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Mes excuses pour ce post tardif mais entre travail et… travail, pro et personnel, il arrive que l'écriture soit reléguée aux calendes grecques.
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Alors voici un chapitre très attendu qui concerne uniquement sur Steve. J'espère qu'il ne vous semblera pas trop ennuyeux avant que l'on se dirige vers une… Vous le saurez en lisant la suite.
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Merci à toutes celles qui ont favorisé ma fic (ou d'anciennes fics, ce que j'apprécie), qui suivent cette histoire et surtout à celles qui sont assez courageuses pour me laisser un com.
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Bonne lecture et votre appréciation sera la bienvenue.
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Chapitre 11 : Curiosité éveillée
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Ce matin-là, la presse locale ne parlait que d'une chose : l'arrestation d'un terroriste sur le sol hawaïen. La nouvelle était d'autant plus réjouissante que le criminel envisageait apparemment de placer une bombe sur un des navires de la marine américaine qui accostaient régulièrement à Pearl Harbor, bombe qu'il transportait dans le coffre dans sa voiture.
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Le journaliste précisait que, d'après le témoignage reçut par téléphone, leur source d'informations avait surpris une conversation entre agents fédéraux. Ce témoin assurait que la capture était due à un extraordinaire hasard et à la vigilance du chef d'une équipe locale qui avait reconnu le criminel au cours de son jogging matinal. L'agent fédéral avait effectué une filature en règle avant de procéder à l'appréhension du terroriste. Il avait agi par instinct et avait pu ainsi éviter une nouvelle fois la fuite du criminel.
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L'agent en question était 'supposé appartenir au FBI', leur témoin avait précisé avoir aperçu un badge à la ceinture d'un des agents qui discutaient de l'affaire. Cependant la chaine n'avait pu obtenir confirmation du bureau local qui démentait catégoriquement avoir procédé à une telle arrestation.
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Le journaliste rappela que le terroriste faisait partie de la liste des vingt plus grands criminels que toutes les agences fédérales et les forces de police recherchaient activement depuis plusieurs années suite à des attentats perpétrés contre la Marine, des bâtiments gouvernementaux ou fédéraux divers.
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Bien sûr, la chaine se ferait un devoir de revenir sur l'affaire dès que de plus amples informations seraient en sa possession ou que le FBI corroborerait les faits.
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Steve avait allumé la télévision pour avoir un fond sonore tandis qu'il préparait son petit déjeuner. Il prêtait rarement vraiment attention aux nouvelles diffusées. Pourtant, ce matin-là, et contrairement à son habitude, il s'installa pour déguster son omelette et monta le son du téléviseur. L'image qui venait de s'afficher sur l'écran avait capté son regard.
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En tant qu'ancien Seal, Steve s'intéressa à la nouvelle et fut intrigué par l'affaire et spécialement par l'agent qui venait de réaliser un tel exploit. Cependant, il doutait sincèrement que l'agent qui avait procédé à l'arrestation appartienne au FBI. Certes, comme les autres agences, elle avait le devoir de le faire si elle rencontrait un 'ennemi' mais sa priorité n'était pas là.
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Pour avoir travaillé par deux fois avec le NCIS lors d'enquêtes communes, il doutait que Barnett soit celui qui avait contribué à cette capture. Il savait que le bureau local avait souvent, par le passé, laissé le HPD gérer des enquêtes relevant de sa juridiction parce que l'agent en charge était incompétent ou laxiste.
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Il se promit d'approfondir le sujet dès qu'il serait au bureau. Il se changea rapidement, prit un grand thermos de voyage rempli de thé bien fort, boisson qu'il préférait tandis que ses collègues se contentaient de café. Il gagna la voiture et prit le chemin du bureau alors que la ville commençait tout juste à s'éveiller.
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Steve arriva bon dernier, les véhicules de ses subordonnés étaient déjà garés sur le parking. Il se hâta de gagner le bureau et arriva au moment où Williams recevait un appel qui les lança tous dans une nouvelle enquête. Steve en oublia son souhait de se renseigner un peu plus sur l'agent du NCIS.
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Cette affaire résolue, une autre se présenta puis encore une autre et le temps passa sans que l'ex Seal ne puisse mettre son projet à exécution. Ce ne fut que plus tard que le chef du 5.0 repensa à sa détermination de s'informer sur l'agent fédéral mais il fut pris dans un engrenage infernal et une poursuite illusoire contre celui qui allait devenir rapidement un ennemi personnel : Wo Fat.
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Steve eut d'autres chats à fouetter et oublia l'homme qui l'intriguait autant.
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Une semaine plus tard, un nouveau flash d'informations lui remit en mémoire sa résolution. Cette fois, le journaliste faisait des excuses publiques au nom de sa chaine pour avoir rapporté des informations incomplètes sans avoir vérifié au préalable la véracité de la source.
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« La semaine dernière, notre chaine vous annonçait avec plaisir l'arrestation du terroriste Ahmed Kadri connu sous le sobriquet du 'Boucher' pour la violence de ses attaques » commença-t-il.
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Au même moment, la photo du terroriste apparaissait à l'écran.
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« Le témoignage auditif de notre source d'information demeure valable mais le reste de notre annonce était erronée » poursuivit le journaliste. « L'agence fédérale qui a procédé à l'arrestation… ou plutôt l'agent fédéral appartient non pas au FBI mais au NCIS. Nous présentons toutes nos excuses au Directeur du NCIS, Leon Vance pour avoir imputer une telle victoire à une autre agence. Nous joignons à ces excuses notre fidèle public qui a été induit en erreur par notre manque de vigilance. »
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Suivi un bref résumé des exactions du criminel avant que le journaliste ne reprenne son discours.
