Oui je sais, vous attendiez ce chapitre depuis un moment. J'en suis désolée, sincèrement. Je ne sais pas comment je fais mais j'enchaîne les tuiles et mes journées sont par définition bien remplies entre les cours et mes différents jobs. Quoi qu'il en soit, voilà enfin le nouveau chapitre. Je suis certaine qu'il va vous plaire.

Délivrance est commencé et une copine m'a aidée alors que j'étais bloquée. Dès que j'ai le temps je le continue et le termine, promis.

Bonne lecture et à bientôt j'espère !

Lau


Chapitre 12. Choix

Le passé est le passé. Il est derrière vous et jamais vous ne pourrez le modifier. Il n'est plus d'actualité, il n'est plus utile. Vraiment ? N'est-ce pas lui qui vous forme pourtant ? En effet, il fait votre personnalité, vos réactions, vos humeurs, vos doutes, vos peines et vos joies. Vous ne réagirez pas de la même manière à un évènement selon ce que vous aurez déjà vécu.

Une question vient alors : si ce passé nous forme, devons-nous nous laisser guider par lui ou lui résister ?

Bella ne s'attarda pas davantage. La journée avait été très longue et éprouvante. Jacob vint la chercher et il ne fit ni commentaire, ni interrogatoire. Il sentait que ce n'était pas le moment. Il devina néanmoins que l'entretien s'était bien déroulé, à son plus grand désespoir. Il aurait préféré le contraire, sans aller dans la violence. Au moins, se disait-il, elle aurait arrêté de les fréquenter. Désormais la convaincre d'une telle chose allait être compliqué.

Alors qu'ils arrivaient devant l'appartement de la jeune fille, il se risqua à quelques paroles.

- Bella… j'ai bien compris le message, tu les apprécies. Je ne vois pas comment tu fais mais ce n'est pas la question. J'aimerais juste que tu essaies de voir les choses avec mes yeux. Je peux t'assurer que j'en ai combattu des vampires et j'en ai tué. C'est à cause d'eux que je suis comme ça. Je sais comment ils peuvent être dangereux. S'il y a un dérapage contrôlé ou incontrôlé – peu importe – tu n'as aucune chance d'en ressortir vivante…

- Il n'y aura pas de dérapage Jake…

- Tu n'en sais rien. Comment peux-tu l'affirmer ? Tu peux très bien te couper à côté d'eux maladroite comme tu es. Ce n'est pas parce que certains arrivent parfois à se contrôler dans que se sera tout le temps le cas pour tout le monde. Ne sois pas plus naïve que tu ne l'es. S'ils ne sont pas beaucoup avec les humains ce n'est pas seulement pour ne pas se faire découvrir. Il peut y avoir un accident.

- Je connais ça les accidents. Un accident de voiture est également possible je te rappelle, on est bien placé pour le savoir.

- C'est vrai. Sauf que là, tu multiplies les risques. C'est comme si tu prenais le volant droguée et ivre sans ceinture. Avant de t'attacher davantage réfléchis à ça. Je te demande juste d'y penser. J'ai déjà perdu mon frère. Je ne veux pas perdre ma sœur de cœur.

Elle acquiesça, embrassa sur la joue son ami et sortit de la voiture sous le regard désespéré de l'Indien. Il aurait voulu qu'elle comprenne. Il aurait voulu lui faire partager ses souvenirs et son expérience en images. Peut-être aurait-elle changé d'opinion.

Il ne rentra pas directement chez lui. Il passa voir son père Billy, considéré comme le plus sage du village.

Billy Black avait lui aussi eu un accident voilà de nombreuses années. Depuis, il était paraplégique. La mort d'un de ses fils l'avait néanmoins bien plus blessé. Il ne s'était accroché à la vie que pour pouvoir aider Jacob. Alors, gardant son chagrin caché en lui, il s'était efforcé à avancer sans ne rien laisser paraître.

- Papa, j'aurais besoin de tes conseils de vieux fou, lui dit Jacob avec un humour tendu.

- Jacob, quand tu commences comme ça, c'est mauvais pour moi.

- Non, rassure-toi. Voilà… Bella ne lâche pas les Cullen. Je suis inquiet.

- Voilà pourquoi on a toujours essayé de la tenir éloignée de nos histoires. Elle est intrépide et n'a aucun sens des réalités ou du danger.

