Disclaimer : Tout appartient à la merveilleuse et très créative J..
NDA : MERCI pour toutes vos reviews, je suis contente de voir qu'on me suit toujours !
Ce chapitre a mis des mois à arriver, mais il est là, enfin ! Il est long, j'espère que ça compensera un peu ^^'
XI.
« Qu'est ce que...Ron ! RON ! » S'écria Ginny d'une voix paniquée en s'agenouillant auprès de son frère.
« Il faut qu'on le ramène à l'infirmerie. » déclara Harry, légèrement essouflé.
« Merlin, qu'est-ce qui s'est passé ? » interrogea Ginny tandis que Hermione faisait apparaître un brancard d'un coup de baguette. « D'où venez-vous ? »
Harry et Hermione échangèrent un regard.
« Désolé Ginny, on ne peut pas en parler... » répondit Harry, après quelques secondes d'hésitation.
« Comment ça '' vous ne pouvez pas en parler '' ? Mon frère est en train d'agoniser et vous n'êtes même pas fichus de me dire pourquoi ? s'exclama Ginny en haussant le ton.
« Je suis vraiment désolé Ginny, mais on ne peut vraiment pas te parler de ça, c'est...confidentiel »
Ron, les yeux toujours fermés, poussa un grognement de douleur et les trois autres se tournèrent vers lui. Harry s'empressa de faire léviter Ron sur le brancard. Sans un mot, ils se dirigèrent vers les escaliers rapidement et seules les plaintes rauques de Ron interrompaient ce sinistre silence.
Quand ils arrivèrent à l'infirmerie, Hermione frappa frénétiquement à la porte du bureau de Pomfresh. Après quelques instants d'attente, l'infirmière apparut dans l'encadrement de la porte et ouvrit de grands yeux en voyant Ron. Ginny resta en retrait quand l'infirmière installa son frère sur l'un des lits et lorsqu'elle s'affaira auprès de lui pour lui prodiguer des soins d'urgence.
Hermione et Harry s'approchèrent d'elle et ils commencèrent à lui parler à voix basse, sans doute pour lui expliquer la situation. Ginny soupira de frustration : elle se sentait à nouveau exclue et elle détestait ça. Quelques minutes passèrent et quand elle vit les deux autres revenir vers elle, elle demanda aussitôt :
« Alors ? »
« Il va un peu mieux. » l'informa Harry d'un ton qui se voulait rassurant.
Il jeta un regard à Hermione et ajouta :
« Nous devons aller voir Dumbledore. »
« Pour quoi faire ? » s'étonna la rousse.
« On ne peut... » commença Harry
« ...pas en parler. » acheva Ginny d'un ton las, sans chercher à dissimuler son agacement. « Harry, vous pouvez quand même me donner quelques explications tu ne croies pas ? »
Mais cette fois, ce fut Hermione qui répondit :
« Ginny, croies-le ou non, on t'en parlerait si on avait le choix mais nous ne l'avons pas. Alors, pour l'instant, on ne peut vraiment rien te dire. »
Sur ce, la préfète-en-chef sortit de la pièce, Harry sur ses talons. Ginny tira une chaise qui se trouvait à proximité et se laissa tomber dessus, passablement irritée. Elle posa la tête sur le mur derrière elle et ferma les yeux. Qu'étaient-t-ils encore allés faire ? On aurait dit qu'ils cachaient un secret de la plus haute importance. Elle en avait vraiment plus qu'assez de ne jamais être au courant de rien. La jeune fille entendit des pas qui revenaient vers elle et rouvrit les yeux. L'infirmière avait tiré les rideaux du lit de Ron et se dirigeait à présent vers Ginny. Cette dernière se leva et alla à sa rencontre.
« Son état est stable. » lança Pomfresh, répondant ainsi aux interrogations muettes de Ginny. « Pour le moment il dort et c'est surtout de repos dont il a besoin »
Ginny hocha la tête et jeta un dernier regard en direction du lit de son frère. Elle remercia distraitement l'infirmière et quitta la pièce. Ne souhaitant pas immédiatement rejoindre son dortoir, ce fut presque naturellement qu'elle prit la direction de la chambre de Draco. Quand il ouvrit la porte, il parut surpris de la voir.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » s'étonna-t-il, bien qu'il fût ravi de sa présence.
Il s'effaça pour la laisser entrer.
« Ils sont revenus. » lança-t-elle simplement en s'asseyant sur le lit de Draco.
« Qui ça ? »
« Mon frère, Harry et Hermione. D'ailleurs Ron est à l'infirmerie et il est dans un sale état. » ajouta-t-elle en haussant les épaules.
Draco vint s'asseoir à côté d'elle et mit un bras autour de ses épaules pour la serrer contre lui.
« Ou étaient-ils ? » demanda-t-il en embrassant le haut de sa tête.
« Aucune idée, ils n'ont rien voulu me dire. Apparemment c'était important et confidentiel. Ils sont même allés voir Dumbledore pour je ne sais quoi. » continua-t-elle d'un ton méprisant.
Il eut un léger sourire et elle ne comprit pas pourquoi.
« Bref...Tu faisais quoi ? » demanda-t-elle.
Elle posa la tête contre son torse et soupira.
« Je finissais mes devoirs... »
« Tu vas à Pré-au-Lard demain ? » interrogea la jeune rousse tandis que le Serpentard jouait avec l'une de ses mèches.
« Pas le temps, il faut que j'aide à l'organisation de ce fichu bal et à la décoration de la Grande Salle c'est pour ça que j'essaye de finir le boulot en avance. » expliqua Draco en la relâchant pour se lever.
Elle s'affala complètement sur le lit et l'observa pendant qu'il s'installait à nouveau à son bureau et se remettait au travail. Elle joua quelques minutes avec l'oreiller puis commença à se plaindre :
« Ils m'énervent. C'est vrai, je veux dire, j'ai le droit de savoir ce qui se passe non ? »
« Tout à fait. » assura Draco sans même s'en rendre compte.
Il écouta à peine les critiques et les reproches de la jeune fille envers sa famille, Potter et Granger, se contentant de lâcher des « Oui, tu as raison. » « Complètement d'accord avec toi. » quand cela s'avérait nécessaire.
C'est quand il eût refermé ses bouquins et qu'il se retourna vers elle, qu'il constata qu'elle s'était endormie. Un sourire blasé s'étira sur ses lèvres. Le monologue de la jeune fille avait fini par l'épuiser.
Il s'approcha d'elle et lui caressa doucement les cheveux. Il hésitait : devait-il la réveiller ? Elle avait l'air tellement fatiguée et le fait qu'elle reste ici pour la nuit ne lui posait absolument aucun problème, bien au contraire. Il entreprit de lui enlever ses chaussures, son gilet et...et c'est tout. Il n'avait pas envie de subir les foudres de la jeune rouquine le lendemain. Il se releva et entra dans sa salle de bain. Quand il revint dans la pièce, Ginny était toujours profondément endormie. Il la porta dans ses bras pour l'installer sous les couvertures avant de se glisser lui-même dans le lit. Il la serra contre lui et enfouit sa nuque dans ses cheveux.
Le lendemain, en guise de bonjour, Draco eut le droit à une gifle bien retentissante. Il entrouvrit les yeux et posa une main sur sa joue endolorie. Ginny, penchée sur lui, l'observait l'air contrarié.
« Weasley, je peux savoir ce qui te prends ?» demanda-t-il d'une voix endormie.
« Tu as deux minutes pour m'expliquer précisément ce que je fais dans ton lit. » répliqua la rouquine d'un ton sec.
« Laisse-moi dormir... » lança Draco en esquissant un geste pour lui tourner le dos.
Elle leva la main pour lui administrer une autre claque mais cette fois, il réagit et lui attrapa le poignet.
« A quoi joues-tu ? » interrogea-t-il d'un ton furieux.
Il se redressa, parfaitement éveillé.
« L'heure tourne Malfoy, je veux des explications. »
« Tu t'es endormie hier soir alors je t'ai fait une petite place dans mon lit. D'ailleurs cette attention ne méritait-elle pas un baiser plutôt qu'une gifle? » questionna-t-il innocemment bien que son sourire goguenard soit toujours présent sur ses lèvres.
« Manquerait plus que ça...Tu n'aurais pas pu me réveiller ? »
« Tu avais l'air fatiguée alors je n'osais pas te réveiller. Et sérieusement, je ne comprends pas pourquoi tu te mets dans tous tes états. »
« Je me réveille et je m'aperçois que je suis dans ton lit et dans tes bras, c'est pas une raison suffisante, ça ? »
Il sourit à nouveau et rappela :
« On a rien fait. »
« Je sais bien qu'on a rien fait ! Merlin, tu m'énerves ! » s'exclama-t-elle.
Il la saisit par les épaules et l'embrassa pour la faire taire. Il adorait la voir en colère. Le jeune homme prit son bras, la rapprocha de lui et enfouit sa tête dans ses cheveux flamboyants pour y respirer leur parfum enivrant. Ils restèrent dans cette position quelques minutes avant que Ginny ne rompe le silence.
« Malfoy. » commença-t-elle.
« Quoi ? » grogna le blond.
« Enlève ta main de là, immédiatement. » ordonna-t-elle d'une voix calme mais dure.
La main que le jeune homme avait glissée sous son chemisier revint à la surface avec un gémissement de protestation. Quand elle le repoussait, elle devait toujours être très ferme. Mais il ne la lâcha pas pour autant et resserra au contraire son étreinte. Il sembla vouloir dire quelque chose mais se ravisa.
