Voici le chapitre 12 de la traduction de la superbe fic de DBLaZe, désolée pour le retard : session oblige et mon livre – oui, oui, le mien de mien – qui va sortir me pompe beaucoup de temps! (Page Facebook de ce livre : pages/Une-histoire-dataxie-ou-la-derni%C3%A8re-illusion/1428594287405802 )

Et bon, avec 2 reviews, ce n'est pas comme si j'avais la pression. XD

Alors, merci à TheGingerbreadBoy, mon unique revieweuse, la seule qui me prouve que, non, je ne me fais pas chier à traduire cette fic pour des clous! :p (Deux reviews en plus, waa c'te rêve, c'est beauuuuuuuu! *.*)

Et aussi à ma revieweuse anonyme : de t'avoir privé de sommeil me – et à DBLaZe aussi, je suis sûre – fait plaisir! :p Continue à suivre cette relation, ça ne te décevra pas!

Sur ce, enjoy!

(Prim)

Gale et moi, nous sommes restés à l'atelier des nœuds pour le restant de la matinée. Il me montrait comment faire des nœuds qui se défont si tu tires sur le mauvais brin. Des nœuds très solides aussi. Toutes sortes de nœuds. Je ne savais même pas qu'il y en avait autant de sortes. Il me les a fait pratiquer et, ceux que je faisais bien, il les mettait de côté. Je ne sais pas encore pourquoi; il semble savoir tout ce qu'i savoir sur les nœuds, il aurait pu me montrer ça n'importe quand. Mais ce fil qu'ils utilisent pour la pêche… Il est vraiment cool. Mince, mais assez résistant pour soutenir des centaines de livres.

Gale est resté aux ateliers quand tout le monde est parti manger ce midi. Je ne pense pas qu'il avait le droit, mais notre surveillant était une jeune femme ; quand Gale lui a fait un sourire et lui a expliqué comment il avait pris de son temps pour m'aider, elle lui a permis de rester une demi-heure supplémentaire avant de devoir fermer pour l'évaluation. Il m'a alors demandé si je serais capable de rester seule. À la seconde où j'ai répondu oui, il repartait au pas de course vers l'aire d'entrainement.

Alors ici je suis, sans lui, dans la salle à manger. Je peux sentir les regards s'attarder sur moi alors que je vais me chercher de la nourriture. Et, quand je relève les yeux, ils arborent tous la même expression : celle d'un chat ayant aperçu un petit oiseau. Je commence à penser que je n'aurais jamais dû me séparer de Gale quand une main me touche l'épaule. Je sursaute vivement en lâchant un petit cri en me retournant. Au lieu d'un agressant étranger, je découvre Sera riant doucement.

« Tu attendais quelqu'un d'autre? » me demande-t-elle en réprimant son rire.

« Pas drôle! » dis-je sans pouvoir empêcher l'ébauche d'un sourire de naître sur mes lèvres.

« C'était un peu drôle. » Elle me fait signe de la suivre et on va s'asseoir à une table à l'extérieur de la pièce. Je suis surprise de voir Jacob, déjà assis, à une table différente. Je ne peux m'empêcher de le fixer quelques secondes et Sera le remarque. « Il a dit que ça lui rendrait seulement les choses plus difficiles une fois le temps venu. »

Mes yeux s'agrandissent, « Que veux-tu dire par 'une fois le temps venu'? Vous êtes dans la même équipe, il n'aura pas à te tuer. »

Elle m'adresse un doux regard, un qui dit que je ne sais pas tout, que je ne peux comprendre. « Il n'aura pas à le faire. Je n'en ai plus pour longtemps de toute manière. Je lui ai dit de ne pas se soucier de moi et qu'il devrait s'occuper de lui. Il aura assez de difficulté à survivre tout seul, je ne veux pas être un fardeau en plus. »

Je ne peux pas croire ce que j'entends… Pas avant que ça me frappe. Les mots sortent tous seuls. « Poumon Noir… » C'est une maladie de 'mineurs', au moins la moitié des hommes qui travaillent dans les mines vont en mourir. Mais ce ne sont pas les seuls atteints. Plein de gens en souffrent dans un district minier. Je savais que ses symptômes m'étaient familiers. J'aurais dû reconnaître cette maladie, mais sur une fille de son âge? « Comment? » C'est une question terrible à poser, mais elle sort presqu'automatiquement.

Elle me regarde perplexe : « Tu es vraiment une naturelle, tu sais ça? » Elle me sourit tristement, « Quand j'étais petite, ma mère faisait toujours un grand cas que je sois toujours propre. Ce qui signifie bien sûr que je faisais tout pour me salir. Alors, j'avais l'habitude de jouer dans la poussière provenant des mines. » J'ai un sursaut d'horreur et je dois me couvrir la bouche de la main. On ne se demande plus pourquoi… « Je ne savais pas pourquoi ma mère en faisait toute une histoire. Maintenant, je sais. » Ensuite, une seule bonne respiration lui est nécessaire pour se reprendre et me sourire gentiment.