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« Le NCIS reste cependant prudent et préfère ne pas révéler de détails sur l'affaire » ajouta-t-il. « La seule information qui nous a été communiquée est que l'arrestation est survenue juste avant que Kadri ne quitte sa cachette, l'agent a procédé à son appréhension sans savoir que celui-ci s'apprêtait à se relocaliser ailleurs dans les heures qui suivaient. L'agence ne souhaite pas divulguer, pour l'heure, d'éléments pouvant nuire au procès qui ne manquera pas de survenir dans les semaines à venir. Le NCIS a juste précisé avoir mis la main sur des preuves suffisamment compromettantes pour accélérer l'instruction du dossier. »
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Steve fut heureux de constater que son intuition du moment était juste et que le FBI n'avait rien à voir avec cette victoire sur le terrorisme. Non pas que le bureau démériterait mais dans la mesure où les victimes les plus nombreuses se comptaient parmi les rangs des Marines et personnel de l'agence, il était normal qu'il se réjouisse que le NCIS soit celui qui ait réussi l'exploit d'arrêter le 'Boucher'.
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Il se souvenait parfaitement que plusieurs tentatives avaient été mises en œuvre pour débusquer le terroriste juste après les attentats commis mais sans grand succès. Le criminel était malin et assurait ses arrières avec soin. Il disparaissait sans laisser de traces jusqu'au prochain acte de terrorisme.
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Sa propre équipe avait été chargée de le traquer durant plusieurs mois sans résultat. Le fourbe devait avoir des contacts implantés sur le sol américain et qui l'aidait autant à préparer ses attentats qu'à lui permettre de s'échapper. C'était ce qui était ressorti de l'étude des affaires traitées par la Marine.
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Aussi, que l'agent fédéral soit tombé sur lui par le plus grand des hasards était déjà un miracle mais qu'il ait réussi à le capturer tout seul et sans possibilité de joindre de quelconques renforts donnait encore plus de poids à l'arrestation. Et la manière dont il avait maitrisé ce barbare était encore plus incroyable sinon extraordinaire.
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Steve avait appartenu un temps aux services de renseignements de la Marine et il avait gardé des contacts parmi le personnel. Il avait également contacté son ancien officier supérieur, Lieutenant Commander Joe White pour connaitre les circonstances exactes dans lesquelles Kadri avait été appréhendé. Il avait reconnu non seulement le courage de l'agent mais avait apprécié son imagination et son sens de l'humour pour avoir assommé le criminel avec le capot de sa voiture.
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Joe avait rapporté les faits tels qu'il les avait appris par une source directe au NCIS – sans qu'il ne précise laquelle - et avait également loué le courage de l'agent mais aussi son absurde témérité et la prise de risque inconsidérée. Il avait même qualifié l'agent de 'tête brûlée' le comparant également à Steve lorsqu'il décidait de se lancer sans réfléchir dans une bataille insensée.
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Les deux hommes avaient ensuite célébré la capture du terroriste comme il se devait, tous les deux avaient perdu des hommes bien dans les attentats, des hommes de valeur. Ils savaient que l'agent à l'origine de son arrestation serait béni de bien des inconnus, des parents, des amis des victimes qui pourraient désormais faire le deuil de leurs disparus.
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Et Steve était juste frustré de ne pas connaitre celui qui avait accompli cet acte de bravoure. Joe n'avait pu savoir le nom de l'auteur de cette arrestation providentielle. L'ancien Seal aurait bien aimé pouvoir le remercier personnellement pour la paix qu'il allait apporter à des centaines d'âmes en peine qui attendaient depuis des années de voir le meurtrier être trainé en justice.
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Non pas qu'il serait si difficile de connaitre l'auteur de cet acte, après tout, le bureau d'Hawaï ne comptait pas tant d'agents que ça. Encore fallait-il savoir s'il s'agissait bien d'un agent de terrain ou d'un employé occasionnel. Mais pour avoir autant de sang-froid, de contrôle et de maitrise de soi pour faire face seul à un tel criminel, il ne pouvait y avoir qu'un agent ayant déjà fait face à la mort ou à des scènes de crimes pour réussir ce coup.
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Steve pouvait toujours sous un prétexte quelconque se rendre au bureau local et tenter de découvrir l'identité de l'agent en question mais il ne pouvait mettre sa vie en danger en révélant par inadvertance cette information. N'importe quelle circonstance pouvait lui faire lâcher le morceau et qu'un témoin l'entende et ce pourrait être une catastrophe.
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Plus qu'un civil quelconque, il savait l'importance de conserver certaines informations sous clé et certains témoins loin de la presse avide d'histoires croustillantes pour augmenter leur audience. Et celle-ci risquait de rentrer dans cette catégorie parce qu'elle touchait tout le pays et non une seule ville ou un seul état, les attentats avaient été perpétré sur tout le territoire.
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Le seul point positif était que Kadri était un fanatique qui n'appartenait à aucune organisation terroriste, il travaillait seul et choisissait ses cibles suivant son humeur. Jamais aucun groupuscule terroriste n'avait revendiqué les attaques perpétrées par le Boucher et ce dernier signait toujours ses actes de son nom et d'un signe arabe. Il justifiait ses actes en arguant qu'il détestait les américains sans spécifier la raison de sa haine.
