Toc, toc, toc.
*Ouvre tout doucement la porte et entre timidement dans la pièce avant de se racler la gorge*
Bonjour...
Euh… tout d'abord, je tiens à vous présenter mes plus plates excuses, j'ai deux jours de retard sur les délais que je vous avais donné, je sais, je crains du boudin. Pour défense, j'ai travaillé sur la fic quasiment tous les jours, mais j'ai eu quelques chamboulements (positifs) dans ma vie, et le temps me manque cruellement pour écrire à présent. J'ai compensé avec un chapitre extra-long !
Je tenais à vous dire qu'il ne faut pas vous sentir gênés de m'envoyer des mp pour savoir où j'en suis dans l'écriture, je me fais un plaisir de vous répondre. Ce qui m'amène à une autre chose… je n'ai pas eu le temps de répondre à vos reviews, je crains là aussi, mais si je l'avais fait, j'aurais eu 7 jours de retard !
Alors MERCI ! MERCI ! MERCI ! MERCI ! MERCI ! MERCI ! A TOUS POUR TOUS VOS MESSAGES !
Pour info, j'ai encore rajouté un lien sur mon profil pour ce chapitre^^.
Merci à Graftouille, Juju, Jenn, Beth, Tite Lilith pour leurs encouragements de cheerleaders ! ;-).
[Tous les perso appartiennent à Mme Meyer, mais cette histoire est sortie tout droit de imagination ainsi que l'humour pourri qui s'y glisse…]
Enjoy it !
Odrey.
Chapitre 12 : L'effet cocotte-minute
Vêtu d'un caleçon et de son vieux t-shirt universitaire, Edward était planté au beau milieu de la pièce, la main dans ses cheveux. Tout aussi embarrassée que lui, je refermai la porte et m'avançai en croisant mes bras sur ma poitrine pour cacher mon horrible tenue.
Chacun d'un coté du lit, nous restâmes nous regarder avec anxiété, comme si l'un de nous attendait que l'autre fasse le premier pas.
La nuit promettait d'être longue…
POV Edward
J'étais tétanisé. Comment allais-je bien pouvoir gérer cette situation ? Bella avait envahi ma vie, mon appartement, et maintenant elle allait envahir mon lit.
Tu peux le faire Cullen, elle te voit comme son ami, agis en tant que tel !
J'étais sur le point de dire quelque chose quand mon regard fut attiré par un petit trou dans son débardeur près de son nombril. Ayant peur que cette vision vienne réveiller mes hormones, je me faufilai aussitôt dans le lit pour cacher mon éventuel émoi. Cette fille faisait de moi une vraie cocotte-minute, avec de la chance je n'avais plus qu'un petit mois à tenir.
Je restais fixer le plafond car j'avais peur que si je la regardais, cela allait venir empirer mon malaise. Après un moment d'hésitation, elle se glissa à son tour dans le lit mais resta le plus près possible du bord.
Allongés l'un à coté de l'autre, nous restâmes de longues secondes à fixer le plafond sans se dire un mot.
« Tu…tu crois qu'elle se doute de quelque chose ? » demanda Bella avec incertitude. Je remerciais le ciel qu'elle ait engagé la conversation, ainsi mon esprit était diverti.
« Je ne sais pas. Mais je me méfie d'elle, je connais ma sœur, elle est très perspicace. D'ailleurs je suis étonnée qu'elle n'ait encore rien découvert, enfin, si c'est vraiment le cas... »
J'entendis Bella soupirer doucement et le silence se réinstalla entre nous.
« J'espère qu'elle ne va pas rester trop longtemps… » dit-elle avec absence.
« J'espère aussi ».
Je ne pouvais que l'approuver même si ce n'était pas pour les mêmes raisons. Elle titillait un peu trop ma libido à mon gout en étant ici, et de son coté, partager mon lit devait dépasser ses limites concernant notre amitié.
Nous nous souhaitâmes bonne nuit et j'éteignis ma lampe de chevet. Je sentis Bella se retourner et me tourner le dos, quant à moi, je ne bougeai pas d'un pouce. Malgré le noir, mes yeux restaient fixer le plafond car je ne pouvais me retourner sans tomber sur Bella. La 'vraie' à ma droite, et la celle sur la photo à ma gauche. J'étais coincé.
Je ne savais pas combien de temps je restais dans cette position, des secondes, des minutes, des heures ? J'étais incapable de trouver le sommeil tant j'avais les nerfs à vif. Bella n'avait pas bougé non plus, dormait-elle ? Finalement, je décidai de me lever car l'énervement était trop présent, autant utiliser ce temps pour travailler. Discrètement, je quittai la chambre et allai dans le salon. Je m'assis sur mon canapé et pris ma tête entre mes mains avant de souffler.
« Putain… » jurai-je doucement en passant mes mains sur mon visage.
Ça allait être impossible à tenir. J'en avais marre de cette situation, marre de jouer la comédie, marre d'être attirée par cette femme avec autant de force, marre de savoir que j'allais être brisé une fois de plus quand elle partira, et marre de savoir qu'elle allait partir... J'étais totalement confus.
Je ne savais plus où j'en étais, je ne savais plus ce que je voulais. Tout ce que je savais, c'était que j'avais atteint un point critique, je m'étais trop engagé émotionnellement malgré moi et je ne pouvais pas aller au bout des choses sans souffrir le martyr. Car je ne voyais aucun signe encourageant de la part de Bella. Les gestes tendres qu'elle avait eus envers moi avaient toujours été en présence de témoins, donc toujours contrôlés et prévus. Il n'y avait que moi pour l'embrasser spontanément lors de son expo, quel idiot ! Je l'avais prise au dépourvu et sa fuite aux toilettes m'avait convaincu que je l'avais effrayé bien qu'elle ait joué le jeu devant ma famille.
