Coucou ! Je n'ai pas répondu aux reviews cette semaine, parce que je n'avais pas le moral : je viens de me faire jeter ... Bon, voilà, je ne m'étale pas sur le sujet, mais du coup, ça me bloque un peu dans le processus d'écriture d'une grande et belle histoire d'amour.

Merci à tous ceux et toutes celles qui m'ont laissé un message, et encore désolée de ne pas vous avoir répondu :(

Bonne lecture !

FireRox

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Chapitre Douze : Parfaits aux oranges en cages de sucre.

Ainsi donc, le moment est venu pour moi de m'affirmer un peu. Depuis la rentrée, en fait depuis le début de ma vie, j'ai toujours été spectatrice. Voici venu le temps de jouer un peu la comédie. L'expérience pourrait être amusante, n'est-ce pas ?

Mais attention, pas question de fomenter un véritable complot contre Willoughby et sa famille de dégénérés, non. Pas question non plus de me jeter au cou de Darcy en hurlant un strident : « Épouse moi, bébé ! ». Eurk.

Je vais plutôt me contenter de faire dévier la chance de Willoughby du côté de Darcy. Et j'ai une superbe idée, ainsi qu'un plan simple mais machiavélique pour ça. Qui repose sur les épaules de deux personnes. Marianne Dashwood et … Wickham.

Commençons l'opération sabotage. Je l'ai appelée 'Attaque sur Pemberley'. Il paraît que les Willoughby vivent depuis quelques années dans le manoir des Darcy.

- Marianne ?

- Oh, Lizzie ! Je suis tellement heureuse de te voir !

J'ai bien envie de lui signaler que nous dormons dans la même chambre tous les soirs, mais je me retiens. Le plan d'abord, mon général !

- Moi aussi ! Mentis-je donc effrontément, accompagnant mes paroles d'un sourire rayonnant.

- Alors, ce Willoughby ? Des nouvelles ?

- Ah, si tu savais ! Déclamai-je d'un ton tragique.

- Quoi ? Me demande-t-elle aussitôt.

Poisson ferré, capitaine.

- J'ai appris quelque chose d'affreux. Je ne sais pas si je peux te le dire, mais …

Ici je laisse traîner en longueur, pour titiller sa curiosité au maximum. Apparemment, ça fonctionne. Cette fille est décidément trop simple à manipuler, ça en devient lassant.

- Enfin, il faut que tu le saches. Voilà, Georges a un gros problème …

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- Tu as entendu la nouvelle rumeur ? Me demande Charlotte sur le chemin des cours.

- Nooon, pourquoi ? Déclarai-je d'un ton innocent.

Je reçois un coup d'œil significatif de sa part. Je suis si transparente que ça ?

- Bon, j'avoue.

- Je m'en doutais ! Donc tu as décidé d'agir, plutôt que de laisser faire les choses ? Pas mal, Lizzie, tu m'impressionnes !

- C'est ça, moque toi ! Bougonnai-je en lui lançant mon coude dans les côtes.

Elle éclate de rire en esquivant mon attaque.

- N'empêche, tu aurais pu commencer moins fort !

- Plus le mensonge est gros, plus il passe facilement. C'est bien connu.

- Oui, mais là ! C'est assez … surprenant.

- Mais non, mais non, la rassurai-je. Tu verras, les gens sont facilement influençables. Ça va fonctionner à merveille.

Le soir même, il n'y avait plus personne pour douter que Georges Willoughby avait subi une opération de chirurgie esthétique moldue, et que, tragiquement, suite à un faux mouvement, il y avait perdu un bout de ses fesses.

- Si vous voulez mon avis, c'est pour ça qu'il garde toujours une robe plutôt que de se mettre comme les autres en pantalon, souffle Catherine Morland, une Pouffsouffle venue s'assoir à notre table pour l'étude.

