Note : Bonsoir ! Je me suis dis que poster le dimanche en période scolaire c'est pas le mieux, en général le dimanche soir on finit les devoirs en catastrophe pour le lundi matin (ne me regardez pas comme ça je sais que c'est vrai ! ), donc je posterais dorénavant le vendredi (comme ça vous lisez avant de finir vos devoirs en catastrophe le dimanche soir) et... je ne sais pas lundi peut-être, vous en pensez quoi ?

Sur ce merci beaucoup de vos reviews et bonne lecture !


Chapitre 12

Katniss se réveilla sur le canapé du salon, dans les bras de Cato. C'était une sensation délicieuse, un bonheur rare ces derniers temps et elle s'attarda un peu pour en profiter. Peeta se leva tôt lui aussi et se prépara un café avant d'aller dehors. Katniss n'osait pas aller le voir. Elle ne savait pas quoi lui dire qui pourrait le réconforter. Quelque part une partie d'elle lui disait de s'excuser mais elle ne voyait pas non plus pourquoi elle s'excuserait de ne pas être tombée amoureuse de lui. En revanche s'excuser de ne pas avoir été honnête lui paraissait impératif.

Elle s'extirpa des bras de Cato qui grogna et se retourna sans même se réveiller. Puis elle se servit du café et enfila un manteau que le père de Peeta lui avait donné. « Ma femme n'en aura plus l'utilité » lui avait-il simplement dit.

Dehors l'air était humide et glacial. Peeta était néanmoins assit sur les marches du perron et regardait les rats déambuler. Les rues étaient désertes, et aucun Pacificateur ne vint de ce côté-ci du district.

- Je suis désolée Peeta, dit-elle en s'asseyant à côté de lui.

- Pourquoi ?

- Je n'ai pas été honnête avec toi.

Il haussa les épaules.

- Je ne peux pas t'en vouloir, même si j'ai voulu y croire. En revanche ce que tu peux bien trouver à Cato, ça mystère.

Elle rit et prit sa main dans la sienne et il ne se déroba pas.

- Il faudra que je remercie ton père de s'être si bien occupé de Prim et de ma mère.

Penser à sa mère fit émerger une foule de sentiments qu'elle avait tenté d'oublier : tristesse, culpabilité et douleur.

- Il a toujours beaucoup aimé Prim et ta mère. Et puis ça lui faisait de la compagnie.

- Tu crois qu'il accepteras de garder Prim jusqu'à ce que je revienne ?

Si je reviens, pensa t-elle.

- Bien sûr ! Il prendra soin d'elle que tu sois là ou pas, dit-il en répondant à sa question silencieuse.

Elle but son café encore brûlant à toute vitesse, ce qui eut au moins pour effet de la réchauffer à défaut de l'empêcher de pleurer.

- Et donc maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Demanda Peeta en remuant son café.

- On va aller au Capitole. C'est là que tout a commencé et je suis sure que c'est là qu'il faut aller.

- Je suis d'accord.

- Les autres suivront ?

- Je pense oui.

- Mais Rue et Marissa sont trop jeunes, on ne peut pas leur demander ça.

- Je pensais les laisser chez mon père, il a toujours rêvé d'avoir des filles.

Katniss sourit et se sentit soulagée. Pour elle Rue était sa petite sœur au même titre que Prim, elle devait prendre soin d'elle. Quant à Marissa elle avait beau être la plus intelligente, elle n'en restait pas moins très jeune. Trop pour se battre.

Mais pas trop pour les Hunger Games, songea t-elle amèrement.

Elle finit son café et suivit Peeta à l'intérieur. Le père de Peeta venait de rallumer le feu et Cato se réveillait en s'étirant comme un chat. Clove et Glimmer étaient assises à table et mâchonnaient un bout de pain en silence l'air encore endormis.

- Vous êtes bien matinal, grogna Cato.

- Ça fait un bien fou d'être dans un lit mais je n'ai pas bien dormi, répondit Clove en noyant son bout de pain dans sa tasse de café.

- Moi non plus, ajouta Glimmer, qu'est-ce qu'on va faire ?

Katniss s'assit à table et attrapa un petit pain encore tiède.

- Il faut aller au Capitole. C'est de là que la rébellion a commencé, c'est sans doute là-bas qu'on nous attend.

