Disclaimer : Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer et la fiction est la traduction de celle de Angel of the Day.
Edward POV
J'observai Esmé qui revenait la maison. Elle était distraite. Je devinais qu'elle n'était pas dans son assiette et la seule chose que je pouvais comprendre venant de son esprit était une lente suite de «Oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu. » J'étais perturbé mais j'avais appris qu'il valait mieux de ne pas trop se concentrer sur les gens. Après tout, c'avait été désastreux sur Carlisle. Bien que ça ait été Carlisle, et qu'apparemment il est quelqu'un de très « personnel », je supposais tout de même qu'il ne voulait tout simplement pas que j'entende ses pensées cochonnes concernant Bella qui devenaient dangereusement fréquentes.
Maudit docteur vampire parfait. Il m'a volé ma Bella.
Rose avait raison : je m'étais complètement fait avoir. Il était totalement impossible que Bella m'aime un jour. Bien qu'une grande part de moi voulait essayer, voulait affronter Carlisle et voir lequel de nous était le plus fort vampire. Mais c'était avant que Carlisle soit séparé de Bella.
Il y avait eu des moments dans le temps que nous avions passé ensemble où Carlisle avait semblé peiné, inquiet, stressé, et même un peu en colère. Il n'avait jamais été vaincu. Pas avant d'avoir rencontré Bella Swan. Elle pouvait si facilement le briser. Elle n'aurait même pas à parler. Tout ce qu'elle aurait à faire serait de le regarder et il serait déchiré. Elle avait les pleins pouvoirs et je doutais qu'elle le sache.
Je soupirai et regardai Esmé tourner en rond dans la cuisine. Elle était absorbée dans le nettoyage de la maison qui était déjà stérile. J'étais sûre qu'elle faisait ça pour que je ne lise pas dans son esprit. Elle ne voulait pas que je sache ses pensées. Elle faisait ça quand elle voulait éviter d'avoir affaire à moi. Carlisle se serait enfermé dans son bureau et aurait rempli sa paperasse de l'hôpital ou les factures. Alice se serait mise à dessiner, peindre, n'importe quoi de farfelu et artistique. À ce moment-là, elle était plutôt dans la couture. Rose se serait enfermée dans le garage et aurait bricolé ses vieilles voitures qu'elle restaure et revend. Emmett aurait joué sur sa console et Jasper écrirait un de ses nombreux livres qu'il ne finissait jamais. Chacun procéderait à vitesse humaine. Presque come s'ils espéraient que je finirais par m'ennuyer et les laisser seuls. Ils ne se rendaient même pas compte qu'ils le faisaient et je trouvais ça insultant.
Comme maintenant. Emmett et Rose s'était encore disputés mais au lieu de s'appesantir sur leurs pensées ils étaient chacun dans leur monde. Je le savais parce qu'il ne se préoccupaient pas de ce que je pouvais voir dans leurs esprits. Parfois j'aurais voulu ne jamais avoir eu ce stupide don, parce que la plupart du temps je me sens seul. Je ne pouvais pas lire les pensées de Bella, il n'y avait donc aucune raison pour elle d'être physiquement distante de moi. Elle pouvait être le remède à ma solitude. Mais maintenant elle serait à jamais au côté de Carlisle, loin de moi.
J'étais de nouveau seul.
Frustré, j'entrai dans la cuisine et demandai « Esmé, qu'est-ce qu'il se passe ?»
« Rien » répondit Esmé avec une certaine conviction mais je ne la crus pas. Elle n'aurait pas eu ce regard effrayé s'il ne se passait rien. J'aurais aimé l'aider, mais je pouvais voir cette étincelle entêtée dans ses yeux qui m'irritait toujours.
« Très bien ! » criai-je ce qui fit qu'Emmett mit son jeu en pause et qu'Esmé me fixa. Je pouvais entendre Rose s'arrêter de bouger dans le garage. Je lui lançai un regard noir. Criant encore plus fort, je grognai « Pour l'amour de Dieu, arrêtez de m'écouter ! »
Parfois, même moi j'avais besoin d'intimité. En me massant le crâne je grognai « Et ne pense pas si fort ! »
Je regardai Esmé et me calmai « Bien que j'entende certaines de tes pensées, ça ne veut pas dire que je les comprend. » Je poursuivis. « Et se serait sympa de t'aider avec ton problème. »
« Ce n'est pas une chose pour laquelle tu peux m'aider » répondit Esmé avec un soupir. Elle essayait de toutes ses forces de ne pas y penser, mais j'entendis quand même un mot.
Carlisle.
Oui, Carlisle. Carlisle, le Wonder boy, Carlisle le Dieu, Carlisle le putain de roi de tout ce qui est parfait et merveilleux dans ce monde paumé, encore lui. Elle estimait l'aide de Carlisle plus importante que la mienne.
