battrai pour ce en quoi je crois ! Prépare-toi à mourir !)

Lassé d'entendre la brune crier ce qui était sans doute des insultes mais que lui ne comprenait pas, Pike saisit sa matraque électrique et s'avança d'un pas sûr vers elle. Avant qu'Octavia ait pu ne serait-ce qu'envisager de se défendre ou de se calmer, elle reçut une décharge qui lui arracha une plainte. Sonnée et partiellement paralysée, elle retomba lourdement dans les bras des deux gardes.

- Sortez-la d'ici, ordonna le Chancelier d'un ton empreint de colère et d'impatience.

Ils s'exécutèrent, emmenant hors de la pièce la brune dont les pieds traînaient mollement derrière elle.

Il sembla à Octavia que le trajet jusqu'à la prison durait une éternité, et quand enfin ils arrivèrent, elle retrouvait tout juste ses esprits. Elle devait se reprendre au plus vite et se mettre debout. Si les deux gardes l'accompagnaient à l'intérieur et ne la laissait pas seule avec celui qui était chargé de surveiller le bâtiment, son plan tomberait à l'eau. Elle fit appel aux maigres forces qu'elle sentait revenir lentement mais sûrement dans ses muscles après le choc qu'elle avait subi, et finalement, elle parvint à se mettre sur ses pieds tout juste quelques mètres avant qu'ils n'arrivent à la prison.

- On vient de la capturer. Le Chancelier a ordonné de l'enfermer avec les autres, dit l'un des deux soldats à son collègue en faction.

L'homme ouvrit la porte du bâtiment, puis il saisit fermement Octavia par le bras.

- Qu'est-ce qu'elle a ? demanda-t-il en la sentant peu réactive et en voyant son regard vide.

- Elle vient de recevoir un coup de matraque. Elle va sûrement être dans les vapes un petit moment.

- Parfait, elle posera moins de problème. A ce qu'on raconte c'est une vraie furie.

Si la brune ne s'était pas retenue, elle aurait ri de leur bêtise à tous les trois. Qu'il était facile de les duper.

- Bon on doit y retourner, bon courage pour la fin de ta garde.

- Merci.

Les deux gardes s'éloignèrent, et alors le troisième emmena la prisonnière à l'intérieur. Dès qu'elle entra, la jeune fille entendit du bruit provenant d'une cellule proche de l'entrée.

- Octavia !

Elle se tourna et vit alors Lincoln qui se précipitait sur les barreaux de la cellule où il était enfermé. Cette fois, elle dut se faire violence pour ne pas courir le rejoindre. Il était en vie et visiblement il n'était pas blessé, elle n'en espérait pas tant. Elle aurait voulu pouvoir immédiatement se lover dans ses bras, là où elle se sentait toujours en sécurité quelles que soient les circonstances. Mais les retrouvailles devraient attendre.

Bientôt, tous les autres s'agitèrent en remarquant sa présence, et alors, avant qu'ils ne fassent quelque chose de stupide, elle fit un discret clin d'œil à Lincoln pour lui faire comprendre qu'elle avait la situation bien en mains. Elle le connaissait, elle savait qu'il allait s'emporter et tenter d'intervenir, elle voyait déjà son regard s'assombrir tandis que ses muscles se contractaient, signe de son énervement et de sa volonté d'agir. Mais dès que le jeune homme vit le signe de sa compagne, il se calma. Il devait lui faire confiance. D'un simple regard, il fit comprendre à ses voisins de cellule qu'ils devaient tous se tenir tranquilles.

Le garde l'emmena jusqu'au fond du couloir où les cellules se succédaient les unes après les autres. Arrivé à la dernière, il ouvrit la porte, mais alors qu'il allait pousser la brune à l'intérieur, celle-ci s'effondra au sol. L'homme eut un temps d'arrêt, puis il poussa légèrement la jeune fille du bout du pied.

- Debout, arrête ton cinéma !

L'intéressée ne bougea pas. Abby, qui avait vu la scène et dont la cellule était proche de celle où allait être enfermée la jeune fille, s'approcha des barreaux.

- Qu'est-ce qu'elle a ?

- Je m'en occupe, lança le garde d'un ton sec.

Il se pencha sur Octavia et lui tapa doucement la joue, mais toujours aucune réaction, elle restait inconsciente.

- Un coup de matraque qu'ils disent, marmonna le soldat. C'est plutôt une dizaine qu'ils lui ont mis pour qu'elle soit dans cet état.

- Est-ce qu'elle respire ? recommença Abby.

- Ne vous mêlez pas de ça.

- Vérifiez son pouls. Si elle a reçu des coups de matraque les décharges ont pu faire dysfonctionner son cœur, elle fait peut-être un arrêt !

- La ferme ! s'emporta le garde.

Tout en criant, il se leva pour faire face à Abby, dans l'intention de la faire taire si elle ne se décidait pas à le faire elle-même. Mais à peine fut-il debout qu'il reçut un violent coup de pied à l'arrière du genou. Sa jambe fléchit tandis qu'il lâchait un cri de douleur, mais il ne tomba pas. Il fit volte-face et découvrit alors Octavia debout face à lui.

- Sale garce !

Il se rua sur la jeune fille qui esquiva sans mal son coup de poing. Elle profita de l'élan du garde pour le pousser et alors celui-ci se réceptionna de justesse avant que sa tête ne heurte les barreaux de la cellule où il comptait enfermer la jeune fille. Mais c'était sans compter Octavia qui se trouvait maintenant dans son dos. Sans perdre de temps, elle avait suivi le mouvement de son adversaire et arriva donc juste derrière lui pour lui frapper brutalement la tête sur les barreaux qu'il avait évités une seconde plus tôt. Un bruit métallique se fit entendre et le soldat tituba, à moitié assommé.

- Octavia ? appela Lincoln, inquiet en entendant les bruits de lutte sans pouvoir voir quoi que ce soit depuis sa cellule.