« Je suis désolée » dis-je. Je sais très bien ce que le Poumon Noir fait, et ça va en empirant. Si elle n'était pas venue aux Jeux, elle aurait eu une mort lente et douloureuse. « C'est pourquoi... »

« Ouais. Un jour, à l'école, tout le monde parlait d'à quel point ce serait terrible d'avoir à choisir quelqu'un. Alors, je leur ai dit qu'ils pouvaient tous me choisir. » Elle joue avec la nourriture dans son assiette du bout de sa fourchette tout en parlant. « Quand ils étaient tous ensemble, ils ont dit qu'ils ne feraient jamais ça. » Elle lève les yeux vers moi et ils sont pleins d'une lucidité que seuls les mourants peuvent avoir. « Mais un par un, ils sont revenus me voir. Certains étaient gênés, d'autres pas. Jacob m'a regardé pendant deux jours avant de m'accoster devant mon ancienne école, 'es-tu certaine' est tout ce qu'il m'a demandée. Il semblait se haïr de le demander, mais il l'a fait. Je lui ai dit de ne pas s'inquiéter, que je ne le retiendrais pas contre lui. Il a mis un moment avant de me répondre seulement un 'merci'. Il ne m'a pas regardée pendant des semaines après ça. Éventuellement, tout est revenu à la normale, l'information était dans les arrière-pensées de tout le monde. Puis, la Moisson est arrivée. Quand son nom a été pigé, les yeux de Jacob m'ont trouvée dans la foule, j'ai juste articulé 'c'est correct' et j'ai souri. Il pense vraiment qu'il me tue, mais il ne pourrait pas avoir plus tort. Je me meurs déjà ; il m'aide seulement à faire quelque chose que je n'aurais pas le courage de faire toute seule… »

Je suis trop prise par le récit pour réfléchir convenablement : « Qu'est-ce que tu veux dire? »

Elle me fait le plus doux et rassurant sourire que je n'ai jamais vu de ma vie. C'est pourquoi je n'en crois pas mes oreilles lorsqu'elle dit, « Il m'aide à mourir. »

Je peux sentir les larmes brûlantes me couler le long des joues, je suis encore sous le choc lorsqu'elle tombe sur ma poitrine. Je ne pense pas, mon cœur fait tellement mal. Sera me prend la main par-dessus la table pour tenter de me réconforter, mais ça ne rend les choses que pires. Je me lève précipitamment, contourne la table et me jette à son cou dans un tourbillon de pleurs et de membres. Elle ne fait que me serrer contre elle, comme Katniss l'avait fait à la mort de papa. Une personne aussi bonne et douce ne mérite pas un tel sort. Ça prouve que la vie n'a pas besoin de l'aide du Capitole pour être injuste.

J'aimerais lui dire un millier de choses, mais je sais que ça ne changera rien. Et, même si c'était le cas, je n'en ai pas eu la chance.

« Oh, regarde le petit oiseau en pleur! Qu'est-ce qu'il y a? Ton géant t'a oubliée? » J'écarte mon visage de Sera et me tourne vers la source de la voix essayant de la brûler avec mes yeux. Ruby se tient là, aussi narquoise que d'habitude. « Pourquoi je ne suis pas surprise de te trouver avec la rejet? C'est évident que les deux tributs les plus inutiles s'assoiraient ensemble. »

Je sens quelque chose remonter de l'intérieur, « Qu'est-ce que t'as dit? » Je devrais être terrifiée, au lieu de ça, j'ai arrêté de pleurer et je me relève. Je suis tellement en colère que j'en ai rien à faire que cette fille soit deux fois plus grosse, et grande, que moi. Je la regarde comme si j'étais prête à la frapper, et je pense que je le suis.

Ruby rit avec un air confus sur le visage se demandant probablement ce que je faisais. Je me le demande aussi. « Quoi? Que vous deux êtes inutiles? Dis-moi pas que tu le savais pas… »

« Non. Tu l'as appelée comment? » Ma voix sonne bizarrement, mais je surfe sur cette vague de colère alors mes yeux restent fixés sur elle.

« Oh… » Elle se redresse et me sourit, rétrécissant les yeux. « J'ai dit que ton amie était une rejet, même son coéquipier ne veut pas s'asseoir avec elle. C'est pathétique. » Elle en parle comme si c'était dégoûtant pour elle d'aborder le sujet. C'est trop pour moi.

Je saute sur la table et, avant même que je le sache, mes poings se serrent pour la frapper en pleine face. Je m'en fous si je n'ai pas le droit. Je n'ai jamais ressenti ce besoin si pressant de frapper quelqu'un et, comme c'est ma première fois, je veux pas la gâcher. Malheureusement, c'est gâché quand même. Mon poing est arrêté à quelques pouces du visage de Ruby dont les yeux s'agrandissent de surprise. C'est arrivé si vite que je doute qu'elle ait compris ce qui arrivait. Je sais que c'était mon cas.