La coupe était pleine. Je ne pouvais plus le supporter.
J'avais vécu dans l'ombre de Carlisle depuis qu'il m'avait transformé. Le fait qu'il ne pouvait pas dire non aux dernières volontés d'une mourante ne lui donnait pas le droit de me transformer en monstre. Monstrueusement parfait, putain ! Il me dépassait en tout ! Il pouvait garder son calme, pas moi. Il croit en Dieu et pense que nous sommes fait pour quelque chose de mieux que la damnation. Je pensais que nous irons tous en enfer. Il était plus beau. Il était plus intelligent. Il était plus vieux. Il donnait de meilleurs conseils. Il avait Bella !
Certaines de mes émotions avaient dû se lire sur mon visage car Esmé recula d'un pas. Je voulais que Jasper descende et prenne conscience de ma douleur, qu'il me calme, mais il n'était pas là. Je voulais juste que quelqu'un le remarque, même si c'était monsieur parfait lui même, mais personne ne le vit car ils ne le voient jamais. Esmé me fixait toujours, mais au lieu de me décharger sur elle comme je l'aurais voulu, je me contentais de dire « Oui, Carlisle a toujours donné des bons conseils. » Et je courus hors de la maison jusqu'à la forêt. J'étais à mi-chemin du Canada quand je m'arrêtai. Je pris une inspiration pour me calmer. Je regardai les arbres, m'affalai au pied d'un d'eux et fermai les yeux.
Parfois je souhaitais que ce maudit vampire parfait m'ait laissé griller en enfer.
Esmé POV
Je savais qu'Edward était blessé. J'aurais dû lui dire. Il aurait probablement pu m'aider mais je ne voulais pas le blesser avec toutes mes discussions concernant les âmes sœurs. Cela lui aurait rappelé Bella. Bien qu'elle ne soit pas son âme sœur il la considérait toujours comme telle. Cette idée le rendait tellement heureux… De n'être plus seul, enfin. Nous avions passé plusieurs nuits à discuter de la façon dont il allait finalement faire partie de la famille. Il allait, comme tous les autres, se mettre en couple. En y repensant, cela faisait bizarre. Nous parlions de la même fille pour laquelle Carlisle allait craquer.
Je n'avais pas vraiment pensé à en parler à Carlisle. Je ne faisais que penser « Je ne veux pas lui rappeler Bella et Carlisle. » Mais mon blocage d'esprit n'était pas encore aussi efficace que celui de Carlisle, et ne le serait probablement pas avant quelques siècles, et il avait entendu le dernier mot. Le pauvre chéri, tout seul, allait-il jamais penser qu'il vivait dans l'ombre de Carlisle ? Je savais qu'il était proche du point de rupture. Je l'avais vu clairement écrit sur son visage. Je me demandai ce que Carlisle ferait une fois qu'Edward aurait explosé. Est-ce qu'il essaierait de calmer Edward tandis que celui-ci tenterait de lui laminer le visage ou est-ce qu'il perdrait finalement son calme et lui apprendrait qui des deux était un vrai vampire ?
Parfois, je pensais que Carlisle nous cachait quelque chose. Il arrivait que je voie un éclair dans ces yeux pour des choses insignifiantes. Mais il avait toujours ce sourire content, celui affreusement sincère, qui allait avec sa vie. Come s'il contenait toujours ses émotions, tout le temps. C'était énervant.
Je soupirai et nettoyai le buffet. Je devais vraiment arrêter de penser à tous ces trucs déments sur ma famille mais si je ne pensais pas à eux, je pensais à Bella. Notre tout récent membre de la famille, puis je pensai je pensai à la façon don Renée s'était énervée sur la pauvre fille, puis je pensais à Charlie.
Charlie Swan. Voilà un nom bien. Franc mais pas trop fort, qui glissait sur la langue comme du sang et me donnait des picotements à l'estomac. Je n'aurais vraiment pas dû être aussi excitée par ce nom, mais je l'avais toujours aimé. Juste qu'avant je ne sentais pas de papillons dans mon ventre en y pensant. Bien sûr, je n'avais jamais vu Charlie avant aujourd'hui. J'avais parfois vu sa voiture de police et l'arrière de sa tête. Parfois même sa silhouette quand il parlait avec Carlisle, mais il avait toujours pris la direction opposée à la mienne. Nous ne nous étions jamais arrêtés pour simplement discuter ou même jamais croisés au supermarché. Je n'avais jamais dit un traître mot à Charlie Swan. Et ce soir, je n'avais tout simplement pas pu me taire.