Tu étais ému par son enthousiasme et par la photo.
Si tu le dis…
Quand nous étions seuls, nous étions de simples amis, avec des gestes amicaux. C'était clair, mon attirance n'était pas réciproque, voilà pourquoi j'allais droit au mur avec fracas. Mais je l'appréciais beaucoup et si être son ami était la seule chose qu'elle me donnait alors je ferais du mieux possible. Mais dormir dans le même lit qu'elle était au-dessus de mes forces pour l'instant…
Je me levai et pris mon ordinateur avant d'aller m'installer à la table à manger. Les heures défilaient et je continuais de travailler sans relâche, ainsi je ne pensais à rien d'autre. Le jour commençait à se lever quand Alice sortit de sa chambre.
« Alors beau gosse ? Déjà debout et au travail ? » demanda-t-elle en ouvrant le réfrigérateur.
« Hum oui, j'avais quelques trucs à faire avant d'aller au bureau… » mentis-je en fermant mon ordinateur. Alice attrapa la bouteille de lait et but au goulot. « Merde Alice ! Prends un verre, t'es pas chez toi ici ! » râlai-je.
« Oups ! » dit-elle en s'essuyant la bouche du revers de la main.
« Faut que t'arrête de prendre exemple sur Emmett » dis-je en me levant pour aller prendre une grande tasse de caféine.
« Bonjour » dit Bella avec une voix pâteuse.
Alice et moi nous retournâmes dans sa direction.
« Wow ! Quelle mine affreuse Bella ! » s'écria Alice. Elle lisait dans mes pensées, on aurait dit qu'elle n'avait…pas dormi. Comme par hasard.
« Merci Alice, vivement que tu partes » dit Bella avec sarcasme en se dirigeant vers moi comme un zombie. Elle prit mes joues entre ses mains et posa un bref baiser sur mes lèvres. « Bonjour mon amour » dit-elle avec automatisme en me relâchant. Je restai la regarder se servir en café avec étonnement. Décidemment, elle était très forte pour jouer la comédie.
« Bon allez, je ne traine pas car j'ai un rendez-vous important » dit Alice en s'éclipsant.
« Euh je vais aller me préparer aussi » dis-je avant de finir mon café rapidement. Je ne tenais pas à parler de notre première nuit ensemble. Bella acquiesça en portant sa tasse à ses lèvres puis je posai la mienne dans l'évier avant de partir.
Une fois au bureau, je me dirigeai directement vers la cafetière pour faire du café. D'habitude c'était Kate qui s'en chargeait mais j'étais arrivé en avance.
« Eh ben…on aurait eu une petite nuit ? » dit Kate en riant en arrivant à son tour alors que je me servais une tasse de café.
« Ouai on peut dire ça… » répondis-je en frottant mes yeux avec ma main.
Nous discutâmes quelques instants puis je partis dans mon bureau pour une longue et pénible journée agrémentée de caféine. En fin de journée, je décidai de rentrer un peu plus tard que d'habitude car je n'avais pas hâte d'affronter le regard calculateur d'Alice.
Quand je rentrai à la maison, je trouvai Alice au salon entrain de se mettre du vernis sur les pieds.
« Salut Ali » dis-je en posant ma sacoche et en délassant négligemment ma cravate.
« Hey ! » répondit-elle avec sourire alors que je me dirigeai à la cuisine pour prendre une bière.
« Où est Bella ? » demandai-je en dévissant la capsule de ma bouteille avant d'en boire une gorgée.
« Ta Dulcinée n'est pas encore rentrée mon cher… » me dit Alice en se concentrant à mettre du rouge sur ses orteils.
« Ah… »
Je m'assis sur l'autre canapé et regardai avec absence Alice s'affairer. C'était la première fois que je rentrais avant Bella et en plus je ne m'étais pas pressé ce soir. Voulait-elle aussi rentrer plus tard à cause d'Alice?
« Alors ? Bella et toi c'est toujours l'extase après plus deux mois de mariage ? » demanda-t-elle en continuant sa pédicure.
Attention terrain miné mon gars…
« C'est de mieux en mieux. Je ne pensais pas être un jour aussi heureux… » mentis-je avec un petit pincement au cœur.
Alice releva les yeux sur moi et leva un sourcil en affichant un petit sourire en coin.
« Je suis vraiment heureuse pour toi Edward, tu le mérites. Bella est une fille faite pour toi, ça crève les yeux que vous êtes faits l'un pour l'autre. » dit-elle en reportant son attention sur son pied.
Gêné par ses paroles, je me repositionnai sur le canapé et passai ma main sur mes cheveux.
« Merci Alice » dis-je en regardant mes pieds. Mais pourquoi avait-elle le don de rendre les choses plus difficiles en agissant ainsi ? Je me laissai tomber contre le dossier du canapé et bus une gorgée de bière.
« Au fait, quand est-ce que j'aurais l'honneur d'être tante ? » demanda-t-elle l'air de rien en provoquant presque ma mort par étouffement. Je me redressai et toussai fortement pour chasser la bière de ma trachée. « Ne fais pas l'étonné Edward, les enfants sont un sujet de conversation inévitable dans les couples, et Bella et toi l'avez forcément évoqué. Après un mariage express, j'imagine que le bébé va l'être aussi… »
« Non…on n'en… a pas parlé… » dis-je entre mes quintes de toux.
