« Il y a quelque chose que j'ai vraiment mais alors vraiment du mal à comprendre. » dit enfin Draco, rompant l'interminable silence qui avait suivit le résumé intégral de la soirée de la veille que venait de faire Hermione. « Pourquoi est-ce que tu n'as pas pris de PPN ? ! »
« Je...je croyais que c'était une drogue, je ne savais pas... » commença Hermione.
« Ah ! Mais par contre, lorsqu'il s'agit de la vraie drogue en question, tu te rue dessus, c'est ça ? » la coupa glacialement son chorégraphe. « T'es assez étrange comme fille toi, tu sais ? »
« Mais puisque je vous dit que je n'étais pas au courant de toutes ses choses là ! Le PolyNectar, les pilules, tout ça c'était nouveau pour moi ! Je n'en avais jamais pris avant. »
Draco secoua la tête, dépassé.
« Mais alors pourquoi est-ce que tu as accepté d'en prendre dans ce cas là, bon sang ? ! Vu que tu ne savais pas ce que c'était, que tu n'en avais jamais pris ; pourquoi être allée prendre le risque de faire une overdose du premier coup ? » cria-t-il presque, ce qui fit tressaillir la ballerine.
Hermione déglutit.
« Je vous l'ai dit. Je ne savais pas du tout ce que c'était. » s'expliqua-t-elle encore d'une toute petite voix.
« A croire que tu ne sais jamais rien au final. » cracha-t-il en se levant d'un bond.
Le ton froid et méprisant qu'il avait pris pour lui répondre blessa la jeune danseuse qui sentit ses yeux la piquer et une boule se former dans sa gorge. Elle le suivit du regard faire les cent pas d'un bout à l'autre de la chambre, comme attendant son verdict.
« J'ai l'impression que c'est le même cauchemar qui se répète...le même foutu cauchemar ! » s'écria-t-il en secouant encore la tête, comme fou.
Il continua de faire des aller-retours devant Hermione qui se creusait à présent la tête pour sortir quelque chose d'intelligent pouvant éviter à la situation de s'envenimer.
« Je...je sais que consommer du PolyNectar a été une très grosse erreur, la plus grosse de ma vie sans doute, et que j'ai faillit y laisser ma vie. J'ai retenu la leçon Mr Malfoy et je vous jure qu'à partir d'aujourd'hui, je n'aurais plus aucun écart de conduite. Il n'y aura plus aucun problème. » assura-t-elle en tripotant anxieusement ses mains moites.
Malfoy eut un petit rire.
« Plus aucun problème » répéta-t-il d'un ton clairement sarcastique. « Plus aucun problème »
Il s'arrêta un instant de marcher puis se tourna vers la ballerine, tout traits moqueurs sur sa figure ayant à présent disparus.
« Mais c'est justement maintenant que commencent les problèmes ! » s'exclama-t-il avant de tirer brusquement une chaise pour venir s'assoir juste devant Hermione. « Tu devrais me remercier d'être venu te sortir à temps de cet hôpital car tu sais où est-ce qu'ils allaient t'envoyer sinon ? »
Elle hocha négativement la tête, craignant le pire.
« En cure de désintoxication. »
Hermione écarquilla des yeux, sous le choc.
« En...en cure de dés...désintoxication ? » bredouilla-t-elle, blême. « Alors que je n'en ai consommé qu'une seule fois ? ! »
« Ah...je suppose que tes petits compagnons de fêtes ont omis de te détailler les conséquences d'une prise de PolyNectar sans précautions. » fit Malfoy, railleur. « Laisse-moi m'en charger dans ce cas. »
Il joignit ses mains entre elles et un sourire assez féroce se dessina sur ses lèvres, comme si la liste des malheurs qu'il allait lui annoncer le réjouissait au plus haut point.
« Tu n'as pas pris de Pré PolyNectar, ce qui fait que ton organisme n'a pas été préparé ni protégé face à l'intrusion de ce produit, ce qui fait que tu as eu un brusque arrêt cardiaque. Ce qui, lorsqu'on y repense, est tout à fait logique. Ne pleure pas ! » siffla-t-il d'un ton sec en la voyant renifler, les yeux brillants. « Apprends plutôt à assumer pleinement les conséquences de tes actes. »
Hermione acquiesça, à un doigt d'éclater en sanglot.
« Où en étais-je... – oui, donc, n'ayant pas pas put supporter la prise de Poly à son état pur, ton cœur a lâché le temps de quelques minutes. Actuellement, tu as encore de la drogue dans ton organisme. A un taux certes un peu moins élevé que lorsque tu en as pris mais tout de même non-négligeable. Et maintenant, écoute-moi bien et je te jure que si je te vois pleurer, je m'énerve. »
Draco se pencha en avant, le front plissé, l'air grave.
