I WILL FOLLOW YOU
Chapitre 11 :
« Je ne t'abandonnerai pas. »
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A partir du moment où Frodon disparut de notre champ de vue, tout se déroula à une vitesse incontrôlable. Boromir et moi étions assis l'un à côté de l'autre, muets et confus. Je ne pouvais m'empêcher de me dire que j'avais tout gâché, même si mon frère m'assurait que c'était lui, et uniquement lui, qui était fautif. « J'ai rompu mon serment, j'ai succombé à l'attrait de l'anneau et t'ai entraîné avec moi. » En aucun cas je ne voulais qu'il se pense le seul blâmable de cette situation. Depuis le début, depuis le Conseil d'Elrond, alors que le Semi-Homme avait exposé aux yeux de tous ce bijou de malheur, j'avais eu envie de m'en emparer. Il représentait pour moi une chance de prouver ma valeur, d'endosser à mon tour le rôle d'héroïne aux yeux de mon père. Il était ma seule chance, et la manière dont il m'appelait me rendait folle. Il susurrait mon nom de cette intonation si tentatrice, me faisait mille promesses toutes plus merveilleuses les unes que les autres. Comment un homme, comment une femme, comment tout être vivant pouvait résister à tel attrait ? C'était impossible. J'appuyai ma tête contre l'épaule de Boromir, profitant de cette présence si réconfortante, de la chaleur qui émanait de son corps et qui réussissait si bien à me faire oublier la froideur des journées loin de chez moi, de chez nous.
D'horribles cris gutturaux retentirent à nos oreilles, suivis du son si familier d'épées entrechoquées. Boromir se releva d'un bond, et je l'imitai, tous les sens aux aguets. Tendue comme un arc, je tournai compulsivement la tête de droite à gauche, essayant tant bien que mal de discerner ce qu'il se passait. Mon aîné me saisit le bras sans hésiter une seconde et m'entraîna à sa suite.
« Dégaine tes armes, petite sœur. Je crains que nous allions très vite devoir nous battre. »
La confiance dans sa voix me réchauffa le cœur. Il avait foi en moi et en mes capacités. Si les circonstances n'étaient pas si dramatiques, j'aurais laissé un sourire ravi franchir mes lèvres. Mais, je me contentai de sortir ma nouvelle épée de son fourreau d'un geste sec et de saisir dans ma main libre une dague, juste au cas où. Ensuite, je m'élançai en courant derrière Boromir.
Les cris se rapprochèrent vite, et bientôt nous pûmes discerner devant nous des troupes de monstres à la peau noire qui semblaient poursuivre quelque chose. Ou quelqu'un, pensai-je alors qu'un filet de transpiration coulait le long de ma colonne vertébrale. Nous avançâmes le plus rapidement et le plus silencieusement possible, et tandis que Boromir se jetait sur les ennemis, je distinguai du coin de l'œil Merry et Pippin courir devant les créatures. Il fallait à tout prix les sauver.
J'enchaînais coup sur coup, tentant de me rappeler au mieux des conseils donnés par tour à tour Aragorn, Legolas, Boromir et même Haldir. Oui, ce dernier, bien que méprisant au possible, m'avait bien aidé. Grâce à sa détermination à me briser, j'avais renforcé mes barrières mentales mais aussi mes capacités au combat. Je joignais maintenant les attaques aux parades avec une facilité bien plus apparente qu'auparavant, et je me sentais plus en confiance avec des armes dans les mains. Ainsi, bien que cela m'étonnait fortement, je fis bien plus de dégâts avec mon épée qu'avec la dague. Je tourbillonnais, et comprenais enfin l'expression utilisée par mon frère : « le combat, c'est comme une danse. » Oui, c'était exactement cela, je dansais.
Notre combat nous emmena bien plus loin que prévu, et nous arrivâmes dans une sorte de petite clairière dénuée d'arbres, où se massaient un bon nombre d'ennemis. A cet instant, je sentis la peur me nouer la gorge, et abaissai mes bras un instant. Je ne repris conscience que lorsque l'horrible épée tordue d'un monstre se dressa devant moi. Je fis alors un bond de côté en poussant un petit cri, et lui plongeai ensuite ma dague dans la clavicule. Un jet de sang noir et poisseux jaillit comme un geyser et m'arrosa le visage. Je frottai sommairement ma figure avec la manche de ma tunique. Après un regard circulaire, je constatai que les Hobbits étaient à nos côtés et que beaucoup moins d'ennemis nous faisaient face, anéantis par mon frère. Malheureusement, d'autres arrivaient par vagues successives, et je ressentais déjà la fatigue poindre dans mes muscles. Soudain, une idée chemina dans mon esprit.