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C'était des faits que son équipe avait découvert lorsqu'il était en charge de le retrouver. Malgré son aversion pour son peuple, Steve et son équipe n'étaient jamais parvenu à savoir qui étaient les complices qui l'aidaient à échapper à la poursuive engagée pour l'arrêter. Durant plusieurs années, il avait glissé entre les mailles des filets tendus pour le stopper.
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Et voilà qu'un très heureux hasard lui avait fait croiser la route d'un homme qui n'avait pas hésité à mettre sa propre vie en danger pour s'assurer que ce terroriste soit définitivement mis hors d'état de nuire. L'abnégation que l'agent avait montrée serait certainement saluée comme il se devait au sein de son agence, du moins, Steve l'espérait. Il méritait même de se voir décerner une médaille pour service rendu non seulement envers la Marine mais aussi envers le peuple américain.
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Pourtant, malgré l'intense curiosité qui le tenait, il y avait quelqu'un d'autre qui supplantait son désir de rencontrer l'agent fédéral. Il avait aperçu son mystérieux inconnu à plusieurs reprises tandis qu'il faisait son jogging ou faisait des courses. Il l'avait croisé également dans un bar ou deux mais sans jamais avoir l'occasion de l'approcher ou de lui parler.
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Puis un jour, sa chance sembla tourner lorsqu'il tomba à nouveau nez à nez avec le beau brun et il allait engager la conversation lorsque son téléphone sonna. Il jura et prit l'appel lorsque le nom de Danny en indiqua la provenance. Il vit son inconnu esquisser une petite grimace malicieuse avant de le voir s'éloigner. Steve grogna tout en décrochant, ce qui débuta une tirade boudeuse de la part de son partenaire.
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Tandis qu'il écoutait ce que Danny lui annonçait concernant leur prochaine enquête, il ne put s'empêcher de suivre des yeux l'objet de son désir secret. Arriverait-il un jour à capter suffisamment son attention pour réussir à l'engager dans une conversation ? A l'allure où les choses se déroulaient, il risquait d'attendre jusqu'à ce que la neige tombe sur Hawaï, c'est-à-dire jamais.
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L'ancien Seal avait bien envisagé de photographier discrètement l'inconnu et de faire une recherche informatique mais il savait que sa requête – adressée à Kono ou Chin – soulèverait la curiosité des deux cousins et surtout celle de Danny qui chercherait à en connaitre le pourquoi. Et il n'avait, pour l'instant, aucune envie de dévoiler son intérêt plus que manifeste pour un autre homme.
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Certes, ses collègues avaient plus ou moins deviné qu'il n'y avait pas que le beau sexe qui l'intéressait mais il n'avait jamais confirmé butiner également ceux de son propre sexe. Il avait toujours été obligé de cacher cette partie de sa vie, c'est pour cette raison qu'il lui était désormais difficile d'aborder le sujet ou de confirmer son penchant pour les hommes. En fait, plus que son penchant, sa véritable préférence.
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Avec sa démission, il avait un peu plus de liberté mais sa décision de rester réserviste lui mettait quand même quelques bâtons dans les roues. Le moment venu, il devrait sans doute faire un choix crucial : être réserviste ou faire officiellement son 'coming out'. Tout dépendrait bien sûr de celui qui capturerait son attention et son cœur.
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Steve était désormais prêt à faire les sacrifices nécessaires pour obtenir ce qu'il voulait, il avait donné à la Marine 12 années de sa vie, il était bien temps qu'il puisse profiter de ce qu'elle pouvait lui apporter. Et il n'avait pas envie de passer à côté de la chance d'avoir celui qu'il convoitait… en espérant qu'il soit dans le même état d'esprit que lui, cela allait sans dire.
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En effet, il ne suffisait pas d'être attiré par un autre être humain pour que celui-ci vous rende les sentiments que vous pourriez lui porter, ce serait trop beau. Et jusqu'à présent, si Steve avait été assez chanceux dans sa vie d'adulte, son adolescence n'avait pas été rose, loin de là. Surtout après la mort de sa mère et l'exil imposé par son père qui l'avait envoyé sur le continent pour terminer ses études.
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Son engagement dans les Seals avait été un acte de rébellion envers son père qu'il n'avait pourtant jamais regretté. Il avait certes connu et traversé des périodes particulièrement pénibles, comme les missions militaires pouvaient en connaître, mais la camaraderie, la confiance et l'amitié qu'il avait rencontrées au sein de son unité lui avaient permis de tenir bon.
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Maintenant, il affrontait un nouveau défi, celui de réussir à unir des membres d'équipe qui venaient d'horizons différents et à les faire travailler ensemble. C'était comme chez les Seals lorsqu'une nouvelle unité était créée, on partait de rien pour en faire un groupe soudé et qui se serrait les coudes. C'était la même chose pour le 5.0.
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Depuis près d'un an que l'unité avait vu le jour, Steve avait appris à faire confiance à ses nouveaux partenaires, à supporter Williams tenter de tempérer son attitude de boyscout et de casse-cou, à apprécier l'attitude détendue de Chin et celle plus expressive de Kono. Chaque membre de l'équipe avait quelque chose à lui apporter et il espérait avoir réussi à leur rendre la pareille.
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Ils formaient un groupe uni, cohérent, fort et surtout solidaire. S'épauler les uns les autres si nécessaire ne leur posait aucun problème malgré la récente composition de leur groupe. Steve avait appris chez les Seals que ceux qui travaillaient avec vous étaient comme des frères et vous deviez leur porter assistance quelle que soient les circonstances. Il appliquait donc ce principe pour son équipe.