« Si le PPN était là, ce n'était pas pour faire joli mais pour éviter au corps toute addiction au produit car le PolyNectar est l'une des rares drogues provoquant la dépendance dès le premier usage. Ce qui fait qu'il te reste encore du liquide dans le sang mais celui-ci va peu à peu diminuer et tu auras ce que l'on appelle des crises de manque. C'est à dire que ton organisme redemandera encore du PolyNectar. Ces crises débuteront dès que le niveau de drogue dans ton sang commencera à devenir critique. Elles se manifesteront à échelle croissante – d'abord maux de tête, fatigue, tournis, saute d'humeur, panique, malaise, tremblement... – et peuvent parfois devenir très violentes lorsque la drogue n'est plus que minime dans le sang – hallucinations, trous de mémoires, convulsions, saignements, dédoublement de personnalité, coups de folie. J'en passe. Je te mentirais si je ne te disais pas qu'au fur et à mesure, les crises seront infernales. Dans ces cas là, la tentation de reprendre du PolyNectar sera très, très grande. Mais il ne faut pas, parce que cela renforcera ton addiction et détériorera peu à peu ton organisme. Même si tu prends du PPN. Il faut tout simplement attendre. Tu attends et puis un jour, tu te lève et tu ne sens plus rien. Ton corps a repris ses droits et ne dépend plus de la drogue. Cela peut prendre deux semaines comme tout un mois entier, rarement plus longtemps. Il faut tout simplement être patient. »
A la grande surprise des deux, Hermione se mit alors à rire. C'était un rire hystérique, nerveux. Très nerveux. Un rire que l'on faisait les yeux grands ouverts. Yeux qui commençaient à s'embuer de larmes. Larmes qui dévalaient à présent ses joues, trempant ses lèvres d'un goût salé. Elle les essuya puis se mit à rire encore, plus fort cette fois-ci. Draco la regardait, assez pris de court. Il se redressa, les sourcils haussés.
« T'es...t'es vraiment étrange comme fille Hermione. » s'exclama-t-il en croisant des bras. « Alors je t'annonce que les semaines à venir vont être pour toi un véritable enfer et toi, tout ce que tu trouve à faire, c'est d'éclater de rire ? Peu de chose m'étonne ici bas mais j'avoue que toi, tu me scotcheras toujours. »
Hermione renifla en essuyant maladroitement sa figure.
« Comment vous voulez que je réagisse après tout ? » dit-elle, la voix cassée, en haussant des épaules.
« Je ne sais pas. Mais sûrement pas comme ça. Enfin, étant donné que tu as l'air de tout prendre avec le sourire, j'espère que tu prendras aussi ce que je vais te dire de la même manière. »
Hermione s'arrêta immédiatement de s'essuyer le visage et fixa le chorégraphe, interdite. Puis elle commença à hocher lentement la tête, en signe de désaccord. De plus en plus vite.
« Non, non, non, s'il vous plaît, non, pas ça, s'il vous plaît... »
Draco soupira, l'air sincèrement embêté.
« Ce n'est pas comme si je ne t'avais pas prévenue. »
« Mons...Monsieur Malfoy vous ne pouvez pas me faire ça ! Vous ne pouvez pas ! » chuchota-t-elle, suppliante.
« Dans ton état, il est préférable que nous adoptions cette décision. Je ne peux pas prendre le risque de continuer à te garder à la tête de ce ballet parce que je sais que tu n'auras pas les épaules de supporter les crises de manques tout en gérant la responsabilité de danseuse principale. »
« Ne me dites pas que...je vous en supplies...pas elle...pas ELLE ! S'il vous plaît ! »
Draco prit une grande inspiration.
« Donc Cho Chang reprendra ta place dès demain. »
Hermione reçut la nouvelle comme si on venait de lui annoncer un décès. Elle resta un instant sonnée, les yeux exorbités, la respiration courte, la bouche entrouverte, refusant d'y croire. Prenant le temps de réaliser.
Deux mois.
Deux mois où elle s'était pratiquement affamée pour le ballet. Deux mois où elle n'avait pratiquement pas fermé l'œil en s'entraînant presque trois heures de plus que les autres pour le ballet. Deux mois où elle s'était pliée sans même broncher aux exigences de Malfoy pour le ballet. Deux mois où elle avait essuyé les vacheries et autres gamineries de ses chères collègues pour le ballet. Deux mois où elle s'était tuée à être la meilleure pour le ballet. Deux mois où elle ne respirait que pour ça.
Et voilà qu'une soirée, qu'une seule petite soirée avait réussi à gâcher, ruiner, piétiner, démolir la chance de sa vie.
