Auteur : Umbre77

Titre : La magie d'une fleur

Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !

Note de l'auteur : Après plus de deux heures de réponses aux reviews, trois café, cinq crises de nerfs et tout autant d'envie de balancer l'ordi par la fenêtre, voici enfin le chapitre suivant avec l'arrivée TANT attendue… Bien que je sens que vous allez me tuer, mais j'ai l'habitude, n'est-ce pas ?

Note à moi-même : Ne plus avoir de retard dans les RAR… ça me rend vraiment dingue ! loll

Mais blague à part, je vous remercie de me suivre, malgré l'absence de Drarry. Beaucoup de lecteurs semblent peiner de mes choix de couples, ce qui me peine un peu et rend cette histoire de moins en moins agréable à mes yeux. Mais je m'accroche à ceux qui ne m'abandonnent pas. Merci à vous !

Sur ce ! Je vous dis rendez-vous le 24 avril pour le chapitre suivant. Son titre est : « Premiers Rendez-vous ». Et non, je ne parle pas de rendez-vous amoureux, mais vous vous en doutez, j'en suis certaine ! A dans deux semaines mes petits canetons !

Chapitre 11: La rentrée

Les quelques jours les séparant de la rentrée passèrent à une vitesse hallucinante. D'abord, Harry avait eu la vague impression qu'il ne survivrait pas aux présentations de la forêt interdite. Mais finalement, ça c'était bien passé. Hagrid s'était contenté de lui montrer des niffleurs, quelques hippogriffes, des licornes ou encore des sombrals. Il avait manifestement gardé les créatures les plus dangereuses pour un autre jour. Il avait passé plusieurs longues heures dans la forêt en sa compagnie, d'abord pour aider les licornes – qui le laissèrent approcher après de longues minutes de méfiance – ensuite pour se familiariser avec les hippogriffes et les sombrals. Hagrid avait parut très surpris de l'envie d'Harry d'apprendre à s'entendre avec les seconds.

« Ils ne sont pas les plus aimés, dit-il, gêné.

-Moi, je les aime, répondit Harry. Il n'y a pas plus gentil qu'un sombral ! »

Hagrid avait parut apprécier sa réflexion. Ça, plus le fait que les hippogriffes semblaient l'adorer. Pour cause, Harry avait vraiment un bon feeling avec les animaux de toutes sortes. Il rencontra d'autres créatures dans la forêt qu'il ne signala pas à Hagrid, notamment des serpents. Harry était un peu inquiet de découvrir qu'il comprenait encore la langue des serpents, mais au final, il en fut heureux. C'était réellement pratique, notamment pour éviter les attaques d'une femelle furieuse d'avoir été dérangée dans sa chasse aux souris.

Pendant qu'Harry s'amusait dans la forêt, Draco, lui, profitait du temps à sa disposition pour préparer deux cartes du château. Il avait été enchanté de voir son père arriver le lendemain, même si, très vite, il prit l'habitude de juste le considérer comme « Lucius ». Voir en cet homme de son âge un père était vraiment trop difficile. Du reste, ils devinrent rapidement de bons amis. Le fait qu'ils partagent les mêmes opinions politiques, qu'ils aient sensiblement la même éducation et qu'en plus de cela, ils aient un lien bien particulier, avaient aidé.

Draco appréciait réellement de parler avec Lucius, plus qu'avec Narcissa qui le considérait sans arrêt avec une sorte de fascination dérangeante. Sa mère le regardait comme s'il était la huitième merveille du monde… Ils parlèrent peu de la guerre, de Voldemort. Ils préférèrent apprendre à se connaître, ce qui fut très positif, car au bout de 5 jours, Lucius fit comprendre à Draco qu'il serait content de le revoir souvent, mais également d'avoir un fils, dans un futur proche, qui lui ressemblerait.

« J'espère que tu n'es pas offensé que… enfin, que nous n'ayons jamais une vrai relation père et fils, mais…

-Non, je comprends, coupa Draco. Je ne suis pas vraiment… Enfin, je sais que tu es mon futur père et je te respecte en tant que telle. Mais je ne pense pas que j'apprécierais que tu me donnes des ordres comme l'aurait fait mon père. Tu as le même âge que moi et tu as vécu bien moins que moi, actuellement. Sans vouloir t'offenser, je me sens un peu… supérieur, d'un point de vue vécu. Je ne peux pas te voir comme un père, même si tu restes… Et bien, Lucius, celui qui donnera bientôt la vie à un autre moi. »

Lucius avait hoché de la tête. A la place, ils se mirent d'accord pour partager simplement une profonde amitié qui réjoui Draco. Au fond, son vieux rêve se réalisait : il gardait un contact avec sa vraie famille, même si ce ne serait jamais le lien qu'il devait avoir avec eux.

