Bonjour, bonsoir à tous!
Voici un nouveau chapitre qui ne sera, j'en ai peur, pas forcément à la hauteur de vos espérances. En effet, je me sert de se chapitre comme une sorte de transition pour la suite donc il ne se passe pas grand chose d'extraordinaire. Enfin bon je vous laisse en juger.
Comme de bien entendu les personnages ainsi que l'univers dans lequel ils évoluent ne sont pas de moi mais de l'excellente J. K. Rowling. L'histoire, en revanche, est bien de moi de même que les dérives caractérielles et amoureuse des protagonistes!
Sur ceux, je vous souhaite une bonne lecture!
Chapitre 11.
Lorsque Draco Malfoy revint à lui, deux heures s'étaient écoulées et la cuisine de Rogue avait repris un visage normal. Malheureusement, les deux trous causés par les griffes du dragon ou encore les profondes entailles dûes aux vagues de magie, seraient durs à cacher.
La tête lourde et les oreilles bourdonnantes il entreprit de se redresser. Il avait la bouche pâteuse et chaque centimètre de son corps suppliait pour plus de repos.
Drainé de toute énergie, il ne se souvenait de la matinée que par flashs successifs et embrouillés. L'enchaînement des événements jusqu'à ce que Potter retourne le couteau dans la plaie purulente de ses souvenirs était assez clair. Après par contre ça devenait plus compliqué.
Il se revoyait plus ou moins paralysé par l'angoisse mais c'était à peu près tout ce dont il était sûr. La suite lui apparaissait comme absurde. Dans son dos, le dragon l'avait chauffé jusqu'à ce qu'il perde complètement le contrôle de sa magie.
Après, il était à peu près certain d'avoir déliré puisqu'il avait eu l'impression que son tatouage s'était matérialisé autour de lui!
Son dernier souvenir était celui où il s'effondrait dans les bras de Potter, au milieu de la cuisine dévastée.
C'était extrêmement embarrassant, aussi, fermant les yeux avec force, il essaya de refouler ce souvenir au plus profond de son inconscient. Il dut lutter pour les rouvrir, harassé qu'il était par la fatigue.
Son esprit aurait bien cédé aux suppliques de son corps mais son ventre jouait une autre musique. Il avait assez faim pour manger un hippogriffe.
Avec les doigts!
Aussi se leva-t-il en gémissant du canapé où on l'avait installé et couvert d'une couverture de laine. Une fois debout, il l'enroula autour de ses épaules puis se dirigea précautionneusement vers la cuisine d'où il entendait Potter maugréer.
Apparemment il cherchait un sort pour réparer… Un lustre?
Aussi solide sur ses jambes qu'un fétu de paille dans la tempête, le trajet lui parut un chemin de croix et lorsqu'il parvint à destination il dus s'appuyer lourdement au battant de la porte. Au milieu de la cuisine, un Harry Potter furieux insultait un amas de ferraille et de verre, que Draco reconnut comme ayant été le plafonnier de la cuisine.
La tignasse brune de son vampire, posée sur son crâne en dépit de toute logique capillaire, était encore plus chaotique qu'à l'ordinaire. De plus, il portait un T-shirt troué et un pantalon en plus mauvais état encore. Pour un peu Draco l'aurait pris pour un clochard échoué là par il ne savait quel miracle.
Pourtant c'était bel et bien Potter qu'il observait de dos, en train de maudire le pauvre luminaire ainsi que tous ses ancêtres. Amusé malgré lui par le grotesque de la scène, le serpentard ne put retenir un rire léger. Rire qui ne tarda pas à s'amplifier, lorsqu'alerté par le bruit, l'enfant prodige du monde sorcier se retourna, un air mêlent frustration et surprise au visage.
Le survivant arborait alors la moue d'un gamin boudeur que l'on venait de prendre en train lutter pour ouvrir un pot de miel sans y parvenir.
Peut-être que la situation n'avait rien de particulièrement comique, pourtant le jeune sorcier ne parvint plus à arrêter son hilarité sous le regard de plus en plus vexé de l'autre.
C'était tout bêtement bien trop surréaliste pour ne pas en rire.
Le fou rire ne tarda pas à se propager et bien vite les deux jeunes hommes se tenaient les côtes à l'unisson, incapables de se calmer.
Merlin, qu'il était bon de rire!
Quand ils parvinrent enfin à cesser d'exposer leurs amygdales respectives, Draco se sentait plus détendu qu'il ne l'avait été depuis des mois. Peut-être même des années.
Il plongea alors les yeux dans ceux verts et pétillants de malice de son vis-à-vis sans ressentir de crainte ou d'agacement. Aujourd'hui il était bien et se sentait pour ainsi dire en sécurité.
Pour une raison ou pour une autre, relâcher sa magie lui avait également permis de faire retomber la pression qui s'était accumulée au fil des jours.
Potter l'avait aidé, calmé et avait pris soin de lui pendant qu'il était inconscient. Pour la première fois depuis qu'ils s'étaient revus dans les cachots du Lord, le brun l'avait traité comme un être humain. Par ces simples gestes le vampire avait apaisé et renforcé leur lien.
Draco pouvait le sentir, profondément ancré dans sa magie, le lien qu'ils partageaient avait cessé de le torturer. Au contraire celui-ci vibrait de plaisir comme un gros chat enfoui dans des coussins moelleux.
Potter avait cessé de le combattre et sans qu'il sache exactement pourquoi, lui aussi. Pour le meilleur et certainement pour le pire, Harry Potter était son vampire.