« Boromir ! Sonne du cor ! »
Mon frère s'exécuta aussitôt, soufflant de toutes ses forces. La tonalité si traditionnelle des armées du Gondor emplit l'atmosphère, et je retins mon souffle, en l'attente des autres Marcheurs, qui formeraient nos renforts. Hélas, à la place, se fut des nouvelles créatures qui apparurent, et en nombre conséquent. Boromir hurla aux Hobbits de fuir, et je crus qu'ils allaient vraiment obéir jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent juste derrière nous, ignorant nos ordres.
Je tranchai la tête d'un monstre de mon épée, et une nouvelle gerbe de sang arrosa mes vêtements. Je n'avais pas encore eu le temps de faire un mouvement afin de me replacer en position de défense qu'une autre était déjà sur moi. Je lui assénais alors un coup de pied dans le poitrail, ce qui eut pour effet de la faire reculer, et je pus ainsi songer à une attaque. Boromir s'en sortait mieux que moi. Il enchaînait les coups à une vitesse incroyable, montrant ainsi aux yeux de tous quel excellent combattant il était. Le meilleur du Gondor, même, pensais-je alors non sans une certaine pointe de fierté. Je me détournai de lui, reconnectant mon attention sur le combat. Il n'était en effet pas question de me blesser une nouvelle fois.
Clac. Je connaissais ce son. C'était celui d'une flèche qui transperce quelque chose. Je sentis mon cœur s'emballer. Le gémissement étouffé qui suivit ne me rassura pas du tout. Avec une lenteur désespérée, je me retournai. Boromir. Était. Tombé. A. Genoux. Je criai, sans pouvoir me contenir. Les regards choqués des Hobbits me dérangeaient. J'eus soudainement envie de leur hurler dessus, de leur dire de s'en aller, d'attirer les monstres ailleurs. Mais, à la place, je me plantai en face de moi frère et l'empêchai de s'étaler sur le sol. Une flèche était plantée en travers de sa poitrine.
« Par les Valar, murmurai-je, Boromir… »
Les mots refusaient de sortir de ma bouche. C'était comme si un foulard était noué autour de ma gorge, et m'étranglait, m'empêchant de reprendre mon souffle. Une larme de pure panique roula sur ma joue. Mais soudain, avec un grand cri, mon frère se releva en abaissant son épée sur une créature qui se tenait juste derrière nous.
« Fuis ! » me cria-t-il.
Je tournai la tête en signe de négation, et sans prévenir, abattis à mon tour un monstre qui nous flairait d'un peu trop près.
« Vas-t-en ! murmura-t-il.
– Jamais. Je ne t'abandonnerai pas. »
Une seconde flèche le transperça sous mes yeux impuissants, non sans qu'il ait pu anéantir beaucoup d'ennemis auparavant. Logée dans son estomac. Ses yeux reflétaient une douleur et une impuissance incommensurables. Il retomba à genoux, et y resta quelques instants. Le temps que je coure vers lui, il était déjà debout, re-combattant comme si de rien n'était. Je cherchai des yeux l'horrible chose responsable de sa douleur, mais ne trouvai nulle trace d'elle. Une troisième flèche. Les Hobbits poussèrent un cri et saisirent leurs armes, se précipitant dans la mêlée. Ils ne firent pas long feu, emportés par des monstres.
Je m'agenouillai aux côtés de mon frère, paniquée, hurlant à m'en briser les cordes vocales, le suppliant de tenir bon, le soutenant par les épaules et plaquant sa tête contre la mienne, lui criant des mots de réconfort. Je ne voulais pas qu'il s'en aille, il n'avait pas le droit. Il avait promis d'être toujours là pour moi, de toujours me protéger, de s'en faire pour moi. Il ne mentait jamais, pourquoi commencer maintenant ? Les créatures partirent en courant, nous laissant seuls, à deux sur le champ de bataille. Du moins c'est ce que je pensais.