- Tout va bien, je-

Prise dans le feu de l'action et pensant avoir mis son adversaire au tapis, la jeune fille ne s'était pas méfiée. Apparemment elle n'était pas la seule à savoir jouer la comédie, et le garde avait été visiblement moins sonné par le coup qu'il n'avait bien voulu le faire croire. Il venait de la plaquer violemment contre les barreaux d'une cellule, et la brune sentit alors l'air être chassé de ses poumons par le choc. Profitant de ce moment de faiblesse, il lui immobilisa les deux mains avec un seul bras tout en faisant pression sur sa gorge.

- Octavia ?! appela à nouveau son compagnon.

La jeune fille ne pouvait pas répondre. Elle ne parvenait plus à inspirer correctement, et ce calvaire dura pendant de longues secondes avant qu'elle ne sente à nouveau l'oxygène parvenir à ses poumons. Pendant ce temps, le soldat avait complètement repris ses esprits, et il portait maintenant la main à sa ceinture.

- Tu vas me le payer, gronda l'homme d'une voix menaçante.

Octavia écarquilla les yeux, terrorisée à l'idée qu'il ne s'empare de son arme et ne la tue de sang-froid sous le coup de la colère. Mais ce fut la panique qui l'envahit quand elle vit que ce n'était pas son pistolet mais son talkie-walkie qu'il venait de saisir. Elle devait agir immédiatement, s'il prévenait qui que ce soit tout serait fichu, et ils avaient déjà fait beaucoup trop de bruit, n'importe qui passant non loin avait pu les entendre. Il fallait en finir au plus vite.

Alors que le soldat portait l'appareil à sa bouche, la brune profita qu'il n'ait entravé que ses bras et pas ses jambes pour lui mettre un coup dans l'entre-jambe de toutes ses forces. Une plainte sourde lui échappa et il se plia en deux, lâchant alors la prise qu'il avait sur elle. Sans perdre une seconde, elle profita qu'il soit penché vers l'avant pour lui asséner un coup de genou en plein visage, ce qui provoqua un craquement qui ne présageait rien de bon pour le nez de sa victime. Elle voulut s'emparer du talkie-walkie qu'il tenait toujours fermement dans sa main, mais quand elle essaya, le garde sembla retrouver de la vigueur malgré les coups qu'il venait d'encaisser. Il se redressa et la repoussa, l'envoyant à nouveau contre les barreaux d'une cellule. Mais elle n'avait pas dit son dernier mot.

Mettant toutes ses forces dans sa charge, Octavia se jeta sur l'homme pour le faire tomber au sol. Il l'entraîna dans sa chute, mais au moins avait-elle l'avantage puisqu'elle était au-dessus de lui, et surtout, il avait enfin lâché le talkie-walkie. L'objet tant convoité par les deux lutteurs avait glissé un peu plus loin, et elle voulut donc se mettre debout pour aller le chercher. Mais loin d'avoir abandonné, le soldat lui envoya un puissant coup de poing qui vint la cueillir à la pommette gauche, assez fort pour lui faire une entaille dont elle sentit immédiatement le sang couler. Elle accusa le coup mais fit de son mieux pour retrouver ses esprits au plus vite. Elle devait se ressaisir pour être la première à récupérer le talkie-walkie, mais surtout elle ne devait pas laisser de répit au garde, sans quoi il pourrait s'armer de son pistolet qu'il n'avait pas eu l'occasion de prendre jusque-là, et alors ce serait terminé.

Bien qu'elle pèse de tout son poids sur son adversaire, celui-ci n'eut aucun mal à l'écarter en raison de la différence de gabarit. Il commença à se relever, mais alors Octavia lui attrapa le pied et le tira pour le faire retomber. Elle fut la première debout et courut en direction du talkie-walkie, le garde sur ses talons. Elle atteignit l'objet avant lui, mais plutôt que de s'en saisir, elle mit un coup de pied dedans et l'envoya ainsi à l'autre bout du couloir, vers la porte, puis reprit sa course. Sans réfléchir, l'homme continua à courir et se réjouit de voir que la jeune fille avait été trop ambitieuse en pensant être plus rapide que lui. Il la dépassa sans mal et arriva au talkie-walkie avec quelques mètres d'avance, mais c'est seulement à cet instant qu'il réalisa son erreur. Il fut brusquement saisi par deux puissants bras sortis d'une cellule et qui le plaquèrent contre les barreaux. Dos à son agresseur, il ne put voir que la peau basanée de celui-ci et les tatouages qui la couvraient. Avant qu'il ait pu tenter quoi que ce soit, Lincoln plaça habilement ses mains et d'un coup sec, il brisa la nuque du garde. Il lâcha négligemment le corps sans vie qui glissa contre la porte avant d'atteindre le sol.

Sans perdre de temps, Octavia écarta le cadavre du soldat et s'empara du trousseau qui se trouvait à sa ceinture. Elle se redressa et essaya plusieurs clés avant de finalement trouver la bonne, et alors elle déverrouilla la serrure avec des gestes frénétiques. Dès que la porte fut ouverte, elle se précipita dans les bras de Lincoln qui l'accueillit avec un sourire soulagé et l'entoura aussitôt d'une étreinte protectrice.

Tandis que les deux jeunes gens se retrouvaient avec une joie non dissimulée, Marcus s'empara du trousseau de clés et se chargea d'aller ouvrir les autres cellules occupées, finissant par celle d'Abby. La Chancelière déchue sortit aussitôt la porte ouverte et prit alors l'ancien Conseiller par surprise en le prenant dans ses bras. Malgré tout, le premier instant passé, le brun lui rendit son étreinte avec plaisir, un léger sourire étirant ses lèvres.

- Je suis tellement contente de te retrouver, chuchota Octavia à Lincoln, la tête blottie contre son torse musclé. J'étais morte d'inquiétude à l'idée qu'ils aient pu te faire quoi que ce soit.

- Je vais bien et nous sommes réunis maintenant, tu n'as plus à t'inquiéter, lui souffla le guerrier en retour.

