Coucou tout le monde !
Comme toujours, je fais de mon mieux, mais entre les moments où je n'ai pas d'ordinateur pour écrire et ceux où je n'ai pas internet pour publier, c'est un peu compliqué... Mais je suis là avec la suite, et je tâcherai de publier le prochain chapitre, disons, dans une semaine.
Merci à tous pour vos reviews, et bonne lecture :)
XII. J'ai froid quand tu n'es pas là
Gueulfor vérifia une dernière fois que le Vipère était bien attaché, puis il lâcha son harnais et se frotta les mains. Stoïck arriva au même moment et sauta à bord du bateau où ils se trouvaient.
« C'est bon ? demanda le chef du village.
- Oui.
- Tu as vérifié les catapultes ?
- C'est fait.
- Bien. »
Gueulfor hocha la tête tandis que Stoïck regardait autour de lui, s'assurant que tous les bateaux étaient prêts. Puis il ordonna :
« Larguez les amarres ! Cap sur la Porte de Damnés. »
Tous les vikings s'animèrent en même temps. Tandis que son bateau s'éloignait lentement du pont, Stoïck qui passait à côté du dragon lui lança sèchement :
« Mène-nous aux tiens, démon. »
Le Vipère gémit. Gueulfor observa ses yeux. Il y lisait quelque chose d'inhabituel chez un dragon. De la peur. Cela lui faisait presque oublier son côté féroce. Ça n'était pas la première fois qu'il faisait cette constatation. Quand ils avaient capturé le Furie Nocturne, son regard avait affiché la même expression apeurée, presque implorante. Jamais il n'avait prêté attention à ça auparavant. Il croyait connaître ces bestioles par cœur, mais il avait dernièrement fait des observations qui remettaient sa science en doute. Et Harold n'était pas étranger à tout ça.
Tandis que le drakkar s'éloignait des côtes, le forgeron jeta un dernier coup d'œil en direction du village. Il reconnut la natte blonde d'Astrid, qui les observaient depuis le ponton supérieur. Qui l'observait.
Non. Pas lui. Mais l'animal écailleux qui se trouvait juste devant. Elle semblait le fixer intensément. Et le plus étrange était que le Vipère semblait aussi la regarder. Gueulfor observa successivement Astrid, puis le dragon, puis Astrid et enfin de nouveau le dragon. Ce dernier s'agita, semblant tendre le cou vers la jeune fille. Il tenta d'ouvrir ses ailes et de remuer sa queue, mais le forgeron l'avait solidement attaché. Le Vipère abandonna rapidement la partie, conscient qu'il n'avait aucun moyen de se libérer des barres de métal qui l'emprisonnaient.
Intrigué par le comportement de l'animal, Gueulfor porta de nouveau son attention sur Astrid. Son regard n'avait pas cillé. Mais à cette distance, le forgeron ne parvint pas à voir les émotions qu'elle laissait pourtant transparaître sur son visage. Il haussa les épaules et lui tourna le dos, portant son regard sur l'horizon.
Jamais il n'avait été aussi incertain de l'issue d'une expédition. Il était pourtant habitué aux nombreuses tentatives avortées de Stoïck pour trouver le fameux nid, mais la détermination et l'assurance démesurées du chef viking en cet instant l'effrayaient. Il lui avait tout expliqué – la découverte de la cachette du Furie Nocturne, la fuite d'Harold et les révélations d'Astrid – et même si Gueulfor comprenait que Stoïck ait décidé d'oublier son fils pour se préoccuper du village, il ne pouvait s'empêcher d'être inquiet pour Harold, d'autant plus que son père ne semblait pas se soucier de lui le moins du monde. Le jeune viking l'intriguait de plus en plus, et son scepticisme vis-à-vis de ses convictions faisait petit à petit place à une forme de curiosité. Si au départ, lors de la finale de l'entraînement dragons, il avait bel et bien pensé qu'Harold faisait preuve d'une totale inconscience, son incroyable persistance dans sa vision des choses laissait le forgeron songeur. Peut-être que le fils de Stoïck n'était finalement pas aussi bête qu'il le laissait paraître. De plus, Gueulfor avait depuis peu prêté attention à des choses dont il n'avait pas conscience avant qu'Harold ne le lui fasse remarquer, notamment dans le comportement des dragons. Le jeune viking semblait l'avoir largement devancé en l'espace de quelques semaines seulement. Il avait du mal à remettre en cause ce qu'il avait hérité de ses ancêtres, mais il était forcé d'avouer que le fils du chef avait peut-être fait une découverte qui pourrait définitivement bouleverser leur fonctionnement.
