Résumé : Voldemort n'est plus, Harry l'a vaincu. Mais à quel prix ? Hermione est plongée dans le coma, victime d'une magie dont il ignore tout. Cependant, contre toute attente, un jeune sorcier bien particulier semble pouvoir lui venir en aide. Harry va alors découvrir le dernier secret qui entoure sa famille... #résumépourri !

Statut : En cours d'écriture.

Pairing : Drago et Hermione. Bah ouais, ils sont trop mignons, tous les deux !

Raiting : M, parce que je préfère prévenir que guérir... S'il y a besoin de changer par la suite, on verra. Pour le moment, je laisse comme ça.

Genre : Romance, évidemment. Famille, c'est le nœud de l'histoire. Et aussi un peu de suspense, parce que je suis sadique et que vous aimez ça !

Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à sa Majesté JKR Rowling. Seul l'histoire rocambolesque sort de mon esprit, et des personnages qui n'en font qu'à leur tête...

Note d'Auteur : Bonsoir tout le monde ! Non, vous ne rêvais pas, je suis de retour après dix jours d'absence. Et comment vous faire comprendre à quel point je suis désolée ! Je n'ai aucune excuse, si ce n'est celle de la page blanche. Comble du désespoir ! J'étais juste incapable d'écrire la suite de cette histoire. Et du coup, j'ai perdu confiance en moi, j'ai déprimé... Bref. Je vais évité de vous prendre la tête avec mes états d'âmes. Juste, voilà. J'ai vraiment eu du mal à envisager la suite, en fait. J'avais eu le même problème avec ma première fiction, mais vous pouviez pas en pâtir parce que j'ai commencé à la publier quand elle était déjà finie. Mais là, je publie au fur et à mesure, et du coup, le moindre retard, et BIM ! Surtout que je publie tout les soirs, ce qui m'impose un rythme d'écriture assez soutenu (surtout si je veux vous offir un récit digne de ce nom...). Du coup, je pense espacer les publications. Alors à partir de maintenant, je vais publier le mercredi soir et le samedi soir. J'espère que vous ne m'en voulez pas trop, et que je ne vous ai pas trop déçus... Enfin. J'espère aussi que, du coup, vous apprécierez ce que je vais faire de la suite de cette histoire. Bon. Grosso modo, j'ai presque complètement changé mes premiers projets (qui, en fin de compte, étaient vraiment trop tirés par les cheveux) pour me concentrer sur quelque chose de bien plus terre à terre. Enfin, je vous expliquerai mieux tout ça une fois que la fiction sera terminée...

J'espère que ça ne produira pas de petites incohérences (entre ce que j'ai déjà écrit et la suite). Si vous en voyez, surtout, n'hésitez pas à me le signaler pour que je rectifie.

En attendant, j'espère que ce chapitre vous plaira. Mais, vu les personnages avec qui je vous laisse, j'en suis presque certaine. Oui oui, je vous donne l'eau à la bouche. Mais d'abord, réponses aux reviews ! (mais quelle sadique je suis !)