Après quelques instants, la jeune fille se sépara brusquement de lui et éleva la voix pour s'adresser à tout le monde.

- On doit partir au plus vite. Ils vont finir par remarquer l'absence du garde, il faut qu'on ait filé avant.

- Comment on quitte le camp ? demanda l'un des prisonniers.

- De la même façon qu'on l'avait fait Lincoln et moi. On va couper le courant, ça désactivera les clôtures et on pourra passer. Est-ce que vous savez où on peut trouver Bellamy ?

Un silence de mort s'abattit après cette question. Les expressions s'assombrirent tout à coup, chacun détourna le regard et ils semblaient tous mal à l'aise, ce qui n'échappa pas à Octavia.

- Qu'est-ce qui se passe ? Il lui est arrivé quelque chose ?

- Non, il va bien, assura Lincoln d'un ton qui se voulait rassurant.

- Alors quoi ?

Aucune réponse à nouveau, et toujours ces regards fuyants.

- Dites-moi ! s'impatienta la brune dont la voix montait dans les aigus sous le coup de l'inquiétude.

Ce fut Marcus qui s'avança vers elle avec un air grave.

- Nous ne savons pas si nous pouvons toujours lui faire confiance. Il… Il a rejoint la garde de Pike il y a quelques temps.

La brune resta muette à cette annonce, bouche bée.

- Mais j'ai du mal à croire qu'il adhère aux idées de Pike. Je le connais suffisamment pour savoir qu'il est plus intelligent que ça.

- Alors pourquoi est-ce qu'il serait devenu garde s'il n'est pas d'accord avec lui ? questionna la jeune fille d'une voix tremblante.

- Je… Je ne sais pas. Il y a sûrement une explication. Mais pour l'instant nous ne savons pas avec certitude de quel côté il s'est rangé.

Octavia déglutit difficilement, les yeux brillants de larmes. La colère l'envahissait petit à petit. Bellamy n'aurait jamais fait une chose pareille, il y avait forcément une explication. Peut-être essayait-il d'amadouer Pike pour ensuite pouvoir mieux le tromper ? C'était la seule explication logique, elle ne pouvait pas croire qu'il se range réellement aux côtés d'un homme comme lui. Mais l'heure n'était pas aux interrogations, il y avait plus urgent.

- On n'a pas le temps de récupérer d'autres personnes, on part tout de suite. Restez ici, Lincoln et moi on va-

- On ne peut pas partir maintenant.

Tous les regards se tournèrent vers Abby qui venait de parler d'une voix forte mais parée d'angoisse.

- Je suis d'accord avec toi, on n'a pas le temps pour emmener plus de gens avec nous. Mais Raven ne peut pas attendre.

- Raven ? Pourquoi ? demanda la jeune fille en fronçant les sourcils.

- Pike la drogue, on doit la sortir de là et l'emmener avec nous.

- C'est trop risqué. On a déjà perdu beaucoup de temps, si on attend encore on va se faire repérer.

- Tu étais prête à aller chercher ton frère, alors pourquoi pas Raven ?

La brune se raidit et lança un regard noir à Abby.

- Elle est déjà mal en point, si on attend de pouvoir revenir pour la libérer je ne sais pas dans quel état on la retrouvera.

Voyant que la jeune fille ne répondait pas, l'ancienne Chancelière s'approcha d'elle et planta ses yeux dans les siens.

- Octavia, il faut vraiment qu'on l'emmène avec nous.

L'adolescente hésita encore quelques instants avant de finalement hocher brièvement la tête.

- On va la chercher.

Abby répondit par un sourire, soulagée.

- On ne peut pas tous y aller, on se ferait repérer. Marcus, Abby, Lincoln et moi, on va chercher Raven. Les autres, vous restez ici.

- Il faut qu'on laisse quelqu'un devant la porte, sinon ils vont se douter de quelque chose s'ils n'ont pas déjà remarqué l'absence du garde.

Octavia lança un regard circulaire à tous ceux présents, puis ses yeux s'arrêtèrent sur un homme.

- Vous, mettez ses vêtements. Vous avez à peu près la même carrure, si personne n'approche ils ne remarqueront rien.

L'homme s'exécuta sans un mot.

- Lincoln et moi avons observé les heures de relève, dit Marcus en jetant un œil à sa montre. Le prochain garde devrait arriver d'ici une trentaine de minutes.

- Si on se dépêche on aura le temps de récupérer Raven et de revenir chercher tout le monde ici, dit Abby.

- On y va.

Octavia prit l'arme du garde et se dirigea vers la porte, suivie par les trois autres, mais ils s'arrêtèrent en chemin quand une voix s'éleva derrière eux.

- Je viens avec vous.

Ils se retournèrent comme un seul homme vers Sinclair.

- Non, plus on sera nombreux plus on risque d'être repérés, dit la plus jeune.

- Je pourrai vous aider. Je connais le camp et surtout l'Arche mieux que personne, et en tant qu'ingénieur je pourrais vous être utile.

- C'est vrai, on aura peut-être besoin de lui, dit Abby.

Octavia échangea un regard avec la femme avant de donner son accord d'un bref hochement de tête.

- Allez, on a perdu suffisamment de temps comme ça.

- Clexa -

La traversée du camp jusqu'à l'Arche en passant de cachette en coin sombre et en évitant les patrouilles de gardes leur avait pris une dizaine de minutes, mais ils avaient finalement réussi. Une fois à l'intérieur de l'épave de la station, Abby les guida dans les couloirs. Alors qu'ils se dirigeaient vers l'atelier où était censée se trouver Raven, ils se figèrent en entendant des voix et des pas qui approchaient. Ils se plaquèrent immédiatement contre un mur, et Octavia se tourna vers les autres pour donner ses instructions.

- Je pense qu'ils sont deux. On les laisse passer si possible. S'ils viennent vers nous, Lincoln et moi on les neutralisera le plus discrètement possible.