- Et je fais quoi moi maintenant ?

Jacob se leva de sa chaise et tourna sur lui-même, tentant de faire sortir cette rage qu'il emprisonnait. Se sentir impuissant face à l'éventuelle souffrance de ses proches lui était intolérable depuis toujours. Cela avait fait sa force et sa faiblesse.

- Tu sais ce qu'il faut faire.

- Ah non ! Ne commence pas avec tes énigmes, tu sais que j'ai horreur de ça. J'ai l'impression d'être dans une mauvaise série B.

- Jake, tu sais quoi faire, alors bouge tes fesses ! Toi seul peux le faire.

Ils se regardèrent pendant quelques secondes. « Oui, je le sais » se dit Jacob intérieurement. Restait encore à mettre en application la théorie.

Pendant ce temps, Bella se servait une vodka chez elle qu'elle but cul-sec. Il faisait bon d'être de nouveau chez elle, mais elle se sentait terriblement seule. Loups-garous, vampires, demi-vampires, tout cela s'embrouillait dans son esprit. La veille encore elle vivait dans un monde rationnel où deux et deux faisaient quatre. Désormais tout venait de changer. Elle ne savait plus ce qui pouvait exister, ce qui était impossible ou non. Mais tout était-il vraiment si différent ? Elle respirait toujours, Jacob semblait le même malgré tout et la Terre ne s'était pas arrêtée de tourner.

Elle but une vodka supplémentaire. Et les sorciers et sorcières, ils existaient ? Les anges ? Les lutins ? La magie ? Les fées ? Elle, était-elle vraiment humaine ? Oui, apparemment, sinon elle l'aurait su. Il fallait qu'elle arrête de regarder des séries télévisées.

Encore une vodka. Sa tête commençait à tourner. Et maintenant quoi ? Devait-elle s'éloigner comme le suggérait Jacob ou devait-elle jouer avec le feu ?

Elle n'eut pas le temps de répondre à sa question que déjà elle sombrait dans les limbes suite à toutes les prises de médicaments des derniers jours et de l'alcool.

Jacob aussi souhaitait des réponses et alla les chercher à leur source. Il revint là où il s'était déjà rendu par deux fois dans la journée. Il retourna à la villa des Cullen. Il fut accueilli par tous les Cullen, Esmé et Carlie mis-à-part. Ils se tenaient devant le bâtiment, alignés, tendus mais pas agressifs. Jacob Black arrêta sa voiture à une distance raisonnable puis descendit et s'avança lentement.

Un silence s'installa. Il tentait d'outrepasser sa répugnance en se répétant les raisons qui l'avait conduit devant ses ennemis jurés.

- Je suis là pour Bella, énonça-t-il finalement. Je souhaite juste discuter, rien d'autre. Je n'arrive même pas à croire que je dis ça.

- Nous vous écoutons, répondit simplement et humblement Carlisle.

Jacob prit une grande inspiration. Il se sentait vraiment mal face à tous ces vampires mais il le devait à son amie. Il l'avait déjà trop fait souffrir. Il ne lui avouerait jamais mais elle avait été son premier amour, bien avant Leah. Quand elle avait préféré son jumeau à lui, il avait souffert en silence, dans l'ombre, regardant en témoin impuissant la romance des deux êtres qui comptaient le plus à ses yeux. Il avait su dès ce jour que jamais elle ne pourrait être à lui. Quand bien même ils se sépareraient, il ne pourrait pas faire cela à son frère. Cela aurait été trop malsain. Aussi s'était-il résolu à l'aimer en silence puis à apprendre à aimer quelqu'un d'autre.

- Bella pour une raison qui m'échappe s'est attachée à vous. Je n'ai pas le droit ni la possibilité de l'en empêcher même si je ferai tout pour la raisonner.

Il y eut un grognement venant d'Alice. Elle n'avait pas pu s'en empêcher. L'amour fraternel qu'elle éprouvait à l'égard de la « petite humaine » était sincère. Elle savait que le jour où elle serait séparée d'elle serait bien sombre. Ce jour, lointain ou proche, serait inéluctable. Elle en avait conscience, malheureusement.

- Sachez que je tiens encore bien plus à elle. Si le moindre mal lui est fait, la paix entre nos deux clans sera rompue.

- Ce jour n'arrivera pas, soyez-en assuré, promit Carlisle.

