Epilogue
Note de l'auteur : Une nouvelle aventure qui s'achève. J'espère qu'elle vous aura plu autant qu'à moi et que la fin vous satisfera. Bonne lecture et à très vite pour une nouvelle fic !
« We're all stories, in the end. Just make it a good one. Because it was, you know, it was the best… »
- The Doctor
USS Enterprise, point de vue du Capitaine James T. Kirk.
« Vous voulez dire qu'en le regardant dans les yeux, elle s'est, en quelque sorte, fait posséder ? » Demandais-je, au Docteur, perplexe.
« Pas exactement. Il s'est… dupliqué. Dans sa mémoire visuelle. L'image de l'ange gravée dans ses souvenirs est elle-même devenue un ange. » Tenta-t-il de m'expliquer.
« Et que va-t-il se passer, si elle ouvre les yeux ? » Le questionna Bones, d'une voix lourde d'angoisse.
« Elle mourra. » Dit River, sans hésiter.
« Comment ? » Souffla Leonard.
« Croyez-moi. Vous n'avez pas envie de le savoir. » Lui assura le Seigneur du temps, en posant une main sur son épaule.
C'était la première fois que je le voyais faire preuve de sollicitude, depuis son arrivée. Ce qui signifiait que la situation était certainement aussi grave qu'il le prétendait.
« Et comment procède-t-on, pour s'en débarrasser ? » Intervint Spock, juste à côté de moi.
« Le seul moyen que je connaisse, c'est de faire en sorte qu'il n'ait jamais existé. Nous allons piéger le deuxième ange, de la même manière que le premier. Puis, je programmerai le TARDIS pour qu'il nous ramène juste avant le moment où nous avons basculé dans votre monde. Tout ceci ne se sera alors jamais produit. » Lui répondit le Docteur, en se tournant vers nous.
« Dans ce cas, comment empêcher que ça arrive de nouveau ? » Enchaînais-je.
« Vous vous en souviendrez. Tout comme nous. » M'apprit-il, en désignant ses compagnons.
« Parce que nous sommes dans l'œil du cyclone. » Compris-je, soudainement.
« Parfaitement. Comment le savez-vous ? »
« Disons que je suis familier avec le concept de voyage dans le temps et de paradoxe. Spock aussi. C'est une longue histoire. » Résumais-je, vaguement. « Bones. » Appelais-je mon ami, en m'accroupissant à côté de lui. « Reste ici, avec Christine et M'Benga. Veille sur Nyota. » Lui dis-je, doucement. « Vous deux, retournez à l'ingénierie. » Ajoutais-je, à l'attention de Scotty et Andrea, en me redressant. « Spock et moi, nous venons avec vous. » Conclus-je, en m'adressant au Seigneur du temps, avant de me diriger vers la sortie, d'un pas décidé.
Il était temps que je reprenne entièrement le contrôle des opérations.
…
USS Enterprise, Point de vue du Commander Spock.
Jim était agité, monté sur ressort. Je savais que dans cet état, le raisonner serait dérisoire. Sa patience avait atteint ses limites. La mienne était elle-même éprouvée. Cette situation devait prendre fin, avant qu'il n'en vienne aux mains avec le Docteur. Si je me gardais bien d'énoncer le fond de ma pensée, il m'agaçait grandement également. Son intelligence remarquable s'accompagnait d'une émotivité exacerbée parfaitement insupportable, à mes yeux. Une seule envie me taraudait. Celle d'en finir avec ces créatures infernales et d'aller m'enterrer sous nos draps, avec mon T'hy'la, pour qu'il se calme enfin.
Nous remontâmes dans le TARDIS, après que le Docteur M'Benga nous ait indiqués où se trouvait l'ange qu'ils avaient neutralisé. Son jumeau de pierre se trouvait toujours où nous l'avions laissé, face à la glace sans tain, près de la console de commande de cette machine démentielle dont la seule existence me donnait le vertige. Un tel vaisseau était une aberration scientifique. Une arme redoutable, dans de mauvaises mains. Le chaos personnifié. Il était grand temps qu'elle disparaisse de notre univers.
Le Docteur le remit en marche et quelques secondes plus tard, nous nous retrouvâmes quelques couloirs plus loin, sur le pont G. L'ange se trouvait exactement à l'endroit attendu. Changé en statue par le miroir dans lequel il se reflétait. Ils l'avaient sûrement pris par surprise, car il se tenait droit, une expression neutre sur le visage, ses larges ailes repliées dans son dos. Nous étions loin des traits monstrueux et affamés de son comparse.
