Il était environ 11h30. Les garçons n'avaient toujours pas finit leur interview. Hermione était donc seule dans le magasin. Elle avait vu une bonne vingtaine de clients, si ce n'est plus. Et il en restait encore au moins cinq.
Elle remarqua un petit garçon qui se baladait dans les rayons. Il était tout seul : pas de frère, de sœur, de père, de mère. Personne avec lui. Elle l'avait vu entrer seul dans le magasin. Elle l'observa.
Le petit blond regardait les fausses baguettes avec intérêt. Au bout de quelques minutes, il leva la tête, regarda autour de lui. Puis, il prit une baguette, et la mit dans la poche de sa robe de sorcier. Il commença ensuite à se diriger vers la porte, faisant comme si de rien n'était.
Hermione n'en croyait pas ses yeux. Ce petit sorcier devait avoir à peine huit ans, et il venait voler! Ici, chez les Weasley, qui plus est. Alors qu'il se rapprochait de la porte, Hermione quitta son poste, et s'approcha de lui en réfléchissant.
Elle ne savait pas comment les petits vols de ce genre étaient réprimandésdans le monde magique. Elle savait que dans le monde moldu, il suffisait d'appeler la police, qui se débrouillait avec le petit. Alors, au lieu d'appeler les jumeaux, elle fit ce qu'elle pensait qu'ils auraient fait.
Elle arriva à côté du petit, et commença à lui parler.
« Pas mal les gadgets qu'il y là-dedans, hein? Demanda-t-elle, l'air de rien.
- Mmh. Répondit seulement le petit.
- C'est lequel ton préféré? Demanda Hermione, posant une main sur l'épaule du garçon, le faisant s'arrêter.
- Heu...
- Moi j'aime bien les oreilles à rallonge. Quoique, les chapeaux sans tête ne sont pas mal non plus. N'est-ce pas?
- Je...
- Mais ce que je préfère, se sont les fausses baguettes. Finit Hermione avec un sourire, faisant rougir le garçon. Je suppose que toi aussi? L'interrogea-t-elle.
- J'aime bien les baguettes aussi. Mais je n'ai pas d'argent pour m'en acheter Madame.
- Tu t'appelles comment?
- Xavier.
- Eh bien, Xavier, c'est vrai que ces baguettes sont vraiment attirantes. J'en aurai bien acheté une. Mais pas volée. Elle regarda le petit avec un sourire, et tendit la main. Allez, rends moi ce que tu viens de prendre.
- Je... Je n'ai rien volé! Répondit Xavier.
- C'est ça. Alors écoute moi, Xavier. Je ne sais pas comment ça marche ici, mais chez moi, on vous envoie chez les policiers pour un vol. Et même à ton âge, on t'enferme dans une prison. Et tu payes très cher alors que tu n'avais qu'à me passer la baguette. Alors, soit tu me rends la baguette, et cinq galions, soit je t'emmène chez les moldus. A toi de voir.
- Je voulais juste avoir une baguette madame! S'il vous plaît! La supplia Xavier.
- Écoute, j'aime bien les enfants, mais les voleurs, je n'aime pas ça du tout. Alors? Moldus ou baguette. Elle tendit une nouvelle fois la main.
- Pff. Il soupira, prit la baguette dans sa robe, et la déposa dans la main de la brune.
- Et cinq galions petit! Ajouta Hermione.
- Quoi?!
- Cinq galions ou les moldus ET tes parents. Ça devrait t'apprendre à ne pas recommencer. Le menaça-t-elle.
- Mais... D'accord. Il prit une petite sacoche de cuir dans sa robe, en sortit cinq galions qu'il donna à la brune.
- Voilà. Maintenant, sors vite d'ici avant que les patrons n'arrivent. Et que je ne te reprenne plus à faire ça! Dit-elle en se levant.»
Le garçon acquiesça, et sortit de la boutique. Hermione le regarda partir, et retourna vers le comptoir.
« Bah dit donc!»
Hermione sursauta. Elle ne s'attendait pas à ce qu'ils soient descendus. Elle se retourna vers l'escalier, découvrant ses patrons et colocataires.
«Quoi? Demanda Hermione.
- Tu gères 'Mione! Répondit George.
- Mais trop! Ajouta le second rouquin.
- Pourquoi? Les interrogea Hermione.