Maraille : Mais qu'est-ce que tu t'imagines, voyons ! Comme si c'était le genre de Drgao d'être sournois... Hm... Ouais, en fait, ouais. Mais pas ici. Enfin, je sais pas. Peut-être ? Pourquoi ne pourrait-il pas être enfin sincère ? Hmm... On verra bien... Concernant l'article, je crois que vous avez comprit comment je fonctionne, maintenant. Je prends tellement mon temps dans l'histoire, que je travail en décalé, si j'puis dire. Donc, on en entendra parler dans quelques articles seulement... Mouahah. *Sadique*
Claire : Alors, il va y avoir un peu de ça, oui. Entre autre. Enfin, en quelques sortes. Je n'en dis pas plus, mais on en entendra parler dans... quelques chapitres ! Aha ! Disons au chapitre 16 ou 17... Comme je le disais juste avant, j'avance vraiment lentement. D'ailleurs ! Est-ce que vous trouvez TOUS que ma fiction est lente ? Parce que je voudrais pas que vous vous ennuyez, non plus... Enfin, voilà. Me suis un peu éparpillée, mais j'espère que cette réponse te convient...
Swangranger : Hm... Même réponse que précédemment, en fait. Tu auras les réponses à tes interrogations concernant Harry d'ici quelques chapitres (13 et/ou 14, je crois). J'aime bien jongler sur plusieurs "intrigues" et les mêler entre elles, pour faire durer le suspens et l'attente, noyer le poisson pour mieux vous surprendre plus tard... Bref. J'espère que ce chapitre te plaira.
Miss Homme Enceinte 2 : Bienvenue sur cette fiction ! Je suis contente qu'elle te plaise, et j'espère que ça continuera ainsi. Merci pour tes petites corrections. Je vais essayer de rectifier ça et de faire un peu plus attention pour la suite.
Fan de Twilight : Bon retour parmi nous, aha ! Je suis contente d'avoir réussi à faire remonter Ron dans ton estime. C'est un personnage difficile à gérer dans les dramiones, et je suis plutôt fière de ce que j'en ai fait ici... Le fait d'avoir l'impression que plein de choses nous échappe, puisqu'on est dans la tête d'Hermione, c'est volontaire. Sur cette fiction, je pense exploiter le point de vue de beaucoup de personnages. Ça m'éclate. Et ça offre beaucoup d'opportunités pour le récit et le développement de l'histoire. En tout cas, j'espère que cette suite te plaira !
Aurelie Malefoy : Que des rapaces, oui ! Hm.. Tu veux dire la cousine de Rita ? Hmm... peut-être, aha ! Mais, comment serait-elle au courant ? La question, c'est surtout, qui a vendu la mèche ? Hm, je te laisse sur cette méditation, à laquelle tu n'auras pas de réponses avant... beaucoup de chapitre ! Aha, comme je suis sadique !

Bon allez, maintenant, je vous laisse à ce chapitre (trop) attendu ! Bonne lecture !
Dabisous !

YumiKate


Le Poids du Silence

Chapitre 12 : Confidences


Mercredi 4 Mai 1999 - Dans la Matinée

Harry se laissa tomber sur un fauteuil juste à côté de celui de la jeune fille, en face du bureau du ministre. Celui-ci alla d'ailleurs s'asseoir sur son propre bureau, tandis que Drago Malefoy se relevait et s'installait simplement dans un coin de la pièce, debout et l'air contrarié. Hermione ne s'attarda pas sur sa réaction et son comportement étrange, elle aurait bien le temps d'y penser plus tard. Ce qui l'inquiétait, pour le moment, c'était plutôt la horde de journalistes qui l'attendait toujours à la sortie du ministère, avide de connaître son histoire.

Kingsley se frotta nerveusement le front avant de soupirer :

- Je pense qu'il faudrait faire une conférence de presse. Ou, tout au moins, une interview, afin de raconter ton histoire. Je sais que tu n'aimes pas beaucoup les journalistes, Hermione. Ni le fait d'être au centre de l'attention. Mais ils ne te lâcheront pas tant qu'ils n'auront pas eu ce qu'ils désirent…

La jeune fille soupira. Malheureusement pour elle, le ministre avait raison. Elle se tourna alors anxieusement vers Harry, qui lui sourit avec embarras avant de poser sa main sur la sienne :

- Désolé, Hermione. J'ai dû passer par là aussi, il y a un an. Je serai là, je ne t'abandonne pas, je te le promets.

La brune resserra ses doigts autour de ceux de son frère et lui sourit avec reconnaissance. Kingsley leur annonça alors qu'il se chargerait d'organiser une interview l'après-midi même, puis il se racla la gorge, gêné :

- Hermione, j'aimerais que nous discutions de ce pourquoi je t'ai fait venir ce matin. En privé, si possible.

Il n'en fallut pas plus pour qu'Hermione se sente à nouveau prise de panique. A contrecœur, elle lâcha la main de son frère qui se levait déjà et sortait du bureau, suivi de Drago. Quand la porte se fut refermée sur eux, la jeune fille reporta son attention sur le ministre qui lui sourit largement :

- Comment te sens tu, Hermione ?