Je lance un regard de connivence à Charlotte. J'ai toujours raison, de toute façon. Une fois le mensonge enraciné dans leurs têtes, les gens inventent toujours un tas d'excuses pour le rendre encore plus vrai. Tragique réalité de la société humaine.

- Mais c'est vraiment horrible, vous ne trouvez pas ? Surtout qu'on ne sait pas ce qu'il s'est fait refaire d'autre ! Ajoute Charlotte en me lançant un clin d'œil.

Excellente remarque, vu la tête de nos interlocutrices. En effet, pourquoi Georges Willoughby serait si parfait naturellement ? Après tout, il est tellement plus facile de se moquer d'une beauté artificielle que d'être jaloux de la nature. Je sens que cette rumeur va arranger pas mal d'adolescents attardés se sentant mal dans leur peau. Et j'espère que ça découragera plus d'une adolescente en manque d'affection de se jeter dans les bras de ce triste individu.

Au moins aurai-je fait le bonheur d'une partie de la gente masculine de Poudlard. On devrait me décerner une médaille.

- Mais, Lizzy, tu vas quand même accepter sa proposition alors ? Me demande Catherine, affolée que je puisse dire 'oui' à ce monstre.

Un fin sourire s'étale sur mes lèvres tandis que je m'entends répondre, amusée :

- Tu rigoles ? Une aventure avec un patchwork de peaux humaines, c'est pas mon truc !

J'avais cherché pendant toute la journée ce mot 'patchwork'. Très fière d'avoir réussi à l'utiliser dans une phrase grammaticalement correcte.

Les filles autour de moi soupirèrent de bonheur. Comme si leur vie dépendait de ma réponse. Ridicule, je vous dis. Ou alors elles se disent que je leur laisse ma place. Avant de penser ça, elles devraient attendre la prochaine vague de rumeurs tordues à son encontre. Elles vont adorer le détester.

Le pauvre.

On ne joue pas avec le cœur d'Elisabeth Bennet impunément. J'ai dit.

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- Potter, Black ?

Mes deux fauteurs de trouble préférés se retournent vers moi, une lueur de peur dans les yeux. Et voilà, je le savais. Ils préparaient un autre coup tordu. Encore et toujours. Incroyable d'avoir une imagination aussi fertile.

- J'ai besoin que vous me rendiez un service.

Cette fois, c'est un éclair de surprise que je surprends dans leur regard.

- En échange, j'oublierai votre dernière retenue.

Et puis, ça me ferait des vacances. Les cachots tous les soirs, c'est pas terrible comme lieu de repos. Ils me fixent à présent avec attention. Apparemment, j'ai choisi la bonne méthode.

- Bien entendu, personne ne devra savoir que je suis à l'origine de votre … indiscrétion, n'est-ce pas ?

Ils acquiescent, toujours sans dire un mot. Peut-être croient-ils que tout ceci n'est qu'un rêve. Ou que je suis subitement devenue cinglée, et qu'un mot de leur part les conduira à une mort certaine.

- Vous connaissez certainement Georges Willoughby ?

De nouveau, signe de tête affirmatif. En même temps, qui ne le connaîtrait pas ces derniers temps ? Avec son bout de fesse en moins, il est soudainement devenu l'attraction du château. Incroyable comme les gens sont plus intéressés par ce genre de détails que par leurs propres problèmes.

- J'ai besoin que vous me récupériez son courrier.

- Pardon ? Me lança Black, éberlué.

Des farces potaches, ils en avaient faites des tonnes, mais des opérations d'espionnage, jamais.

- Vous pensez pouvoir y arriver, oui ou non ?

Potter semble réfléchir un moment, puis son visage s'illumine. J'ai l'impression de voir un néon géant formé des mots « J'ai une idée ! » clignoter violemment derrière sa tête.

- A ce que je vois, Potter, je suppose que oui ?

- C'est possible. Vous n'oubliez pas votre promesse, hein ? Me demande-t-il, soudain soucieux de mon honnêteté.