Comme s'il avait suivi le cheminement de ses pensées, ce dernier lui envoya un sourire éclatant et plein de dents. Avec plus de retenue le blond le lui rendit, juste avant que son estomac ne se rappelle à lui de façon bruyante.
À ce son, le sourire du gryffondor se fit plus grand.
- Y a des pâtes au beurre dans la casserole sur la table si tu veux, indiqua-t-il sans se départir de son sourire. Je pense qu'elles sont encore chaudes.
Reconnaissant mais cependant encore trop serpentard pour le faire savoir, le jeune homme affamé hocha la tête et s'installa à table en silence. Les pâtes étaient tièdes et collantes, il y avait trop de beurre et pas assez de sel, pourtant il les dévora toutes sans exception. En quelques minutes son assiette était vide et il lorgnait sur ce qu'il restait dans la casserole.
Pouvait-il se permettre de finir le plat sans faire preuve de la dernière des impolitesses? À près tout, ce n'était pas comme si Potter ne se servait pas de lui comme plat de pâtes renouvelable.
Jetant un coup d'oeil du coté de se dernier Draco Malfoy prit la peine de détailler plus en avant son désormais compagnon de lien. En dépit d'un certain laissé allé capillaire et d'un insupportable désintérêt pour ses vêtements, Draco devait bien s'avouer qu'il avait du charme. Bon ce n'était certes pas la fine fleure des petits poids mais tout de même...
Pour commencer il avait de larges épaules relativement bien musclées et les bras qui allaient avec, or plus que pour n'importe quoi d'autre Draco se savait sensible à ce genre de chose. Ne savant pas quoi faire de sa découverte pour le moment il se contenta de la classer, se disant qu'il trouverait probablement un autre moment pour se torturer les neurones dessus.
Reprenant son investigation le serpentard passa rapidement sur le fessier du brun - il n'avait jamais compris en quoi celui-ci pouvait constituer une partie esthétique et prisé du corps humain -. Les jambes de Potter n'avait pas plus d'intérêt selon lui aussi se rabattit-il sur son son visage ne manquant pas de remarquer au passage que le brun le dépassait d'au moins dix bon centimètres.
Depuis la table de la cuisine Draco Malfoy n'avait accès qu'au profil du vampire. Comme pour le reste le jeune homme ne trouvait rien d'exceptionnel aux traits de Potter. Un nez droit et une mâchoire marquée, peut-être même une peu carré, les tempes n'étaient pas saillantes et pourtant visibles, d'épais sourcils couvant les fameux yeux verts du survivant légèrement enfoncé dans leurs orbites.
En fait analysa le blond, pris un par un les éléments du visage de Potter n'auraient jamais dus se retrouver sur le même visage.
À la fois en courbes et en creux, en bosses et en obliquité des lignes, ce visage était bordélique.
Surement qu'en créant Potter les puissance cosmique s'étaient trouvées en panne de matière première et avaient dues racler les fond de tiroir. Contre toute attente le résultat n'était pas catastrophique mais dans un soucis d'équité et parce qu'il y avait tout de même eut préjudice en sa défaveur les puissances cosmiques avaient également ajoutées une bonne dose de charismes.
Draco soupira, Potter ne faisait probablement déjà rien comme les autres alors qu'il n'était qu'à l'état de vague brouillon dans le grand plan de l'univers... Un emmerdeur de première catégorie rien que pour lui... Il adorait sa vie...
Sur sa gauche Potter s'était tourné vers lui à l'entente du soupire, puis voyant que le blond avait son air de pourquoi-moi, il se désintéressa rapidement du problème pour en revenir à sa tache première: Réparer se foutu-lustre-de-mes-deux!
- Oculus Reparo!
Étonné le sorcier blond se désintéressa de l'aspect de son comparse en faveur de ses actes qui, encore une fois, dépassaient toute logique. Est-ce-que ce crétin essayait de restaurer un lustre avec un sort censé réparer des lunettes?
- Reparo! s'entêta le survivant envoyant un jet de lumière violette sur le plafonnier.
Celui-ci vibra un instant et certains fragments se soudèrent entre eux. Pas les bons cependant. Dépité par son échec, le brun leva les bras en l'air, grognant un puissant "Putain!" extrêmement frustré.
Draco leva un sourcil aristocratique. Cet imbécile n'avait décidément aucune classe ni subtilité. Le sort était le bon mais exécuté avec tellement de grossièreté qu'il n'avait aucune chance de fonctionner. Les sorts de restauration nécessitaient doigté et finesse, or le Gryffondor balançait sa magie comme s'il s'agissait d'un seau d'eau sale.
Arrosé de magie mais sans schéma pour l'organiser, le lustre aurait tout aussi bien pu se couvrir de poils mauves.
Potter utilisait la magie comme s'il s'attendait à ce qu'elle se débrouille toute seule une fois lâchée dans la nature. Un deuxième sourcil vint rejoindre le premier en haut du front de Draco.
Potter avait le Q.I d'une carotte bouillit, l'affaire était entendue, mais une carotte incroyablement puissante. Car le serpentard ne s'y trompait pas, le brun pouvait parfois s'avérer bête à manger du foin mais pas au point de continuer à faire de la magie sans que ça ne marche depuis ses onze ans.
S'il continuait d'agir aussi stupidement c'était que vraisemblablement; l'évidence n'était encore jamais venue le frapper de plein fouet. Autrement dit, jusqu'ici la magie de Potter était assez puissante pour qu'il lance des sorts sans aucune préparation préalable et qu'ils marchent quand même.
La simple idée du potentiel nécessaire pour, ne serait-ce que réussir un Wingardium Leviosa rien que par la force de la magie, donna le tournis au blond.