Elle réfléchit sérieusement à la question avant de répondre :

- Plutôt bien, à vrai dire. Mise à part cette histoire de journalistes, tout va bien. Enfin, pour le moment…

Elle ne put s'empêcher de lui lancer un regard anxieux, presque suppliant. Kingsley hocha la tête avant de reprendre son sérieux mais néanmoins hésitant :

- Hm. Oui. Tes ASPIC…

XXX

Lorsque la jeune fille ressortit du bureau, une heure plus tard, ses angoisses ne l'avaient toujours pas quittée. Certes, Kingsley avait été rassurant. Mais Hermione restait persuadée qu'elle n'obtiendrait jamais son diplôme. Il ne lui restait pas suffisamment de temps pour réviser. Le ministre, ainsi que le Professeur McGonagall, nouvelle directrice de Poudlard, qui avait envoyé une lettre de recommandation au ministre pour le convaincre de la laisser passer ses ASPIC, semblaient pourtant avoir confiance en ses capacités, prétextant que cette année de coma ne changeait rien quant aux connaissances de l'ancienne Gryffondor. Et même si Hermione avait effectivement l'impression que la Bataille Finale s'était déroulée trois jours plus tôt, elle doutait. Son année de coma n'avait, en effet, rien à voir avec toute cette histoire. Même si elle s'en était sortie indemne, à l'époque, elle n'aurait pas eu confiance en elle et aurait été persuadée de ne pas obtenir son diplôme. A la seule différence que, un an plus tôt, elle aurait alors eu trois mois pour réviser et passer ses ASPIC en août, comme tout les autres élèves de sa promotion qui le souhaiter.

Alors qu'elle ruminait en silence, laissant ses pas la guider au travers des couloirs du ministère, elle releva la tête et observa les gens autour d'elle. Le ministre lui avait confié qu'elle n'avait pas besoin de son diplôme pour poursuivre ses études, quelles qu'elles soient, ni même commencer une carrière. Beaucoup d'étudiants de son année avaient bénéficié d'un "traitement de faveur", comme elle aimait à le penser. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, avait dit Kingsley. Hermione n'était pas du même avis que lui. Rien que l'idée de continuer ses études, ou de commencer une carrière, sans avoir ses ASPIC lui donnait des sueurs froides. Et savoir que son propre frère faisait parti de ses "cas exceptionnels" la révoltait. Sous prétexte qu'il avait passé une année en cavale, à la poursuite des horcruxes, il pouvait passer son concours d'auror et commencer sa carrière tranquillement, sans même avoir validé son diplôme ? A ses yeux, le ministre avait fait une énorme erreur en étant aussi laxiste sur ce sujet. Tant pis pour lui, il en paierait le prix quant certains d'entre eux se ramasserait méchamment après s'être engagé dans une voix trop ambitieuse pour eux…

Enfin. Hermione leva les yeux au ciel, exaspérée. Puis elle reconnu l'endroit dans lequel elle se trouvait. C'était le couloir menant aux bureaux des aurors. En secouant les épaules, elle s'élança à la recherche du box qu'occupait Harry. Tant qu'à être là, autant le rejoindre pour aller manger. Lorsqu'elle arriva devant une petite porte sur laquelle un écriteau indiquait "Harry Potter, Apprenti Auror", elle leva les yeux au ciel et toqua trois coups. Elle attendit. Aucune réponse. Elle toqua à nouveau et une voix dans son dos la fit sursauter :

- Monsieur Potter est en entretien, Mademoiselle. Vous aviez rendez-vous ?

Hermione répondit pas la négative et s'en alla sans demander son reste. Elle déambula ainsi pendant près d'une heure, ne sachant pas quoi faire. Devait elle retourner au Square Grimaud ? Ou bien attendre son frère dans l'une des salles prévues à cet effet ?

Elle n'eut pas le loisir de se questionner plus longtemps puisqu'à nouveau, une voix dans son dos la fit sursauter :

- Granger ?

