Chapitre 12 : pouvoir
- Duel.
Les autres loups se tournèrent vers lui, attendant sa réponse. Fenrir était acculé. Il jura. Il n'avait pas été assez vif. Assez malin. Il l'avait sous-estimé. Il secoua la tête. En réalité, il aurait cru que Liam se serait comporté en loup. Mais il avait agi aussi perfidement qu'un homme. Fenrir était acculé.
Il jaugea la situation. Affronter toute l'assemblée était suicidaire. Certains s'allieraient à lui mais la plupart allait du côté du plus fort. Et il ne paraissait pas vraiment à son avantage. Il ne pouvait pas compter sur le nombre. Il n'était plus le leader.
Liam l'avait piégé. Il avait baissé sa garde depuis le départ de Mathilda, était devenu vulnérable. Fenrir ne pouvait blâmer Liam d'en profiter. Quand l'alpha décline, les jeunes sont tentés de prendre sa place. Mais utiliser une potion drainante pour lui enlever toute son énergie était bas !
Fenrir sentit ses muscles aussi lourds que s'il s'était réveillé un lendemain de pleine lune. Utiliser une potion n'avait jamais été interdit. Liam n'encourait rien. Personne n'avait pensé à en utiliser lors des duels. Pourtant, Fenrir devait reconnaitre que c'était efficace. Mais humain.
Il cracha par terre. Il ne pouvait pas reculer. Il ne pouvait pas décliner le duel. Il devait accepter. Il se savait en mauvaise posture. Ses bras, ses jambes le brulaient. Mais il ne fit rien paraitre. Il fallait être fort. S'il refusait le duel, il serait exécuté. Il vit Liam afficher une mine victorieuse. Fenrir secoua ses épaules pour détendre ses muscles.
- Duel.
Tous les loups reculèrent, formant un cercle autour d'eux. Liam retira sa chemise et recula. Un loup s'avança. Un ancien. Il évita de croiser le regard de Fenrir.
- Liam est un dominant, troisième dans la hiérarchie. Il a donc le droit de défier l'alpha pour tenter de prendre sa place. Seul le loup qui est en deuxième position peut s'opposer au duel et défier l'un des deux combattants.
Un frisson parcourut la foule. Fenrir n'y prêta pas attention. Il savait que son second ne prendrait pas part au duel. Il n'oserait pas prendre le risque de mourir. De toute manière, si quelqu'un se manifestait, il devrait d'abord combattre Liam. Liam esquissa un sourire narquois.
- Le combat est à mort.
Fenrir et Liam se jaugèrent. Ils commencèrent à se tourner autour sans que l'un ne s'avance pour donner le premier coup. Liam était en position de force. Il avait toutes ses forces et le savait. Au contraire de Fenrir, il connaissait les effets de la potion. Il saurait où viser.
Mais Fenrir avait plusieurs atouts dont son expérience. Il devait faire lâcher prise à Liam. Il ne pouvait pas l'emporter sur le plan physique mais il pouvait amener son adversaire à commettre des erreurs. Il sourit. L'autre fut déstabilisé. Fenrir rejeta la tête en arrière.
- Vous pensez qu'il va me supplier de l'épargner ? Dis-moi Liam, es-tu aussi lâche que ton frère ?
Fenrir vit le coup arriver. Il sentit son nez se casser sous le choc. Peu importe. Il devait pousser Liam dans ses retranchements même si cela voulait dire prendre quelques coups au passage.
- Il n'était pas digne d'être un loup. Il n'était pas digne de vivre. Il venait grappiller quelques miettes de pouvoir. Il n'a eu de loup que le nom. J'aurai du le tuer bien avant. Mais sa mère m'avait supplié de le garder dans la Meute. Une femme délicieuse d'ailleurs…
Fenrir prit un coup qui le fit tomber à terre. Une avalanche de coup de pied s'abattit sur son ventre. Il se mit en position fœtal en serrant les dents. Hors de question de crier. Il rageait de ne pas être capable de le frapper en retour. Maudit poison. Quand il retrouverait ses forces, il allait lui faire payer.