Une poigne de fer retient mon bras et, quand je tourne la tête pour voir qui m'a arrêtée, je vois Gale qui secoue la tête et me sourit comme je le fais pour ma chèvre quand elle fait n'importe quoi. « Si on est pour avoir des problèmes pour avoir frappé quelqu'un, autant que l'investissement rapporte et que ce soit moi qui le fasse. » Il se tourne vers Ruby qui semble réaliser juste maintenant qu'elle ne maîtrise plus la situation. « Encore là? Je pensais que tu étais plus intelligente que ça. »

Elle lui retourne un regard hostile, mais commence à reculer. « On verra là-bas si tu es si fort le 12. Je te chercherai. » Je pense soudainement à de très vilaines choses pouvant lui arriver avant de réaliser que, là où on va, tout est permis. Ça me fait me sentir coupable, mais pas autant que je le pensais.

« Vas-y fort. Tu rendras ma vie tellement plus simple si tu viens me trouver. » Il ne le dit pas comme pas comme une menace, seulement comme un fait et Ruby le regarde alors qu'il s'éloigne sans un regard pour elle. Je note à ce moment qu'il respire plus fort et qu'il est un peu en sueur.

« Gale, es-tu correct? » Je ne l'ai rien vu faire qui aurait pu le drainer d'énergie à ce point…

Il me regarde et me fait un sourire qui me dit qu'il prépare quelque chose. « Oh mon petit canari, je suis plus que correct… »

Ça prend seulement une seconde avant qu'il reprenne un rythme respiratoire régulier alors je suppose qu'il avait raison, mais je n'ai pas le temps de lui demander ce qu'il voulait dire qu'un surveillant vient nous dire que l'évaluation va commencer. Il appelle Ruby en premier et je la regarde sortir de la salle. Mes pensées de toute à l'heure me semble plus enfantine qu'autre chose et je ne peux plus me permettre ça, plus maintenant. Ça devient très silencieux, je pense que tout le monde est nerveux. L'attente a commencé.

Je ne savais pas que rien faire pouvait être si long.

(Ruby)

Parfait, je passe en premier! J'avais espéré me débarrasser de ça vite et, comme ça, tout le monde sera comparé à moi. Ce qui signifie que je doive leur donner un spectacle. J'entre dans le Centre d'Entrainement et je vois les Juges dans leur loge me regardant. Je me tiens alors droite, leur donnant une bonne vision de mon corps : je ne suis certainement pas la plus belle ici, mais je suis une des plus entrainée, sculptée. Je me dirige vers le support à épée et je remarque qu'elles sont toutes dans leur fourreau sauf une. Je m'en fous, je n'en ai besoin que d'une.

Comme j'atteins cette épée, je note quelque chose dépassant de derrière le support. Les interrogations subséquentes à cette observation surviennent alors que ma main se referme sur la garde de l'épée et, comme je la tire à moi, je sens une légère résistance. Puis, tout arrive soudainement. La résistance disparaît, ce qui dépassait derrière le support tombe au sol avec un bruit sourd et toutes les épées du support s'envolent… Trois de celles-ci me frappent avec suffisamment de force pour me faire mal, les autres me manquent de peu. Si elles n'avaient pas été dans leur fourreau…

Des surveillants accourent à mes côtés pour voir si je suis correcte. Je les revire de bord. Je ne suis pas intéressée par leurs questions stupides ; putain, je suis juste intéressée par ce qui vient de se passer. Je fais le tour du support et je vois que le poids, maintenant au sol, était reliés à chaque épée par un mince fil. Quand j'ai tiré sur l'épée, le poids est tombé et les autres épées ont volé. Ça m'aurait tuée si l'instigateur l'avait voulu ; au lieu de ça, je n'ai que de légères meurtrissures.

Quand bien même, dans mon livre à moi ça signifie la même chose. « Je vais tuer celui qui a fait ça… »

(Plutarch Heavensbee)

Je m'étais fait dire que certains des tributs rendraient les choses intéressantes cette année, mais j'étais loin de m'attendre à ça. Je pensais que nous aurions droit à une autre de ces ennuyeuses soirées où les tributs se contentent de répéter les exploits de ceux de l'an dernier… Tirer l'épée, lancer les couteaux, soulever des poids. Mais, au lieu de ça, c'est rapidement devenu l'évaluation la plus divertissante à laquelle je n'ai jamais pris part.

Presque tous les tributs ont été surpris, piégés ou bien frappés par des trappes. Ceux qui s'en sont sortis indemnes sont ceux qui ont copié la technique de tributs précédents. Après la première fille victime de l'incident avec l'épée, deux tributs ont été frappés par des plantes en pot qui leur tombaient dessus. Certains ont été fouettés par des branches retenues par je ne sais quoi. Un tribut a été pris dans un filet. Les zones les plus touchées étaient celles des armes et des pantins d'entrainement. La section sur la pêche semblait sur le point d'exploser avec des lignes invisibles et des crochets partout. Heureusement, nous n'avons pas relâché les appâts; il n'y a eu aucun blessé sérieux.

