Spoiler : aucun
Commentaires : Bonjoouuuur, je suis en retaaaard * balance le chapitre sur la table et s'enfuit en courant *
J'ai une très bonne excuse. A cause de mon emménagement, ma connexion à Internet est très limitée. Mon temps libre aussi. Plus le temps d'écrire, ni de poster.
( Mais j'essaie de faire vite, sinon je me fais harceler. Et je ne citerai pas de nom, ahem. :) )
Bonne lecture !
27/7/11 : Je viens de me relire une nouvelle fois. Oh mes dieux. Toutes ces coquilles. Un vrai terrain miné. Je corrige, je corrige...
« Ça te plait ? »
Plantant sa fourchette dans son crumble aux pommes, Cuddy leva les yeux vers lui, assis sur la banquette bordeaux en face d'elle.
« Oui, c'est sympa. » acquiesça-t-elle, observant le restaurant une énième fois. Des vieilles photos en noir et blanc étaient accrochées aux mur de briques rouges, qui s'accordaient avec le sol carrelé de dalles de linoleum rouges et blanches. Des chansons de blues – surtout celles de Muddy Waters – émanaient d'un vieux juke-box dans le fond de la salle et donnaient une ambiance un peu vieillotte mais authentique. Les grandes fenêtres aux stores bruns faussement cassés étaient parfaitement propres, offrant aux tables disposées devant elles une vive lumière qui illuminait même le bar en acajou contre le mur d'en face. Au cas où la lumière du jour n'était pas suffisante, des néons roses vifs étaient fixés au dessus des fenêtres. Le regard de Cuddy se posa sur l'extérieur. Le ciel était nuageux, laissant passer des rayons de soleil çà et là. La neige sur les trottoirs avait complètement fondu, et la doyenne fit la moue en voyant un gros nuage noir menaçant sur l'horizon.
Alors qu'elle rendait toute son attention à leur table, elle surprit House en train de scruter le restaurant. Elle savait qu'il ne pouvait pas s'empêcher d'analyser chaque situation dans laquelle il se trouvait. Curieuse, elle demanda avant d'avaler le dernier morceau de gâteau et d'attaquer ses pancakes :
« Qu'est-ce-que tu vois ? »
« Les deux amoureux derrière toi ? »
Elle se retourna et vit deux personnes assises l'une à côté de l'autre.
« Il trompe sa femme avec elle. » reprit-il.
« Parce qu'il a une alliance et pas elle ? Ils peuvent être frère et sœur. » dit-elle en étalant de la confiture de myrtille sur la crêpe. « Et puis, s'il avait vraiment une liaison, il aurait retiré son alliance. »
« Il est assis à côté d'elle, ils ne sont pas là pour parler. Tu l'as sûrement déjà remarqué, c'est assez compliqué de parler avec quelqu'un à côté de toi tout en mangeant. » expliqua-t-il, mimant quelqu'un tordant son cou pour regarder à un angle de quatre-vingt-dix degrés sans se détourner de son assiette, faisant sourire Cuddy. « Il garde son alliance parce qu'elle sait qu'il est marié, ils ont une liaison sérieuse. Ils sont là pour partager leur amour discrètement. »
Il jeta un œil intéressé derrière elle et grimaça. Elle se retourna, le couple s'embrassait baveusement.
« Eww. T'as raison. Ils ne sont pas frère et sœur. » Elle fit volte-face avec un sourire malicieux. « Ou peut-être que si, après tout. »
House fixa sa fourchette à mi-chemin entre sa bouche et le plat et finit par la reposer sur la table.
« Oh, pitié. C'est dégueulasse. » geignit-il.
« Vu que je t'ai coupé l'appétit, je peux avoir tes œufs ? »
« Mes œufs ? »
Il lui adressa un sourire coquin, elle leva les yeux au ciel et désigna son assiette du menton. Il feignit une surprise, puis posa son coude sur la table.
« Tu vas devoir les mériter. Bras de fer. »
Cuddy arqua un sourcil. Il la laisserait gagner de toute façon.