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Williams avait déjà pu compter sur lui à diverses reprises, Kono et Chin dans une moindre mesure mais ils savaient que leur chef sera là en cas de besoin. L'ex Seal était parfaitement conscient que leur force de frappe nouvellement constituée était surveillée. L'immunité octroyée par le Gouverneur Jameson ne plaisait pas à tout le monde, en particulier les fédéraux.
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Le fait qu'il ait recruté Chin après sa mise en examen dans une affaire de vol, selon Steve, montée de toutes pièces n'était pas du goût de pas mal de gens. Il savait qu'à n'importe quel moment, il pouvait se retrouver accuser de favoritisme et le soutien du gouverneur Jameson pouvait lui être retiré sans sommation. Il devait jongler avec prudence dans une mer où les poissons les plus dangereux n'étaient pas ceux que l'on croyait.
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Malgré les écueils qu'il pourrait rencontrer, il était ravi d'être de retour sur son île. Et pour être parfaitement heureux, il ne lui manquait qu'une chose. Maintenant que sa nouvelle vie professionnelle semblait être sur les rails, Steve avait une furieuse envie de combler le vide de sa vie privée et intime. Il avait le désir de trouver un homme qui serait tout à la fois son amant bien sûr mais aussi son meilleur ami, un compagnon qu'il aimerait et qui l'aimerait en retour.
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Steven Jack McGarrett était fin prêt pour rencontrer le grand 'Amour', celui qui ferait battre son cœur à 100 à l'heure lorsqu'il plongerait son regard dans ses prunelles, pour qui il s'inquiéterait même sans véritable raison, avec qui il partagerait ses passions, qu'il souhaitait voir vieillir avec lui.
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Il avait bien une idée de celui qui serait sans doute un compagnon selon ses critères mais il restait à trouver le moment et le moyen de l'aborder. Jusqu'ici, sa seule tentative s'était soldée par un échec lorsqu'une enquête l'avait coupée dans son élan. Sans connaître le nom et la profession de son inconnu, il était plus difficile de compter sur la chance pour faciliter une rencontre.
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Cependant, Steve était tenace et têtu, il n'abandonnerait pas avant d'avoir atteint son but pour voir son plus cher désir se réaliser. Il mettrait le temps qu'il faudrait mais un jour prochain, il saurait si le jeu valait la chandelle et si sa patience serait récompensée comme il se doit.
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En attendant, il avait un travail à accomplir et des subordonnés à rejoindre.
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Ce matin-là, la discussion qui s'était engagée entre les membres de son équipe tournait autour des projets de chacun pour les fêtes de fin d'année. Certes, elles étaient encore loin mais il fallait parfois être prêt bien avant l'heure pour établir un tour de garde, le 5.0 devait être sur le qui-vive d'un bout de l'année à l'autre.
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« Je vais tenter de persuader Rachel de me laisser Grace pour le jour de Noël » indiquait Danny. « Normalement, je devrais être celui avec qui elle doit passer les fêtes cette année selon la convention de divorce mais connaissant mon ex-femme, elle sera capable de gâcher notre réveillon en insistant pour que ma fille soit avec elle et son nouveau compagnon. Je ne tiens pas à batailler avec elle au risque d'être privé de la compagnie de ma fille durant cette période. »
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Le détective fit la grimace à cette mention, il détestait cordialement le nouvel homme qui partageait la vie de son ex, non pas qu'il l'enviait mais parce qu'il était celui qui veillait sur sa précieuse fille. Une tâche qu'il était obligé de déléguer et qui le mettait souvent en rage. La raison de leur divorce était l'infidélité de Rachel et c'était lui qui était privé de vivre avec la gamine. Il trouvait injuste le jugement de justice qui avait conclu leur divorce.
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La décision de Rachel de quitter le Jersey pour venir s'établir à Hawaï avait encore ajouté à son animosité envers elle. Il avait dû à son tour déménager pour avoir l'occasion d'être impliqué dans la vie de Grace. Il avait eu la chance d'être recruté par le département de police avant que McGarrett ne lui offre une place dans son unité spéciale.
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« Mes parents sont les hôtes de toute la famille cette année » annonça tranquillement Chin. « Nous allons avoir une réunion de tous les membres pour Noël et un clan plus restreint pour la nouvelle année. »
« Ma mère est trop faible pour présider la réunion cette année, sa maladie semble l'affaiblir de plus en plus » indiqua Kono, la tristesse transparaissant dans sa voix.
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Kono et Chin étaient encore tous deux célibataires et étant natifs de l'ile, leurs familles respectives liés par les liens du sang, les deux cousins passaient généralement les fêtes ensemble. Et les réunions de famille donnaient lieu à des fêtes impressionnantes par le nombre d'invités qui venaient chacun avec un plat en remerciement pour l'invitation.
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Les deux hommes lui apportèrent un soutien silencieux, chacun à tour de rôle lui pressa l'épaule avant de déposer un rapide baiser sur sa joue. La jeune femme était reconnaissante à ses coéquipiers qui ne se sentaient pas obligés de débiter des platitudes. Elle préférait leur attitude et leur sollicitude muettes sachant qu'elle pourrait compter sur eux en cas de besoin.
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« Et toi, McGarrett ? » demanda soudain Danny. « Que comptes-tu faire pour les fêtes ? »
« J'ignore encore » répondit franchement Steve. « Ma sœur restera certainement sur le continent, elle refuse encore de revenir ici pour l'instant et Tante Deb lui tiendra sans doute compagnie. »
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Steve espérait avoir la visite de sa sœur qu'il n'avait pas vue depuis quelque temps mais son espoir était faible. Mary était une pommée qui passait d'un travail à un autre sans vraiment savoir quoi faire de sa vie. Leur tante gardait un œil sur elle et lui donnait des nouvelles de temps en temps. Il ne savait pas ce qu'il pouvait faire pour renouer avec elle et dans l'ignorance, il préférait s'abstenir d'intervenir.