À quel point ce demeuré était-il puissant au juste? Et pourquoi diable personne ne s'était-il donné la peine de l'éduquer un minimum?! C'était un véritable gâchis que de le voir saturer ce lustre de magie brute.
Soupirant, le sorcier se décida à intervenir.
Parfois, le parpaing de la réalité devait s'abattre sur la tartelette aux fraises de nos illusions. Et Draco était bien décidée à être le parpaing sur le crâne insupportablement vide de Potter.
- Potter arrête ça tout de suite!
L'interpellé se tourna vers lui, l'expression peu amène, l'air de dire : fais pas chier Malfoy.
- Fais pas chier Malfoy!
Peu sensible aux états d'âme du plus grand, Draco Malfoy roula des yeux de désespoir. Non mais quel crétin prévisible.
Amer de ne pouvoir lui-même réparer le plafonnier d'un coup de baguette et ainsi clouer son bec à Potter, Draco se contenta de se rapprocher.
- Tu t'y prends mal crétin! asséna-t-il en désignant l'objet du conflit.
- Je t'emmerde! Fais pas chier!
Que Merlin lui vienne en aide, le Gryffondor lui devenait franchement insupportable! Prenant une fois de plus sur lui, non sans adresser au passage un regard de pur mépris à son vis à vis, il haussa les épaules.
- Ta magie est presque épuisée, dans cet état tu ne peux pas réparer quoi que ce soit avec de la magie brute Potter, expliqua-t-il sur le ton trainant qu'il affectionnait de prendre pour rabaisser ses interlocuteurs.
Le brun grogna fronçant les sourcils. Soit il était sujet à une brusque crise de constipation, soit il ne comprenait pas ce que tentait de lui dire Draco.
Se trouvant des trésors de patience jusque-là totalement inconnus, celui-ci se mordit la langue, retenant la réplique acerbe qu'il avait au bord des lèvres. Sa bêtise et son incompétence avaient-elles une fin? Ou alors, tout comme l'univers, se trouvaient-elles en constante expansion?
Peu désireux de rentrer dans les détails tout de suite en faisant un cours détaillé et non exhaustif sur la magie, il se contenta du côté pratique. Pour le moment.
- Ça ne marchera pas si tu continues de balancer ta magie à l'aveugle Potter, explicita-t-il en détachant bien les mots. Avant de jeter le sort il faut que tu imagines dans ta tête ce que tu veux qu'il fasse. Quel morceau doit à aller à quel endroit, quels bouts doivent se ressouder.
Face au silence suspicieux du vampire, Draco prit peur. Une carotte bouillit, d'accord mais peut-être pas un pot mayonnaise quand même!
- Tu vois ce que je veux dire au moins?
Acquiesçant d'un geste sec, Harry Potter ne se départit pourtant pas de son mutisme avant que plusieurs secondes extrêmement gênantes ne se soient écoulées.
- Je ne fais jamais ça d'habitude. lâcha le brun l'air de dire qu'il n'avait pas confiance et qu'on ne la lui faisait pas.
Draco leva les yeux au ciel d'une manière indubitablement sarcastique.
- Oui, et ça fait de toi le sorcier à la fois le plus puissant et le plus incompétent de la création! C'est grave Potter. Se sentit-il obligé de souligner.
Dans un premier lieu vexé par la remarque du blond, Harry Potter prit finalement le temps d'étudier dans son entièreté la réponse de son lié. Apparemment quelque chose lui échappait sur la magie et ça avait l'air de sidérer le serpentard au point qu'il admette à haute voix que son rival soit le plus puissant.
Il décida donc de passer sur l'insulte pour cette fois.
- Explique.
S'il fut surpris par la réaction non agressive de l'autre, Draco Malfoy ne le montra pas, se contentant d'expliquer le plus simplement possible comment jeter un sort. Heureusement qu'un Reparo n'était pas trop complexe sinon il aurait été impossible de l'expliquer sans passer par les détails autrement plus ardus des théories magiques.
- Lorsque tu lances le sort essaye de ne pas envoyer ta magie comme un boulet de canon et ne la relâche pas tout de suite.
Appliqué et concentré l'élève Potter tentait sans grand succès d'appliquer les directives de son professeur. Il parvenait à ne pas relâcher tout de suite le sort mais n'intégrait absolument pas le concept de "laisser couler doucement la magie".
Pas plus étonné que ça par cet échec, le sorcier blond haussa les épaules.
- Bah, ça marchera aussi comme ça. Maintenant tu imagines ce qui doit être réparé sur le lustre.
Une fois de plus les morceaux de verres et de ferrailles, nimbés d'une couleur violette, tremblotèrent quelques instants avant de s'immobiliser. Le lustre ressemblait toujours à une sculpture de Picasso.
Potter lui jeta un regard noir comme si c'était ça faute.
- Je parie que tu as directement imaginé le lustre réparé. conclut le blond pas impressionné le moins du monde.
Le regard soudainement confus puis fautif de son élève valait tous les discours. Croisant les bras, le blond se contenta pourtant de réexpliquer la méthodologie.
Il y avait un seuil de déchéance où la moquerie ne valait plus rien si ce n'était sombrer avec l'autre.
- Il faut que tu y ailles petit à petit, d'abord tu penses à redresser ce morceau de verre puis à souder ces deux bouts de verres et ainsi de suite.
Il fallut plus d'un essai à Potter pour arriver à un résultat à peu près convenable mais Draco trouvait que pour une première fois c'était pas mal. Par contre il aurait fallu qu'on menace de le tondre pour qu'il l'avoue à haute voix.
Quand ils sortirent de la cuisine, l'après-midi avait bien avancé et leur relation aussi. Somme toute ce n'était pas une mauvaise journée.