« Je... »
« Oui ? » fit Ginny, pleine d'espoir. « Qu'est-ce que tu allais dire ? »
« Rien, laisse tomber. »
« Dis-moi. » insista la rousse.
« Rien, j'ai dis... »
La jeune fille soupira et laissa ses doigts courir sur la poitrine du Serpentard.
« Draco ? » demanda-t-elle d'une voix timide.
« Ouais... »
« Est-ce que ça et gêne de dire ce que tu ressens ? »
Comme il ne répondait pas, elle se redressa pour lui faire face. Devant son regard insistant, il commença :
« Écoute Ginny, je n'ai pas envie de parler de ça. »
« Pourquoi ? »
« Parce que ! Je n'aime pas avoir de genre de conversation. J'ai l'impression d'avoir l'air stupide quand j'en parle d'accord ? » expliqua-t-il avec agacement.
« Tu n'as pas l'air stupide. » répliqua Ginny. « Et hier tu m'as dit que... »
« Je sais ce que j'ai. » la coupa-t-il avec exaspération. « Et je le pensais mais je n'avais pas l'intention de te le dire. Ginny, il faut que tu comprennes que ça me rend mal à l'aise de parler de ça »
« Qui aurait cru que le grand Draco Malfoy serait incapable de confesser ce qu'il avait sur le cœur. » ironisa la Gryffondor, pour le provoquer.
« Ne me provoques pas Weasley ! » la prévint-il d'une voix faussement menaçante.
La jeune fille fit mine de prendre un air blasé et de lever les yeux au ciel.
« Sinon quoi ? Qu'est-ce que tu va me faire ? » Se moqua-t-elle.
Il fit semblant de réfléchir, puis répondit :
« Je te jette par la fenêtre, si j'arrive à te faire passer bien sûr. » ajouta-t-il avec sérieux.
Ginny le fusilla du regard, outrée.
« Qu'est-ce que tu insinues ? »
« Moi ? Mais rien de spécial. »
Il faillit se prendre une autre gifle mais ses réflexes d'attrapeur l'aidèrent à esquiver.
« C'est surprenant. » déclara-t-il.
« Qu'est-ce qui est surprenant ? » s'étonna la rouquine.
« Tu as la main vraiment leste. Je ne compte plus le nombre de fois où tu as voulu me gifler. »
Il reprit sa main avec douceur et acheva :
« Une vraie furie...ma furie. »
Il l'avait une nouvelle fois rapproché contre son torse et avait murmuré ces mots tout près de l'oreille de la jeune fille, provoquant un chatouillis dans sa nuque, la faisant frémir. Elle adorait quand il faisait cela. En fait, elle adorait tout simplement qu'il la touche même si c'était seulement pour lui prendre la main. Et même avec un simple baiser, il parvenait à la mettre dans un état second. Parfois, elle avait l'impression qu'elle pourrait faire n'importe quoi juste pour l'une de ses étreintes. C'était sûrement ça le véritable amour. Et puis il fallait le reconnaître, elle était simplement folle de lui.
« Bon Weasley, tu sais que j'adorerais rester là avec toi, mais je ne crois pas que mes obligations me le permettent. »
Elle soupira et se redressa pour pouvoir s'étirer. Elle sauta du lit, ramassa son gilet et enfila ses chaussures. Elle lui souffla un baiser et lui adressa un dernier regard flamboyant avec de quitter la pièce.
Il était encore tôt et comme on était samedi, les couloirs étaient quasiment vides. Elle croisa seulement quelques élèves qui se rendaient dans la Grande Salle afin de déjeuner.
« Le mot de passe ? » demanda la Grosse Dame quand Ginny arriva devant elle.
« Gryphus. » répondit la rousse.
Le tableau pivota et la jeune fille s'engouffra dans le trou du portrait. La salle commune était vide alors elle n'eut pas de mal à remonter dans son dortoir sans être remarquée. Ses camardes de chambrée y dormaient encore et elle prit ses affaires pour aller s'enfermer dans la salle de bain.
Quand elle revint dans la pièce, son amie Sugar était déjà levée et s'étirait longuement, à la manière d'un chat. Quand elle vit Ginny sortir de la salle de bain, elle lui adressa un sourire.
« Bien dormi ? » demanda la rousse en se dirigeant vers son lit.
« Oui... »
Sugar sembla hésiter puis finit par déclarer :
« Tu n'as pas dormi ici. »
La rousse secoua la tête et se dirigea vers son armoire pour prendre des vêtements.
« Non. » répondit-t-elle simplement.
Elle leva les yeux vers son amie et constata que cette dernière hésitait à lui poser une question.
« Vas-y, pose-moi la question qui te taraudes l'esprit » suggéra alors Ginny.
« Vous avez...tu sais bien... »
« Non. » répondit la jeune fille avec sérieux.
Puis après quelques secondes de réflexion, elle ajouta :
« Pas encore.»
Son amie ouvrit la bouche et la fixa avec des yeux surpris.
« Pas encore ? Qu'est-ce que ça veux dire ça ? Que tu envisages de le faire avec lui ? » interrogea Sugar en fronçant les sourcils.
Ginny avait beaucoup réfléchi à la question, surtout ces derniers temps. Elle avait toujours pensé qu'elle ne ferait l'amour qu'avec un garçon en qui elle aurait totalement confiance et elle mettait une confiance totale en Draco. Et pour dire la vérité, même si elle le dissimulait beaucoup mieux que lui, les baisers fiévreux et enflammés de Draco ne lui suffisaient plus. La jeune fille se tourna alors vers son amie et déclara :
« Il m'aime, je l'aime, je ne vois pas où est le problème. »
Sugar se mordit la lèvre inférieure et Ginny ne put que remarquer que son amie avait l'air d'être en plein débat intérieur. Ginny le savait, Sugar n'était pas d'accord avec elle : pour elle, Draco n'était pas honnête. D'un autre côté, elle ne voulait pas se disputer avec Ginny parce qu'à chaque fois qu'elles abordaient ce sujet, c'était toujours de cette façon qu'aboutissait la conversation. Elle garda donc le silence mais cela ne fut pas assez pour dissimuler ses pensées à la rousse. Celle-ci soupira et lança :
« Je sais que tu ne l'aimes pas, mais s'il-te-plaît Sugar, je sais ce que je fais ! »
« Si tu le dis. » dit son amie en haussant les épaules, sans conviction.
Elles ne seraient jamais d'accord de toute façon.
Un peu plus tard dans la matinée, après qu'ils aient pris leur petit-déjeuner, Ginny et ses amis décidèrent de se rendre à Pré-Au-Lard plus tôt que prévu. Devant les grandes portes, Rusard leur passa son détecteur d'objets de magie noire et comme Aaron pestait, il eut droit à un nouveau passage du détecteur.
« Quel vieux fourbe ! » jura-t-il alors qu'ils marchaient dans la longue allée qui menait au village.
« Aaron, si tu l'avais laissé faire, il ne t'aurais pas collé une seconde fois son engin. » déclara Sugar d'un ton las, en levant les yeux au ciel.
« En plus, il est obligé de faire ça. Tu ne voudrais pas que des objets louches passent dans l'école ? » interrogea Ezra.
Aaron ne répondit pas mais Ginny l'entendit continuer d'affubler le concierge de tous les noms d'oiseaux qui lui venaient en tête, sur le bout des lèvres. Arrivés aux villages, ils se séparèrent. Ezra et Sugar prirent le chemin du café des amoureux et Colin celui d'une boutique qui se trouvait de l'autre côté du village pour développer des photos. Il ne resta plus qu'Aaron, Ginny et Leah. Cette dernière proposa alors d'aller prendre un verre aux Trois Balais. Proposition que ses deux amis acceptèrent vivement, ne voulant pas rester une minute de plus à l'extérieur dans ce temps glacial.
Ils s'installèrent à une table et Leah, profitant de l'absence provisoire d'Aaron qui s'était levé pour aller chercher les boissons, se pencha vers Ginny. Elle affichait un air conspirateur et un sourire espiègle.
« Ginny, tu me caches des choses ! » dit-elle, faussement indignée.
La rousse leva un sourcil, ne comprenant visiblement pas où son amie voulait en venir.
« Qu'est-ce que tu me racontes encore ? » s'étonna-t-elle.
« Tu n'as pas dormi dans le dortoir hier soir. » s'exclama Leah, comme si ça coulait de source.
« Ah...ç. » fit simplement Ginny.
Honnêtement, elle ne voyait pas pourquoi Sugar et Leah en faisait tout un plat.
« Oui ÇA ! » se récria Leah. « Tu as dormi avec un garçon ! »
« Je sais, et je ne comprends pas pourquoi tu en fais toute une histoire »
Leah ouvrit la bouche, outrée.
« On s'est toujours dit qu'on se dirait ces choses là. » s'offusqua la jeune fille, révoltée.
« Leah, par pitié, s'il s'était passé quelque chose tu aurais été la première à le savoir ! Alors, s'il-te-plaît, n'en parlons plus. » déclara la rousse sans prendre la peine de dissimuler son impatience et son agacement.
Leah, toujours aussi scandalisée, s'apprêta à objecter mais elle fut contrainte de se taire lorsqu'Aaron arriva avec les boissons. Il demanda :
« Ne plus parler de quoi ? »
« Rien... Merci. » déclara-t-elle quand le jeune homme posa une bièraubeurre devant elle.
