C'est avec peu de fierté que je poste ce 12e chapitre après quatre mois d'inactivité. Je tiens cependant ma promesse de ne pas abandonner cette histoire malgré des intervalles indécents.

Je peux tenter de m'excuser en rejetant la faute sur mes cours, que je n'ai pas eu de vacances de Toussaint (BOUHOUHOU) et des révisions durant Noël (BOUHOUHOUHOUHOUHOU !) mais ça ferait un peu "plaignez-moi, je suis une pauvre victime qui ne peut écrire quand elle le souhaite." Ce qui peut-être vrai. Ou pas.

Je reprendrai le point de vue de Junon dans le chapitre suivant, je terminerai le flash-back plus tard.

J'espère ajouter un chapitre supplémentaire avant la reprise de mes cours. De toute manière, il fait trop froid pour faire autre chose ^^

Bonne lecture


Une fois Mrs Hudson partie, John s'avança poliment de Mr Gross. Il le salua en lui serrant la main.

- Donc où en étiez-vous ? demanda-t-il innocemment.

- Nous allions visiter le premier étage.

- Très bien, allons-y.

John entra dans le salon. Comme il était censé faire la présentation de son appartement, pour la première fois depuis qu'il était entré, il regarda réellement la pièce. Il se désola de l'avoir laissée presque telle quelle parce que si au moins ça avait eu l'air d'un bloc de pièces impersonnelles, il ne serait pas en train de se dire que finalement, c'était lui le guide du musée Sherlock Holmes.

- Donc voilà, présenta-t-il médiocrement, le salon, la cuisine est à gauche. La superficie du salon est de… je ne sais plus. Les fenêtres du salon donnent sur Baker Street, celles de…

- 31,11 m².

- Vous vous êtes renseigné, à ce que je vois.

- C'est vraiment resté pareil…

- Pardon ?

- Je veux dire, il n'y a pas eu l'air d'avoir beaucoup de remaniement.

- Non, en effet, fit remarquer froidement John, mais tout sera vidé avant que quiconque n'emménage, assura-t-il avec un sourire.

- Oh. Normal.

- Je disais. Les fenêtres de la cuisine donnent sur la cour intérieure. Nous possédons un double-vitrage insonorisant le bruit de la rue…Qu'est-ce que… comment osez-vous prendre des photos !

Le visiteur demeura un instant figé, puis se leva, appareil photo en main.

- C'est juste pour comparer, vous savez. Enfin, j'ai toujours pris des photos des appartements que je visite.

Tout d'abord, John se sentit stupide de s'être ainsi emporté son explication tenait la route. Cependant, l'aura malsaine que dégageait Mr Gross alertait le cerveau reptilien d'un ancien militaire. Rassemblant tout son sang-froid, John se dirigea vers la fenêtre.

- Je ne suis pas idiot, Mr Gross, car je sais comme vous qu'il s'agit de l'appartement de Sherlock Holmes et je ne préfèrerais pas voir de telles photos divulgués sur la Toile. Donnez-moi votre carte-mémoire.

John ne s'approcha pourtant pas de lui. Il restait près de la fenêtre, près de la chaise qui était placé devant le bureau, et non derrière comme toutes les chaises de bureau (« pourquoi déjà était-elle située ici d'ailleurs ? » se demandait-il), unique obstacle qui lui permettrait de se saisir de son Browning généreusement chipé à la Reine, caché négligemment sous un livre. Mais l'étranger perçut la menace sous la demande et s'exécuta.

- Je suis désolé, dit-il en lui tendant le carré de plastique.

Pour la première fois, il le sentit sincère. Mais ce qu'il venait de se passer avait jeté un froid, et les deux hommes demeurèrent silencieux. John avait totalement oublié la raison de sa présence dans son ancien appartement à présent il sentait la nostalgie l'envahir, comme si chaque parcelle du 221B s'éveillait et s'organisait pour s'accrocher à sa gorge et serrer.

- Vous ne vivez pas trop mal sa mort ? demanda soudainement Mr Gross.

« Au final, il revient à la charge. » pensa John « Je croyais qu'il avait décidé de se calmer. » Il le foudroya du regard.

- Non, pas très bien, répondit-il sèchement.

- Aimeriez-vous qu'il revienne ?

- Je ne vous trouve pas très poli avec vos questions ! Si c'est tout ce qui vous intéresse, sortez !