- Vous pensez sincèrement qu'il y a autant de gens près à nous suivre ?

- Oui, répondit Peeta, et nous sommes leur symbole donc c'est à nous de leur montrer comment faire. Après tout la seule pensée de défier le gouvernement doit complètement les terrifier.

- Oui mais le voisin de Katniss nous a dit que le plus gros de la rébellion se trouve encore au district Quatre, dit Cato. Au Capitole ils sont bien gentil mais ils ne savent pas se battre. Or je me vois mal tuer Snow avec un chapeau à plume.

Tout le monde éclata de rire et ils se sentirent un peu plus détendu.

- Je pense qu'il vaudrait mieux d'abord aller au district Quatre. Là-bas on verrait exactement combien de gens seraient près à nous suivre et ensuite on va au Capitole.

- Et qu'est-ce qu'on va leur dire ? Dit Clove en repêchant son bout de pain. Bonjour on est quatre tributs de douze à seize ans et on veut renverser le gouvernement.

- Moi je trouve ça très convaincant comme discours, dit Thresh en souriant. Plus sérieusement c'est grâce à nous que la rébellion a pu éclater.

- Je suis d'accord, dit Peeta, beaucoup de gens devaient rêver de liberté mais personne n'osait en parler de peur de représailles. Ils ont vu en nous une occasion inespérée de pouvoir faire entendre leurs voix.

- Je vous conseille de tenter le district Quatre, dit le Boulanger, le soulèvement a eut lieu il y a plusieurs semaines déjà et ils vivent sans avoir besoin des districts extérieurs. Les gens sont très accueillants parait-il.

- Par curiosité, demanda Glimmer, combien de temps s'est-il écoulé depuis la Mousson ?

- Un mois. Vous êtes restés près de deux semaines dans l'arène et ensuite quelques jours de vadrouilles.

- C'est passé si vite, murmura t-elle.

- Moi je suis d'accord pour aller au district Quatre, mais comment ?

Katniss aurait donné n'importe quoi pour un conseil de Haymitch. Quand il n'était pas soûl il lui semblait qu'il pouvait résoudre à peu près n'importe quoi. Mais Haymitch comme sans doute tous les mentors étaient coincés au Capitole. Et sans alcool. Soudain une angoisse la prit.

- J'espère que Haymitch est en vie.

- Moi aussi, murmura Peeta.

- Il est sans doute en train de boire un coup avec les rebelles, dit Thresh en souriant.

Malgré tout, lui comme tous les autres étaient inquiets pour leurs mentors. Ils avaient beau être fort et d'anciens vainqueurs, le gouvernement pouvait choisir de les broyer comme tous les autres même ceux qui paraissaient indestructibles et éternels.

Au bout d'un moment Marissa arriva, suivit de Rue et Prim qui avait les yeux rouges, sans doute d'avoir trop pleuré.

Tout en déjeunant, Marissa demanda comment aller au district Quatre.

- Je ne sais pas du tout, dit le boulanger, j'aimerais sincèrement vous aider mais les seuls personnes venant du district Quatre qui sont passés par ici sont sans doute partie avant la rébellion.

- De toute façon, on ne peut y entrer que par la terre ou la mer, dit Clove.

- Les voies terrestres doivent être complètement coupées, fit remarquer Thresh, vu que c'est le district qui s'est soulevé en premier.

- Oui mais parfois des trains partent d'ici pour aller jusqu'au Quatre, dit le boulanger, ils y envoient des Pacificateurs.

- Je me vois mal voyager dans un train remplit de Pacificateur, dit Glimmer en grimaçant.

- Les Pacificateurs sont entrainés dans le district Deux non ? Demanda brusquement Peeta.

- Oui et alors ?

- Apparemment le Un et le Deux se sont soulevés il y a peu. Je doute que la population ait fais ça sans l'aide des Pacificateurs vu le nombre qu'ils sont..

Cato et Clove se regardèrent.

- Oui effectivement l'inverse serait assez improbable.

- Il doit y avoir un nombre non négligeable de Pacificateur de notre côté, poursuivit Peeta.

- C'est possible, approuva son père, parmi les quelques voyageurs qui sont passés près du district Douze, j'y ai vu deux Pacificateurs.