Tout ça à cause de Blaise. Tout ça à cause de ce connard de Blaise. S'il ne lui avait pas proposé cette sortie, elle n'en aurait jamais été jusque là.
Elle le tuerait à mains nues. Elle l'égorgerait.
Tout ça, ce n'était que de la faute de son ancien partenaire.
« Vous n'avez pas le droit de me virer comme ça ! » cria Hermione en se levant du lit, pleurant cette fois-ci pour de bon. « Pourquoi m'avoir pris à l'hôpital, dans ce cas ? »
« Parce que ce serait un cercle infernal sinon, crois-moi. Et puis je ne savais pas encore quetu n'avais pas pris de PPN. Et non, je ne te vire pas. Tu danseras tout simplement dans le rôle secondaire que tenait Cho, c'est tout. Et puis baisse d'un ton. »
« Expliquez-moi seulement la différence entre se faire virer du ballet et être reléguer dans une place d'arrière-plan ? ! »
A Draco de se lever pour lui faire face, passablement énervé.
« Et si tu apprenais à encaisser les conséquences de tes bêtises au lieu de hurler sur plus âgé que toi ? Est-ce que c'est moi qui t'ai forcé la main pour que tu te drogue ce soir là ? Est-ce que j'étais là pour t'inciter à prendre du PolyNectar ? Non. Je suppose que tu es une grande fille, donc tu as tout fait de ton propre consentement. Résultat ? Tu en pleure aujourd'hui. Eh ben il fallait y penser avant ma chère, bien avant. Là, il est tout bonnement impossible que je te garde à ta place. Réjouis-toi que je ne t'ai pas tout simplement foutue dehors parce que, très honnêtement, si tu étais tombée sur un autre metteur en scène, tu aurais déjà été au chômage à l'heure qu'il est. Alors estimes-toi vraiment heureuse. »
« Heureuse ? Vraiment ? » rétorqua narquoisement Hermione. « Heureuse de quoi ? Vous savez ce qui va se passer demain, lorsque tout le monde apprendra la nouvelle ? Ils se moqueront de moi. Tous. Et Blaise sera de la partie étant donné que c'est lui qui m'a entraînée d'un tout ça. Et maintenant que j'y pense, je suis à peu près sûre que c'est un coup monté. Ils ont fait tout ça pour me piéger... »
« Bon sang, tu es folle ! » s'exclama Draco en haussant des sourcils. « Il n'y a que toi qui a recraché le PPN, comment veux-tu que ce soit un coup monté ? »
« ...ils me détestaient ! Tous ! Depuis le début ! Même Blaise. Même Blaise que je croyais être de mon côté. Ils crachaient tous dans mon dos, ils voulaient tous que je tombe et voilà, maintenant ils sont satisfaits. Tout ça à cause de Cho Chang ! » hurla Hermione et sa voix se brisa dans un énième sanglot.
Draco se rassit en soupirant, scotché.
« Elle...elle a dit qu'elle ferait de ma vie un enfer, le soir de la soirée de présentation de « Amour Pures ». Elle l'a dit, je vous le jure, elle l'a dit. » murmura-t-elle en s'agenouillant en face du chorégraphe. « Elle ne veut que me détruire Mr Malfoy. Je vous en supplies, ne tombez pas dans son piège. Je vous en supplies. »
« Hermione, tu me fais vraiment peur. » souffla Draco, les sourcils haussés.
« Elle ne veut que mon malheur. Elle veut que je tombe. Elle ne désire que ça. Et elle a monté tout le monde contre moi pour ça. Cho est mauvaise Mr Malfoy, vous ne la connaissez pas. Elle sait que je serais capable de me suicider si ce rôle lui revient. Mr Malfoy, s'il vous plaît, envoyez-moi en cure, donnez-moi un traitement à prendre, faite moi suivre – je ne sais pas. Mais ne la mettez pas à ma place. Ne la mettez vraiment pas à ma place. Je vous jure que j'en mourrais. J'en mourrais Mr Malfoy, j'en mourrais. »
Sur ce, toujours accroupie sur le sol aux pieds du chorégraphe, elle se recroquevilla sur elle-même et continua de pleurer silencieusement, son corps fragile et chétif se secouant tout entier au moindre sanglot.
La scène ne laissait pas indifférent Draco. Loin de là. Il avait d'ailleurs une vague impression de déjà vu et se sentait assez mal. Hermione avait l'air extrêmement vulnérable, ne s'accrochant presque qu'à ce rôle pour vivre. Il savait qu'elle représentait exactement la danseuse idéale pour donner vie à « Amours Pures ». Elle n'était pas plus douée que Cho de même que cette-dernière ne l'était pas plus qu'Hermione. Mais il savait, il avait toujours su et, même le soir de la représentation, lorsque ce serait Cho qui danserait aux bras de Blaise, il saurait que Hermione aurait mieux endossé le rôle qu'elle.