Comme promis, Lucius offrit à Harry un Dobby bien plus jeune et plus effrayé que dans son souvenir. Pour cause, l'elfe ne lui portait aucune adoration… au début. Rapidement, pourtant, Harry mit les points sur les i avec la créature.

« Je n'ai nulle intention de te maltraiter, je n'accepte pas que tu te punisses d'une quelconque manière. Je refuse que quiconque te fasse du mal, d'une manière ou d'une autre. Je t'estime énormément, Dobby, pour des raisons que je ne peux te dire. Sache juste que tu as à mes yeux la plus précieuse des valeurs. Dès à présent, tu es mon elfe. Je veux que tu t'habilles mieux et comme bon te semble. Si tu veux des couleurs, des vêtements chauds et totalement aberrants alors prends-les, ça ne me dérange pas. Je ne te demande qu'une seule chose : soit moi toujours fidèle. »

La petite créature l'avait alors regardé comme s'il était la réincarnation d'un dieu quelconque. Draco, Lucius et Narcissa avaient été stupéfait de voir l'elfe se mettre à pleurer tout en se prosternant devant un Harry mal à l'aise.

« C'est bon, je sais, je sais, lui dit-il en l'aidant à se relever. Ne te traîne pas sur le sol, tu vas te faire mal… »

Ce commentaire déclencha une autre série de prosternations qu'Harry tenta d'arrêter difficilement. Finalement, très vite, il enseigna à Dobby ce qu'il attendait de lui.

« Bientôt, Dumbledore va me présenter un elfe de maison appartenant à une famille de sorciers sombres. Le but est de persuader cet elfe de me donner des informations. Pas sur sa famille, cela dit, mais sur ce que fera Voldemort, car je ne doute pas que cet elfe le croisera de temps à autre. Toutefois, je sais qu'il ne m'écoutera pas. Il me craindra et aura peur que je lui demande de trahir sa famille. Tu dois bien lui faire comprendre que ce n'est pas le cas. Les secrets de sa famille ne m'intéressent pas. Juste Voldemort. Cet elfe n'est que le premier. Je sais que vous partager tous des endroits communs qui ne nous sont pas accessibles. Et je veux que tu sois mon lien avec tous les elfes de familles sombres affiliées à Voldemort. Car je veux que vous l'espionniez et qu'ils te disent précisément les faits et gestes de cet homme. Je ne fais pas cela pour vous nuire et s'ils refusent parce qu'ils ont peur, je ne le prendrai pas mal. Je ne les punirais d'aucune manière. D'accord ? »

Dobby avait hoché de la tête, celle-ci portant déjà des bonnets multicolores qui faisaient grimacer Draco. La rencontre avec l'elfe de la famille Lestrange se passa très bien. Il comprit ce que demandait Harry, accepta, après rencontre avec Dobby, de lui parler et lui promit de communiquer à Dobby tout fait et geste de Voldemort. En échange, Harry lui fit serment sur sa magie de ne jamais révéler à qui que ce soit son rôle dans cette guerre secrète. La petite créature semblait suffisamment détester Voldemort que pour se contenter de ce serment.

La rentrée arriva alors qu'ils peaufinaient leurs cartes du château. Harry y avait intégré les dortoirs, les pièces secrètes et un détecteur sur les toilettes de Mimi-Geignarde. Il n'avait pas envie que Voldemort se lance dans une tentative quelconque avec son foutu reptile. Reptile qu'il se devait de visiter un de ces jours, mais il repoussait le moment. Vraiment, voir un basilic n'était pas vraiment son passe temps préféré.

« C'est ce soir, grogna Draco, alors qu'ils déjeunaient dans la Grande Salle, entourée des professeurs.

-Semblerait, répondit un Harry mal réveillé, occupé à manger un toast à la confiture de framboise. Et alors ?

-Alors rien, répondit Draco. Je n'ai juste pas envie d'écouter des adolescents pleurnicher…

-Ce n'est pas pour ce soir… Disons plutôt demain ?

-Je vous ai fait un planning, non ? demanda Dumbledore, intervenant.