« Tu vas mourir toi aussi, fillette. »
Je relevai précipitamment les yeux, rencontrant les pupilles jaunes d'un des monstres. Il tenait un arc. Un arc. Je compris aussitôt. C'était lui. Cet horrible monstre avait blessé mon frère, dont la respiration maintenant erratique me brisait le cœur. De nombreuses créatures jonchaient le sol autour de lui.
« Je vais te tuer sous les yeux de cet homme, et ensuite je l'achèverai. »
Il encocha une flèche sur son arc noir et banda la corde dans un horrible grincement. Je retins mon souffle. Impossible de faire un mouvement d'attaque, puisque le corps de Boromir ne devait son équilibre qu'à mes bras autour de lui. Je fermais les yeux. Je n'avais pas la force de regarder la mort en face, contrairement à mon frère adoré qui, lui, gardait la tête haute devant son adversaire. Le monstre émit un dernier râle, et mon cœur s'accéléra encore…
Et rien. Il ne se passa rien. Aucune flèche ne me traversa le corps, aucune douleur ne se fit ressentir. J'ouvris alors les yeux, pour apercevoir Aragorn, aux prises avec celui qui avait manqué de peu d'être mon tueur. Notre tueur. Je criai quand le monstre projeta le Rôdeur contre un arbre, et lui envoya ensuite son bouclier à la gorge. Fort heureusement, comme toujours, notre guide sut s'en tirer. Après avoir failli se faire tuer au moins trois fois, il réussit enfin à trancher la tête de son adversaire, non sans lui avoir coupé un bras et transpercé le corps de son épée auparavant. J'éclatai en sanglots quand il accourut vers nous.
« Poussez-vous ! »
Je m'exécutai à contrecœur. Aragorn adossa mon frère contre le tronc mousseux d'un arbre et s'agenouilla devant lui, presque autant en état de choc que moi. Je m'écartai, leur laissant ainsi la liberté de tenir quelques derniers propos, le dos tourné. Je distinguai alors Legolas, suivi par Gimli, débouler dans la clairière. Trop tard, songeai-je amèrement. Ils me lancèrent un regard désolé quand ils se rendirent compte de ce qu'il se passait. Je ne voulais pas qu'ils voient les larmes dans mes yeux, aussi je me retournai vers l'arbre où le Rôdeur et mon frère conversaient.
Aragorn était toujours agenouillé devant mon frère, celui avec qui j'avais grandi, j'avais partagé des milliers de choses. Je ne pouvais voir le visage du Rôdeur, mais je constatai que son dos était courbé, sa tête baissée. Il glissa sa main vers le visage de Boromir, et d'un geste doux, abaissa ses paupières. Une horrible boule se forma dans ma gorge. J'avais envie de vomir. En parallèle, une sensation étrange se profila dans mon cœur. Un vide. Un manque. Un manque de mon frère, qui venait de nous quitter, je l'avais compris, mais que je voulais déjà revoir. Je voulais l'entendre rire de nouveau, l'entendre parler passionnément de Minas Tirith, l'entendre me taquiner, tenter de me raisonner. J'avais besoin de lui. Et voilà qu'il m'abandonnait. Son nom résonnait encore et encore dans ma tête : Boromir, Boromir, Boromir. Aragorn se releva et nous fit face, le visage dur. Je m'avançai. Il fallait que je le voie, j'avais besoin de me blottir une dernière fois dans ses bras.
J'avançai lentement, presque cérémonieusement vers mon frère. Sa main tenait encore son épée, imbibée du sang de ses ennemis. Je m'accroupis devant lui. Son visage était serein, comme s'il mourait sans rien regretter. Je lui en voulus. J'eus envie de le secouer par les épaules, lui hurler dessus, lui ordonner de se réveiller. Mais, à la place, je pris la main qui reposait sur sa poitrine et la collai contre mon cœur. Des larmes silencieuses coulèrent sur mes joues.