« Alors Aaron...Avec qui as-tu l'intention d'aller au bal ? » interrogea Leah.
Ginny leva les yeux au ciel. Leah ne pouvait visiblement pas s'empêcher d'en parler. Depuis quelques semaines, elle n'avait plus que ce mot à la bouche : Le bal par-ci, le bal par-là. Ce que je ferais au bal, mon cavalier pour le bal, ma tenue de bal...Ça en devenait rapidement agaçant et surtout, extrêmement ridicule.
« J'y vais avec... » commença Aaron.
Mais le jeune homme se fit interrompre par une jeune fille qui se planta devant lui, l'air particulièrement contrarié. Ses yeux s'agrandirent de surprise et il se massa la nuque, manifestement très mal à l'aise.
« Antonia ? Euh... Qu'est ce que tu fais là ? » demanda-t-il avec un sourire forcé, l'air toujours aussi gêné.
« La véritable question est : que fais-tu là, toi ? » répliqua Antonia d'un ton accusateur. « Je croyais que tu avais une montagne de devoirs et que ça allait te prendre toute la journée ! »
« Euh... En fait j'ai fini plus tôt que prévu et hum... » tenta de se justifier le jeune homme.
« Arrête de mentir ! » s'exclama la jeune fille, s'attirant les regards curieux des élèves installés aux tables voisine. « Tu ne voulais pas venir avec moi, avoue-le ! »
Aaron jeta un regard autour de lui et déclara :
« Pas la peine de me faire cette affiche. »
« Quoi ? Mais bien sûr que si ! Je veux que tout le monde sache qu'Aaron Mendel n'est qu'un idiot de première classe » ! » s'écria-t-elle avec férocité.
Et avec un dernier regard hargneux, elle tourna les talons et se dirigea vers une table occupée par son groupe d'amis.
« Tony... » dit Aaron plus par lassitude qu'autre chose, sans esquisser le moindre geste pour la rattraper et arranger le coup.
Il se retourna vers Leah et acheva :
« Je crois que ça répond à ta question, je n'ai plus de cavalière. »
Leah pencha la tête avec un sourire affligé.
« Moi non plus je n'ai pas de cavalier. » enchaîna Ginny, d'un ton indifférent.
« Je croyais que Nate Bedingfield t'avait demandé d'aller au bal avec lui. » s'étonna Leah. « Ne me dis pas que tu as dis non, certaines tueraient pour passer ne serait-ce qu'une heure avec lui ! »
Ginny avait complètement oublié : deux jours plus tôt, Nathan, un Serdaigle de dernière année lui avait demandé si elle voulait y aller avec lui. Elle lui avait alors répondu qu'elle y réfléchirait et qu'elle lui donnerait une réponse plus tard. Elle avait uniquement dit cela parce qu'elle voulait en parler d'abord à Draco mais comme lui n'avait pas jugé utile de lui demander son avis quand il avait demandé à Greengrass d'être sa cavalière pour le bal, elle ne voyait pas pourquoi elle devait le faire.
« Je vais lui dire oui. » conclut simplement Ginny.
A la fin de l'après-midi, le groupe s'était rassemblé et ils rentrèrent tous au château en discutant gaiement. Aaron râla une nouvelle fois quand le concierge lui fourra son détecteur un peu partout, un sourire mauvais sur les lèvres. Le jeune homme le fusilla du regard et s'indigna de voir ses amis se payer ainsi sa tête.
Un peu plus tard, à l'heure du dîner, lorsque Ginny et Leah se rendirent dans la Grande Salle pour dîner, la jeune rousse eut l'irrésistible envie de provoquer Draco qui se trouvait à quelques mètres d'elle quand le Serdaigle qui l'avait invité au bal passa devant elle en lui adressant un sourire timide. Elle appela :
« Nathan ? »
Il revint sur ses pas et lui lança un adressa cette fois un franc sourire. Ginny attendit que le regard de Draco soit posé sur eux pour lui parler.
« J'ai réfléchi à ta proposition. » dit-elle d'une voix mielleuse et bien forte pour faire en sorte que Draco puisse l'entendre.
« Alors ? » demanda le Serdaigle, anxieux.
« Je veux bien être ta cavalière pour le bal. » répondit-t-elle en souriant.
« Génial, je viendrais te chercher devant ta salle commune dans ce cas. » proposa le jeune homme en lui rendant son sourire.
« Parfait. » lança Ginny en lui lançant un clin d'œil.
Elle prit Leah par le bras et l'entraîna dans la Grande Salle. Durant tout le repas, elle prit bien soin d'ignorer les regards offensés et noirs que lui jeta Draco et quand elles remontèrent les escaliers en direction de la salle commune de Gryffondor, Ginny ne fut pas surprise quand on lui attrapa brusquement le bras. Elle se retourna et Draco lui fit face, un air contrarié sur le visage.
« Je la ramène. » lança-t-il à l'adresse de Leah sans même lui jeter un regard, les yeux toujours plantés dans ceux de Ginny.
Leah comprit immédiatement qu'il valait mieux qu'elle s'éloigne. Obéissant donc à cet ordre silencieux, elle disparut rapidement et Draco entraîna la rousse vers le premier coin sombre qu'il vit. Il se tourna alors et sans autre cérémonie, il demanda :
« C'était qui ce type ? »
« De quel type parles-tu Draco ? » demanda innocemment la rousse.
Elle savait très bien que ça l'agaçait mais comme elle se sentait d'humeur taquine, elle continua de feindre l'ingénuité.
« Ce bellâtre que tu allumais avant le dîner ! » s'empêcha-t-il de hurler. « N'essayes pas de nier, j'étais là ! »
Elle fronça les sourcils, feignant l'incompréhension et soudain, elle ouvrit de grands yeux et s'exclama :
« Oh, tu veux parler de Nate ? » demanda-t-il avec amusement.
« Oui ! »
« C'est mon cavalier...pour le bal » ajouta-t-elle avec un air faussement rêveur. « Il est adorable. Vraiment gentil. »
Et ce fut assez pour qu'il lui décroche l'un de ces regards « made in Malfoy », c'est-à dire empli de froideur et de mépris. La jeune fille pouvait clairement affirmer que Draco était furieux, rien qu'au frémissement de sa tempe. Il fulminait. Et elle adorait ça.
« Et me demander mon avis ne t'as pas traversé l'esprit par hasard ? » s'offusqua le Serpentard avec colère.
« Je ne me rappelle pas que tu aies demandé mon avis lorsqu'il s'agissait de Greengrass, je me trompe ? » répliqua aussitôt Ginny.
Elle n'attendait que cela : être lancée sur le sujet « Greengrass ». Depuis que Draco lui avait annoncé qu'il avait l'intention de l'emmener au bal, elle s'était mise à l'observer et elle en était arrivé à une conclusion : Greengrass courait après le Serpentard. Elle avait toujours beaucoup de petites attentions envers le blond, mais c'était toujours très subtil. Elle ne se gênait pas pour lui effleurer le bras quand elle passait à côté de lui ou tout simplement de se pencher vers lui de l'autre côté de la table pour lui parler, révélant par la même occasion « accidentellement » une jolie vue sur son décolleté. Une vraie traînée.
Elle voulait bien avouer que parfois, il lui arrivait d'être parano mais quand elle voyait le nombre de filles qui courtisaient Draco, elle ne pouvait pas s'empêcher de l'être. Il était vrai que pour l'instant, c'était à elle qu'appartenaient les faveurs du séduisant Serpentard, mais ce n'était guère une raison pour baisser la garde.
Draco eut l'air étonné et soudain, son sourire narquois revint immédiatement sur ses lèvres. Sa colère s'était bien vite dissipée, faisant apparaître sur son visage son impassibilité habituelle. Ginny, qui jusque là avait eu le contrôle sur la conversation, s'étonna de ce soudain revirement de situation.
« Je comprends mieux maintenant. » dit-il en s'adossant contre le mur le plus proche, les yeux toujours plantés dans ceux de Ginny.
« Qu'est+ce que tu comprends mieux ? »
« Tu as fait tout ça parce que j'ai invité Daphné au bal. J'ai raison ? » demanda-t-il avec arrogance.
« Absolument pas. » siffla la rouquine.
« Avoue-le Weasley... » dit-il avec un sourire railleur.
Comme elle ne répondait pas, il s'approcha d'elle et posa ses lèvres sur les siennes.
« Tu sais, moi aussi je peux jouer à ce jeu » lança-t-il en caressant lentement le bras de la jeune fille.
Elle ferma les yeux, sentant la langue du Serpentard s'insinuer entre ses lèvres entrouvertes et immédiatement, elle se serra contre lui. Leur baiser fut semblable à un rapport de force, ne laissant place à aucune douceur. Tous les deux voulaient à tout prix avoir le contrôle de l'étreinte et la tension accumulée quelques minutes auparavant lors de leur joute verbale alimentait sauvagement ce baiser qui devenait de plus en plus intense et passionné à mesure que les secondes passaient.
Le Serpentard la fit reculer contre le mur et ses lèvres quittèrent celles de la jeune femme pour descendre lentement vers son cou. Ginny retint à grand peine un gémissement tandis que les lèvres de Draco lui prodiguaient des caresses irrésistibles et que ses propres mains se baladaient dans les cheveux du jeune homme.
« Draco... » laissa-t-elle échapper.