Nous avions en grande partie parlé du divorce. Il voulait vraiment tous les détails. Il s'en était excusé mais il voulait être au courant pour la sûreté de Bella. Je pouvais assurer qu'il n'aimait vraiment pas l'idée de Carlisle et Bella ensemble, mais je savais qu'il ne souhaitait faire du mal à aucun d'eux. C'est ce que j'aimais chez Charlie, il aimait vraiment sa Bella. Comme moi.
Je voyais clairement pourquoi Carlisle et Edward l'aimaient. Elle était douce sans être effacée. Intrépide sans être provocante. Elle avait un aspect tranquille qui ne semblait pas permanent. Comme si à un moment, il disparaîtrait en laissant place à quelque chose de sauvage. Edward la voyait comme une énigme, quelqu'un entouré de plus de mystère que lui-même. Carlisle la voyait comme son âme sœur, et éventuellement sa femme et son amante.
Charlie la voyait simplement comme sa petite fille qui devait être protégée des grands méchants hommes qui changeraient son pur petit ange en quelque chose de sale.
En vérité, ils voulaient juste la transformer en vampire.
Je gloussai à cette pensée et reportait mon esprit sur lui. Je pensais à ses épais cheveux bruns, ses yeux marron clair. Je pensais à sa peau foncée, ses épaules tombantes et à ses mains calleuses. Je pensais à lui et me rendis compte douloureusement que j'avais besoin de lui auprès de moi à cet instant même. J'avais besoin de ses bras autour de moi et qu'il ne me quitte jamais. Je me demandais si c'était ce que ressentait Carlisle pour Bella ou si je fantasmais simplement. Après tout, Carlisle et moi n'avions pas fait l'amour depuis près de cinq ans et la dernière fois, Carlisle avait été si maladroit que ça ne nous avait rien fait, ni à l'un ni à l'autre.
Seigneur, nous étions idiots. Cinquante ans de mariage et notre dernière relation sexuelle avait été plus maladroite que la première. Je me demandais si Charlie serait maladroit. Je me demandais si ses mains calleuses, complètement différentes de celles de Carlisle, me rendraient craintive ou désireuse. Peut-être un peu des deux.
Je pensais à mon premier mari, Thomas. C'était un vrai salaud. Il méritait de croupir en prison pour ce qu'il nous avait fait, à notre enfant et moi. Charlie lui ressemblait un peu. Mon amour pour Carlisle tenait plus de la gratitude qu'autre chose, et je comparais souvent Carlisle à Thomas. Carlisle était un homme meilleur, mais Thomas m'avait toujours semblé plus attirant. Je ne suis pas trop portée sur les blonds, aussi amusant que cela puisse paraître.
Charlie était encore plus attirant que Thomas bien que ce ne soit pas dû à l'apparence. C'était dû au fait qu'il pouvait me rappeler mon premier mari sans me faire craindre qu'il soit comme lui. Je tenais pour sûr que Charlie Swan était un homme bien. Je pouvais le voir dans sa façon de regarder Bella. Dans la façon dont il traitait Renée même après ce qu'elle lui avait fait endurer. Ce soir-là, il m'avait respectée, et ça ne m'avait jamais autant fait plaisir.
Il était assis à table, lançant des regards noirs à Phil, me souriant doucement, et nettoyant son arme, tout en me posant des questions sur ma famille et ma relation avec Carlisle, et je ne pouvais pas être plus fascinée. Il était vraiment un bon officier de police, et ferait probablement un merveilleux inspecteur. Il avait un air qui donnait envie de lui confier ses secrets les plus noirs. Bella avait cela aussi. Je supposais que c'était leur côté Swan, la grâce et la beauté intérieure liées à leur homonyme. (R/N : aux cygnes)
Je fronçai les sourcils et m'arrêtai de nettoyer. Je regardai l'horloge. Il était tard. Carlisle était encore probablement à l'hôpital, mais où était Edward ? J'espérais qu'il allait bien. Je savais que peu de choses pouvaient nous affecter, et Alice appellerait probablement si quelque chose n'allait pas, mais ça ne calmait pas mon inquiétude. Je ne voulais pas qu'il se fasse du mal à cause de moi. Je soupirai. Je devais vraiment être plus prudente lorsque j'étais avec lui.
Charlie POV
Je regardais Bella dormir. Je m'appuyai lourdement contre le chambranle de la porte et soupirai. C'avait été deux jours très longs. Encore plus long maintenant que Renée était arrivée avec son nouveau joujou. Je pouvais à peine compter le nombre d'hommes avec qui elle avait été depuis notre divorce, quoique ce soit le premier qu'elle ait épousé. Je ne connaissais même pas la moitié d'entre eux mais je savais que si jamais j'apprenais que l'un d'eux avait levé la main sur ma fille, j'aurais descendue et écartelée Renée. C'était ma plus grande peur quand Bella disait qu'elle n'appréciait pas l'un des nouveaux soupirants de sa mère.