- On n'aurait jamais cru que tu réagirais comme ça... Commença Fred.
- Surtout avec un enfant. Finit son jumeau.
- Ha, ça. Vous vouliez que je fasse quoi. Je ne sais pas ce qu'il se passe dans ces cas-là dans le monde magique. Expliqua-t-elle.
- Mais on n'a jamais dit que ce n'était pas bien ce que t'as fait! Lui apprit George.
- Au contraire! T'as récupéré la baguette, le gamin est parti sans avoir de problèmes, et t'as gagné cinq galions! Expliqua le second rouquin.
- En fait, t'as fait exactement ce qu'on aurait fait! Dirent-ils en même temps. En rajoutant cinq galions.
- Digne d'une Weasley! T'es superbe! Ajouta Fred, clin d'œil à l'appui.
- Heu... merci! Répondit Hermione. Et Skeeter, elle n'est pas là?
- Partie. Répondit Fred.
- Ah bon? S'étonna Hermione.
- Insupportable. Lui apprit George.
- Pire qu'une commère. Ajouta Fred.
- C'est une commère. Mais elle en rajoute et déforme les histoires. Répondit la brune. D'ailleurs, faites bien attention à ce qu'elle n'ait pas dit n'importe quoi sur vous.
- Oh, t'inquiète 'Mione.
- On s'est occupé d'elle. Ajouta George avec un clin d'œil pervers.
- Quoi?! Vous... Oh! C'est dégouttant! Fit Hermione, une grimace de dégoût au visage.
- Mais non, voyons, Hermione, tu as l'esprit déplacé. Commença Fred.
- On a rien fait de ce genre. Continua le deuxième rouquin.
- Tu sais, Skeeter fait partit des vieilles filles qui n'ont presque pas vu d'hommes de leur vie, qui ne se font presque jamais draguer.
- Alors, un petit clin d'œil par-ci.
- Un sourire par là.
- Une réflexion sur sa soi-disant beauté.
- Et le tour est joué! Énumérèrent les deux garçons, sourires aux lèvres.
- Comment as-tu pu croire que nous avions...
- C'est dégoûtant! Rigola George.»
Hermione rejoignit les jumeaux dans leur fou-rire, et ils décidèrent de fermer le magasin pour aller manger. Ils s'installèrent tous les deux à table, sourires aux lèvres. Fred observait Hermione leur faire de quoi manger, et George repensait à leur interview de la matinée.
« Quand j'y pense, cette Skeeter est vraiment... Horrible. Fit-il remarquer, les yeux dans le vague.
- Ouais. Acquiesça Hermione, qui avait la tête dans un placard. Elle en sortit, et, en un coup de baguette, la table fut prête. D'ailleurs, faites bien attention. Elle déforme tout ce qu'elle veut pour le tourner en quelque chose qu'elle trouve plus attrayant. Les mit-elle en garde.
- Ça on sait. Mais comme on t'a dit, on s'est occupé d'elle. Répondit Fred, tout en suivant chacun de ses mouvements du regard.
- Je sais que vous savez. Je vous l'ai dit tout à l'heure. Dit Hermione. Mais quand même. Vous ne vous rappelez pas de la coupe de feu? Quand elle a réussi à mettre dans la tête de tout le monde que Harry et moi étions amoureux? Leur rappela-t-elle. Et aussi la fois où elle est venue à Poudlard et a annoncé dans la gazette que Dumbledore et Macgonagall avaient une histoire? Ou encore la fois ou elle a fait un article entier disant que Lucius Malfoy n'avait rien d'un mangemort, mais, qu'en revanche, il fallait se méfier de Kingsley? Enuméra-t-elle.
- Ha, je l'avais oublié le truc de Mcgo et Dumby! Fit George, retenant un fou rire.
- Tu imagines, si elle disait vrai? Demanda Fred à son jumeau. Dumby et Mcgo qui se retrouvaient tous les soirs dans leur bureau et faisaient des trucs pas très Merlinesque? George ne pouvait plus se contenir et éclata de rire. Hermione avait le dos tourné, et Fred réussit tout de même à remarquer le mouvement de ses épaules. Elle rigolait aussi.
- Non, mais, sérieusement les garçons. On devrait surveiller cet article de près. Les garçons hochèrent la tête. Elle serait capable de nous inventer que vous m'empêchez de sortir d'ici. Ou encore, que je trompe Harry avec l'un de vous deux. Ou pire! Que le ménage à trois redevient à la mode! Finit-elle, les yeux ronds.