- Nous verrons. N'oubliez pas un détail. Vous partirez un jour où l'autre, et le plus tôt sera le mieux à mon goût. Bella a déjà beaucoup souffert. Si elle s'attache trop à vous elle risque de replonger. Si vous l'appréciez vraiment, vous devez vous en aller.

- Es-tu sûr que tu ne la prends pas en excuse sale cabot ?, rétorqua une dédaigneuse Rosalie.

Aussitôt la tension monta d'un cran. Carlisle se tourna vers la jeune femme.

- Rosalie, s'il te plait. Si c'est pour l'insulter ta présence n'est pas nécessaire.

Il avait été sec et Jacob en fut doublement surpris. Déjà il ne s'attendait pas à ce que le vampire qui avait toujours été d'apparence calme puisse réagir ainsi. Par ailleurs, il s'étonna lui-même de se faire une telle réflexion puisqu'un buveur de sang est par définition mauvais.

L'intéressée émit un grognement mais resta en place puis se calma. L'Indien répondit finalement.

- Disons que cette excuse est la bienvenue pour te répondre. Elle n'en reste pas moins vraie.

- Nous allons étudier attentivement la question, c'est une promesse.

Jacob acquiesça de la tête et recula. Il avait déjà fait suffisamment d'efforts, il n'allait pas leur tourner le dos en plus de cela. Arrivé à la voiture, il monta dedans et conduisit sans s'arrêter jusqu'à la réserve.

Les Cullen de leur côté rentrèrent chez eux et se réunirent dans le salon où les attendait Esmé. Elle avait couché Carlie qui dormait maintenant paisiblement. La petite fille ne se doutait pas de ce qu'il se passait chez elle. Le monde était encore beau et rose, comme sa famille le lui avait appris. Elle désirait revoir Bella et ne se doutait pas que cela arriverait prochainement. Pourtant, selon le résultat de la discussion qui allait suivre, elle ne la reverrait peut-être jamais.

- Il faut que nous parlions de tout cela, énonça le patriarche.

Ils s'assirent autour de la table. Un silence de mort régnait. Un visage était tout particulièrement fermé : celui d'Edward resté jusque là silencieux.

- Jacob Black est dans le vrai. Plus longtemps nous resterons, plus nous ferons de mal à la petite Bella.

Il ne s'était pas encombré de préliminaires. L'atmosphère était suffisamment pesante pour ne pas devoir en user.

Un grognement distinct brisa le silence engendré par la phrase patriarcale.

- Non mais ce n'est pas vrai !, s'insurgea Rosalie. On ne va quand même pas partir d'ici alors qu'on pourrait encore rester quelques années, tout ça à cause des sentiments d'une vulgaire humaine !

- Ce n'est pas une vulgaire humaine, réagit immédiatement Alice. Bella est mon amie.

- Il ne manquait plus que tu t'attaches à elle toi. De toute manière justement, si c'est ton amie tu vas vouloir profiter d'elle avant qu'elle ne prenne des rides et qu'elle soit trop sénile pour se rappeler de toi.

- Il faut prendre un autre point en considération, intervint la douce Esmé. Nous pouvons involontairement la mettre en danger en restant trop près d'elle. Le risque zéro n'existe pas même si nous le désirerions et d'autres vampires peuvent être tentés si nous avons trop son odeur avec nous.

Alice s'affaissa, sachant à quel point Esmé pouvait avoir raison.

- Donc…, intervint Emmett, vous pensez que nous devons encore partir. Je dois avouer qu'il va me manquer ce petit moucheron. Je m'y étais attaché.

- Je ne veux pas partir, pleurnicha Alice.

- Personne ne le souhaite, répondit doucement Carlisle. Mais nous le lui devons. Nous avons fait déjà suffisamment de dégâts. Nous avons beau le nier, on ne peut écarter une certaine part de responsabilité dans son accident.

Edward se leva subitement et sortit sous la surprise générale. Ils avaient déjà été étonnés qu'il ne prenne pas la parole. Cette affaire le concernait peut-être plus que tout autre. Il avait été celui qui avait eu le plus de rapports avec la jeune femme. Alice s'apprêta à le suivre mais elle fut arrêtée par Jasper.

- Laisse, j'y vais.

Elle fronça les sourcils. Elle tenta de se servir de son don pour comprendre ce qui se passait mais pour une raison qu'elle ignorait tout était flou.