Mais le problème était qu'en cet instant, Harold était on-ne-savait-où et lui-même allait en direction du nid des dragons, dans le but d'affronter un danger dont il ignorait l'ampleur. Il n'avait d'autre choix que de suivre son chef, comme il l'avait toujours fait. Même si, inconsciemment, son attachement pour Harold le poussait petit à petit à voir les choses différemment.
Il ferait bientôt nuit. Je marchais dans un village désert. Les seuls vikings qui n'étaient pas partis chercher le nid des dragons étaient tous chez eux, sans doute déjà au lit pour la plupart. L'air frais caressait ma peau, me faisant frissonner de temps à autre. Je me dirigeais vers la forêt.
Et je pensais à Harold.
Quand son père m'avait annoncé qu'il était « parti », je ne m'étais pas inquiétée plus que ça, croyant à une simple promenade à dos de dragon. Et puis, si Stoïck l'avait aperçu s'envoler sur le dos de Krokmou, c'était normal qu'il soit en colère. Cela ne voulait pas dire qu'Harold était définitivement parti pour autant.
Mais la nuit tombait, et cela commençait à faire un peu trop longtemps qu'il s'était absenté. L'inquiétude me gagnait, et je craignais qu'il eût eu un quelconque problème. Ça n'était pas vraiment le moment de me laisser tomber. J'avais besoin de lui. Il était le seul que je savais en mesure d'arranger le désastre que je venais de causer. Je me sentais tellement impuissante face à tout ce qui était arrivé… Stoïck était parti avec le village entier, emmenant son peuple vers un danger auquel ils ne pourraient pas survivre. Et la Vipère était avec eux.
C'était de ma faute. C'était moi qui lui avais révélé comment trouver le nid. Mais tout de même, parmi tous les dragons qui étaient enfermés dans l'arène d'entraînement, il avait fallu qu'il choisisse la Vipère ! Peut-être parce qu'après le Furie Nocturne, c'était l'espèce la plus intelligente qui était à leur disposition. Mais le Terreur Terrible n'était pas mal non plus dans son genre, et beaucoup moins encombrant. Et le Gronk aurait aussi très bien pu faire l'affaire. Mais je pouvais bien imaginer ce que je voulais, c'était elle qu'ils avaient choisie. Et je l'avais regardée être attachée et emmenée, forcée de conduire les vikings à la seule chose dont elle avait une peur bleue. Impuissante, j'avais vu son regard apeuré me supplier de lui venir en aide. Je l'avais observée s'en aller, me retenant de faire quoi que ce soit qui aurait pu révéler notre relation. Stoïck semblait déjà suffisamment en colère contre moi, je n'osais même pas imaginer sa réaction s'il apprenait que moi aussi, je m'étais entichée d'un dragon.
Je n'eus pas conscience du temps qui s'était écoulé quand j'arrivai au ravin. Il ne faisait pas totalement nuit, et j'arrivais donc encore à y voir un minimum, ou en tout cas suffisamment pour constater que je n'y trouverais pas ce que j'étais venue chercher. Perchée sur un rocher surplombant le cratère, j'observai attentivement les environs, espérant y apercevoir un dragon et un viking. Mais ils n'étaient pas là.