Il entendit un bruit parmi la foule. Il n'y prêta pas attention. Ils venaient sans doute de réaliser qu'il n'était pas en mesure de se battre. Quelle fin pitoyable. Il étouffa un grognement. Il sentit son esprit s'affaiblir. Il perdait peu à peu conscience.
Soudain, les coups s'arrêtèrent. Il ouvrit faiblement les yeux qu'il avait instinctivement fermés. Liam le surplombait toujours. Fenrir sentit un liquide poisseux l'éclabousser. Il vit une main sortir de l'abdomen de Liam qui écarquilla les yeux de surprise.
Fenrir roula difficilement à terre pour éviter le corps sans vie de Liam. Son regard se posa sur la main qui tenait encore le cœur chaud. Mathilda. Elle lui adressa un regard carnassier. Il n'eut pas le temps de lui rendre, les ténèbres l'emportèrent.
#Point de vue Masla#
Elle venait de lui arracher le cœur. Sans hésitation. Sans peur. Sans dégout. Elle l'avait tué. Il avait touché le sol sans comprendre ce qui lui arrivait.
Et l'instant d'après, Fenrir Greyback s'était effondré. Mathilda avait esquissé un geste vers lui mais les autres loups s'étaient avancés. Masla vit son père avançait vers eux.
- Tu n'avais pas le droit d'intervenir ! Nos duels ne sont pas comme vos duels humains !
- Je sais. Seul le second dominant peut intervenir.
- Tu n'es pas le second !
- Justement. J'aimerai le rencontrer.
Un loup s'avança. Aussi massif qu'une armoire à glace. Je regardai Mathilda. Elle souriait en le regardant. Je reculai et elle s'avança. Tous les regards étaient tournés vers elle. On m'avait oublié.
- Je suis le second.
- La question est de savoir pour combien de temps.
- Tu penses me tuer si facilement humaine ? grogna-t-il.
- Pas moi. Lui.
Masla s'était glissé dans son dos. Il saisit l'homme par les cheveux et tira sa tête en arrière, exposant sa gorge. D'un geste vif, il lui arracha la gorge. Mathilda fut éclaboussée mais s'en ficha. Elle souriait toujours. Un tollé s'éleva de la foule.
- C'est un soumis ! Il n'avait pas le droit !
Les autres loups s'avancèrent, menaçant. Masla se frotta les mains. Son loup dansait en lui. Il en avait marre d'être emprisonné. Il allait enfin reprendre sa place. Il se prépara. Mais Mathilda lui toucha le bras et vint se mettre devant lui. Elle faisait face à son père.
- Voyons un peu de tenu messieurs. Sommes-nous à ce point intime pour parler des préférences de notre ami ?
- Tu ne comprends rien à ce qu'il vient de se passer, grogna le père de Masla.
- Oh, c'est assez simple en fait. Masla vient de tuer un loup. Il a pris sa place dans la hiérarchie.
- Masla a été déclaré soumis. Il ne peut…
- S'il était vraiment soumis, aurait-il eu la force de déchirer la gorge du second ?
Un silence succéda aux paroles de Mathilda. Masla grogna. Il n'aimait pas être freiné. Il voulait étancher cette soif de sang.
- Elle a raison Mickael. Il n'aurait pas pu vaincre un dominant sinon.
Le vieil homme s'avança vers Masla tout en gardant un œil sur Mathilda.
- Tu as pris la place de celui-là, dit-il en désignant l'homme qu'avait tué Masla. Tu es le loup avec la position hiérarchique la plus élevée. Et en l'absence d'Alpha, cela fait de toi le nouvel alpha.
Masla secoua la tête. Il devait avoir mal entendu. Pourtant tous les regards étaient tournés vers lui. Mathilda affichait son habituel sourire narquois. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Il avait l'impression d'avoir raté quelque chose. Il tourna les yeux vers son père. Celui-ci se contenta de désigner le corps inconscient de Greyback. Ils attendaient sa décision.