« Mouai c'est ça… » dit-elle avec scepticisme.
« Je te jure ! » insistai-je en fronçant les sourcils.
« Même pas une petite allusion ? » demanda-t-elle comme une petite fille qui voudrait obtenir quelque chose.
« Je te dis que non ! » m'énervai-je.
« D'accord ! Désolée… » répondit-elle sans être aucunement désolée.
Agacée par cette petite chose qui était ma sœur, je me levai pour aller dans ma chambre, mais alors que je passais près de la porte d'entrée, Bella arriva.
« Bonsoir tout le monde ! » dit-elle en fermant la porte derrière elle. « Ça va ? » demanda-t-elle doucement en me regardant et en fronçant les sourcils.
« Elle m'énerve ! » chuchotai-je entre mes dents avant de poursuivre ma route.
Je partis me changer pour enfiler une tenue plus confortable et pris mon courage à deux mains pour les rejoindre.
« …ça y est tout est au point, on commence le shouting jeudi prochain normalement » entendis-je Bella dire en revenant dans le salon. « Au fait tu devais pas aller chez Jazz ce soir ? »
« On a déjeuné ensemble ce midi et je le verrai demain, donc je préfère passer la soirée avec vous ! » dit-elle avec sourire.
« Okaaay… » dit Bella avec un faux sourire.
« Au fait, on a rendez-vous avec les autres demain devant l'Angelo's à midi » dit Alice en allumant la télé avec la télécommande.
« Pourquoi ?! » m'écriai-je.
« Edward. » dit-elle en me regardant avec affliction. « Je peux comprendre que Bella occupe la majeure partie de ton esprit, mais j'espérais au moins que tu te rappelles qu'on a les derniers essayages demain. Ça fait juste trois semaines que c'est prévu nom d'un chien ! » finit-elle avec des gros yeux. Je n'aimais pas cette Alice despotique, elle me faisait peur parfois.
« C'est bon calme-toi ! J'avais oublié ! » ripostai-je.
« Ouai ben t'as pas intérêt à oublier de ramener tes fesses demain ! »
« Alice, je te rappelle que t'habites ici en ce moment, je doute qu'on oublie de ramener nos fesses ! » dit Bella depuis la cuisine.
« Ah oui c'est vrai ! » s'exclama Alice avec un petit gloussement.
Après manger, Bella et moi dûmes écouter les longs monologues d'Alice concernant son boulot, Jasper, la mode, Jasper, son boulot, la mode… Je luttais pour garder mes yeux ouverts, mais je n'arrivais pas à me résoudre d'aller au lit, car là non plus je ne pourrais pas dormir. Finalement, Alice bailla et annonça qu'elle allait se coucher.
« Vas te coucher Edward, ne m'attends pas car je vais travailler un peu sur mon projet photo pour le journal. J'ai quelques idées en tête et je ne voudrais pas les perdre… » dit-elle en essayant d'avoir un ton léger.
« Très bien… » répondis-je en la fixant avec scepticisme. Elle se leva et prit son ordinateur avant de se rassoir sur le canapé. N'ayant pas vraiment d'autres choix, je lui dis bonne nuit et partis dans ma chambre.
Une fois allongé dans mon lit, je me sentis bête de rester ainsi dans le noir, les yeux grands ouverts à fixer le plafond, mais je devais tenir bon. Soudain, je sursautai et compris que je m'étais finalement endormi. J'allumai ma lampe de chevet et réalisai que Bella n'était toujours là. 2h37, vis-je sur mon radioréveil. Que devais-je faire ? Aller la voir ou rester ici ? Mais si j'y allais, qu'allais-je lui dire ? 'Viens au lit Bella, je n'arrive pas à dormir sans toi' ? Mais bien sûr… Finalement, je décidai de prendre mon livre et de bouquiner en attendant.
Encore une fois, je me réveillai en sursaut. Je regardai autour de moi et vis que ma lumière était éteinte et mon livre fermé sur ma table de nuit. Avait-elle dormi ici finalement ? Dans ce cas, elle s'était couchée très tard car la dernière fois que j'avais regardé l'heure, il était près de cinq heures…
Je frottai mes yeux puis tendis mes bras en baillant, les quelques heures de sommeil que j'avais grappillé cette nuit étaient insuffisantes pour récupérer. Quand je pénétrai dans la cuisine, Bella était déjà habillée et coiffée, et buvait son café en écoutant Alice d'une oreille.
« Dites donc, vous êtes des lève-tôt ici ! Et même les weekends ! » dit Alice en souriant.
« Je te signale qu'il est 7h15, et que tu es aussi levée Alice… » dis-je en m'approchant de Bella pour déposer un baiser sur ses lèvres comme elle me l'avait fait hier matin, comédie oblige…
« Oui mais c'est un accident, je me suis levée car il fallait que j'aille aux toilettes mais j'ai vu que Bella était déjà levée et on a commencé à discuter. »
Mes yeux se posèrent sur Bella, elle hocha la tête pour attester les dires d'Alice mais tout ce que je vis furent les cernes sous ses yeux. J'aurais mis ma main à couper qu'elle n'avait pas dormi de la nuit et était seulement venue dans la chambre pour chercher les quelques vêtements qu'elle y avait entreposé.
J'étais contrarié, était-ce si pénible de dormir avec moi ?
