Pardon pour le retard =) et pour la longueur du chapitre T.T je me rattraperai…
Au plaisir de me faire lire \o/
Chapitre 11 : Flash Back
Ce soir-là, était un soir de Noël. J'étais chez mes parents afin de le célébrer avec eux. Dans leur grande maison luxuriante, j'étais seul. Je marchais dans les longs couloirs de l'étage, mon chat à mes pieds. La famille et les riches amis invités jacassaient en bas, j'entendais leurs rires vaniteux, leurs voix oppressantes… Ils parlaient de terres, d'or, de bijoux… Les hommes vantaient leur travaille, les femmes vantaient leur homme. En bon enfant, leurs petits faisaient de même. Dix ans et déjà aussi pompeux que leurs parents. Les jeunes filles de mon âge riaient fort, trop fort. Les garçons leur faisaient la cours.
C'était un monde que je ne supportais plus.
« Bill ! Vient me voir je te pris…, hurlait ma mère en bas de l'escalier.
-J'arrive, Mère… »
Une fois en bas, les regards me fusillèrent. J'étais jeune, et déjà habillé de noir, de croix, de chaines… Mes cheveux dépassaient mes épaules et étaient décoiffés. Mes yeux noirs étaient rehaussés par de larges cernes, mes joues creuses. Les adolescentes m'enviaient ma peau lisse et blanche. Les jeunes hommes me traitaient avec mépris.
Je voyais mon père lancer des regards d'excuse aux gens près de lui, ma mère me tendait la main. Elle arborait un faux sourire, faisant foi d'un amour maternel pourtant inexistant en privé. Je savais qu'elle allait me passer un savon pour avoir osé me montrer ainsi. Joyeux Noel…
Dans cette foule détestable, j'avançais vers le sapin, curiosité infantile. Je vis une montagne de cadeaux. Et un jeune adolescent. Il était à genou, un cadeau dans les mains. Je cru d'abord à un mirage, ou une plaisanterie : qu'est-ce qu'un « pauvre », habillé par de tels haillons, faisait ici ? Je le vis déposer le paquet qu'il avait jusqu'alors dans les mains un peu à l'écart de tous les autres. Le papier semblait attaché n'importe comment. Etait-ce lui qui l'avait fait ? Pour qui était-il ?
Une curiosité malsaine me prit. Un pauvre était arrivé dans la demeure de mes parents je ne sais comment et avait déposé un cadeau au pied du sapin, c'était trop louche et courageux. Il fallait que j'en sache plus. Mais lorsque je m'avançais vers lui, il partit. Il ne m'avait pas vu, mais certainement ne voulait-il pas se faire remarquer. Je voulu le suivre, mais la populace infâme m'empêchait d'aller aussi vite que lui. Je me dirigeais donc vers le paquet.
Mais la pourriture adolescente présente ici l'avait déjà en main. Lentement, sans me faire remarquer, je m'approchais.
« Ha ! s'exclama un des garçons, mon plus proche cousin, c'est un cadeau pour Bill ! C'est donc normal que ce soit si moche… Il ne mérite pas mieux.
-Ouvre ! Ouvre ! » S'enquit un autre.
Il commença alors à s'attaquer au papier mal attaché. C'était un cadeau pour moi. Certainement mon seul cadeau. Ils ne pouvaient pas me le ruiner, quelqu'un avait enfin pensé à moi. J'avançais alors vers eux. J'attrapais le paquet et leur lançait un regard de tueur. Je faisais facilement deux tête de plus qu'eux, et mes airs de méchant les inquiétait. Bougonnant, et lançant des jurons, ils partirent. Trop simple. J'aurai voulu me battre avec eux pour ruiner la fête qui battait alors son plein. Je regardais le cadeau. C'était petit, léger, mal agencé, mais c'était mon cadeau, certes venu d'un pauvre, mais ça reste un cadeau.
« Bill » était écrit d'une très belle écriture. D'un stylo à bille qui fonctionnait mal. Ce détail me fit sourire. J'entrepris alors d'aller sur le balcon l'ouvrir.
Il neigeait légèrement, mais pas assez pour que le sol soit blanc. Le froid me prit, mais c'était tellement plus calme et reposant que s'en était agréable. Lorsque je respirais, des nuages se formaient. Le ciel était clair et la lune brillante. Les étoiles étaient au rendez-vous. Quel paysage magnifique… pensais-je alors en regardant l'horizon. Mes yeux se reposèrent ensuite sur mon paquet. Je l'ouvris, lentement, doucement, afin de ne pas trop déchirer le papier. A l'intérieur se trouvait un collier. Un tour de cou en cuire, remonté de quelques anneaux d'acier. Je le trouvais très beau, et en plus il était dans mon style. Alors comme ça il savait ce que j'aimais ? Cette délicate attention me fit sourire, pour la première fois de la soirée.
Lorsque je m'approchais de la balustrade pour mieux apprécier le décor je vis non loin une silhouette. Je m'attardais sur lui et je vis pour la première fois, le visage de Tom. Tom ? Mais que fait-il là ? Qui est-il finalement… ? Je l'entendis alors m'appeler, me tendre les bras.
Bill !
Oui ?
Bill ! Revient !
Mais je suis là Tom, tu ne me vois pas ?
Bill ! BILL ! Arrête cette plaisanterie, réveilles toi !
Mais… De quoi tu parles Tom ? Je suis réveillé, j'ai froid, je frissonne… Mais il fait noir… Où est passé la lune ? Où est passée ma maison ? Les lumières ? Pourquoi sont-elles éteintes ?
BILL ! BILL !
Je ne comprends pas Tom, aide moi… Sauves moi… J'ai peur…
Je t'en prie, réponds moi ! Ne me laisse pas…
Je suis seul, j'ai tout perdu… Mais tu es là toi. En réalité, tu as toujours été là, depuis mon adolescence… Alors que je me noyais sous un flot de connerie, tu m'as montré que la vie valait plus que ça… Tu m'as offert ta présence… Mais je t'ai laissé tomber, quand j'ai connu le monde dans lequel tu vivais… Je n'étais pas prêt à perdre mon assurance de vie contre la liberté dont tu me parlais tant… Alors que tu as toujours été là pour me soutenir… Alors que je savais que j'éprouvais des sentiments malsains et impurs, alors que je te désirais… J'ai préféré t'oublier. J'ai préféré m'inventer un passé sans toi, afin de me construire un futur où tu ne serais pas…
BILL ! BILL ! ALLEZ ! J'ai peur, je ne veux pas te perdre encore une fois, pas comme ça… Reviens-moi…
Mais le fantôme de mon amour pour toi m'est revenu… Je n'ai pas su faire le lien avec toi car je t'ai rejeté de tout mon cœur… Pourtant, tu étais toujours là. J'ai cru devenir fou, être hanté par un esprit… Mais c'était seulement mon passé qui me revenait. Je n'aimais pas Andréas. Je n'aimais pas cette vie sans toi. Et c'est pour ça qu'inconsciemment je suis revenu à tes cotés. Toi, tu m'as accepté, tu m'as choyé… M'as-tu reconnu ?
Bill… Non… Bill… Je t'aime…
Lorsque j'ouvris finalement les yeux, je vis son visage, trop près. Contre le miens. Ses lèvres étaient posées sur les miennes, chaudes et douces. Son souffle caressait mes joues. Ses larmes glissaient de ses yeux au creux de mon cou. Mes bras me semblaient lourds, mais je réussis alors à l'étreindre.
« Je t'aime aussi… Depuis toujours… » Murmurai-je à son oreille.