- Un ménage à trois? Ma foi... Fit George.
- George! S'indigna Hermione en lui tapant l'arrière du crâne.»
Fred rigola, et Hermione s'assit, déposant en même temps sur la table la nourriture fin prête. Ils parlaient du mariage de Ginny et Harry, quand un hibou vint frapper à la fenêtre. Fred fut le premier à le voir, et se leva pour lui ouvrir et le laisser entrer. Le hibou de dirigea directement vers Hermione, et déposa un morceau de parchemin à côté de son assiette. Puis, il fit demi-tour, et sortit de la pièce. La brune prit le parchemin, sous les regards surpris des deux garçons.
'Mione!
J'ai absolument besoin de toi. Comme tu l'as su l'autre jour, le mariage est avancé, et il n'est que dans deux semaines, c'est à dire dans pas longtemps. Et maman me fait vraiment paniquer!
Alors, j'espère que tu peux... Que dis-je, tu n'as pas le choix, il faut absolument que tu me rejoigne cette après-midi chez Madame Giupure. Je n'ai pas de robe, tu imagine? Et puis, étant ma demoiselle d'honneur, il va falloir t'en trouver une.
Je me contre-fiche de savoir si Fred et George t'autorisent à ne pas travailler cet après-midi. Ils n'ont pas le choix, et toi non plus.
Alors retrouve moi devant leur magasin tout à l'heure.
Ginny.
Elle reposa le parchemin avec un sourire aux lèvres. Elle reconnaissait bien dans ce parchemin le caractère autoritaire de sa meilleure amie.
« Je suis désolée les garçons, mais je vais devoir abandonner mon poste cet après-midi. Et croyez-moi, je n'ai pas le choix. Ajouta-t-elle en rigolant.
- Comment ça? S'intéressa Fred.
- Ginny a besoin de mon aide pour le mariage.
- Oh! Du moment que tu l'emmène loin de nous, tu peux prendre autant de temps que tu veux! Fit George.
- Pourquoi tu dis ça? Il s'agit de Ginny je te rappelle.
- Justement! Ginny est comme maman. Et dans les périodes de mariages d'un de ses enfants, maman devient insupportable. Elle fait vraiment peur des fois. Répondit Fred, alors qu'Hermione pouffait.
- Non, vraiment! Tu ne te rappelle pas du mariage de Bill? Ajouta George.
- Si, si. Rigola Hermione. En attendant, je vais faire office de demoiselle d'honneur. Souffla-t-elle.
- Ça n'a pas l'air de te faire plaisir. Remarqua Fred.
- Quoi? Si, au contraire. Mais la dernière fois que j'ai été prise comme demoiselle d'honneur, c'était au mariage de ma cousine. Expliqua-t-elle.
- Et? George l'encouragea à poursuivre d'un geste du bras.
- Et mes chaussures étaient trop grandes, ma robe aussi, je ressemblais à un troll des montagnes, et, alors qu'on marchait vers l'hôtel, le témoin et moi, il a marché sur ma robe, qui s'est déchiré, et j'ai perdu l'équilibre. Je me suis retrouvée avec un talon en moins, et une robe qui m'arrivait à mi-cuisse. Leur raconta-t-elle dans une grimace. Ils éclatèrent de rire. Hé! Ce n'est pas marrant! Leur fit-elle remarquer.
- Non, c'est vrai.
- Excuse nous. Se reprirent-ils.
- Mais avoue quand même qu'une demoiselle d'honneur avec une robe déchirée et un talon en moins, c'est plutôt hilarant à imaginer! George reparti de plus bel dans son fou-rire, suivit de Fred.
- Pff. Hermione soupira. Elle leur lança un regard grincheux, et se leva. Je descends. Leur apprit-elle.
- Attends, 'Mione, te vexe pas... Rigola Fred.
- Non, c'est bon. Et, de toute façon, Ginny est peut-être déjà là à m'attendre. Se justifia-t-elle. Je vous laisse ranger la table. Cria-t-elle des escaliers.»
