Chanson du chapitre : I want to hold you hand - The Beatles
Chapitre 12
I Want To Hold Your Hand
« And when I touch you I feel happy inside
It's such a feeling that my love
I can't hide, I can't hide, I can't hide »
Le jour du retour de Sebastian, Kurt conduisit jusqu'à Columbus et passa la journée à attendre à l'aéroport, vérifiant toutes les cinq minutes si l'avion en provenance de New York n'avait pas de retard. Lorsque l'atterrissage de l'appareil fut annoncé, Kurt faillit renverser la table en se levant, attrapant sa tasse de café vide et la jetant dans la poubelle, avant de se poster devant la sortie de la zone où on récupérait les bagages. Il attendit cinq, dix, et enfin quinze minutes, avant qu'il n'aperçoive Mr et Mrs Smythe, suivis de Sebastian qui trainait une lourde valise derrière lui. Kurt courut vers lui et manqua de le faire tomber à la renverse en se jetant sur lui, l'écrasant dans son étreinte.
– Ow ! Kurt ! s'écria Sebastian lorsqu'il le reconnut. Qu'est-ce que tu fais ici ?
– Tu m'as tellement manqué, Sebastian !
Kurt le serra fermement dans ses bras et s'écarta au bout de quelques dizaines de secondes, regardant attentivement Sebastian d'un œil appréciateur et un sourire radieux aux lèvres.
– Tu es tout bronzé, remarqua-t-il. Ça te va bien. On dirait que tu es plus musclé, aussi.
– Les heures passées à la plage et à s'amuser, expliqua Sebastian avec un sourire. Et toi, tu es moins maigrichon et moins bébé qu'avant. Tu t'es affiné.
– Je n'ai jamais été maigrichon, rétorqua Kurt d'un ton amusé.
Sebastian lui adressa un sourire goguenard et prit sa main, reprenant sa marche jusqu'à ses parents qui s'étaient arrêtés en les voyant enlacés, sa mère avec un sourire tendre sur les lèvres, son père l'air profondément ennuyé. Kurt fit la bise à Mrs Smythe, ayant appris depuis qu'elle marchait par deux bises, une sur chaque joue, et adressa un bonjour formel à Mr Smythe. Il reprit la main de Sebastian et entrelaça ses doigts avec les siens, suivant ses parents à l'extérieur de l'aéroport.
– Est-ce que vous voulez faire le trajet du retour avec moi ? proposa Kurt en constatant que les Smythe n'avaient aucun moyen de transport à part le taxi.
– C'est gentil, Kurt, mais nous allons prendre le taxi. Mais pourquoi ne ramènerais-tu pas Sebastian ? Vous avez sûrement des tas de choses à vous raconter.
Sebastian tourna la tête vers lui, ravi de l'idée, et hocha la tête. Kurt sourit et l'emmena à sa voiture, incapable de retenir son excitation et son bonheur de revoir son meilleur ami après deux longs mois et demi.
– Tiens, au fait, je t'ai ramené un souvenir de Paris, dit Sebastian lorsqu'il s'installa sur le siège passager.
Kurt haussa les sourcils et le regarda fouiller dans son sac avant de lui jeter sur les genoux un carré de plastique avec des paroles écrites dessus en français, tiré d'une chanson que Kurt connaissait bien : « Voulez-vous coucher avec moi… ce soir ? ». Kurt sentit ses oreilles brûler sur le coup et il jeta le préservatif à la tête de Sebastian, le faisant rebondir contre la vitre, sous les éclats de rire de son meilleur ami, hilare.
– Quoi, il ne te plait pas ? taquina-t-il en reprenant le préservatif pour le remettre dans son sac.
– Je t'avais dit que je ne voulais pas de… ça ! rétorqua Kurt en pointant son sac du doigt, plus gêné qu'autre chose.
– Tu me connais mal si tu pensais vraiment que j'allais t'écouter, Kurt, fit Sebastian. Tant pis, si tu n'en veux pas, je le prends. Je voulais t'offrir un qui disait « I love 69 » mais je me suis dit que ce serait un peu trop, ajouta-t-il en tirant la langue.
Kurt rougit encore plus et frappa malicieusement Sebastian sur le bras, marmonnant dans sa barbe ses protestations. Sebastian le dévora des yeux, son visage illuminé de joie. Kurt lui sourit en retour et alluma le contact, bien trop heureux de le revoir pour s'énerver contre lui.
Ils passèrent la demi-heure de trajet qui séparait Columbus de Westerville à se raconter mutuellement leur été, ajoutant çà et là des petits détails qu'ils avaient oublié de mentionner lors de leur dernier appel sur Skype. Kurt lui parla de sa semaine de vacances avec Alec, mais ne mentionna pas leur fiasco. Même si Alec avait rassuré Kurt un nombre incalculable de fois, lui disant qu'il comprenait et que ce n'était pas grave, Kurt continuait de s'en vouloir et avait du mal à être totalement à l'aise lorsqu'ils s'embrassaient. Sebastian ne lui posa pas de questions supplémentaires sur Alec, et changea directement de sujet en lui parlant d'un garçon qu'il avait rencontré à Nice et avec qui il avait eu une petite aventure. Kurt ne put s'empêcher de repenser au discours de son père.