Il le saurait, il n'y avait aucun de doutes à avoir là-dessus.
« Assieds-toi. » soupira-t-il.
Hermione redressa la tête puis se remit sur le lit sans un mots, coinçant ses mains entre ses cuisses, ses yeux rouges brillants grands ouverts et clignant toutes les deux secondes comme ceux d'un enfant.
« Essuies-moi ces larmes. »
Hermione s'essuya un peu gauchement la figure. Draco soupira une seconde fois puis croisa des mains, ses bras reposant sur ses genoux.
« Premièrement : ce n'est qu'un ballet, un ballet comme tant d'autres. Alors ne répète jamais, plus jamais que tu pourrais te suicider si jamais tu y perds un rôle important. Si à chaque échec, j'avais décidé de me jeter par la fenêtre ou me couper une veine, je n'en serais pas là. Deuxièmement : je ne reviens pas sur ma décision. Tu restes en second rôle jusqu'à la fin des répétitions. Je ne peux vraiment pas prendre de risque. Et troisièmement : tu es talentueuse Hermione. Je suis sûr qu'à l'avenir, il y aura pleins de chorégraphes qui se battront pour t'avoir dans leur pièce... »
« Oui mais vous, vous êtes Draco Malfoy. C'est autre chose. » renifla Hermione.
Ce qui fit sourire du jeune homme. Il ne put pas s'en empêcher. On entrevoyait à présent ses dents blanches parfaitement alignées. Il se redressa en se raclant la gorge, assez flatté.
« Soit, ce ne sera pas moi et ce sera sûrement autre chose. Mais ce que je veux dire, c'est que tu ne dois pas t'arrêter à ça. C'est... »
« Tout ça, c'est de la faute Blaise. »
« Non. Tout ça, c'est de ta faute. C'est toi qui a consommé et c'est toi qui a refusé le PPN. Ce n'est pas Blaise. Tu ne peux pas avancer si tu rejette constamment la faute sur les autres sans te remettre en question. De plus, rappelle-toi bien ce que je t'ai dit, il y a un mois, lorsque tu t'es retrouvée à l'infirmerie. »
Hermione plissa du front, tentant de remonter jusqu'à ce fameux jours où tout le monde avait cru qu'elle s'était faite agressée alors que c'était elle même qui s'était infligée les coups avec lesquels ont l'avaient retrouvée dans les toilettes.
« Je t'avais dit que le monde classique n'était qu'un monde de challenge et de lutte et que seuls les plus forts sortent la tête de l'eau. Tu étais l'une des plus fortes mais tu as seulement baissée la garde et voilà où nous en sommes, en l'espace de 12h. Il ne faut vraiment t'en prendre qu'à toi même. »
« Alors vous me punissez, c'est ça ? »
Draco ferma les yeux en soupirant, exaspéré.
« Bon sang mais je ne te punis pas ! J'y suis obligé, tu ne le comprends pas, ça ? Tu es inconstante, je ne sais jamais à quoi m'en tenir avec toi. Récemment, j'ai cru dormir sur mes deux oreilles parce que tout allait à merveilles pendant les répétitions, aucun faux pas, rien, et là, d'un seul coup, je ne sais pas ce que tu nous fais et on te retrouve délirante à l'hôpital. Et si tu me faisais ce coup là pour la représentation ? Et si tu te tordais la cheville deux jours avant ? Et si, je sais pas moi, tu te bagarrais la veille du Jour J et que tu étais gravement blessée au point de ne plus danser de ta vie ? Qu'est-ce que je fais moi ? Hein ? C'est à ce point là que nous en sommes. Je ne sais vraiment pas à quoi m'attendre avec toi. Pourtant je t'avais prévenue, je t'avais dis de rester tranquille, tu ne te souviens pas ? Je te l'avais dis. Je ne peux plus te reprendre, Hermione, et la raison principale, je vais te la donner en mille. » fit-il en secouant la tête. « C'est que je n'ai vraiment plus aucune confiance en toi. »
« ...merci beaucoup, au revoir ! »
Ginny raccrocha puis croisa le regard anxieux de Mme Granger.
« Hum, ils disent que c'est trop tôt pour déclarer quoi que ce soit. Il faudrait attendre au moins 24h pour signaler sa disparition. » répéta-t-elle fidèlement.
Jane Granger secoua la tête, abattue. Il était presque quinze heures et sa fille n'était pas revenue. Ginny vint s'assoir à côté d'elle et lui tapota le dos, compatissante.