-Ah, oui, le planning démoniaque, dit Draco. Je l'avais presque oublié…

-Il y aura aussi une fiche dans chaque salle commune, dit le directeur. Ainsi, ils pourront s'inscrire pour des cours de rattrapage s'ils le souhaitent… Certains élèves sont affectés d'offices…

-Une manière polie de leur dire qu'ils sont des cancres, fit remarquer Minerva d'un air pincé. Ce n'est pas très pédagogique…

-Ils s'en remettront, pronostiqua Hélène en souriant. J'espère sincèrement que vos leçons rendront nos élèves plus disposés à réussir leurs examens finaux…

-Je l'espère aussi, dit Harry. Quelque chose me dit que les aspics et les buses vont souvent être évoqués…

-Magnifique ! râla Draco. Toute une génération de Serdaigle angoissés à l'idée de rater leurs examens… Je sens que je vais adorer ce travail !

-Vous ne semblez guère enthousiaste, confirma Caradoc. Pourquoi avoir postulé pour ce poste ?

-Nous n'avons pas vraiment postulé, répondit aussitôt Draco. On nous a forcés !

-Drake, tu exagères. Je suis ravi d'aider les élèves ! Je suis un peu nerveux pour les séances psychologiques, mais bon…

-Nerveux ? demanda Minerva.

-Et bien, je n'ai pas envie de mal conseiller un élève… Mais je ferai de mon mieux.

-Vous avez bien reçu une formation, n'est-ce pas ? demanda Eloise, l'infirmière.

-Oui, bien sûr, répondit Draco avec assurance. Mais ça ne change rien à l'inquiétude. Les adolescents sont tout particulièrement fragiles, du fait de la difficulté de ce moment de leur vie. Ils se découvrent, découvrent leur corps, leurs envies… parfois, elles ne cadrent pas avec ce que leurs parents souhaitent et cela engendre une pression conséquente… C'est un moment très délicat… Une erreur de notre part et nous pourrions nous retrouver avec un suicide !

-Grand Merlin ! s'exclama Slughorn. Êtes-vous sérieux ?

-Non, il ne l'est pas, répondit Harry, empêchant Draco de s'exprimer. Il essaye juste de justifier ses homicides sur les élèves parce qu'il ne supporte pas d'entendre les gens pleurnicher et qu'il va probablement tous les tuer ! »

Draco leva les yeux au ciel alors que Dumbledore riait à la réponse d'Harry. Les autres enseignants furent un instant nerveux, mais Hagrid rit aussi alors ils comprirent que ce n'était qu'une blague.

« Bon dieu, il faut vraiment qu'on gagne leur confiance, dit Draco à Harry, alors qu'ils se promenaient dans le château afin de compléter leurs cartes. Si les enseignants nous regardent toujours avec méfiance, les élèves le feront également !

-Je sais, répondit Harry. Ça viendra, avec le temps. Te voir marcher dans les couloirs en compagnie du couple Malfoy n'a pas du aider… Tes parents sont peut-être sympathiques lorsqu'ils acceptent de te donner leur affection, il n'en reste pas moins qu'ils sont connus pour leur adoration du sang pur…

-Ils sont ce qu'ils sont… Je partage leur opinion, tu le sais. Malgré tout, nous nous entendons bien.

-Actuellement, répondit Harry. Ce n'était pas le cas, autrefois. Tu sais aussi bien que moi que nous nous apprécions maintenant parce que nous avons été forcés à nous fréquenter pendant six ans. Et aussi parce que nous sommes les derniers symboles d'un futur qui, je le crois de plus en plus, ne verra jamais le jour. »

Draco s'arrêta alors qu'ils marchaient paisiblement dans le septième étage.

« Je crois… que même sans ça, nous aurions pu nous entendre, dit-il. Je veux dire… nous avons pris un mauvais départ, toi et moi. Parce que j'ai insulté tes amis lors de notre première rencontre et parce que tu n'aimais pas les personnes arrogantes. Mais je suis toujours arrogant, actuellement. Seulement, à présent, tu vois au-delà de ma façade…

-Sans notre séquestration de six ans, je n'aurais jamais essayé de voir au-delà, répondit Harry. Tu le sais bien. Je pense que si tout s'était bien passé dans notre époque, nous ne nous serions pas rapprochés, Drake et tu le sais… Je serais resté avec mes amis Gryffondor, toi avec tes amis sangs purs. Nous aurions peut-être toléré la présence de l'autre, au fur et à mesure, mais ça se serait arrêté là… »

Draco hocha pensivement de la tête. C'était vrai. Leur point de départ raté les aurait maintenus loin de l'autre toute leur vie, sans ce voyage.

« Je suis content, dit-il. Que nous soyons amis, à présent. »

Harry se tourna vers lui et lui fit un léger sourire.