« Boromir... J'aurais tellement aimé pouvoir te dire une dernière fois à quel point je t'aime... Te dire tout ce que je ressentais pour toi... Plus que mon frère, tu étais celui qui faisait battre mon cœur. J'ai toujours voulu paraître forte, mais la vérité c'est que la seule pensée qu'un quelconque malheur puisse t'arriver me terrifiait outre mesure. Et finalement, ça c'est produit. Si tu savais comme je regrette. Ces derniers temps, tout a été compliqué entre nous. Mais malgré cela, notre amour fraternel est resté plus fort que tout ce mal qui envahit le monde. Je suis heureuse que nous ayons pu nous quitter en bons termes. Tu vas me manquer, mon frère, et cela bien plus que tu ne peux l'imaginer. En fait, tu me manques déjà. Veille sur moi, je t'en supplie, ne m'abandonne pas. Tu auras toujours une grande part dans mon cœur, alors tâche de te rappeler, dans le royaume des morts, que tu as une petite sœur qui t'aime plus qu'elle-même. Adieu... Nous nous retrouverons, je l'espère. »
Je reposai sa main sur son torse, me penchai vers lui et déposai un doux baiser sur sa joue. Je le contemplai lentement une dernière fois, puis me relevai et lui tournai le dos. Mon visage était ravagé par les larmes. Mes yeux me piquaient, mon cœur était brisé, mes jambes me paraissaient lourdes, lourdes, lourdes. Je tombai à genoux, mais un bras me rattrapa juste avant que je n'heurte le sol. Je tournai la tête vers cette présence, et constatai, surprise, qu'il s'agissait de Legolas.
Je fus tentée de le repousser, mais quelque chose m'en empêcha. Une chose que je ne pouvais expliquer. Un besoin. Juste un besoin. Il fallait que je trouve quelqu'un pour me réconforter. Et l'Elfe était le seul à qui j'avais envie de confier cette tâche en cet instant. Je plongeai mes yeux dans les siens, et sans réfléchir un instant, me jetai contre lui.
Je me blottis dans ses bras, désirant oublier tout ce que je venais de voir. Sa main droite vint caresser mes cheveux, tandis que l'autre était appuyée dans mon dos, me poussant un peu plus contre lui. Un sanglot me prit à la gorge, et des flots de larmes se mirent à couler de nouveau. En temps normal, je me serais mise à maudire ma faiblesse, mais dans l'instant présent, je ne pensais qu'à trouver une épaule sur laquelle pleurer. J'évacuais toute la souffrance, le chagrin, la déception et l'angoisse que j'avais endurés depuis le début de notre voyage, inondant de larmes la tunique du Prince. Il n'en avait cure, et ses doigts répétaient toujours le même mouvement, glissant dans mes cheveux, effleurant mon cou au passage, revenant se poser au sommet de mon crâne, pour ensuite recommencer. Il me berçait, me chantonnant des mots en Elfique. Des mots que je ne comprenais pas, mais qui, inexplicablement, me faisait peu à peu oublier ma peine.
Finalement, je relevai la tête et ancrai mon regard dans celui du blond. Je fus surprise de constater que ses yeux bleus étaient humides, comme s'il venait de pleurer. Je posai une main sur sa joue.
« Merci... » murmurai-je.
Il ne me répondit pas, mais je pus voir ses pupilles s'illuminer et sa fine bouche s'étirer en un pauvre sourire. Il avait compris. Et il n'avait pas besoin de me le dire pour que je le constate. Je me détachai lentement de son emprise, et brisai finalement le contact visuel avec lui. Je baissai la tête et me mordillai la lèvre, gênée. Confuse. Troublée. Je me détournai finalement, remettant une mèche de cheveux derrière mon oreille.
Aragorn, Gimli et Legolas décidèrent qu'on ne pouvait abandonner là la dépouille de Boromir, et je fus d'accord avec eux. Il méritait mieux, beaucoup mieux, que cet endroit maudit en guise de sépulture. Nous entreprîmes alors de ramasser les armes des ennemis qu'il avait tués, et de construire une civière pour l'y installer. Ensuite, Gimli et Legolas saisirent le paquet d'armes, et Aragorn, à l'aide d'un astucieux mécanisme de poussée, transporta le corps de mon frère, allongé sur la civière, jusqu'à la rivière. Puis, nous l'y installâmes dans une barque, son épée et son cor posés en travers de sa poitrine, les mains croisées. Aragorn poussa la barque dans l'eau, et je l'y aidai, désireuse de participer, moi aussi. Je ne détournai le regard que lorsque l'embarcation ne fut plus qu'un petit point noir dans l'horizon, le cœur en mille morceaux.