Ce n'était pas encore l'entente cordiale mais il y avait du mieux…
Enfin si on oubliait les envies de plus en plus concupiscentes de l'un et les crises d'angoisse entrainant l'apparition d'un dragon de l'autre.
Ceci étant, d'un accord tacite les deux jeunes gens avaient décidé qu'à chaque jour suffisait sa peine. Pour le moment ils allaient sagement somnoler sur le canapé en attendant le retour du Professeur des potions et heureux propriétaire d'une cuisine défigurée.
Ils commençaient d'ailleurs à sombrer dans un semi-coma de qualité quand l'impensable arriva.
Vêtu en tout et pour tout d'un jean crasseux, Fenrir Greyback, oreilles velues et queue poilue au vent s'écrasa comme une merde devant la cheminée.
Éjectés du canapé comme s'il était en feu, les deux anciens ennemis le regardèrent pour le moins estomaqué. Apparemment pas mal esquinté, le loup-garou grogna férocement en se mettant à quatre pattes. Toussa, grogna de nouveau et pour finir cracha du sang. C'était d'une délicatesse!
Bien conscient que dans l'état actuel des choses il était aussi voir moins efficace qu'un moldu, Draco se recula derrière le canapé.
Mais pourquoi lui, par Merlin?
De son côté, Harry Potter avait déjà saisi sa baguette et affrontait l'intrus du regard. Celui-ci avait les yeux voilés de douleur et de fureur mêlées. Grognant à n'en plus finir, le mangemort se ramassa sur lui-même, prêt à bondir.
Conscient du danger le survivant s'écarta juste à temps pour éviter les griffes acérées de son assaillant. Dans le même geste, il se retourna baguette en avant et cueillit le garou d'un éclair bleu en plein sternum.
- Petrificus totalus!
Son action fut d'autant plus salutaire que le monstre s'était déjà relevé et retourné, de toute évidence prêt à l'attaque.
Un silence de mort s'abattit alors sur l'appartement qui, décidément, en avait vu de belles.
Interloqués, fatigués et vaguement terrifiés, Draco Malfoy et Harry Potter se rapprochèrent instinctivement l'un de l'autre. Figé au milieu du salon dans une position qui avait l'air tout sauf confortable Fenrir Greyback les fusillait du regard. Coupé dans son attaque, il se tenait à demi-relevé la main gauche à quelques centimètres du sol et la droite, toutes griffes dehors, à quelques centimètres de là où s'était trouvée la jugulaire de Potter.
Son expression arborait les stigmates d'une rage désespérée ainsi qu'un rugissement en devenir le cou tendu vers l'avant, les crocs largement en exposition et la bouche grande ouverte, prête à mordre ou à hurler.
Cependant bloqué dans son élan et immobilisé comme une statue de cire, Greyback ne pouvait faire ni l'un ni l'autre.
En revanche il bavait.
Super une cuisine bancale et un loup-garou figé dans son salon, Rogue allait les écharper vivant!
Draco Malfoy grimaça lorsqu'un filet de salive tomba au sol. Dans un éclair de lucidité il ne put que remercier Merlin pour que le Petrificus ne demande pas franchement de doigté.
Nimber leur assaillant d'une lumière bleue n'aurait de toute évidence pas été très efficace.
Fenrir Greyback!
Fenrir Greyback venait de débarquer dans le salon de Severus Rogue et à priori ce n'était pas pour boire le thé!
Retenant leurs respirations dans l'attente d'un débarquement de mangemorts en force, les jeunes sorciers avaient l'air tout aussi figés que le garou.
Comme dix bonnes minutes s'écoulèrent sans que rien ne se passe, chaque personne en mesure de le faire se détendit légèrement.
Mais il y avait toujours un loup-garou en colère au milieu du salon.
Le vampire tournait autour de la table basse comme un lion en cage, jetant de temps en temps de furieux coups d'œil au garou toujours figé. Tout en le suivant du regard, Draco se demanda distraitement si le brun allait finalement uriner sur Greyback afin de marquer son territoire.
Assis en tailleur sur le canapé, les bras croisés sur la poitrine, le petit blond ne voyait pas bien comment la situation pouvait être pire.
- Fais quelque chose! s'agaça Potter, au bout d'une autre seconde de patience.
Interdit, Draco Malfoy fusilla son comparse du regard.
- Comment ça "fais quelque chose"?! C'est toi qui dois faire quelque chose!
- Mais j'ai aucune idée de ce qu'il faut faire! Je te signale quand même qu'il y a Fenrir Greyback figé au milieu du salon! s'égosilla Potter qui était peut-être bien en train de faire une crise de nerf.
Il fallait dire pour sa décharge que risquer de se faire bouffer pouvait s'avérer légèrement traumatisant. Malheureusement, les nerfs de Draco n'étaient pas en meilleur état, aussi sa répartie ne calma en rien la situation.
- Comment ça t'en as aucune idée?! Mais t'es quand même vachement plus habitué que moi aux situations merdiques! Tu t'entraines depuis que t'as onze ans aux situations merdiques! Bien sûr que tu sais ce qu'il faut faire!
Scandalisé par les propos tenus par le blond, Harry Potter ne se retint qu'à grand peine de bouder.
- Je ne me suis pas entrainé! C'est ma vie entière qui est un vrai merdier!
- Il n'empêche que toi, quand un merdier cosmique te tombe dessus, tu secoures la fille, bats le méchant et sauve le monde à l'occasion!
- Je sauve pas le monde! rectifia le jeune homme.
