Pam fut ravie de voir tant de femelles si attrayantes à sa portée quand elle nous rejoignit au club. Elle fut aussi surprise de mon rapprochement avec Sigrid sachant dans quel état j'étais après avoir appris où elle se trouvait hier. Le bar restait fermé pour la soirée, afin de pouvoir poursuivre nos recherches de nouveaux parrains. Sigrid contacta les créateurs des deux vampires responsables de ce foutoir. Son charisme lui permit de s'en sortir à bon compte puisque les deux acceptèrent de recueillirent deux des orphelines laissées par leurs filleuls. Nous avions encore 12 maîtres à trouver. Pam et Clancy offrirent d'en recueillir une chacune et de les faire travailler au Croquemitaine en les hébergeant chez eux pour leur donner une éducation. Le groupe d'orphelines s'amenuisait lentement mais il nous restait toujours 10 maîtres à trouver. Sigrid pensa à appeler tous les rois et reines dignes de devenir maîtres de l'une d'elles. Nous retînmes 9 candidats qui furent tous ravis d'en prendre une sous leur charge.

Il n'en restait donc plus qu'une. Evidemment, Sigrid voulait qu'on la garde avec nous et qu'on l'amène où on irait mais je trouvai ça trop risqué et j'avais par-dessus tout envie de passer du temps seul avec elle. Nous étions donc dans mon bureau, en silence, en train de réfléchir à nos options. Sigrid était toujours dans mes bras, son corps frêle blotti contre ma poitrine nue et ses jambes fines se balançant de l'autre côté de l'accoudoir gauche. Je reposai mon front contre sa tempe en désespoir de cause, nous avions déjà exploré toutes les possibilités, je ne voyais personne d'autre de disponible pour assumer une telle responsabilité.

Soudain, s'en même s'être annoncé, Appius entra dans mon bureau, souriant en nous trouvant dans cette position. Nous avions essayé de le joindre des dizaines de fois depuis hier sans succès et pourtant il se présentait devant nous avec la dernière des orphelines que nous avions sauvé la veille. A son sourire il était clair qu'il l'adoptait. Sigrid lui sauta dans les bras sans retenue puis je lui serrai la main avec force, un sourire épanoui aux lèvres. Finalement tout s'arrangeait. Sigrid avait réappris à me faire confiance et bientôt nous pourrons partir seuls voyager et nous retrouver enfin.

_ Mes enfants, nous salua-t-il avec un sourire heureux. Quelle joie de vous revoir enfin réconciliés !

_ Nous avons essayé de te joindre hier, lui reprocha Sigrid.

_ Je voulais que ma visite soit une surprise.

_ Alors tu vas t'occuper d'Yvetta ?lui demanda Sigrid.

J'étais vraiment épaté par Sigrid ! Elle avait prit la peine de mémoriser le nom de chacune des danseuses alors que moi j'en étais incapable en un si court laps de temps. Appius rayonnait.

_ Bien sûr ! Vous me faîtes un si grand cadeau : mes deux plus grandes réussites qui m'offrent un nouveau vampire à éduquer ! C'est une occasion que je ne raterais pour rien au monde !

_ Tu sais qu'elle est partie sur de mauvaises bases ?m'assurais-je peu désireux qu'elle reçoive une éducation aussi dure que la mienne.

_ J'en prendrai grand soin, promit-il. Je la garderai plus longtemps que n'importe lequel d'entre vous pour être certain qu'elle fasse une bonne entrée dans sa seconde vie.

Sigrid sautilla, toute joyeuse, et lui sauta une nouvelle fois dans les bras. Il remarqua alors sa tenue…légère…

_ Tu ne comptes pas t'habiller aujourd'hui ?l'interrogea-t-il en regardant la chemise qui arrivait à peine à cacher ses fesses.

Sigrid prit conscience de sa tenue et le libéra de son étreinte.

_ Je n'ai pas vraiment eu le temps, grimaça-t-elle.