John rassembla toutes les forces du monde pour ne pas se jeter sur lui. Il se tourna vers la fenêtre, prenant appui sur la chaise. Sa tristesse et sa colère croissaient de seconde en seconde à présent. Il voulait que l'étranger, là, s'en aille, non, disparaisse. Au revoir, du balai, fini. Il pensa à nouveau se saisir de son revolver. Mais un cadavre ne disparaît pas.

- Vous savez, j'ai quelques informations sur lui.

- Sur qui ?

- Sur Sherlock Holmes.

- Ah oui, répondit-il d'une voix blanche.

Les souvenirs l'assaillaient, il se sentait vraiment mal, et il se fichait éperdument de ces informations, de ces rumeurs qui poursuivaient le détective dans sa tombe. Pris de vertiges de fureur, il attrapa le dossier de la chaise, toujours dos au visiteur, et s'y appuya et serra de toutes ses forces pour se contenir et ne pas tomber.

- Il n'est pas mort.

John se raidit. Cette voix. La voix… la voix de l'homme avait changé, cette voix mielleuse, aigüe et désagréable, elle était devenue grave, profonde et surtout si reconnaissable... le cœur de John s'accéléra avant de, du coin de son œil, comme presque effrayé de ce qu'il allait voir, il tourna très lentement la tête. Sherlock Holmes était là. Il était exactement comme dans son souvenir, à Baker Street, au milieu de son désordre, chemise blanche, veste et pantalon noirs. Il se dit que c'était une illusion, mais les vêtements qui étaient par terre lui prouvaient le contraire. L'anorak orange, les lunettes, la perruque…

Ils restèrent longtemps ainsi, John, à demi tourné, appuyé sur la chaise, le regard bouleversé et Sherlock, droit, les mains dans les poches, avec un air qui se voulait décontracté, mais qui devenait de plus en plus grave. Il se lança :

- Je suis désolé pour tout, commença-t-il avec difficulté, Désolé de ne pas t'avoir prévenu. Désolé de t'avoir obligé à regarder, désolé de… Je veux que tu saches que j'avais mes raisons, que je vais t'expliquer, et qu'en aucun cas ce fût par manque de confiance en toi, car j'ai confiance en toi, mais pour ta sécur…

- Je t'ai vu tomber… le coupa John

Sa voix était cassée, irréelle, un souffle empli de tristesse et de colère. Sherlock, une fois n'est pas coutume, en fut déstabilisé.

- Je… je sais, j'en suis désolé, je n'avais pas le choix.

- Je t'ai vu mourir.

Cette voix devenait terrible.

- Et tous ces mensonges que tu m'as dits avant, grondait-il, avant le plus… le pire des mensonges que tu aies pu me faire…

- Je pensais que ça t'aiderait à aller mieux. Que tu n'essaierais pas de me défendre contre n'imp…

- TU NE ME CONNAIS PAS !

John se redressa brusquement en faisant tomber la chaise et s'avança vers Sherlock. Son visage était terrible et ses yeux lançaient des éclairs.

- Garde tes yeux fixés sur les miens. Garde, tes yeux, fixés, sur les miens. C'est ce que tu m'as dit…

- Je risquais vraiment…

- JE VEUX QUE TU ME REGARDES A PRESENT ! DROIT DANS LES YEUX !

Sherlock fixa d'un regard profond les yeux fous de son ami.

BAM ! Le coup fut si fort que le détective perdit l'équilibre et se retrouva par terre. Pendant quelques instants, il ne put bouger, puis il se releva, doucement, sans un mot, une main sur la joue. Il fit quelques mouvements de mâchoire puis enleva sa main. Contre toute attente, il eut un très léger sourire.

- Je savais que …

- BAM ! Cette fois-ci, ce n'est pas le choc qui le renversa, mais la douleur qui le fit plier en deux. Sherlock poussa un hurlement rauque et se tenant le nez. Le sang commença à couler par terre. Sherlock ne pouvait plus s'empêcher de crier.

