Notes : Merci pour vos commentaires particulièrement touchants sur le dernier chapitre avec malheureusement
l'annonce de la disparition du très grand acteur que fut Alan Rickman... En espérant lui redonner vie quelques instants
Vous êtes nombreuses à vous inquiéter pour l'avenir de Severus... Son rêve deviendra-t-il un jour réalité ? Hermione ne va-t-elle p as se lasser de l'attitude changeante de Severus à son égard ?
Excellente lecture à tous !
Avertissement : aucun
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Chapitre XII - Suspicion et Confrontation
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Quelques jours passèrent, semblables à eux-mêmes, ou presque. Le portrait de la mère de Severus avait réintégré sa place dans le couloir du bas, et Hermione put converser avec elle en toute amitié, même si Eileen ne lui apprenait pas grand-chose sur son fils, comme si son retour s'était fait sous la condition de ne rien dévoiler d'important le concernant.
Discuter avec une personne de vive voix autre que Severus ou Winky procurait beaucoup de bien à Hermione. Avec le nouveau Ministère à la solde de Voldemort, son mari n'était plus recherché et était à présent libre de ses mouvements. Il avait même obtenu un laissez-passer pour elle, une Née Moldue, mais sachant que de nombreux contrôles étaient effectués dans les rues, rappelant les heures sombres du fascisme en Europe durant la Seconde Guerre Mondiale, elle préférait rester à l'Impasse du Tisseur où elle se sentait en sécurité. Elle se permettait seulement quelques très courtes autour du pâté de maisons, mais les alentours n'autorisaient guère une balade bucolique, tout était, sombre, austère,
Au moyen des parchemins ensorcelés, la jeune femme apprit que Ron et Harry avaient trouvé refuge à l'ancien quartier de l'Ordre, au Square Grimmaurd où ils avaient retrouvé Kreattur, l'elfe des Black. En recherchant le véritable médaillon de Salazar Serpentard, ils avaient appris que c'était Mondigus Fletcher qui s'en était emparé. Leur priorité était donc de mettre la main sur ce dernier et de récupérer le Horcruxe afin de le détruire.
Depuis leur escapade dans les Cévennes, Severus était plus distant dans leurs relations de la vie courante. Il lui adressait la parole mais pour le strict minimum. Elle devinait que le sorcier cachait une profonde souffrance, et que cette dernière était liée à elle, elle l'avait lu dans son regard après leur sieste commune. D'ailleurs, Hermione avait surpris plus d'une fois les yeux de Severus posés sur elle, emplis d'une lueur douloureuse, mais il détournait aussitôt sa tête ou reprenait un air impénétrable. Son attitude lui faisait mal, mais elle n'arrivait pas à lui en vouloir, elle l'aimait trop pour cela.
Par contre, même s'il imposait à nouveau que leurs rapports sexuels revinssent à une fréquence plus normale, sur une base hebdomadaire, quand ils se retrouvaient au lit, il lui faisait l'amour comme un possédé, embrassant et caressant chaque centimètre carré de la peau de la jeune femme, comme s'il voulait s'imprégner de son odeur, graver son corps dans sa mémoire, et qu'elle-même ne l'oubliât jamais. Il répétait son prénom comme une litanie, et Hermione se sentait littéralement fondre en entendant sa voix de baryton qui provoquait la chair de poule.
Parfois, à cause du rêve, du moins c'est ce qu'il croyait, Severus, en voyant son épouse évoluer dans la maison, se surprenait à souhaiter qu'elle tombât enceinte et portât son enfant. Il voulait voir s'arrondir son petit ventre, une main se poser dessus comme pour vérifier que l'enfant allait bien, un sourire étirer ses lèvres charnues, ses seins devenir plus plantureux, puis il rejetait ces pensées loin de lui, se traitant de fou, de vieux sorcier malade.
Les filles-mères étaient très mal considérées dans la Communauté Magique. Elles étaient souvent obligées de quitter leur fonction, parfois même obligées d'aller vivre au milieu des Moldus. Il ne pouvait donc laisser Hermione avec un enfant à charge, surtout le bâtard d'un Mangemort. Elle était assez belle et intelligente pour trouver un mari convenable qui prendrait soin d'elle, l'emmènerait dîner au restaurant, au cinéma, se balader dans la forêt, marcher pieds nus sur le sable le long d'un rivage, mais ces pensées lui tordaient les entrailles.