Je te signale que tu n'es pas foutu de dormir avec elle non plus Cullen.
C'est pas pareil…
N'empêche.
Plutôt que de rester avec les filles, je décidai d'aller passer la matinée à frapper quelques balles, ça faisait longtemps que je n'y avais pas été et puis j'avais besoin de me défouler et évacuer la pression.
A midi, nous nous rendîmes tous les trois au restaurant, Jasper, Kate et Garrett se trouvaient déjà là.
« Rah mais c'est pas vrai, qu'est-ce qu'ils foutent bon sang ?! » râla Alice en regardant pour la énième fois son téléphone.
« On n'est pas à un quart d'heure près Alice » dit Bella.
« Si Bella ! On a rendez-vous à la boutique à 14h30 »
« Il est midi et demi, je pense qu'on a largement le temps de manger… » persista Bella.
« Je te rappelle qu'Emmett mange avec nous et monsieur n'aura pas l'intention de bâcler son repas pour aller faire des essayages ! »
Cinq minutes plus tard, les deux fautifs entrèrent dans le restaurant avec un air béat.
« Vous vous foutez de ma gueule ?! On vous attend parce que vous vous envoyiez en l'air ?! »
« Hein ?! Mais euh …non ! » balbutia Rosalie en essayant de se défendre.
« Pas à moi Rose ! Vous sentez le sexe à plein nez ! Je peux voir d'ici que tu as retouché ta coiffure et Emmett n'a pas été foutu de reboutonner sa chemise correctement ! Ah non pardon Emmett n'a jamais été foutu de s'habiller correctement ! » s'écria Alice en les pointant du doigt.
Rosalie afficha un air choqué et abasourdi, pourtant depuis le temps, elle savait qu'Alice ne loupait jamais ce genre de détail. Quant à Emmett, il n'était pas offusqué le moins du monde et gardait son sourire comme si Alice n'était jamais intervenue. Quand je tournai la tête vers Bella, elle semblait impressionnée par le numéro d'Alice, elle savait maintenant pourquoi je me méfiais tant de ma sœur.
Quand les commandes furent prises, Alice se détendit enfin. Emmett n'avait pas commandé toute la carte pour une fois et le timing était encore bon.
« Je voudrais vous annoncer que j'ai fini par réaliser mon rêve. J'ai réussi à trouvé un poste de chroniqueur dans un journal sportif ! » déclara Jasper avec enthousiasme. « Et je voudrais remercier ma charmante Alice pour m'avoir présenté ses contacts » ajouta-t-il avant d'embrasser ma sœur.
Tout le monde le congratula et je fus attendri de voir les yeux brillants de Bella fixer son meilleur ami avec émotion.
« Je savais que tu y arriverais Jazz… » dit-elle avec une voix étranglée. Jasper lui sourit et attrapa sa main sur la table pour la presser gentiment.
« Alors Alice, c'est pas trop dur d'habiter avec Edward ? » demanda Emmett avant d'engouffrer une grosse plâtrée de pâtes dans sa bouche.
« Tu plaisantes Em ? Et nous alors, qu'est-ce qu'on devrait dire ? » dis-je avec une pointe d'irritation. J'adorais ma sœur, mais son arrivée inopinée m'était restée dans la gorge, surtout quand ça jouait sur mon sommeil et sur mes hormones.
« Ah oui autant pour moi Ed, j'avais oublié qu'elle était invivable… » dit Emmett en souriant et en récoltant un bout de pain dans sa figure de la part d'Alice.
« Refais encore ça et je te lance du risotto dans ta jolie petite face maquillée » menaça Emmett en pointant sa fourchette.
« T'oserais pas… » siffla Alice en dardant un regard provocateur sur Emmett. Elle le cherchait, ça faisait 25 ans qu'elle savait Emmett capable d'une telle chose. Je commençais à me sentir mal par ce qui allait en résulter.
« Ah tu crois ça… ». Emmett prit sa petite cuillère et prit du risotto dans l'assiette de Rosalie, puis il retourna la cuillère vers Alice en calant son index dessus.
« C'est bon tout le monde a gagné… » dit Garrett en continuant de manger tranquillement, habitué aux facéties de ma famille.
La main d'Alice glissa jusqu'à son pain mais elle le toucha à peine qu'Emmett lâcha son index et le risotto s'écrasa en plein sur son œil. La table tomba dans le silence et les yeux faisaient l'aller-retour entre Emmett et Alice. Je ne savais plus où me mettre, ils n'étaient pas sortables.
« Je-vais-le-tuer » articula Alice en retirant avec rage le riz collé sur sa paupière. Elle commença à se lever mais à ma grande surprise, Jasper attrapa son bras pour la stopper.
« Si tu te lèves, c'est pour aller te nettoyer aux toilettes Alice. Tu te vengeras d'Emmett quand nous serons sortis du restaurant, d'accord ? » lui dit-il avec fermeté comme s'il parlait à une adolescente rebelle. Alice cligna plusieurs fois les paupières en restant le regarder puis acquiesça. Jasper la relâcha et se retourna vers Emmett. « Em tu pouvais pas trouver quelque chose de plus subtil ? On est là pour aller faire des essayages dans une boutique selecte, pas pour faire une bataille de bouffe comme à la cantine du lycée. Ok ? »
Tout le monde resta le regarder alors qu'il reprenait tranquillement ses couverts pour continuer à manger. Bella et moi nous regardâmes simultanément et nous sourîmes avec consternation. Voilà enfin quelqu'un qui savait leur parler. Mais pourquoi ne l'avais-je pas rencontré avant et ainsi éviter toutes ces scènes d'humiliations publiques ? Ce type m'avait conquis définitivement.
