Salut tout le monde ! Ça faisait TRES longtemps que je n'avais pas publié, et je m'en excuse. Je me suis tout simplement retrouvé à court d'inspiration, donc ça a pris du temps. Mais me revoilà ! Bonne lecture !
Chapitre 12
-Ah, Komui ! Te voilà enfin ! S'exclama Reever en apercevant son collègue.
-Salut Reever, répondit le chinois, pour une fois assez sérieux, ce qui surprit l'autre scientifique.
-Tu as l'air assez anxieux. D'ailleurs, tu es beaucoup absent en ce moment. Quelque chose ne va pas ?
-Rien de bien sérieux. Ma petite sœur est malade et ça m'inquiète.
-Ah, ça va alors ! Tu fais toujours aussi attention à ta sœur, n'est-ce pas ?
Komui sourit.
-Pour changer complètement de sujet, où en êtes vous des analyses de l'ADN retrouvé sur le pull ? Ça semblait assez important à t'entendre.
Il espérait de tout son cœur que les résultats ne soit pas encore arrivés, sinon, ils allaient s'en prendre à la Congrégation pour ramener Kanda. C'était une chance inespérée de ramener les 3 premiers patients du virus AKUMA et d'étudier le comportement de celui-ci sur trois souches différentes. Et il devait les en empêcher.
-C'est très important je pense, répondit Reever. Peut-être que ça nous mènera jusqu'à une personne proche de l'enfant. Enfin bref, quoi qu'il en soit, ça ne risque pas d'arriver tout de suite, la section d'analyse m'a bien dit que ça prendrait minimum deux jours ! Et dans le meilleur des cas !
-C'est vraiment n'importe quoi ! Répondit Komui sur le même ton. Pour quelque chose d'aussi important, ils devraient se dépêcher un peu !
-Tu as totalement raison ! S'emporta Reever. Mais avec leurs histoires de sous-effectif et de surcharge de travail, voilà où ça nous mène, nous, les scientifiques !
Komui hocha vigoureusement la tête d'un air convaincu. Il détestait mentir de cette manière, mais d'une certaine façon, il appréciait Reever qui ne manquait pas de compassion et était vraiment brillant.
-Bon, je dois aller voir comment va le garçon, finit-il par dire. C'est mon boulot après tout.
-Je crois que maintenant, tu vas aussi devoir t'occuper du patient 0, dit Reever. Il a été transféré dans la chambre du petit alors je crois qu'il vont le rajouter à ton planning.
-D'accord. Bon, et bien je suppose que cela me donne une raison supplémentaire de me dépêcher. À toute à l'heure.
Toujours avec un sourire aimable, il s'éloigna. En vérité, il sautait de joie. Se voir confier le patient 0 était une excellente opportunité d'en apprendre plus sur ce que cachait l'hôpital gouvernemental et surtout le boss de l'établissement, qu'il n'avait jamais pu rencontrer en personne. Il avait toujours eu affaire à ses subordonnés.
Arrivé devant la porte de la chambre de Akeno, il vérifia discrètement si il n'était pas suivi et glissa son badge d'accès dans la fente de l'appareil qui contrôlait l'entrée. Tandis qu'il franchissait la porte, l'odeur de javel typique des hôpitaux lui envahit les narines.
-Komui ! S'exclama Akeno en le voyant apparaître.
L'enfant tenta de se lever mais Komui l'en empêcha.
-Non, tu reste couché ! Allez, je vais te faire un bilan médical.
Il avait dit ça d'une voix forte pour les caméras de sécurité qui se trouvaient derrière lui. Heureusement, il connaissait leur angle mort et il allait en profiter.
Il s'assit aux côtés de Akeno / Tokusa et tourna le dos aux caméras.
-Donne moi ton bras.
Le jeune patient s'exécuta. Komui lui enserra le bras dans le tensiomètre et profita des quelques secondes nécessaires à l'engin pour faire ses calculs pour faire glisser un petit mot de sa manche.
Akeno fixa le bout de papier quelques secondes puis cligna très distinctement des yeux pour montrer qu'il avait bien compris.
Ils ne sont pas tes amis. Ne parle pas de la Congrégation. Comporte toi comme un enfant.
Heureusement, Akeno / Tokusa avait l'habitude de se comporter comme un enfant. Peu de gens savaient son âge réel et à moins d'être au courant, il était presque impossible de deviner qu'il était en fait un jeune adulte. De la même manière, il savait lire et écrire, mais il faisaient comme si ce n'était pas le cas. Cela pouvait s'avérer très pratique dans certaines situations, comme maintenant.
Le tensiomètre émit un petit bip.