Au début, nous pensions à un incident isolé. Puis, c'est arrivé encre et encore. Nous nous sommes dit que ça prendrait des heures pour tout vérifier… Nous avons donc laissé les choses se dérouler. À la fin, nous étions plus intéressés par ce qui allait arriver aux tributs que par ce qu'ils faisaient. J'ai vu certains de mes collègues aller se chercher de la nourriture et discuter quand ils étaient sûrs que le tribut ne serait pas piégé.

Il y avait de plus en plus de spéculations, à mesure que la journée avançait, sur l'identité de celui qui avait posé ces pièges. Après les deux premiers districts, la plupart croyait que c'était l'œuvre d'un des tributs du D3; ils adoraient tellement les trappes.

Quand le premier est entré, j'ai été frappé par son aura glaciale. J'ai baissé les yeux sur ma feuille. Dakrin Devonshire. Il est entré comme si nous étions ceux qui seraient testés. J'ai remarqué que les autres Juges sont devenus silencieux. Je pense que nous croyions avoir enfin trouvé notre farceur. Je crois qu'il nous a tous surpris en se dirigeant vers le support contenant les épées. Jugeant par son visage inexpressif, je dirais qu'il ne nous a pas montré tout ce qu'il savait faire, mais même, ce serait quoi le but d'installer tour ces pièges sans en prendre crédit? Alors, quand il a quitté avec une simple courbette, notre soupçon était à l'eau.

Ça nous laisse sa partenaire féminine, Harley Klaun. J'ai pu dire à la seconde où je l'ai vu qu'elle n'était pas notre poseuse de pièges. En ayant moi-même déjà posé quelques-uns de mon cru, je peux vous dire que la fille devant nous, qui nous fait une entrée acrobatique, n'est pas une subtile et méticuleuse trappeuse. Après une réception réussie, elle se tourne vers nous et nous sourit fièrement : « Ta-Da! ». Et de nous faire des courbettes encore et encore. Elle est moyennement grande pour une fille, environ 5'8, et pas aussi mince que musculeuse. Il est évident, suite à son entrée, qu'elle est très athlétique. J'ai le sentiment qu'elle est beaucoup plus forte qu'elle n'en a l'air.

Nous lui avons dit de continuer et elle s'est dirigée vers le dernier des supports auquel nous aurions pensé pour une jeune fille : les massues de guerre. Avant de s'en approcher, elle le regarde et penche la tête de côté. Je pense alors, juste maintenant, que personne ne les a encore utilisés ; si ce support a été truqué, ce sera intéressant. Quand, finalement, elle fait un mouvement, c'est rapide comme l'éclair. Elle saute du sol, agrippe la poignée d'une masse, l'utilise comme un levier et fait un saut périlleux. Pendant qu'elle est dans les airs, deux masses s'entrechoquent à l'endroit où elle se trouvait deux secondes auparavant. Elle atterrit ensuite avec douceur en évitant habilement les masses déplacées. Certains Juges commencent même à l'applaudir.

Elle s'incline encore, défait sa masse du mince fil la reliant au support et se dirige vers les pantins d'exercice. Je suis un peu confus quand elle se positionne à environ 20 pieds d'eux. Lancer sa masse me semble une idée absurde mais, au vu de l'originalité de la fille devant nous, je ne jure de rien. Mais, même si elle a évité le piège, je suis sûr que ce n'est pas elle qui l'a posé.

Au lieu de ça, elle ramène la masse sur son épaule et, avec quelques efforts, elle la soulève à bout de bras au-dessus de sa tête. « Z'êtes prêt? » demande-t-elle en abaissant soudainement la masse. Pendant quelques secondes, j'ai cru qu'elle était folle, puis j'ai remarqué qu'elle modifiait rapidement sa prise sur la poignée. Elle commence alors à pivoter sur elle-même et saute usant de la force centrifuge pour lui donner de l'élan. La masse entre en contact avec le pantin avec une force comme je n'en ai jamais vu, il explose quasiment. Personne ne peut survivre à un coup comme ça. Mais elle n'a pas fini encore.

Elle utilise la force du mouvement pour poursuivre et, cette fois, elle fait un saut périlleux par-dessus la masse, se réceptionne et balance sa masse en un arc horizontal qui fauche la moitié d'un autre pantin d'entrainement. Elle démolit ainsi tous les pantins de la salle sauf un. Elle arrête complètement devant lui et lui donne un gros bisou sur ce qui devrait être ses lèvres. Puis, elle laisse tomber sa masse, comme un jouet qui a perdu tout intérêt, et se place au centre de la pièce : « Merci beaucoup d'être venu et… Bonne nuit! » Elle s'incline encore plusieurs fois et sort en gambadant joyeusement comme si elle n'avait aucun problème au monde.

Ça nous prend plusieurs minutes pour nous remettre et appeler le prochain tribut. Aucun de nous ne peut arrêter de parler de ce qu'il a vu. Et, pour la première fois, nous sommes d'accord sur une évaluation.

La seconde paire du district 3 n'est pas impressionnante ; le garçon est piégé, alors le mystère continu. Et, avec chaque tribut qui passe, notre besoin de savoir augmente.