– Est-ce que tu penses que c'est normal, pour les gays de notre âge, de coucher à droite à gauche ? demanda-t-il brusquement.
Sebastian lui jeta un regard surpris, étonné de ce brusque changement de conversation.
– Je te demande ça parce que mon père m'a parlé de sexe, il y a quelques jours. Et il m'a dit de ne pas faire ça.
– Ça dépend de ce que tu veux en matière de relations, dit Sebastian. Même si tu peux trouver le grand amour sur la piste de danse. Tous les gays ne traînent pas dans des bars et couchent avec n'importe qui. Tu ne le fais pas toi.
– Mais toi, tu le fais.
– Parce que je ne cherche pas à m'engager. Une relation, c'est trop de contraintes. Je me tape plein de mecs parce que ça me plait. Je ne cherche rien d'autre.
– Mon père m'a dit de ne pas traîner à droite à gauche parce que je valais quelque chose. Mais, quand je te vois, je sais que tu ne penses pas que tu ne vaux rien. Et je ne pense pas non plus que tu ne vailles rien.
Sebastian sourit d'un air suffisant et lui adressa un clin d'œil. Kurt lui jeta un coup d'œil rapide et sourit à son tour.
– Sinon, est-ce tu sais ce que tu vas faire cette année ? demanda Kurt pour changer de sujet.
– Je vais essayer de me trouver un petit boulot quelque part. Oui, je sais, ça semble bizarre, Sebastian Smythe avec un petit boulot, ricana-t-il.
– Non, c'est très bien. Et pour New York ?
– En attendant, je vais aussi chercher du boulot là-bas. Ce n'est pas ici que je vais réussir à faire quelque chose d'intéressant. Et je vais chercher un appartement.
– Alors, on se retrouvera à New York, n'est-ce pas ? demanda Kurt avec un sourire.
Sebastian acquiesça d'un hochement de tête.
– Etrangement, j'ai hâte que l'année recommence. Rachel et moi allons pouvoir commencer notre inscription pour Juilliard. Je suis super excité. Et puis, revoir tout le monde et découvrir de nouvelles têtes sera génial.
La rentrée arriva avec calme. Dès le premier jour, Kurt et Rachel allèrent chez Miss Pillsbury pour lui parler de leurs projets à Juilliard, et ils finirent par repartir avec des dossiers sur NYADA, une école d'art dramatique à New York. L'école était peut-être très sélective, mais Kurt se jura de tout faire pour réussir à avoir sa place dans l'académie.
Avec le départ de Santana, Kurt hérita du titre de capitaine des Cheerios avec Becky, et c'était avec une nouvelle confiance en lui qu'il marcha dans les couloirs de McKinley, ne craignant plus les agressions et les slushies. Il savait que Sue Sylvester ne laisserait personne s'en prendre au capitaine de ses cheerleaders, et que si elle prenait quelqu'un en flagrant délit, cette personne serait condamnée à une atroce torture par arrachage de dents. C'était du moins ce que lui avait raconté Artie lorsqu'elle l'avait surpris en train de corser le punch au bal de promo, et connaissant son coach, Kurt savait qu'il ne mentait pas.
Avec le départ de Finn, Santana, Puck et Sebastian, et Lauren ayant décidé de quitter, il manquait désormais cinq membres au Glee club et, étrangement, ils réussirent sans mal à trouver les cinq personnes manquantes. Deux filles, Kaitlynn et Amber, et trois garçons, Peter, Nathaniel et Michael, passèrent de très bonnes auditions et furent immédiatement acceptés dans la chorale. Sans grand étonnement, Mr Schuester mit Alec en soliste principal masculin, aux côtés de Rachel. Kurt fut, certes, un peu déçu, même s'il n'espérait pas grand-chose de la part de leur professeur – il avait toujours sous-estimé ses capacités vocales – mais fut incroyablement fier de son petit-ami, plantant un baiser sur ses lèvres lorsque Mr Schuester leur annonça la nouvelle.
Lorsque leur professeur leur annonça qu'ils joueraient West Side Story au début de l'année, Kurt ne put que sautiller d'excitation. C'était le moment parfait pour montrer à tout le monde de quoi il était capable, et décrocher le rôle de Tony serait un excellent ajout dans son CV pour la NYADA. Son seul gros adversaire était Alec, qui comptait lui aussi auditionner pour le rôle. Kurt s'était disputé avec lui, clamant qu'il avait plus besoin du rôle que lui pour pouvoir entrer dans son école, et Alec le traitant d'égoïste et d'obsédé par ses projets, mais ils avaient fini par se réconcilier, se rendant compte à quel point ils étaient ridicules. Afin d'optimiser ses chances, Kurt se présenta à l'élection du président des élèves. Alec lui avait préparé une campagne absolument parfaite, avec des posters magnifiques et des gadgets aussi inutiles qu'attirants.