- C'ETAIT MON NEZ !... AAAAAARGH ! MON DIEU ! Tu m'as cassé le nez ! HHHhhh…

John se sentit soudainement un peu mieux, il avait évacué une bonne partie des émotions qui l'avait traversé. Sherlock se dirigea tant bien que mal sur le fauteuil habituel de John en se tenant le nez sans pouvoir le toucher. Le sang avait inondé son col impeccable. Il tenta de renverser sa tête, arranger son nez... Mais le médecin avait enfin repris un peu ses esprits. Il le prit par le bras et le fit asseoir sur le canapé. Il alla chercher sa sacoche de médecin, une des maintes choses qu'il avait abandonnée à Baker Street et s'installa face à Holmes. D'abord il épongea le sang sur son visage. En voyant la quantité qui avait coulé, il ne put s'empêcher de se sentir satisfait. Sherlock essaya de se dégager de ses mains.

- Ne sois pas si stupide, dit-il d'une voix tranquille, je dois te l'arranger tout de suite sinon tu vas perdre beaucoup de sang et on va devoir aller à l'hôpital.

Les yeux de Sherlock le foudroyèrent par-dessus son nez en sang.

- Je DOIS aller à l'hôpital, parvint-il à articuler, alors que je suis censé être mort ! C'EST TOI qui es idiot!

- Pas la peine. J'ai recollé des centaines de nez en Afghanistan avec moins de matériel que ça, alors ne bouge pas !

- Tu vas me faire mal.

- Bien sûr que je vais te faire mal, dit John en plaçant un coton-tige dans chaque narine. Tu m'as fait croire que tu étais mort pendant quatre mois, alors tu ne vas pas t'en sortir comme ça. Tiens les cotons-tiges bien enfoncés… oui comme ça sinon t'auras les narines bouchées. Inspire une grand coup.

Sherlock plissa son visage, anticipant la douleur, et John lui replaça le nez d'un coup sec. Le détective retint son cri en un long grognement rauque, mais il ne bougea pas. Son persécuteur vérifia les connexions nasales sans ménagement. Débouchées.

- Salaud, souffla Sherlock.

- Tu n'es pas vraiment en position de te plaindre.

Et puis que croyait-il ? Qu'il le torturait intentionnellement ? Il avait été rapide pour diminuer la douleur, seulement, un nez à replacer, ça fait mal, un point c'est tout. Non pas que le visage écarlate de son ami ne le faisait pas jubiler, mais nul besoin d'être plus pervers et à l'encontre de sa déontologie. Il s'efforça donc d'arrêter l'hémorragie le plus vite possible par pression de divers cotons, puis fixa quelques compresses rigides avec du sparadrap.

- Voilà, c'est fait, déclara le docteur.

Sherlock se leva et se plaça devant le miroir au-dessus de la cheminée. John vit par le reflet son air dépité face cet affreux bandage qui couvrait le centre de son visage, et il se sentit soudain très léger, plus triste ni en colère, et il rit juste du ridicule de la scène. Sherlock eut un demi-sourire.

- J'avais prévu que ça se passerait un peu différemment, lança-t-il.

L'intensité du rire de son colocataire augmenta.

- Moi-même je n'en reviens pas, avoua John toujours hilare. Pas que tu ne sois pas mort, t'es bien le genre à me faire un coup pareil, mais de t'avoir cassé le nez… je suis désolé.

Sherlock leva un sourcil d'étonnement. Puis il se détourna du miroir et s'assit dans son fauteuil, le fauteuil le Corbusier, dos à la fenêtre et John s'assit face à lui. Places habituelles, comme si rien ne s'était passé.

- Prêt à entendre mon histoire ?

- Tu risques de mourir si tu ne me dis pas tout dans le quart d'heure qui suit. Mais encore une question suis-je le seul à savoir que tu es vivant ?

- Oui, dit Sherlock précipitamment. A part Mycroft.

- C'est lui qui t'as aidé à falsifier ta mort ? demanda John sans conviction.

- Non, c'est lui qui m'a fourni tout ce dont j'avais besoin pas la suite.

- C'est la moindre des choses.

- Oh oui.

Ils échangèrent un regard entendu ils ne pardonneraient pas si facilement à l'homme qui avait vendu son frère à Moriarty.

- Donc tu t'es débrouillé seul ?

- Bien sûr que non. Un certain docteur Parker facile à convaincre – il n'avait pas très envie que je révèle l'origine de la disparition régulière d'une petite quantité de morphine – m'a déclaré mort. Et Molly Hooper m'a aidé pour le reste.

- Molly.