_ Tu n'as pas honte de toi Leif !rit Appius. Je te demande de veiller sur elle et toi tu la laisses se balader comme ça !

_ Tu n'as pas vu ce qu'elle m'a fait hier !souris-je.

_ C'était pour la bonne cause !se défendit immédiatement Sigrid.

_ Elle a couru pendant une bonne heure dans les rues de la ville en sous-vêtements et talons hauts.

_ Cafteur !siffla Sigrid en me lançant un regard noir.

_ Ce n'est pas le pire qu'elle ait fait, certifia Appius en hochant la tête. Ma petite tête brûlée, rit-il en lui ébouriffant les cheveux.

_ On va rentrer pour pouvoir se changer, décidais-je après une minute de silence.

_ Alors je vous dis au revoir mes enfants. Prenez bien soin de vous, finit-il en enlaçant Sigrid.

_ Prends bien soin d'Yvetta, contra Sigrid avant de sortir de son étreinte.

Je lui serrai la main avant de prendre celle de Sigrid pour l'accompagner chez moi. A mi-chemin Sigrid se tourna vers moi avec un sourire joueur. Je sus immédiatement que ça allait déraper…

J'avais raison puisque dans la seconde elle avait disparu et des bruits se faisaient entendre près de la fontaine. En soi ce n'était pas si grave puisque de toute façon je devais me changer mais ça risquait de prendre plus de temps que prévu pour rentrer. Je m'approchai de la fontaine à vitesse humaine mais ne trouvait pas de Sigrid. Cette fontaine était constituée d'un profond bassin au milieu duquel une structure moderne laissait s'écouler des litres d'eau telle une cascade. Les éclaboussures sur les bords attestaient qu'elle était effectivement passée par là mais je ne la trouvai nulle part. Surgissant de derrière moi, Sigrid se jeta sur moi, nous envoyant rouler jusqu'au bassin. Elle riait comme une enfant quand nous remontâmes à la surface. Pour faciliter ses déplacements, Sigrid ôta la chemise que je lui avais prêtée la veille, dévoilant une nouvelle fois l'ensemble si aguicheur qu'elle portait depuis la soirée de la veille. Je décidai d'imiter son humeur joyeuse et jouai avec elle pendant plusieurs heures dans la fontaine avec la femme que j'aimai depuis toujours.

Une heure avant l'aurore il fut temps pour nous de quitter le bassin. Sigrid tordit ma chemise pour l'essorer un minimum mais elle restait quand même suffisamment trempée pour épouser ses formes à la perfection, la sensualité et la beauté personnifiée… Le peu de passants partant à leurs travails nous dévisageaient avec suffisance, estimant qu'il n'y avait vraiment que les jeunes de cette génération pour se montrer si irresponsables. S'ils savaient qu'on était bien plus vieux que leurs arrières-grands-pères ! Sigrid était de si bonne humeur qu'elle ne s'offusqua même pas de leur indignation.

Nous rentrâmes sans faire d'autres arrêts et Sigrid fila rapidement prendre une douche. Nous trainâmes dans la maison sans plus nous soucier que le soleil soit levé puisque nous étions à l'abri de sa lumière nocive. Sigrid redescendit et se dirigea à la cuisine pour me tenir compagnie. Je lui laissai la bouteille de sang synthétique que je m'étais faite chauffée et m'en préparai une seconde. Elle était beaucoup plus calme et semblait avoir quelque chose d'important à me dire.

_ Tu te serais occupé d'eux si je ne l'avais pas fait avant ?finit-elle par me demander soudain timide.

Je compris qu'elle parlait des deux vampires qu'elle avait tués la veille. Je soupirai, un peu déçu qu'elle doute encore de moi à ce sujet, et m'asseyais près d'elle en prenant ses mains dans les miennes en gardant mon regard ancré au sien.

_ Je te l'ai déjà dit Sigrid, lui rappelais-je. Je ne les aurais pas laissés faire ça.

_ Tu ne l'as dit que pour me calmer, m'accusa-t-elle.