Même si Kurt ne réussit qu'à avoir le rôle de l'officier Krupke dans la comédie musicale et qu'Alec, parfait Alec, obtint Tony, et que Rachel décida de s'opposer à lui dans la course à la présidence alors qu'elle avait le rôle de Maria, l'année s'annonçait sous un très bon augure. Kurt avait un petit-ami parfait, il était capitaine des cheerleaders et par conséquent en haut de l'échelle sociale du lycée, et il travaillait activement à peaufiner son dossier pour la NYADA. Sebastian avait décroché un emploi au Lima Bean et avait obtenu un rôle dans une mini-production de Grease, où il jouait le rôle de Danny Zuko, au théâtre communautaire de Lima. Tout allait pour le mieux.
– Le subjonctif est un mode qui sert à exprimer un doute, un fait souhaité, une action incertaine qui n'a pas été réalisé au moment où l'on parle. On utilisera donc le subjonctif avec des verbes qui expriment l'envie, le souhait, le désir, l'émotion, l'obligation, le doute ou l'incertitude. Par exemple, j'aimerais qu'il soit là, expliqua Mme Dubois en écrivant sur le tableau noir la phrase qu'elle venait de dire en français et en soulignant l'emploi du subjonctif dans la phrase et en montrant que « il soit » était la conjugaison du verbe être.
Kurt écrivit attentivement ce que venait de dire sa professeur de français. Sebastian lui avait déjà parlé de ce mode, lorsqu'il l'aidait à faire ses devoirs de français, et il avait de la chance d'avoir pris un peu d'avance sur le cours, car ce mode ne semblait vraiment pas facile. Il annota les petits détails que dicta le professeur, avant de lever la tête en entendant quelques coups tapés sur la porte.
– Oui, Miss Pillsbury ? demanda Mme Dubois en la voyant.
Kurt haussa les sourcils en voyant Miss Pillsbury, le regard rongé par l'inquiétude, en train de dire quelque chose à voix basse à Mme Dubois, et Mr Schuester qui ne semblait pas plus rassuré qu'elle. Kurt eut soudainement peur. Pourquoi désiraient-ils le voir ?
– Tu devrais prendre tes affaires, Kurt, dit Miss Pillsbury.
Kurt rangea ses cahiers et sa trousse et se leva, confus, suivant les deux adultes dans le couloir.
– Que se passe-t-il ? demanda-t-il d'une voix inquiète.
– Kurt… Il n'y a pas de bonnes manières de dire ce que nous avons à t'annoncer, alors…, commença Mr Schuester, se tordant les mains nerveusement. C'est ton père. Il est à l'hôpital.
Kurt pâlit instantanément et crut que son cœur s'arrêta en entendant la nouvelle.
– Que… Que lui est-il arrivé ? balbutia-t-il, la voix tremblante.
– Il a fait une crise cardiaque, Kurt, dit Miss Pillsbury d'une voix faible.
Son cœur rata un battement et il manqua de tomber à terre lorsque ses jambes le lâchèrent, rattrapé uniquement par le bon réflexe de Mr Schuester.
– Est-ce que… Est-ce qu'il est mort ? demanda-t-il, essayant de ravaler ses larmes.
– On ne sait pas, Kurt. Nous allons t'emmener à l'hôpital et rester avec toi, d'accord ?
Kurt hocha automatiquement la tête. Ce n'était pas possible… Il ne pouvait pas perdre à nouveau un parent… Perdre sa mère avait été très difficile, il ne pouvait pas perdre maintenant son père. Il ne pouvait pas devenir orphelin.
Le trajet jusqu'à l'hôpital se passa dans un grand flou. Kurt fixa ses genoux pendant toute la durée du trajet et, lorsqu'ils arrivèrent, il ne put que faire les cents pas dans le couloir. Au bout d'un moment, il sortit son téléphone et regarda l'heure. Les cours étaient finis depuis un peu plus d'une demi-heure, et il savait qu'Alec avait fini une heure plus tôt que lui et était rentré chez lui. D'une main tremblante, il chercha dans ses contacts le nom de son petit-ami et pressa son téléphone contre son oreille.
– Réponds, réponds…, gémit-il.
Une sonnerie passa. Deux, trois, quatre, cinq. Kurt tomba sur la messagerie et pesta dans sa barbe.
– Alec, dit-il une fois qu'il entendit le bip sonore. C'est moi, réponds-moi s'il-te-plait. J'ai besoin de toi, il s'est passé quelque chose de grave. Je t'en supplie, réponds-moi.