Sa voix était rauque et son ton implorant comme pour lui demander d'arrêter ou au contraire de le supplier de continuer. Parce qu'au fond, c'était ce qu'elle voulait vraiment.
Elle n'eut pas le loisir d'y réfléchir davantage car il s'éloignait d'elle et lui murmura alors :
« Quand je joue à ce genre de jeu ma chérie, c'est toujours moi qui gagne. » assura le jeune avec fermeté en lui faisait un clin d'œil. »
Il posa une nouvelle fois ses lèvres sur celles de la rouquine et s'en alla, victorieux comme toujours. Et Ginny, comme d'habitude, se laissa tomber contre ce mur froid, haletante, le souffle court et les lèvres encore rougies par ces baisers fiévreux. Elle ferma les yeux et sentit un sourire idiot se dessiner sur ses propres lèvres.
D & G
« Ginny ? Je peux te poser une question ? » demanda Leah d'une voix profondément sérieuse en fronçant les sourcils.
« Bien sûr. Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda la rousse en s'étirant et en posant sa tête plus confortablement sur le sofa.
« Pourquoi est-ce que, quand tu reviens après l'avoir vu, tu as toujours cet air effroyablement perdu et ce sourire horriblement niais ? » interrogea dramatiquement son amie.
« Et bien...Je ne sais pas. Ça doit être la manière qu'il a de m'embrasser et de me toucher, tu vois ? »
« Pas vraiment... » avoua Leah.
« Et bien, j'ai l'impression d'être la seule qui compte. Il est tellement... »
Elle sembla chercher un mot convenable qui puisse qualifier le Serpentard.
« ...parfait » acheva-t-elle.
Leah lui lança un regard attendri et Ginny continua :
« Je suis amoureuse de lui. »
« Non, tu crois ? » ironisa Leah avec amusement. « Je n'avais vraiment pas remarqué... »
Ginny, dans une attitude très juvénile, lui tira la langue. Elle lâcha un long soupir à en fendre le coeur et son regard se perdit dans la contemplation du feu. Elle sursauta quand Sugar qui venait d'arriver, lui demanda de bouger pour lui faire une place sur le fauteuil. Elle soupira à nouveau, ramena ses jambes contre sa poitrine et Sugar se laissa choir sur la place qui s'était libérée. Dès que cette dernière croisa le regard songeur de la rousse, elle s'étonna :
« Encore ces bouffées de chaleurs ? »
« Je ne te raconte pas. » enchaîna Leah. « Elle était en train de m'expliquer à quel point il était parfait et qu'elle était amoureuse de lui. »
« Et bien, je ne sais pas ce que vous faites pour que tu sois à chaque fois dans cet état mais ça doit être plutôt chaud. » lança Sugar avec effarement.
Ginny ne put s'empêcher de rougir sous le regard moqueur de ses amies. Et Sugar pouvait dire ce qu'elle voulait, ce n'était pas si « chaud » que cela entre eux. Ils en étaient encore seulement au stade des baisers après tout. D'accord, il arrivait parfois qu'ils se pelotent un peu et que Draco fasse sauter « par inadvertance » les boutons de la chemise de la rousse ou qu'il glisse sa main sous sa jupe mais ils en restaient toujours là. Le Serpentard n'allait jamais trop loin et lorsqu'il sentait qu'il n'allait pas tenir s'ils continuaient, cessait leurs étreintes amoureuses. Il était vrai que Ginny avait parfois envie de lui arracher ses vêtements et de lui hurler de continuer ce qu'il faisait mais le fait qu'il soit si attentionné et prévenant avec elle lui faisait aussi extrêmement plaisir.
Le tableau pivota, laissant entrer Harry, Ron et Hermione dans la salle commune qui allèrent directement s'installer vers une table reculée de la pièce. Depuis que Ron était sorti de l'infirmerie, ils passaient leur temps ensemble à converser à voix basse et lorsqu'on leur demandait la raison de leur départ dernièrement, ils restaient très vagues sur le sujet. Mais personne n'était dupe : tout cela avec sûrement un rapport plus ou moins direct avec le Vous-savez-qui. Une fois, Ginny avait pu entendre quelques bribes de leur conversation, notamment quelque chose à propos d'objets nommés « horcruxes » et lorsqu'elle avait interrogé son frère sur ce dont il s'agissait, il avait affiché un air médusé et lui avait hurlé de s'occuper de ses affaires et qu'il était préférable qu'elle aille faire ses devoirs pour améliorer ses notes au lieu d'écouter les conversations des autres. Heureusement pour lui, ils se trouvaient dans la Grande Salle à ce moment là et Ginny s'était donc empêchée de lui envoyer un sortilège de Chauve-Furie. Mais elle s'était promis de lui faire regretter ses grands airs mystérieux. Elle était vraiment pressée de voir la tête que ferait son frère lorsqu'il apprendrait qu'elle sortait avec Draco Malfoy.
Minute...Avait-elle songé de parler de Draco avec son entourage ? C'était un sujet qu'ils n'avaient jamais réellement évoqué en fin de compte. C'était implicite. Personne ne devait savoir qu'ils se voyaient. Le père de Draco désirait farouchement que son fils rejoigne les rangs du Lord noir et devienne, comme lui, un Mangemort, alors il était hors de question de causer plus de problèmes au Serpentard en allant crier partout sur les toits qu'ils sortaient clandestinement ensemble.
Et puis pour le moment, ils étaient discrets et personne n'avait l'air de se rendre compte qu'il se passait quelque chose entre eux, donc il était préférable que tout reste comme ceci. De toute façon, qui pouvait se douter de leur relation ? Quand bien même quelqu'un les croiserait dans les couloirs, seuls, la personne penserait immédiatement qu'ils étaient en train de se disputer ou quelque chose dans le même genre. Après tout, pourquoi la dernière des Weasley sortirait avait le fils unique des Malfoy ? Il était de notoriété publique qu'ils ne s'appréciaient guère et que leur famille, complètement opposée par leur position sociale et leur convictions, se détestaient.
Durant la semaine qui précéda le bal, Ginny eut le loisir de comprendre ce que Draco avait voulu dire par « Tu sais, moi aussi je peux jouer à ce jeu... ». Jusqu'à là, elle s'était dit qu'il plaisantait et ce, uniquement dans le but de lui faire comprendre qu'il avait compris le petit manège qu'elle avait fait avec Nate Bedingfield. En aucun cas, elle n'aurait pensé qu'il aurait tenté de la faire enrager tout au long de la semaine. Visiblement, il avait dans l'intention de la rendre jalouse de Greengrass, et cela avait plutôt bien marché.
Le regard brûlant de Ginny était à présent fixé sur Greengrass qui avait osé poser sa main sur le torse de son amoureux et qui riait à l'une des plaisanteries du Serpentard. Ce qui était tout à fait étonnant quand on savait que l'humour n'était pas le fort du Serpentard. Non, lui, soit il était sérieux soit il se payait votre tête. Mais cela Greengrass ne l'avait pas compris parce qu'elle n'était qu'une écervelée pimpante qui pensait pouvoir s'attirer les faveurs de Draco Malfoy.
Ginny, à cet instant, avait la très nette envie d'aller à leur encontre, demander à Greengrass d'ôter sa main manucurée du torse du Serpentard et d'aller voir ailleurs si elle y était. Elle voulait lui hurler que de toutes manières, c'était d'elle que Draco était amoureux et qu'il ne traînait avec elle que pour la rendre jalouse, elle. Mais comme la jeune fille ne pouvait rien faire de cela, elle se contenta de les assassiner du regard, façon Sugar, murmurant les pires injures à l'égard de la Serpentard. Cette situation avait l'air de beaucoup amuser Draco qui lançait des regards moqueurs disant « Qu'est-ce que je te disais ? » à la rousse lorsque Greengrass le collait d'un peu trop près.
Ce fut donc une Ginny furieuse qui se décida de l'ignorer. Elle faisait donc mine de ne pas les voir et s'intéresser à tout sauf à eux. Surtout à un Serdaigle de dernière année prénommé Nate. Ce qui, bien sûr, ne plut pas à Draco. Mais Ginny n'en avait que faire. S'il le désirait, ils pouvaient continuer ce duel enfantin, ce ne serait sûrement pas elle qui voudrait cesser les hostilités en première. Il en était hors de question. Elle gagnerait cette fois ! Sauf si cette emmerdeuse de Greengrass allait trop loin bien sûr et qu'elle se permettait de prendre certaines libertés à l'égard du blond. Dans ces cas-là, Ginny se chargerait personnellement de lui refaire le portrait et d'abîmer sa jolie figure. C'est sûr que ça la rendrait beaucoup moins attirante. Ensuite elle s'occuperait de Malfoy. A moins qu'elle commence d'abord par s'occuper du cas Malfoy avant de massacrer Greengrass ? Tant qu'ils disparaissaient tous les deux de la surface de cette planète, ça revenait au même non ?
« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda Ginny d'une voix lassée lorsque le Serpentard l'attira sous une tapisserie. « J'ai à faire. »
« Toujours aussi vexée à ce que je vois. » déduisit-il avec son coutumier sourire narquois.
Elle leva les yeux au ciel et répliqua :
« Tu as fini ? Je ne suis vraiment pas d'humeur à entendre tes sarcasmes aujourd'hui. »
Il sembla surpris qu'elle soit si hargneuse et avec détachement, demanda :
« Vraiment ? »
« Oui. » assura-t-elle. « Tu m'excuses je dois aller à la bibliothèque retrouver Nate. Tu sais, mon cavalier... »
Elle lui lança un regard hautain et ajouta :
« Mais je ne voudrais pas prendre ton précieux temps avec mes bêtises. Je suppose que tu as mieux à faire avec Greengrass. A plus. » lança-t-elle en tournant les talons.
