Ok, j'étais censée écrire sur la suite de l'histoire (dans quoi je me suis embarquée, sérieusement...), mais dream1990 m'a demandé si je comptais écrire sur mes enfants quand ils étaient bébés, et je me suis laissée emporter par mes idées, oups x) Mais je ne regrette rien ! Donc bonne lecture !

Frisk respira doucement l'air frais du matin. La brise caressait son corps et faisait doucement virevolter ses cheveux, emmêlant les mèches brunes de sa longue chevelure.

- Tu sais que tu es sup-air-be ?

- Oh, Sans, gloussa tendrement l'humaine, déposant ses lèvres sur le haut du crâne de son squelette préféré.

Le monstre enroula ses phalanges autour des doigts de l'humaine, et le couple recommença à marcher, le long de l'allée. Frisk avait insisté pour sortir un peu, une balade au parc était une bonne activité pour maintenir le bébé en forme. De plus, rester enfermée une seconde de plus allait la rendre folle. Elle était juste enceinte, elle n'était pas en verre ! Elle comprenait l'inquiétude de chacun, mais tout de même…

Ayant vécu cette expérience, Alphys et Undyne l'avait prévenue que porter un bébé pouvait être douloureux, mais cela dépendait des personnes. Combien de fois les femmes monstres avaient gémi sous les coups des petits qui bondissaient et frappaient leur ventre ! Ils avaient dû hériter du caractère explosif d'Undyne, hypothèse confirmée quand les bambins, après leur naissance, furent capables de ramper, disparaissant ici et là à toute heure de la journée, rendant leurs mères folles d'inquiétude.

L'enfant de Frisk, au contraire, était le calme incarné au creux de son ventre. Elle pouvait le sentir bouger de temps à autre, rouler paresseusement dans le liquide amniotique. L'enfant devait tenir ça de son père… La marche avait une vertu apaisante sur le bébé, comme s'il était bercé, et cette activité faisait également plaisir à Frisk.

Mais tout de même, ce ventre commençait à peser lourd, et son dos en souffrait les conséquences. Avec un soupir, elle s'arrêta et massa ses lombaires qui commençaient à tirer. Sans lui proposa de s'asseoir sur un banc, ce qu'elle accepta. Lovés sur le bois, une forêt aux essences variées faisant office de cadre, où les rayons du soleil perçaient à travers le feuillage, les deux amants restèrent un long moment silencieux, savourant cet instant de calme.

- Il faudrait tout de même lui trouver un nom, à ce petit… murmura Frisk après un temps.

- Ça pourrait être une petite.

- Tu n'as pas tort, admit-elle avec un sourire. Mais j'en suis au septième mois, il faudrait tout de même commencer à y réfléchir.

- Oh, moi j'ai déjà quelques suggestions.

Le squelette sortit un papier froissé et enroulé de sa poche, et déroula la liste qui se révéla être longue comme le bras.

- Tu appelles ça "quelques" suggestions ?

- Heh, on a un long parchemin à parcourir avant de se décider, non ?

Frisk laissa échapper un petit rire, et ils commencèrent à étudier les idées gribouillées sur le papier. Cambria, Roman, Ayuthaya, Beirut, Skia, Palatino, Lucida, Kefa, Callisto, Franklin… Et d'autres noms suivirent. Après de longues discussions, remises en cause et entêtements, Frisk et Sans parvinrent à se mettre d'accord, Iowan pour un garçon, et Arial pour une fille.

Le ventre de Frisk émit soudainement un impressionnant gargouillis, son état de femme enceinte lui donnant une faim importante. Sans lui lança un clin d'oeil, et l'aidant à se relever, ils retournèrent d'un pas tranquille jusqu'à leur maison.

Ce fut un hurlement qui les accueillit.

- OÙ EST MON BÉBÉ ?!

Undyne courrait partout dans la maison, envoyant les coussins partout dans la pièce, soulevant les meubles à bout de bras pour ensuite les laisser lourdement retomber. Papyrus tentait tant bien que mal de la calmer, souhaitant éviter un nouveau rachat de mobilier, mais la femme-poisson ne voulait rien entendre, les nerfs à bout, cherchant sa Penny. Insensible à tout ce vacarme, la petite Voxy était avachie sur le tapis du mobilier, en train de déchirer les jambes d'une poupée.

