Harcèlement mental

"Marre! Marre! Marre!"

Visiblement, Erik n'était pas de super humeur ce matin... Il tournait en rond dans sa chambre comme un lion encagé, pestant sans cesse contre quelque chose dont lui seul connaissait la nature. Mais ce quelque chose avait vraiment le don de lui mettre les nerfs en pelote...Et par là de le rendre particulièrement dangereux et agressif. Ce qui n'était pas vraiment une bonne idée vu le génie diabolique du Fantôme.

Et là, visiblement, l'énervement avait cédé le pas à la folie meurtrière...

Aveuglé par sa rage, notre ami Erik ne se rendit pas compte qu'il sortait de la pièce en caleçon, et seul un miroir placé là pour Dieu sait quelle raison put lui remettre les esprits en place. Encore plus vexé, il retourna dans sa chambre et s'habilla, ou plus précisément, tenta de s'habiller, car, dans la fureur, il déchira ses vêtements plusieurs dizaines de fois avant d'arriver à être habillé correctement.

Inutile de préciser que là, il était aussi électrique qu'un cable à haute tension...voire plus encore. Ne manquait sur son front que l'inscription "attention danger" accompagné d'un éclair à la Harry Potter pour que la ressemblance soit parfaite.

Donc, notre cher Erik, aussi bouillant qu'une cocotte minute, la vapeur lui sortant des narines et des oreilles, se dirigea dans les souterrains vers le seul point qu'il visait: la loge d'une diva, autrement dit, celle de la Carlotta.

Sa rage était telle qu'il tremblait de tous ses membres, qu'il était incapable de faire quoi que ce soit sans rater totalement.

Autant tout de suite laisser tomber l'épée, le lacet du pendjab, et même le pistolet...

De rage, le fantôme hurla à travers le miroir de la Loge:

"Tout ça c'est de ta faute, crétine! Sale peste! Sombre idiote!"

Et il déversa encore un flot de jurons à l'adresse de la silhouette en rose qui se regardait dans la glace. Silhouette qui d'ailleurs n'y prêtait pas, ou peu, d'attention.

Quelques heures de jurons plus tard, notre pauvre Fantôme de l'Opéra avait la gorge asséchée, la bouche privée de salive, et l'énervement dont il souffrait ne s'était pas apaisé avec le temps!

Alors quand la diva se leva très posément de son fauteuil et se rendit dans une salle à l'autre bout de l'Opéra pour dîner, il faut bien se rendre compte qu'il était comme le Vésuve 30 secondes avant l'éruption qui détruisit Pompéi.

Une fois assuré qu'elle n'était plus dans les parages, il se glissa dans la loge, et se précipita sur une carafe de vin aux fruits qu'il vida d'un trait pour apaiser la brûlure de sa gorge. Et ensuite, il s'employa à passer les trois heures que duraient habituellement le dîner de la Diva, à graver des insultes sur tous les meubles de la loge.

Au grand dam de la pauvre femme...

Lorsqu'elle revint, elle regarda avec effroi les meubles, s'enfuit en courant et en pleurant.

Et lorsqu'elle revint le lendemain voir si tout cela n'avait pas été qu'un horrible cauchemar, elle vit sur le sol de sa loge des rats morts.

Et toujours cette voix qui déversait des insultes...

Au bout de plusieurs semaines de torture, la pauvre Carlotta était littéralement à bout. Erik, quant à lui, avait récupéré son sang froid et s'amusait bien...

Alors notre pauvre amie décida d'en finir, et sous les yeux épouvantés de la Voix, qui ne voulait pas en arriver là, elle se planta un couteau dans le coeur et mourut.