Il enregistra le message et se mordit la lèvre. Pourquoi Alec ne répondait pas ? Il ne devait rien faire de spécial après les cours, il n'avait rien dit à Kurt. Kurt appela Sebastian, reniflant légèrement, espérant que Sebastian ne faisait rien. Normalement, il travaillait au Lima Bean le matin, et ses répétitions pour sa comédie musicale n'avaient pas lieu tous les jours.
– Allô ? répondit Sebastian au bout de deux sonneries, et Kurt poussa un soupir de soulagement, retenant un sanglot.
– Sebastian, renifla-t-il. Où es-tu ?
– Au Lima Bean avec un super beau mec, pourquoi ? demanda Sebastian d'un ton séducteur, avant de se rendre compte que Kurt avait la voix nouée. Qu'est-ce qui se passe, Kurt ? dit-il d'une voix inquiète.
– Je suis à l'hôpital, il faut que tu viennes. Mon père a fait une crise cardiaque et je ne sais pas s'il est… – Il s'interrompit, incapable de prononcer le mot. – Je t'en supplie, viens à l'hôpital, Alec ne me répond pas et je ne supporte plus d'être seul à attendre avec Mr Schuester et Miss Pillsbury.
– Oh, merde, jura Sebastian. J'arrive tout de suite, Kurt, ok ? J'arrive dans vingt minutes, d'accord ? Je fais du plus vite que je peux.
– Dépêche-toi, gémit Kurt.
Il raccrocha et se remit à faire les cents pas, écrivant des messages à Alec, espérant qu'il les voit. Quelques minutes plus tard, il rappela son petit-ami, une fois, deux fois, trois fois, tombant encore et encore sur la messagerie. Mr Schuester tapota son épaule d'un air réconfortant quand il passa près de lui, mais le geste n'eut que l'effet inverse sur Kurt. Tout ce qu'il voulait, c'était des nouvelles de son père, qu'Alec lui réponde et que Sebastian arrive. Finalement, Kurt vit Sebastian débouler au bout du couloir et, lorsqu'il le vit, Kurt se précipita vers lui en même temps que Sebastian et son corps entra en collision avec le sien, lui coupant la respiration sur le coup. Kurt enfouit son visage contre le torse de Sebastian et s'agrippa à son t-shirt, et Sebastian le serra si fortement contre lui qu'il le souleva de quelques centimètres au-dessus du sol.
Kurt se laissa enfin pleurer, étouffant ses sanglots dans le tissu du t-shirt de son meilleur ami, et l'étreinte de Sebastian se resserra plus fortement sur lui, à un tel point que Kurt avait presque l'impression qu'il allait finir par l'étouffer. Sebastian passa une main dans ses cheveux, les caressant tendrement, et fit des cercles réconfortants dans son dos, l'apaisant presque immédiatement. Ses sanglots se calmèrent peu à peu et, au bout de quelques minutes, il finit par s'écarter de Sebastian, essuyant ses yeux du dos de sa main. Sans un mot, Sebastian sortit un mouchoir de sa poche et le lui tendit, et Kurt se moucha bruyamment. Il resta près de Sebastian, ne voulant pas le quitter, et sortit son portable à nouveau pour voir si Alec ne lui avait pas répondu. Toujours rien. Kurt lui laissa un cinquième message, avant de pousser un soupir de colère.
– Il ne te répond toujours pas ? demanda Sebastian.
– Je ne sais pas ce qu'il fait, gémit Kurt. Il m'avait dit qu'il rentrait directement chez lui après les cours, mais il ne m'a pas dit qu'il serait tellement occupé au point où il ne pouvait pas me répondre.
Sebastian frotta son bras d'un mouvement réconfortant, esquissant un sourire qui se voulait encourageant. En se retournant, Kurt vit Mr Schuester et Miss Pillsbury les regarder, discutant à voix basse, et il se demanda de quoi ils pouvaient bien parler. Enfin, un médecin s'avança vers eux, et Kurt se précipita sur lui.
– Où est-il ? demanda-t-il d'un ton anxieux. Est-ce qu'il est mort ?
– Non, il est vivant, mais je suis désolé, je n'ai pas d'autres bonnes nouvelles.
– Je vais le voir, dit Kurt en passant devant le médecin, avant de se faire arrêter.
– Il est encore inconscient. Il a fait une crise cardiaque, qui a été causée par une arythmie, qui a entraîné un manque de sang dans son cerveau. C'est pour ça qu'il a perdu conscience et qu'il reste dans le coma. Nous l'avons mis sous Lidocaïne mais nous ne savons pas si ça va marcher ou s'il y aura des séquelles pour son cerveau.
– Je ne comprends rien à ce que vous dîtes, gémit Kurt, les mots techniques du médecin s'emmêlant dans son cerveau. Quand est-ce qu'il va se réveiller ?