(Gale)

Alors qu'on attendait notre tour, on entendait pleins de bruits provenant de la salle d'évaluation. Ils sont assourdis alors on ne sait pas exactement ce qu'ils sont, mais tous les surveillants échangent des murmures. Au début, les autres tributs regardaient aux alentours, confus. Puis, ils ont commencé à parler avec leur partenaire. Bientôt, les gens sont devenus tellement curieux que tout le monde en parlait. Personne ne savait de quoi il retournait. Enfin, presque personne…

J'ai dû me battre avec tout ce que j'avais pour ne pas sourire moqueusement ou ricaner, ce qui m'aurait vendu. Probablement la chose la plus difficile que je n'ai jamais eu à faire. Mais ça ne serait pas bon que tout le monde sache ce que j'ai fait. J'aurai assez de problèmes comme ça, je n'ai pas besoin d'être la cible personnelle de chacun en plus. Surtout que je suppose avoir piégé la majorité des Carrières. Ça sert bien ces putains de tricheurs, mais je doute qu'il voit les choses du même œil. Alors, je vais garder tout ça pour moi, pour l'instant.

Je suis assis avec Prim et Sera durant cette attente. Elles essaient aussi un peu de deviner ce qui se passe là-bas et je suis un peu surpris d'entendre Prim dire que je dois y être pour quelque chose. Elle le dit en blaguant mais, heureusement, elles ne me regardent pas à ces paroles. Parce que mes yeux manquent de sortir de leur orbite. Ça prend une éternité et je sais que c'est en partie ma faute mais, éventuellement, le temps vient et ils appellent Sera. Nous laissant seuls, Prim et moi. Finalement.

Un grand sourire me traverse le visage et je me retourne vers Prim tout prêt à lui raconter mon brillant plan… Seulement pour la voir me regarder, les bras croisés, avec un air me rappelant tellement celui de ma mère que je ne peux me retenir et que je m'écrie : « Je m'excuse! »

« Je le savais! Qu'as-tu fait? » Ses poings s'arrondissent, vont se positionner ses hanches et elle me fait le regard 'expliquez-vous jeune homme'. Je commence à me demander si c'est un pouvoir que toutes les femmes possèdent. J'espère que non, j'ai assez peur de ma mère comme ça. Si elles peuvent toutes le faire…

Je tente de croiser son regard, mais je dois immédiatement me détourner. C'est ridicule, elle fait genre le dixième de ma taille et… C'est Prim pour l'amour de Dieu! J'essaie et échoue encore, alors je fixe mon regard sur un point non loin de ses pieds. « Ben, okay, j'ai peut-être possiblement… Juste peut-être… Poséplusieurspièges et j'auraid'l'aird'unhomme… » Je m'éloigne défensivement parce que c'est la partie où, habituellement, ma mère me donne une claque derrière la tête. Mais les pouvoirs maternels de Prim ne sont pas encore pleinement développés.

Elle me regarde confusément : « Redit ça encore, plus lentement cette fois. »

Je sais pas comment elle fait ça, mais elle me fait me sentir comme si j'avais 6 ans encore. « Ça me tente pas. »

« Gale Hawthorne, tu me le dis à l'instant. » Son tapement impatient du pied le rend officiel ; elle sera une mère extraordinaire. Aucun gamin n'aura de chance contre elle. Moi, je n'en ai pas assurément.

Je prends une rapide respiration et me répète plus lentement, me préparant pour la claque imminente. « J'ai posé plusieurs pièges et, pendant que les autres tributs auront l'air idiots, j'aurai d'l'air d'un homme. »

Ses yeux se rétrécissent : « Alors, les sons qu'on entendait étaient à cause de tes pièges? »

Bizarrement, je me sens plus petit qu'elle. « Uh huh. »

Elle penche la tête légèrement sur le côté, « C'est ce que tu as fait quand tu es resté derrière au diner? »

Je me recule encore de quelques pouces, « Uh huh. »

Elle y pense quelques secondes avant de poursuivre son interrogation. « Il y en avait au moins 20, comment les as-tu fait si vite? »

Ma voix est à peu près aussi grande que je me sens, je murmure pratiquement : « Tu te rappelles tous ces nœuds que je t'ai fait faire? Comment je les mettais de côté? »

« Alors tu m'as impliquée dans ton plan sans me le dire? » Son regard me dit que si je donne une mauvaise réponse, les choses vont aller mal.

« Bien, on n'avait pas le temps et je voulais pas que les autres entendent et j'allais te le dire… » Je suis coupé dans ma tirade par ses bras qui m'enserrent.

« J'étais fâchée parce que tu m'avais pas laissé t'aider mais, j'ai aidé, je le savais juste pas. La prochaine fois, je veux savoir. » Elle le dit rapidement et ne semble pas en colère, je vais m'en sauver comme ça.

« Okay, pas de problème. À partir de maintenant, quand j'ai un plan, je vais t'en parler. Et ne t'inquiète pas pour les pièges, ils seront tous désamorcés quand ce sera ton tour. » Et je peux faire cette promesse; presque tous mes plans ont été réalisés.