Non, elle méritait une belle et douce vie, être une mère, une grand-mère et même pourquoi pas une arrière grand-mère respectable... Raconterait-elle à ses enfants et petits-enfants qu'elle avait été forcée d'épouser l'un de ses professeurs alors qu'elle n'était qu'en sixième année ? Un homme froid, taciturne, laid, de vingt ans son aîné ?
Tous les jours, Severus ramenait la Gazette du Sorcier et les articles que la jeune femme lisait lui faisaient froid dans le dos. Harry était recherché par le Ministère pour s'expliquer sur la mort de Dumbledore car l'on doutait de son témoignage, et tous les moyens étaient mis en oeuvre pour le retrouver au plus vite.
Mais une photo attira le regard d'Hermione qui s'empara du journal pour l'examiner plus attentivement. Non, elle n'avait pas la berlue, c'était bien une photo de Jenkins, le Guérisseur abominable qui l'avait tripotée lors de la consultation à l'hôpital. Le titre était clair : "Assassinat du nouveau Directeur de Sainte-Mangouste". Intriguée, fronçant les sourcils, la jeune femme commença à lire l'article.
"Le corps sans vie du Chef-Guérisseur Steve Jenkins a été retrouvé à son domicile ce matin vers 10h. Récemment nommé à la tête de l'hôpital Sainte-Mangouste, après de nombreuses années de mise à l'écart sur de fausses accusations, le sorcier assumait ses nouvelles fonctions avec une parfaite maîtrise, une gestion irréprochable, redonnant à l'établissement public ses lettres de noblesse.
La dépouille a été découverte par un collègue qui s'étonnait de son retard. Avant d'être tué, ce sorcier émérite a subi des tortures, certainement pour le faire parler. De nombreuses coupures profondes en témoignent. - La jeune fille s'interrompit, tandis qu'une pensée insidieuse faisait son chemin dans sa tête. "Non, non, Severus ne peut avoir commis cet acte monstrueux..." Elle reprit sa lecture - D'ailleurs, l'enquête s'oriente sur la piste de malfaiteurs car de nombreux objets de valeur ont disparu du domicile du Guérisseur. Les coupables seront pourchassés, arrêtés et sévèrement punis pour ce crime horrible."
Les mains d'Hermione tremblaient quand elle reposa le quotidien sur la table. Elle ne savait plus que penser. Les blessures retrouvées sur Jenkins ressemblaient au sortilège inventé par son mari, le "Sectumsempra". Lors de leur convocation à Sainte-Mangouste, Severus avait même menacé le Guérisseur avec sa baguette, mais était-il capable de tuer un homme simplement parce qu'il avait eu à son égard des gestes et paroles déplacés ? La jeune femme ferma les yeux, prenant sa tête entre ses mains, cherchant à refouler les idées terribles qui la tourmentaient.
C'est dans cette position que Severus découvrit sa femme en rentrant chez lui. Il comprit immédiatement ce qui tracassait sa femme en voyant le journal posé à côté d'elle. Il savait bien qu'elle lirait ce satané article, et en tirerait ses propres conclusions. Elle leva son visage vers lui, le regard empli d'une interrogation muette. Le sorcier n'avait pas envie de lui rendre des comptes, mais Hermione ne l'entendait pas ainsi. Elle se leva pour l'affronter, brandissant le journal, alors il fit demi-tour et se précipita dans le couloir mais la sorcière, plus rapide, se planta devant lui, lui interdisant toute fuite. Elle commença à s'écrier avec véhémence :
"Severus ! Ne m'évite pas ! J'ai besoin de savoir... C'est toi qui as... tué... Jenkins ?
Les derniers mots moururent dans sa bouche. Elle laissa tomber le quotidien pour s'accrocher à la cape de son mari, pour obliger celui-ci à l'affronter. Il serait si facile au sorcier de mentir, il l'avait fait tant de fois avec une aisance insolente depuis des années en jouant son rôle d'espion, et plus encore cette dernière année...