Après cet incident, le repas continua dans une ambiance plus sérieuse et respectable pour mon plus grand soulagement et nous réussîmes même à arriver en avance à la boutique. Une fois à l'intérieur, des vendeuses vinrent immédiatement se charger de nous, les femmes furent conduites dans la partie droite du magasin et nous dans l'autre. Je savais déjà que cet après-midi allait être un enfer…
Emmett fut le premier à monter sur l'estrade pour que la vendeuse fasse ses mesures et mettent les épingles.
« Franchement, j'ai de la gueule là-dedans ! Je trop suis beau, les filles n'auront d'yeux que pour moi ! » dit-il en se regardant dans les miroirs.
« Em, je te signale que ce costume est pour ta cérémonie de mariage, pas pour aller jouer à Tony Manero au 2001 Odyssey*… » dis-je avec lassitude en me frottant le front avec mes doigts. Confortablement installé dans un canapé moelleux en velours, je luttais pour rester éveillé et m'intéresser un minimum aux conversations.
« Ouai, ouai… Bon, soyons sérieux Edward. Comment as-tu su que Bella était la femme de ta vie ? Nan parce que j'aime profondément Rosie, mais il m'a fallu trois ans avant d'être sûr, mais toi… » dit Emmett.
Je sentis la panique m'envahir et je jetai instinctivement un bref coup d'œil à Jasper.
« Euh… je sais pas, ça s'explique pas… » bredouillai-je en changeant de position.
« Pourquoi t'as eu besoin de l'épouser ? » demanda Garrett.
Ok, là j'étais véritablement paniqué.
« Que veux-tu dire ? » dis-je en essayant d'adopter un ton naturel.
« Ben moi je connais Kate depuis le lycée, et on a jamais eu le besoin de se marier. Je serais curieux de savoir ce qui vous a poussé à vous marier si rapidement… »
« C'était la suite logique de notre coup de foudre… enfin voilà… il ne faut pas chercher d'explications… » dis-je en haussant les épaules pour tenter d'avoir un air naturel. Il fallait absolument que l'on change de sujet.
« Pas de regrets ? » demanda Jasper à ma grande surprise. De quel coté était-il ? On me cuisinait et voilà qu'il s'y mettait aussi.
« Pas le moindre » dis-je naturellement. Il me fixa et je devinai une esquisse de sourire sur ses lèvres qui m'agaça et m'interloqua à la fois.
« Au fait, vous allez où pour votre voyage de noce ? Rose et moi on n'arrive pas à se décider… » demanda Emmett en me regardant à travers le miroir tandis que la vendeuse s'affairait sur l'ourlet de sa manche.
« Euh, le voyage de noce ? » m'étonnai-je.
« C'est pas parce que vous vous êtes mariés en catimini que vous n'allez pas faire votre lune de miel, non ? »
« On y a pas réfléchi » répondis-je fermement pour tenter de clore le sujet.
« Vous ne faîtes que baiser ou quoi ?! » s'écria Emmett.
« Emmett ! Madame ici présente n'a pas à supporter tes grossièretés ! » ripostai-je en désignant la vendeuse qui rougissait. « Et pourquoi tu dis ça d'abord ? » ajoutai-je en fronçant les sourcils.
« Vous êtes mariés depuis plus de deux mois et vous ne parlez pas de voyage de noce, ni de faire des enfants ! ». Mes yeux s'écarquillèrent instantanément.
« Dis-moi que je rêve ! C'est Alice qui t'a dit ça ?! » m'irritai-je en me redressant comme un ressort.
« Non… » répondit-il en regardant ce que faisait l'employée.
« Je te connais Emmett Cullen ! Et je connais aussi la frangine ! Vous pouvez pas vous occupez de vos fesses plutôt que foutre vos nez dans ma vie de couple ?! Manque plus que maman comme chef des investigations et je suis bon pour passer au détecteur de mensonges ! C'est dingue ça ! » m'énervai-je. Je restai les regarder un instant et je ne décolérai pas en voyant qu'ils avaient l'air amusés. « Je reviens, je vais faire un tour ! » dis-je en quittant la pièce.
Agacé par l'interrogatoire que je venais de subir, je décidai d'aller prendre l'air dehors. Quand ce n'était pas la sœur qui me testait chez moi, c'était le frère en plein salon d'essayage accompagné de ses acolytes ! Ça sentait le complot à plein nez et je me sentais vulnérable… Errant sans but, je vis un drugstore au bout de la rue et décidai d'aller me chercher des médicaments excitants et une bouteille de boisson énergisante pour faire passer le tout. Histoire de bien me réveiller, je pris deux comprimés d'un coup et fis demi-tour vers la boutique.
En entrant, j'entendis des éclats de rire provenant des salons des filles, au moins, il y en avait qui s'amusaient.
« …je vous jure, ce livre est juste extraordinaire ! » dit Emmett avec un enthousiasme débordant alors que Jasper avait pris sa place.
« Tu lis des livres toi ? » dis-je avec sarcasme en reprenant ma place sur le canapé.
« Eh ouai, et non seulement je les lis mais je les mets en pratique aussi ! » me répondit-il sur le même ton.
« Ça doit pas être un livre sur le savoir-vivre alors » rajoutai-je.