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En fait, dans les circonstances présentes et la menace que représentait Wo Fat, il était plutôt heureux qu'elle ne se pointe pas sur l'ile. Ne pas l'exposer à la vengeance que son ennemi semblait vouloir mener à son terme contre lui – même s'il en ignorait la cause exacte – était un choix facile à faire. Il avait déjà perdu son père à cause de l'un d'eux, il ne voulait pas mettre la vie de sa sœur en danger.
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« Eh, si tu es seul, tu es le bienvenu à la maison » offrit Chin avec un sourire. « Ohana n'est pas un vain mot pour nous et la porte est ouverte pour ceux qui sont seuls ce jour-là. »
« Merci, Chin, je retiens l'invitation » déclara son chef avec un sourire de gratitude.
« Bon, si nous allions compléter la paperasse qui nous attend » proposa Danny. « Je ne pense pas qu'elle se fera toute seule. »
« Un instant, Danny » l'interrompit l'ex Seal. « Vous avez entendu parler de l'arrestation de ce terroriste ici à Hawaï il y a deux semaines ? »
« Tu veux parler de celle du 'Boucher' ? » demanda Chin.
« Oui, le criminel responsable des attentats contre la Marine et le gouvernement » ajouta son chef.
« Quelque chose te chiffonne à son sujet ? » s'enquit son second.
« A vrai dire, en tant qu'ancien membre des Seals et indirectement de la Navy, je suis plutôt extrêmement ravi de le voir en prison. Je voulais savoir si vous avez regardé les infos de ce matin et le flash concernant la rectification de la chaine télévisée qui a rapporté son arrestation. »
« Je l'ai vu ce matin » indiqua Kono. « Tout le monde avait pensé que le FBI en était à l'origine alors qu'il s'agissait du NCIS. »
« En même temps, vu l'incompétence du responsable du bureau local, je doute que Barnett soit à l'origine de son incarcération » nota Chin.
« C'est ce que je pensais aussi » confirma Steve. « J'ai demandé à mes contacts de la Navy s'ils connaissaient le nom de l'agent qui avait procédé à son arrestation mais apparemment, il est tenu secret. Tout ce que j'ai pu apprendre était que c'était un agent de terrain. »
« Donc pas l'agent Barnett, il préfère déléguer que se rendre sur le terrain et je le vois mal faire un jogging de si bon matin… ou même simplement courir » nota Kono.
« L'un de vous a entendu des rumeurs sur le nom de l'auteur de cet exploit ? » s'enquit l'ex Seal.
« Pour quelle raison t'intéresses-tu à lui ? » voulut savoir Danny.
« Simple curiosité professionnelle et une intuition que nous serons sans doute amener à le croiser si nous travaillons encore avec l'agence » répondit son chef d'équipe. « Je ne connais pas la composition de l'équipe mais j'ai comme l'impression que Barnett ne doit plus en faire partie. »
« Tu veux que je tente de me renseigner ? » proposa Kelly.
« Non, je pense que nous pouvons nous passer de cette information pour l'instant » s'opposa soudain Danny.
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Ses trois compagnons le dévisagèrent en haussant les sourcils. Danny se sentit un instant déconcerté par leur attitude.
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« Quoi ! On n'a pas vraiment besoin de connaitre ce type » contra-t-il. « Il sera bien temps de le savoir si on a besoin de bosser avec eux. Et entre le FBI, la CIA et eux, j'en ai soupé des fédéraux. Alors si on pouvait faire en sorte d'éviter de croiser leur route, ça me conviendrait parfaitement. »
« Dans la mesure où l'ile est une plaque tournante pour toutes sortes de trafics en tous genres, je doute que nous soyons à l'abri d'une nouvelle rencontre avec l'une de ces agences, Danny » fit remarquer Steve.
« Je me doute bien mais si on pouvait éviter de le faire trop souvent, je t'en serais reconnaissant » précisa son second.
« Tu as une dent contre les fédéraux, on dirait » nota Kono.
« J'ai eu plus que ma part d'enquêtes qui ont fini entre leurs mains alors que nous avions fait presque tout le boulot et en plus, pour les voir se glorifier de les avoir résolues » bougonna le natif de Jersey.
« Oh, ton orgueil de flic en a pris un coup ? » statua Steve.
« Pff, mon orgueil – ou celui de mes partenaires - n'était pas en cause » protesta Danny. « Je n'aime simplement pas leur manière de vous faire sentir qu'ils sont supérieurs, qu'ils disposent de moyens que nous n'avons pas, qu'ils sont soi-disant meilleurs que nous. »
« Ah ! Tous les fédéraux ne sont pas des vantards ou des imbéciles, Danny » le contra Chin.
« Je le sais bien mais la plupart sont d'arrogants bâtards » clama l'homme de Jersey.