Jasper rejoignit le jeune homme qui semblait torturé et fortement énervé. Un flot d'émotions déferlait en lui sans que quiconque ne puisse les expliquer.

- Tu n'as rien dit de tout ça…

- Que veux-tu que je dise ? Il faut partir. C'est tout. Je suis d'accord avec vous.

- Alors quoi ? Que se passe-t-il ?

- Rien !

- Edward…

- RIEN JE TE DIS ! IL NE SE PASSE RIEN !

Il respira un bon coup pour se calmer.

- Tout va bien. Je vais aller préparer mes affaires.

- Attends Edward. Rien ne va, je le sais. Nous ne partirons pas tant que tu ne sauras pas pourquoi. Je suis prêt à aller contre l'avis de Carlisle et je suis certain qu'il se rangera de toute façon de mon côté.

- Mais qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

- Que tu ne veux pas partir. Que tu sais qu'il faut partir mais que tu ne le souhaites pas.

- Et pourquoi je ne le souhaiterais pas ?

- A toi de me le dire.

De fureur, Edward frappa un gigantesque coup de poing dans un arbre et le déracina. Après avoir constaté ce qu'il venait de faire, il se mit à sangloter sans larmes en s'accroupissant et se tenant la tête.

- Mais que m'arrive-t-il Jazz ?

- Tu es certain de vouloir une réponse ?

- Tu sais toujours mieux que tout le monde expliquer les émotions, non ?

- Tu es amoureux. Tu t'étais promis de ne jamais plus l'être mais tu n'as pas pu t'en empêcher.

- Non, c'est impossible. Tu le sais.

- Ta raison te le dit. Tu connais pourtant cette citation : « le cœur a ses raisons que la raison ignore ». Bella est belle, intelligente, aussi détruite que toi. Elle adore Carlie et elle ne réagit jamais comme on le penserait, jusqu'à vouloir se lier d'amitié avec des vampires. Tu l'aimes. Voilà pourquoi tu ne souhaites pas partir. Tant que tu ne te seras pas avoué cela, tu souffriras encore plus.

- Me l'avouer ou non le problème reste le même. Nous devons partir.

- Ça c'est la théorie. La pratique peut-être différente. Si elle peut se montrer capable de te redonner le sourire, plus personne ne contestera ta décision de rester.

- Et la meurtrir encore davantage ? C'est ça que tu attends de moi ? Non merci, on m'a déjà fait ça je ne sais que trop ce que l'on peut ressentir.

- Tu vas encore plus détester ce que je vais te dire mais je m'y risque quand même. Si elle ne partage pas tes sentiments, tu ne lui feras pas de mal. Toi, tu réapprendras juste à aimer pour ensuite repartir à zéro, même si tu souffriras.

- Elle ne partagera jamais mes sentiments.

- Tu n'en sais rien.

- Aimer un monstre ?

- Edward, laisse-moi finir. Si au contraire elle les partage, et je pense vraiment qu'aussi insensé cela puisse nous paraitre c'est possible, t…

- Tais-toi tu vas dire des inepties.

- Tu pourras en faire l'une des nôtres et pouvoir avoir enfin ton « ever after ».

- Non mais tu ne vas pas bien toi ! Tu crois vraiment que je ferais ça ? Veux-tu que je te rafraichisse la mémoire ?

- Inutile. Tu sais très bien que j'envisage toujours toutes les possibilités. Edward, je pense que nous devrions rester. Pour toi. De toute façon je crois que nous n'avons pas le choix.

- Pourquoi cela ?

- Parce que je sens tes émotions. Tu es actuellement incapable de vivre sans elle. Regarde dans quel état cela t'a mis rien qu'en l'envisageant alors que tu ne savais même pas que tu l'aimais ? Nous ne partirons que quand tu te sentiras prêt. Je suis certain que Carlisle sera d'accord avec ça.

Une heure après, tout le monde avait repris ses occupations, à l'exception d'une personne. Edward était allé près de chez Bella pour réfléchir. Il pensait aux paroles de Jasper, il songeait aux possibilités qui s'offraient à lui, toutes plus funestes les unes que les autres, et il tentait d'accepter cette vérité pour vivre avec. Il estimait sincèrement que cela avait dû être moins difficile pour Bella d'accepter la présence des vampires et des loups, que pour lui de s'avouer l'existence de ses sentiments. Plus rien ne serait comme avant.