Ils s'attendaient à ce qu'il leur ordonne de le faire disparaitre. Ou à ce qu'il l'achève. Il pouvait le faire. Le tuer reviendrait à prendre sa place définitivement. Il vengerait ainsi toutes ces années passées à se cacher. Il ne servirait plus jamais.
Mathilda attendait. Elle aussi ignorait la décision qu'il allait prendre. Il pouvait la garder à ses côtés. Peut-être accepterait-elle de devenir sa compagne. Elle était belle. Elle était une hybride. Les autres l'accepteraient. Leur futur serait calme. Masla serait en mesure de la protéger. Elle n'aurait plus à fuir. Le loup de Masla s'en réjouissait. Il l'avait accepté.
- Mon fils, il te faut une mort pour consolider ta place. Tu dois…
Masla leva la main lui enjoignant de se taire. Des années qu'il ne l'avait regardé. Qu'il ne lui avait pas adressé la parole sauf en cas de nécessité. Et maintenant il se permettait de l'appeler fils et de lui dire ce qu'il devait faire.
Bien sûr, Masla se doutait que son père savourait la situation. Jamais il n'aurait cru un tel changement possible. Masla haïssait l'opportunisme. Beaucoup allait être hypocrite, faire semblant de l'aimer pour avoir des faveurs. Il ne devait pas s'étonner que son père fasse pareil. Masla se tourna vers deux loups.
- Emmener Fenrir dans sa cabane.
L'un d'eux cligna des yeux.
- Vivant ?
- Pour le soigner, mieux vaut qu'il soit vivant non ?
Un murmure parcourut la foule. Mais les deux loups obéirent. Le vieil homme s'avanca de nouveau vers lui.
- Es-tu sur de vouloir laisser Fenrir vivant ? Tu ne seras pas alpha tant qu'il respire.
- Je le serai jusqu'à ce qu'il se relève. Maintenant hors de mon chemin.
Les loups mirent un instant à lui obéir. Un instant qui dura trop longtemps pour Masla qui surprit des regards.
- Et si quelqu'un tente quoi que ce soit sur Fenrir, Mathilda ou moi, je le tue. N'oubliez pas que je connais vos faiblesses.
Les loups s'écartèrent. Certains grognèrent. Masla n'y prêta pas attention. Les autres le craignaient pour le moment. Ils ne tenteront rien. Son père n'avait toujours pas bougé.
- Tu me fais honte.
Et il partit, laissant une douloureuse impression de déjà-vu à Masla. Il le regarda partit. Il sentit la main de Mathilda se posait sur son épaule. L'adrénaline dans ses veines était toujours là. Un frisson d'excitation le parcourut.
- Tu l'as ressenti n'est-ce pas ?
- De quoi ?
- L'attrait du pouvoir.
- C'est assez dur d'y résister.
- Qu'est ce qui t'a empêché de tuer Fenrir ?
- Je ne veux plus servir.
- Et ?
- Je ne voulais pas être esclave du pouvoir.
Mathilda se décala de manière à se mettre face à lui. Il plongea dans le bleu de ses yeux. Un frisson le parcourut. Il posa ses mains sur sa taille.
- Il n'y a rien de mal à se soumettre au pouvoir.
- Tu ne sais pas de quoi tu parles.
- Ah oui ? Rit-elle.
- Ce que tu as vécu chez les humains n'est pas la même chose.
Mathilda s'approcha de lui jusqu'à n'être qu'à quelques centimètres de ses lèvres. Il retint son souffle.
- Montre-moi.
La dernière barrière qui le retenait sauta. Ses mains glissèrent sous les fesses de Mathilda et la soulevèrent. Elle enfouit son visage dans son cou. Il se dirigea vers sa cabane.
#Point de vue Hermione#
Hermione avait passé tout l'été à s'occuper. Elle avait beaucoup lu. Elle avait passé du temps avec Harry et Ron. Ils avaient assistés à la coupe du monde de Quidditch. Elle avait pu rencontrer d'autres sorciers là-bas. Elle était désormais revenue à Poudlard.
Dumbledore avait annoncé le Tournois des Trois Sorciers. Elle était enchantée. Elle pourrait rencontrer d'autres élèves. Elle pourrait échanger, découvrir le monde sorcier dans sa globalité. Elle pourrait en apprendre plus.