« Ah ah, excellent Edward » dit-il avec ironie. « Tu te rendras compte que le savoir-vivre c'est fait pour les trouducs une fois que t'auras lu ça. On en reparlera quand Bella t'aura fait la meilleure pipe du siècle… » déclara-t-il en acquiesçant lentement la tête.
« Ok, je repars » dis-je en me levant. Emmett attrapa ma chemise et m'obligea à me rassoir.
« Fais pas ton coincé Ed ! »
« J'ai pas envie d'entendre ça, j'en ai rien à foutre de savoir que Rose et toi pratiquez le Kâma-Sûtra alors qu'on vous attend pour déjeuner. » me justifiai-je.
« C'est pas le Kâma-Sûtra, c'est mieux que ça. C'est un vrai guide du sexe ! C'est un client de Londres qui nous l'a envoyé, qui aurait crû que les anglais étaient de vrais coquins ? Moi j'ai toujours pensé que c'était un balai qu'ils avaient dans le cul, pas une- »
« Ok ça suffit là ! » s'écria Jasper. « Emmett je t'apprécie beaucoup, mais tu mets mal à l'aise la dame vois-tu, je ne tiens pas recevoir une troisième épingle dans ma peau… Veuillez excusez notre vulgarité madame » finit-il à l'attention de l'employée.
Après avoir réussi à faire taire Emmett, ce fut au tour de Garrett de monter sur l'estrade puis à moi. Alors que l'employée reprenait l'arrière de mon veston, le téléphone de Jasper retentit. Tout en le regardant dans le miroir, je le vis lire le message qu'il avait reçu et à sa tête j'étais certain qu'il s'agissait d'Alice.
« Dites les gars, ça vous dirait pas d'aller passer la journée de demain à faire du mountain biking ? » demanda-t-il après lui avoir répondu.
« Faut que je demande à Rose » dit Emmett.
« Elle sera d'accord, les filles passent la journée ensemble apparemment. » dit Jasper.
« C'est bon pour moi » dit Garrett.
« Ben moi aussi alors » renchérit Emmett.
« Edward ? » m'interpella Jasper.
« Pourquoi pas » répondis-je. Je n'avais jamais fait de mountain biking et au moins ça me tiendrait éveillé.
« Bien ! J'appellerai Peter, il a des VTT en plus chez lui »
Pure coïncidence, nous finîmes en même temps que les filles, elles sortaient de leur salon quand nous sortîmes du notre. Je ne savais pas quelle tête j'avais, mais Bella semblait exténuée et je ne serais pas étonné d'apprendre qu'elle ait subi un interrogatoire elle aussi. Elle se dirigea vers moi et laissa tomber son front sur mon torse.
« Ça va ? » ris-je en posant mes mains sur ses bras. Elle releva la tête et me regarda.
« Je me suis amusée comme une petite folle » dit-elle avec un ton monocorde. « Et toi ? »
« Idem ».
« Tu t'es amusé comme une 'petite folle' ? » me reprit-elle en riant.
« Eh ! Et si on allait manger une pizza par là et se faire un ciné après ? » demanda Emmett.
« Non ! » dis-je.
« Non ! » dit Bella en même temps que moi.
« Ohhh ! C'est bon, j'ai rien dit moi ! » se défendit Emmett.
« C'est juste que je suis fatiguée… » bredouilla Bella.
« Oui, moi aussi…mais allez-y, Bella et moi allons rentrer » dis-je. Rester éveiller sur un fauteuil en pleine lumière artificielle était une épreuve, alors dans une salle avec un noir complet ce serait simplement impossible. « Jasper tu pourras ramener Alice chez nous…ou pas »
« Vous êtes sûrs ? » bouda Alice en croisant ses bras.
« Oui, oui, allez-y » insista Bella.
« Ok… » répondit-elle.
Pour éviter qu'ils nous retiennent pour négocier, j'attrapai la main de Bella et nous sortîmes de la boutique.
« A demain ! » dis-je en passant la porte.
« Merci Edward, je ne pense pas que j'aurais pu passer cette soirée avec eux. » dit Bella une fois dans la voiture.
« Moi non plus »
Arrivés à la maison, nous nous installâmes dans le canapé du salon pour manger les plats chinois que nous avions pris en route. Trop fatigués pour débarrasser, nous posâmes tout sur la table du salon et regardâmes la télévision en se calant confortablement.
« Oh non Edward pas ça, je t'en supplie… » râla Bella avec une voix lasse quand je tombai sur la chaine historique.
« On apprend plein de choses pourtant » dis-je.
« Mon cerveau est en mode détente pas en mode 'bourrage de crâne' tu vois » rétorqua-t-elle en essayant d'attraper la télécommande que je tenais.
« Ok, voilà. » dis-je en mettant la chaine de cuisine.
« Comment tu peux mettre ça alors qu'on vient de s'empiffrer ? Je vais vomir ! Change ! » s'écria-t-elle en essayant à nouveau d'attraper la télécommande mais je l'esquivai encore en la tenant bien haut.
« Tu fais chier Ed ! Donne-moi ça ! » s'exclama-t-elle en mettant un genou sur le canapé pour m'arracher l'objet. Perturbé par le fait qu'elle me surnomme 'Ed' comme mes proches, elle réussit à me faire céder.
« Hep ! Hep ! Hep ! Redonne-moi ça ! » m'écriai-je à mon tour en me penchant sur elle pour récupérer l'objet. Réalisant qu'elle était pratiquement allongée sur le sofa et que ma tête se trouvait à une dizaine de centimètres de ses seins, je me relevai brusquement et passai machinalement ma main dans mes cheveux. « Oh et puis mets ce que tu veux, je m'en fiche » dis-je en me recalant confortablement.