Ça ne lui été arrivé qu'une fois et il ne s'en rappelait même plus! On allait pas continuer à en parler toute sa vie par Merlin!
- Si! Tu sauves le monde et à la fin tu gagnes même la Coupe des Quatre Maisons! s'indignait Draco Malfoy aussi mauvais perdant qu'à son habitude. Puis il ajouta d'un air blasé :
- Moi quand un merdier me tombe dessus je me fais enfermer et je me lie avec un vampire! Tu vois bien qu'il faut que ce soit toi qui fasses quelque chose! conclut-il d'un vigoureux hochement de tête, sûr de sa démonstration.
- Mais je fais rien d'habitude! s'inquiéta Harry Potter, en gros je fonce dans le tas et tout s'arrange!
Stupéfaits le serpentard oscillait entre abattement et colère. Qui lui avait fichu un pareil crétin?
Un héros, tu parles!
S'il avait survécu jusque-là c'était uniquement à cause du plus grand des hasards!
Le même genre de hasard qui avait permis un jour que de minuscules bactéries décident de se regrouper pour former un poisson et ainsi de suite.
Ça ne pouvait qu'être du hasard de compétition pour que le survivant ait effectivement survécu! D'autant qu'il avait non seulement survécu au pire mage noir de l'histoire mais aussi à l'expansion constante de sa connerie!
Une seule explication venait éclairer la débâcle présente.
- Merlin, crois-tu que je porte la poisse? Peut-être que je déteins sur toi! s'alarma Draco Malfoy en regardant son vampire droit dans les yeux.
Dubitatif quant à l'attitude à adopter celui-ci fronça les sourcil en dévisageant son lié. Au bout de quelques instant le brun se rendit à l'évidence: Oui…
Il était sérieux.
Merlin, pourquoi lui?
En effet pourquoi, était une question qu'il était en droit de se poser. Il connaissait plus ou moins la réponse, bien sûr, mais pour être honnête, elle ne l'avait absolument pas aidé.
Quelques heures plus tôt il avait vu débarquer Fenrir Greyback dans sa vie déjà bien chaotique, le tout avec la délicatesse d'un… Hé bien d'un loup-garou! Dire qu'à ce moment-là, il avait été persuadé d'avoir touché le fond!
Que nenni mon bon seigneur!
Deux heures après cette apparition en fanfare, ça avait été au tour de Rogue de passer le seuil de la cheminée. Il avait les cheveux dressés sur la tête et la robe partiellement carbonisée. Pourtant il était apparu comme si tout était parfaitement normal et que ses longues jambes blanches n'apparaissaient pas aux yeux de tous.
Draco n'avait pu que lui envier son flegme lorsque ses yeux noirs charbons étaient tombés sur le spectacle grotesque de Fenrir en train de baver sur le tapis.
Après être resté quelques instants en stase devant le tableau surprenant qu'offrait Greyback, le regard du Professeur avait dévié sur eux. Sagement assis, occupé à prétendre que tout allait très bien Draco lui avait adressé un hochement de tête tandis que Potter lui sautait dessus pour des explications.
Peu sensible à leurs émois, l'homme en noir s'était contenté de jeter un regard glacé au survivant avant de disparaitre dans la cuisine.
Il en était ressorti presque aussitôt en les fusillant du regard.
Bon, leur petite expérience magique n'était pas passée inaperçue.
Sans ouvrir la bouche, le se contenta de disparaitre de nouveau quelques minutes dans son laboratoire.
Pris au dépourvu par la tournure des évènements, Draco et Harry s'étaient alors retrouvés seuls, s'interrogeant mutuellement du regard. Que se passait-il par Merlin ?
Quand Rogue réapparut, il ne fournit pas de plus amples explications et se dirigea directement sur Greyback qu'il libera du sortilège d'un coup de baguette. Celui-ci s'écroula à terre, inconscient, comme un pantin à qui on avait coupé les fils.
Apparemment, même pour un loup-garou, tenir la même position pendant des heures alors qu'il était visiblement blessé, n'était pas recommandé.
- Hey mais qu'est-ce-que vous foutez?! s'insurgea le survivant, qui n'avait pas pour ambition dans la vie de finir dévoré par un garou. Draco le comprenait, il n'avait pas non plus ce genre d'attente vis-à-vis de son avenir.
Rogue en revanche n'en avait apparemment pas grand-chose à faire, puisqu'il leur lança un regard plus noir que l'âme du Lord.
- Taisez-vous! Assis! Pas bouger!
Ce furent là les seuls mots qu'il consentit à lâcher avant un certain temps.
Se rappelant juste à temps qu'il s'agissait tout de même d'un homme qui par jeu pourrait probablement mettre son essence de vie en bouteille, Harry Potter préféra obéir pour le moment.
Ce n'était pas une fuite, c'était une retraite stratégique.
Ce pourquoi Draco lui fut fort gré, étant donné qu'il n'était pas sûr que le professeur ne soit pas capable de leur jeter un Impardonnable. Surtout après la découverte de ce qu'ils avaient fait de sa cuisine.
Aussi assistèrent-ils en silence à la prise en charge des blessures de Greyback à grand renfort de potions.
D'une façon ou d'une autre et sans qu'ils sachent comment cela fut ne serait-ce que possible, le loup-garou avait apparemment rendu sa cagoule de mangemort. Potter en était visiblement arrivé à la même conclusion à en juger par l'air de profond désarroi sur son visage.
Comme ils avaient saccagé la cuisine de Rogue et semblerait-il, laissé mourir un potentiel allié au milieu du salon, les deux jeunes gens préférèrent se faire oublier quelques instants.