Legolas poussait une barque vers l'eau, se hâtant manifestement. J'enviais sa capacité à ne pas montrer ses émotions. Quand il m'avait saisi dans ses bras, je l'avais vu, je l'avais senti, qu'il pleurait. Et maintenant, il avait repris contenance, cachant sa tristesse derrière un masque. J'aurais aimé pouvoir faire la même chose, et ne pas afficher mes yeux rougis et humides à tous.
« Dépêchez-vous, s'écria-t-il, Frodon et Sam vont atteindre la rive orientale ! »
Aragorn ne répondit pas, occupé à nouer un garrot autour de son bras blessé. Quand il tourna son regard vers l'elfe, je pus distinguer dans ses yeux une chose que je ne lui connaissais pas. Le renoncement.
« Vous n'avez pas l'intention de les suivre, comprit Legolas.
– Le destin de Frodon n'est plus entre nos mains, répondit le Rôdeur.
– Alors tout aura été fait en vain, parla à son tour Gimli. La Communauté à failli. »
J'acquiesçai d'un signe de tête, d'accord avec le nain. Même si j'avais trahi Frodon, même s'il ne voudrait certainement plus jamais me revoir, j'avais encore beaucoup de respect de compassion envers ce Hobbit, et autant envers Sam. Les abandonner maintenant est pure lâcheté. Boromir serait-il donc mort en vain ? Il avait voulu protéger les Hobbits, se racheter, et nous allions tout laisser tomber ?
« Pas si nous restons loyaux les uns envers les autres. »
Sur ces mots, Aragorn s'avança vers nous, et posa une main sur l'épaule de Gimli et Legolas, et me couvrant d'un regard affectueux. Dans ses yeux brillait une nouvelle lueur de détermination. Même si cela ne suffit pas à me réchauffer le cœur, je retrouvais néanmoins un peu de courage et de confiance envers notre quête.
« Nous n'abandonnerons pas Merry et Pippin à une mort atroce. Pas tant qu'il nous restera des forces. »
Je soutins le regard du Rôdeur. J'étais du même avis que lui, bien évidemment. Mais aurais-je la force de continuer à me battre maintenant que ma raison de le faire était partie ? Je m'étais engagée dans cette tumultueuse affaire pour lui, pour Boromir, parce que je ne voulais pas rester sans lui. Et maintenant, il était mort, et cette raison, cette détermination avec lui. Un dilemme se présentait à moi : devais-je abandonner, rentrer chez moi et retrouver Faramir pour pleurer dans ses bras ? Ou au contraire continuer à faire face, forte, déterminée, afin que mon frère soit fier de moi, et afin que les amis que je m'étais fait en chemin ne périssent pas les uns après les autres ? J'avais déjà tant fait.
Mais, je ne pouvais abandonner, c'était contraire à mes principes et à mes idéaux. J'avais rêvé d'une aventure, je l'avais eue. Certes pas à la manière dont je l'espérais, mais au moins, je n'étais pas restée cloîtrée à Minas Tirith, incertaine de l'avenir et du sort de mon frère. J'allais continuer cette quête, cachant du mieux que je le pouvais la peine qui me compressait le cœur comme un étau. J'avais tout le temps de faire mon deuil. Je ne savais pas si cela était possible, j'avais été brisée par cet horrible événement. Et c'est ainsi que je me promis de le faire payer. A ces monstres, mais aussi à ce maudit Sauron et son Anneau de malheur. J'allais leur montrer de quoi les Gondoriennes étaient capables. Et je n'allais décevoir personne, qu'il s'agisse d'Aragorn, Legolas, Gimli ou encore les Hobbits. Cette promesse était immuable, incontournable et désormais inscrite dans le fil de mon destin. Je la suivrai toujours.
Hello ! J'espère que ça vous a plu.
Ce chapitre a été vraiment difficile à écrire, pas dans le sens du manque d'inspiration, mais plutôt de l'événement à mettre en place. Une minute de silence pour ce brave Boromir, s'il vous plaît. :(
Enfin, au moins, ça aura permis un petit rapprochement entre Legolas et Gadia, même si la cause n'est pas très mignonne. Pas du tout même. Bouhouhou.
Allez, je vous dis à dans deux semaines !
Kiss,
Cecilette.