Tous hochèrent la tête, et alors inconsciemment ils se mirent à retenir leur respiration, aussi bien pour ne pas être entendus que sous le coup de la peur. Les pas s'approchaient de plus en plus, et il était maintenant certain que les gardes se dirigeaient vers eux. Octavia et Lincoln se décollèrent légèrement du mur pour se préparer, et la brune sortit le pistolet qu'elle avait dérobé au garde. Elle ne comptait pas tirer, à moins que ce soit une nécessité absolue, mais la crosse lui permettrait d'assommer son adversaire plus facilement.

Les soldats n'étaient maintenant plus qu'à quelques mètres, et quand ils tournèrent dans le couloir où ils se trouvaient, la jeune fille et le Natif se ruèrent sur eux. Ils les plaquèrent brutalement au mur pour les immobiliser, mais alors qu'ils étaient prêts à les assommer, ils se stoppèrent en reconnaissant les deux individus qui avaient lâché des plaintes sourdes en étant agressés ainsi.

- Jasper ? s'exclama l'adolescente.

- Octavia ? dit-il d'une voix qui exprimait toute sa surprise.

Les deux guerriers lâchèrent leur victime respective, et en se retournant, la jeune fille découvrit Monty. Un sourire éclairant son visage, elle prit ses deux amis dans ses bras à tour de rôle.

- Je croyais que tu t'étais échappée, dit Jasper. Qu'est-ce que tu fais là ? Et vous alors, dit-il à l'adresse des autres. Vous avez été emprisonnés, comment vous êtes sortis ?

- Plus tard les explications, on n'a pas le temps, dit Octavia. Je suis revenue pour les libérer, on doit aller chercher Raven et après on file.

- On vient avec vous, dit Monty sans une seconde d'hésitation.

Le groupe se remit en route sans perdre de temps, et bientôt, ils arrivèrent à l'atelier. Abby fut la première devant la porte. Elle essaya d'ouvrir mais constata alors que la porte était verrouillée.

- Depuis quand cet endroit est-il fermé ? pesta-t-elle.

- Depuis que Pike a profité de votre emprisonnement pour faire poser des verrous un peu partout, dit Monty. Laissez-moi faire.

Le jeune homme approcha du boîtier qui avait été installé à côté de la porte et commença à étudier le système.

- Dépêche-toi, le pressa Octavia.

- Je fais ce que je peux. Estimez-vous déjà heureux que j'ai fait partie de l'équipe de conception de ces verrous.

Il effectua quelques réglages – ou plutôt déréglages – et une petite lumière verte s'alluma quelques secondes après, indiquant qu'il avait réussi. Dès que la porte fut ouverte, Abby entra, ordonnant à Jasper et Monty de rester à l'extérieur pour faire le guet tandis que les autres venaient avec elles.

Ils arrivèrent dans une pièce plongée dans la pénombre. Seul les lumières de certains appareils éclairaient l'endroit, pour le reste, tout était sombre. Aidés par la lumière provenant du couloir, ils repérèrent rapidement Raven. La jeune fille était avachie sur son plan de travail, visiblement endormie, mais en s'approchant ils remarquèrent rapidement qu'elle marmonnait et que ses yeux étaient ouverts, signe qu'elle était bien consciente.

- Raven ? appela Abby.

La brune ne répondit pas. Elle semblait dans un état de transe, et Lincoln contourna alors l'établi pour venir à ses côtés. Il la secoua légèrement puis observa ses yeux, et alors il se tourna vers le reste du groupe :

- Vu son état elle a dû prendre une dose il y a peu de temps.

- On peut l'emmener malgré tout ? demanda l'ancienne Chancelière.

- Oui, il faut seulement qu'elle ne nous fasse pas repérer.

Octavia rejoignit son compagnon et s'approcha alors de son amie. Elle se pencha vers elle et lui parla d'une voix basse, pour ne pas l'affoler. Elle ne savait pas quelle réaction elle pouvait avoir et préférait donc rester prudente.

- Raven ? Hey, tu m'entends ? C'est Octavia.

La mécanicienne se redressa quelque peu et posa ses yeux sur l'autre brune, mais elle ne sembla même pas la voir.

- Tu vas venir avec nous, d'accord ?

- Pour aller où ?

Octavia sourit légèrement, soulagée d'entendre enfin son amie parler.

- On part d'ici.

- On quitte le camp ?

- Oui.

- Je ne veux pas partir.

- Ne dis pas n'importe quoi. Regarde dans quel état tu es, il faut qu'on te tire de là.

- Non, si on part je n'en aurai plus.

La plus jeune fronça les sourcils, un air d'incompréhension sur le visage, et alors Lincoln se pencha vers elle pour lui parler à l'oreille :

- Elle parle de la drogue.

L'adolescente hocha la tête puis reporta son attention sur Raven.

- Tu ne peux pas rester ici. Tu vas venir avec nous et on va t'aider.

- Non, je ne partirai pas.

- Octavia, il faut faire vite, la pressa Marcus. Il nous reste à peine quinze minutes.

La brune se tendit et regarda à nouveau son amie.

- Ecoute Raven, il faut vraiment qu'on y aille là.

- Partez sans moi, je reste ici.

- Pas question. Allez, lève-toi.

Octavia attrapa la brune par le bras et la tira brusquement pour la mettre debout. Elle perdait patience et surtout elle était de plus en plus inquiète à l'idée du temps précieux qu'ils perdaient.

- Non !

Si la plus jeune n'avait pas élevé la voix pour rester discrètes, Raven elle, ne s'en priva pas.

- Chut ! Tu vas nous faire repérer.

- Laissez-moi tranquille ! Je veux rester ici ! Vous n'avez qu'à partir, je ne dirai rien.

- Raven, tais-toi, ordonna Abby.

Octavia insista pour qu'elle se lève, et alors la brune la repoussa brutalement.

- Foutez-moi la paix !

L'adolescente pensa un instant la laisser là comme elle le demandait, mais après avoir vu dans quel état se trouvait son amie, elle était d'accord avec Abby : ils ne pouvaient pas la laisser aux mains de Pike plus longtemps.