Hermione descendit, vexée, tandis qu'elle entendait les rires des jumeaux Weasley qui n'arrivaient pas à s'arrêter. Elle rouvrit la boutique, et se mit au travail. Juste au moment où elle entendit les garçons redescendre, elle vit une tête rousse lui faire un grand sourire derrière la vitrine. Elle fit signe à Ginny de rentrer, et, avant même de l'avoir salué, s'excusa, et remonta à l'étage. Elle se cogna presque à George, qui la regardait toujours avec un sourire.
« Tu ferais mieux de te dépêcher, il n'y a plus personne dans le magasin! Lui fit-elle remarquer.»
George ouvrit grand les yeux, et descendit précipitamment. Hermione se dépêcha de rentrer dans sa chambre. Merlin! Mais où avait-elle mis cette satanée chaussure? Depuis le début de la journée, elle se trimbalait avec ces tennis moldus hideuses qu'elle n'utilisait jamais. Sa chaussure avait disparu. Elle en avait une, mais pas l'autre. Et elle ne comptait absolument pas sortir avec ces choses.
Elle refit trois bonnes fois le tour de sa chambre à la recherche de sa chaussure. Résignée, elle se rendit au salon. Elle y jeta un petit coup d'œil, pas de chaussure. Il fallait peut-être mieux qu'elle demande aux garçons. Elle descendit donc, et aperçut Fred, dos à l'escalier, au comptoir, qui parlait avec sa sœur. Elle descendit silencieusement, et s'avança vers eux. Avant de leur avoir fait part de sa présence, elle entendit Ginny demander à son frère.
« Ça se passe bien avec 'Mione?»
Hermione se figea. Elle recula doucement, ne voulant pas se faire remarquer, et voulant savoir la réponse de Fred. Celui-ci remua un peu, et tourna la tête vers sa sœur. D'où elle était, Hermione remarqua un sourire.
« Bien sûr Ginny. Je vois pas pourquoi ça se passerait mal.»
Un sourire apparu sur le visage de la brune, qui était maintenant arrivée en haut des escaliers, à l'abri des regards, et à l'écoute de la conversation.
«Je sais pas... Tu sais, George, ou Fred, j'ai l'impression que ce n'est plus la même Hermione que celle qu'on a connue. Répondit Ginny, en baissant la tête. Hermione fronça les sourcils.
- Gin'. Fred la prit par l'épaule. D'abord, moi c'est Fred. Rigola-t-il un peu avant de reprendre son sérieux. Je ne sais pas à quoi tu t'attendais exactement, mais c'est normal qu'elle ne soit pas tout à fait la même. Tu sais, à cause de cette satanée guerre, tout le monde a changé. Toi, moi, George, Harry, Ron, les parents... Tout le monde. Et Hermione en fait partit. Et si tu y fais bien attention, c'est d'ailleurs étonnant qu'elle n'ait changé qu'un peu par rapport à ce qu'elle a vécu. Finit-il.
- Mais on ne sait pas ce qu'elle a vécu! On ne sait rien! Elle ne parle pas, elle ne sourit pas, elle ne... S'énerva Ginny.
- Hé! Du calme! Fred essaya de la calmer. T'as un peu tort sur certains points là, Gin'.
- Et dis-moi lesquels. Elle s'écarta du comptoir, et croisa les bras sur sa poitrine.
- Peut-être que... Qu'on ne sait pas ce qu'il s'est passé. Mais ne dis pas qu'elle ne parle pas et ne sourit pas. Crois-moi, elle fait beaucoup d'effort.
- Et comment tu sais ça toi, d'abord? S'intéressa soudain la rousse. Non d'un hippogriffe enragé! Elle ouvrit grand les yeux. Tu sais! Tu sais ce qu'il s'est passé! Tu sais pourquoi elle est partie! Tu sais, et tu n'es pas capable de me le dire! Lui reprocha-t-elle. Dis-moi! L'obligea-t-elle.»
Hermione pouvait voir d'ici le regard paniqué de Fred. Elle décida qu'il était temps qu'elle se fasse remarquer. Elle redescendit discrètement. Une fois arrivée en bas, elle remarqua que Ginny regardait son frère méchamment, les bras croisés, et que celui-ci n'avait pas bougé. Il avait posé ses coudes sur le comptoir, et s'était appuyé sur sa main.
« Fred? Appela Hermione, faisant se retourner brusquement le frère et la sœur.
- Heu... Hermione. Ça fait longtemps que tu es là? S'inquiéta Ginny.