- N-non, V-Vo-Voxy ! s'écria Alphys en se précipitant vers le bébé. Il-il ne faut pas l'abîmer, Chara a mis du temps pour-pour la coudre !

La petite ne tint pas compte de sa mère et enfonça un morceau de la poupée dans sa bouche. Avec un glapissement d'horreur, la lézarde tenta de retirer la jambe de coton, de peur que son enfant s'étouffe. Mais les mâchoires de Voxy tinrent bon et celle-ci lâcha un bruit de mécontentement, peu encline à laisser partir son nouveau jouet de mâchouille. Finalement, elle lâcha prise lorsqu'Alphys lui chatouilla le ventre, le point faible de la petite. Voyant que le morceau de coton lui avait été enlevé, elle se mit à pleurer.

- Oh nononon ! paniqua Alphys, prenant l'enfant dans ses bras, la berçant pour essayer de la calmer, en vain.

Voxy continuait de crier, et Alphys, ignorant quoi faire, caressa ses cheveux rouges en bataille. La petite remarqua alors les doigts jaunes, en saisit un entre ses mains minuscules avant de commencer à le mordiller. Surprise, Alphys lâcha ensuite un soupir de soulagement. Au moins avait-elle trouvé un moyen d'arrêter ses pleurs.

Undyne, en revanche, était toujours à la recherche de l'autre petite, criant son nom et mettant la maison sens dessus-dessous. Insensible à tout ce vacarme, Asgore arrosait les plantes dans le jardin. Ce n'était pas la première fois que les bébés, maintenant à leur seizième mois, mettaient les nerfs de leurs mères à rude épreuve, et ce ne serait pas la dernière.

Il entendit soudain un babillement, et vit Penny, sa genouillère couverte de terre, en train de mordre dans une salade. Tiens, un nouveau type de limace avait envahi son jardin ? La petite se désintéressa rapidement du légume et commença à ramper dans le potager, poussant quelques cris joyeux devant son nouveau terrain d'exploration. Asgore resta en retrait, observant avec un doux sourire la petite balle d'écailles vertes avancer dans le royaume des plantes, lançant des "bah-bou" et des "ghi" dès qu'elle posait les yeux sur quelque chose d'intéressant. Puis, à la grande surprise du vieux roi, Penny prit appui sur un chou pour se relever. Elle fit un pas, puis deux, et Asgore la rattrapa juste à temps avant qu'elle ne tombe.

- Aga ! s'écria la petite, toute contente, quand le bouc l'approcha de son visage.

Elle saisit quelques brins de la barbe du monarque et commença à jouer avec, tirant parfois un peu trop fort au goût du monstre, mais quelques poils arrachés étaient mérités pour entendre son rire, cristallin comme le tintement d'une clochette. L'enfant toujours accrochée à sa barbe, Asgore se dirigea vers la maison. Il avait hâte de révéler que Penny commençait à marcher. Au moins cela calmerait-il Undyne, en espérant qu'elle n'ait pas tout saccagé.

Une journée normale à Astropolis, en somme.

O*O*O*O*O

Frisk était assise sur son lit, en train de donner la tétée à Arial. La petite avait à peine trois mois, et ressemblait à tous les bébés de son âge, c'est-à-dire qu'elle passait son temps à boire du lait et dormir. Mais pour l'humaine, c'était le bébé le plus adorable du monde. Sa peau était blanche comme de l'ivoire, ses yeux noirs comme la nuit, dont les pupilles blanches observaient le monde avec curiosité. Un épais duvet blanc couvrait sa tête, que Frisk et Sans se plaisaient à caresser. D'ailleurs, le squelette était complètement "gaga" de sa fille, toujours à lui parler sur un ton sucré et enfantin, la cajolant à toute heure. Asgore et Toriel étaient également heureux d'être grands-parents, quand bien même la petite n'était pas de leur sang, sa naissance leur avait procuré une grande joie. Penny et Voxy, d'habitude à courir partout, se calmaient soudain en présence du bébé, et fixaient avec curiosité les grands yeux noirs qui semblaient les hypnotiser. Papyrus, quant à lui, déclara qu'il serait l'oncle parfait pour la petite (et espérait qu'elle n'hérite pas des mauvais traits de son père).