« Je suis content aussi, dit-il. Tu n'es pas insupportable quand on apprend à te connaître. Tu es même quelqu'un de vraiment bien. Tant que nous ne parlons pas sang, tout va bien entre nous ! »

Draco rit en l'entendant.

« Tu me trouves bien ? Mais encore ? dit-il. Suis-je appréciable ? Aimable ?

-Bien sûr, tu l'es, dit négligemment Harry en se détournant. Je t'aime énormément, à présent. »

Il quitta la salle de classe pour passer dans la suivante, ignorant que Draco s'était figé et souriait joyeusement. Il le suivit rapidement pour dire d'une voix encore un peu froide, mais dans laquelle il entendit bien l'affection :

« Je t'aime aussi, tu sais ? »

Harry haussa simplement les épaules en réponse. Il regarda sa carte, s'assura que personne ne s'approchait puis se retourna vers lui.

« Je le sais, dit-il en le regardant dans les yeux. Tu es un frère à mes yeux, à présent. Aussi étrange que cela puisse paraître, tu es vraiment un membre de ma petite famille. Au même stade que l'ont été Ron et Hermione. Ne me déçois pas. »

Draco resta un instant figé. Etait-ce lui ou Harry essayait de lui faire passer un message ?

« Tu es un frère à mes yeux. »

Le message était clair. D'une manière ou d'une autre, Harry savait que Draco l'aimait. Profondément. Et il venait de définir à tout jamais leur relation, empêchant tout autre sentiment de se déployer. Draco fut un peu déçu. Une part de lui désirait réellement l'homme en face de lui. Toutefois, il devait admettre que Harry avait raison. Aussi fort que soit l'amour qu'il lui portait et aussi gênant soit son désir, il voyait Harry comme un frère. Cette vérité le laissa un instant déstabilisé. A quel moment exactement avait-il collé à Harry cette étiquette ? C'était juste Harry Potter, non ? Alors pourquoi, brutalement, le voyait-il juste comme un membre de sa famille ?

« Le membre le plus précieux, se dit-il. Car il est le seul qui me connaîtra jamais vraiment… »

Il sourit à Harry et s'approcha de lui pour le prendre dans ses bras.

« Tu es mon frère, tu as raison, lui dit. Je suis vraiment heureux que ce soit toi qui sois parti en ma compagnie ici. D'abord parce que j'ai bien plus de chance de gagner ce putain de combat impossible contre Voldemort. Ensuite, parce que je sais qu'aussi proche ai-je pu être de Severus, jamais il n'aurait pu me donner ce que tu me donnes maintenant.

-Tu n'es pas déçu ? demanda Harry en l'entourant de ses bras. Que… nos sentiments ne soient jamais plus…

-Plus quoi ? demanda Draco. Charnel ? Tu savais, n'est-ce pas ? Que j'avais envie de ça ? D'avoir avec toi une relation… disons… amoureuse ?

-Je l'ai senti, répondit Harry, en cachant son visage contre son épaule. Ta manière de me regarder le matin… et le fait que tu sois sensiblement excité à chaque fois, aussi… »

Draco rit. Il pouvait sentir qu'Harry était horriblement gêné.

« C'est vrai, tu es excitant. Toutefois, je dois admettre que mes sentiments pour toi sont plus proches du fraternel que de l'amour, à présent. Je ne sais pas exactement quand cela a changé, mais tu as raison… Nous sommes des frères, tous les deux, à présent… Et je n'en suis pas déçu. En fait, ça me fait vraiment plaisir. Je n'ai jamais eu quelque chose comme ça avec personne. J'espère que tu en es conscient ? Je vais être très protecteur envers toi. Très chiant, aussi…

-Est-ce que ça va changer quelque chose à avant ? se moqua Harry. Pour le côté chieur, je veux dire ? Tu l'étais déjà, tu sais ? »

Il rit légèrement puis murmura sérieusement.

« J'ai besoin de quelqu'un qui me protège. On l'a déjà fait par le passé, mais jamais en étant aussi affectueux. Alors continue, mais fais attention à toi. Les gens qui me protègent ont tendance à mourir et je ne veux surtout pas que ça t'arrive… »

Draco hocha pensivement de la tête. Il se sentait incroyablement heureux et léger, depuis qu'ils avaient énoncé clairement ce qu'ils étaient l'un pour l'autre. Il comprenait à présent que son désir passé avait été plus un poids et un mur entre eux.

« D'accord, dit-il. Je ferais attention à moi et à toi… Car je sais que tu as tendance à te négliger. Tu es déjà tellement impatient d'aller chercher la bague des Gaunt… »

Harry resserra son étreinte en l'entendant parler.