- Non, pourquoi? Demanda la brune.
- Comme ça. Répondit simplement la rousse.
- Heu... Ok. Oui, donc, Fred, tu n'aurais pas vu ma deuxième chaussure? Demanda-t-elle.
- Ta deuxième chaussure? Laquelle? Demanda Fred, un sourire aux lèvres.
- Celle ci. Montra-t-elle la chaussure qu'elle avait dans la main.
- Attends... Il réfléchit. Si! Je crois que je sais! Fit-il. Je ne suis pas sûr, hein. Dit-il en montant.
- Pas grave, il faut absolument que je la retrouve. Répondit Hermione en le suivant.»
Ils laissèrent Ginny, bouche-bée, en bas. Fred se dirigea vers le canapé, et se baissa pour regarder en dessous. Il se releva avec une grimace.
« Yurk. Fit-il. Il y a de tout, sauf ta chaussure.
- Mince. Comment je vais faire moi? Je ne vais pas sortir avec ça! Fit Hermione en montrant ses tennis.
- Bah ce n'est pas si... Bon, d'accord. Répondit-il, en voyant les-dites tennis. T'as essayé Accio? Demanda-t-il.
- Fred, tu me prends pour qui? S'indigna-t-elle.
- Désolé, mais on sait jamais. Il se gratta la tête. Attends! Peut-être que... »
Il se mit à courir jusque dans sa chambre, sous le regard surpris d'Hermione. Elle le suivit, et entra dans la chambre.
« Il faudrait peut-être que tu pense à faire un peu de rangement, non? Fit-elle remarquer, un sourire moqueur aux lèvres.»
Elle le vit alors saisir sa baguette, et faire un mouvement. Elle observa, surprise, les tee-shirts, chemises, pantalons, robes de sorciers, parchemins, plumes et autres, tourner dans tous les sens, se plier, se ranger...
Après avoir évité de se faire embrocher par une plume, de se faire étouffer par un caleçon, et de se faire assommer par une chaussure, Hermione put observer une chambre impeccablement rangée. Elle ne connaissait pas ce sort... Il faudrait qu'elle demande à Fred. Elle leva les yeux vers lui, et le vit s'avancer vers elle, un sourire triomphal au visage, et sa chaussure dans la main.
« Et voilà! Fit-il en tendant la chaussure à sa propriétaire.
- Fred...Merci, hein. Mais pourquoi ma chaussure était dans ta chambre? S'étonna-t-elle.
- Aucune idée. Répondit-il en haussant les épaules.
- Ouais... Fit Hermione, pas vraiment convaincu.
- Hé, c'est vrai! Se défendit-il. Que veux-tu que je fasse avec une seule chaussure? Ajouta-t-il.
- Ouais, c'est bon. Merci. Rigola-t-elle. Elle se retourna, pour sortir, lorsque quelque chose lui revint à l'esprit. Elle se retourna brusquement vers Fred. Au fait, Fred. Je... Je voulais te remercier pour hier soir. Lui dit-elle, rougissant un peu.
- De... Ha. Fit-il lorsque la soirée lui revint en mémoire. C'est rien Hermione.
- Ce n'est pas rien! Je sais pas comment tu fais, mais à chaque fois que je ne vais pas bien, tu es dans les parages, et tu es toujours là pour me remonter le moral. Lui fit-elle remarquer.
- Je...
- Merci. Fit-elle en le serrant dans ses bras.»
Fred fut surpris, mais fit passer ses bras autour de la jeune fille. Ils restèrent ainsi pendant plus de deux minutes, et lorsqu'ils se séparèrent, ils se regardèrent, gênés, l'un comme l'autre. Hermione lui adressa un sourire, et avant qu'elle n'ait pu dire ce qu'elle voulait, elle entendit Ginny qui entrait dans la chambre. Elle remarqua alors que Fred et elle étaient encore à seulement quelques centimètres l'un de l'autre.
« Fred, Hermione, vous... Ginny s'arrêta en voyant les deux personnes aussi proches. Par Merlin! Fit elle, ouvrant grand les yeux. Désolée, je suis désolée de vous déranger, je vais vous laisser!
- Quoi? Non, tu ne nous déranges pas Ginny! L'arrêta Fred.
- Non, il me rendait ma chaussure. Lui apprit Hermione en se retournant vers elle. On y va? Lui demanda-t-elle.
