Hello ! Je profite d'être coincée chez moi pour publier ce chapitre. J'espère qu'il vous plaira, étant donné qu'il est plutôt important pour le bon déroulement de la suite. Appelons ça un chapitre de transition ?

Et je m'excuse d'avance au près de ma pote Belge (qui se reconnaîtra :p) puisque ,comme prévu, je me suis encore égarée sur d'autres chemins, donc les moments mignons, ce ne sera pas pour tout de suite, tu me pardonnes ? :)

Enjoy! Yelrak.


POV Charlie.

En me réveillant, il y avait deux messages qui m'attendaient. Un de Becks, sur mon portable : «Une fête ce soir, sur la plage, tu en es ?-B.». J'ai répondu, que oui, bien sûr, j'en étais, rapidement avant de réveiller Sam. Parce que je venais juste de voir l'autre message.

Glissé sous la porte de ma chambre, écrit par ma mère, ce n'est que trois lettres «RFU.». Trois lettres qui veulent dire qu'on est tous très, très mal.

Ma mère n'utilise jamais le RFU en vacances. Parce qu'en vacances, tout se passe bien, ou alors elle est assez loin pour ne pas s'inquiéter de ce qu'il se passe mal.

Assis sur son matelas, la couverture encore remontée sur les jambes, Sam me regarde un peu surpris, observant le papier que je viens juste de lui mettre dans la main

-Qu'est-ce que ça veut dire en fait ?

Je souris un peu, malgré l'inquiétude qui me sert le ventre. Il n'a jamais eu droit au RFU. Il n'a jamais eu droit aux vraies crises, aux larmes, aux cris. Il n'a jamais eut droit à cette vraie facette des Fabray.

Je m'assois près de lui, et remonte mes genoux sous mon menton.

-Réunion Familiale Urgente, je réponds.

En fait, il aura fallut 17 ans pour que Colby cesse d'être notre oasis de paix. Que la vérité nous rattrape ici aussi.

Sam pince les lèvres, puis se passe une main dans les cheveux.

-Est-ce que ça veut dire que TFLC ?

Je fronce les sourcils, l'interrogeant du regard.

-Tout fout le camp, dit-il, très sûr de lui.

Nous échangeons un regard, puis je lui demande :

-Tu viens de l'inventer, pas vrai ?

Il me fait un grand sourire :

-En quelques sortes.

J'éclate de rire. Parce que c'est plus fort que moi, et que de toute façon, ça fait du bien de rire quand ''tout fout le camp''.

Il se lève et me tend la main pour m'aider à faire de même.

-Viens, on descend. Ça ne doit pas être si horrible que ça.

Je lui prends la main et le laisse me hisser.

Et je me retiens de dire, que si, c'est aussi horrible que ça.

POV Quinn.

Qui aurait cru que ça arriverait ? Un RFU à Colby. Et provoquer par une discorde entre Kurt et moi. Je pourrai en être fière, si je n'avais pas aussi honte.

Les yeux froids de ma mère posés sur moi ne me font rien. Je m'en fiche. Je l'ai vu tellement souvent me foudroyer du regard. Je l'ai vu tellement de fois m'en vouloir, et tout me reprocher. Je m'en fiche.

Mais je ne me fiche pas du tout du silence dans lequel est plongé le salon. Je ne me fiche pas du tout de Charlie et Sam, assis sur le canapé, juste à coté de moi, qui ont soudainement décidé de redevenir les meilleurs amis du monde, comme ils ont toujours su si bien le faire. Je ne me fiche pas de l'air triste d'Ellen, et de sa façon d'éviter mon regard.

Kurt se fait attendre. Je m'attendais à ce qu'Ellen demande à Sam ou à Charlie d'aller le chercher, mais non. Ça fait depuis que je suis arrivée que personne ne dit rien. Et plus le temps passe, plus je me dis que j'aurais mieux fait de ne pas me lever. D'attendre ce foutu tremblement de terre dont Kurt parlait.

Finalement, des pas lourds se font entendre, et il apparaît dans l'encadrement de la porte, un morceau de papier similaire à celui retrouvé dans ma chambre à la main.

-Alors… C'est quoi la blague ?demande-t-il.