- Oui, Molly.

- Ok, pourquoi pas, elle t'aide souvent, dit John sans refouler sa frustration. Donc Mycroft, ce docteur et Molly. Quelqu'un d'autre avant que tu daignes me prévenir ?

- John…

- Au bout de cinq mois, en plus ! Je suis juste ton ami après tout. Ah non j'ai compris si tu m'avais prévenu, je n'aurais pas eu l'air suffisamment dévasté et j'aurais gâché ton plan, n'est-ce pas ? Quel plan ? Moriarty a été retrouvé mort. Enfin peut-être que lui non plus…

- Contre les associés de Moriarty, John. Les plus fidèles qui ont été engagés pour vérifier si j'étais bien mort. J'ai été forcé par Moriarty de me jeter dans le vide.

La nouvelle tomba comme une masse, et le silence qui en résulta parut irréelle.

- Je sais, déclara tranquillement John. J'ai repassé tous les évènements des centaines de fois dans ma tête, voir si j'avais pu prévoir ça, et non, je sais que tu n'étais ni un imposteur, ni le genre à te suicider.

- Pourtant j'ai essayé de t'en convaincre.

- Et je ne t'ai pas cru. Je n'en ai pas douté une seconde.

- Mais tu as été suffisamment déstabilisé pour ne rien tenter de complètement…

- Stupide.

- Non, dingue. Qu'aurais-tu fait si tu avais appris que j'étais mort contre mon gré et en clamant ma sincérité.

John fut quelques peu déstabilisé devant la description de ce cas de figure. Puis son regard se transforma en une expression indéchiffrable.

- Qui sait ?

- Les journalistes ne s'imaginent pas à quel point ils l'ont échappé belle. Mais il est vrai que j'avais besoin de t'avoir comme témoin de ma mort, car jamais je n'aurais pu te convaincre autrement. D'ailleurs, si toi, tu le croyais, tout le monde le croiraient.

- Je t'ai vu tomber, atterrir par terre, puis je suis venu et tu étais là… mort. Il n'y avait aucun doute, personne ne survit d'une chute de quatre étages hauts comme ceux de St-Barth, surtout en atterrissant sur la tête.

- Tu ne m'a pas vu atteindre le sol, c'est impossible. Tu as déformé tes souvenirs car tu ne pouvais penser normalement. A cause de mon appel. Mais en réalité, tu te trouvais derrière la station d'ambulance, où je t'ai demandé de te placer, et tu n'as pas vu ce qu'il s'était passé. Je suis tombé sur un camion rempli de fausses poubelles conduit par un type que je connais. Ensuite, je suis tombé sur le béton.

Il lui raconta en détail son plan qui ne devait malheureusement servir « au cas où » Mais malheureusement Moriarty avait tout prévu. Leur discussion sur le toit avait l'allure d'une véritable partie de poker. Moriarty avait un droit de mort sur John, Mrs Hudson et Lestrade, et Sherlock avait un faux suicide de prêt. Mais il espérait éviter de se jeter dans le vide devant Moriarty, car celui-ci aurait pu comprendre la supercherie.

Mais Sherlock ne révéla pas l'existence du contrat qui avait pesé sur la tête de John et des autres, il le lui dirait plus tard, un jour où cela en vaudra la peine. John lui avait pardonné, il le savait, il n'aurait raconté cette partie de l'histoire uniquement s'il lui en voulait encore. Car il savait que tout homme normal, comme John, ne pouvait être plus redevable envers quelqu'un qu'en sachant que celui-ci se soit sacrifié pour lui (même si la mort était fausse). Il y aurait sûrement un jour où John lui en voudra à nouveau, car c'était la nature de Sherlock d'exaspérer son entourage d'une manière ou d'une autre, et il le savait.

Il avait réussi à détourner son récit des raisons de son saut, car pour éviter les questions, il fallait un discours pour garder la parole, mais qu'est-ce que c'était ennuyeux un discours ! Sa langue se desséchait et il n'avait pas autant de plaisir à raconter un souvenir que démontrer ses conclusions. Mais les discours s'avéraient utiles dans certains cas, il l'avait appris durant les mois derniers. Il avait décidé de s'entrainer plus souvent à cette pratique.