Sans dire un mot, je suivis Jim. Même le Seigneur du temps semblait avoir compris que c'était dans son intérêt de le laisser diriger. Je défiais n'importe qui de lui prendre le commandement de l'Enterprise. Moi-même, j'avais échoué, lors de notre première mission ensemble, alors qu'il n'était pas encore capitaine. Le Seigneur du temps se contenta donc d'opacifier le miroir, avec son étrange appareil qui n'avait de tournevis que le nom, tandis que mon T'hy'la s'occupait d'ouvrir les portes en bois bleu et de nous donner le signal pour nous mettre à l'abri. Comme quelques minutes auparavant, nous nous réfugiâmes derrière le TARDIS, hors de vue, et la main de Jim trouva la mienne de nouveau, trop fier qu'il était pour montrer sa peur, autrement que par ce geste. Je la serrais en retour, en croisant son regard océan.
« Tout va bien se passer. » Pensais-je.
« Tu n'en sais rien. Mais… merci. » Me répondit-il, inquiet.
« Je m'essaye à l'optimisme parfaitement illogique qui t'anime souvent dans ce genre de situation. » Répliquais-je, en caressant ses doigts.
Il sourit simplement et une image de nous deux, en train de nous embrasser, s'imposa à mon esprit, illustrant son désir de m'étreindre. Ma main libre vola jusqu'à ses cheveux, sans que j'y réfléchisse vraiment, chassant une mèche folle de son front.
« Nous devrions y retourner. » Chuchota le Docteur, rompant notre contact silencieux.
Jim hocha la tête, avant de se précipiter à l'avant de la cabine. Nous le suivîmes furtivement, jusqu'à nous retrouver tous les six, en face de l'entrée. À l'intérieur, c'est avec soulagement que nous constatâmes que la créature avait à peine eu le temps de faire quelques pas, avant de croiser son regard dans le miroir. Figée en pleine ascension des escaliers menant à la plateforme de pilotage, sa posture était presque comique. Les choses allaient enfin reprendre leur cours normal.
Nous ressortîmes dans le couloir désert et le Docteur referma les portes, avant de se tourner vers nous. À ses côtés, Rory tenait Amy contre lui et déposa un baiser sur ses cheveux roux. River s'accrocha au bras du Seigneur du temps et murmura une phrase mystérieuse à son oreille qui le fit légèrement rougir. Je perçus vaguement le mot « Sweetie ». Le surnom affectueux qu'elle lui donnait. C'était le moment de leur dire adieu, et surtout, celui de leur faire une confiance aveugle. En effet, pour sauver Nyota, il fallait les laisser partir, sans autre garantie de résultat que la parole du Docteur. Finalement, il valait sûrement mieux que Leonard ne soit pas présent.
« J'espère pour vous que ça fonctionnera. Sinon, je vous jure que je trouverais un moyen de vous mettre la main dessus. Et croyez-moi, ce ne sera pas beau à voir. » Dit Jim, menaçant, en lui faisant face.
« Message reçu, Capitaine. » Lui assura-t-il. « Il n'y a aucune raison que cela ne se passe pas comme je l'ai prévu. »
Mon T'hy'la acquiesça simplement.
« Néanmoins, je suis tout de même heureux de vous avoir connu, tous les quatre. Vos personnalités sont, certes, hautes en couleur, mais vous êtes des gens bien. Je peux le voir. Et ne parlons pas de votre machine extraordinaire, à bord de laquelle ne suis ravis d'être monté, malgré les circonstances. Je vous souhaite donc d'arriver chez vous, sans encombre. » Ajouta-t-il, d'un ton plus enjoué, quoique toujours sur la réserve.
À ses mots, un sourire enthousiaste se dessina sur les lèvres d'Amy qui se détacha de son mari, pour sauter au cou du mien, avec une spontanéité qui m'enleva toute possibilité de réagir. La seconde d'après, elle se tenait à une distance bien plus correcte de lui et se tourna vers moi.
« Ne vous inquiétez pas. Je ne compte pas vous faire subir le même traitement. Je tiens à la vie. » Plaisanta-t-elle, avant d'esquisser un salut Vulcain tout à fait acceptable, de sa main droite.
D'abord surpris, car toujours très peu à l'aise avec l'idée que nous n'étions que les personnages fictifs d'un divertissement à leurs yeux, je lui rendis tout de même la politesse, avec un temps de retard. Ce qui provoqua un petit gloussement de satisfaction de sa part. Comme si elle avait toujours rêvé de ce moment. Et quelque chose me disait que ce n'était pas loin de la vérité. Elle fit ensuite tournoyer sa chevelure flamboyante, en rejoignant les bras de son compagnon. Celui-ci, beaucoup moins extraverti, nous sourit simplement.