« Ok, on a compris que tu n'aimes définitivement pas les Féd » nota Steve. « Il n'empêche qu'avec deux agences présentes sur l'ile, il serait hautement improbable que nos chemins ne se croisent pas de temps en temps. Et en tant que telles, elles ont toujours la préséance en matière de juridiction, il ne faut pas l'oublier même si le 5.0 est sous l'autorité directe du gouverneur. »
« Sans doute mais il y a quand même des procédures à respecter en la matière justement »
rappela Danny. « On n'arrive pas chez nous pour nous ravir une enquête sans tambour, ni trompette et en nous renvoyant dans nos buts sous prétexte que ce sont des fédéraux. »
« On peut arguer tant qu'on voudra, Danny, ils auront toujours gain de cause à la fin » stipula Steve. « Le mieux est de travailler avec eux en bonne intelligence et de bonne grâce. On ne peut prédire que nous n'aurons jamais besoin de leur aide un jour ou l'autre. Si nous sommes amenés à requérir leur concours, mieux vaut avoir entretenu de bonnes relations avec eux pour être sûrs que notre requête ne sera pas ignorée. »
« Tu marques un point, Steven, je te l'accorde » notifia Danny.
« Sur ce, il serait temps de nous mettre au travail, il me semble » rappela leur chef.
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Après un dernier café ou thé, chaque membre de l'équipe s'en fut vers son bureau pour compléter les rapports de leur dernière enquête. Au lieu de commencer la fastidieuse tâche de remplir la tonne de documents, il sirota son thé et son esprit vagabonda sur les changements intervenus dans sa vie depuis plusieurs mois.
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C'était un avantage indéniable d'être le patron de l'équipe et de pouvoir la gérer comme il l'entendait sans avoir de compte à rendre à quiconque. Certes, il n'avait pas de patron à proprement parler et il avait obtenu carte blanche pour gérer leurs enquêtes mais il n'empêche que le Gouverneur Jameson aimait savoir comment les choses évoluaient au sein de son unité.
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Non pas qu'elle cherche souvent à s'immiscer dans leurs enquêtes mais elle intervenait lorsqu'elle jugeait qu'elle pouvait se le permettre. Ou lorsqu'elle souhaitait que l'unité lui rende service en enquêtant sur une affaire dans laquelle elle voulait s'impliquer personnellement et connaitre les progrès presque heure par heure.
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C'était arrivé une fois ou deux depuis la constitution de l'unité et chaque fois, Steve s'était senti comme… offensé, comme si elle ne lui faisait pas confiance pour résoudre l'affaire au mieux. Il avait bien compris qu'elle ne lui avait accordé toute autorité pour traiter les enquêtes que pour lui forcer la main.
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Pour quelle autre raison serait-elle venue lui faire sa proposition juste après les funérailles de son père sinon pour le faire fléchir lorsqu'il était encore vulnérable ?
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Elle avait voulu un chef d'équipe qui n'était à la botte de personne, qui serait totalement indépendant de toute influence politique ou autre. Et qui mieux que le fils d'un officier de police qui venait d'être assassiné par un criminel notoire pour diriger cette unité spéciale ?
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Elle avait presque manœuvré en beauté pour obtenir son consentement de devenir le chef d'équipe, son ressentiment de n'avoir pu sauver son père trop vivace pour lui permettre de réfléchir efficacement. Il avait sauté sur l'occasion qui s'était présenté même s'il n'avait aucune véritable compétence en matière d'investigation criminelle.
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C'était la raison pour laquelle il avait décidé de s'adjoindre les services du Détective Williams qu'il avait rencontré lorsqu'il enquêtait sur la mort de son père. Puis demander à l'Officier Kelly de devenir un autre membre était logique, après tout, il avait été le partenaire de son père. Qui mieux que lui pouvait faire partie de la nouvelle unité ?
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Et même si Chin avait été suspecté d'avoir volé l'argent, Steve doutait que ce fut le cas. John McGarrett n'aurait pas pris sous son aile un officier dont il n'aurait pas obtenu la confiance. Son père était un vieux briscard qui savait reconnaitre un bon flic d'un mauvais et son flair en la matière était excellent.
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Quant à Kono, elle était non seulement la cousine de Chin mais elle venait de terminer ses classes à l'école de police. Certes, elle était encore novice mais elle était déterminée à apprendre les ficelles du métier avec quelqu'un de compétent. Elle avait Chin et Danny pour l'aider dans cette perspective.
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Finalement, Steve avait constitué une équipe qui fonctionnait bien, chacun avait un rôle bien défini et leur ratio d'enquêtes résolues était plutôt bon. Leur interaction avec les autres forces de police – que ce soit le HPD, le FBI et le NCIS – était satisfaisante. Seules leurs rencontres avec la dernière agence s'étaient avérées problématiques dues à l'attitude de l'agent en charge.
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Barnett n'avait guère impressionné Steve lorsqu'il l'avait croisé la première fois qu'une affaire commune les avait mis en présence. L'ex Seal avait vite compris que le véritable responsable de l'équipe était le bras droit de Barnett. Sans doute parce que l'agent était un ex flic et connaissait le métier d'enquêteur mieux que son chef.
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Steve ignorait comment le recrutement des agents était effectué mais il doutait que Barnett soit compatible avec les exigences de la profession. Sans doute avait-il obtenu son poste comme un passe-droit parce que son incompétence était si évidente qu'il ne pouvait s'agir d'autre chose. Ou il avait réussi à la masquer assez pour être parvenu à être promu.
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Toujours était-il que Steve et son équipe n'étaient pas pressés de retravailler avec l'équipe si Barnett en était le chef. Si d'aventure, le 5.0 devait être obligé de collaborer à nouveau, l'ex Seal ferait en sorte que Barnett soit écarté de l'enquête ou du moins qu'il laisse les rênes à son second pour le bien de l'affaire et celle des deux équipes.
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Il termina son thé et entreprit de remplir la paperasse qui attendait son bon vouloir. C'était bien la seule chose de son nouveau métier qu'il détestait par-dessus tout au même titre que des coupables qui tentaient de fuir. A un moment donné ou un autre, tous deux devaient être rattrapés.