Elle était aussi inquiète. Harry lui avait juré ne pas avoir son nom dans la Coupe de feu. Ron lui en voulait. Il était si concentré sur lui-même qu'il ne voyait pas qu'Harry était en danger. La personne qui avait mis son nom voulait soit provoquer un tollé soit le tuer.
Elle aurait voulu avoir quelqu'un qui partage ses préoccupations. Mais Ron était concentré sur sa jalousie. Harry ne semblait pas être aussi inquiet. Hermione se demandait si elle devait aller voir McGonagall. Elle devait réfléchir plus clairement. Elle se glissa hors de la salle commune et monta la tour d'astronomie. Mathilda lui avait montré une pièce où personne n'allait jamais elle serait tranquille. Elle posa son sac et s'assit par terre.
La cicatrice d'Harry avait commencé à lui faire mal. Sirius s'en était tellement inquiété qu'il avait voulu les rejoindre à Poudlard. Harry lui avait alors menti et à elle aussi. Mais avec le temps elle avait su déchiffrer quand il lui dissimulait la vérité.
Les délégations de Durmstrang et Beauxbâtons n'avaient pas tardé à arriver. De nombreux élèves avaient essayé de se porter candidat pour le Tournoi. Les jumeaux Weasley avaient essayés des tas de sorts pour passer la barrière d'âge de Dumbledore. Ils étaient même venus lui demander son aide !
Cédric s'était présenté comme champion de Poudlard. Krum avait été désigné comme le champion de Durmstrang et Fleur Delacour pour Beauxbâtons. La surprise avait eu lieu lorsque le nom d'Harry était sorti de la coupe. Hermione l'avait vu suivre Dumbledore et les autres professeurs. Elle était restée en arrière à écouter Ron maudire Harry. Elle s'était rappelé les paroles de Mathilda lui disant que Ron n'était ami avec Harry uniquement pour profiter de son aura. Elle secoua la tête. Ron était parfois stupide mais il était leur ami.
Harry s'était mis à dos la majorité des élèves de Poudlard. Ils avaient détournés des objets pour se moquer de lui. Personne ne pensait qu'il était en danger. Ils pensaient qu'il voulait se faire remarquer. Hermione avait l'impression de revenir en primaire. La différence c'était que son ami souffrait et non elle. Elle ne pouvait le supporter. Elle avait essayé de raisonner Ron en vain.
Elle aurait aimé avoir quelqu'un à qui en parler. Elle voulait aider son ami. Elle avait peur pour lui. Mais elle ne savait pas quoi faire. Elle aurait aimé pouvoir parler à Mathilda. Elle aurait pu l'aider à y voir plus clair.
Son esprit vagabonda jusqu'à elle. Elle ne savait pas comment se passer un coma magique. Elle ignorait tout de la situation. Personne n'avait de nouvelles d'ailleurs. On aurait presque dit que Mathilda était morte. En tout cas, pour le monde magique c'était tout comme.
Hermione sentit son cœur se serrait. C'était dans ce genre de situation que Mathilda adorait se montrer. Mais elle savait qu'elle ne reviendrait pas.
Hermione s'en voulait. Elle n'avait pas pu lui parler. Elle avait l'impression qu'entre elles tout c'était fini sur un malentendu. Elle avait l'impression d'avoir mal agis. Elle aurait tant aimé lui dire ce qu'elle pensait.
Elle fouilla son sac et en sorti un parchemin. Elle le connaissait par cœur. Elle l'avait écrit pour Mathilda. Elle n'avait pas eu le courage de lui envoyer. Elle ne savait pas si les hiboux étaient autorisés. Mathilda lui avait appris un sort lui permettant de lui envoyer directement des parchemins. Mais elle ne savait si ça marcherait.
Haussant les épaules, elle sortit sa baguette et une plume de son sac. Elle rajouta quelques lignes au bas du parchemin. Fermant les yeux, elle tapota le parchemin de sa baguette. Elle n'avait rien à perdre à lui envoyé.
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