– Je ne sais pas, dit le médecin d'un ton compatissant.
– Emmenez-nous le voir, docteur, dit Mr Schuester.
Kurt sentit Sebastian prendre sa main et il la serra pour sentir le réconfort de son meilleur ami. Il suivit le médecin jusqu'à la chambre de son père et écarta le rideau bleu qui servait de cloison d'intimité. Son cœur se serra dans sa poitrine en voyant son père allongé sur le lit, inconscient. Le bip des moniteurs résonnait dans sa tête et infiltrait ses pensées, lui donnant mal au crâne.
– J'ai besoin d'une minute, dit-il d'une voix faible en lâchant la main de Sebastian.
– Je ne pense pas que tu devrais être seul, Kurt, souffla Miss Pillsbury.
– S'il-vous-plaît, laissez-moi seul avec mon père, pria Kurt.
Il regarda Sebastian, le suppliant du regard, et celui-ci hocha la tête. Il fit sortir les deux adultes de la petite chambre, et referma la porte derrière lui, laissant Kurt seul face à la figure inanimée de son père. Il prit la main de son père et la serra faiblement, se cœur se brisant un peu plus en constatant la lourdeur de ses membres inanimés.
Alec roula sur son dos et soupira de contentement, étirant ses membres languis et lourds. Il adressa un petit sourire au garçon allongé à côté de lui, les draps blancs enroulés autour de sa taille cachant sa nudité. Andrew lui rendit son sourire et posa sa main sur son ventre, jouant de ses doigts sur sa peau nue, le chatouillant légèrement. Alec se tourna vers sa table de chevet et prit son portable qui n'avait pas cessé de vibrer depuis qu'Andrew était arrivé chez lui. Peu importe qui c'était, peu importe ce que c'était, ces appels avaient sûrement pu attendre. Il haussa les sourcils en voyant le nombre d'appels manqués et de messages, tous provenant de Kurt. Que s'était-il passé pour que son petit-ami cherche autant à le joindre ?
Alec fit défiler la bonne quinzaine de messages qui le suppliaient de joindre Kurt, avant d'appeler sa messagerie.
– Alec. C'est moi, réponds-moi s'il-te-plait. J'ai besoin de toi, il s'est passé quelque chose de grave. Je t'en supplie, réponds-moi, fit la voix nouée et tremblante de Kurt dans le haut-parleur.
Alec fronça les sourcils, inquiet, et écouta les autres messages, tous semblables en contenu. Kurt le suppliait de l'appeler et que quelque chose de très grave était arrivé et qu'il ne pouvait pas lui dire par message vocal.
– C'est ton petit-ami ? demanda Andrew en regardant le téléphone d'un air curieux. J'ai un peu entendu ce qu'il disait. Il a des problèmes ?
– Je ne sais pas. Ça te dérange si je l'appelle ? Il va se poser des questions, sinon.
– Il s'en pose déjà, si tu veux mon avis.
Alec ne répondit rien et appela Kurt, s'asseyant sur le rebord du lit. Son petit-ami répondit au bout de la première sonnerie.
– Alec ? Mon Dieu, enfin ! Où étais-tu ? s'écria Kurt dans le combiné. Pourquoi est-ce que tu ne me répondais pas ? Ça fait plus d'une heure et demie que j'essaie de te joindre ! Est-ce que tu as une idée d'à quel point je me suis inquiété ?
– Je sais, je suis désolé, Kurt… Ma mère m'a demandé de faire quelques courses en rentrant du lycée, et j'ai oublié mon portable à la maison quand je suis passé pour déposer mes affaires… Je viens de rentrer, mentit-il en adoptant un ton désolé.
Kurt poussa un soupir tremblant et gémit faiblement.
– Qu'est-ce qui se passe, Kurt ? Tes messages m'ont fait peur.
– Je suis à l'hôpital, Alec. Mon père a fait une crise cardiaque et il est dans le coma.
– Oh, mince, je suis vraiment désolé, chéri… Est-ce que tu veux que je vienne ?
– Oui, s'il-te-plaît, viens, j'ai besoin de toi… Ou… Attends.
Il entendit du bruit dans le combiné, comme si Kurt pressait son téléphone contre sa poitrine pour étouffer une conversation qu'il avait avec quelqu'un d'autre.
– Alec ? Peut-être que tu devrais venir mais… après ? dit Kurt d'une voix hésitante. Je suis avec Sebastian et je ne pense pas que ce soit une bonne idée que vous…
– Qu'est-ce que tu fais avec Sebastian ? gronda Alec d'une voix furieuse.
Kurt sembla perturbé par son soudain changement de ton, et mit quelques secondes à répondre.
– C'est mon meilleur ami, Alec ! vociféra-t-il. Puisque tu ne me répondais pas, c'est lui qui est venu ! Je peux au moins compter sur lui !