- Oui mais même si certains sont de notre côté, ce ne sont sans doute pas ceux là qui ont été envoyé ici, fit remarquer Thresh.

- Non mais j'en connais un qui pourrait peut-être nous aider.

- Darius ? Questionna Peeta.

- Exact !

Glimmer, Cato, Clove et Thresh firent la grimace.

- Pardon mais je n'ai pas envie de confier ma vie à un Pacificateur qui pourrait peut-être ou peut-être pas nous aider. Ça me semble trop risqué, dit Glimmer.

- A moi aussi, dit Cato, on pourrait tous se retrouver avec une balle dans la tête en l'espace de quelques secondes.

- Dans ce cas j'irais seule.

- Ce Darius doit se douter que si tu es là, nous sommes là aussi, fit remarquer Clove. Et dans ce cas ils ne perdraient pas de temps à retourner chaque maison.

Ils avaient raison et Katniss le savait, c'était prendre beaucoup de risque et laisser reposer leur avenir sur les épaules d'une personne qui n'était pas non plus la plus fiable.

- Quelles autres solutions a t-on ?

- Sortir du district et marcher, dit Thresh sans grand enthousiasme.

- Ça me paraît aussi risqué tu ne crois pas ?

Le silence s'installa dans la maison, seulement ponctué par le craquement du feu dans la cheminée.

- Si personne n'a de meilleures solutions, autant tenter celle de Katniss.

- Il faudrait le voir seul à seul, suggéra Clove, comme ça en cas de pépin...

Elle ne termina pas sa phrase mais tout le monde comprit ce qu'elle voulait dire.

- Je le voyais souvent à la Plaque. Le marché noir, ajouta t-elle en voyant les regards interrogateurs.

- Oui mais la Plaque a fermé, les Pacificateurs l'ont brûlé, dit le père de Peeta.

- Il a bien une maison en ville.

Après s'être mit d'accord pour y aller, il fallut expliquer à Rue et Marissa qu'elles ne pouvaient pas venir et que c'était trop dangereux. S'en suivit un concert de protestations de la part des deux jeunes femmes qui estimaient qu'elles avaient autant le droit que les autres de se battre.

- Vous êtes trop jeune !

- J'ai à peine un an de moins que Glimmer et Clove, rappela la Renarde.

- Et puis on a fait les Hunger Games comme vous !

- Justement ! Ça n'est pas normal ça, dit Thresh, vous êtes les seules à n'avoir tué personne, j'aimerais autant que ça continue.

- On ne sera en sécurité nulle part, répliqua Rue, et surtout on met en danger la vie des autres en restant ici.

- Et puis de toute manière, on est toute les deux bien plus maline et intelligente que vous, laissez-nous ici et on sera au district Quatre avant vous, dit la Renarde.

S'en suivit un long silence pendant lequel chacun se regardait en chien de faïence.

- Bon elles n'ont qu'à venir, grommela Cato, mais ne vous plaigniez pas si vous vous faites tuer !

- On vous laissera au district Quatre, dit Glimmer, et ça c'est non négociable !

Marissa lui lança un regard qui voulait dire « c'est ce qu'on verra » et ils s'habillèrent chaudement avant de partir à la recherche de Darius.

- C'est ici, annonça Katniss le cœur battant.

Elle se demandait si elle n'avait pas conduit tout le monde à abattoir. Elle chassa cette morbide pensée de sa tête avant de frapper. Fort heureusement les rues étaient désertes et ils avaient pu traverser la ville sans se faire repérer. Avec la mort de la mère de Katniss, beaucoup de malade mourraient faute de soin et de grandes fosses communes étaient creusés pour éviter les maladies. La mère de Katniss, elle, reposait dans un grand cercueil que le père de Peeta gardait chez lui. Ils avaient convenu qu'ils l'enterreraient une fois que la situation se serait apaisée.

Darius ouvrit la porte. Il avait maigrit et de grandes cernes soulignaient ses yeux fatigués. Quand il reconnut Katniss, il ouvrit de grands yeux et agita frénétiquement le doigt dans sa direction. Pourtant il se calma derechef quand il vit que Clove venait de pointer un couteau dans sa direction, "par mesure de précaution" avait-elle dit. Comme tous les habitants de Panem, Darius avait regardé les Hunger Games et il savait que Clove ne ratait jamais sa cible, surtout lorsqu'elle avait prit un petit-déjeuner.