Ma mère s'apprête à dire quelque chose, mais Sam la devance, et déclare :

-La blague c'est qu'on va encore tous devoir assumer tes conneries

Charlie a un léger hoquet de surprise. Je la comprends. Sam et Kurt ne se disputent jamais. Ou alors, si, mais pour des broutilles, comme le partage de la télévision ou une blague un peu trop déplacée. Mais à part ça, ils ne sont pas comme Charlie et moi. Ils sont l'image parfaite des deux frères que tout oppose, et qui pourtant s'entendent à merveille. Kurt protège Sam. Sam admire Kurt.

Mais cette année, les choses sont différentes. Kurt est un peu plus ironique et dédaigneux qu'avant. Et Sam se laisse un peu moins marcher sur les pieds. Ce n'est pas normal.

-Kurt, assieds-toi s'il te plait, dit ma mère sans relever.

Il s'exécute, s'asseyant sur l'accoudoir du canapé, près de Charlie, et surtout, le plus loin possible de moi. Nos mères sont dans les fauteuils, placés en face du canapé pour l'occasion.

Non, vraiment, cette journée ne démarre pas bien.

-Bon, commence ma mère.

J'effleure Ellen des yeux. Elle n'a rien dit. Rien du tout. Et elle est restée immobile, les bras croisées sur la poitrine, et toujours ce regard un peu triste, loin, très loin de là où nous sommes.

-Ells et moi avons cru remarqué qu'il y avait quelques tensions depuis le début des vacances.

Sam ricane, puis étouffe une plainte. J'imagine Charlie le pincer très fort, sur la cuisse, comme chaque fois qu'il fait quelque chose qu'elle désapprouve.

Si j'avais été à sa place, je l'aurais fait aussi. Parce que Sam n'a aucune idée de ce qui se trame. Il ne se rend pas compte de la bombe à retardement qu'il a devant les yeux.

-Sam, le réprimande Ellen.

-Maman, rétorque-t-il sur le même ton.

J'ose tourner la tête vers Kurt. Un sourire aux lèvres, il parait beaucoup s'amuser. Je me mords l'intérieur des joues.

Sa seule présence me mets dans une rage folle. Je me sentirais capable de retourner le monde entier, juste pour le trouver et lui hurler dessus à quel point il me dégoutte.

-Je ne vois juste pas ce que Charlie et moi faisons ici !

C'est moi qui dois me retenir de ricaner. Ça va exploser, d'ici peu. Et pour une fois, ce ne sera pas moi qui essuierai le plus gros des dégâts.

J'éprouve un mélange de satisfaction et d'inquiétude à cette idée. S'il avait s'agit de Kurt, ce n'aurait été que de la satisfaction.

Mais Sam est gentil. Il est honnête et adorable. Il dit les choses comme il les pense, Sans se douter que ça puisse être une mauvaise chose.

Les oreilles de ma mère tirent sur le rouge cramoisi. Comme chaque fois qu'elle est en colère.

-Et Quinn non plus d'ailleurs. C'est Kurt qui a fait le con, il devrait être le seul à se faire engueuler.

-Sam, arrêtes ça.

Étrangement, c'est moi qui ais parlé. Je n'en avais pas l'intention. Sam croise mon regard. Ses yeux sont pleins d'interrogation. Il doit se demander ce qu'il m'arrive, moi qui ais toujours été dans la recherche du conflit depuis notre arrivée.

Mais les choses sont différentes quand il s'agit de ma mère, et de ses crises de colère. Je suis capable de les gréer, j'ai appris avec le temps. Sauf que je déjà vu Sam, fondre en larmes après un regard un peu trop réprobateur de la part d'Ellen. Autant éviter que les choses s'enveniment.

-Il n'est pas uniquement question de l'incident d'hier, enchaîne Ellen. Le problème est que vous avez perdu votre dynamique de groupe, et que nos vacances à tous pourraient en pâtir.

Elle lance un regard lourd de sous-entendus vers Kurt.

Ellen est la seule personne que je connaisse à pouvoir parler de dynamique de groupe en robe de plage et sandales.

-Nous avons donc pensé qu'il serait bon de tous nous retrouver, pour discuter calmement de vos différents.

Ma mère, dont le visage a repris une teinte plus habituelle hoche la tête.

-Nous savons tous ici que Quinn et Kurt ont des raisons de s'en vouloir l'un et l'autre, mais il serait plus approprié de parler, et ainsi d'avoir à nouveau une relation, si ce n'est d'amitié, de respect mutuel.