Je ne peux entendre sa réponse, le surveillant m'appelle : « Prim, ça prendra un bon moment. Je suis désolé, tu seras seule longtemps. Essaie de ne pas t'inquiéter… »

« Je ne m'inquiète pas. Maintenant, je sais pourquoi ça n'a pas d'importance ce que je fais à l'évaluation! » Elle me sourit en hochant la tête. « Va et montre-leur comment tu vas me protéger. » La confiance totale que je vois dans ses yeux me va droit au cœur et je lui retourne un clin d'œil.

Je marche alors jusque dans la salle d'entrainement et je ne suis pas surpris de voir la majorité des Juges me fixer avec intensité. Comme il ne reste que Prim et moi à passer, je suis sûr qu'ils savent qui a posé ces pièges. À moins qu'ils pensent que ce n'est pas un tribut. Mais je sais que j'ai raison quand l'homme du milieu, celui probablement en charge, me parle. « Est-ce j'ai raison de dire que nous rencontrons le responsable de tous ces dérangements aujourd'hui? »

La façon qu'il a eue de dire dérangement me fait me demander si c'était une bonne idée après tout. Mais ici je suis, pas de demi-tour maintenant. « En plein ça. Et je présume que vous serez les responsables de tous les dérangements auxquels j'aurai affaire plus tard. » Autant mieux la jouer comme si je savais ce que je faisais.

Je ne suis pas sûr que ça marche alors qu'il me jauge et me dit d'un ton froid : « Tout à fait. Nous sommes ceux qui décideront comment et à quel point votre vie sera dérangée, peut-être même si vous allez en avoir une. » Il brasse des papiers devant lui. « Vous savez que c'est interdit de blesser les autres tributs avant que les Jeux commencent, certains pourraient dire qu'en posant ces pièges vous enfreigniez le règlement à répétition et sans remord. Qu'est-ce que vous répondriez à ça? »

L'histoire de ma vie. « Est-ce qu'il y a eu des blessés? » demandé-je comme si j'étais inquiet et ne m'en foutais pas.

Je peux voir son hésitation alors qu'il répond, « En fait… Non. Mais quelqu'un aurait pu facilement l'être. »

« Mais ils ne l'ont pas été. Et, à part ça, dites-moi pas que ça n'a pas rendu les choses plus intéressantes? » Le point faible des Juges. Ils veulent tous qu'on se souvienne d'eux comme étant ceux qui ont monté les meilleurs Jeux. Et, il n'y a pas de doute avec ce que j'ai fait, j'ai livré un méchant spectacle. Aussi bien la jouer comme ça…

Je vois plusieurs murmures parcourir l'ensemble. Puis, le Juge en chef parle encore. « Alors, je suppose que c'était votre démonstration? »

Je ris : « Même pas près. »

Le Juge lève les sourcils, « Oh, vraiment? »

« Ma démonstration vous montrera comment un piège peut tuer des gens. » J'aurais aimé n'être pas si excité en disant ça.

(Katniss)

Le trajet du retour a pris tellement de temps qu'on a presque raté l'annonce des résultats de l'évaluation. Même avec ce qui s'est passé dans le train, Peeta était parfait dans son rôle, comme d'habitude. J'étais un peu amorphe et il l'a expliqué facilement en disant que j'étais nerveuse, ce qui n'est pas totalement faux. Comment aurais-je pu ne pas l'être?

Quand on était seul, c'était silencieux. Ce silence n'était pas aussi épais qu'avant notre 'conversation' mais lourd quand même. Est-ce que ce sera comme ça pour le reste de nos jours? me demandé-je mentalement alors qu'on monte dans l'ascenseur pour rejoindre notre étage au Centre d'Entraînement. C'est au-dessus de mes forces de briser ce silence. Par conséquent, quand les portes s'ouvrent, je me sauve, en courant presque, vers ma chambre. Je sais que l'annonce des résultats ne va pas tarder maintenant mais, on ne passera pas avant la fin, je peux me permettre d'être un peu en retard ; j'aime que Gale voit la vraie moi et non la version fabriquée par le Capitole. Cinna n'en a pas trop fait car il sait que je déteste ça, mais quand même… Je ressemble plus à une poupée qu'à moi-même.

Quand je ressors de ma chambre, je me sens beaucoup plus moi-même. Je me dirige vers la salle à la télévision et, alors que les visages souriants de Gale et Prim se lèvent vers moi à mon entrée, je sens le poids de la journée se retirer de sur mes épaules. Peeta est déjà assis avec Jacob et Sera, tandis qu'Haymitch et Effie partagent un troisième canapé.

« Kat, tu ne devineras jamais ce que Gale a fait… » commence Prim avant de se faire interrompre par Gale.

« Elle te le dira, plus tard, quand vous serez seule. » Prim regarde Gale avec un regard interrogateur et il hoche lentement la tête.