« Très bien. » consentit-elle, plaçant son coude à côté de son assiette. « Mais ne fais pas ta femmelette en me laissant gagner. Je veux mériter ces œufs avec gloire. »
« Je pensais que j'étais vraiment une femmelette. »
Elle sourit. « Prouve-moi que tu n'en es pas une. »
Il prit sa main. Pendant qu'ils poussaient chacun de leur côté, il sentit son pied nu se risquer le long de sa jambe jusqu'à atteindre son entrecuisse. Il leva les yeux vers elle, elle lui lança un regard trouble en se mordant la lèvre inférieure. Avant qu'il n'eut le temps de s'en rendre compte, elle plaqua son bras contre la table.
« T'as triché ! » protesta-t-il lorsqu'elle fit coulisser son assiette vers elle.
« En effet. » admit-elle avec un large sourire. Reprenant les œufs, il dit :
« C'est pas juste. »
« D'accord. On fait cinquante-cinquante. » concéda-t-elle en s'emparant de son couteau.
Elle coupa les œufs au plat en leur milieu. Il soupira :
« On dirait bien que j'ai pas le choix. »
« En effet. »
Elle eut un sourire narquois en piquant dans le jaune d'œuf. Ils finirent le plat dans un silence complet, puis House attaqua un toast garni de beurre de cacahuète. Elle se mit à rire après qu'il eut mordu dedans.
« Quoi ? » s'inquiéta-t-il. « J'ai quelque chose ? »
« Attends. » Elle se leva et s'assit à sa gauche. « Tu l'as sûrement déjà remarqué, c'est assez compliqué d'embrasser quelqu'un au-dessus d'une table. »
Il sourit. Elle agrippa le col de sa chemise, planta un baiser sur ses lèvres et les lapa passionnément. Elle se recula au moment où il devint trop entreprenant et répondait à son étreinte.
« Tu avais du beurre. » se contenta-t-elle de dire.
Il entoura ses épaules de son bras pour la rapprocher de lui et appuya son menton contre sa tête. Elle opta pour une poire et mordit dans le fruit. Du jus coula le long de ses doigts, House saisit son poignet et les suçota un par un. Elle gémit, il se pencha pour embrasser ses lèvres couvertes du liquide sucré.
« Tu avais du jus. » dit-il simplement.
Elle sourit et se blottit contre son torse alors qu'il déposait un baiser sur ses cheveux.
« Et si on sortait marcher un peu ? » proposa-t-il. « Il y a un parc à deux minutes d'ici. »
« Sortir marcher dans un parc avec ta jambe ? Ce n'est pas un peu... risqué ? »
« Je ne suis pas estropié à ce point-là. » répliqua-t-il, un peu vexé.
Elle se pinça les lèvres. « Pardon, je... Je veux dire, il fait froid. Ça va crisper tes muscles, et je ne pense pas que ta jambe– »
« Ça ira. » la coupa-t-il.
Elle soupira, peu convaincue, puis finit par abandonner. Maintenant qu'il avait cette idée en tête, il ne laisserait pas tomber et elle le savait pertinemment.
« D'accord, on y va. »
Elle était à la fois contente et mal à l'aise de savoir qu'il faisait des efforts pour lui faire plaisir. Mais sans l'évènement, rien de tout cela n'aurait lieu, et ça lui fendait le cœur.
Peut-être qu'elle devait juste en profiter.
xxx
Ils se promenaient paisiblement dans le parc, sans dire un mot, se tenant fermement la main. Les formes cauchemardesques des branches des arbres nus frémissaient sous la brise froide de février, qui soufflait dans les piles de feuilles mortes détrempées éparpillés le long du chemin que House et Cuddy suivaient. Le parc était quasi-vide, parcouru par quelques joggers courageux.
La balade devenant monotone, Cuddy finit par prendre la parole :
« On pourrait louer un film pour cet après-midi. »
Avec cette suggestion, elle tentait de reprendre le contrôle de sa journée. Si elle avait suivi House jusqu'à maintenant, c'était lui qui la suivrait pour la suite. D'ailleurs, il lui avait souvent reproché de toujours vouloir tout avoir sous contrôle.
« Sûr. »
« Tu préfèrerais quel genre de film ? » demanda-t-elle après un bref silence.