La mère de sa meilleure amie l'avait appelée vers midi pour lui demander si Hermione se trouvait chez elle. Ginny avait répondu que non puis avait rapidement regretté. Peut-être qu'Hermione était partie quelque part et avait voulu qu'on la couvre. C'est pour cela qu'elle était beaucoup moins inquiète que Jane. Elle était persuadée qu'il y avait une raison logique à son absence. Mais sa mère avait carrément éclatée en sanglot au téléphone, parlant de fugue, d'enlèvement et se de séquestration alors Ginny avait décidé de venir lui tenir compagnie afin de lui assurer que tout irait bien.
« C'est de ma faute..! » s'exclama Jane pour la treizième fois. « C'est entièrement de ma faute. Si j'avais été là... »
Elle secoua encore la tête puis fondit sur son verre de vin rouge.
« Mais non, Mme Granger, je suis sûre qu'il y a une explication logique...peut-être qu'il y a eu un problème sur la route, je ne sais pas. Mais rien de grave. »
« Comment peux-tu en être sûre ? » soupira-t-elle. « J'aurais dut être là, j'aurais dut être à la maison ! On aurait parlé, je lui aurais dit, je lui aurais dit pour son père ! Tout ce qui s'est passé, notre dispute, tout cela, je lui aurais expliqué en détails ! Mais voilà qu'elle est partie à sa recherche, depuis le temps qu'elle me menaçait de le faire... »
Une autre gorgée de vin. Ginny dévisagea longuement Mme Granger en clignant des yeux. Comment ça 'je lui aurais dit pour son père' ? Elle – et Hermione aussi – avait toujours cru que Mr Granger était parti du jour au lendemain sans prévenir personne. Ainsi donc y avait-il une histoire derrière tout ça ?
L'adolescente se racla la gorge en se rapprochant de la mère de son amie.
« Mais...mais vous vous êtes disputé avec Mr Granger le jour où il a disparu ? » demanda-t-elle, intriguée.
Mme Granger hocha la tête puis éclata en sanglots, ce qui fit violemment rougir Ginny.
« Oh ! Je suis vraiment désolée, je ne voulais pas...je n'aurais vraiment pas dut vous poser cette question. »
« Non, non, ce n'est pas grave. » la rassura Jane en se ressaisissant. « Et puis il faut que je le dise. Depuis tout ce temps... »
Elle porta à nouveau son verre de vin à sa bouche et le finit d'un trait puis prit une grande inspiration.
« Je...je ne sais même plus qui a commencé, je crois bien que c'était moi...c'était si violent ! En presque quinze années de mariages, nous n'avions jamais eut une dispute aussi violente. Nous avons même faillit en arriver au mains...oh mon Dieu... » soupira-t-elle en enfouissant son visage dans ses mains. « C'était horrible ! On s'est dit des choses horribles ce jour là ! Des choses que je n'aurais jamais dite...si seulement j'avais su...si seulement j'avais su la tournure que prendraient les évènements ! »
« Et...et vous pensez que c'est à cause de cette altercation que Mr Granger a disparu ? » demanda courageusement Ginny.
Jane hocha à nouveau la tête, en pleurs.
« Tout ça, c'est de ma faute ! Entièrement de ma faute ! Si tu savais comme je m'en veux... »
Elle essuya ses larmes, laissant place à de nouvelles, puis remplit sa coupe et prit une autre gorgée de rouge. Ginny, quant à elle, commençait à échafauder des hypothèses quant à la fameuse tournure qu'aurait pris les évènements à la suite de leur dispute. Et pour l'instant, il n'y en avait qu'une seule, la plus macabre de toute, qui tenait la route.
« Ra...rassurez-moi Mme Granger...vous n'avez rien fait de...hum, de hors la loi ou d'immoral ce jour là..? » demanda-t-elle très lentement.
Jane leva ses yeux rougis vers la jeune fille, l'air accablé, puis fut à nouveau secouée de sanglots incontrôlables.
« C-c-c'est de ma f-f-faute, tout est d-de ma f-f-faute ! » gémit-elle.
« Et si vous me racontiez plutôt en détails ce qui s'est passé ce jour là, Mme Granger ? Peut-être que cela vous...vous aidera à voir plus clair. » suggéra Ginny qui commençait à devenir de plus en plus inquiète quant à l'issue de cette fameuse soirée.
Jane hocha immédiatement la tête.
« Oui, c'est peut-être une bonne idée que je me décharge enfin de...de tout ça. »
Elle reprit un autre verre de vin tandis que Ginny se préparait psychologiquement à encaisser tout ce qu'elle allait entendre.
Hermione avait tellement la vue brouillée qu'elle mit presque une minute entière à insérer la clé dans la serrure. Lorsque l'objet décida enfin d'y entrer, elle tourna violemment la clé et ouvrit la porte. Qu'elle claqua derrière elle avec sauvagerie.
