Jubei/Kazuki, je compte sur les gros bisous et les muacks parce que je croise les doigts pour que ce chapitre soit à la hauteur de tes espérances (même si je ne fais pas de Wincest ! lol !)!
Merci encore à tous ceux qui lisent cette fic. Et un gros bisou particulier à tous ceux et toutes celles qui ont mis cette fic en alerte : En plus de faire vraiment plaisir c'est aussi très rassurant !!! Si si, j'vous assure !
N'hésitez pas à m'envoyer vos remarques, même négatives : ça fait progresser !
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Chapitre 11.
- Hé ! C'est l'heure. Magne-toi.
L'aîné essayait de réveiller son casse-bonbons de frangin, en le secouant sans ménagement. Il était six heures trente et le réveil s'évertuait à sonner dans le vide à intervalle régulier, depuis plus de quinze minutes. Dean n'avait pratiquement pas fermé l'œil de la nuit, ce qui n'arrangeait pas son irascibilité. Il avait entendu Sam s'endormir deux heures auparavant, après s'être tourné et retourné dans son lit toute la nuit. Lui, avait continué de ruminer encore et encore. Puis, il s'était levé pour se préparer. Il avait une idée en tête et voulait arriver le premier au lycée. Quand il vit enfin cette tête de lard ouvrir les yeux et s'extirper difficilement des couvertures à cause de son manque de sommeil, il partit en prenant bien soin de claquer la porte. Par ce geste anodin, il voulait faire comprendre son « petit mécontentement ».
Malgré l'obscurité, il marchait vite et d'un pas rageur. La distance qui le séparait de son objectif lui paraissait bien longue. A l'angle d'une rue, il repéra la détestable silhouette de son bahut dont les murs d'enceinte, côté façade, étaient éclairés par des spots. Les lampadaires faisaient figure de p'tits joueurs à côté d'eux. Parvenu devant l'imposant établissement, il se mit à la recherche de ses deux futures victimes. Chaque jour, il voyait Sam les retrouver dans le hall avant d'aller en cours. Il se rendit donc rapidement sur le lieu de rendez-vous. Malheureusement, ils n'étaient pas arrivés. Dommage pour eux car ce laps de temps permit à sa fureur de prendre de l'ampleur. Par conséquent, dès qu'ils eurent la bonne idée de se pointer, c'est une tornade enragée qui leur tomba dessus. Chacune de ses mains attrapa le col des deux garçons et il les plaqua brutalement contre la rangée de casiers muraux dans un fracas métallique creux. Devant leur air effaré, il commença :
- J'crois qu'on a des choses à se dire tous les trois.
Il les vit déglutir difficilement. Ce qu'il apprécia pleinement. Devant leur mutisme et leurs yeux ronds de surprise, il évoqua son problème :
- Depuis quelques temps, Sam agit bizarrement. Il rentre tard, il me cache des trucs et il me renvoie chier dès que j'essaie d'aborder le sujet avec lui. Ca me met hors de moi ! Et puis ça m'oblige à cogiter … Et j'vais vous dire, moi, je déteste perdre mon temps à me prendre la tête ! Vous savez c'que c'est : trop de questions tuent la bonne question !!! Mais, là je crois que je la tiens parce que curieusement, ce comportement de naze, il l'a depuis qu'il vous connaît. Alors j'me demande, qu'est-ce qui pourrait bien se passer si vous disparaissiez comme par enchantement ? Vous voyez, si mon p'tit frère ne subissait plus votre sale influence de merde ? Pas mal comme sujet de synthèse, hein ? Mais là j'ai pas trop envie de débattre, alors j'vais aller direct à la conclusion : Juste pour info, je sais QUI vous êtes ; Je sais OÙ vous trouver ; Et j'ai les moyens de vous faire souffrir. Croyez-moi, j'ai beaucoup d'imagination et j'ai le matos pour ça ! Alors, maintenant, les conneries, c'est terminé !
Il les relâcha et fit un pas en arrière tout en continuant de les fixer. Il leur asséna le coup de grâce :
- Comme j'suis super cool, j'préfère vous prévenir : Au TOP, je ne vous lâcherai plus des yeux. Et au moindre faux pas, j'vous fais la peau ! C'est clair ?
Pour toute réponse, il reçut un acquiescement discret des deux têtes, simultanément.
- Bien, alors, TOP !
Satisfait, il s'éloigna, les abandonnant figés et la bouche grande ouverte. Il n'avait fait que quelques pas lorsqu'il vit, du coin de l'œil, son cadet se diriger vers ses deux abrutis de copains. Il le laissa aller aux nouvelles. Il savait pertinemment que ce qu'il venait de faire allait exaspérer son petit frère mais lui n'éprouvait que du soulagement. C'était une bonne chose de faite.