– Kurt, je t'ai déjà dit que j'étais désolé, je n'avais pas mon portable…
– Ok, ok, ne nous disputons pas. Viens pour dix-sept heures, d'accord ? Je dois appeler Finn pour le mettre au courant si Carole ne l'a pas encore fait…
Alec entendit quelqu'un parler à Kurt en arrière-plan, et Kurt dut sûrement lui répondre par un hochement de tête, n'entendant aucune réponse dans le combiné. Puis, soudainement, la tonalité sonna dans le téléphone lorsque Kurt raccrocha, sans même lui dire au revoir. Alec reposa son portable sur sa table de chevet et se tourna vers Andrew, qui le regardait d'un air attendu.
– Alors ? Qu'est-ce qui se passe ? demanda le jeune homme.
– Son père est à l'hosto, il a fait une crise cardiaque, répondit Alec.
– Merde, ça craint, ça. Tu vas aller le rejoindre ?
– Plus tard. Il est trop occupé avec son connard de « meilleur ami », dit Alec en imitant des guillemets, le ton dur.
– Oh, le fameux meilleur ami avec qui tu penses qu'il couche ? demanda Andrew avec un sourire amusé.
– Ouais, celui-là.
– Pourquoi tu ne romps pas avec lui, si tu penses qu'il te trompe ? Franchement, si mon copain me trompait, je romprais sur le champ avec lui.
– Je n'abandonnerais pas avant d'avoir au moins couché une fois avec lui. Ça fait presque un an qu'on sort ensemble et, merde, il est toujours soit disant pas prêt. Alors que je suis certain que Smythe se le tape chaque fois qu'il en a l'occasion. Il est toujours en train de me jeter ces regards désobligeants, comme s'il était fier de lui. La dernière fois que j'ai ramené Kurt chez moi, il m'a dit qu'il coucherait avec moi, enfin, puis il s'est dégonflé. Il s'est carrément enfuit. Putain, j'étais à deux doigts de le baiser et il s'est barré. J'ai jamais été aussi frustré de toute ma vie.
– Oui, c'est pour ça que tu m'as appelé en catastrophe à onze heures du soir pour que je me ramène et que je t'ai envoyé balader en te disant de te branler sous la douche.
– C'était très méchant, minauda Alec en se penchant par-dessus le garçon.
– Est-ce que ce sera méchant lorsque tu me largueras quand tu auras couché avec ton copain ? demanda Andrew, sa voix s'assombrissant.
Alec haussa les sourcils et se redressa légèrement, appuyant ses coudes de chaque côté du corps du garçon.
– Je ne te « larguerai » pas, parce qu'on est pas ensemble, Andrew. Kurt est mon petit-ami et je suis avec lui parce que je l'aime. Tu es juste là parce que j'ai besoin de coucher et que je ne peux pas faire ça avec lui. C'est sur quoi on était d'accord. Du sexe sans sentiments. Du sexe pour du sexe.
– Je sais, soupira Andrew. Je pense juste que ça me manquera. Alors je compte en profiter un maximum tant que je le peux encore.
– Ne sois pas triste. Tu pourras toujours rester dans le coin, dit Alec en passant une main dans ses cheveux et en entortillant une mèche de ses cheveux dans son doigt.
Ils se regardèrent pendant quelques instants, avant qu'Andrew n'écrase leurs lèvres ensemble, faisant gémir Alec dans le baiser.
– T'es partant pour un deuxième round ? dit-il d'un ton séducteur.
Alec sourit d'un air satisfait et retourna Andrew face contre le matelas.
Le lendemain, au Glee club, Kurt reçut des étreintes et des gestes réconfortants, mais le réconfort de ses amis ne suffisait pas à apaiser sa peur de ne jamais voir son père se réveiller. Rachel chanta une magnifique chanson pour le supporter, mais Kurt ne réussit qu'à finir avec les larmes aux yeux et à quitter la séance lorsqu'ils essayèrent presque tous de le convaincre de l'existence de Dieu. Sue l'autorisa à être dispensé des séances de cheerleading jusqu'à ce que la condition de son père s'améliore. Kurt avait l'impression de vivre dans une bulle, séparé du monde extérieur. Personne ne pouvait comprendre ce qu'il traversait. Heureusement, il pouvait compter sur les gestes tendres et enfantins de Brittany, la présence rassurante et réconfortante de Sebastian, l'amour d'Alec, et bien sûr le soutien de Carole et de Finn, qui n'allaient pas vraiment mieux que lui. Ils faisaient chacun des tours à l'hôpital pour garder un œil sur Burt, afin que Carole et Finn puissent travailler et que Kurt ne manque pas l'école.