- Heu... Oui. Répondit simplement la rousse, perdue.»
Elle fit demi-tour, et descendit, suivit par son frère et sa meilleure amie. Celle-ci prit sa veste, et vint la rejoindre à l'entrée du magasin.
«Et au fait, Hermione! Les arrêta Fred. Tu ferais mieux d'acheter une autre paire de chaussures, ça sert toujours dans ces cas-là! Rigola-t-il.
- On ne va pas simplement me chercher une robe de mariée, et lui prendre une robe de demoiselle d'honneur. Je comptais aussi aller faire quelques autres boutiques histoire de lui trouver de quoi s'habiller un peu mieux. Répondit Ginny, un sourire mesquin.
- Hé! Fit Hermione, donnant une tape sur son épaule.»
Ginny fit signe à son frère, et les deux filles partirent en direction du magasin de Madame Giupure. Lorsqu'elles entrèrent, la couturière sorcière leur sauta dessus, les emmenant directement vers les cabines, dans l'atelier.
Là-bas, un nombre incalculable de robes avait été sortie. Hermione vit alors Ginny se précipiter sur toutes ces robes, en prendre un tas, sans même regarder les tailles ou les formes. Elles étaient blanches. Hermione poussa un soupire amusé, et s'assit en attendant que son amie ait essayé sa première robe.
Elle ressorti au bout de cinq bonnes minutes. En la voyant, Hermione grimaça. Cette robe était vraiment hideuse. Elle était, certes, blanche, mais sertie de petits pois bleus. Trop courte, et avec un décolleté qui, inexistant, remontait pour faire un col-roulé à la rousse.
«Alors? Lui demanda Ginny.
- Heu... Franchement, ce n'est pas super. Minimisa Hermione.
- Direction la prochaine! Fit la rousse, sans perdre son sourire.»
La deuxième était un peu mieux. Plus sobre. Simple, sans dentelle, sans ornement, toute blanche. Pas assez bien, selon Ginny.
Lorsqu'elle sortit, après avoir enfilé celle qu'Hermione avait comptée comme étant la quinzième, la brune éclata de rire.
«C'est si horrible? Demanda la rousse.
- Tu n'imagines pas à quel point! Ne put s'empêcher Hermione. On dirait une dragée surprise de bertie crochue. Ajouta-t-elle. »
La robe était blanche, mais couverte de rayures rose pétant. Le décolleté était bien trop osé, les manches beaucoup trop bouffantes, arrivaient presque à cacher les joues de la rousse. Elle s'arrêtait à mi-cuisse, et avait un effet bouffant, donnant une forme ronde au bas. C'était vraiment pire que la première.
«Je ne vais jamais en trouver... Se lamenta Ginny.
- Continue, je suis sûre que tu vas y arriver. La rassura Hermione, tout en essayant de contenir son fou-rire.»
Ginny retourna dans la cabine en soupirant. Elle en essaya une bonne quinzaine de plus, toutes assez bien, mais pas assez du point de vue de Ginny. Enfin, alors qu'Hermione avait eu le temps de faire presque trois fois le tour de l'atelier, la rousse ressortit de la cabine avec un grand sourire.
«Et celle-là? Demanda-t-elle à son amie.
- Ginny, celle-ci, c'est la bonne! Répondit Hermione, un sourire radieux aux lèvres.»
Celle-ci était la meilleure. Elle descendait plus bas que les pieds. La couleur blanche était coupée par des détails noirs. Le décolleté était serti de cette dentelle, un bandeau de tissu noir venait entourer la taille de la rousse, se terminant en un nœud qui se déposait sur le bas de son dos. La robe était aussi simple que ça. Si la dentelle de bougeait pas quelques fois, Hermione aurait pu juré qu'il s'agissait d'une simple robe moldue.
Voyant le sourire de son amie, Hermione ne put qu'affirmer que celle-ci était la bonne, et qu'il ne servirait à rien d'en essayer d'autre. Alors qu'elle se changeait, Ginny fit remarquer à Hermione qu'elles étaient aussi là pour elle.
«Au fait, 'Mione, j'espère que tu en as mis quelques-unes de côté. Je te rappelle qu'il faut qu'on t'en trouve une aussi. Ou plusieurs d'ailleurs. Ta garde-robe a besoin de nouveauté. Fit-elle.»