Après presque une heure de soin, de jurons grommelés et quelques regards noirs jetés par-dessus l'épaule, Rogue rangea son matériel. Greyback, toujours inconscient, fut envoyé au lit par lévitation d'un coup de baguette autoritaire.
Vinrent alors les explications, mais avant tout une tasse de thé.
Que Merlin les protège et les garde de se retrouver une fois de plus aspergés par la mixture.
Ce ne fut heureusement pas le cas.
La discussion fut ardue, en grande partie parce que Potter hurlait au blasphème à chaque nouvelle information, mais aussi parce qu'en bon espion qui se respecte le Pr. Rogue rechignait à lâcher lesdites informations.
Ce qui ressortit au bout du compte et après une bonne demi-heure de cris et de regards noirs n'était pas encore très clair. Pour une raison encore inconnue Greyback avait subitement décidé de troquer sa carrière de mangemort sanguinaire pour celle autrement moins bien payée de traitre/balance/future mort.
Draco ne voulait pas s'avancer mais à priori ce n'était pas parce qu'il était lui aussi une créature magique. De toute évidence ce fait n'avait pas échappé au Lord et jusqu'ici ça n'avait pas semblé le déranger outre mesure.
Assis bien droit dans son fauteuil, Rogue sirotait son thé, indifférent aux gesticulations de plus en plus désordonnées de Harry Potter. Celui-ci se trouvait à deux doigts de l'apoplexie et Draco se demandait s'il ne valait pas mieux pour tout le monde qu'il s'évanouisse une bonne fois pour toute.
Cela dit, il comprenait le léger désappointement de son vampire, puisque tout ce qu'ils avaient pu tirer de l'espion jusqu'ici c'était que Greyback n'était plus un mangemort. Il avait également consenti à leur dire que, oui, les blessures du garou étaient dues à sa soudaine rébellion. Parce que, non, le Seigneur des Ténèbres n'avait pas bien pris la nouvelle.
De plus, effectivement, cette rébellion ne datait pas d'aujourd'hui, cela faisait un mois que le garou croupissait en cellule. Et enfin, oui, l'état déplorable de sa robe venait bien de sa participation à la fuite du loup-garou.
Pourquoi et comment ne reçurent aucune réponse étant donné que pour citer le professeur : "il ne lui appartenait pas de répondre à la place de Greyback."
Toutes ses non-réponses étaient bien évidement venues à bout du peu de patience de Harry Potter qui n'avait jamais brillé pour sa retenue. De son côté, Draco n'en avait pas grand-chose à faire.
À partir du moment où Greyback n'essayait pas de le manger il n'avait aucun problème avec lui personnellement. Pour être honnête, ça l'arrangeait plutôt en tant que monstre Greyback était quand même pire que lui. Avec un peu de chance, il occuperait assez la mère Weasley pour qu'elle l'oublie!
- Donc si je résume Greyback est un gentil? demanda Harry Potter d'un ton acide et résolument désapprobateur. De son point de vue on nageait en plein délire.
Face à lui, imperturbable avec ses cheveux toujours dressés sur sa tête, Severus Rogue hocha la tête.
- On peut dire ça comme ça oui… Bien que "gentil" n'est peut-être pas le qualificatif qui convienne.
- Il est du côté de l'Ordre en tout cas? voulut éclaircir Draco qui voyait avec inquiétude les yeux de son vampire tourner au rouge.
Super, ça allait encore être pour sa pomme.
- Aussi troublant que ça puisse paraître, oui. affirma l'espion en portant une fois de plus sa tasse à ses lèvres.
- Mais il a mangé des enfants! hurla le survivant en bondissant du canapé et désignant d'un geste approximatif la chambre où dormait le loup.
Pas impressionné pour deux sous, Rogue haussa les épaules d'un air fataliste.
- Allons bon, grignoté tout au plus.
Bon peut-être que son presque père de substitution s'était cogné la tête un peu trop fort cette fois-ci. Parce que, Draco était prêt à reconnaitre que Potter était agaçant à hurler tout le temps, mais ça c'était comme jeter du bézoard dans une potion instable!
Abasourdi par la répartie du plus vieux, la fureur du brun s'était pourtant calmée pour un temps.
- Il a "grignoté" Remus en tout cas! fit-il valoir en se rasseyant les yeux d'un rubis inquiétant.
- Ho, oui certes…
- Certes? grinça le vampire dont les dents commençaient gentiment à dépasser de ses lèvres.
Parfait! Tout ça était parfait! Son vampire allait être d'une humeur massacrante et ce serait à lui de réparer les pots cassés! Refusant fermement de participer à cette discussion, Draco Malfoy s'enfonça dans les coussins, bien décidé à ignorer le reste du monde.
- Hé bien il ne m'appartient pas d'expliquer ce qui ne me regarde pas, mais… Il semblerait qu'il y ait un truc. se contenta de lâcher le professeur d'un air las.
- Un truc? répéta bêtement Potter pas sûr de ce qu'il devait comprendre.
- Entre Lupin et Greyback. précisa obligeamment Rogue devenant étrangement plus prompt à lâcher des informations tout d'un coup.
Draco n'était pas dupe, son maitre de maison était en train de s'amuser comme un petit fou. Le "truc" en question devait – au choix – soit être un sacré truc, soit rien du tout mais dans les deux cas quelque chose lui disait que Potter n'allait pas apprécier du tout.
Pour ce qu'il en savait, c'était probablement le but de cette discussion.
À tous les coups Rogue était en train de se venger pour la cuisine.
Évidement Potter sauta à pieds joints dans le piège, grognant à moitié sa question.
Foutu Gryffondor incapable de savoir quand s'arrêter.
- Il y a un un "truc" entre Remus et ce monstre?!