Le Glee club avait profité de la crise cardiaque de son père pour chanter sur la spiritualité et Dieu. Excédé, Kurt s'était mis du côté de la coach Sylvester et avait dénoncé le Glee club. Il avait conscience que c'était quelque chose de tout à fait égoïste, mais il était las de voir que ses amis pensaient que des prières allaient le faire se sentir mieux. Dieu n'était-il pas censé être bon et juste ? Dans ce cas, pourquoi son père, qui avait toujours été un bon chrétien, se retrouvait-il dans un lit d'hôpital aux portes de la mort ? Si Dieu existait vraiment, alors pourquoi répandait-il parfois le malheur ? C'était gentil de la part de ses amis de prier pour son père, mais il n'avait pas besoin de cela. La médecine donnait plus de résultat que les psaumes.
Néanmoins, un jour, lors d'une séance du Glee club, Kurt remercia ses amis pour leur dévouement et leur soutien. Après avoir entendu les autres membres lui chanter leur réconfort, c'était à lui de s'exprimer. Lorsqu'il le lui demanda, Mr Schuester le laissa prendre place au milieu de la salle.
– Le jour de l'enterrement de ma mère, commença-t-il à dire d'une voix faible, quand ils descendaient son corps sous terre, je pleurais. C'était fini. C'était la dernière fois que j'allais la voir. Et je me souviens d'avoir levé les yeux vers mon père et je voulais juste qu'il me dise quelque chose. Quelque chose pour me faire comprendre que mon monde ne venait pas de s'écrouler. Et il a juste pris ma main et l'a serrée. Et… Savoir tout simplement que ces mains étaient là pour s'occuper de moi… C'était suffisant. Cette chanson est pour mon père.
« Yeah, I'll tell you something
I think you'll understand
When I'll say that something
I wanna hold your hand
I wanna hold your hand
I wanna hold your hand
(Oui, j'ai quelque chose à te dire
Je pense que tu comprendras
Quand j'aurai dit ce petit quelque chose
Je veux tenir ta main
Je veux tenir ta main
Je veux tenir ta main) »
Kurt ferma les yeux et se remémora des souvenirs avec son père. Il se souvenait encore avec précision la première fois que son père lui avait appris à faire du vélo, combien il avait eu peur de tomber et de se faire mal. Son père lui avait mis un maximum de protection pour le rassurer : le casque, les coudières et les genouillères, et des vêtements épais. Il avait marché à côté de lui, maintenant le vélo, une main sur la selle et l'autre sur le guidon. Kurt pouvait encore se remémorer l'excitation qu'il avait ressenti lorsque son père avait fini par lâcher le vélo, le laissant essayer tout seul de garder la bicyclette en équilibre. La sensation d'y arriver, l'exaltation de crier à son père « Regarde, papa, j'y arrive ! ». Et même si les chutes avaient été innombrables, son père avait toujours été là pour essuyer ses larmes de douleur et embrasser les égratignures sur ses genoux.
«Oh please, say to me
You'll let me be your man
And please, say to me
You'll let me hold your hand
Now let me hold your hand
I wanna hold your hand
(Oh, je t'en prie dis-moi
Que tu accepteras que je sois ton homme
Et je t'en prie dis-moi
Que tu me laisseras tenir ta main
Maintenant laisse-moi tenir ta main
Je veux tenir ta main) »
Il se souvenait de la première fois où son père et lui s'étaient rendu ensemble sur la tombe de sa mère après son enterrement. Le soleil était radieux dans le ciel, comme s'il se moquait d'une certaine manière de leur deuil sombre et comme s'il voulait les narguer. Kurt se souvenait avoir demandé à son père pourquoi le monde extérieur continuait à être si ensoleillé et joyeux, alors que son monde intérieur n'était que chaos, noirceur et tristesse. Puisque son monde avait été renversé, les autres devaient aussi arrêté de faire comme si l'une des personnes les plus importantes pour Kurt ne venait pas de disparaitre. Tout devait être comme à l'enterrement, des gens habillés de noir, la tristesse imprégnant les traits de leur visage, et les sanglots étouffés interrompant le discours du prêtre. Son père lui avait répondu que, malgré tout, la vie continuait.
Alors, Burt lui avait tendu la main, et Kurt l'avait serrée en retour, un petit poids s'élevant dans son cœur. Son père était toujours là pour s'occuper de lui et, ensemble, ils réussiraient à triompher de cette terrible épreuve. Elizabeth n'aurait voulu que ça, que son mari et que son fils restent fort, ensemble.