« Ce fut un honneur de rencontrer le légendaire Capitaine Kirk et son célèbre acolyte Vulcain. Sans parler du Docteur McCoy et du fameux Scotty. » Intervint River, en nous saluant d'un signe de tête. « Vous n'avez rien à envier à vos représentations cinématographiques. Vous êtes venus quand nous avions besoin d'aide et nous avez accueillis à bord du mythique Enterprise, et ce, malgré le caractère parfois insupportable de l'énergumène qui me sert de mari. »
Le principal concerné prit un air indigné et Jim éclata de rire, imité par le jeune couple.
« Je n'y peux rien si tout le monde est trop lent à comprendre ce qui se passe ! » Protesta le Seigneur du temps.
« Tout en modestie, comme d'habitude, Monsieur le génie. » Répliqua River, avant de l'embrasser.
Après quelques dernières recommandations d'usage, sur l'état de Nyota, la petite troupe remonta à bord du TARDIS, non sans un dernier regard aux murs de l'Enterprise. La porte se referma sur eux et nous reculâmes prudemment d'un pas, quand la boîte bleue se mit à vaciller, alors que le bruit caractéristique des moteurs s'élevait dans les airs, jusqu'à ce qu'elle disparaisse finalement. Le silence retomba sur le couloir vide et Jim prit ma main, alors que nous nous mettions en route pour l'infirmerie.
…
USS Enterprise, point de vue du Capitaine James T. Kirk.
En chemin, la sensation étrange et désagréable d'être comme aspiré par le nombril, avant de me stabiliser de nouveau, me fit stopper soudainement ma marche, au milieu du corridor.
« Tu as senti ça ? » Demandais-je à Spock.
« Oui. » Affirma-t-il simplement.
Cela me suffit amplement pour repartir au pas de course, mon compagnon sur mes talons.
Quand nous déboulâmes dans l'aile médicale, la vue de Nyota assise sur son lit, les yeux grands ouverts et visiblement en bonne santé, me rassura immédiatement. Bones ne semblait plus vouloir la lâcher et elle s'évertuait à l'apaiser, lui répétant qu'elle allait bien, en caressant sa joue. M'Benga vérifiait ses constantes, assisté de Christine. Ils se tournèrent vers nous, en nous entendant entrer.
« Ils sont repartis ? » Me demanda Leonard.
« Oui. Et apparemment, ils ont réussi leur coup. » Répondis-je, avant de me diriger vers le bureau de mon ami, pour interroger l'ordinateur sur l'activité des derniers jours.
La voix mécanique m'apprit qu'aucun événement particulier n'avait été consigné dans le journal de bord et que nous avions simplement exploré la zone sans incident notoire. Mais, comme convenu, s'il ne restait nulle trace des faits, nos souvenirs étaient intacts. J'allumais donc l'intercom, pour déclarer que nous étions maintenant hors de danger et que nous allions reprendre notre route sans plus tarder.
…
Nous venions de passer en phase nocturne, et après cette mésaventure éreintante et une fin de journée à gérer le retour à la normale pour le reste de l'équipage, depuis la passerelle, je ne rêvais que d'une longue douche et de notre lit. À peine entrés dans nos quartiers, Spock me prit dans ses bras et m'emporta dans un baiser voluptueux, libérateur. Une étreinte que j'avais souhaitée tout le long de cette journée cauchemardesque. Ses mains se posèrent sur mes hanches, puis remontèrent dans mon dos en se glissant sous mon t-shirt. Je me détachais ensuite de lui et me mis en tête de me déshabiller tout en me dirigeant vers la salle de bain, éparpillant mes vêtements au sol. En passant devant mon bureau où traînaient mon PADD encore ouvert sur un portrait de mon compagnon que j'avais esquissé dans un moment de repos et quelques photos de nous, que je m'étais amusé à imprimer dans une imitation assez réussie de vieux polaroïds du XXe siècle, pour décorer le meuble métallique je m'emparais de mon collier, que j'avais dû retirer et oublier là, pour le passer autour de mon cou. Le poids du médaillon sur ma poitrine, me ramena au moment où il me l'avait offert et un sourire tendre se dessina sur mes lèvres.
La douche m'accueillit à bras ouvert et c'est avec délice que j'offris mon visage au jet brûlant, alors que le corps chaud de Spock se collait à mon dos. Je pus alors enfin relâcher la pression et me détendre sous ses attentions. Il me savonna longuement et entreprit même de masser mon crâne, en lavant mes cheveux. Je soupirais de bien-être, en me laissant aller contre son torse. Une fois rincé, j'inversais nos positions, pour lui rendre la pareille et profiter allègrement des formes gracieuses de sa musculature. Je ressentis le désir de le posséder. Le Docteur m'avait poussé à bout de nerfs et j'avais besoin d'évacuer toute cette colère. Autant transformer ça en plaisir, plutôt que d'aller me fatiguer au gymnase demain.