Impossible pour Draco de manquer le petit rictus sadique qui étira l'espace d'un instant les lèvres du professeur des potions.
- Comme je vous l'ai déjà dit, ça ne me regarde pas vraiment… dit-il mielleusement du bout des lèvres avant de boire une nouvelle gorgée de thé.
- Il a tourné en garou des dizaines d'enfants innocents! s'exclama Potter toutes canines dehors. Il ne peut y avoir aucun truc, d'aucune sorte, entre lui et Remus! cracha-t-il comme s'il s'agissait d'une menace de mort.
Aussi sucré et huileux qu'une pâtisserie arabe, Severus Rogue se fendit d'un sourire hypocrite.
- Encore une fois ce n'est pas à moi d'expliquer cela mais je vous assure qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter.
Il n'y a pas grand-chose de plus énervant qu'une personne qui vous dit de ne pas vous inquiéter alors que de toute évidence, le monde autour de vous est en train de s'écrouler. Draco savait cela très bien et Rogue aussi, probablement parce que Potter s'était carrément mis à grogner.
Merlin il était tellement foutu.
- Et bien moi je vous assure que je m'inquiète quand même!
Un autre sourire sans joie étira les traits de Severus Rogue alors qu'il jetait un regard sadique au petit blond engoncé aussi loin qu'il le pouvait dans les coussins du canapé.
- Vous êtes trop mélodramatique Potter. lâcha-t-il d'une voix trainante, poussant le vice jusqu'à lever les yeux au ciel dans une parfaite imitation du parent désabusé.
Cela ne loupa pas et ce fut un vampire rouge de rage qui se jeta sur Rogue dans l'intention évidente de l'étrangler.
Malheureusement pour lui, celui-ci s'y attendait et dans un geste fluide et rapide comme l'éclair il sortit sa baguette et jeta le sort Petrificus.
Stoppé dans son élan, le survivant tomba au sol comme foudroyé.
Rogue sourit et Draco s'enfonça encore un peu plus dans les coussins.
Pourquoi lui?
Voilà, il en était sûr, ça lui retombait dessus… Encore!
C'était franchement pas juste parce que si on y regardait bien, tout ce qu'ils avaient fait c'était suivre les conseils qu'IL leur avait donnés.
Ils avaient discuté!
Ce n'était pas sa faute si cette discussion avait tourné au débordement magique et à l'anéantissement d'un très beau service en porcelaine de Limoges!
Rogue exagérait!
Il exagérait et lui il se retrouvait coincé une fois de plus dans une petite salle avec un vampire aux yeux rouge sang! D'accord la salle en question n'était plus une cellule miteuse mais une chambre d'amis… En théorie il pouvait également en sortir quand il voulait…
En théorie oui, mais comme l'avait si vicieusement fait remarquer Rogue : "Un vampire affamé et frustré n'était pas quelqu'un qu'il fallait faire attendre".
Draco était théoriquement d'accord, lorsqu'il se réveillerait Potter serait d'une humeur de chien et il était préférable de tenir à sa disposition sa source de nourriture. Théoriquement Draco était entièrement d'accord… Dans la pratique et en tant que source de nourriture il trouvait ça pas juste!
D'autant plus injuste qu'il avait la certitude absolue que Rogue avait fait frire les nerfs de Potter volontairement pour se venger. Ce vieux serpentard vicieux avait insinué quelque chose de vraiment dégoutant ente Lupin et Greyback dans le seul but d'énerver le vampire!
Ce qui était à la fois du pur génie et quand même super dégueulasse!
Du coup lui, Draco Malfoy, il ne savait plus combientième du nom, se retrouvait avec un lié affamé sur les bras… Dans une chambre minuscule…
Et même si rester dans cette chambre était le mieux à faire, franchement qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire là maintenant tout de suite?!
En fait une cellule bien glauque aurait été probablement mieux parce qu'il n'y aurait pas eu de lit. Or ce lit justement le troublait au plus haut point.
Ce lit posait problème.
Ce lit était le diable!
Parce que dans un lit on ne faisait pas obligatoirement que dormir. Draco le savait, il avait seize ans, il savait comment on faisait les bébés. Il savait même comment ne pas en faire!
Peut-être qu'il n'avait jamais testé ça en personne mais il savait ce qui pouvait arriver dans un lit.
Et après la discussion de ce matin il avait même une idée très précise de ce qui risquait de lui arriver dans ce lit!
"Ce dont j'ai le plus envie c'est de te prendre profondément dans n'importe quelle position." Voilà ce qu'avait dit Potter.
Pour être honnête Draco Malfoy paniquait quand même un peu rien qu'en y pensant et maintenant il se retrouvait enfermé avec Potter dans une chambre.
Avec un lit.
Un lit avec des draps, des oreillers et une couverture. Un lit deux places.
Draco ferma fortement les yeux puis les rouvrit.
Le lit était toujours là.
Potter aussi.
Il était allongé sur le lit toujours figé mais plus pour longtemps.
Maudit lit, foutu Potter!
"J'ai envie de te posséder."
Quel genre de personne était capable dire ça à une autre sans ressentir la moindre gène?! Harry Potter évidemment. Toujours ce foutu brun, incapable d'agir de façon sensée ou même raisonnable! Et lui, Draco Malfoy, se trouvait lié à lui.
Pourquoi lui?