« Impatient, le mot est faible, dit-il. Je suis surtout impatient que nos petits espions nous livrent des renseignements sur Voldemort… Et aussi de rencontrer l'ordre… Et peut-être aussi… de voir mes parents. »

Draco soupira contre lui.

« Tu as beaucoup de chance d'être ami avec Lucius…

-Tu pourrais devenir son ami aussi, si tu le souhaites, lui dit Draco. Lucius n'est pas fermé à une relation avec toi, au contraire. Nous avons beaucoup parlé, quand ils venaient me voir avec Narcissa. Ça fait du bien de pouvoir être entièrement soi avec d'autres personnes. Sans vouloir t'offenser.

-Ne t'inquiète pas, ça ne m'offense pas. Je sais que tu as raison… Je suis toujours content de parler librement devant Albus… Et j'aimerais beaucoup être ami avec ton père. C'est juste si étrange… De parler avec lui sans craindre de le voir sortir sa baguette pour me tuer. Et puis… vous êtes si semblables ! J'ai parfois l'impression de t'avoir en face de moi, lorsque tes cheveux étaient encore blonds ! »

Draco rit contre lui.

« J'ai la même impression, confia-t-il. Celle de parler avec un autre moi, même si ce n'est pas moi, en vérité… Mais bon, on s'y fait… Le plus incroyable est… j'ai parfois envie de l'appeler père. De juste essayer de me rapprocher de lui, pour retrouver ce lien… Mais après quelques heures passées avec lui, j'ai compris que je ne le retrouverais jamais… Lucius ne sera jamais mon père. Il est mort, malheureusement, je n'aurai plus jamais ce lien. Mais ce que je suis en train de tisser avec ce Lucius… j'y tiens aussi. Je veux les protéger, à présent… »

Harry hocha de la tête. Il inspira profondément, soulagé que Draco accepte de n'être qu'un frère. Il avait vraiment craint que son ami soit profondément amoureux de lui. Mais il ne voulait pas d'une telle relation avec Draco. Car l'amour amenait bien souvent la discorde, la jalousie… la haine aussi. Et il voulait que Draco et lui soient à jamais ensembles. Une relation fraternelle les y aiderait bien plus qu'autre chose.

« Je t'aiderai, lui dit-il. Je te le promets, je vais tout faire pour tuer Voldemort rapidement…

-Ne te mets pas en danger, lui répondit Draco. Pense aussi à toi. Aussi fort soit l'amour que j'ai pour mes futurs géniteurs, je t'aime plus qu'eux. Car tu es… mon passé. Tu es le seul qui me connaisse vraiment. Mon frère, n'est-ce pas ? »

Harry sourit. Il hocha de la tête. Il ne pourrait jamais serrer Draco assez fort. Il avait vraiment envie de le tenir avec toute sa force, de manière à ce qu'il ne lui arrive jamais rien.

« Je ferais attention, promit-il. Toi aussi, d'accord ? A présent que la rentrée est arrivée, nous serons moins ensembles. Nous devons aider les élèves, rencontrer l'ordre et commencer sérieusement à défier Voldemort… Alors fait attention à toi.

-Promis, répondit Draco. Allez, terminons ces cartes, à présent. Tu as lancé le sortilège pour que celle de ton père n'affiche pas nos vrais noms ?

-Oui, c'est fait. Nous sommes officiellement Ash Promise et Drake Manfred aux yeux du ministère, de toute façon, répondit Harry. A partir de ce moment là, Poudlard mais également tous les objets magiques nous désignent sous ce nom.

-Et bien, souffla Draco. Je suppose… que nous sommes vraiment ces personnes, non ? En tout cas, je suis bien plus habitué à t'entendre m'appeler Drake qu'autre chose.

-Pareil pour moi. T'entendre dire Harry ou Potter est juste… Déstabilisant, à présent. Même si, souvent… ça me fait plaisir de me rappeler de qui je suis vraiment… »

Draco approuva. Lui aussi aimait lorsque quelqu'un disait son vrai prénom. Surtout lorsque c'était Lucius. Mais c'était assez douloureux également. Car après tout… il ne serait jamais plus Draco Malfoy. Le vrai Draco naîtrait dans trois ans… Et ce serait lui qui serait aimé par Lucius et Narcissa comme un fils. Lui qui serait appelé « Draco ». Lui serait dorénavant éternellement Drake. Sauf aux yeux de Harry.

« Je crois que je ne supporterai pas que quelqu'un d'autre que toi m'appelle Draco, dorénavant », lui dit-il.