Elle s'éloigna sans un regard pour le blond qui resta effaré devant cet affront. Ginny, satisfaite, prit la direction de la bibliothèque ou elle devrait retrouver Nate. En ce moment, elle ramait un peu au niveau scolaire et comme le Serdaigle était plutôt calé dans toutes les matières, il avait accepté de l'aider. Ils ne se connaissaient pas vraiment mais ces cours de rattrapages improvisés étaient une excellente occasion pour faire plus ample connaissance.
Ginny se sentait quand même un peu hypocrite : elle avait accepté d'être sa cavalière et profitait de lui pour se reprendre au niveau scolaire et cela lui donnait peut-être de faux espoirs.
Mais ils pouvaient très bien être amis, Nate était un garçon plutôt gentil, pas assez fougueux pour lui plaire certes, mais au moins, il n'était jamais sarcastique et quand elle lui parlait il n'affichait pas constamment un air narquois lui donnant l'impression d'être une pauvre idiote contrairement à d'autres.
Pour l'heure, elle était donc dans la bibliothèque, assise en face du Serdaigle qui avait gentiment accepté de l'aider à faire un devoir de Métamorphoses, qui était, en ce moment, la matière dans laquelle elle pataugeait le plus. Ses notes étaient passées de « Effort Exceptionnel » à « Piètre » en très peu de temps. Et honnêtement, les reproches et les critiques de McGonagall à son sujet ne l'aidaient guère à s'améliorer.
« Je ne sais pas ce que je ferais sans toi Nate. » remercia sincèrement Ginny en adressant au jeune homme son plus beau sourire. « Merci, vraiment. »
« Pas de quoi. » déclara-t-il en lui rendant son sourire. « Qu'est-ce qu'il y a ensuite ? »
« J'avais pris de l'avance en Runes donc je pense que ça va aller, mais il faut absolument que tu m'aides en Potions. »
« Si tu veux, on peut faire ça tout de suite. » proposa-t-il.
« Tu es gentil mais ça ne va pas être possible. Mon entraînement est sur le point de commencer et je n'ai pas mes affaires donc il faut que j'aille les chercher avant d'y aller. En plus Harry va me faire la peau si j'arrive encore en retard. » grimaça-t-elle en prenant son sac et en y fourrant pêle-mêle ses affaires à l'intérieur.
« Ah, très bien. » fit-il avec déception.
« On se voit au bal de toute façon non ? Merci encore. » remercia-t-elle une nouvelle fois.
Elle s'approcha de lui et l'enlaça d'une étreinte amicale avant de sortir de la bibliothèque en courant. Alors qu'elle s'apprêtait à grimper les escaliers quatre à quatre pour rejoindre sa salle commune, Leah apparut devant elle, son balai et sa tenue de Quidditch sous les bras.
« Comment je savais que tu allais être en retard et que tu devrais aller chercher tes affaires, je les ai prises pour toi » annonça Leah avec un sourire en lui tendant les affaires.
« Oh merci Leah, tu es vraiment un amour. » remercia Ginny avec reconnaissance en prenant son balai et sa tenue.
« Vas-y, tu vas vraiment être en retard ! »
« Je file, à tout à l'heure. » lança-t-elle en se remettant à courir.
Elle arriva en retard à son entraînement mais Harry, trop occupé à réprimander les batteurs ne le remarqua pas ou du moins, il ne fit aucune remarque.
Dès la fin de l'entraînement, elle voulut rentrer au château mais c'était sans compter un certain individu qui lui attrapa le bras et l'attira derrière un arbre, à l'abri des regards.
« Malfoy, j'apprécie le fait que tu aies toujours envie de me voir mais si tu pouvais éviter de me surprendre comme ça, ce serait génial. » assura Ginny en levant les yeux au ciel.
Il lui adressa un sourire contrit et demanda :
« On peut se voir ce soir ? »
« Tu veux qu'on enterre la hache de guerre ? » s'étonna-t-elle avec un sourire. « Tu as compris que tu n'allais pas gagner cette fois ? »
Le regard du Serpentard se fit plus perçant et il admit :
« Je préfère abandonner cette bataille plutôt que de te voir traîner avec de cet abruti. »
Le sourire de la jeune rousse s'élargit et une lueur victorieuse passa dans son regard.
« Hum...Je crois que ça ne va pas être possible. » s'excusa-t-elle en haussant les épaules, un peu mal à l'aise.
« Quoi ? »
« Il me donne des cours particuliers donc j'ai besoin de traîner avec lui. »
« Je sais, je t'ai vu à la bibliothèque. » informa Draco avec mépris.
« Tu m'espionnes maintenant ? »
« J'étais simplement en train d'étudier... » commença le Serpentard, mal à l'aise.
« Par pitié Draco, tu ne vas jamais là-bas, il faut toujours t'y traîner de force. » rappela Ginny en lui faisant comprendre qu'elle voyait clair dans son jeu.
« Peut-être que je n'étais pas là par hasard je l'avoue...mais tu l'as pris dans tes bras ! » lâcha-t-il d'un ton accusateur.
« C'était juste pour le remercier ! »
« Peut-être mais je ne crois pas qu'il l'ait pris comme ça ! Je veux dire, j'étais là quand tu es parti je peux te dire qu'il n'a pas eu l'air de s'en remettre. » lança Draco avec dédain.
« Tu es jaloux. » déclara Ginny.
« Non. » répliqua le blond, piqué au vif.
« Si. » insista la jeune femme avec un sourire moqueur
« Non. »
« Tu es borné en plus, c'est affolant. »
« Bon d'accord, je l'admets. Peut-être que je suis un peu jaloux. » reconnut Draco d'un ton irrité, comme si devoir reconnaître quelque chose comme cela le piquait dans sa propre estime.
« Tu n'es pas si irrécupérable que ça finalement, peut-être même que je parviendrai à faire de toi quelqu'un de sympathique. » railla-t-elle.
« Ne comptes pas là-dessus Weasley. »
« Le contraire m'aurait étonné. Alors ? »
« Alors quoi ? » s'étonna le Serpentard.
« On arrête ce petit jeu de gamin ? » proposa-t-elle. « Avec Nate...et ta greluche. »
« Avec ton abruti et Daphné tu veux dire. » rectifia le blond.
« Bien sûr. » ironisa la jeune fille.
Elle se dressa sur la pointe des pieds, l'embrassa furtivement et s'éloigna en direction du château.
« Je n'ai le droit qu'à ça ? » dit-il en s'appuyant nonchalamment contre le mur.
« Tu n'avais pas dis que tu voulais qu'on se voie ce soir ? » lança-t-elle sans se retourner.
D & G
Le soir du bal tant attendu arriva enfin, plongeant l'école dans une atmosphère joyeuse. Dans le dortoir de Ginny, c'était l'hystérie totale. Leah avait l'air d'une folle furieuse à courir de droite à gauche dans la chambrée et dans la salle de bain, complètement paniquée. Elle était persuadée de ne pas avoir assez de temps pour se préparer.
« Ginny, fais-quelque chose sinon je crois que je vais l'étrangler. » s'écria soudain Sugar, agacée par les plaintes de Leah.
Ginny referma son exemplaire de Sorcière-Hebdo et se dirigea vers la salle de bain avec lassitude. Elle s'appuya contre l'encadrement de la porte et observa Leah qui parlait tout de seule devant son miroir, tentant désespérément de mettre de l'ordre à ses cheveux.
« Je peux connaître la raison pour laquelle tu râles autant ? » interrogea la rouquine. « Il nous reste encore du temps, ce n'est pas la mort ! Sugar et moi ne sommes même pas habillées ! »
« C'est facile à dire pour vous deux, vous n'avez besoin de beaucoup de temps pour paraître jolies, vous êtes déjà tellement belles ! » répliqua Leah avec une pointe d'amertume dans la voix pendant qu'elle jetait un regard noir à la rouquine dans le miroir.
« Arrêtes tes bêtises...Franchement Leah, tu es ridicule. »
« Si tu le dis. De toutes façons, j'ai un objectif pour ce soir. » déclara la jeune fille.
« Et on peut savoir ce que c'est ? » interrogea la rousse.
« Je vais conclure avec Dean Thomas. » annonça Leah avec une détermination qui étonna Ginny.
Cette dernière tourna la tête vers Sugar et lança :
« Hé Sugar, devine quoi ? Leah a décidé de conclure avec Dean Thomas. »
« Dis-lui qu'elle ne va rien conclure du tout et qu'elle va passer sa soirée enfermée dans cette salle de bain si elle n'arrête pas de geindre. » répliqua Sugar.
Ginny se retourna vers Leah qui l'interrogeait du regard.
« Qu'est-ce qu'elle a dit ? » questionna-t-elle.
« Elle a dit ''Bonne Chance'' » mentit Ginny en aidant Leah à coiffer ses cheveux convenablement. « Tu es superbe »
Leah rougit.
« Tu dis ça pour me faire plaisir... »
« Non, tu es vraiment très jolie. Je pense que Dean ne va pas résister. » assura la jeune rousse, faisant rougir de plus belle son amie.
Elles retournèrent dans le dortoir et Sugar resta stupéfaite de Leah.