Déterminée à emmener la brune avec elle, elle l'attrapa cette fois par les deux bras et la mit debout de force.

- Lâche-moi !

Octavia n'écouta pas les protestations de la mécanicienne et tint bon, et Lincoln vint immédiatement lui prêter main forte en voyant que la brune se débattait violemment. Si des gardes étaient proches, il ne faisait aucun doute que ses cris les avaient alertés. Il fallait la faire taire et partir au plus vite.

- Lâchez-moi ! cria Raven encore plus fort.

Ne voyant pas d'autre solution, Lincoln lui plaqua une main sur la bouche pour la bâillonner, mais ce ne fut pas suffisant. La jeune fille se débattit avec plus de virulence encore, et finalement elle mordit le Natif qui retira alors sa main par réflexe en lâchant une plainte.

- Foutez-moi la paix bordel ! Cassez-vous ! Si vous ne me lâchez pas je-

Elle ne put jamais terminer sa phrase. Elle tomba comme une poupée de chiffon après qu'Octavia l'ait brutalement frappée à l'arrière du crâne avec la crosse de son pistolet. Tous ouvrir de grands yeux en voyant ce qu'elle avait fait, mais ils durent reconnaître que sa méthode, bien que radicale, avait été efficace.

- Bougez-vous au lieu de me regarder comme ça ! Elle nous a sûrement faits repérer, il faut qu'on dégage !

Ils semblèrent tous rappelés à la réalité et se dirigèrent alors vers la porte. A cet instant, Monty entra dans la pièce et confirma les craintes d'Octavia :

- Des gardes approchent, ils doivent être quatre ou cinq.

- Et merde ! pesta la brune.

Elle fit sauter la sécurité de son arme, puis s'adressa à Sinclair :

- Portez Raven, je vais avoir besoin de ceux qui savent se battre.

L'ingénieur obéit sans discuter et prit la jeune fille dans ses bras.

- Qu'est-ce que tu fais ? s'inquiéta Lincoln en voyant sa compagne préparer son pistolet.

- Repérés pour repérés…

Le guerrier opina du chef. Il ne faisait aucun doute que d'autres gardes ne tarderaient plus à arriver, ils devaient donc se débarrasser de ceux qui étaient déjà là pour sortir de l'Arche au plus vite.

Ils sortirent tous de l'atelier et seulement quelques secondes après, les gardes arrivaient à l'angle du couloir.

- Jetez votre arme ou-

Celui qui venait de parler fut réduit au silence quand une balle vint se loger dans son épaule gauche. Sans hésiter une seule seconde, Octavia tira un deuxième coup de feu qui atteignit cette fois la poitrine d'un autre soldat. Les fugitifs se baissèrent tous quand un tir les frôla et ricocha sur le mur qui se trouvait derrière eux.

- Ne les tuez pas ! cria l'un des hommes. Le Chancelier a besoin d'eux vivants !

- Dommage que nous, on n'ait pas besoin de vous.

Sur ces mots, la brune tira une troisième fois, et elle fit encore mouche en touchant sa cible au niveau du cou. Déjà trois hommes à terre, il n'en restait plus que deux qui se mirent alors à couvert. Ils entendirent des pas et des éclats de voix et devinèrent qu'un troisième garde avait rejoint ceux qui étaient encore debout.

- Je vais m'en charger, dit Lincoln à l'intention de la jeune fille.

- Non, on va les abattre ce sera plus sûrs.

- On a que cette arme pour l'instant, il ne faut pas gâcher les munitions. Suis-mois et couvre-moi.

La brune hésita une seconde avant d'accepter, et alors ils s'avancèrent prudemment vers l'endroit où s'étaient terrés les soldats. Au moment où ils allaient surgir, ce furent leurs ennemis qui sortirent de leur abri, sans doute pour riposter, et chaque camp fut donc pris par surprise. Cependant, Lincoln fut le premier à se ressaisir. Il asséna un violent coup de poing à l'homme le plus proche de lui, puis lui envoya un uppercut qui l'assomma à moitié et le fit tomber au sol. Un deuxième garde s'approcha de lui, et alors il le plaqua conte un mur pour l'écarter. Pendant ce temps, le troisième s'était armé de sa matraque électrique. Quand il lui fit face, Lincoln eut juste le temps d'éviter un coup qui l'aurait sans doute mis au tapis. Il se baissa et entendit alors le crépitement de l'électricité à son oreille, puis il s'effaça sur le côté pour esquiver une deuxième attaque, et quand son adversaire passa derrière lui en étant emporté par son élan, il le jeta au sol en lui donnant un violent coup de coude dans le dos. Les deux autres gardes avaient eu le temps de reprendre leurs esprits, mais Lincoln n'eut aucun mal à se débarrasser d'eux en les assommant l'un après l'autre.

Une fois débarrassés de ses adversaires, il releva celui qui avait voulu se servir de sa matraque et Octavia braqua son arme sur lui.

- Est-ce que d'autres vont venir ?

- Va crever, fils de chien !

- Est-ce que d'autres vont venir ?! répéta Lincoln, en criant cette fois.

- Ils ne devraient plus tarder.

Ayant obtenu sa réponse, le Natif frappa violemment la tête de sa victime contre le mur le plus proche, puis il le laissa retomber, inconscient.

- Vous pouvez venir, il n'y a plus de danger, lança Octavia à l'intention du reste du groupe. Pour l'instant…

Les autres les rejoignirent et ils dépouillèrent les gardes de leurs armes et de tout objet utile tel que des badges et des cartes d'accès.

- Il faut qu'on aille chercher ceux qui sont restés à la prison, dit Abby.

- Non, on n'a plus le temps, répliqua Octavia.

- On ne peut pas les abandonner, ils comptent sur nous.

- Je sais, et ça ne me fait pas plaisir de les laisser, mais on n'a pas le choix. Si on ne part pas maintenant on va y passer ou ils nous captureront tous et on aura fait tout ça pour rien.