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Steve libéra ses coéquipiers plus tôt qu'à l'accoutumée, la journée avait été assez studieuse et tous avaient comblé le retard administratif et soumis leurs rapports qu'il avait supervisé et approuvé avant de le transmettre au bureau du gouverneur.
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Il avait envie de se détendre mais, pour une fois, la compagnie de son équipe n'était pas ce qu'il avait envie. Sur une impulsion, il décida qu'une bonne séance de tir le calmerait. Il gagna sa voiture et se dirigea vers la base navale. En tant que réserviste, il avait un accès permanent aux équipements de la base et notamment leur stand de tir.
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Sachant qu'il pouvait être rappelé à tout moment pour une mission, il se devait de maintenir un haut niveau de compétence aussi bien physiquement que mentalement. Il s'entrainait plusieurs fois par mois avec quelques Marine ou Seals afin de conserver un physique en bon état. Le faire avec son équipe ne lui permettait pas de maintenir le niveau requis par la Navy, il devait répondre aux standards de son ex employeur en la matière afin d'être opérationnel sans tarder en cas de besoin.
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Le trajet prit un peu plus de temps qu'à l'accoutumé, le trafic était plus intense vu l'heure à laquelle il se rendait sur la base. La débauche était amorcée et bien qu'il roule à contre sens des retours, la circulation en fin d'après-midi était souvent chaotique dans les deux sens. Il parvint enfin à proximité de l'entrée et il fit la queue pour franchir l'entrée.
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Son regard erra sur les véhicules qui quittaient la base et soudain, son attention fut captée par un conducteur en particulier. Son inconnu était au volant d'une voiture qui roulait au pas sur l'autre voie. Il n'était pas seul mais Steve ne put discerner le visage de son passager.
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Une discussion était visiblement en cours, l'inconnu soulignait ses propos de gestes de la main comme pour les renforcer. L'ex Seal compara cette attitude à celle des italiens qui avaient la réputation de se servir de leurs mains ainsi lorsqu'ils voulaient appuyer leurs propos.
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Le chef du 5.0 observa le manège en souriant et ne regretta pas d'avoir choisi de venir à la base. Certes, il ne faisait que croiser son inconnu mais rien que de le voir – même de façon aussi fugitive et inattendue – valait la peine. C'était toujours un plaisir de pouvoir observer l'homme sans qu'il ne se doute de l'être.
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Un de ces jours, il allait devoir sérieusement songer à se mettre en quête de son identité. Et peut-être serait-ce plus facile, s'il quittait la base, il y avait de fortes chances pour qu'il y travaille aussi. Il lui suffirait de demander à Chin de parcourir les dossiers du personnel pour le trouver.
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En attendant, un coup de klaxon le ramena à la réalité et tandis qu'il démarra pour franchir la grille, il jeta un dernier regard dans son rétroviseur pour constater que la voiture de son inconnu avait disparu. Il soupira, encore une occasion manquée. Il aurait pu attirer l'attention de l'homme et voir où leur rencontre aurait pu se terminer.
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Et puis il jura lourdement, il aurait pu en profiter pour noter le numéro d'immatriculation de la voiture et sous un prétexte quelconque, demander à Chin de faire une recherche sur le propriétaire. Il aurait ainsi pu obtenir ne serait-ce que le nom de son inconnu. Décidément, il perdait tout bon sens lorsqu'il était en présence de cet homme qui commençait sérieusement à l'obséder.
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Il gara son véhicule sur le parking visiteur et avant de gagner l'accueil, il prit quelques profondes inspirations afin de se calmer un peu. Il s'identifia et demanda l'accès au stand de tir. Il empocha le badge qui lui fut remis avant d'aller retirer son arme du coffre. Il prit l'étui et se dirigea vers le bâtiment qui l'intéressait avant de pouvoir avoir accès au terrain de tir. Il avait besoin de quelqu'un pour le seconder dans son entrainement.
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Steve savait que Kono et Chin avaient accès au stand de tir de la police mais lui-même préférait l'ambiance de celui de la base, une manière de garder contact avec son ancien métier. Ses entrainements étaient de toute façon consignés dans son dossier de réserviste, autant qu'ils se passent sur place.
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Le sergent de service le salua et lui attribua un de ses hommes comme pointeur. Steve gagna le terrain et déballa son arme qu'il monta rapidement. Il donna ses directives à son pointeur qui les transmit au soldat chargé de veiller au bon déroulement des entrainements. Un accident était toujours possible même avec des soldats aussi entrainés, il fallait veiller que chacun respecte son couloir d'entrainement.
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Durant deux bonnes heures, Steven enchaina les tirs à différentes distances et avec différentes armes qui lui étaient prêtés pour les exercices, les résultats collectés par son pointeur pour être transcrits ensuite dans son dossier. Enfin, il se releva et remercia le jeune Marine qui l'avait assisté. Il rangea sa propre arme dans son étui et finalement, regagna sa voiture.
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Il médita sur ce qu'il voulait faire et décida qu'il pourrait aller prendre un verre quelque part, en solitaire afin de pouvoir profiter de son état de relaxation tranquillement. Entendre Danny débiter ses tirades en cet instant ne lui disait rien. Il avait vraiment besoin de calme et de détente. Sans doute regarderait-il un film en rentrant, histoire de compléter la soirée sereinement.
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La circulation était maintenant suffisamment fluide aussi bien à la sortie de la base que sur la route. Il mit moins d'une demi-heure pour arriver au bar et vu l'heure, il trouva une place facilement. Il gagna l'entrée et salua le personnel avant de se rendre au bar, il commanda une bière et commença à la siroter.