«And when I touch you, I feel happy,
Inside
It's such a feeling that my love
I can't hide
I can't hide
I can't hide
(Et quand je te touche je me sens heureux au fond de moi
Le sentiment que je ressens est tel
Que ma chérie
Je ne peux le cacher
Je ne peux le cacher
Je ne peux le cacher) »
Kurt regarda les élèves assis sur les chaises rouges, l'écoutant attentivement. Alec semblait sur le point de pleurer, le regard incroyablement triste. Rachel avaient les lèvres entrouvertes, laissant échapper quelques sanglots silencieux, et des larmes coulant sans un bruit sur ses joues. Brittany pleurait elle aussi, et elle essuya une larme sur son visage. Les autres filles semblaient secouées et certaines avaient les larmes aux yeux. Quant aux garçons, tous avaient l'air remués et profondément ému, retenant leurs larmes. Dans le coin de la salle, Mr Schuester se pinçait les lèvres, une expression de compassion sur le visage.
«Yeah, you've got that something
I think you'll understand
When I'll feel that something
I wanna hold your hand
I wanna hold your hand
I wanna hold your hand
I wanna hold your hand
(Oui tu possèdes ce petit quelque chose
Je pense que tu comprendras
Quand j'aurai senti ce petit quelque chose
Je veux tenir ta main
Je veux tenir ta main
Je veux tenir ta main) »
Kurt essuya du revers de sa main les larmes qui coulaient sur ses joues et renifla. Submergé par l'émotion, il sortit de la salle et, en se tournant, il vit Sebastian adossé contre le mur du couloir, légèrement tourné vers la porte, les bras croisés sur sa poitrine, le visage impassible, mais Kurt savait qu'il était très doué pour cacher ses sentiments. Il avait entendu toute sa performance… ?
Sebastian se redressa lorsqu'il vit que Kurt l'avait remarqué et, lorsqu'il s'approcha de lui, Sebastian glissa sa main dans la sienne et la serra. Ce simple geste suffit à mettre les larmes aux yeux de Kurt. Ce n'était plus son père qui tenait sa main, désormais. Kurt avait eu besoin de son père pour se soutenir lors de la mort de sa mère, et maintenant c'était de Sebastian dont il avait besoin pour son père. Kurt l'entraîna un peu plus loin dans le couloir et se laissa être pris dans ses bras forts et réconfortants. C'était incroyable comment Sebastian savait exactement ces petites choses, comme quand savoir dire quelque chose, quand prendre sa main et quand l'enlacer, ou comment lui apporter du réconfort.
– Je ne t'ai jamais entendu chanter aussi bien, dit Sebastian au bout d'un moment, ses doigts se faufilant dans ses cheveux. J'en ai eu des frissons.
Kurt renifla et ne dit rien, se contentant de hoqueter contre son torse. Son étreinte se resserra, protégeant un peu plus Kurt du monde extérieur.
La portière de sa voiture claqua lorsque Kurt la referma derrière lui. Il s'approcha de la porte d'entrée des Miller, appuyant sur la sonnette. Il avait eu une soudaine envie de voir son petit-ami, pour se changer les idées et oublier un instant que son père était toujours à l'hôpital, entre la vie et la mort. Il espérait faire leurs devoirs ensemble ou regarder un film, n'importe quoi du moment qu'il était avec lui. Alec était de plus en plus distant récemment, toujours occupé à faire quelque chose après les cours, et Kurt devait avouer que son petit-ami lui manquait.
Kurt fronça les sourcils lorsque personne ne répondit, alors qu'Alec ne lui avait pas dit qu'il avait quelque chose de prévu cet après-midi. Sa voiture était garée dans l'allée, alors il était forcément à la maison. Kurt posa sa main sur la poignée de la porte pour vérifier si elle n'était pas ouverte – Alec avait une fâcheuse tendance à oublier de verrouiller les portes derrière lui. La porte s'ouvrit et Kurt entra. Avec automatisme – il connaissait le chemin par cœur après tout –, il monta les escaliers pour aller dans la chambre d'Alec, sans faire de bruit pour ne pas gâcher la surprise à son petit-ami.
– Ah, ah…
Kurt se figea dans le couloir menant aux chambres, se demandant ce qui avait pût provoquer ce halètement. La démarche toujours silencieuse, il s'approcha de la porte de la chambre d'Alec, qui était légèrement entrouverte de quelques millimètres, et il entendit plus distinctement les halètements. Les gémissements. Kurt se paralysa sur place, n'en croyant pas ses oreilles. Son cœur se mit à s'accélérer dans sa poitrine, ne voulant pas croire ce qu'il entendait. Il devait en avoir le cœur net, il devait vérifier avec ses yeux, il devait forcément se tromper… Il poussa légèrement la porte, l'entrebâillant de quelques centimètres. Son sang ne fit qu'un tour et un énorme poids tomba dans son ventre, le faisant s'écarter brusquement de la porte comme si elle venait de le brûler, les yeux exorbités.
Note personnelle : Désolée pour l'update tardive, FF ne voulait tout simplement pas me laisser poster -' Merci pour les reviews du chapitre précédent :)
N'oubliez pas, la review est la nourriture préférée de l'auteur ! (et cette boîte grise en dessous est un lieu idéal pour vous défouler sur Alec, si si je vous assure !)
Mizu.