-Et bien dis moi, tu es un peu anxieux, non ? S'exclama Komui avec un grand sourire. Ta tension est à 13, ce n'est pas bien, Akeno !
-C'est beaucoup, 13 ? demanda Akeno avec un adorable sourire.
-Un peu, oui ! Il faut que tu te repose et que tu t'amuse !
Komui pouvait se targuer d'être un excellent acteur. Jouer l'idiot était sa spécialité, depuis qu'il avait compris que Lenalee était beaucoup plus attentionnée avec lui quand il le faisait.
-Dis, dis, je peux avoir des jouets ? S'enquit Akeno. Parce que je ne peux pas m'amuser sans jouets !
-C'est vrai mon grand ! Approuva Komui. Je vais demander à ce qu'on t'en amène, d'accord ?
-Ouais !
Il se leva. Il ne pouvait pas s'attarder plus longtemps ici, c'était dangereux. Et il devait se débarrasser du message. Si on le surprenait avec ça, il était mal, très mal. Il risquait même de se faire tuer. Non, après réflexion, il était sûr de se faire tuer.
Il allait sortir quand la porte s'ouvrit dans son dos.
-Komui, viens m'aider ! Demanda Reever. Ce lit est très dur à manipuler.
Il était en effet en train d'essayer de bouger un lit mobile très imposant.
-C'est quoi, tous ces tubes ? S'étonna t-il en se précipitant pour aider son collègue.
-Ah, ça… soupira Reever en s'essuyant le front. Bonne question. Ce sont les scientifiques du premier niveau qui s'occupent des expériences sur lui. Nous, on doit juste le maintenir en vie entre chaque session.
-Alors c'est lui, le fameux patient 0, dit Komui. Je me sens… comment dire… un peu excité et ému à la fois.
-Pourquoi ça ?
-Et bien… ça fait quelques temps que je suis ici, à cohabiter avec le virus AKUMA. C'est presque une légende et ça a toujours été là pour moi. Et là, je vois enfin le premier cas. Tu comprends ?
-Oui, je comprends mieux à présent, sourit Reever. Franchement Komui, tu es étrange. On dit que les scientifiques ne peuvent pas faire preuve de sensibilité, mais tu es l'exception qui confirme la règle.
-Je pense que c'est faux ! Contra Komui en calant le lit contre le lit. Il y a toi aussi !
Reever éclata de rire et Komui se força à se détendre.
Des bruits de sanglots attirèrent leur attention. Akeno était monté sur le lit pour voir de plus près son camarade de chambre et s'était mis soudainement à pleurer.
-Akeno.. ? Murmura Komui en s'approchant de lui.
Akeno / Tokusa pleurait à chaudes larmes et ne semblait plus pouvoir s'arrêter.
-Allez, vi…
L'enfant se dégagea brutalement de l'étreinte du chinois qui essayait de l'entraîner plus loin de Alma, toujours sous oxygène.
-Laissez moi tranquille ! Hurla Akeno. Je… je…
Il se jeta au cou de Alma.
-Je ne veux pas être séparé de lui ! Je l'ai pas vu…. Depuis… Oh, qu'est-ce qu'ils lui ont fait ?!
-Vite, une dose de morphine ! Réclama Komui.
Akeno devait se calmer au plus vite, ou il courrait à la catastrophe. Il risquait de dire quelque chose de vital sous l'emprise de la tristesse.
Reever farfouilla dans un tiroir et lui donna. Komui dut attraper Akeno de force avant de le piquer, tout en espérant qu'aucune bulle d'oxygène ne se soit formée à l'intérieur de l'aiguille.
-Pitié… geignit Akeno / Tokusa. Alma…
Alors qu'il sombrait dans l'inconscience, il tenta d'attraper la main de Alma. Komui s'empressa de l'y aider.
Le corps de l'enfant se fit plus lourd dans ses bras et il comprit qu'il s'était endormi.
-Recouchons le, murmura t-il.
Le sentiment d'urgence s'était évanoui de son esprit. Tout son être voulait rester auprès de Akeno pour le rassurer quand il se réveillerait, mais son travail était fini ici pour le moment, et ça paraîtrait suspect si il s'attardait trop.
-Je dois y aller, annonça t-il. Tu te charge du reste ?
-Ouais, vas-y, t'inquiètes, répondit Reever.
Komui prit bien le temps de regarder Alma avant de s'en aller, afin de mémoriser chaque trait de son visage pour pouvoir le reconstituer à Kanda une fois rentré à la Congrégation.
…
-Komui !
Komui sursauta et jeta l'emballage de bonbon vide qui contenait aussi le message qu'il avait donné à Akeno, et il se sentit instantanément délivré d'un poids.