Frisk entendit la chasse d'eau s'activer. Chara avait encore vomi, et l'état de sa soeur adoptive l'inquiétait grandement. Elle s'était sentie mal depuis ce matin, et Asriel avait décidé de la remplacer à l'ambassade. Frisk entendit soudain des reniflements, et l'humaine aux yeux rouges entra dans sa chambre, passant son poignet sur ses joues humides. Frisk ouvrit la bouche pour demander ce qui n'allait pas, mais Chara l'interrompit en levant une main.

- Je suis juste… heureuse, Frisk, ça m'a tellement pris au dépourvu…

Sa soeur lui envoya un regard confus, tandis que la jeune femme s'asseyait lourdement sur le matelas. Sitôt que Chara matérialisa son âme, Frisk comprit.

Un petit coeur palpitait à côté de celui de l'humaine.

Aussi impossible que cela puisse paraître, Chara attendait un enfant.

Frisk poussa un cri de joie et enserra brutalement sa soeur de son bras valide. D'abord prise au dépourvu, Chara sourit et enfonça sa tête dans l'épaule de la jeune femme.

- Je suis si contente pour toi ! Oh mon dieu, quand les autres vont l'apprendre, et surtout Asriel !

- Surtout, ne lui dis rien ! Je veux lui faire la surprise.

- Tout ce que la future maman voudra ! s'exclama Frisk avec excitation. Rah, quand je pense que tu n'auras pas à trimballer un ventre de plusieurs tonnes ! Je suis jalouse, tu sais ?

Chara s'esclaffa, bientôt rejointe par Frisk. Leur bonne humeur étant contagieuse, Arial laissa échapper un gloussement joyeux, son rire cristallin résonnant doucement dans la pièce. Pour Chara, c'était peut-être l'une des plus belles journées de sa vie.

Elle ne pensait pas avoir d'enfants, pour la simple et bonne raison que son corps était stérile. Quand bien même Alphys avait longtemps travaillé sur ce corps, la scientifique était incapable de produire le mécanisme nécessaire à la création de la vie. Créer un placenta artificiel aurait demandé des années de recherche, sans garantie d'arriver à ce but. Alors Chara avait douloureusement mis de côté la perspective de fonder une famille.

Elle n'avait pas pensé qu'elle pouvait porter un enfant dans son âme. Après tout, son coeur avait une base magique, quand bien même cela semblait irréalisable.

Les monstres, contrairement aux humains, avaient recours à un procédé magique et non physique pour procréer. Ils mélangeaient une partie de leurs âmes, et celle du bébé était transportée par l'un des parents, nourri par sa magie jusqu'à ce qu'il en ait suffisamment pour venir au monde. Etant donné que Chara possédait peu de magie, la maturation prendrait du temps, mais qu'importe. Elle flottait sur un petit nuage, et ne redescendit qu'en entendant la voix de Frisk.

- Je ne sais pas quand est-ce qu'il ou elle va naître, mais, ajouta t-elle avec un sourire, je pense qu'il n'y a plus besoin de se demander s'il faut un petit frère ou une petite soeur pour Arial. Avec trois enfants, elle aura de quoi s'occuper… En espérant qu'il ou elle ne soit pas aussi agité que les jumelles !

- Je suis sûre que ce sera un garçon. Il manque des hommes dans cette famille.

- Espèce de macho, va !

- Toi-même !

Elles se tirèrent mutuellement la langue, puis Frisk demanda si Chara avait déjà réfléchi à un nom.

- Hé bien, j'avais pensé à Marsyas…

Comme pour manifester son approbation, Arial lâcha quelques cris enthousiastes. Comme si elle savait qu'entre elle et celui qui allait naître, se créerait un puissant lien fraternel.

Voilà. Ce serait Marsyas.


Même quand elles sont petites, Penny et Voxy sont impossibles XD Juste pour vous donner une idée, les jumelles et Arial ont 18 mois d'écart, et Arial et Marsyas ont treize mois d'écart, donc oui, ils ont pratiquement grandi ensemble.

J'espère que ça vous a plu ! Comme je rentre en prépa dans quelques jours, je pense que je n'aurais plus trop le temps d'écrire, mais j'ai encore des idées à revendre dans cette univers ;)

À bientôt !

Cao