« Bien, mais vous pouvez au moins me dire comment ça a été? » dis-je alors que j'atteins leur coussin tandis que Prim se rapproche de Gale pour que je puisse m'asseoir à ses côtés. Autant elle nous pousse à être ensemble, autant elle sait qu'on ne peut s'afficher ouvertement et, pour être honnête, si elle n'était pas entre nous…

« On va bien voir » me dit Gale avec un sourire me disant 'je mijote quelque chose et c'est gros'.

Quoi? Lui demandé-je avec mes yeux.

Il secoue la tête et son sourire s'agrandit. J'te le dis pas.

Je déteste quand il joue comme ça ; il adore ça surtout parce qu'il sait que ça me tue de ne pas savoir. Alors en retour de mon regard noir, son sourire s'agrandit encore si possible. Je secoue la tête dans sa direction, comme je le fais toujours dans ces cas-là. Je suppose que je saurai tantôt… Imbécile! « Alors, qu'est-ce que j'ai manqué? » demandé-je à tous dans la salle.

« Seulement les deux premiers districts » me répond Haymitch.

« En majorité des 10 et des 11? » Ma question est rhétorique, c'est toujours comme ça. Et, maintenant, je suis contente d'avoir manqué l'annonce de leur évaluation par trop intimidante.

« En fait…Non. » Effie se penche par en-avant et regarde aux alentours, comme si elle serait sur le point de nous dire un secret. « En majorité des 7 et des 8. Je sais que l'entrainement est supposé être secret, mais j'ai un certain nombre d'amis parmi les surveillants du Centre d'Entrainement et j'ai pu entendre une chose ou deux. » Effie est plus qu'heureuse d'avoir capté l'attention de tout le monde, elle ne peut s'empêcher d'ajouter : « Bien sûr, ils voulaient tenir leur langue, motus et bouche cousue. Mais, usant de mon esprit vif et de mon charme légendaire, j'ai réussi à obtenir quelques informations. » Je suis impressionnée par sa concentration ; elle ne réagit même pas au rire étouffé de Gale. « Il semble qu'il y ait eu une grosse distraction à l'évaluation aujourd'hui. Ils ne m'en ont pas dit beaucoup mais, en joignant tous mes indices provenant de sources différentes, j'en ai déduit que quelqu'un a saboté l'évaluation des tributs. » Elle hoche la tête, tellement satisfaite de potiner à propos d'un sujet qu'aucun de nous ne pouvait savoir.

Mais je remarque quelque chose du coin de l'œil qui me dit que quelqu'un savait. Prim regardait le plancher, se forçant à ne pas sourire. Les pièces tombent à leur place dans ma tête et je me dévisse subitement le cou pour voir Gale regarder attentivement une des tuiles du plafond avec un air indifférent. « Gale, qu'as-tu fait..? »

Son attention est brusquement attirée vers la télévision ignorant ma semi-question. Il se redresse et crie presque : « Vos gueules tout le monde! Je dois entendre ça. » Il s'en fait rarement d'être impoli, riant la plupart du temps quand les autres font des manières. À ses yeux, il existe deux types de gens : les amis proches – et la famille – avec lesquels tu as dépassé le besoin d'être poli et ceux qui ne sont pas te amis où il n'y a aucun besoin de l'être. Mais je peux dire, par la façon qu'il m'a ignorée, que c'est important alors je ne perds pas mon temps à argumenter avec lui et tourne mes yeux vers l'écran.

Caesar est toujours là, aussi plastique et faux que d'habitude. « Et maintenant pour notre première paire du district 3, Dakrin Devonshire et Harley Klaun. » Leur photo apparaît l'une à côté de l'autre. « En premier, Dakrin, qui s'est porté volontaire comme tribut masculin, obtient un… » Il fait une pause dramatique, pour faire durer le suspense. « Un neuf, mesdames et messieurs. Pas trop mal. Et sa partenaire, Harley, reçoit… » Une autre longue pause survient, d'autant plus longue que le visage longuement travaillé de Caesar montre le choc. Sur l'écran s'affiche le chiffre 12. Personne n'a jamais eu de 12.

Je me tourne immédiatement vers Gale. Il est rivé sur l'écran. Je peux le sentir essayer de brûler son image dans sa tête. Je me rappelle qu'il m'a dit un mot sur ce gars, ce Dakrin. Il était le seul autre tribut que Gale a appelé par son nom. 'Il y a quelque chose chez lui' qu'il m'avait dit avec ce regard qui signifiait qu'il essayait encore de comprendre. Je pense que Gale voulait voir son résultat d'évaluation pour avoir la confirmation de ce que son instinct lui disait.

Au lieu de ça, il semble avoir été aveuglé et, pour quelqu'un qui veut toujours avoir un pas d'avance sur tout le monde, c'est une des pires choses qui pouvait arriver. Spécialement maintenant, alors qu'il a besoin de ce pas d'avance. Ce n'est pas de la panique que je vois, c'est plutôt comme un amas de pensées qui se bousculent dans sa tête et qui font aller et venir ses yeux lui donnant l'air d'un fou. Je peux le voir re-planifier ses plans en la considérant.