-Tyki, dit-il. Je peux faire quelque chose pour vous ?
Le regard supérieur de l'homme en face de lui le rendait malade. Les scientifiques du premier niveau se croyaient au dessus des autres chercheurs de l'hôpital gouvernemental, déjà parce que c'était vrai, mais aussi parce qu'il recevaient leurs ordres directement du Comte, qui avait fondé l'établissement. Quoique, Tyki était un des moins pire.
-En effet, répondit Tyki. J'ai entendu dire que vous habitez près d'ici, et j'ai besoin d'un endroit pour travailler après les heures de services. Vous n'y voyez pas d'inconvénients ?
Komui sentit venir le piège à des kilomètres et le sentiment d'insécurité lui remonta à la gorge. Alors comme ça, l'hôpital avait compris qu'il était espionné ?
-Euh… je n'ai pas l'habitude de ramener du travail à la maison, mais… je peux faire une exception pour vous, bien sûr. Par contre, je vis avec ma petite sœur, ce n'est pas un problème, j'espère ?
Il détestait faire ça, mais il devait louer un appartement près de son lieu de travail pour ne pas éveiller de soupçon, et Lenalee y passait de temps en temps, puisqu'elle était mentionnée dans son livret de famille. Il aurait vraiment préféré utiliser l'argent du loyer pour les orphelins de la Congrégation, mais c'était ça ou mourir.
-Votre sœur n'est pas un problème, assura Tyki avec un sourire moqueur. Vous êtes sûrement le seul homme que je connaisse qui ne ramène rien de son travail chez lui.
Komui éclata de rire devant le regard suspicieux du brun.
-Je sais, on me le dit souvent ! Mais ma petite sœur adorée ne supporte pas que je la laisse de côté ! Déjà qu'elle me reproche de passer toutes mes journée au travail, elle serait sûrement encore plus furieuse si j'osais faire ça ! Elle ne me laisse même pas prononcer le mot « travail » à la maison !
-On dirait que c'est elle qui commande alors… sourit Tyki.
-Oui, elle sait que je ne peux pas me passer de son café ! S'exclama Komui. Donc… on y va maintenant ?
-Pas de problème ! Allons-y !
…
-Mais enfin grand frère, tu aurais pu me prévenir que tu amenais un invité ! Protesta Lenalee en posant la marmite fumante sur la table. J'aurais préparé quelque chose de plus convenable !
-Ne vous dérangez pas pour moi, belle demoiselle… susurra Tyki. Un rien me convient vous savez…
Lenalee gloussa.
-Servez vous alors !
Elle se détourna et fit une grimace, que personne ne vit bien entendu. Elle détestait faire la pimbêche !
Komui se retint de hurler. Ce malotru osait draguer sa Lenalee devant lui !
-Vous ne mangez pas avec nous ? S'étonna Tyki, en la voyant s'affairer dans la cuisine.
-Oh, mais non ! S'exclama Lenalee.
-Si c'est parce que je suis là…
-Oh non, ce n'est pas ça du tout ! Le coupa la chinoise. C'est juste que… je mange plus tard que mon frère c'est tout ! Il rentre toujours épuisé de son… travail qui lui prend toute la journée, et il rentre pour dormir, alors il mange très tôt, alors que moi… je ne suis qu'une lycéenne alors… j'ai plus de temps et je suis moins fatiguée.
Komui lui fit un clin d'œil dans le dos de Tyki.
-Allez, faites moi plaisir… insista Tyki. Partagez ce repas avec nous…
Il lui adressa son plus beau sourire pour l'occasion. Cela ne fit ni chaud ni froid à Lenalee, mais elle se força à avoir l'air sous le charme, comme toute bonne lycéenne le serait normalement. Car il fallait l'avouer, Tyki était très bel homme.
-Je… d'accord alors, bafouilla t-elle.
-C'est pas juste ! Geignit Komui. Tu ne veux jamais manger avec moi, même quand je te demande !
Lenalee rit.
-C'est différent cette fois, grand frère… C'est une demande de monsieur Tyki après tout.
Elle vit du coin de l'œil leur invité sourire et se retint de soupirer de soulagement. C'est bon, elle l'avait dans la poche, celui-là. D'autant que Komui jouait très bien (ou pas) le rôle du frère jaloux.
-Bon appétit alors ! Déclara t-elle avec un grand sourire.
…
Tyki salut encore une fois Lenalee avant de fermer la porte derrière lui et fit quelques pas dans le jardin. Il soupira et sortit un petit carnet de sa poche.
-Bon, c'était pas lui non plus… marmonna t-il pour lui-même en barrant un nom sur la liste des suspects. Next !