Elle se tourna vivement, légèrement agacée :

- Ne m'appelle pas comme ça, Malefoy ! Je t'ai déjà expliqué pourquoi…

Le blond sourit avec malice tout en s'approchant suffisamment près pour lui chuchoter :

- Tu tiens vraiment à ce que je t'appelle "Potter" ici, au ministère, après ce qui s'est passé ce matin ?

La brune blêmit. Elle avait presque oublier que son état civil n'était toujours pas officiel. Elle soupira en se détournant de son ancien rival, nouveau colocataire, ô combien agaçant. Elle s'apprêtait à reprendre son chemin lorsqu'il la retint par un bras :

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- Et toi ?

Il sourit. De ce sourire narquois qu'elle détestait tant.

- Mais je travaille ici. Tu es aux archives, et tu n'es pas vraiment autorisée à te trouver là.

Hermione écarquilla les yeux et observa son environnement. Elle se trouvait effectivement dans ce qui ressemblait fortement à une bibliothèque. De grandes étagères se dressaient tout autour d'elle et quelques grandes tables, de recherches probablement, s'alignaient contre les murs. Elle secoua les épaules, changea de direction vers ce qui lui semblait être la sortie, mais, à nouveau, le blond l'en empêcha :

- Attend, laisse moi prendre mes affaires, on va aller déjeuner. Potter nous rejoindra.

Trop choquée, elle n'eut pas le temps de lui répondre que déjà, il était reparti puis revenu, sa cape sur les épaules. Il l'entraîna alors à l'extérieur du ministère et se dirigea d'un pas sûr vers un petit restaurant non loin de là.

XXX

Assis l'un en face de l'autre dans un petit box, Drago fixant le menu d'un air gourmand, Hermione fixant le jeune homme d'un œil perplexe, ni l'un ni l'autre n'avait prononcé le moindre mots depuis qu'ils étaient sortis du ministère. Hermione n'arrivait toujours pas à comprendre l'homme qui se tenait face à elle. Physiquement, il n'avait pas changé. Toujours les mêmes yeux bleu acier, ou gris, selon l'éclairage. Toujours les mêmes cheveux blonds, presque blancs, et soyeux, parfaitement coupés, et qui lui tombaient presque devant les yeux. Toujours cette allure aristocratique, le dos bien droit, le menton relevé d'un air hautain, le visage neutre. Il avait cependant l'air différent, et ça n'avait rien à voir avec ses épaules, devenues plus larges, ni ses bras, plus musclés. Il semblait toujours aussi sûr de lui, confiant. Mais c'était… différent. Drago Malefoy était différent. Et Hermione ne parvenait pas à mettre le doigt sur ce qui avait changé en lui.

N'y tenant plus, elle souffla, la voix presque timide :

- Comment ?

Elle l'observait comme s'il était une énigme à résoudre. Il l'interrogea du regard, et elle s'expliqua :

- Comment est-ce que vous en êtes arrivés là, Harry et toi ? J'essaie de comprendre cette soudaine amitié, mais ça m'échappe. Honnêtement.

Elle pinça les lèvres, réalisant à quel point ses paroles pouvaient paraître blessante, et s'empressa d'ajouter :

- Sans vouloir te vexer, hein ! Je… enfin… je…

Drago éclata de rire. D'un rire honnête, franc, amusé. Et non pas froid, mesquin ou blessant. La jeune fille fronça les sourcils. C'était la deuxième fois de la journée qu'elle le voyait rire ainsi et cela la perturbait. Reprenant contenance, il finit par lui répondre :

- Cette… entente, n'a rien de soudain. En fait, ça dure depuis le jour même de la Victoire.

Hermione écarquilla les yeux, surprise. Le blond finit par soupirer et entama son récit :

- Mes parents et moi étions très rapidement revenus au Manoir. Lucius ne supportait pas de rester dans la Grande Salle, face aux regards accusateur des autres sorciers. Quand nous sommes rentrés, mes parents se sont violemment disputés. Il refusait toujours d'assumer sa part de responsabilité dans la déchéance de notre famille, et il ne supportait pas que ma mère lui dise une bonne fois pour toute ses quatre vérités. Très vite, j'ai voulu m'isoler, pour ne pas être témoin de cette scène qui ne leur correspondait pourtant pas, mais qui était néanmoins nécessaire à l'avenir de notre famille. C'est à ce moment là que ma mère a parlé de toi et de ton coma.