« Dis un chiffre » dit-elle en se remettant correctement aussi.
« Quoi ? » demandai-je en tournant la tête vers elle.
« Dis un chiffre au pif » répéta-t-elle. « Pose pas de question, allez » ajouta-t-elle en me voyant intrigué.
« 112 ? » dis-je sans certitude. Elle pianota sur la télécommande.
« Voilà, ce sera la chaine 112 ce soir ! » déclara-t-elle en posant la télécommande sur la table.
« Tu plaisantes ? La chaine voyage ? »
« Ecoute Edward, c'est toi qui a choisi, j'y peux rien » rit-elle. « C'est ça ou rien »
Trop fatigué pour me battre, je laissai tomber ma tête et regardai des tortues marines nager dans les eaux limpides de la Polynésie. J'avais vraiment du mal à me concentrer sur le reportage, voir des images avec des plans longs et entendre une voix monocorde me berçaient, m'emmenant tranquillement vers le pays des rêves.
Soudain, une porte s'ouvrit et mes yeux s'ouvrirent aussitôt.
« Vous n'êtes pas couchés ? » s'étonna Alice. « Il est plus de minuit »
Je baissai les yeux et trouvai Bella allongée entrain de dormir paisiblement, sa tête sur mes genoux et ma main sur sa taille.
« On s'est endormi » me justifiai-je en me dégageant de Bella pour me mettre debout.
« Je vais me coucher. Bonne nuit » chuchota ma sœur alors que je passai mes bras sous les épaules et les jambes de Bella pour la soulever.
« Bonne nuit » murmurai-je en la prenant dans mes bras.
« Edward… » dit Bella dans son sommeil tandis que j'avançai vers ma chambre.
« Shh Bella » répondis-je en passant la porte.
Je la posai sur le lit et enlevai ses chaussures avant de tirer les couvertures sur elle.
« Dors Bella » chuchotai-je en passant ma main sur son front pour balayer quelques mèches. J'allai me relever quand j'eus une soudaine envie de déposer un baiser sur son front. J'avais le droit, non ? C'était amical, elle ne m'en voudrait pas de lui avoir fait ça ? Jasper devait le faire aussi… Je me penchai et posai lentement mes lèvres sur son front. « Bonne nuit Bella »
« Jazz…il est si adorable… » baragouina-t-elle en se tournant.
Je souris en voyant qu'elle parlait dans son sommeil et je ne pouvais qu'envier Jasper d'être si important dans sa vie au point de se retrouver dans ses rêves. Ne pouvant me résoudre à dormir ici encore cette nuit, je repartis sur le canapé. Histoire de me trouver un alibi si Alice me surprenait, je laissai la télévision allumée et baissai le son. Ainsi, je pouvais dire que j'étais retourné ici car je n'arrivais pas à me rendormir immédiatement.
Le lendemain, je fus le premier debout, je n'avais dormi que d'un œil. En guise de petit déjeuner, trois cafés bien serrés et deux cachets effervescents à base d'excitants. J'espérais que ça me permettrait de garder un minimum de concentration sur mon vélo et pas trop de palpitations…
« Bonjour » dit timidement Bella en entrant dans la cuisine.
« Bonjour Bella » répondis-je.
Elle passa devant moi pour se servir une grande tasse de café et je la vis mordiller sa lèvre inférieure tandis qu'elle versait le liquide dans sa tasse. Nous restâmes silencieux tous les deux sans vraiment se regarder. Alice n'était pas encore là mais on sentait déjà sa présence entre nous. Je maudissais le jour où elle était arrivée chez moi, elle nous mettait à cran et la complicité que nous avions Bella et moi était mise à rude épreuve car nous avions perdu notre spontanéité.
Soudain, on sonna à la porte. Je regardai l'heure, il était à peine 7h30.
« Déjà ? » m'étonnai-je en ouvrant la porte à Jasper, Emmett et Garett. Si le premier affichait un visage rayonnant, les deux autres étaient franchement moins enthousiastes.
« Il y a près de ¾ heures de trajet et si on veut profiter de cette belle journée, il ne faut pas tarder. Ça va être l'éclate, je vous jure ! » dit Jasper en tapant dans ses mains. Je tournai la tête vers Bella avec un regard stupéfait, celle-ci me regarda avec excuse, apparemment tout était normal.
« Je crois que j'ai pas le choix… » dis-je pour moi-même. « J'arrive, je vais me changer »
Une fois prêts, nous quittâmes Bella et partîmes en direction de Tiger Moutain qui était selon Jasper un des meilleures sites pour ce sport. Rien qu'avec le nom, je voulais bien le croire.
Comme je m'y attendais, la journée fut exténuante. La fatigue de ces derniers jours jouait sur ma concentration et sur mes muscles tremblants, résultat, je m'étais retrouvé plus d'une fois par terre.
« Ça va Edward ? » demanda Jasper avant de boire une rasade d'eau à sa gourde.
« Je devrais pouvoir survivre… » répondis-je en me levant avant d'enlever la terre sur les écorchures de mon bras.
« T'avais raison Jazz, c'était génial ! On remet ça quand tu veux mon vieux ! » s'enthousiasma Emmett. Le contraire m'aurait étonné, comme il le disait, 'le moutain biking c'est pas un sport de fillettes !', c'était pour ça qu'Emmett adorait.