Parce que s'il y avait une chose de sûr, c'était que lui était bien incapable de dire à haute voix ce que lui inspirait Potter sans en mourir de honte! D'ailleurs même en pensées il n'était pas persuadé d'y survivre…
S'il n'avait tenu qu'à lui, le blond ne se serait même pas penché sur l'improbable tas de sentiments ambivalents et enchevêtrés qu'était le "cas-Potter". Malheureusement, il n'était plus aux commandes de sa vie depuis un moment déjà et se retrouvait forcé de faire face à ce qu'il ressentait. Ce qu'il ressentait véritablement par-dessus le chaudron!
Aussi, au lieu de les enfermer à double tour dans une cave sombre au plus profond de son inconscient, Draco Malfoy tenait du bout de ses doigts dégoutés ses pensées envers Potter.
Une chose était sure, il ne s'était pas mis subitement à apprécier le brun. Nonobstant, il ne pouvait pas franchement dire qu'il le haïssait non plus.
Lorsqu'ils s'étaient retrouvés enfermés tous les deux dans la petite cellule du Lord, Draco avait su qu'il n'avait jamais vraiment haï le survivant. Jusque-là leur antagonisme tenait plus de l'habitude et de la pression sociale exercée sur lui que d'un réel sentiment.
Quand on était enfermé dans les oubliettes de son propre manoir on se devait de mettre les choses en perspective.
Ainsi au moment où il avait proposé son sang au vampire, Draco était assez sûr qu'il ne ressentait pour Potter qu'une sorte de solidarité voir même de l'affection nostalgique.
Ceci dit, après le coup de l'esclavagisme à peine justifié et des prélèvements, l'ancien Serpentard ne voyait plus les choses de la même manière. Il était clair que, pour Potter, leur "haine" était bien réelle et ancrée en lui.
Donc d'une certaine façon Potter et lui étaient ennemis, ou en tout cas leurs sentiments respectifs l'un envers l'autre étaient pour le moins hostiles…
Une fois de plus, si on lui avait demandé son avis, Draco en serait resté là. Détester Potter pouvait sans problème rentrer dans ses attributions!
Mais, car il y a toujours un mais, Potter se nourrissait en plantant ses crocs dans son cou. Or, c'était loin – Merlin très loin ! – d'être déplaisant comme expérience. En fait il n'y avait qu'à regarder l'état dans lequel ils se retrouvaient tous les deux la dernière morsure en date. Elle avait tout de même finit - rappelons le - par un déluge de thé tiède!
Dans ces moments-là Draco oubliait à peu près tout pour se fondre dans leur lien et n'arrivait même pas à culpabiliser pour ça.
La culpabilité n'avait de toute façon jamais fait partie de ses activités favorites. Alors culpabiliser à cause de Potter!
Tout ça pour dire qu'il était difficile d'exécrer quelqu'un quand, dans le même temps, ce quelqu'un vous faisait prendre votre pied comme pas permis!
"Je te déteste peut-être, mais j'ai envie de te faire crier que tu m'appartiens."
Potter avait étonnamment bien résumé le problème…
Par Merlin, c'était tellement… Tellement… Inapproprié!
Se prenant la tête à deux mains, Draco poussa un gémissement de désespoir en s'asseyant par terre.
Et maintenant il y avait ce maudit lit!
La situation serait moins insupportable si une partie de lui n'était… intéressée, par la perspective qu'offrait le lit...
Par l'enfer il haïssait ce lit!
Draco Malfoy avait bien envie de se rouler en boule au fond d'un trou pour n'en ressortir que dans quelques centaines d'années. Fermant les yeux avec force, il tenta de se persuader que tout ceci n'était qu'un horrible rêve.
Sur le lit, Harry Potter grogna et ouvrit les yeux… Il avait faim.
Sans qu'il n'en ait vraiment conscience, Draco se retrouva plaqué au mur à l'opposé du vampire. Il était maintenant clair que le sortilège de Rogue n'avait pas laissé de lésions irrémédiables au cerveau du vampire. Celui-ci retrouvait même ses capacités plus rapidement que prévu…
Foutue vie!
Le jeune serpentard ne se faisait aucune illusion quant à ce qu'il adviendrait de… son intégrité physique s'il y avait débordement libidineux entre Potter et lui. Outre le fait que le vampire le dépassait quasiment d'une tête et qu'il avait vaguement l'air du prince des fées, les suceurs de sang n'étaient pas franchement connus pour leur docilité…
Alors, non, Draco n'avait pas honte de son corps, même si un peu plus de muscle et de centimètres n'auraient pas été mal accueillis, mais là c'était tout de même la merde! Le blond ne se considérait pas comme quelqu'un de… Heu… dominé!
Dans les quelques couples homosexuels qu'il avait un peu côtoyé, il avait remarqué que la place du "dominé" sexuellement était une place déterminée par les rapports de force dans la relation. Alors s'il s'en fiait à cette seule connaissance il était mal parti!
Clairement ce con de Potter était plus fort que lui physiquement et probablement magiquement… Enfin tant qu'il n'aurait pas maitrisé son dragon en tout cas.
Bon bien sur intellectuellement le brun n'équivalait que difficilement un tire-bouchon mais franchement, Draco ne pensait pas que cela jouerait beaucoup en sa faveur!
À quelques centimètres de lui, Harry James Potter entreprit de se redresser. Il avait les yeux rouges sang et fixés sur le joli blond en face de lui.
Draco Malfoy Junior déglutit, cette histoire ne se présentait pas franchement bien pour lui et surtout ses fesses...
Bon voilà, une fin qui vous laisse probablement légèrement frustré... Hahaha!
Je vous abandonne donc la-dessus, la suite dans un mois si tout ce passe bien parce que pour ne rien vous cacher je suis un peu en panne d'inspiration en ce moment. Enfin bon, j'espère que ça me passera vite!
Merci de me lire et n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez. Bye!