« Ce serait, en effet, une solution bien plus efficace. » Pensa Spock, en se retournant, pour se coller à moi et ravir ma bouche, dans une étreinte bien plus passionnée.
Je le poussais doucement hors de la cabine de verre et nous sortîmes maladroitement de la pièce, sans nous lâcher une seconde, pour nous laisser finalement tomber sur le lit. Le drap s'assombrit au contact de nos peaux trempées. Mon compagnon s'installa confortablement sur les oreillers, alors que je me glissais entre ses jambes fuselées. Mon érection glissa contre la sienne. Ses vrilles vinrent s'y enrouler, m'arrachant un gémissement. Nos langues se retrouvèrent, pour une nouvelle danse sensuelle, alors que mes hanches ondulaient sans que je puisse m'en empêcher. Mon envie de lui me dévorait de l'intérieur, embrasant mes reins et je l'invitais alors à se retourner. J'admirais son dos large et bien bâti, le frôlais de mes doigts, avant de glisser une main sous son ventre, pour m'emparer de son membre suintant. Autant pour le caresser que pour lubrifier les phalanges. Il soupira lascivement, en levant son bassin vers moi. Je le relâchais, pour le préparer longuement à ma venue, ma main gauche prenant le relais de la droite, le faisant languir. Je le trouvais magnifique, cambré dans une supplique silencieuse, son corps appelant le mien. Ses pensées contaminèrent les miennes, distillant son désir dans mon esprit, dans mes veines et le besoin de le prendre dans l'instant se fit insoutenable.
Je relevais alors ses hanches, pour qu'il s'appuie sur ses genoux, m'offrant une vue attrayante sur son intimité, et le pénétrais doucement, en guettant le moindre signe d'inconfort. Mais, seul un gémissement passa ses lèvres. Je m'agrippais alors à ses épaules, pour le tirer à moi et me perdre plus profondément en lui. Encore et encore. À un rythme lancinant, presque douloureux, souhaitant prendre mon temps. Les deux petites bosses dans le creux de ses reins attirèrent mon attention et je retraçais lentement la ligne de sa colonne vertébrale, pour aller les taquiner de mes doigts. Un sifflement significatif me parvint, alors qu'il perdait un peu plus le contrôle de son corps. Il était beau, entièrement abandonné à mes soins, mon membre allant et venant de plus en plus fort entre ses cuisses. Ma main délaissa le bas de son dos, pour retourner caresser son sexe brûlant. Ses vrilles emprisonnèrent immédiatement mes phalanges, m'enlevant toute possibilité de m'arrêter, même si ce n'était pas dans mes intentions. Mon bas-ventre vint frapper plus violemment contre ses fesses, alors que j'accélérais la cadence. Puis, je me retirais soudainement et l'invitais d'une pensée, à se remettre sur le dos. Il me présenta son visage aux joues verdies, ses yeux rendus noirs par le désir, ses cheveux ébène éparpillés sur les oreillers, sa bouche impétueuse à laquelle je ne résistais pas, son torse musclé qui se soulevait au rythme erratique de sa respiration, son ventre plat sous lequel battait son cœur affolé, son membre dur et chaud, d'un vert soutenu, que je n'avais pas lâché. Je retournais à l'assaut de son corps, d'un coup de rein puissant. Il se cambra sur le lit et je me penchais sur lui, pour dévorer ses lèvres trop tentantes. Je sentis son plaisir monter, à travers notre lien, jusqu'à ce qu'il explose dans le creux de ma paume, en murmurant un « je t'aime » à mon oreille dans sa langue natale. Je le suivis de près, transporté par son orgasme et me déversais dans la chaleur de ses chairs, en le serrant contre moi.
Le calme revint enfin dans mon esprit. Ma tête me semblait vide et cotonneuse, alors que je me blottissais dans ses bras. Quand nos cœurs s'apaisèrent et que nos souffles ralentirent, alors que le sommeil m'enveloppait déjà, mon regard tomba sur Leonard le tribble qui somnolait tranquillement dans sa cage, à quelques mètres de là. Je me rappelais alors que je devais l'emmener à l'infirmerie, pour que Bones l'examine. Mais, cela attendrait le lendemain. Il semblait aller bien et rien, ou presque, ne me ferait quitter l'étreinte de Spock, en cet instant. Et c'est en me demandant quelles aventures nous attendaient dans les jours prochains, que je m'endormis finalement, alors que mon compagnon rabattait le drap sur nos corps entrelacés.
FIN