Hermione sursauta. Pourquoi Narcissa Malefoy avait elle parlé d'elle en pleine dispute ? Drago continua son récit, les yeux plongés dans le passé.

xFLASHBACKx

Dimanche 2 Mais 1998, début d'après-midi, Manoir Malefoy.

- Ils me répugnent, tous autant qu'ils sont !

A peine la porte d'entrée franchie, l'homme laissa libre court à sa colère. Il n'était pas énervé parce que son supposé camp avait perdu la guerre, non. C'était plutôt à cause des diverses réactions que les sorciers vainqueurs avaient put avoir à son encontre, ce matin là, dans la Grande Salle de Poudlard. Des regards furieux, écœurés, accusateurs. Mais surtout, des regards de pitié. Lui, le Grand Lucius Malefoy, inspirait la pitié. Comme s'il ne représentait plus rien. Juste une défection sur le trottoir. Ou, plus grossièrement, une merde. Voilà l'image que les visages qu'il avait aperçut toute la matinée lui renvoyaient.

Derrière lui, discret, son fils semblait las, épuisé par sa nuit. Par ce maelström de sentiments qui l'avait assaillit le matin même, alors qu'il prenait conscience que son cauchemar personnel venait de prendre fin. Par son angoisse soudaine à l'idée que le futur lui en réservait peut-être un bien pire. Qu'allait il advenir de la famille Malefoy, maintenant que le Lord était tombé ? Que la souffrance, la torture et les Ténèbres avaient quittés le Manoir ? Allait il à son tour quitter sa maison pour suivre ses bourreaux jusque dans l'Enfer d'Azkaban ? Jugé et condamné pour être né du mauvais côté ?

Mais Drago ignorait alors qu'il devrait rapidement faire face à une toute nouvelle épreuve. Car, à ses côtés, sa mère semblait folle de rage à la vue de son mari qui, sans leur prêter la moindre attention, continuer son monologue haineux.

- Ça suffit !

Le blond sursauta tellement fort qu'il se cogna au buffet contre lequel il s'était nonchalamment appuyé. Il écarquilla les yeux : Narcissa bouillonnait, littéralement. Les poings fermés, les mâchoires serrées, le visage coloré par la fureur, elle foudroyait son mari du regard. Lucius, tout aussi surpris que son fils, l'observait comme si elle avait perdue la raison. Sans lui laisser le temps de réagir, Narcissa s'avança lentement vers lui et le pointa

d'un doigt accusateur :

- Comment oses tu rejeter la faute sur ces gens, quand c'est toi, et uniquement toi, qui est responsable de notre malheur !

Drago lança un regard admirative à sa mère. Pour la première fois en presque dix-huit ans, il la voyait se révolter contre Lucius. Pour la première fois, il la voyait exprimer son propre point de vue face à toute cette situation saugrenue dans laquelle l'homme de la famille les avait entraînés. A cet instant précis, le jeune homme aurait put vouer un culte à sa mère, tant elle l'impressionnait. Mais il retomba rapidement sur terre en entendant le ton haineux et glacial de son père :

- Je te demande pardon ?

Le fils se tourna alors vers Lucius. Jamais il ne l'avait vu dans cet état, sans son masque de froideur hautaine et perpétuelle. Une multitude d'émotions s'affichait alors sur ses traits. La surprise, la perplexité, la douleur, le dégoût. Et enfin, la haine. Une haine sans nom qui donna des frissons de frayeur au jeune homme. Et alors qu'il allait s'avancer devant sa mère, pour la protéger de cette fureur, celle-ci le surpris une nouvelle fois. Narcissa éclata de rire. Un rire mesquin, rabaissant, glacial. Drago en eut froid dans le dos.