Décidément, j'avais besoin d'une bière. Je descendis silencieusement les escaliers et entrai dans la cuisine. Ce n'était pas seulement la fatigue qui arrivait quand votre unique enfant est dans sa chambre, couvert de glace, avec une terriblement haute température qui me frappait maintenant, c'était les montagnes russes émotionnelles qui l'accompagnaient.
Qui l'accompagnaient encore.
Quand j'avais découvert que Bella était malade, j'avais paniqué. J'avais appelé Billy, pensant que sa médecine traditionnelle l'aiderait, mais ça n'avait pas marché. Elle était trop mal pour que je l'emmène à l'hôpital et la seule personne que j'avais pensé à appeler fût Carlisle.
Carlisle était un mec bien, même s'il était trop vieux pour ma fille. J'avais en fait pensé qu'il était un genre de pervers. Il avait été sympa avec moi depuis le jour où nous nous étions rencontrés et je pensais encore que c'était un pervers. En même temps, ce n'était pas vraiment étonnant. Après tout, il était marié, avait cinq enfants, mais il était profondément amoureux de ma fille de dix-sept ans. Ouais, bien sûr. Enfin, c'est ce que je pensais.
Vraiment, on se payait ma tête. Il avait accouru ici, probablement enfreint toutes les lois du code de la route que je protège, puis aidé ma fille. Sans oublier le fait qu'il l'avait déshabillée sans y prêter attention. Il avait été un parfait gentleman et un professionnel. Franchement, c'était de cet homme que je protégeais ma fille ? Mais je ne le regrettais pas. Ce que j'avais dit à Esmé était vrai. Je ne regrettais pas mes actions, seulement celles qui faisaient du tort à quelqu'un.
Esmé, tellement différente de ce que je pensais qu'elle serait. Je savais qu'elle était belle, et je savais qu'elle serait gentille, mais je ne savais pas qu'elle serait… spéciale. C'était vraiment le seul mot avec lequel je pouvais décrire Esmé Cullen.
Elle avait quelque chose qui me calmait instantanément. Elle était simplement entré avec un bol de soupe au poulet et sourit et j'avais compris que tout irait bien. J'ai su que le problème avec Renée se réglerait, et jusque là ça avait l'air d'aller.
Je ne savais vraiment pas quel était mon problème ce soir-là. Depuis que Renée était entré en furie dans ma maison, qui avait été notre maison, elle avait poussé mes émotions à bout, me questionnant sur chacune de mes décisions concernant Bella. Elle m'avait presque tué lorsqu'elle était sorti à toute vitesse de la maison et je pense que s'il n'y avait pas eu autant de monde elle l'aurait fait. Je sentais l'amour pour elle qui n'était jamais vraiment parti se battre avec le dégoût que j'éprouvais pour ce qu'elle nous avait fait subir à Bella et moi. À tout le temps que j'avais perdu avec ma petite fille simplement parce que Renée avait ressenti le besoin urgent de voir l'océan. Quoique, lorsqu'Esmé était là, je ne l'avais pas ressenti. En fait, je ne m'inquiétai de rien. Je savais que quelqu'un prendrait les choses en main. Je ne pensais absolument pas que ce serait Renée. Je pensais à Esmé.
Ses magnifiques cheveux bouclés d'un brun doré, sa peau pâle, ses doux yeux dorés. Je trouvais étrange que ses yeux soient de la même couleur que ceux de son ex-mari, mais je digressai. Elle était plus petite que moi, elle arrivait seulement à mon épaule, mais je trouvais ça mignon et sexy en quelque sorte. Ses mains étaient longues et pâles, d'une forme parfaite. Elle portait un pull violet tricoté qui lui allait parfaitement, lui donnant un air très doux, et une jupe noire qui était sexy sans être indécente. Je m'étais senti rude et pas à ma place lorsque je lui avais serré la main. Comme si j'étais un sauvage et elle une princesse de la haute société new-yorkaise. Encore quand je pense à elle.
Je m'assis en soupirant devant la télévision et pensai à ce que Renée m'avait dit lorsqu'elle m'avait quitté « Tout ce que tu fais, c'est être assis devant la télé à regarder le baseball ! Tu ne fais jamais rien ! Je ne peux plus le supporter. Je m'en vais ! » Je fermai les yeux et me massai les tempes. J'étais un homme simple avec des goûts simples. Il n'y avait aucune chance qu'Esmé Cullen me trouve aussi intéressant que je ne la trouvai intéressante. En grognant, je pris une gorgée de bière et mis les infos, me demandant de quelle sorte de mort horrible j'allais entendre parler.
Un tout petit chapitre sans Bella ni Carlisle, mais sympa quand même ^^ J'espère que vous profitez bien de l'été et de vos vacances ! Merci encore pour toutes vos reviews qui me font vraiment super plaisir :D