« C'est elle ! » fit une voix surexcitée depuis le salon et, l'instant d'après, sa mère apparut à l'embrasure de la porte.
Sa figure, quoique défaite, rayonna de soulagement en apercevant enfin sa fille à l'entrée. Elle courut presque immédiatement la serrer dans ses bras à l'en étouffer.
« Oh ma chérie pardon, pardon, pardon, pardon ! Je ne te laisserais plus jamais seule, plus jamais. » chuchota-t-elle, son haleine alcoolisée embaumant l'air que respirait sa fille. « Je t'aime, tu le sais ça ? Je t'aime. Je t'aime énormément Hermione, je t'aime comme il n'est pas permis. Ne me refait plus jamais ça, tu m'entends ? J'ai tellement eu peur mon ange, tellement eu peur... »
Ginny apparut à son tour à l'entrée du salon. Elle s'adossa contre l'embrasure, les bras croisés. Elle regarda la mère et la fille s'étreindre sans savoir quoi penser. Elle ne pensait justement à rien. Elle tentait de faire le vide. Lorsqu'elle rencontra le regard de sa meilleure amie, la rousse tenta un sourire qui sonnait faux et creux. Ses yeux étaient écarquillés, comme si elle venait de subir le plus grand des chocs et ses mains tremblaient.
« ...je suis tellement contente, tellement contente... » soupirait Jane.
Hermione s'arracha froidement de son étreinte avec rudesse tandis que sa mère la regardait avec incompréhension. Elle regarda successivement Ginny puis sa mère, sa respiration devenant plus courte, ses yeux s'humidifiant peu à peu.
« J'ai été virée. » articula-t-elle très lentement comme si elle même n'arrivait pas à croire ce qu'elle disait. « J'ai été virée du ballet. »
Mme Granger ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Elle savait tout ce que ce ballet représentait pour sa fille et elle était sincèrement navrée pour cette nouvelle. Mais elle n'arrivait cependant pas à l'être vraiment car sentiment de joie que lui avait procuré la venue de sa fille l'emportait sur tout.
Quant à Ginny, elle ne manifesta aucune réaction. Absolument aucune réaction. Ce qui stupéfia Hermione. Elle restait là, droite comme un piquet, à l'entrée du salon, avec la sensation de s'être tout juste faite assommée. Plus d'une minute s'écoula sans que personne ne dise quoi que ce soit.
« Vous savez quoi ? Allez toutes les deux vous faire foutre. » siffla Hermione avant de se diriger en trombe vers le couloir.
Dès qu'elle passa en coup de vent à côté de Ginny, cette-dernière la retint par le poignet, l'arrêtant dans sa course. Elle avait les yeux brillant et sa bouche tremblait comme si elle voulait pleurer mais ce n'était, pour l'instant, que le tertiaire des soucis d'Hermione.
« 'Mione, il...il faut que je te parle. » murmura-t-elle d'une voix suppliante. « Je suis désolée, sincèrement désolée pour le ballet mais il faut absolument que je te parle. »
« Ah ouais ? T'es vraiment désolée ? Eh ben tu n'en avais vraiment pas l'air, dis-moi. » cracha Hermione en tentant de se soustraire de l'étreinte de sa meilleure amie.
Mais celle-ci resserra sa poigne sur le bras maigre de son amie.
« Hermione, s'il te plaît. » chuchota-t-elle et, depuis qu'elle la connaissait, Hermione ne l'avait jamais vu dans cet état là.
Mais elle réussit tout de même à se soustraire de l'emprise de Ginny et, après l'avoir gratifié d'un regard glacial, elle s'enferma à clé dans sa chambre.
Glissant contre la porte, la ballerine s'effondra sur le sol, à bout. Totalement à bout. Elle ne pouvait plus, elle ne voyait plus, elle ne savait plus. Rien. Juste des larmes intarissables qui coulaient, coulaient, coulaient. Chaque larme pour un effort qu'elle avait accomplis pour ce ballet. Chaque gémissement pour un sacrifice qu'elle avait fait pour être et rester sur le podium. Seule sur le podium. Chaque perle salée pour le dégoût, l'extrême dégoût qu'elle ressentait maintenant. Un dégoût de tout. D'elle même, pour commencer. Puis de Blaise. Blaise qu'elle n'allait pas tarder à tuer. De Chang. D' « Amours Pures ». De POUDLARD. De tout ce qui se rattachait à POUDLARD. De la danse classique. Du chorégraphe. Du PolyNectar. De sa vie. A quoi servait-il de respirer maintenant que ce dont elle aspirait le plus venait de glisser entre ses doigts par sa propre faute ? A quoi servait-il qu'elle continue de vivre si ce pourquoi elle avait travaillé si dur depuis ses premiers pas en danse avait été donné à quelqu'un d'autre ?