« Tu es très belle. »
Et comme Sugar n'était pas du genre à mentir pour ne pas vexer quelqu'un, Leah dut finir par les croire.
Deux heures plus tard, ce fut au tour de Sugar et Ginny de geindre qu'elles n'avaient pas assez de temps pour se préparer. Leah les observait avec amusement, l'air de dire « Je vous l'avais bien dit ».
« Si seulement tu oses faire un commentaire Leah, je t'envoie ma chaussure à la figure. » lança Sugar en adressant à Leah un regard oblique.
Cette dernière ouvrit de grands yeux innocents et répliqua qu'elle n'avait pas l'intention de dire quoi que ce soit.
Malgré toute l'agitation qui y régnait, elles parvinrent à quitter le dortoir des filles sans trop de difficultés. Ginny se glissa dans l'ouverture du portrait pour rejoindre Nate qui l'y attendait déjà. Dans un premier temps, lorsqu'elle passa devant lui, il ne sembla pas la remarquer et elle dut carrément se planter devant lui pour qu'il lui jette un coup d'œil. Ou plutôt qu'il ouvre la bouche de stupeur tout en la détaillant.
« Ginny tu es... » furent les seuls mots qu'il parvint à émettre.
La jeune fille dut se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas lui lancer qu'il avait intérêt à fermer la bouche s'il n'avait pas l'intention d'avaler une mouche. Elle finit par sourire et lui prendre le bras pour l'entraîner vers les escaliers.
« Tu es superbe. » acheva-t-il finalement.
« Tu exagères. » répliqua-t-elle en rougissant.
Pour sa part, elle se trouvait banale comparé aux autres filles qu'elle voyait passer, plus resplendissantes les unes que les autres. Elle était vêtue d'une longue robe noire qui bien que très simple ( elle n'avait pas les moyens de se payer quelque chose de magnifique de toutes façons ) qui avait au moins le mérite d'avoir un décolleté vertigineux. Mais ce qui attirait le plus le regard chez la jeune fille, c'était sûrement sa chevelure. Elle la portait comme seule parure et ses mèches rouges flamboyantes tombant en cascade sur ses épaules avaient presque un aspect féerique sous l'éclairage de l'école.
« Non, je t'assure. » déclara-t-il avec insistance.
Elle lui adressa un sourire et lui prit la main pour qu'ils se rendent dans la Grande Salle. La salle des banquets avait été complètement réaménagée, donnant à la pièce une allure plus joyeuse, presque grisante. Tout le monde avait l'air de s'amuser, oubliant le temps d'une soirée les horreurs de la guerre.
Ils furent rapidement rejoints par leurs amis respectifs et tout le monde fut émerveillé par la Grande Salle avec sa décoration bleu tendre en lien avec la saison hivernale. Le plafond magique laissait paraître le ciel rempli d'étoiles, marqué également par de grands lustres de verres suspendus au dessus de chaque table. Une vraie splendeur.
La pièce était déjà noire de monde et il fallait une certaine dose de patience pour pouvoir se frayer un chemin parmi les danseurs. Même si le bal n'avait débuté qu'une demi-heure auparavant, l'atmosphère était déjà électrisante.
Ginny sentit que Nate resserrait son étreinte sur sa main et l'entraînait à une table où se trouvaient déjà quelques élèves, de diverses maisons. Ginny acquiesça machinalement lorsque son cavalier l'informa qu'il allait leur prendre des boissons. Elle fut néanmoins rapidement entourée de ses amis et de quelques septièmes années dont son frère, Harry et Hermione.
« Tu es venue seule ? » interrogea Ron à Ginny d'un ton satisfait.
Elle hocha négativement la tête et Ron observa les environs, cherchant le type qui avait eu le culot d'inviter sa petite soeur. D'ailleurs quand Nate revint, le roux lui jeta des regards noirs et le jeune homme, jeta un regard perplexe à Ginny. Elle leva les yeux au ciel et secoua la main, lui signifiant de ne pas s'en faire avant de fusiller son frère du regard.
Il commença à lui faire la conversation, mais trop occupée à chercher Draco des yeux, elle ne l'écouta pas. Elle se mordit la lèvre inférieure, perplexe. N'était-il pas censé être déjà là ? Pourtant ses amis étaient déjà présents. Elle fronça les sourcils et un énorme doute envahit son esprit. Et si Greengrass l'avait emmené dans le parc et qu'elle essayait de le séduire ?
Heureusement pour ses battements de cœur, le Serpentard apparut, vêtu tenue de soirée, qui bien que sombre, restait très classe. Il avait l'air lassé, presque blasé et ne semblait par tenir rigueur des sourires enthousiastes et des paroles de la jeune fille, accrochée à son bras. Ginny laissa courir son regard sur cette dernière. Daphné Greengrass se pavanait sans aucun doute. Elle adressait des regards méprisants et supérieurs aux autres, et tenait le bras de Draco d'une façon que Ginny qualifia de très possessive et qui honnêtement, ne lui plut guère. Elle n'aimait pas l'attitude de cette fille. Elle agissait comme si Draco lui appartenait et qu'elle en avait l'exclusivité, lançant des airs hautains aux filles qui l'entouraient. La jeune fille fronça les sourcils et s'appuya contre le dossier de sa chaise, morose. Elle ne s'était jamais connue aussi jalouse, du moins elle ne l'avait jamais été avec ses précédents petits-amis. Pourtant avec Draco, c'était différent. Elle devenait presque paranoïaque tellement le fait qu'il puisse s'intéresser à d'autres filles la bouleversait.
Nate l'invita à danser et bien qu'elle accepta avec enthousiasme, son sourire était de façade. Les filles se pressaient autour de Draco et il les accueillait toutes avec ce sourire charmeur qu'elle détestait sauf quand c'était à elle qu'il était adressé bien sûr. ) Elle savait que c'était un trait de sa personnalité, qu'il ne pouvait pas s'empêcher d'être séducteur mais elle n'appréciait pas pour autant.
« Quelque chose ne va pas ? » demanda soudain son cavalier en la faisant tourner.
Elle lui adressa un regard d'incompréhension. Elle ne pensait pas que son visage ait pu refléter ses sentiments aussi facilement.
« Tout va bien, pourquoi ? » feignit-elle de s'étonner.
« Tu as l'air ailleurs, quelque chose te préoccupe peut-être ? » interrogea Nate.
« Non...Il n'y a rien » assura-t-elle avec un sourire.
Elle tenta de paraître enthousiaste pendant le reste de la soirée, bien que le cœur n'y soit pas. Sugar remarqua immédiatement son trouble et attendit qu'elles soient seules avec Leah pour aborder le sujet :
« Qu'est-ce qui se passe Ginny ? Ne me dis pas qu'il n'y a rien, je te connais ! »
Ginny haussa les épaules.
« Je ne sais pas...Toutes ces filles qui tournent autour de lui, je panique. » dit la rousse. « J'ai l'impression qu'il m'ignore en plus. »
« Mais c'est normal non ? Je veux dire, vous devez faire comme si vous vous détestiez... » rappela Leah.
« Je sais, mais il ne m'a même pas regardée une fois ! » accusa Ginny.
« Peut-être que vous ne vous regardez pas au même moment. » proposa Leah, dans une tentative d'humour.
Cette thèse parvint à arracher un sourire à Ginny. Les trois jeunes filles se tournèrent vers la table où était installé Draco avec ses amis. Greengrass tentait visiblement d'attirer son attention par tous les moyens.
« Regardez-là, toujours à se pavaner, cette espèce de grosse traînée... » siffla Ginny.
« GINNY ! » hurla Leah, les yeux exorbités tellement elle était choquée. « Ne sois pas vulgaire ! »
« Mais quoi ? Tu la vois bien en train de se coller à lui...Oh si je pouvais l'étriper cette sale profiteuse... »
« Mais tu vas arrêter ! Tu commences sérieusement à m'inquiéter là... » déclara Leah tandis que Sugar riait devant la réaction de Ginny.
Heureusement, Draco ne semblait pas réceptif aux attentions de Greengrass et était penché vers son ami Zabini, visiblement très sérieux.
« Il l'ignore complètement. » fit remarquer Sugar.
La rouquine hocha la tête et elle se mit à plaisanter avec ses amis sans s'inquiéter davantage de ce que Draco faisait. Elle parvint même à s'amuser avec Sugar en observant Leah avec Dean Thomas et les tentatives de la jeune fille pour le charmer.
« Tu crois que c'est bien parti ? » interrogea Ginny.
« Je ne sais pas... » répondit Sugar. « Il n'a pas l'air très emballé... »
La rouquine s'apprêta à opiner lorsqu'une main se posa sur son épaule. Elle se tourna et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle vit qu'il s'agissait de Draco. Toutes les conversations de la table avaient cessé et les Gryffondor fixaient avec mépris le Serpentard. Qu'est-ce qu'il venait faire près d'une table occupée essentiellement par les rouges et ors et aborder d'une façon si familière l'une des leurs ?
Ginny lui lança un regard troublé, ne sachant pas très bien ce qu'il attendait d'elle. Draco, sans se préoccuper des regards haineux des condisciples de la jeune fille, lui prit la main.
« Weasley. Tu danses ? » dit-il.
Ginny, surprise, lui adressa un regard signifiant « Qu'est-ce qui te prends ? ». Un sourire cynique se dessina sur les lèvres du jeune homme et sans lui demander son avis, il l'emmena vers la piste de danse.
