CHAPITRE XII : Absence

Lorsque Karin s'était levée, Tôshirô avait déjà disparu. Elle avait dormi si profondément dans ses bras, qu'elle ne s'était même pas rendu compte de son départ. La nuit qu'elle venait de passer contre lui était sûrement sortit d'un de ses rêves. Son corps tout entier frémissait encore de désir à son égard.

Elle s'assit sur le bord de son lit et caressa ses mains toujours emplit de l'odeur et de la chaleur de celui qu'elle aimait profondément. Elle ferma les yeux quelques minutes. Non, dans son esprit, il était toujours là, près d'elle à frôler ses cheveux.

L'horloge annonçait dix heures. L'estomac de Karin se mit à grincer comme une vieille porte de film d'horreur et elle se rendit compte qu'elle n'avait quasiment rien mangé la veille.

Elle enfila un baggy, chaussa des basquets larges et hésita avant de prendre un de ses T-shirt déformés qu'elle mettait tout le temps. Elle s'arrêta devant son tiroir et prit à la place un petit débardeur noir moulant avec un décolleté. Après tout, cela pouvait toujours faire son petit effet aux yeux de celui qu'elle chérissait. Puis elle alla frapper à la porte de la chambre de Yusu pour lui emprunter du maquillage. Personne.

Karin entra et se mit un train de crayon noir au-dessus et en dessous de ses paupières. Un peu de gloss transparent et hop ! Elle ressemblait de nouveau à une jeune fille presque normale. Finalement, ce n'était pas si dur de faire comme tout le monde… enfin presque…

En descendant, elle ne croisa personne. Des bruits tonitruants montaient de la salle à manger. Pas de doute, Karin était sûrement l'une des dernières à s'être levée. En entrant, elle vît que tout le monde était assis, par-ci par-là à des tables et prenaient leur petit-déjeuner en riant et en baillant.

Elle embrassa son père, son frère, Inoue-san mais n'aperçut pas sa sœur.

_Où est Yusu ? demanda-elle à son père.

_Elle doit dormir. La journée d'hier l'a achevée !

Karin se retint de dire à son père que Yusu n'était pas dans sa chambre et que son lit n'avait pas été défait. Rien n'était inquiétant. Sa sœur était grande maintenant et peut-être avait-elle rencontré quelqu'un ? Sur cette pensée, Karin vît Yusu entrer, des yeux explosés de fatigue avec un air très angoissé. Personne n'y fît attention, alors Karin s'approcha discrètement.

_Ça va ? lui demanda-t-elle.

_Euh…je… oui ! répondit-elle avec un sourire forcé. Oh ! Karin ! Tu t'es maquillée toute seule ? Mais avec quel maquillage ?

_Le tien, dit Karin. Celui que j'ai pris dans ta chambre. Cette chambre où tu n'étais pas !

Yusu pâlît.

_Oh mon Dieu Karin, chut ! Tais-toi et ne le dis à personne… J'ai fait une bêtise ! Je…J'ai passé la nuit avec… avec quelqu'un…

Karin ouvrît de grands yeux. Sa sœur si réservée venait de faire le grand saut, avec elle ne savait qui et Yusu semblait sur le point de faire un malaise.

_Sans blague ? Tu…

Karin éclata de rire.

_Arrête de rire bon sang ! Ils vont t'entendre ! J'étais un peu pompette et stressée tu sais ? Et lui aussi alors voilà…

_Et… c'était bien ? Tu ne regrettes pas j'espère ? Et il a été gentil ?

_Oui, oui c'est bon ! Tout va bien d'accord ? – Yusu sourit – c'était même super…

Sa sœur rougit tellement qu'elle se fondait dans les rideaux de la salle à manger.

_Qui c'est ? Demanda Karin.

_Un garçon…

_Ouais, ça je m'en doutais vu comme tu louches sur Akaku-sensei, mais qui ? Ah bon sang ! C'est lui ?

_Mais non ! Il est trop vieux…

_Alors qui ?

_Il n'est pas censé faire ça pendant sa permission… Si les militaires l'apprennent, il va avoir de gros problèmes…

_Ah ! Cria Karin. Bordel de m…

_Karin ! Chut ! la supplia sa sœur. Je…je vais aller m'asseoir avec papa ok ?

La brune ne savait plus quoi dire. La curiosité l'envahit mais elle savait que cela ne servait à rien de la harceler. Si Yusu ne voulait plus rien dire, alors elle ne dirait plus rien. Point final.

_Ok, mais je veux en savoir plus un de ses quatre ! Et ne te vends pas…

Karin fît un clin d'œil à son ainée de quelques heures et s'assit à la table de Rukia et de Matsumoto. Elle jeta un regard à travers la salle et n'aperçut aucun capitaine.

_Bonjour Karin ! dit Rukia avec pêche.

_Bonjour les filles. Euh vous…

_Réunion au sommet, la coupa Matsumoto. Même nous ne sommes pas mis dans la confidence. Ça doit être sérieux pour faire rappeler si rapidement tous nos supérieurs !

_Sûrement, répondit Karin avec déception.

_Dis, ajouta la belle rousse, le capitaine a disparu en même temps que toi hier soir… Vous n'auriez pas…

_NON ! cria Karin plus fort qu'elle ne l'aurait voulu. Non. On a juste discuté de tout et de rien. Ça faisait longtemps que nous ne nous étions pas vu alors tu sais, pleins de choses à dire et tout et tout !

Elle riait bêtement et Matsumoto et Rukia eurent un petit regard complice que Karin ne remarqua pas.

_Donc, reprit Matsumoto, il était avec toi hier soir !

_Oui mais Matsumoto-san, écoute ! En toute innocence ok ? Mentit Karin. Et Tôshirô va revenir ? Parce qu'il vient juste d'arriver et…

_Et il te manque déjà ? Renchérit Rukia.

_Mais non c'est pas ça ! C'est juste qu'on aurait pu faire un foot avec tout le monde. C'est tout !

Rukia et Matsumoto minaudèrent et ricanèrent comme des gamines.

_Arrêtez les filles ! Si des rumeurs comme celle-ci venaient à se répandre, il pourrait avoir de gros problèmes ! Et vous êtes mieux placées que moi pour le savoir !

_Oui, elles savent, déclara la jolie adolescente aux cheveux roses assise devant Karin. Moi c'est Yachiru !

_Enchantée Yachiru-chan, répondit Karin en la remerciant d'un sourire entendu.

_Dites les filles, dit Yachiru. Et si on en profitait de ce temps magnifique pour aller piquer une tête dans la piscine ? Ken-chan est occupé et j'ai envie de me défouler un peu. Comme j'ai pas le droit de taper crâne d'œuf…

Toutes les trois éclatèrent de rire et acquiescèrent avec joie. Et le petit-déjeuner se déroula tout du long dans une ambiance conviviale où les filles faisaient des suppositions sur la vie sentimentale de tous les capitaines.