Il ne vit pas Sam de la journée. Il avait dû prendre grand soin de l'éviter. L'aîné ne voyait que deux raisons à ce comportement : Soit il était vraiment en colère et il avait l'intention de lui en faire baver ; soit il craignait de se prendre le même savon que Dereck et Tristan. Ce qui, à quelques variantes près, allait arriver sans aucun doute possible.
Après les cours, il décida de l'attendre à la sortie. Ce fut sans surprise qu'il vit passer la totalité des élèves du bahut sauf la seule personne qu'il attendait. Avec un grand sourire sadique, il suivit des yeux ses deux victimes de la matinée qui n'en menaient pas large et prirent un soin tout particulier à passer le plus loin possible de lui. Il aurait pu les suivre ou tout simplement leur demander où était son frangin invisible ; Celui qui avait dû s'éclipser par l'une des petites portes de service qui donnait dans la ruelle derrière l'établissement. Mais, après une heure d'attente, il préféra regagner l'hôtel. Il patienterait jusqu'à son retour. Son irréductible petit frère serait bien obligé de rentrer à un moment ou à un autre. Et s'il prenait trop de temps, alors il retournerait le chercher et le ramènerait par la peau des fesses, s'il le fallait !
***
Après quelques heures de va-et-vient dans cette trop petite pièce, il entendit enfin des pas mal assurés derrière la porte. Puis la poignée tourna et Sam apparut dans l'encadrement. Il avait vraiment du mal à mettre un pied devant l'autre. Dean avait commencé à se rapprocher mais quand il vit son état, il se figea.
- Salut ! Lui lança son jeune frère, comme si de rien n'était.
Pourtant, son regard flottait dans le vague et il affichait une moue complètement ahurie. Soudainement, il baissa la tête et se dirigea vers la salle de bain, titubant. L'aîné n'eut aucun mal à le devancer et lui barrer le passage. Il n'en croyait pas ses yeux et ne put s'empêcher de poser la question à voix haute :
- C'est pas vrai, t'es bourré ? Sam, qu'est-ce que t'as foutu ? Sam !
Son petit frère venait de s'effondrer, inconscient, dans ses bras. Bon sang, qu'il était lourd ! Et pourtant, il était haut comme trois pommes et ne mangeait rien !
Dean essaya de le réveiller de diverses manières : il l'appela, le secoua légèrement mais rien n'y faisait. Sammy avait sombré dans un état proche du coma éthylique.
Il le traîna jusqu'au bac de douche où il l'assit. Puis, il lui enleva chaussures, jean et blouson tout en continuant de l'appeler. De temps en temps, il obtenait un grognement en guise de réponse.
- Sammy ? Sam, j'te laisse deux secondes pour te réveiller …Sam ! … D'accord, tu l'auras voulu.
Tout en le maintenant fermement, il alluma le jet d'eau froide. L'effet ne se fit pas attendre. Comme s'il venait de recevoir un électrochoc, son cadet écarquilla ses immenses yeux, ronds de surprise. Simultanément, il fit entrer une énorme quantité d'air par sa bouche grande ouverte, comme si ses poumons avaient été sevrés d'oxygène pendant plusieurs minutes. Il fixait son aîné dans une incompréhension totale. Brusquement, il se débattit et tenta de se dégager de l'emprise de Dean pour sortir du bac.
- Lâche-moi ! Mais, lâche-moi ! Qu'est-ce que tu fous, bordel ? J'suis complètement gelé ! T'es con ou quoi ? Lâche-moi, j'te dis !
Chez le plus vieux, l'inquiétude venait de laisser la place à la colère. S'il n'avait pas craint pour la santé de ce p'tit crétin, il l'aurait obligé à rester des heures à se geler les miches ! Il arrêta donc le débit mais ne se gêna pas pour exploser :
- C'est toi qui es vraiment trop con ! Qu'est-ce qui t'as pris ? T'as vu dans quel état t'es ? Te bourrer la gueule jusqu'à en perdre connaissance ! Non mais quel débile ! Si je n'étais pas sûr que tu allais être malade comme un chien, j'serai déjà en train de te botter le cul !
Tout en se redressant difficilement, Sam lui lança un regard de défi et il s'emporta à son tour. Il débita toute son amertume, entrecoupée de haut-le-cœur.
- Mais bien sûr ! Parce que toi tu es Monsieur Parfait, Monsieur le Vertueux ! … Tu passes ton temps à t'empiffrer et boire de l'alcool mais si c'est moi qui le fais, je suis un p'tit con ! … Quand tu sors te taper une nana et que tu me laisses seul à l'hôtel, c'est normal mais si je rentre après toi, c'est un scandale ! Tu m'emmerdes, Dean ! Tu peux pas savoir à quel point tu me fais chier ! … T'es toujours là à me coller et à me traiter comme un gamin. Et tout ça parce que papa te l'as demandé … Pour toi et lui, je ne suis qu'une déception parce que je ne suis pas comme toi ! Et ouais, toi, tu fais tout pour lui ressembler. Un vrai clone miniature ! Mais moi tout le monde s'en fout de c'que j'veux. Qu'est-ce qui t'dit que j'veux être comme vous, hein ? J'en ai marre ! J'te déteste …
Il avait, de toute évidence, d'autres arguments à évoquer mais ils se perdirent dans la cuvette des toilettes avec le contenu de son estomac. Encore une fois, Dean ne sut comment réagir. Il était planté là, regardant son petit frère, trempé jusqu'aux os. Un grand vide s'était formé au creux de son abdomen et une boule, coincée en travers de sa gorge, l'empêchait de respirer normalement. Il sortit de la salle de bains pour regagner la chambre et s'affala sur le lit.