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Steve était installé depuis à peine un quart d'heure lorsqu'il fut abordé par une femme qui attendait visiblement qu'il l'invite à siroter une boisson avec lui. Il n'avait pas besoin d'explication pour comprendre qu'elle cherchait autre chose qu'un verre. Il n'allait pas la faire attendre.
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« Je ne suis pas intéressé par ce que vous pourriez proposer » déclara-t-il tout de go d'un ton juste assez fort pour n'être entendu que de la femme.
« Comment pouvez-vous en être certain sans avoir essayé ? Je suis certaine que nous pourrions avoir du bon temps, tous les deux » répliqua-t-elle en minaudant outrageusement.
« Encore faudrait-il que je sois désespéré pour avoir envie de coucher avec vous » affirma le chef du 5.0 fermement et sans aucun ménagement.
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Il voulait la décourager, elle venait de ruiner sa belle humeur et sa tranquillité.
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« Oh, bien des hommes en redemandent » argua la femme.
« Je doute que ce soit vraiment le cas » bougonna l'hawaïen en la détaillant délibérément tout en montrant son dégoût.
« Vous m'insultez, espèce de… » débita-t-elle.
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Steve préféra lui couper la parole, une seule insulte énoncée et il lui faudrait procéder à son arrestation pour outrage à agent dans l'exercice de ses fonctions. Encore que, pour le moment, il ne se considérait pas en service et pourrait éventuellement passer l'éponge après avoir procéder à une arrestation de principe. Il n'avait cependant aucune envie de se donner cette peine.
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« Si vous étiez prudente, vous partiriez tout de suite avant que votre insistance n'aggrave les choses » l'avertit-il tandis qu'il faisait tourner son verre entre ses mains.
« Je pourrais trouver de quoi occuper vos mains avec quelque chose de plus agréable qu'un verre d'alcool » insista-t-elle lourdement.
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Steve soupira, il allait devoir employer les grands moyens pour se débarrasser de ce pot de colle. Il se redressa, écarta son blouson de manière à ce que son badge et son arme soient bien visibles.
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« Je pense que vos propos sont dus à l'alcool, madame » déclara-t-il doucement. « Et en tant qu'officier de police, je vais devoir procéder à votre arrestation si vous persistez dans vos propositions scabreuses… et illégales. »
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Il fallut un peu de temps pour que la prostituée comprenne l'implication de ses paroles et la vue de deux objets renforça sa compréhension. Elle blêmit et se leva maladroitement avant de se hâter de quitter l'établissement. Steve secoua la tête et faillit éclater de rire. Il se reprit juste à temps. Le barman le félicita en levant un pouce avant de s'occuper de servir un autre client.
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Maintenant débarrassé de sa sangsue, Steve sirota son verre avant de soupirer et de décider de rentrer. Elle lui avait gâché non seulement son humeur mais son envie de se détendre tranquillement autre part que chez lui. Il paya sa boisson et quitta le bar, l'esprit centré sur la rencontre près de la base, c'était mieux que rien.
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Il rentra sans se presser, la fenêtre ouverte et ses pensées tournées vers son inconnu. Il se demandait si le destin ne lui jouait pas un tour à sa façon en lui laissant croiser la route de son inconnu sans qu'ils ne parviennent à communiquer l'un avec l'autre. Il y avait maintenant près de trois mois qu'il avait aperçu le joggeur qui l'avait tant captivé.
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Pourrait-il un jour prochain réussir à capter son attention et à l'inviter ne serait-ce que boire un verre pour faire connaissance et voir si les choses entre eux pouvaient devenir plus étroites ? A part si la rencontre d'aujourd'hui aux portes de la base signifiait que son inconnu était un militaire, alors leur relation pourrait devenir plus compliquée.
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Steve était désormais un civil… certes, avec un statut de réserviste qui ne viendrait pas se mettre en travers d'une relation, il se l'était promis. Cependant, il ne compromettrait pas la carrière d'un autre pour des raisons aussi égoïstes que son bonheur.
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Sans savoir comment, il constata qu'il était arrivé chez lui et grogna. Il avait fait le trajet sans vraiment prêter attention à son environnement et c'était un miracle qu'il n'ait pas causé d'accident. Mais peut-être les autres conducteurs s'étaient-ils écartés de son chemin pour l'éviter ! Il devait se ressaisir avant de causer des dégâts irréparables. Et pour ce faire, il allait devoir provoquer le destin et prendre le taureau par les cornes la prochaine fois qu'il avait son inconnu en vue.
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Il rangea la voiture dans le garage et gagna la maison puis la cuisine. Il se prépara un sandwich n'ayant pas le courage de se faire un repas. Il sélectionna ensuite un film et s'installa sur le canapé avec une bière et passa les deux heures suivantes à se plonger dans l'intrigue du scenario.
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Sa séance terminée, il alla se promener un moment sur la plage, respirant l'air iodé et se vidant l'esprit. Il écouta le bruit des vagues et laissant l'océan le calmer avant de songer à rentrer et de gagner son lit. Après une rapide douche, il s'allongea et fit quelques exercices de respiration pour l'aider à s'endormir.
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Finalement, le sommeil le prit et il sombra, embrassant les ténèbres.
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Voilà, j'avais envie d'écrire un chapitre entièrement centré sur Steve mais j'ai eu quelques difficultés à le rédiger. C'est la raison tardive de sa publication.
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A bientôt
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Chtimi