Harry prit sa main dans la sienne alors qu'ils marchaient dans les couloirs.

« C'est pareil pour moi, lui dit-il. Harry Potter ne viendra au monde que dans trois ans… Je ne serais jamais « Harry ». Juste Ash. Sauf pour toi. »

Draco sourit. Vraiment, le destin avait dorénavant voulu qu'ils soient leur seul repère réel, leur seul point d'ancrage avec un passé, des gens, des amitiés et des amours qui leur étaient dorénavant définitivement interdits.

oOo

L'estomac de Harry protesta pour la centième fois alors qu'il regardait les portes de la Grande Salle avec désespoir. Bon dieu, ces foutus gamins pouvaient-ils arriver une bonne fois pour toute ? Il crevait de faim et tout ce qu'il voulait, c'est voir apparaître des plats sur la table pour pouvoir manger ! A côté de lui, Draco était parfaitement détendu.

« Un peu de patience, Ash, intervint le professeur Stand, non loin d'eux. Calmez donc votre estomac !

-J'ai faim, répliqua Harry. Je n'y peux rien ! »

Caradoc éclata de rire, non loin.

« Vous auriez du faire comme moi et manger un encas, avant de venir, lui dit-il. C'est ce que je fais avant chaque rentrée…

-Vous avez été professeur de défense plusieurs années de suite ? demanda Harry, surpris.

-Non, répondit Caradoc. J'étais professeur de botanique, l'année dernière, mais comme le professeur Dumbledore ne trouvait personne pour la défense et qu'Hélène s'est proposée pour cette matière, j'ai accepté de prendre la défense.

-Oh, répondit Harry, tout en ajustant un peu mieux l'écharpe verte d'eau qu'il portait afin de se réchauffer. Je vois… »

A côté de lui, Draco lui lança un petit coup d'œil. Tous deux pensèrent la même chose : espérons qu'il ne mourra pas fin d'année ! Ils se gardèrent bien d'en faire le commentaire et regardèrent de nouveau la porte de la Grande Salle.

« Combien de temps ? demanda Harry.

-Encore dix minutes », répondit patiemment Draco.

Harry gigota en marmonnant. Cinq secondes plus tard, il finit par appeler Dobby.

« Est-ce que tu saurais m'apporter vite fait un petit pain ? Pas besoin de mettre quelque chose dessus, je veux juste un petit pain…

-Ash, enfin, fit le professeur McGonagall.

-Vous n'êtes pas censé vous occuper du Choixpeau ? répondit Harry tout en prenant le petit pain chaud que son elfe lui apportait. Merci Dobby ! »

Il mordit dans sa collation avec férocité sous les pouffements de certains membres du personnel alors que McGonagall levait les yeux au ciel.

« Tu es un vrai gamin, quand tu veux, sourit Draco. Tu as mis plein de miette sur ta robe. Recurvite ! »

Le sortilège nettoya vivement la robe blanche qu'il portait mais également le col noir du sous-pull qui en dépassait. Harry le remercia d'un mouvement de tête, remettant aussitôt ses gants.

« Vous avez si froid que ça ? demanda Hélène en les regardant tous les deux, emmitouflés dans de chaudes écharpes, des gants aux mains et une légère cape posée sur leurs épaules.

-Je me les pelles ! répondit Harry, sans s'inquiéter de son langage, ce qui déclencha encore une moue froissée de son ancienne directrice de maison. Quoi, c'est vrai ?

-Nous avons vécu six ans au Sahara, répondit posément Draco. Alors oui, nous avons froid. Il va nous falloir un peu de temps pour nous habituer à nouveau au temps de l'Angleterre… Et pardonnez Ash pour son langage, il est nerveux…

-Je ne suis pas nerveux ! répondit Harry. Enfin, si, un peu… C'est juste… je déteste attendre ! »

Le silence tomba à nouveau dans la Grande Salle. Après un moment, le professeur McGonagall se leva de sa chaise avec raideur et quitta la salle. Elle allait manifestement chercher les premières années. Le Choixpeau était en fait déjà installé sur la petite estrade devant la table des professeurs. Harry savait qu'il avait été un peu agressif avec son ancien professeur, mais voir son air soupçonneux commençait sérieusement à lui sortir par les oreilles !

« Détends-toi, lui chuchota Draco. Tout ira bien… »

Harry souffla en réponse. Brutalement, il entendit des sons différents. Ça commença par des bruits de conversation, des éclats de rire, des murmures… murmures qui devinrent de plus en plus sonores alors que des bruits de pas se faisaient entendre. Le son augmenta et, brutalement, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent. Harry eut l'impression qu'une marée noire envahissait la pièce. Il regarda, fasciné, les élèves qui entraient dans la pièce comme s'ils étaient chez eux. Chacun se dirigeait vers sa table en parlant avec ses amis, occupés à leur raconter leurs vacances ou à commenter d'autres évènements.