La vérité venait de lui exploser en pleine figure. Oui, bien sûr qu'il voulait ressembler à son père. A ses yeux, c'était un héros qui chassait des monstres et sauvait des vies. Alors il copiait tout sur lui : les mêmes goûts musicaux, le même intérêt pour les belles voitures, la même fascination des armes et le même esprit de vengeance envers le démon qui avait tué leur mère. Mais finalement, il était bien loin d'être ce formidable chasseur qu'était John Winchester. Il n'en était qu'une pâle copie. Sammy avait raison : c'était pathétique !
L'autre point douloureux, celui qui faisait le plus mal, était qu'il soit à ce point un piètre exemple pour son petit frère. Jusqu'à ces derniers jours, il avait toujours été terriblement fier de lui : Son cadet était un garçon intelligent, cultivé, sincère et intègre. Comment avait-il pu réussir ce tour de force avec un aîné comme lui pour modèle ? Que lui avait-il appris au fond ? Mis à part son comportement de débauche face aux filles et à l'alcool, il lui avait montré comment braquer une caisse, conduire avant l'âge légal, forcer des serrures et se battre. Quand leur père lui avait donné une arme, il lui avait même enseigné l'art du tir. Au bout de quatre ans d'entraînement intensif, son frangin ne savait toujours pas viser juste mais il ne désespérait pas que ça vienne un jour.
Toutes ces choses étaient nécessaires dans leur vie de chasseurs mais elles allaient à l'encontre des besoins de Sammy. Lui qui voulait à tout prix être « normal ». De quel droit le privait-il de son vœu le plus cher ? Un bon aîné lui aurait appris à jouer au foot ou lancer une balle de base-ball à effet. Il aurait aidé son cadet à faire ses devoirs, ce qui, dans le cas présent, était plutôt l'inverse. Il aurait pris le temps de l'écouter au lieu de sortir avec des nanas qui n'en valaient même pas le coup. Et enfin, il aurait trouvé les mots justes en toutes circonstances alors que lui était incapable de sortir quoi que ce soit d'intelligent, de réconfortant ou encore qui mettrait à jour ce qu'il ressentait.
Il décida qu'il était temps de se reprendre et d'assumer ses responsabilités de grand frère. Pour ça, il essaya d'établir une liste des choses à faire et à ne pas faire. Le plus urgent était d'aller l'aider au lieu de se morfondre bêtement sur le lit. Par conséquent, il se leva et fouilla dans les affaires de son cadet pour en sortir des vêtements secs. Puis il se rendit dans la salle de bain.
Le plus jeune avait dû évacuer le peu de nourriture qu'il avait absorbé dans la journée car il ne vomissait plus. Sa tête était appuyée contre le bord de la cuvette et ses yeux étaient fermés. Sa respiration était saccadée et il tremblait. Il était assis dans la flaque constituée de l'eau qui continuait de s'égoutter sur le sol. Dean l'interpella doucement :
- Sammy ? Sammy, comment tu t'sens ?
- P… pas bien. Lui répondit faiblement l'intéressé.
Il l'aida à se redresser, l'éloigna des toilettes et l'adossa contre le mur d'en face. Il lui tendit une serviette et ses vêtements.
- Sammy, il faut que tu te sèches et que tu enfiles ça, sinon tu vas attraper la crève.
Franchement ce serait la totale, pensait l'aîné. Il ne manquerait plus qu'il tombe malade à cause de la douche froide qu'il lui avait fait prendre. Comme s'il n'avait pas suffisamment de choses à se reprocher ! Mais Sam ne bougeait pas, assis par terre, dans une position avachie, les paupières désespérément closes. Il était visiblement toujours dans les vapes. Dean dut se résoudre à l'aider. Une fois sa tâche accomplie, il fut soulagé de ne plus le voir trembler et de l'entendre reprendre une respiration normale. Il entreprit alors de le porter jusqu'à son lit. A sa grande surprise, son petit frère trouva la force de resserrer ses bras autour de son cou. Il l'entendit même murmurer son prénom. Peut-être ne le détestait-il pas tant que ça finalement. Il l'installa sur le côté au cas où les régurgitations le reprendraient et le borda. Il l'observa dormir un long moment avant d'aller nettoyer rapidement la salle de bain et de prendre sa douche. Quand il finit par aller se coucher, son petit frère dormait à poings fermés.