Je lève les yeux au ciel. Ce gosse est redoutablement calculateur et très intelligent. Comme si je pouvais le tromper.

- J'oublie votre retenue si vous réussissez. J'ai bien dit : si vous réussissez ! Si jamais vous vous faites prendre, je ne suis pas responsable de votre sécurité ! Et si jamais vous prononcez mon nom durant l'interrogatoire, votre mémoire serait subitement effacée. Compris ?

- Bien, mon général ! Me lance Black, goguenard.

- Allez-y, soldats ! Que Merlin soit avec vous ! Déclamai-je d'un ton tragique, sans relever la pique de Black.

Ils s'enfuient en riant, comme toujours. Si Lupin venait s'ajouter à ces deux là, le monde de Poudlard ne serait plus jamais en sécurité.

Trois jours plus tard, Potter et Black me glissent dans les mains une enveloppe adressée à Owen Willoughby. Je les remercie discrètement, puis, sans leur demander de plus amples explications sur leurs méthodes, je fais disparaître le nom du destinataire d'un coup de baguette. Mission accomplie.

Je n'ai plus qu'à attendre le lendemain matin pour ne discuter avec Charlotte.

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- Alors ? Tu l'as ouverte ? Me demande Charlotte, impatiente.

- Non, j'attendais tes précieux conseils.

- En voilà un : ouvre cette enveloppe tout de suite ou je t'étrangle.

- Reçu cinq sur cinq, mon colonel !

Grâce à un sort, la lettre s'ouvre sans laisser de trace suspecte. Une fois lue, elle retournera à sa place, et sera envoyée en bonne et due forme au papounet de Georges. Je découvre le texte en même temps que Charlotte, qui s'est assise à côté de moi pour ne pas avoir à attendre l'explication.

' Père,

Une étrange rumeur est apparue à mon sujet il y a quelques jours, mais ne vous inquiètez pas, rien qui ne puisse déranger nos plans.

Concernant William Darcy, sa tentative de rapprochement avec une élève sang-de-bourbe a été étouffée dans l'œuf. J'ai saisi une occasion lors du bal organisé en l'honneur des Gobelins, ce qui était sans nul doute l'idée la plus idiote de tout l'univers, pour régler cette affaire définitivement.

Où en êtes-vous avec sa chère mère ? Votre dernière tentative de pénétrer à Ste Mangouste ayant échoué, j'attends vos ordres pour une éventuelle aide. Il suffit d'un mot de votre part pour que j'exécute celle qui gêne notre fortune depuis cinq ans.

Avec mes sentiments les meilleurs,

Votre fils,

Georges Jasper Willoughby. '

- Eh bien, je n'en espérais pas tant, laissai-je échapper dans un souffle.

J'arrive à peine à détacher les yeux de cette lettre infamante. Rien qu'avec les premières phrases, je pouvais faire un scandale. Que le sage et si agréable Willoughby puisse utiliser le terme 'sang-de-bourbe' est déjà suffisamment révoltant pour ne pas avoir à continuer plus loin. Mais une tentative d'assassinat, wahou !

- C'est merveilleux, nous n'avons plus besoin de chercher des preuves. Il nous offre la victoire sur un plateau d'argent ! Murmura Charlotte, plus pour elle-même que pour moi.

Merveilleux, c'est le mot. Je n'en reviens toujours pas. Au bout de trois jours, nous avons déjà toutes les preuves suffisante pour le jeter en bas de l'échelle sociale. Merveilleux. Superbe. Extraordinaire. Je crois que je vais être à court de synonymes pour m'exprimer.

Je relève la tête, et croise le regard de Charlotte. Je souris à mon tour. Quelle est la formule rituelle, déjà ? Ah oui.

Qu'il repose en paix.

Niark.

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J'aime beaucoup ce chapitre. Je crois que je vais faire de même dans ma vie ;)

A bientôt !

FireRox