L'ancienne Chancelière resta silencieuse et afficha un air grave paré de culpabilité, mais sa décision était déjà prise. Elle se tourna vers Monty :

- Est-ce que tu peux désactiver la clôture ?

- Oui, mais ça prendra du temps, et maintenant qu'on est repérés ils ont sûrement placé des hommes près du panneau de contrôle.

- Tu peux couper le courant ?

- Idem.

- C'est pas vrai ! s'énerva Abby.

- J'ai peut-être une idée, intervint Jasper.

Tous reportèrent leur attention sur le jeune homme, attentifs et pleins d'espoir.

- J'ai un moyen de nous faire sortir rapidement. Suivez-moi.

- Clexa -

Le groupe sortit de l'Arche par une porte autre que celle qu'ils avaient empruntée pour entrer, une porte qui était visiblement connue uniquement de Monty et Jasper.

- On se promène souvent un peu partout, on l'a découverte par hasard, expliqua l'asiatique. Tout le monde pense qu'elle est condamnée.

Ils sortirent et arrivèrent alors dans une partie du camp isolée. En file indienne et en restant toujours à couvert, ils se déplacèrent furtivement en suivant tous Jasper. Arrivés dans une partie du camp où le nombre de gardes était plus conséquent, ils s'arrêtèrent tous.

- Restez ici, leur ordonna Jasper.

- Qu'est-ce que tu vas faire ? demanda Octavia.

- Je vais chercher un véhicule, dit-il en indiquant un grand hangar à une cinquantaine de mètres.

- Vous avez des véhicules ?

- Il y a deux camions qui sont arrivés au camp il y a quelques jours. Pike n'a rien voulu dire de leur provenance.

- C'est de là que venait le camion alors, marmonna la brune, plus pour elle que pour son ami.

- Pike a fait installer des sécurités pour empêcher que n'importe qui puisse s'en servir, tu auras besoin de moi, dit Monty.

- Il vous faut quelqu'un pour vous couvrir si ça dégénère, dit Marcus.

- Ok, vous deux vous venez. Les autres, attendez-nous là.

Alors que les trois hommes s'apprêtaient à partir, Abby retint Marcus par le bras.

- Sois prudent.

- Comme toujours, sourit-il.

Ils partirent tous les trois en convenant que si quelqu'un les voyait, Jasper et Monty prétendraient avoir capturé Kane alors qu'il tentait de s'échapper.

- Je pense que le garde a menti, dit Octavia à l'adresse de son compagnon. Ils ne semblent pas nous chercher, je ne pense pas qu'ils aient eu le temps de donner l'alerte.

- Restons prudents. Peut-être qu'ils attendent qu'on se trahisse en croyant ne pas avoir été découverts.

Après ces quelques paroles échangées brièvement, ils se turent et le silence s'installa, pesant et angoissant.

Jasper, Monty et Marcus venaient d'arriver dans le hangar. Ils n'avaient eu aucun mal à neutraliser les deux hommes qui gardaient l'entrée et ne se sentaient apparemment pas très concernés par leur travail, puis il leur avait suffi de se servir des badges qu'ils avaient dérobés pour ouvrir.

Monty avait rapidement repéré le panneau de contrôle et il était maintenant en train de tenter de désactiver le verrouillage de la porte principale du hangar par laquelle les véhicules pouvaient entrer et sortir, ainsi que le système de sécurité qui bloquait les roues du camion.

- Grouille-toi, le pressa Jasper.

- Est-ce que tu as au moins pensé à qui allait conduire ? demanda son ami sans arrêter ce qu'il était en train de faire.

- Moi.

- Depuis quand tu sais conduire ?

- Depuis que les camions sont arrivés.

Monty ne répondit pas, mais l'autre adolescent vit ses sourcils se froncer, signe de son incompréhension.

- Je fais partie de l'équipe mécanique, Pike a voulu que j'apprenne à conduire.

- Tu es sûr que ce que tu as appris en quelques jours suffira ?

- Il faudra bien.

- On a de la chance de vous avoir tous les deux, dit Marcus d'un ton sérieux. Et heureusement que vous êtes plus doués que nous pour passer inaperçus et ne pas vous mettre Pike à dos.

Les deux jeunes hommes offrirent un léger sourire à l'ancien Conseiller, puis Monty reprit son travail sans perdre de temps.

Au bout de quelques minutes, ils entendirent des voix venant de l'extérieur.

- On a été découverts, souffla Jasper.

- Restez ici, ordonna Kane. Je m'en charge.

Ils obéirent, et l'homme sortit.

Quelques instants après, ils entendirent des cris et des coups de feu. Jasper sortit son arme tandis que Monty restait concentré pour terminer le plus vite possible. Ils étaient tous les deux tendus, et quand Marcus revint en courant, Jasper faillit lui tirer dessus.

- On n'avait pas été repérés jusque-là mais cette fois l'alerte a été donnée ! Monty, tu en as pour combien de temps encore ?

- Très bonne question, dit le jeune homme d'une voix tremblante.

- Bouge-toi ! s'énerva son ami.

- J'espère que les autres sont en sécurité, souffla l'ancien Chancelier.

Ils ne tardèrent pas à entendre de l'agitation venant de l'extérieur, et ils devinèrent que des gardes feraient bientôt éruption.

- Allez Monty, bordel !

L'intéressé arrêta ce qu'il était en train de faire.

- Mais qu'est-ce que tu fous ?!

Sans répondre, l'asiatique s'empara de son arme et tira dans le boîtier servant à déverrouiller la porte. Le système mis hors d'état de marche, il se pencha à nouveau sur sa tâche d'origine, et Jasper ne put que sourire de voir le calme olympien dont faisait preuve son ami en toute circonstance.

Des cris s'élevèrent de l'autre côté de la porte, leur indiquant que des soldats étaient là et venaient de découvrir qu'ils allaient devoir déverrouiller la porte eux-mêmes.

- Reste concentré, on te couvre, dit Marcus.