Hermione soupira et n'eût pour seule réaction que de reprendre sa place assise sans prendre la peine de chercher une robe. Elle n'avait jamais été très shopping. Ginny sortit enfin de sa cabine, un grand sourire aux lèvres, et sa robe dans les bras. Son sourire disparu immédiatement lorsqu'elle vit sa meilleure amie assise au milieu de l'endroit. Elle posa délicatement sa robe, et prit Hermione par le bras. Elle la lâcha dans la cabine, l'empêchant de même penser en sortir.
«Tu n'as pas le choix. Je vais te choisir des robes, et tu les essaye. On en trouve une pour le mariage. Le temps que tu les essaye, je vais voir Giupure, et je lui demande d'autres vêtements. Compris? Et, non, tu n'as pas le choix, n'essaye même pas de t'enfuir! »
En disant ça, Ginny avait fait un rapide tour de la pièce, et saisit quatre robes. Elle les passa à Hermione, qu'elle entendait marmonner derrière le rideau de cabine.
Hermione essaya plusieurs robes. Toutes aussi hideuses. Une jaune canari, une bleue turquoise avec des espèces de poisson dessus, une rose bonbon, une avec des baguettes dessinées dessus... Mais comment faisait Madame Giupure pour vendre de telles robes?
Elle s'arrêta au bout de la dixième. C'était une robe simple, de couleur blanche. Elle n'avait pas besoin d'en faire trop. Ce n'était pas elle la mariée. La robe était une robe bustier, avec un nœud noir au même niveau que celui de la robe de Ginny. Elle descendait jusqu'aux genoux.
Lorsqu'elle sortit, Ginny lui offrit un grand sourire.
« On prend celle-là pour le mariage! Fit-elle, toute excitée. Maintenant, tu essaye tout ça! Ajouta-t-elle en désignant une pile de vêtements de toutes sortes.»
Le sourire d'Hermione disparut aussitôt. Elle qui croyait qu'elle en avait fini, elle n'était pas au bout de ses peines.
En rentrant, Hermione posa nonchalamment la dizaine de sacs qu'elle avait, et se jeta sur le canapé, sous les yeux rieurs du duo. Elle n'en pouvait plus. Ginny ne s'était pas arrêté à acheter sa robe de mariée. Elle en avait fait essayer des dizaines à sa meilleure amie, qui s'était vu acheter sa robe de demoiselle d'honneur, une autre pour le dîner de préparation, et une nouvelle robe de sorcier. Mais, une fois qu'elles étaient sorties de chez Madame Giupure, Ginny l'avait traîné dans les trois autres magasins de vêtements du chemin de traverse. Mais aussi dans une dizaine de magasins du Londres moldu. Hermione avait donc acheté trois paires de chaussures, cinq robes, trois jeans... Et la liste était longue.
Et maintenant, elle n'en pouvait plus. Elle avait les pieds en compote, et les cheveux encore plus emmêlés qu'à leur habitude, à force d'avoir enlevé et remit les tee-shirts et autre. Elle soupira en arrivant sur le canapé. Enfin, un peu de calme...
«Fatiguée? Rigola George.
- Et pas qu'un peu... Souffla-t-elle.
- C'est si fatiguant que ça? S'étonna Fred.
- J'aimerais bien t'y voir toi... En plus, avec Ginny, c'est pire qu'avec n'importe qui d'autre. Ajouta-t-elle. Comment elle fait pour être toujours comme ça? Demanda-t-elle, plus pour elle que pour les deux autres.
- Aucune idée. Peut-être qu'elle prend ces trucs moldus là. Des tivamines. Répondit George.
- On dit Vitamines George! Rigola Hermione.
- C'est pareil. Fit-il remarquer. »
Hermione rigola, puis prit son courage à deux mains. En un coup de baguette, elle fit passer ses sacs de l'entrée à sa chambre, et les suivit. Elle n'était pas assez courageuse pour les ranger façon moldu, il ne fallait pas exagérer non plus. Un deuxième coup de baguette, et elle put sortir tranquillement de sa chambre, un livre à la main, et ses nouveaux achats rangés.
Elle reprit sa place sur le canapé, et commença à lire son livre. Elle n'eût pas le temps de lire autant qu'elle le voulait, George la coupant dans sa lecture, réclamant de quoi dîner.