- Ne joue pas les innocents avec moi, Lucius. Réserve ça pour les aurors et le membre du Magenmagot. Tes états d'âmes ne m'intéressent pas. Tu as détruit cette famille avant même qu'elle ne s'agrandisse, aveuglé par tes rêves de pouvoirs et de pureté. Tu n'es qu'un idiot, Lucius. Un idiot et un lâche.

L'expression du mangemort n'aurait pas été différente si elle l'avait giflée. Le jeune homme se sentait de trop. Comme un voyeur qui épie la vie d'autrui. Il ne se sentait pas à sa place. Il ne voulait pas être témoin de cette scène, mais ne pouvait se résoudre à laisser sa mère seule face à la haine que dégageait Lucius.

Hésitant entre rester pour protéger sa mère et partir pour s'isoler, il perdit le fil de la discussion jusqu'à ce qu'un nom le sorte de sa torpeur :

- … la pauvre Granger ! C'est toi, n'est-ce pas ! Tu n'as pas put t'en empêcher, c'était trop tentant ! Cette enfant ne t'a même rien fait !

Drago dû cligner des paupières à plusieurs reprises afin de réaliser que la scène qui se jouait devant lui n'était pas le fruit de son imagination. Sa mère gesticulait, enragée, tandis que son père s'était détourné et se servait un verre de whisky pur feu. Voir Narcissa dans cet état fit naître en lui un étrange sentiment de révolte. Comme si la colère qu'elle laissait échapper était palpable, vivante, et s'était enfouie en Drago. Ou bien était-ce l'évocation de ce nom ? Hermione Granger, cette horripilante Miss Je-Sais-Tout. Le jeune homme l'avait détestée toute sa scolarité, mais il ne pouvait pas nier qu'à présent que la guerre était finie, il l'admirait. Pour son courage, sa loyauté et son intelligence.

Lucius ricana :

- Enfin, Cissa. Cette sale Sang-de-Bourbe n'a eu que ce qu'elle méritait, mais ce mérite ne me revient pas. C'est Bella qui l'a attaquée, juste avant que cette traître à son sang de Weasley ne l'atteigne. Je ne suis en rien responsable de son coma…

Drago ne les écoutait plus. Son cœur s'était arrêté de battre. Les mots de son père résonnaient dans son esprit, vicieux et sournois. C'est Bella qui l'a attaquée… responsable de son coma. Non ! Il refusait d'y croire. C'était impossible ! Bella… responsable de son coma.

Et pourtant… Un souvenir, pas si lointain, s'imposa alors à son esprit. Une conversation qu'il avait surprise entre sa tante Bellatrix et le Maître, un soir, quelques semaines plus tôt.

xFLASHBACKx

Une nuit de Mars 1998, Manoir Malefoy.

Drago se réveilla en sursaut et se frotta énergiquement les yeux pour chasser de son esprit les dernières images de son cauchemar. Il ne voulait plus y penser. Ne voulait plus revivre cette scène, encore et encore. C'était trop douloureux, trop récent. La journée, il arrivait plutôt bien à oublier ce souvenir atroce. Mais la nuit, les cris perçants revenaient le hanter. Son inconscient lui rappelant les images de ce corps qui se courbait de douleur à ses pieds, le sang qui coulait de son bras, les mots "Sang de Bourbe" gravés dans la chair…

Le blond se leva de son lit, enfila un pantalon de quidditch et sortit sans un bruit dans le couloir. Il se dirigeait vers la cuisine lorsque des voix retentirent près de lui, venant du bureau de son père dont la porte n'avait pas été correctement fermée. Attiré bien malgré lui, il se rapprocha discrètement et observa la pièce par l'entrebâillement de la porte :

- … pour me pardonner de mon erreur.

- Tu m'as tellement déçu, Bellatrix. Mais je veux bien t'accorder une chance de te rattraper. Quelle est donc cette idée ?