Alors c'est de ça que l'on parle, lorsque l'on parle d'un grésillement de neurone ?

Cette discussion est absurde. Et je ne parais pas être la seule à m'en rendre compte.

Sam ne dit plus rien, affalé sur les coussins, se retenant de temps à autre de pousser un soupir. Charlie se tord les doigts, avec son regard de biche effarouchée. Quant à Kurt….

-Je n'ai aucun problème avec Quinn, dit-il tranquillement.

Je hausse les sourcils.

-Pardon ?

-Tu as bien entendu maman, continue-t-il en se levant. Je n'ai aucun problème avec qui que ce soit ici. Si vous voulez bien m'excuser.

Et il disparaît dans le jardin.

Ellen soupire, résignée, et tandis que ma mère ouvre à nouveau la bouche, sans doute pour se mettre à hurler, c'est moi qui la devance :

-Sam, Charlie, sortez.

-Hein ?

Sam me regarde, interloqué. Après avoir croisé mon regard, Charlie se lève et lui prend le bras, l'entrainant à la suite de Kurt. Je me lève à mon tour, mais viens poser mes mains sur celle de ma mère.

-Maman, il y a un truc qu'il faut que tu comprennes.

-A quoi tu joues Quinn ?demande-t-elle, acide.

Je balaie d'un mouvement de tête sa question.

-Les choses ont changées. Elles ne sont plus aussi parfaites qu'avant. Et je ne vais pas te promettre qu'elles le redeviendront. Mais tu dois arrêter d'essayer de les contrôler.

Ça dure un instant. Un instant où elle oscille quelque part entre la colère et la tranquillité, où elle pourrait se mettre à hurler, ou éclater de rire.

Mais elle se laisse retomber dans le fond du fauteuil et ferme les yeux. Ellen lui prend la main, et je lis dans ses yeux qu'elle est fière de moi.

Je me dirige vers la sortie, et une fois dehors, prend une grande inspiration.

Je crois que je le suis aussi. Mais c'est éclipsé quelque part loin derrière ma tristesse. Voilà à quoi nous en sommes réduits.

Et ça ne me mets pas en colère, pour une fois.

C'est juste triste.

POV Charlie.

Assis dans le fond du jardin, Sam et moi reprenons doucement nos esprits après ce qu'il vient de se passer.

Je n'ai pas compris. Je n'ai pas compris Kurt, et son départ précipité. Je n'ai pas compris Sam et ses remarques acerbes.

Mais surtout, je n'ai pas compris Quinn, étrangement calme et accessible. Si étrangement elle, que les derniers mois ont été, le temps d'un instant, effacés de ma mémoire. Quinn n'était pas sortie avec Kurt, elle n'avait pas les cheveux roses. Elle me protégeait de maman et de ses colères noires, et elle venait me voir, le soir, quand elle m'entendait pleurer.

-Je crois que j'avais raison, Cha'.

-A propos de quoi ?

-TFLC.

Je hoche la tête, puis pose mon front contre son épaule.

-Est-ce que tu as compris une seconde de ce qu'il vient d'arriver ?

Il fait oui de la tête, doucement, avant de remarquer :

-Il n'y qu'une chose que je n'ai pas compris.

Nous échangeons un regard et je sais qu'il pense à Quinn.

Il doit encore moins comprendre que moi.

Je ne sais plus quand Maman, a piqué sa première vraie crise. Quelque part entre le divorce avec son crétin de mari et ses deux adolescentes instables, sans doute. Ce n'est jamais un vrai drame. Elle crie un peu, puis pleurs aussi. Mais à chaque fois, ça fait un peu plus peur, un peu plus mal, de la voir se briser en milliers de morceaux, elle, la figure maternelle la plus proche de la perfection.

C'est peut-être simplement ça. Cette autre peur, cette autre douleur, que l'on a toujours eu tendance à oublier dès que nous sommes ici. Peut-être que ça a suffit pour faire revenir Quinn.

Je me sens espérer, tout au fond de moi, quelque part où je n'arrive plus à m'interdire de penser : «J'aimerai que ça dure.»

-Elle t'expliquera un jour, je m'entends dire.

Et un jour, je lui demanderai de m'expliquer à moi aussi.