Cette réflexion replongea plus profondément encore Hermione dans le gouffre.
Ses pleurs devinrent des cris. Des complaintes. Elle s'adressait au Ciel. Elle demandait pourquoi, pourquoi elle ? ! Pourquoi était-ce elle et non les autres qui devait endurer ce genre de choses ? C'était dur. C'était trop dur. C'était sale. C'était ne pas avoir de cœur. C'était froidement passer l'éponge sur tout ce qu'elle avait fait pour réussir à avoir ce rôle. C'était oublier ce voyage qu'elle avait jusqu'à Paris. C'était tout oublier de façon délibéré au profit d'une seule faute, comme si l'être humain était parfait.
Et cela lui donnait envie de vomir.
D'enfoncer profondément un doigt jusqu'au fond de sa gorge et dégobiller toute cette rage, ce sentiment de trahison et d'injustice qu'elle avait dans le cœur. Mais quand bien même elle aurait finit, tout reviendrait au même si ce n'était qu'elle aurait la sensation d'avoir commis le plus grand péché du monde. Elle reviendrait dans sa chambre et recommencerait à pleurer.
Non.
Il faudrait qu'elle fasse quelque chose d'assez suffisant pour la calmer. Se faire vomir était tellement devenu machinal pour elle qu'elle ne se sentait même plus vidée lorsqu'elle le faisait. Il fallait qu'elle trouve un moyen plus fort, plus radical pour extérioriser sa colère. Et il fallait qu'elle le trouve vite, sinon, elle allait droit à l'implosion. La catastrophe, elle la sentait, et elle pouvait très aisément venir de cette fenêtre ouverte, juste devant elle. Elle habitait au quatrième étage.
Hermione rassembla tout les efforts du monde pour se lever, tentant en vain de refréner une nouvelle rafale de larme. En titubant, elle se dirigea vers son armoire qu'elle coulissa d'un geste brusque. Elle en ressortit sa trousse de toilette pleine à craquer qu'elle lança sur son lit. Puis elle vint s'assoir en reniflant. Elle ouvrit la petite sacoche et se mit à sortir un à un tout ce qu'elle contenait. Elle termina par le rasoir. Elle renifla encore et s'essuya gauchement la figure. Mais les vannes furent de nouveau ouvertes et baptisèrent son visage. La vue embuée, elle déboita le manche du rasoir et le posa sur le lit. Puis elle tenta d'ôter maladroitement les trois lames du haut du rasoir, s'entaillant le pouce au passage. Ce fut comme si elle n'avait pas eu cette coupure.
Elle leva une des lames d'une main tremblante. Puis elle tourna son bras de façon à ce que sa paume soit en l'air. Elle passa son index sur sa peau en tentant d'adopter une respiration régulière. Il y avait déjà une vestige à moitié cicatrisé datant des jours ayant suivis la disparition de son père. Elle retourna la lame en acier de façon à ce que le pic tranchant soit face à son bras.
La souffrance. Elle ne la sentait pas. A ce stade, elle était si malheureuse qu'elle ne la sentait plus. C'était plutôt du soulagement. De la consolation. Elle avait enfin trouvé quelque chose pouvant parfaitement canaliser la douleur qu'elle ressentait. Elle pleurait encore mais le débit s'était maintenant atténué, comme si suivre les pointillés, la ligne bleutée, apportait une certaine compensation à ses larmes. Elle ne quittait pas son bras des yeux, observant comme la marée écarlate roulait à présent sur sa peau pâle, gouttait sur son pantalon pour enfin tâcher sa housse de couette rose. Le liquide était chaud et sa couleur hypnotisante. C'était un peu comme de la peinture apportant un peu de coloration à cet épiderme si livide. Le contraste était si marqué que Hermione ne parvenait pas à détourner les yeux de cette vision horrifique. Audacieuse, elle s'enfonça même un peu plus profondément puis grimaça et finit par ôter définitivement la lame.
Et elle attendit.
Si elle le souhaitait, elle pouvait se laisser mourir là, sur ce lit, dans cette chambre verrouillée de l'intérieur. Elle pouvait également stopper l'hémorragie dès maintenant avec le premier vêtement qui lui tombait sous la main. Elle avait tout simplement le choix. Vivre ou se tuer.