Alors pourquoi lorsque les grands yeux d'ambre d'Hermione cherchaient dans son regard la vérité, n'arrivait-il pas à proférer avec sa bouche la petite négation qui mettrait fin à sa curiosité et la tranquilliserait ? Il se contenta de la regarder sans prononcer une parole, et après quelques secondes, la jeune femme eut la réponse qu'elle appréhendait. Elle hoqueta, jeta un dernier regard sur l'homme planté dans l'entrée, grimpa les escaliers pour se réfugier dans la chambre où elle s'écroula sur le lit, en larmes.
Ce qu'Hermione ignorait, c'est que Jenkins avait contacté Severus pour le faire chanter. Il avait osé lui réclamer une somme conséquente en échange de la promesse de ne pas transmettre au Ministère une attestation signée du Chef Guérisseur lui-même, préconisant le divorce des époux Rogue pour non compatibilité sexuelle interdisant toute grossesse, ce qui allait à l'encontre de la politique menée par le Ministère de la Famille. Le Serpentard s'était donc rendu chez Jenkins pour récupérer le papier. Ce dernier l'avait accueilli avec une attitude pleine de morgue qui lui avait déplu immédiatement.
"Alors Rogue, vous êtes venu. J'étais sûr que vous n'accepteriez pas d'être obligé de divorcer de la Sang-de-Bourbe. J'ai bien remarqué à quel point vous teniez à elle quand vous êtes venu me chercher dans l'Allée des Embrumes parce qu'elle avait perdu la vue... Et votre réaction l'autre jour à l'hôpital était plus qu'évidente... Je dois avouer que je vous comprends, car malgré son statut, la bougresse dispose de pas mal d'atouts physiques, je m'en suis rendu compte lors de mon auscultation. Elle possède de bien..."
Le sang de Severus n'avait fait qu'un tour et avant que le Guérisseur ne pût terminer sa phrase, il avait ligoté ce dernier par un "Incarcerus !". Son prisonnier refusant de lui dévoiler où se trouvait la déclaration, Rogue n'avait pas hésité à le torturer afin qu'il avouât... et après de longues minutes, il avait eu la réponse qu'il attendait. Lancer un "Avada Kedavra" n'avait été pour Severus qu'une formalité, Jenkins ne méritait rien d'autre, ce pervers qui avait osé toucher sa douce Hermione et qui avait menacé de les séparer.
Avant de partir, Severus avait failli transformer le corps de Jenkins en cochon, mais cela aurait été comme signer son crime, car à Sainte-Mangouste la secrétaire avait dû entendre ce qu'il avait jeté à la figure du Guérisseur lorsqu'il avait déboulé dans la salle d'examen pour soustraire Hermione à ses attentions déplacées. Il abandonna le corps baignant dans son propre sang, sans remords.
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"Ca y est, Albus. Le Ministère a mis en place toute une série de lois anti Nés Moldus. Tout ce dont je vous avais déjà parlé est à présent effectif. Nous entrons de plein pied dans une ère obscure. Dans les journaux on pousse les gens à la délation.
"Mets Hermione dans la confidence, il faut qu'elle connaisse ton secret... D'ailleurs, je suis persuadé qu'elle a dû comprendre bien des choses. C'est une sorcière excessivement intelligente, cette histoire de parchemins enchantés dont tu m'as parlé en est la preuve incontestable."
Les yeux du vieil homme pétillèrent de malice par-dessus ses lunettes en demi-lune. Il ajouta, le ton légèrement moqueur :
"Ainsi même toi, l'un des plus grands sorciers du monde magique, tu n'as pu faire révéler le secret de la feuille que tu as interceptée ?"
Severus grimaça, puis une lueur d'admiration passa dans son regard quand il répondit :
"Elle a utilisé la Magie du Sang, c'est certain. Je me demande dans quel livre a-t-elle pu trouver les sortilèges pour créer les enchantements nécessaires...
- Parfois il arrive que l'on puisse découvrir des réponses aux questions que l'on se pose dans les endroits les plus surprenants..."
Les paroles sibyllines de Dumbledore firent hausser les sourcils de Severus en accent circonflexe. Son interlocuteur reprit :
"Parle-lui, mon ami, écoute-moi. Elle peut être une aide et un soutien très précieux...