« Je ne sais pas, ce que tu veux. »
« Arrête House. » soupira-t-elle.
Ils s'arrêtèrent. Cuddy lâcha sa main.
« Arrête d'être aussi docile. Je ne veux pas d'un gentil House, je veux le House qui m'aurait proposé de louer un porno ! Pas de choisir le film ! Tu ne m'as jamais laissée choisir ! »
Il resta figé sous la surprise. Etait-elle vraiment en train de se plaindre de lui étant si attentionné ? Et, pire encore, allaient-ils vraiment se disputer à propos d'un film ? Elle baissa les yeux et continua :
« Tu prends ton bain avec moi, tu me masses, tu me laves les cheveux, tu m'emmènes prendre un petit-déjeuner. Tu m'emmènes même faire une balade alors que ta cuisse te fait mal. Et ne nie pas, tu serrais ma main pour calmer ta douleur ! »
« Cuddy... » tenta-t-il.
Que pouvait-il dire de toutes façons ? Il ne pouvait pas ranger sa douleur et l'oublier dans un coin de sa tête. Il ne pouvait pas se justifier puisqu'il n'avait pas d'excuses. Il ne faisait que prendre soin d'elle.
« Je ne pense pas que je mérite tout ça. » manqua-t-elle de fondre en larmes.
« Excusez-moi. » s'éleva une voix derrière eux.
House se décala pour laisser une femme passer. Elle tenait la main d'un enfant, qui semblait avoir le même âge que Rachel. Son compagnon suivit, poussant un landau. Le diagnosticien les observa un moment. Cette famille, tout comme celle qu'ils avait croisée la veille dans le hall de l'hôpital, représentait ce que Cuddy et lui ne seraient jamais; des parents heureux avec deux enfants adorables. Il raffermit sa prise sur le pommeau de sa canne. Elle avait raison, sa cuisse le tiraillait. Le temps, contractant ses muscles, était beaucoup trop froid pour lui permettre de marcher. Se tournant vers Cuddy, il la vit fixer la famille qu'ils venaient de croiser jusqu'à qu'ils soient hors de son champ de vision. Il n'osa pas prendre sa main, craignant qu'elle ne le rejette. Il ne se sentait pas capable de supporter un refus de sa part.
Elle n'esquissa même pas un début de geste pour saisir sa main. Elle en avait besoin, pourtant. Si elle n'était pas en contact avec lui d'une façon ou d'une autre, elle se sentait frêle et seule, mais elle se doutait qu'il était probablement trop fâché pour la laisser le toucher.
« Je crois que j'ai besoin de m'assoir. » murmura-t-elle, sentant une douleur perçante s'embraser dans son bas-ventre.
House acquiesça sans un bruit, se dirigeant vers le banc le plus proche. Il entendit ses pas incertains derrière lui, se retourna et attrapa son poignet pour la soutenir. Ils s'assirent sans dire un mot, prenant garde à installer un minimum de distance entre eux. Un silence gêné suivit. House massait sa cuisse et Cuddy s'était plus ou moins pliée en deux, respirant profondément pour atténuer la douleur.
« Je suis désolée. » s'excusa-t-elle en se rasseyant. Elle avait honte de l'avoir repoussé et d'avoir gâché un si bon moment.
« Tu mérites tout ça. Tu mérites quelqu'un qui s'occupe de toi. J'ai agi comme un lâche avant, je t'ai laissée tomber, encore et encore. Laisse moi prendre soin de toi. Je veux le faire. Pas parce que je le dois, mais parce que j'en ai besoin. » expliqua-t-il, sa pudeur le forçant à regarder ses chaussures. C'était tellement dur de lui avouer à quel point il se préoccupait d'elle, même si elle le savait déjà. Pourtant, il ne le lui avait jamais exprimé avec des mots.
« Tu as pris de la Vicodin ? »
Il leva la tête et lui répondit honnêtement, la regardant dans les yeux :
« Non. J'ai définitivement arrêté cette saloperie. »
Elle hocha la tête. Il fronça les sourcils.