Jasper et lui levèrent leur arme devant eux, prêts à accueillir toute personne qui tenterait d'entrer. Ils entendirent bientôt des coups de feu tirés dans la porte et qui ne présageaient rien de bon, et alors ils raffermirent leur prise sur leur pistolet.

- J'y suis presque, dit Monty.

- Si le presque pouvait assez vite devenir complet ce serait parfait, grogna Jasper.

Après un énième tir, le bruit provoqué fut plus fort que les autres, et on entendit comme un déclic.

- C'est bon, maintenant ouvrez ! entendirent-ils de l'autre côté de la porte.

- Ça y est ! s'écria Monty au même moment. Montez dans le camion, la porte va s'ouvrir dans quelques secondes !

La porte derrière laquelle se trouvaient les gardes commença à coulisser, mais par chance elle semblait résister, ce qui offrit aux fugitifs l'occasion de rejoindre le véhicule. Mais au moment où Jasper montait à la place du conducteur, un premier coup de feu fut tiré par l'interstice que les soldats avaient déjà pu ouvrir. Le jeune homme poussa un cri en sentant une vive douleur au niveau du cou. Monty, qui était sur l'un des trois sièges à l'avant, tira précipitamment son ami à l'intérieur pour le mettre à l'abri. Malgré sa blessure, Jasper gardait les idées claires et il s'empressa donc de fermer la porte. D'autres coups de feu furent tirés, mais ils ricochèrent sur la carrosserie blindée du véhicule.

Le jeune asiatique fut soulagé de voir que la plaie de son ami n'était que superficielle, la balle l'avait seulement effleuré. C'était suffisant pour qu'il ait une blessure relativement profonde, mais pas pour qu'il se vide de son sang. Jasper se servit des clés subtilisées aux gardes pour mettre le contact et démarrer le moteur, puis il releva les yeux vers la porte.

- Pourquoi ça ne s'ouvre pas ? s'affola-t-il.

- Je ne comprends pas, j'ai fait ce qu'il fallait.

- Oui, mais eux aussi.

A ces paroles prononcées d'un ton grave par Marcus, les deux adolescents suivirent son regard et virent alors que l'un des gardes était face au panneau de contrôle, sans doute en train d'empêcher l'ouverture.

- Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Monty.

Il y eut un bref silence, puis Jasper prit la parole.

- On fonce.

Sur ces mots et sans attendre une seconde, le jeune homme enfonça l'accélérateur d'un coup sec. Le moteur émit un bruit sourd et quand Jasper relâcha la pédale d'embrayage, le camion démarra brutalement. Un soldat venait d'atteindre le véhicule et tenta de les arrêter, mais il s'écarta, au risque d'être renversé. Ses collègues et lui tentèrent de tirer sur le véhicule, mais à nouveau la carrosserie blindée remplit son rôle et les balles ricochèrent sans même l'endommager. Une balle perdue brisa néanmoins la vitre du côté passager, là où se trouvait Kane, et termina sa course dans le toit. Pourtant, malgré la situation, Jasper garda son sang-froid et ne montra aucun signe de panique.

- Accrochez-vous !

Il enfonça son pied au maximum sur l'accélérateur pour prendre de la vitesse, et fonça droit sur l'obstacle qui l'empêchait de quitter le hangar. Le choc fut violent et les secoua tous, mais la porte fut enfoncée et le camion put sortir. Jasper accéléra de plus belle, renversant ainsi plusieurs soldats qui se trouvaient sur sa trajectoire.

Les autres fugitifs, qui étaient restés cachés en voyant que l'alerte avait été donnée et que les gardes étaient maintenant tous sur le qui-vive, sursautèrent tous en entendant un fracas assourdissant. Leurs regards se portèrent immédiatement vers l'endroit d'où venait le bruit, et ils ouvrirent alors de grands yeux en découvrant un camion lancé à pleine vitesse et qui venait dans leur direction. Le véhicule percuta plusieurs soldats et quand il arriva près d'eux, alors qu'ils croyaient qu'il allait leur foncer dessus et étaient déjà tous prêt à s'enfuir, il s'arrêta en dérapant. Jasper avait habilement placé le camion pour qu'il protège le groupe des tirs, mais dès que ce fut fait, il se baissa pour ne pas être une nouvelle fois touché.

Marcus descendit du véhicule et se plaça derrière le capot pour tirer quelques coups en direction des gardes et ainsi les dissuader d'approcher. Quand il vit qu'ils s'étaient mis à couvert, il fit de même et s'adressa au groupe :

- Montez derrière ! cria-t-il en leur indiquant l'arrière du camion.

Ils s'apprêtaient à obéir, quand tout à coup des tirs arrivèrent par leur flanc gauche qui lui, n'était pas protégé par le camion. Les balles sifflèrent à leurs oreilles, les manquant de peu. Sans attendre, Octavia répliqua, leur donnant ainsi un court répit en obligeant leurs assaillants à se mettre à l'abri. Sinclair en profita pour installer Raven, toujours inconsciente, à la troisième et dernière place à côté de Monty. Il voulut aller à l'arrière du camion pour ouvrir les portes et faire monter tout le monde, mais alors il fut touché à la jambe et s'écroula. Abby se porta immédiatement à son secours, mais elle entendit alors un cri et en regardant Marcus, elle vit qu'il venait d'être blessé à l'épaule droite. Lincoln et Octavia se mirent immédiatement à couvert pour ne pas subir le même sort. La brune rejoignit Abby :

- Montez ! lui ordonna l'ancienne Chancelière.

- Visiblement ils ne veulent plus nous garder en vie. On doit faire monter les blessés avant tout, mais le temps qu'on le fasse on sera déjà tous morts.

- Alors ils restent ici.

- Hors de question ! On n'avait pas le temps pour ceux restés à la prison, mais eux ils sont là, on ne va pas les laisser seuls.

- Ils ne seront pas seuls, je reste avec eux et on fait diversion.

- Quoi ?!