Il prête seulement à moitié attention à ce qui se déroule sur l'écran maintenant et, comme durant la retransmission des différentes moissons, je suis incapable de regarder ceux qui essaieront de tuer les deux personnes que j'aime le plus au monde. Je veux pas voir leur face avant qu'ils soient dans l'Arène essayant de tuer Prim. Parce qu'à ce moment seulement, je pourrai les voir pour ce qu'ils sont vraiment. Nos futures victimes.

Alors, je regarde Gale et je remarque que Prim le regarde aussi. On échange des regards, puis nos yeux retombent sur lui après nombres de questions silencieuses entre sœur. Il nous remarque quelques instants plus tard et son visage redevient aussi serein et rassurant qu'au cours de la semaine. Son changement d'attitude était si rapide qu'avec un clignement des yeux, on aurait pu le manquer, mais on l'a vu et il le sait. Il soupire et secoue la tête quand je refuse de regarder ailleurs.

Pas maintenant me supplient presque ses yeux.

J'acquiesce et lui fais un petit sourire. Nous retournons à l'écoute des résultats de l'évaluation mais, après ce 12, ils ne sont guère impressionnants, peut-être même un peu moins élevé que d'habitude. Puis, est arrivé le tour de notre district. Jacob est passé le premier, il a eu 7. Il soupire et hoche la tête. Je crois qu'il aurait aimé avoir mieux, mais ne s'y en attendait pas. Sera a obtenu un 2 et personne n'a eu l'air surpris. Je sais que la fille semble fragile, mais un 2, c'est vraiment bas… Prim va vers elle et la serre dans ses bras. Prim m'a dit qu'elles étaient maintenant amies et Prim peut remonter le moral à n'importe qui. Pourtant, quand je les regarde là, Sera est celle réconfortant Prim…

Maintenant, c'est le tour de Prim et Gale. Elle revient sur le canapé, à sa place entre nous, et nous prend chacun la main.

Ils montrent leur photo à l'écran et c'est vraiment étrange de les voir là. Entendre Caesar les nommer est encore plus bizarre. « Gale Hawthorne obtient… un 12. » Cette fois, Caesar ne laisse rien paraître, mais moi… Il annonce que Prim a obtenu un 6, mais je n'enregistre pas vraiment.

J'ai la mâchoire à terre et je regarde Gale. Il essaie d'arrêter de sourire d'une oreille à l'autre sans vraiment de succès. Quand Prim lui saute dessus et lui dit combien il est merveilleux, je suis un peu jalouse qu'elle y ait pensé en premier, même si je ne peux rien faire en ce moment. Effie n'arrête pas de clamer que c'est magnifique et Haymitch tente de ne pas avoir l'air trop impressionné. Peeta semble essayer de comprendre quelque chose tandis que Sera semble sincèrement contente alors qu'elle regarde Prim et Gale se féliciter. Jacob, lui, regarde le plancher ; il n'est pas aussi heureux que les autres. Je ne peux pas le blâmer. Il sera dans l'Arène contre Gale après tout.

Je ne peux me retenir plus longtemps. « C'était toi n'est-ce pas? Tu as posé des pièges? » Les mots quittent ma bouche et je vois instantanément le visage de Gale se durcir. J'en ai trop dit. Il avait déjà essayé de m'arrêter et je n'avais pas capté. Je me retourne pour voir les dommages que j'ai causés chez les autres, il n'y en a que deux qui ont réagi. Haymitch me regarde secouant la tête de désapprobation et Jacob regarde Gale comme s'il avait vu un fantôme.

« C'était toi? Tu es celui qui a posé les pièges? » Mes yeux sont sur Jacob, mais je sens Gale tiquer à la question. Il voulait que personne ne sache.

Mais il retombe rapidement sur ses pieds et dit en s'excusant : « Je suis désolé si l'un de vous s'est retrouvé piégé. Je ne pouvais rien dire et je pensais honnêtement que tous les pièges auraient été levés lorsque votre tour serait arrivé. »

Jacob secoue la tête. « Je n'ai pas été piégé mais, quand je suis sorti, certains des tributs m'attendaient devant l'ascenseur et m'ont demandé si je savais quelque chose à ce propos. Ensuite, ils m'ont demandé si je pensais que ça pouvait être toi. Je ne savais même pas l'existence des pièges avant qu'ils ne me le disent et je leur ai dit que je ne te connaissais pas assez pour pouvoir le dire. Je leur ai dit qu'ils devraient te le demander, mais ça l'air qu'ils ne voulaient pas t'attendre. »

« Merci pour ça! Je préfère qu'ils ne sachent pas que je leur ai tous donné l'air stupide » dit Gale dans un rire.

Haymitch renifle, « Oh, je crois que ce 12 que tu viens d'obtenir va s'en charger gamin. En plus, leur résultat peu élevé va jeter de l'huile sur le feu. J'espère que tu aimes ça chaud. »

Les yeux de Gale ont dévié vers moi une nanoseconde, si rapidement que je crois qu'Haymitch n'a rien vu. « Pour tout dire… »