_ Je ne t'ai pas menti Sigrid, répondis-je d'une voix caressante. Si j'avais eu vent de la moindre suspicion je serais allé voir de quoi il retournait. Tu peux m'en vouloir de t'avoir traitée de reproductrice mais mon seul but était de t'empêcher de venir parce que j'avais peur que tu perdes la vie sur un champ de bataille. Jamais je n'ai considéré la femme comme une créature inférieure aux hommes. Comment aurais-je pu d'ailleurs ?souris-je. J'avais à mes côtés la preuve du contraire.

Sigrid me sourit timidement en réponse.

_ Depuis quand tu es timide face à moi ?plaisantais-je en faisant le tour de la table pour la prendre dans mes bras.

Cette fois Sigrid éclata d'un rire joyeux et se jeta dans mes bras quand j'arrivai suffisamment près d'elle. Ça faisait tant de bien de la retrouver, j'avais attendu un millénaire pour ça mais j'aurais pu attendre l'éternité parce que je savais qu'elle en valait la peine.

_ Tu m'as tellement manqué, soufflais-je.

_ Tu m'as manqué aussi Leif, m'avoua Sigrid en retour.

_ Heureusement que tu me le dis parce que je ne l'aurais pas deviné !ironisais-je en me souvenant nos retrouvailles.

Sigrid rit en comprenant l'allusion et me frappa la poitrine faussement vexée. Je ris avec elle et la plaquai une nouvelle fois contre mon torse avant de lui caresser les cheveux. Voyant qu'elle peinait à rester éveillée je la prenais dans mes bras et récupérai ma bouteille de sang synthétique avant de monter dans ma chambre et de nous allonger toujours enlacés sur mon lit. Sigrid dormait déjà quand nos corps entrèrent en contact avec le lit donc je ne pense pas qu'elle ait réalisé que nous allions dormir ensemble. Il valait mieux quand on repensait à la première fois que je lui en avais parlé quand nous étions rentrés de Las Vegas. J'avais souvenir de la première nuit que nous avions passée ensemble et je peux vous dire que Sigrid n'avait rien eu à redire à ma présence…

Flash-back

Nous avions 15 ans, c'était l'hiver et un des notre avait disparu. Tout le monde s'inquiétait parce que la personne en question était un guerrier expérimenté et qu'il n'avait plus donné signe de vie pendant plus d'un mois. Une battue avait donc été organisée pour fouiller les bois et s'assurer qu'il ne s'était pas tout simplement perdu lors d'une chasse. Tous ceux qui connaissaient bien les bois et qui n'avaient aucune obligation étaient invités à participer à la battue. Etant assez vieux pour l'époque je me proposai immédiatement. Pour couvrir plus de terrains nous explorions les bois en solitaire. La nuit tomba rapidement et comme tous les soirs en cette saison le noir s'abattit d'un coup pendant qu'un vent glacial soufflait. J'eu la chance de me trouver près d'une cavité que je connaissais et la rejoignais avec pour seul guide ma connaissance du terrain. Quand j'y arrivai je fus surpris de voir un feu brûler un petit tas de bois. Une personne frêle était assise près du feu.

_ Puis-je me joindre à toi ?demandais-je sans savoir à qui je m'adressai.

_ Leif ?s'étonna une voix féminine.

_ Sigrid ? Mais qu'est-ce que tu fais là ?l'interrogeais-je avec un soupçon de colère. C'est dangereux ! Tu aurais dû rester en sécurité chez toi !

_ Quel râleur !soupira Sigrid. Je te ferais remarquer que je connais ces bois aussi bien que toi et moi au moins j'ai eu la présence d'esprit de rejoindre un abri avant que la nuit tombe !

Je soupirai en constatant qu'elle avait raison et m'asseyais près d'elle en l'enveloppant dans mes bras.

_ Pardonnes-moi, soufflais-je sincèrement désolé. Je m'inquiète quand il s'agit de ta sécurité. Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu participais à la battue ? On aurait put faire les recherches ensemble.