Je commençai à devenir sérieusement inquiète. Si Harold n'avait pas voulu rentrer chez lui – ce que je pouvais comprendre – j'avais pensé qu'il serait peut-être resté ici avec Krokmou. Il y avait peu de chances pour qu'il ait décidé de retourner au village ; il ne voudrait certainement pas se séparer de son Furie Nocturne maintenant que son père savait qu'il était vivant, et le meilleur endroit pour se cacher avec lui restait la forêt. Sauf que moi, à part ce ravin, j'ignorais où ils pouvaient être. J'espérais qu'il avait décidé en dernier recours de se cacher ailleurs, dans le cas où son père se serait rendu ici.
Oui. Ça devait être ça. Harold avait cherché un autre lieu, pour éviter que son père ne le retrouve. Le problème étant qu'il n'avait pas pu m'en informer, et que je me retrouvais là, ignorant si tout allait bien pour lui. Même si je savais Harold plutôt débrouillard, l'inquiétude était là, et ne voulait pas me lâcher. J'avais besoin de savoir qu'il allait bien.
Je ne pris conscience de la pluie qu'après qu'elle m'ait complètement trempée. Je jetai un regard vers le ciel. La nuit était tombée. Il fallait que je rentre, sinon jamais je ne pourrais retrouver mon chemin dans la forêt. Mes pieds glissant sur le sol humide, je trottinai jusqu'au village. Je n'eus pas trop de mal à le retrouver. Je commençais à bien connaître le chemin. Mais au lieu de prendre la direction de ma maison, mes pas me guidèrent à celle d'Harold. J'y pénétrai. L'atmosphère était froide et peu accueillante. Je frissonnai. Jetai un œil en haut de l'escalier au bout duquel se trouvait la chambre d'Harold. La porte était ouverte. Je montai lentement les marches, écoutant le vieux bois grincer sous mon poids. Je sus que la chambre était déserte avant même d'y être entrée. Mais j'avais besoin de m'en assurer. L'espoir vain d'y trouver Harold guidait mes pas.
Après avoir confirmé ce que je savais déjà, je redescendis l'escalier, et décidai de rentrer chez moi. Tandis que je me dirigeais vers la sortie, je vis le manteau de fourrure d'Harold accroché derrière la porte. J'ouvris cette dernière et mis un pied dehors. Hésitai. Le remis dedans. Attrapai le manteau et inspirai profondément en le collant contre mon nez. Trouvai ce que je recherchais : la fourrure avait gardé son odeur. Sans réfléchir, j'enfilai le manteau. Son contact avec ma peau mouillée me réchauffa immédiatement. Je décidai de le garder.
Je courus sous la pluie battante pour rejoindre ma maison. Une fois arrivée, je montai directement dans ma chambre et me laissai tomber sur mon lit. Mes parents étant partis avec le reste du village à la recherche de l'île, je me retrouvais seule chez moi. Encore un sujet d'inquiétude supplémentaire. Ça n'était pas directement de ma faute, mais je ne pouvais m'empêcher d'avoir l'impression d'envoyer mes propres parents vers un danger qui risquait de leur être fatal. Il ne manquerait plus que je les perde.
Je soupirai et me recroquevillai sur le côté en position fœtale. Je me sentais vide. Oui. C'était ça. Vide. Je n'avais plus envie de rien faire. Ça ne servait à rien, et de toute façon je n'avais même pas l'impression d'en avoir la force. J'étais là, allongée, morte d'inquiétude pour mes parents, pour la Vipère, pour Harold, pour les dragons et pour tout le monde, sans être en mesure d'aider qui que ce soit.
Et tout ça était de ma faute. Si seulement j'avais su tenir ma langue, la situation ne serait pas aussi désespérée.
Je ne me reconnaissais pas. Jamais Astrid Hofferson ne pleurnicherait sur son sort comme ça, plaignant les malheurs qui lui tombaient dessus sans même chercher à les combattre. Mais ces derniers temps, beaucoup de choses avaient changé. A commencer par moi.