- Après sa disparition, j'ai beaucoup voyagé, enquêté… j'ai mené la guerre contre l'organisation de Moriarty. Et si tu pouvais imaginer une seconde à quelle point son réseau est pharaonique… c'est comme s'il avait lié toutes les organisations du crime à lui et entre elles, comme s'il était l'araignée d'une toile s'étendant dans le monde entier, en reliant même des groupes d'idéologie complètement antithétiques, et ça marche. C'est du génie. Pourquoi tu me regardes comme ça ?

- Les gens normaux, Sherlock, d'habitude, évitent d'encenser le type qui a essayé de les détruire. Je n'en suis pas fâché, c'est juste que j'avais oublié à quel point tu peux te démarquer. Mais ne t'interromps pas, continue.

- Mon objectif était démanteler cette organisation de manière assez bruyante. Grâce à mon frère, j'ai pu enquêter aux côtés de toutes les polices du monde et tu as dû voir les derniers gros titres de l'actualité. Plutôt accrocheur, non, le meurtre avorté du Prince du Qatar, le démantèlement d'un trafic d'armes sous le couvert d'une école gérée par une fausse ONG au Soudan… je l'ai su en me battant avec le chauffeur de bus, il s'est avéré qu'il avait été en contact avec de la poudre pyroxylé, beaucoup de poudre.

- La tentative de meurtre de Mrs Wenceslas.

- Oui… encore Dzundza¹. J'ai réussi à lui tirer une balle dans la jambe, mais il s'est encore enfui.

- Il va te garder rancune, un jour.

- Mrs Wenceslas a témoigné contre l'organisation de Moriarty, ça valait la peine. Je n'ai pas toujours rencontré de gens aussi coopératifs, certains préféraient mourir, mais j'ai toujours réussi à savoir d'eux ce que je voulais savoir.

Il continuait son récit sur un ton neutre, mais John frissonna lors de sa dernière phrase. Sentant qu'il ne fallait pas insister, il écarta son malaise.

- Téhéran, le Congo, Port Elizabeth, le Cap, le Japon, la Malaisie, la Colombie, Quito, les Etats-Unis, j'en passe… Je te raconterai tout, un jour. Ce qui est essentiel est que j'ai fragilisé jusqu'à l'os ce que Moriarty avait créé, et que je suis de retour pour achever la tête. Je gardais bien entendu toujours un œil sur Londres, et sur les gens que je connaissais. Par exemple, j'ai protégé l'emploi d'un ami. Je me suis dit que ses talents de médecin me seraient utiles à mon retour. Je devais pour cela calmer un petit homme excité.

- Le journaliste du Sun que j'ai agressé.

- En réalité, c'est Mycroft qui a su géré cela. Je suis donc revenu à Londres il y a trois jours. J'ai logé dans un hôtel, sous le pseudonyme de Killian Gross, et sous une autre apparence. Je savais qu'à présent, je pouvais venir te voir pour t'allier à mon enquête. Mais j'ai appris que tu n'habitais plus Baker Street et je n'osais pas me rendre à ton hôtel. Puis aujourd'hui, je t'ai vu y retourner, alors je me suis présenté comme un acheteur potentiel. D'ailleurs, Baker Street en vente, mais qu'est-ce qu'il vous a pris ?

- Ne t'inquiète pas, on ne l'aurait jamais vendu à ton Killian Gross, il était trop insupportable. Et toi, pourquoi tu t'es fait passer pour un mec si imbuvable ?

- Juste pour voir comment tu allais.

- A ta manière, bien sûr.

Ils échangèrent un sourire.

- Je suis venu pour que tu m'aides à démasquer un homme. Je crois qu'il est celui qui a tenté de reprendre les rênes de l'organisation Moriarty. Il est moins intelligent, mais extrêmement impliqué, et à présent, il doit être enragé. Son nom est Moran. C'était un militaire comme toi un addict d'adrénaline, mais plus dévoué à Moriarty qu'à la Reine et à son pays. Et en ce moment, il doit s'apprêter à s'en prendre à nous. Qu'en dis-tu ?

- Que nous l'aurons en premier, Sherlock, répondit-il, serein.

Soudain, un jeu de clef se fit entendre dans la serrure. Sherlock se raidit et John lui lança un regard affolé.

- Mrs Hudson, articula John. Je l'avais complètement oubliée.

¹Oskar Dzundza : Golem, tueur à gages tchèque, épisode the Great Game