Drago se figea. Cette voix lui glaçait le sang. Que faisait il là ? Il pensait que le Seigneur était en déplacement… Mais cette voix… C'est alors qu'il l'aperçut. Tout du moins, il vit l'une de ses mains grisâtre se lever dans un geste d'invitation. Puis il reconnu sa tante Bellatrix qui se levait, ses longs cheveux noir frisés lui tombant dans le dos. Elle s'avança vers le bureau et se pencha sur un épais grimoire, sa poitrine débordant presque du corset noir de sa robe. Le blond avala difficilement sa salive. Depuis ses quatorze ans, lorsqu'elle s'était évadée de prison et qu'il l'avait rencontrée pour la première fois, Drago vouait presque un culte à sa tante, qu'il trouvait être la plus belle femme du monde, malgré sa folie et son sadisme. Et malgré le dégoût qu'elle lui inspirait depuis ce qui s'était passé dans leur salon, et bien qu'ils soient liés par le sang, le jeune homme ne pouvait pas retenir son propre corps de réagir face à celui, outrageusement séduisant, de sa tante.

Il secoua la tête pour reprendre contenance et reporta son attention sur la scène qu'il épiait :

- … sortilège puissant, bien qu'il nécessite quelques ajustements. Ainsi, vous pourriez lier la vie de Potter à la votre et…

- Pourquoi voudrais je lier ma vie à la sienne ?

Bellatrix écarquilla les yeux et secoua légèrement la tête :

- Sauf votre respect, Maître, ce ne serait pas votre vie, qui serait liée à lui. Mais la sienne à vous. Plongé dans le coma, il ne pourrait plus vous nuire. Et, si je parviens à modifier le sortilège, si quiconque vous tue, ce qui est totalement impossible bien sûr, Potter mourra également. Cela pourrait dissuader ses partisans de vous affronter. Savoir leur petit protégé ancré à vous et dépendant de votre survie…

- Hm… Ce sortilège d'ancrage est une bonne idée, ma chère Bellatrix. Tu remontes dans mon estime…

XXX

Dimanche 2 Mai 1998, début d'après-midi, Manoir Malefoy.

Drago frissonna. Ce soir là, il avait échappé de peu à la mort, il en avait conscience. Si le Lord s'était aperçut de sa présence de l'autre côté de la porte, il n'aurait probablement pas vu le jour suivant de lever…

Et pourtant. Il était bel et bien là. Et les mots lui revenaient en mémoire avec une force sournoise, se frayant un chemin douloureux jusqu'à son cœur, tandis que les rouages de son cerveau additionnaient toutes ces informations pour en venir à une seule et même conclusion : Bellatrix avait ancrée Hermione Granger à un autre sorcier. La grande question restait de savoir qui ?

Sans plus attendre, il quitta le domaine sans même prévenir ses parents. Une fois le portail passé, il transplanna et s'engagea à l'intérieur de l'hôpital Ste Mangouste, où il espérait trouvé la jeune fille et, par conséquent, le médicomage qui s'occupait d'elle…

xFIN DU FLASHBACKx

Drago baissa les yeux, visiblement embarrassé. Hermione fronçait les sourcils, toujours aussi perdue :

- Pourquoi…

- … avoir été à l'hôpital pour les prévenir ?

La jeune fille hocha la tête, avide de réponses, retenant son souffle. Elle avait l'étrange sensation qu'il était sur le point de lui confier une information importante, un secret précieux, la clé qui permettrait qu'elle puisse comprendre son étrange comportement.

- Parce que tu ne méritais pas ça, Hermione.


NA : Voilà, oui, je sais, je suis frustrante. Parce qu'en plus, comme je le disais dans ma NA de début de chapitre, je publie le prochain samedi soir, donc il va falloir prendre son mal en patience pour savoir comment va se poursuivre ce déjeuner, et surtout, cette conversation... Ah lala, je m'aime ! En attendant, j'ai hâte de lire vos avis concernant ce chapitre. Les FLASHBACK vous ont-ils plu ? Et surtout, vos hypothèses concernant la suite. Sur quel point va porter le chapitre suivant ?
Allez, sur ce, je vous laisse. Je retourne écrire l'épilogue de "Au Travers des Préjugés" ...

Bonne soirée, et à samedi !
Dabisous !
YumiKate