Tous les regards étaient rivés vers eux. Ron, choqué de voir sa soeur dans les bras de Malfoy, devint rouge de fureur. Il était prêt à se lever et fondre sur Malfoy pour arracher les mains que cette fouine avait osé poser sur le corps de son unique sœur. Pourtant Hermione le retint.
« Ce n'est pas la peine de causer des problèmes. Tu sais très bien qu'il ne fait cela que pour nous chercher. » déclara la préfete-en-chef. « Malfoy doit être en train de lui lancer des piques et puis elle n'est pas du genre à se lasser faire... »
Pourtant, Ron, Harry et le cavalier de Ginny fixaient des yeux noirs sur Malfoy et la rousse. Hermione leva les yeux au ciel pendant que Sugar esquissait un sourire énigmatique en regardant son amie dans les bras du Serpentard.
« Je ne peux pas croire que Malfoy ait osé inviter ma soeur à danser ! » grinça Ron en dardant un regard mauvais en direction de Draco.
« Moi non plus. » renchérit Harry, sombrement.
« C'est avec moi qu'elle devrait danser. » ajouta Nate, dégoûté de voir sa cavalière dans d'autres bras que les siens.
Les deux autres se tournèrent vers lui et Ron, les sourcils froncés, l'interrogea :
« Et d'ailleurs qui es-tu toi ? Et d'où tu connais ma soeur ? »
Il ne pouvait pas s'en empêcher : il voulait connaître tous les garçons qui approchaient un peu trop de sa soeur et s'assurer qu'ils ne profitaient pas d'elle.
Alors que Nate était en plein interrogatoire, Ginny n'en menait pas large non plus sur la piste. Draco l'avait fermement attrapé par la taille et lui avait murmuré :
« Tu es incroyablement belle ce soir... »
La jeune fille rougit et lui répondit :
« Tu es fou...fou de m'inviter à danser. » ajouta-t-elle lorsque le Serpentard haussa un sourcil. « Mon frère va te tuer. »
Le jeune homme sourit à cette déclaration et sa main caressa tendrement le dos de sa partenaire, dessinant de légers arcs avec son pouce.
« Tu sais que je risquerais tout pour toi ma belle. » assura-t-il avec son sourire séducteur.
Si Ginny avait assimilé quelque chose à propos de Draco c'était qu'il savait jouer avec les mots. Elle esquissa un léger sourire et avec mauvaise foi, répliqua :
« J'espère que tu n'as pas dit ça à toutes les filles avec qui tu as dansé. »
Il sourit à nouveau, constatant que le côté jaloux de la jeune fille avait refait surface. Comme la musique changeait pour adopter une cadence plus lente, il en profita pour la rapprocher de lui et de resserrer son étreinte sur sa taille.
« Ginny, tu sais très bien qu'il n y a que toi...Et si il n'y avait pas tout ce monde autour de nous, je te prouverais à quel point tu es la seule qui m'intéresse. »
Inutile de décrire les effets que pouvaient avoir cette déclaration sur une jeune fille de seize ans. Elle leva les yeux vers le jeune homme et lorsque leurs regards se croisèrent, elle n'eut pas besoin de dire quoi que ce soit. La lueur dans ses yeux en disait déjà beaucoup.
« Je crois que tu vas en avoir l'occasion, ce soir... » informa Ginny, mystérieuse.
Elle lui adressa un sourire énigmatique puis déclara :
« Je t'aime et je m'excuse à l'avance pour ce que j'ai l'intention de faire. »
Un air d'incompréhension se dessina sur le visage Serpentard, très vite remplacé par de la surprise lorsque Ginny lui asséna une claque retentissante.
« Tu n'es vraiment qu'un crétin, Malfoy ! » s'écria-t-elle de vive voix, attirant tous les regards vers elle. « Ne t'avise plus jamais de m'insulter de la sorte ! »
Son ton était furieux, ce qui contrastait avec le regard empli de tendresse qu'elle lui destinait. Elle fit volte face et retourna auprès de sa table d'une démarche vive, feignant d'être irritée.
« Quel idiot ce type » s'exclama-t-elle en s'asseyant à côté de Sugar.
Tout le monde opina vivement et Sugar se pencha vers son amie
« Jolie comédie... » commenta la jeune fille.
Ginny hocha la tête et reporta son attention sur Draco qui avait posé la main sur sa joue endolorie, amusé. La rousse dut se mordre l'intérieur de la joue pour s'empêcher d'éclater de rire. Leah revint auprès d'elles et se laissa choir sur sa chaise, visiblement irritée.
« C'est le plat total. Ou ce type est tout simplement débile pour ne pas comprendre que je le drague ou bien je ne l'intéresse pas et dans ce cas-là, je ne comprends pas pourquoi il m'a invitée ! » s'exclama-t-elle, exaspérée.
« Je suis bien venue au bal avec Nate, sans qu'il m'intéresse pour autant. » fit remarquer Ginny en haussant les épaules.
« Ginny, s'il-te-plaît, tu lui fais croire qu'il t'intéresse ! » répliqua Leah en levant les yeux aux ciel.
« Pas du tout ! »
« Merlin, il suffit de te retourner et voir son regard de sombral battu pour comprendre qu'il attend quelque chose ! »
La rousse se retourna et constata qu'en effet, Nate la regardait d'un air affligé.
« Vous croyez que je devrais lui dire ? »
« Honnêtement ? Oui. Bon les filles je vous laisse. » ajouta Sugar lorsque Ezra lui proposa de danser.
« Alors j'y vais. » se résolut Ginny en se levant pour aller s'asseoir à côté de son cavalier qu'elle avait un peu négligé pendant la soirée.
Elle lui adressa un sourire maladroit, ne sachant pas très bien comment elle devait avouer la chose sans faire trop de dégâts. Elle décida tout de même de se lancer :
« Écoute Nathan, il faut que je te dise la vérité. Je crois que j'ai peut-être un peu trop abusé de ta gentillesse... » commença-t-elle avec une certaine gêne.
Il parut surpris et elle continua :
« Je ne crois pas me tromper si j'affirme que je te plais ? »
Il secoua la tête et ses joues prirent une jolie teinte rouge.
« Et bien en fait, ce n'est pas réciproque. Ça n'a rien avoir avec toi, je veux dire, tu es quelqu'un de génial mais la vérité c'est que... »
« Il y a quelqu'un d'autre ? » proposa le Serdaigle.
« Je...Oui on peut dire ça comme ça... » admit-elle. « Je suis désolée si je t'ai donné de faux-espoirs. »
Le jeune homme sembla être déçu mais son regard se fit compréhensif. Il haussa les épaules et déclara :
« J'imagine que je devais m'y attendre. »
Ginny soupira et s'excusa une nouvelle fois avant de se lever et de s'éloigner. Elle espérait ne pas avoir manqué de tact. Et si c'était le cas et bien tanpis.
La jeune fille se fraya un chemin dans la foule, tentant de se rapprocher de Draco. Elle passa juste à côté de lui et pressa discrètement sa main au passage. Ses yeux plongèrent dans les siens et Ginny lui adressa un regard suggestif. Il hocha subrepticement la tête et détourna les yeux tandis que Ginny s'éloignait en direction des portes de la Grande Salle. Le Hall était silencieux et une légère brise venant des immenses fenêtres lui caressait la peau.
Elle croisa les bras, frissonnante, et s'adossa contre l'une des grandes colonnes du Hall. Comme au bout d'un quart d'heure le Serpentard n'arrivait toujours pas, elle décida de retourner dans la Grande Salle. Elle s'apprêtait à se diriger vers les Grandes Portes lorsque sa majesté daigna se présenter comme si de rien n'était, le sourire aux lèvres et les mains dans les poches.
« Daphné et Pansy. » la devança-t-il alors qu'elle était sur le point de lui demander la raison pour laquelle il avait mis tout ce temps pour arriver.
Elle lui fit signe qu'elle comprenait et l'attira dans un coin plus isolé, à abri des regards indiscrets. Elle put alors se permettre de faire ce dont elle mourrait d'envie depuis le début de la soirée, c'est-à-dire l'embrasser.
« J'en avais trop envie. » avoua-t-elle en enlaçant sa nuque pour l'embrasser langoureusement.
« Je vois ça. » dit-il, amusé.
Il la serra contre lui et répondit à son baiser avec ardeur. Il fallait dire qu'il la trouvait particulièrement délicieuse dans cette robe noire.
« Allons dans ta chambre. » proposa-t-elle, contre ses lèvres.
« Maintenant ? » s'étonna-t-il.
« Oui maintenant, je croyais que tu voulais me montrer à quel point je suis la seule qui t'intéresse. » rappela la Gryffondor.
Draco eut envie de lui répliquer que s'il avait l'intention d'appliquer ce qu'il mourrait d'envie de faire avec elle, elle n'aurait peut-être pas été d'accord. Mais le regard enjôleur qu'elle lui adressa le força à la suivre sans aucune protestation.
Dès qu'il eut fermé la porte derrière eux, la jeune fille reprit immédiatement ses lèvres et les fit reculer vers le lit. Elle s'installa à califourchon sur lui et entreprit de parsemer son visage de baisers.
Le Serpentard lui enlaça la taille d'un bras pour la rapprocher de lui et passa son autre main dans les cheveux de la jeune fille. Celle-ci se dirigea à nouveau vers les lèvres du jeune homme et leurs langues se caressèrent avec fougue. Sans lâcher les lèvres du Serpentard, elle fit descendre ses mains vers son torse et elle commença à ouvrir les boutons de sa tenue d'un geste fébrile. Une fois qu'elle enleva le dernier bouton, ses mains parcoururent le torse du jeune homme avec lascivité.