« Pourquoi tu poses la question ? Tu ne me fais pas confiance. Tu ne penses pas que mon comportement est naturel, tu ne penses pas que je peux assumer ce genre de responsabilités, tu ne penses pas que je suis capable de– »
« Je pense que tu es fragile, House. » l'interrompit-elle. « Je pense que tu te caches parce que tu as peur de t'effondrer. Si tu ne montres pas tes sentiments, c'est comme si tu es blindé. Mais ce n'est pas la réalité, tu te mens à toi-même. Parce que si tu n'es pas là pour nous, on est foutus. »
Il ne pouvait pas répliquer. Parce qu'elle avait raison. Oui, il lui cachait ses ressentis, car il n'avait pas le droit d'être faible. S'il ne prenait pas soin d'elle, personne ne le ferait.
« J'ai peur. » balbutia-t-elle. « Je ne sais pas ce que je veux, je ne sais même pas ce que je fais, pourquoi j'ai ces crises de larmes et ces colères. Et tu... c'est comme si tu ne ressentais rien. Je m'enfonce et tu as l'air tellement insensible. Je me sens tellement seule. »
« Tu n'es pas seule. »
« Comment vas-tu, House ? » demanda Cuddy.
Il répondit en regardant le sol : « Ça va. »
« Regarde-moi. »
Il releva lentement, douloureusement la tête, effrayé par ce qu'il allait voir. Il avait entendu ses larmes sans sa voix, il ne pensait pas être capable de les voir rouler sur ses joues. Elle plaça son pouce sous son menton et fit tourner sa tête vers elle. Leurs regards se croisèrent et elle plongea le sien dans ses yeux clairs, le dénudant littéralement.
Il ne pouvait pas lui mentir, il devait être honnête. Ils ne seraient pas capables de s'en sortir avec des mensonges.
« Non ça ne va pas. » murmura-t-il si bas qu'il crut qu'elle ne l'avait pas entendu. Il baissa les yeux à nouveau. « Quand je suis parti après que tu aies accouché, je suis rentré chez moi. J'ai bu tout l'alcool que j'ai pu trouver. J'avais besoin de tout oublier, même de t'oublier toi. Et je t'ai revue dans ma salle de bains l'autre jour où tu m'as sauvé, me donnant ta main pour que je me relève et me réfugie dans tes bras. Je me suis rendu compte que je ne pouvais pas te laisser seule, que je ne pouvais pas être cet enfoiré à qui tu n'as jamais pu faire confiance. »
Elle l'écouta patiemment, n'osant pas prononcer un seul mot. Lorsqu'il eut fini, elle ravala ses larmes.
« J'ai besoin de toi. » ajouta-t-il.
« Je sais. » fut tout ce qu'elle put répondre. Puis elle posa sa main sur sa joue et caressa doucement son début de barbe. « Promets moi qu'on en parlera si quelque chose ne va pas. »
Il lui sourit et hocha la tête. Elle se jeta sur lui et lui imposa un baiser qui scella leur accord, auquel il répondit ardemment. Plus de mensonges. Juste de la confiance et de l'honnêteté. Leurs bouches chaudes contrastaient avec le froid environnant, les rendant encore plus avides. Ils se séparèrent pour reprendre une goulée d'air.
« Tu trembles. » dit-il. « Je t'avais dit que tu aurais dû prendre ton manteau. »
Il ouvrit le sien et tapota sa cuisse gauche :
« Viens là. »
Elle hésita, glissa vers lui et s'assit sur ses genoux. Il l'enveloppa des pans de sa veste, la recouvrant complètement. Elle se lova contre lui, sentant sa chaleur l'envahir.
« Je prendrai soin de toi. » murmura Cuddy. « Comme tu le fais avec moi. »
Elle leva la tête pour embrasser ses lèvres. Il la serra un peu plus fort, la rapprochant de lui autant que cela était possible. C'est alors qu'elle remarqua les petits points blancs tombant du ciel pour fondre sur le sol. Elle enfouit son nez dans le col de son manteau et souffla :
« Je t'aime. »
Ses mots se transformèrent en une vapeur blanche s'évaporant rapidement dans l'air.
Mais ils demeurèrent profondément ancrés dans l'esprit de House.
TBC... N'oubliez pas les reviews, ça fait chaud à mon p'tiot coeur!