J'enfouis ma tête dans la fourrure du manteau que je portais. L'odeur d'Harold parvint à mes narines. J'inspirai une nouvelle fois, plus fort. Fermai les yeux, un sourire aux lèvres. J'aimais tellement cette odeur. Elle me rappelait un tas de choses. Elle était bien particulière. Indescriptible. Elle ne sentait ni bon, ni mauvais. C'était juste… lui. Harold.
J'eus soudain envie de sentir son corps contre moi. J'eus envie de pouvoir le toucher. Ses cheveux, sa peau. Prendre sa main. Poser mes lèvres sur les siennes. Ne plus les en décoller. Il me regarderait avec son demi-sourire, les yeux légèrement plissés, et je me sentirais bien. Il poserait ses mains sur moi, et me transmettrait sa chaleur.
Je réalisai soudain d'où provenait ce grand vide que je ressentais en moi. C'était à cause de lui. De son absence. Ça n'était pas la même chose que d'habitude. D'habitude, quand il n'était pas avec moi, je savais qu'il n'était pas très loin, ou qu'il allait revenir bientôt, ou que j'avais la possibilité de le voir si l'envie m'en prenait. Alors que là, je ne savais pas où il était. Je ne savais pas s'il allait bien. Je ne savais pas quand il reviendrait. Pensait-il seulement à moi, en ce moment-même ? Où qu'il soit, quoi qu'il lui soit arrivé, lui manquai-je, ne serait-ce qu'un petit peu ? J'avais beau me répéter que cela devait être le cas, je ne pouvais pas en être certaine. Et puis, s'il se souciait réellement de moi, pourquoi ne revenait-il pas ? C'était de lui dont j'avais besoin. Il était le seul capable d'arranger les choses. Il saurait quoi faire pour nous sortir de cette situation. Mais il n'était pas là. Il était parti. Il avait fui.
Et il a eu raison, pensai-je.
Je le comprenais. Je n'étais pas sûre qu'à sa place, j'aurais agi de la même façon, mais je le comprenais. Mais je ne pouvais pas m'empêcher de lui en vouloir. Il avait laissé derrière lui ce vide que je ne savais pas comment combler. Ce vide qui n'avait jamais été là avant.
Avant que je ne tombe amoureuse.
Seule la vitesse pouvait me calmer. Alors je volais. Vite. Toujours plus vite. Je me concentrais sur la violente caresse du vent dans mes cheveux et sur ma peau pour éviter de penser. Je fuyais mon père. Je protégeais mon dragon. Et j'abandonnais Astrid. Tout n'était pas volontaire, mais la majorité l'avait emporté. Alors j'étais parti. Je partais. Sans réfléchir. Ça n'était peut-être pas la meilleure solution, mais c'était la seule que j'envisageais pour le moment. Mes nerfs se détendaient petit à petit. Je ne savais pas depuis combien de temps je volais comme ça, mais ça me faisait du bien, et c'était tout ce qui comptait. C'était ma façon d'évacuer tout le ressentiment que j'avais en moi.
Je devais déjà être bien loin de Berk. Loin de mon père. Loin du danger qu'il représentait pour Krokmou. Et loin d'Astrid aussi.
Je frissonnai. L'air se rafraîchissait en altitude. Je réalisai que je n'avais pas ma veste sur moi. J'avais dû l'oublier à la maison.
Devant moi, l'horizon. Derrière moi, l'horizon. Au-dessus de moi, les nuages. En-dessous de moi, les nuages. Et en moi, de la haine. Que l'air sifflant à mes oreilles semblait progressivement emporter avec lui. Alors je volais. Vite. Toujours plus vite. Seule la vitesse pouvait me calmer.
Voilààà ^^
Bon, quand même, il faut le dire : le teaser-trailer de HTTYD 2 est juste GENIAL. Et puis Harold... *_* Même si le fait qu'il soit en train de se transformer en véritable dragon est un peu flippant, on peut dire que Dreamworks a fait du bon travail. Allez, courage, un peu moins d'un an... JE VAIS MOURIR D'IMPATIENCE !
Ah oui, et laissez une petite review aussi avant de partir, ça me ferait plaisir :)