- Entrez je suppose, grommela t-il.

Ils entrèrent dans la maison un brin en désordre en tentant de ne pas marcher sur les vêtements éparpillés un peu partout.

- Qu'est-ce que vous me voulez ?

- On a besoin de ton aide Darius, dit Katniss.

- Et en quoi je pourrais vous aider ? Je vous signale que vous êtes recherchés, votre tête est mise à prix.

- Il faut qu'on aille au district Quatre.

Darius éclata de rire pendant une bonne minute.

- Et bien bon courage !

- Tu peux nous aider ?

- Et pourquoi je le ferais ?

- Pour tous les dindons que je t'ai rapporté, tu pourrais au moins faire un effort.

Darius fit la grimace. Katniss comprit qu'il ne les dénoncerait pas mais il rechignait quand même à les aider.

- Darius...

Il regarda Katniss et poussa un profond soupir. Sa vie au district Douze était plutôt tranquille, il avait des amis, il mangeait bien grâce à Katniss et à Gale et les habitants l'aimaient bien. C'était bien plus que ce que la plupart des chefs des Pacificateurs pouvaient espérer.

- Le district Quatre est complètement sans dessus dessous vous le savez ça ?

- Il y a eu un soulèvement ?

- Plus que ça ! Les Pacificateurs ne veulent plus trop traîner dans les rues, les habitants ont décidé de faire leurs propres vendetta. Ils font croire à Snow que tout est plus ou moins sous contrôle mais en réalité ils ne contrôlent plus grand chose.

- Il y a forcément un moyen d'y entrer, dit Peeta.

- Un train part toutes les semaines du district Onze et passe par ici, avant de repartir pour le Quatre. Sinon par la mer mais là il faut que vous repartiez dans la forêt.

- Vous pouvez nous faire passer dans ce train ?

Darius sembla hésitant.

- Oui mais...

- Mais quoi ?

- Je risque ma vie en faisant ça.

- Et nous alors ? Répliqua Glimmer. Vous croyez peut-être qu'on est en vacances ?

Il soupira profondément et se gratta la nuque.

- Je vais vous aider. Après tout ça ne ferait pas de mal que les choses changent.

- Merci Darius, si jamais on se fait prendre, on ne te vendra pas tu peux en être sûr.

Il hocha la tête.

- Le train arrive à sept heures moins le quart du matin, en général on charge un peu de charbon et il repart. Mais en ce moment il décharge quelques Pacificateurs, en reprend d'autres et repart vers sept heures trente. Le train est assez vide donc vous ne devriez pas avoir beaucoup de mal à vous cacher. Par contre une fois arrivée au district Quatre il y aura énormément de Pacificateurs.

- Comment on peut faire ?

- Le train ne repart que le lendemain matin très tôt, donc je vous conseille d'attendre que la nuit tombe en restant caché dans le train. Les gardes boivent pas mal pour tromper l'ennui donc vous devriez réussir à passer sans trop de problème.

Ça faisait beaucoup de « peut-être » et de conditionnel. Katniss ne savait pas si ce plan était bon, elle ne savait même pas si on pouvait appeler ça un plan. Malgré tout personne n'avait rien de mieux à proposer alors ils acceptèrent.


Pendant ce temps au Capitole.

- Bon, dit Chaff, inutile de paniquer.

Malgré tout il était très pâle.

- C'est l'occasion rêvée de paniquer! Fit remarquer Beetee.

- Ils vont être traqués comme des animaux, dit Seeder.

- Pas forcément, dit Gloss, la plupart des Pacificateurs ne savent pas qui soutenir et notre district est au bord de la révolte.

- Pareil chez nous, dit Enobaria.

- Ils ont des chances de survivre, dit Chaff, ils sont malins !

- En fait c'est comme les Hunger Games mais à l'échelle de Panem, fit remarquer Finnick d'un air amer.

- J'espère qu'ils auront l'intelligence de se terrer quelque part et d'y rester.

- Ça me parait aussi simple que si Haymitch arrêtait de boire... Dit Enobaria.

- Je peux arrêter de boire quand je veux, répliqua l'intéressé.

- Bien sur...


J'espère que vous avez aimé ! A bientôt :-)