Ses yeux ne cessaient de voyager d'un visage à l'autre, surpris. Ils semblaient tous si heureux et joyeux… difficile à croire qu'il y avait une guerre rodant à l'extérieur. Difficile de croire que dans quelques années, la majorité d'entre eux seraient en deuil, pour une raison ou l'autre. Nerveusement, il ne put s'empêcher de détailler la table des Gryffondor. Il les repéra très vite. Tous les quatre occupés à parler et rire, ils jetaient des coups d'œil presque mauvais à la table des Serpentard et d'autres regards vers eux. Ils analysaient manifestement la table des professeurs pour découvrir les nouveaux visages et ils n'étaient pas les seuls. Beaucoup d'élèves les fixaient.

« Fallait-il vraiment que tu te tatoues le visage ? demanda Draco en soupirant.

-Tes cheveux sont aussi responsables de ça ! fit remarquer Harry.

-Pas les tiens, peut-être ?

-Messieurs, ce n'est pas le moment », intervint le directeur.

Ils se turent alors, regardant curieusement les élèves. Draco jeta un coup d'œil à la table des Serpentard. Il repéra Severus rapidement. Ce dernier fixait les Gryffondor avec une colère manifeste. Son nez était un peu rouge et il portait une trace de sang sur le col de sa chemise réglementaire. Visiblement, le voyage en train n'avait pas été paisible.

« Ton petit groupe fétiche va devoir être calmé rapidement, dit-il à son voisin.

-Oui, j'ai vu, répondit Harry. Je vais m'en occuper, promis. »

Draco hocha pensivement de la tête. Il continuait de regarder la table des verts et argents. Il repéra un élève qui les fixait avec beaucoup d'intensité. Il avait le regard et les cheveux noirs. Une petite moue boudeuse était sur ses lèvres, signes qu'il les méprisait probablement.

« Qui que tu sois, tu ne vas pas continuer, crois-moi », pensa Draco.

Qu'on ne les aime pas, d'accord, mais qu'on les méprise, il ne l'accepterait pas. Il était le seul habilité à mépriser tout son saoul ! Son regard fut attiré par d'autres Serpentard dont les visages lui étaient familiers. Vraiment, il ne manquait que le nom qui lui échappait, sinon, il était certain de les avoir rencontrés dans le passé… futur… Enfin bref !

D'autres bruits se firent entendre et le professeur McGonagall apparut avec, derrière elle, une rangée de petits élèves. Certains avaient les yeux stupéfaits fixés sur le plafond, les tables, les bougies flottantes ou encore les professeurs. Harry eut aussitôt un sourire calme. De tous, ils seraient ses préférés, de part leur innocence encore fraîche. Ça ne durerait pas longtemps. Certains, à leur air méprisant vis-à-vis des enfants manifestement né moldu allaient rapidement implanter les préjugés… mais en attendant que ça arrive, Harry les adorerait !

Il sursauta lorsque le Choixpeau déclama sa chanson. Il avait presque oublié cette tradition et il se délecta de la présentation chantée. Les petits premières années écoutaient, fascinés. Leurs grands yeux continuaient de regarder autour d'eux et Harry souriait joyeusement à chaque élève le fixant avec surprise. Vraiment, il était probablement la chose la plus originale de la salle, avec ses cheveux blancs, sa tresse noire enroulée autour de sa tête, son physique musclé et surtout, le tatouage nettement visible sur son visage. Il fit un clin d'œil à un petit garçon aux cheveux bruns qui le fixait avec beaucoup d'insistance. Le visage du gamin s'empourpra et il détourna vivement la tête pour regarder la directrice des Gryffondor qui s'était avancée.

« Quand j'appellerai votre nom, vous vous avancerez, vous assiérez sur le tabouret et je poserais le Choixpeau qui vous orientera vers votre maison. »

Elle cita aussitôt le premier nom et Harry regarda la première petite fille s'avancer. Elle s'installa et, rapidement, le Choixpeau lui indiqua sa maison. Même s'il sentait toujours son estomac protesté contre son obstination à ne pas le nourrir, Harry continua de suivre la répartition avec beaucoup de plaisir. A côté de lui, Draco était plus occupé à tenter de mettre un nom sur les visages plus âgés.