Le Serpentard ne put que constater qu'elle était particulièrement fougueuse et cela n'était pas pour lui déplaire. Il se permit d'être un peu entreprenant dans ses caresses et comme elle ne sembla pas vouloir protester, il s'enhardit. Il entreprit d'abord d'inverser leurs positions et se retrouva au dessus d'elle. Leurs regards se croisèrent et Ginny avoua :
« J'ai envie de toi... »
Elle avait dit cela d'une voix légèrement rauque qui eut effet de le rendre fou. Néanmoins il fut surpris qu'elle soit aussi directe.
« Tu es sûre que c'est ce que tu veux ? » se risqua-t-il à demander, se promettant de se tuer pour avoir posé cette question si jamais elle se rétractait. »
Elle hocha la tête en répliquant qu'ils attendaient cela depuis déjà trop longtemps. Le regard qu'ils échangèrent alors se passa de mot et ils n'avaient plus qu'une envie : se prouver à quel point ils s'aimaient.
D & G
Le lendemain, lorsqu'elle s'éveilla, Ginny se glissa immédiatement dans les bras du jeune homme. Elle n'arrivait pas à se résoudre au fait de ne plus le voir pendant deux semaines. Aujourd'hui, les élèves pouvaient rentrer chez eux pour passer les vacances de fin d'année chez leur famille et c'est ce qu'ils avaient l'intention de faire. Or, elle ne voulait plus être séparée de lui, surtout pour une période aussi longue. Deux semaines ! Cela lui semblait tellement loin. C'était peut-être prématuré, mais elle savait qu'elle avait envie de passer le reste de sa vie avec lui et de se réveiller tous les matins de son existence blottie contre lui. Cette nuit avait été tellement parfaite. Elle avait l'impression d'être réellement une femme lorsque les yeux et les mains du jeune homme parcouraient son corps avec désir et même si elle rougissait en pensant à cela, le sentir profondément enfoui en elle avait été une expérience tellement plaisante qu'elle avait eu envie de recommencer aussitôt.
Elle soupira et se retourna pour pouvoir se pencher au dessus du sol. Mais les bras de Draco lui attrapèrent la taille et elle se sentit attirée contre son torse.
« Où vas-tu ? » interrogea-t-il d'une voix ensommeillée en la serrant contre lui.
« Je n'allais pas partir. » fit remarquer Ginny avec un léger rire. « Je voulais juste voir l'heure ! »
Il desserra son étreinte et elle put se pencher au dessus du sol de la pièce pour chercher sa montre.
« Je retourne dans mon dortoir dans une demi-heure. »
« Parfait. » répondit-il simplement.
Elle haussa un sourcil, ne comprenant pas ce qu'il pouvait trouver de si '' parfait '' mais elle finit par le deviner lorsqu'il l'attira vers lui pour une autre séance de câlins.
Ce ne fut donc pas une demi-heure mais bien une heure plus tard que Ginny sortit de la pièce après avoir dit au revoir à son petit-ami comme il le fallait. Elle était encore sur un nuage et tout ce qui se passait autour d'elle lui semblait réellement dérisoire.
Quand elle entra dans son dortoir, elle lança un « bonjour » distrait à Leah qui faisait son lit et se dirigea vers son lit pour s'y allonger, pensive. Leah lui jeta un regard par-dessus son épaule et demanda :
« Tu étais avec Malfoy ? »
La rouquine se redressa et acquiesça, rougissant légèrement. Détail, qui bien sûr, n'échappa pas à Leah.
« Pourquoi est-ce que tu rougis ? Ne me dis pas que... » commença la jeune fille en fronçant les sourcils.
Soudain, comme si elle venait de comprendre quelque chose de surprenant, elle ouvrit la bouche de stupeur.
« Vous...vous...Vous avez couché !? » hurla-t-elle.
Ginny hocha timidement la tête et avant qu'elle n'ait eut le temps de dire '' Quidditch '', Leah bondit se retrouva sur son lit.
« Merlin ! Tu vas tout me raconter petite coquine ! SUGAR » s'exclama-t-elle.
Cette dernière sortit de la salle de bain et demanda à Leah ce qui se passait.
« Ginny...Malfoy...ils ont... » bégaya Leah, trop surexcitée pour parvenir à formuler une phrase correcte.
Sugar ouvrit des yeux ronds et détailla Ginny avec effarement.
Et pendant le reste de la matinée, elle dut raconter à Leah en détail et en avant-première sa nuit avec Draco. Elle se contenta néanmoins de lui exposer le minimum, estimant que cela ne regardait qu'elle et Draco.
Le retour des élèves dans leur foyer avait été organisé par l'Ordre du Phoenix. Le Poudlard Express avait donc été réquisitionné pour accompagner les élèves à la gare dans laquelle ils seraient pris en charge par leurs parents.
Une fois installée avec ses amis dans l'un des compartiments du train, Ginny demanda à Leah comme s'était passé sa fin de soirée avec Dean.
« Il m'a carrément lâché pour aller discuter Luna Lovegood. Non mais tu te rends compte, Luna Lovegood ? » siffla-t-elle avec humeur. « Mais ce n'est pas le meilleur, ton cavalier a apparemment lui aussi jeté son dévolu sur moi, Ginny. »
La rouquine éclata de rire et Aaron lâcha son commentaire :
« A croire que tu devras te contenter de restes de Ginny. »
Leah lui lança un regard mauvais et croisa les bras, vexée.
« Je plaisante. » dit Aaron en riant. « Et puis si on suit mon raisonnement, tu devrais aussi avoir Potter. »
Leah haussa les épaules mais un petit sourire naquit sur ses lèvres.
Le reste du voyage se déroula sans encombres et lorsqu'elle descendit du train, Ginny aperçut immédiatement sa mère, son frère Bill et sa belle-sœur Fleur sur le quai. Molly Weasley la gratifia de son éternelle étreinte maternelle et Fleur commença à lui raconter des choses dans un franglais tout à fait incompréhensible. Ils furent bientôt rejoints par Harry, Ron et Hermione qui dès leur arrivée, se retrouvèrent également dans les bras de Molly.
« Alors petite soeur, tu t'es bien amusée hier soir ? » interrogea Bill alors qu'il serrait à son tour sa soeur dans ses bras.
Cette dernière ouvrit de grands yeux, stupéfaite. Il ne pensait tout de même pas à ça ?
« Quoi ? »
« Il y a eu un bal hier soir... » rappela Bill, visiblement surpris de sa réaction.
« Ah ça...Oui c'était bien. » répondit la rousse en rougissant.
Le bal n'était pas le premier souvenir qui lui venait en tête concernant la soirée de la veille.
« J'espère qu'aucun garçon n'a embêté mon adorable petite soeur. » lança-t-il, l'air faussement sérieux.
Si tu savais, ne put s'empêcher de penser Ginny.
« Non, Ron était là pour veiller au grain. » assura-t-elle avec un sourire candide, s'attirant le regard attendri de Fleur. « Je reviens, je dois aller dire un mot à une amie. »
Elle avait vu Draco descendre du Poudlard Express, visiblement seul, et ne put pas résister à l'envie d'aller lui voler un dernier baiser avant son départ.
« Draco ! » appela-t-elle lorsqu'elle arriva près de lui.
Il se retourna et lui adressa un sourire. Mais lorsqu'il s'apprêta à lui parler, une jeune fille bondit sur lui.
« DRRRACO ! » hurla-t-elle avec un accent slave très prononcé.
Le jeune homme parut soudain très mal à l'aise et la repoussa.
« Qu'est ce que tu fais là ? » demanda-t-il, sèchement.
« Je suis venue avec ta mèrrrrre » répondit la jeune femme en passant un doigt dans ses longs cheveux blonds cendrés.
Ginny était restée légèrement en retrait, se contentant d'observer la scène qui se déroulait devant elle. Draco lui jeta un regard bref, visiblement gêné. La nouvelle venue, suivant son regard, se tourna également vers Ginny. Elle lui lança un sourire éblouissant et tendit sa main, pour se présenter.
« Bonjourrr ! Je suis la fiancée de Drrraco. » dit-elle en jetant au jeune homme un regard amoureux.
Elle lui donna son nom, mais trop choquée, Ginny ne l'entendit même pas.
« Et toi ? » demanda-t-elle.
La Gryffondor resta stupéfaite sous le coup de cette révélation inattendue. Son visage s'était décomposé et elle sentit que quelque chose venait de se briser en elle.
« Apparemment, je ne suis personne. » déclara-t-elle avec douleur en levant les yeux vers Draco qui semblait avoir perdu toute couleur.
Elle venait de tomber de son petit nuage et le moins qu'on puisse dire était que le choc était rude.
Fin du Chapitre
Disclaimer : Tout appartient à la très créative JKR, personnages, lieux et univers. Je ne fais qu'emprunter ses héros pour les malmener un peu.
Note : Voici la suite ! Il est vraiment tard pour que je déblatère pendant des heures alors je vais simplement dire une grand MERCI à toutes mes revieweuses. Vos commentaires m'encouragent et me carburent, sisi ! Je tiens vraiment à cette fic dans la mesure où ce couple est mon favori et que les fanfictions sur eux sont très peu nombreuses. Bonne Lecture !