_ Pourquoi TU ne m'as pas dit que tu participais à la battue ?contra Sigrid.

_ D'accord, nous sommes donc tous les deux en tort, concédais-je.

Sigrid et moi mangeâmes les vivres que nous avions prévus en échangeant des informations sur les zones que nous avions déjà couvertes. Pour partir des les premières heures du matin il nous fallait nous coucher tôt. La nuit devenait de plus en plus froide à mesure que les heures s'écoulaient et les fourrures que nous portions ne suffirent bientôt plus à nous garder au chaud. Avant que Sigrid puisse contester je la pris dans mes bras, enlever sa fourrure et nous enveloppai dedans en la superposant à la mienne. Ainsi enlacés près du feu avec nos chaleurs corporelles et celle fournie par nos vêtements il fut plus aisé de se réchauffer. Sigrid se blottit bien confortablement contre ma poitrine et s'endormit paisiblement dans mes bras. C'est ainsi que ça aurait toujours dû être. J'aurais tant aimé m'endormir avec Sigrid dans mes bras tous les soirs et passer toutes mes journées avec elle. Je finis par me laisser emporter par la torpeur du sommeil à mon tour dans les bras de ma douce aimée.

Le lendemain je fus le premier à me réveiller. Le feu s'était éteint pendant la nuit mais la température avait remonté. J'étais bien au chaud avec ma belle Sigrid endormie dans les bras. Elle était si belle, si désirable... Rien que la pensée de l'avoir dans mes bras de si bonne heure suffit à me faire sentir à l'étroit dans mon pantalon.

La première chose dont s'était moqué mon frère après s'être marié s'était que les femmes étaient bien plus belles le soir que le matin. Il avait aussi dit que c'était une désillusion totale de s'endormir avec une jolie femme le soir et de se réveiller avec une femme tout à fait différente le matin. Mon frère n'avait pas un grand respect pour les femmes, vous l'aurez deviné…

_ Il va falloir penser à te réveiller, susurrais-je à l'oreille de Sigrid avant de poser quelques baisers doux sur son cou mis à nu.

_ Noooon, gémit Sigrid d'une voix ensommeillée.

Je ris silencieusement et caressai son flanc. Sigrid se blottit encore plus contre moi, enterrant son doux visage dans ma poitrine. Après plusieurs minutes elle consentit enfin à ouvrir les yeux. Dans les premières secondes qui suivirent son réveil elle fronça les sourcils, se demandant certainement ce que je faisais là, puis se rappelant des évènements de la veille elle me sourit et m'enlaça tendrement.

_ Bien dormi ?chuchotais-je en lui frottant le dos.

_ Mmm, pas beaucoup. C'est impressionnant ce que tu ronfles !plaisanta Sigrid d'humeur taquine.

_ Si ce n'est que ça ! Toi tu me poussais pour récupérer toute la chaleur des fourrures !raillais-je.

Après quelques minutes de câlinage et de taquineries supplémentaires nous nous mîmes en route. J'aurais pu facilement m'habituer à ça. J'aurais tout abandonné pour pouvoir épouser Sigrid, je l'aimais tellement… Nous poursuivîmes les recherches à deux, fouillant chacun des recoins reculés et difficiles d'accès de notre connaissance. Je souhaitai ardemment ne rien trouver et ainsi avoir l'excuse parfaite pour passer une nuit de plus avec elle mais nous n'eûmes pas cette chance…

Fin du flash-back

J'espérai que Sigrid prendrait à nouveau l'habitude de dormir dans mes bras maintenant que nous étions loin de toutes les restrictions que nos parents nous imposaient. Je nous installai sous les couvertures bien que ce soit inutile et finissait ma bouteille de True Blood sans réveiller Sigrid. Malgré mon profond désir de la regarder dormir le sommeil ne tarda pas à me happer à mon tour et je sombrai dans les bras de la femme que j'aimais.