Et, tandis que son esprit commençait lentement à s'engourdir, elle esquissa un sourire serein. Car elle comprenait enfin ce que Pansy Parkinson avait voulu lui dire par « Ai le contrôle sur toutes les situations qui t'arrivent ». Pour la première fois depuis des lustres, elle le sentait, ce contrôle. Elle pouvait enfin décider du cour des choses la concernant. Et il n'y avait rien ni personne pour la contredire ou la forcer à faire quoi que ce soit qui irait à l'encontre de ses désirs. Elle avait seulement le choix.
Et bon sang ce que c'était bon.
Je ne vous cache pas que j'ai eu beauuuucoup de mal avec cette dernière scène – déjà que je suis pas très à l'aise avec ça en réalité. J'ai même coupé une partie que je jugeais trop, hum, crue. C'est sans doute ce qui a fait que je mette autant de temps à poster. Alors étant donné que je n'ai envie d'inciter personne à cette pratique, on va faire comme pour les jingles au catch de la WWE :
Ce que vous lisez ici n'est en aucun cas à refaire chez vous. Même si vous êtes déprimé ou quoi que ce soit. D'ailleurs, le rasoir en général n'est pas une bonne chose. Épilez-vous plutôt à la cire, ça marche mieux et plus longtemps :) [Okaaay ! Je sors.]
Plus sérieusement maintenant, je voulais vous remercier (enfin, pour ceux qui ont lu) d'avoir jeté un coup d'œil sur une de mes nouvelles fanfic', « Le Contrat ». Ça me fait plaisir, vraiment, et j'ai bientôt finit d'écrire le troisième chapitre qui sera, je l'espère, à la hauteur de vos espérance ! Maintenant, oyez oyez, je vous demande une méga faveur : venez jeter ne serait-ce qu'un petit coup d'œil à mon dernier-né, « Say Baby, Can I Be Your Slave ? ». C'est un Zabini/Granger comme vous n'en avez jamais lu encore (je vous mets au défi de trouver ne serait-ce qu'une seule fanfiction similaire, tout couples confondus, haha ! Moi ? Avoir la grosse tête ? Nooon...)
Bon. Il est 3h08. Et la longueur de cette note d'auteur me choque un peu alors je vais m'arrêter là. J'attends vos reviews, comme toujours..!
Ciao ciao,
IACB.
PS : (Rhoo mais elle est encore là celle-ci ?) Eeeh ouais. 3H13 et toujours en forme. Passons. Hum, je sais que je vous ai déjà posé la question auparavant mais hihi, j'ai encore envie de savoir : quel est, de tout les 12 chapitres, celui que vous avez le plus apprécié ? Moi, mon choix ne change pas, c'est toujours le 4 que j'ai véritablement pris plaisir à écrire *-*
Booon ! Je quitte (décidément, la nuit me rend bavarde).
Buonna notte gente...
IACB.
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REPONSES AUX REVIEWS :
Erienna : Pour Blaise, je vois que tout le monde a été pris de cour...et j'aime ça ! Je veille à ce qu'à chaque chapitre, rien ne puisse être anticipé. Un Cho/Hermione ? Aaah, j'avoue que l'idée m'a effleurée... – Non. Bien sûr que non. Cho Chang est un électron libre et elle restera pour toujours l'ennemie jurée de Hermione. Hahaha, tu m'as bien fait rire toi, sinon ;) Oui oui, je n'oublies pas les 4e, ne t'inquiète pas ! Bon goûter sur ce (même si je pense qu'il est un peu trop tard pour te le souhaiter en fin de moi de juillet). Merci pour ta review, ça fait plaisir :) IACB.
Laryssa : Obnubilé, c'est le terme exact, oui. Notre cher Blaise est littéralement fou de Hermione. Et fou au sens propre, je peux te l'assurer...Merci pour ta review ! IACB.
Loum's : Merci, merci beaucoup ! Des review comme ça font plaisir :) IACB.
Athenays : Merci beaucoup pour ta review. Que penses-tu de ce chapitre ? IACB.
Sandra : Et voici la suiteeee ! En espérant que ça t'as plu :) IACB.
So : Et là tu te dis : merde ! Elle m'a oublié ! Et non, ne t'inquiète pas :) Quoique j'ai faillit (Il est 3h30, comprends moi..!) Haha, Blaise. Vous ne l'aviez tous pas vu venir pour celui-ci, hmm ? Moi aussi, j'aime le perso de Hayden. Elle est chiante, elle est attirée par l'appât du gain, constamment à la recherche d'un potin bien juteux mais bon, c'est Hayden, on l'aime ou on ne l'aime pas ! Merci pour ta review & en espérant que tu ai aimé ce 12e chapitre. IACB.
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Et l'auteuz' va dodo. Très très profondément. Et elle ne vous dira pas quant est-ce qu'elle postera son prochain chapitre. Elle ne vous dira même pas s'il y aura un prochain chapitre à cette histoire.
IACB.