- Non ! objecta fougueusement Severus. Je vous ai toujours obéi et ai suivi vos ordres aveuglément, mais je me refuse à tout lui dire, je veux qu'elle reste à l'écart de vos manigances ! Moins elle en saura, mieux ce sera pour sa sécurité. Si le Seigneur des Ténèbres soupçonnait quoi que ce soit, elle subirait des tortures effroyables... Croyez-moi, l'inventivité dans ce domaine ne fait pas défaut aux Mangemorts, loin s'en faut, surtout avec Bellatrix et Pettigrow. Même les Aurors encore fidèles à l'Ordre, pourtant les plus aguerris, finissent par parler. Seul Maugrey Fol Oeil aurait été capable de résister, mais lui aussi n'est plus..."
Le jeune sorcier poursuivit âprement :
"Je sais très bien qu'Hermione communique avec Potter, et c'est déjà trop. Je la laisse faire car j'ai promis d'aider le fils de Lily. Je n'ignore pas qu'elle lui donne des conseils utiles et qu'elle peut également lui transmettre des renseignements d'une importance capitale. Mais je préfère qu'elle en sache le moins possible sur mes activités.
- Tu as tort, Severus. Si tu ne lui accordes pas ta confiance, tu la perdras car c'est une personne au caractère entier, qui respire la franchise et l'apprécie. Elle ne peut vivre dans le mensonge, c'est contraire à sa nature..."
Le Serpentard voulait mettre fin à cette conversation qui l'énervait, d'autant plus qu'il savait que son mentor disait la vérité. Il allait refermer les battants du buffet sur le portrait lorsque Dumbledore enchaîna :
"Avant de partir, j'ai quelque chose à te demander, Severus.
- Encore ? Le ton montrait de l'agacement.
- Oui. Vois-tu, si j'ai bon souvenir, ton épouse n'est pas très douée en ce qui concerne la manipulation des balais volants. Or, tu sais tout autant que moi qu'il vaut mieux qu'elle possède la maîtrise de ce moyen de déplacement, on ne sait jamais ce qu'il peut arriver..."
Severus fulminait, son poing s'abattit sur la table, faisant sursauter le verre qui s'y trouvait :
"Je n'ai pas le temps de jouer au professeur Bibine, Albus ! Comment pouvez-vous me demander une chose pareille ? Je n'ai guère de temps pour les loisirs !
- Pourtant il le faut bien, tu ne peux la laisser quasiment inexpérimentée dans ce domaine. Cela peut sauver sa vie, échapper à d'éventuels poursuivants. Si tu ne l'avais pas prise avec toi après ma mort, elle aurait certainement fait partie des faux Harry qui ont permis à celui-ci de s'enfuir, et je ne suis pas certain qu'elle aurait réussi à en réchapper ce jour-là."
Soudain, Severus s'immobilisa et ses yeux se baissèrent sur sa main gauche, tandis que la droite touchait sa bague de mariage. Dumbledore comprit aussitôt que quelque chose d'inhabituel se passait. Il demanda :
"Il y a un problème, Severus ?
- Mon anneau brûle, ce n'est pas normal, il se passe quelque chose de bizarre, il faut que j'aille retrouver Hermione immédiatement !
- Dépêche-toi mon ami, et tiens-moi au courant !"
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Mais le sorcier avait déjà disparu, transplanant dans sa chambre. Ce qu'il y découvrit le glaça : l'armoire était grand ouverte, le sac d'Hermione empli d'affaires scolaires et de vêtements. Un grand froid l'envahit quand il comprit qu'elle était sur le point de partir. Entendant du bruit dans la salle de bains, il s'y précipita et trouva la jeune femme penchée au-dessus du lavabo. Elle essayait désespérément de retirer son anneau nuptial, le visage rougi par l'effort. Quand son mari surgit, croisant son regard dans le miroir, elle redoubla ses efforts, mais en vain, la bague refusait absolument de glisser de l'annulaire malgré l'emploi de savon.
Abandonnant , elle se tourna et tenta de passer à côté de Severus, mais ce dernier l'en empêcha, la maintenant par les bras. Elle leva un visage mouillé de larmes et il pouvait sentir son souffle chaud sur sa joue quand elle l'adjura :
"Laisse-moi partir Severus, je t'en supplie. Je ne peux pas continuer à vivre dans... ces conditions. Tu ne me dis jamais rien sur tes activités mais je dois quand même te faire confiance. Tu... tu tues des personnes sans aucun remords... Un instant tu es attentionné avec moi, puis une minute après tu redeviens un homme froid et insensible... Je n'en peux plus, c'est trop dur... Je ne peux pas continuer comme ça... S'il te plaît..."