- Aucun de nous ne s'en sortira si leurs tirs sont concentrés sur le camion. Nous allons détourner leur attention et pendant ce temps vous pourrez vous enfuir.

- C'est trop dangereux !

- Pas autant que de rester ici à attendre qu'ils nous tuent les uns après les autres.

- Pourquoi nous ? Pourquoi pas d'autres ? demanda la jeune fille en désignant Marcus et Sinclair qui s'étaient mis à l'abri derrière le camion.

- Parce qu'on ne pourra pas accéder à l'arrière du camion sans se faire tirer dessus, donc il n'y a que les places à l'avant qu'on peut prendre. En vous serrant vous pourrez renter à cinq, mais pas plus. Et surtout-

Abby s'interrompit quand ils essuyèrent une nouvelle rafale de la part des gardes.

- Si vous pouviez vous dépêcher ça nous arrangerait ! cria Jasper dont la vitre venait d'être brisée et qui tentait tant bien que mal de rester à couvert dans le camion.

L'ancienne Chancelière reprit d'une voix angoissée :

- Vous savez où aller et vous êtes ceux qui se débrouilleront le mieux en dehors du camp.

- Il doit y avoir un autre moyen.

- Il n'y en a pas, dit Abby d'un ton grave.

L'adolescente déglutit difficilement, la gorge serrée. Elle lança un bref regard à Lincoln qui lui signifia d'un simple hochement de tête que c'était la meilleure chose à faire et qu'ils devaient obéir. Elle se tourna alors vers Abby, tandis que lui montait dans le camion.

- Qu'est-ce que je dois dire à Clarke ?

La mère de la blonde ne répondit pas immédiatement. Ses yeux devinrent brillants et Octavia vit qu'elle était sur le point de pleurer. Mais elle garda toute sa dignité et parla d'une voix aussi ferme que possible en plantant ses yeux dans les siens :

- Dis-lui que je l'aime. Dis-lui de sauver et protéger notre peuple, quel qu'en soit le prix.

Elle saisit brusquement la jeune fille par le bras, ce qui surprit cette dernière.

- Quel qu'en soit le prix, tu m'as bien comprise ?

Octavia ne répondit pas, mais elle approuva d'un hochement de tête.

- Dis à Jasper de démarrer une fois qu'ils auront relâché leur vigilance et se seront approchés. Maintenant monte.

L'adolescente s'exécuta et s'empressa de monter dans le camion, aidée par Lincoln, et de donner ses instructions à son ami qui était au volant, puis ils claquèrent la porte.

Pike venait d'arriver pour prendre en mains la situation. Il s'apprêtait à donner l'ordre de tirer à nouveau quand soudain, une voix qu'il reconnut comme celle d'Abigail Griffin s'éleva.

- Ne tirez pas ! Cessez le feu, nous nous rendons !

Le Chancelier stoppa son geste alors qu'il était sur le point de baisser le bras pour donner l'autorisation à ses hommes de tirer.

- Sortez et jetez vos armes au sol, puis levez les mains en l'air !

Après quelques secondes, Abby arriva en soutenant Sinclair qui se tenait sur une jambe. Marcus les suivit en se tenant l'épaule, et ils lâchèrent tous leurs armes au sol en mettant leurs mains en évidence.

- Où sont les autres ? demanda Pike.

- Nous avons des blessés qui ne peuvent pas se déplacer, répondit Abby.

Le Chancelier fit un signe aux gardes qui s'avancèrent alors vers les fugitifs, arme au poing, prêts à tirer. Ils n'étaient plus qu'à quelques mètres quand tout à coup, le moteur du camion rugit, et la seconde d'après il démarra à toute allure. Certains soldats furent renversés, voire écrasés, et les autres ouvrirent immédiatement le feu en visant le véhicule. Mais rien ne pouvait plus l'arrêter, et il se dirigea droit vers la porte du camp.

Les tirs venaient de toute part, et des soldats qui se trouvaient à l'extérieur du camp, sans doute pour prévenir d'une éventuelle évasion, s'avancèrent à leur rencontre en les mitraillant avec leurs fusils d'assaut. Bien mal leur en prit. Comme quelques minutes auparavant avec la porte du hangar, Jasper accéléra subitement et heurta l'obstacle de plein fouet. Les passagers accusèrent tous le choc, mais la porte céda et ils purent sortir. Quelques gardes furent fauchés, mais la majorité s'était éloignée avant. Le jeune conducteur n'interrompit pas sa course pour autant, bien au contraire. Il accéléra et fila en direction de la forêt pour arriver hors de portée des tirs le plus vite possible.

Avant qu'ils ne quittent le camp, Octavia avait eu juste le temps de voir qu'Abby, Marcus et Sinclair, qu'ils avaient été contraints d'abandonner, étaient immobilisés et menottés. Bien qu'elle sente son estomac se tordre de culpabilité après ce qu'ils venaient de faire, elle était au moins soulagée de voir que Pike ne les avait pas faits tuer sur le champ. Il ne restait plus qu'à espérer qu'il ne les exécuterait pas plus tard…

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Monty tandis que Jasper restait concentré sur sa conduite.

Il y eut un court silence pendant lequel Lincoln et Octavia échangèrent un regard avant que cette dernière ne réponde :

- On va à Polis.


J'espère que ce chapitre vous aura plu ! On n'a pas vu Clarke ni Lexa, donc pas de Clexa aujourd'hui, mais je tenais vraiment à faire ce chapitre dédié à Octavia, j'avais ça en tête depuis que j'ai commencé à écrire cette fic. Oui, Octavia est mon personnage préféré avec Lexa, je lui voue un véritable culte :3 Mais ne vous en faites pas, dès la semaine prochaine le Clexa sera de retour ;) (même si je ne peux pas promettre que tout sera rose... Me tapez pas, pitié !)

N'hésitez pas à laisser une petite review. Merci à ceux qui le font à chaque fois, merci à ceux qui suivent cette fic, merci beaucoup à vous tous !

A dimanche prochain :)