« Je suis pratiquement certain que c'est Avery… Mais il avait une expression nettement plus affaissée, dans mon époque… Rah, je saurais bien assez tôt, de toute façon ! »

Il regarda encore Severus. Ce dernier ne regardait même pas la répartition. Il lisait discrètement un livre qu'il avait posé sur ses cuisses. La majorité des autres élèves regardaient les premières années et applaudissaient lorsqu'ils rejoignaient leur maison. Certains continuaient de les dévisager, Harry et lui. Le Professeur Stewart était nouvelle également, mais du fait de sa banalité, seul son ami et lui attiraient l'attention.

« Et bien, et bien, dit le directeur en se levant, attirant l'attention de Draco. Je souhaite la bienvenue aux nouveaux élèves, mais également aux anciens. Les vacances sont, pour certains, passées trop rapidement, mais sachez que je suis ravi de vous revoir dans ces murs ! Je sais que vous avez faim et que vous êtes impatients de vous familiariser de nouveau avec vos salles communes et vos dortoirs, mais certaines nouveautés de l'école requiert un minimum votre attention. »

Il laissa planer un silence, dévisageant les élèves. Tous lui portaient attention, même Severus qui avait relevé la tête de son livre.

« Tout d'abord, je vous annonce que le professeur Dearborn, qui enseignait la botanique jusqu'à présent, est maintenant votre professeur de Défense contre les forces du mal. Son ancien poste sera tenu par le professeur Stewart. J'espère que vous saurez être aimable avec elle ! »

Hélène se leva, saluant poliment les élèves d'un mouvement de la tête avant de se rasseoir sous les applaudissements accueillants – même si très peu motivés pour certains élèves, nota Draco – de l'assistance.

« Ensuite, étant donné les évènements récents, mais également certaines difficultés scolaires de quelques élèves, le personnel enseignant et moi-même avons pensé qu'une aide scolaire et psychologique vous serait utile. De ce fait, je vous demande d'accueillir comme il se doit les Messieurs Ash Promise et Drake Manfred. Ils sont dorénavant à votre disposition, chaque soir, pour des cours supplémentaires dispensés aux élèves qui en auront besoin ou qui en feront la demande. Une fiche explicative est affichée dans chaque salle commune. Ils sont également psychologues et recevront certains élèves qui, si je ne me trompe, ont déjà reçu une convocation avec leur lettre annuelle. »

Harry et Draco hésitèrent à se lever, mais sous le regard insistant du directeur, ils le firent. Les élèves les fixaient avec une pointe d'étonnement et de curiosité. Les mots « psychologues » et « cours supplémentaires » avaient fait leur chemin et certains grimaçaient avec ennui à cette idée. Draco remarqua que Severus les regardait à présent avec une pointe d'ennui et d'agacement. Manifestement, il avait reçu sa convocation.

Rapidement, ils s'installèrent de nouveau.

« Bien ! Je vous rappelle à tous – ou vous informe, pour les nouveaux – que la forêt interdite n'est pas un lieu de villégiature adéquat du fait de sa population hautement dangereuse et je vous déconseille donc de vous y rendre ! Monsieur Rusard m'a également demandé de rappeler à certains élèves que la nuit est faite pour dormir et non pour fomenter des mauvais coups. Il vous invite également à lire le règlement de l'école, pour une fois. Sur ce, je ne vous torture pas plus longtemps. Bon appétit !

-Putain, enfin ! »

Le professeur McGonagall lança à Harry un regard perçant alors que le directeur se retenait de rire. Tous les élèves n'avaient pas entendu, mais ceux proches de la table des professeurs le regardèrent avec stupéfaction alors que les plats apparaissaient et que Harry commençait à se servir allègrement.

« Dois-tu toujours te faire remarquer ? demanda Draco.

-Dois-tu vraiment m'empêcher de manger ? répliqua Harry. J'ai la dale !

-Bon, soit, remplis-toi la panse ! Est-ce que tu essayes de compenser l'absence de Ronald, en te goinfrant de cette manière ?

-Il aurait fait un arrêt cardiaque, en t'entendant l'appeler Ronald, commenta Harry, amusé. Et non, je n'essaye pas de compenser son absence. J'ai juste très faim ! A présent, laisse-moi manger en paix ! »

Draco obéit, non sans sourire moqueusement. Il se servit à son tour, tout en continuant d'observer les mouvements devant eux. Aux regards perplexes de certains élèves, il ne doutait pas que certains avaient écouté leur conversation. Et il comprit vite, en apercevant les airs méfiants, qu'ils allaient vraiment avoir du pain sur la planche !

A suivre...