Elle s'effondra contre le sorcier qui s'était raidi à l'annonce de son désir de le quitter, son coeur s'étant mis à battre violemment la chamade dans sa poitrine, ce que ne pouvait ignorer la jeune femme, car le bruit sourd pulsait contre sa joue. Des larmes brûlantes mouillèrent la chemise masculine, mais l'homme ne s'en aperçut pas, submergé par une souffrance intolérable.
La sorcière crut avoir mal entendu quand il avoua tout bas, dans ses cheveux, tout près de son oreille, sa voix soyeuse tout comme un murmure, en l'enveloppant dans ses bras, comme pour l'empêcher de s'échapper :
"Ne me laisse pas, Hermione. J'ai... besoin de toi..."
Elle resta interdite quelques instants, tandis que son cerveau enregistrait la confession, puis elle releva la tête pour lire dans les obsidiennes si les mots qui étaient sortis de la bouche de Severus reflétaient la réalité. Ses grands yeux chocolat embués contemplèrent le visage de son époux dont les yeux montraient tout à la fois de l'appréhension, de la douleur et... quelque chose qui ressemblait à de... l'amour, même s'il n'arrivait pas encore à prononcer les trois mots qu'elle attendait depuis longtemps.
Le sorcier répéta doucement mais fermement avec toute la sincérité qu'il pouvait mettre dans sa voix :
"J'ai besoin de toi, Hermione. Sans toi, je n'y arriverai pas."
Sans cesser de la regarder et caressant les cheveux de ses mains il poursuivit :
"Je sais que je ne suis pas le meilleur des maris, et que tout ce que tu me reproches est la vérité. Mais... je sais aussi que j'ai autant besoin de toi que l'air que je respire... Tu m'es indispensable, Hermione ; je ne peux pas vivre sans toi, et cela n'a rien à voir avec la Liaison..."
Il ajouta en soulevant le menton de la sorcière, et cette dernière sentit que ses doigts tremblaient légèrement et que sa voix manquait d'assurance, contrairement à son habitude :
"Si tu veux vraiment partir, je ne t'en empêcherai pas mais... si tu t'en vas, je ne pourrai plus te protéger, tu seras considérée comme une traîtresse et traquée impitoyablement. Je sais que tu veux rejoindre Potter et Weasley afin de les aider. Pourtant, tu leur seras plus utile et plus en sécurité en restant auprès de moi. Je... ne veux pas qu'il... t'arrive quelque chose de fâcheux, je ne me le pardonnerai jamais... Je te laisse une heure pour réfléchir, puis je te laisserai décider de ton avenir..."
Hermione avait écouté sans rien dire, son coeur débordant d'amour pour l'homme qui lui avouait à demi-mot qu'il l'aimait. Elle savait que c'était quelqu'un de pudique sur ses sentiments, et qu'elle devait se contenter de cet aveu pour le moment. Mais peut-être qu'un jour...
Sur une impulsion, elle leva une main et caressa le visage de Severus, puis elle se haussa sur la pointe des pieds pour l'embrasser sur les lèvres. Elle chuchota tout contre lui :
"Inutile de perdre du temps, j'ai pris ma décision : je reste avec toi, Severus. Mais je ne veux plus que tu me rejettes. Je comprends très bien que tu doives conserver des informations pour ne pas m'impliquer, mais ne fais plus comme si je n'existais pas. J'ai besoin que tu me parles, comme un époux avec sa femme, même si certains secrets ne peuvent m'être dévoilés... Tu comprends, Severus ?"
Profondément soulagé, il la serra plus étroitement contre lui, ses yeux noirs rayonnant de bonheur, tandis que la jeune femme s'enivrait de ses arômes boisés, et le sorcier ajouta, le ton empreint de sérieux :
"Oui, ma "Princesse de Gryffondor"... Je te promets de faire des efforts et de m'occuper de toi comme tu le mérites... Tu as ma parole de sorcier."
Et Hermione sut qu'il pensait chaque mot prononcé.
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Un petit "hop !" ?