« Oui ben moi je veux bien passer mon tour de temps en temps » maugréa Garrett en s'étirant le dos et les épaules.
« En attendant il reste un petit kilomètre pour retourner à la voiture, allez ! » dit Jasper en remontant illico sur son VTT.
Je ne savais pas comment j'avais réussi à me trainer jusqu'à mon appart, mais une chose était sûre, ce n'était pas le calme que j'allais retrouver car je pouvais entendre la musique depuis le couloir de mon étage. Quand j'ouvris la porte, Twist and shout des Beatles agressait mes tympans tant la musique était forte. Lorsque je pénétrai dans le séjour le tableau qui se dressait devant moi était plus que surprenant. Bella, Rosalie, Alice et Kate étaient vêtues de combinaisons blanches et dansaient à la manière d'Uma Thurman dans Pulp Fiction avec des pinceaux dans les mains et en chantant à tue-tête. Des pinceaux, mon regard se porta sur les pots de peinture puis sur le mur où se trouvait la télé normalement. Il était rouge. Tout rouge. Rouge tomate. Rouge quoi.
« Rouge » dis-je en regardant le mur. La musique s'éteignit brusquement.
« Je…je t'ai pas vu arriver Edward… » dit Bella visiblement embarrassée.
« T'aimes ? » demanda Alice avec excitation.
« C'est rouge » répétai-je.
« Bella trouvait que ça manquait de couleur » dit-elle.
« T'exagères Alice ! Tu m'as demandé si je ne trouvais pas l'appartement trop fade et je t'ai répondu que c'était normal car il n'y avait pas beaucoup de couleurs. C'était une constatation pas un reproche ! » s'énerva Bella.
« Roo, tu joues sur les mots ! Bon alors Ed, tu aimes oui ou non ? » s'impatienta Alice.
Je soupirai et regardai encore le mur. C'était étonnant mais finalement, ça mettait un peu de chaleur au salon.
« Il faut s'habituer mais ce n'est pas mal. » répondis-je.
« Ah tu vois Bella ! Qu'est-ce que je te disais ? C'est pas parce que c'était l'appart d'Edward qu'il ne faut pas que tu apportes ta touche ! »
« C'est toi qui a choisi la couleur Alice… » maugréa Bella.
Je voyais le tableau, ma sœur avait tout organisé et tout prévu, Bella n'avait pas eu son mot à dire. Etait-ce encore un test ? Peut-être que je devenais parano…
« Edward ! Ton bras ! » s'écria Bella en me tirant de mes pensées.
« Oh c'est rien… » dis-je nonchalamment en cachant mon bras dans mon dos. Bella vint vers moi et attrapa mon coude avant de me tirer vers la salle de bain. « C'est bon Bella je te dis ! »
Elle me fit entrer dans la pièce et ferma la porte avant d'ouvrir le tiroir à pharmacie. Sans un mot, elle prit une compresse et du désinfectant puis attrapa mon poignet. Je soupirai et la laissais faire.
« Edward je suis désolée pour la peinture, j'ai rien pu faire. Alice a été la chercher hier soir, après qu'on soit parti de la boutique, elles m'ont mis la pression en disant que j'étais chez moi aussi et qu'il fallait que je marque ma présence…qu'est-ce tu voulais que je dise ? J'ai bien essayé…
« Bella »
« …de dire non mais… »
« Bella »
« …elles auraient suspecté quelque chose… »
« Bella ! » dis-je plus fort voyant qu'elle continuait de se justifier. Elle releva la tête et me regarda. « C'est pas grave je t'assure. J'ai rien décidé de la décoration ici, c'est ma mère qui a tout fait. Il était temps de personnaliser un peu »
« T'es sûr ? Ça ne te dérange pas ? » dit-elle en mordillant sa lèvre.
« Puisque je te le dis »
Elle jeta la compresse dans la poubelle et me regarda à nouveau avec un air gêné.
« Elle a aussi rangé toutes mes affaires dans ton dressing. ». Je ne pus qu'acquiescer, je savais que c'était inévitable.
Pendant que les filles finirent de peindre et de ranger le matériel, je pris une longue douche pour me détendre et pour aussi éviter le plus possible de faire figuration là-bas. Il était près de vingt heures quand Rosalie et Kate partirent, heureusement qu'on pouvait compter sur Alice pour faire la conversation pendant qu'on dinait, sinon je me serais endormi sur mon assiette.
« Je sais pas vous, mais moi, cette journée m'a épuisé ! » dit Alice en étendant ses bras.
« Oui on va aller se coucher aussi » dis-je.
Après avoir tout débarrassé, Bella et moi allâmes dans la chambre et comme la première nuit, nous restâmes plantés devant le lit à se demander qui y rentrerait le premier. J'espérais que ce soit elle car je savais que dès l'instant où je me retrouverai allongé, je m'endormirai instantanément. Finalement, ne voulant pas avoir l'air trop stupide, je pris mon courage à deux mains et tirai la couette en arrière. Au même instant, Bella fit de même et nous nous retrouvâmes étendus l'un à coté de l'autre dans le silence. Mais contrairement à la dernière fois, le premier clignement de paupières m'emmena directement au pays des rêves.
Ce fut le réveil qui me sortit du sommeil, une première depuis quatre jours. Quand mes yeux s'ouvrirent, je fus satisfait de voir que Bella se réveillait elle aussi à coté de moi. Non seulement elle était restée mais en plus il ne s'était rien passé, j'avais réussi. Cependant, je descendis vite de mon nuage quand je vis que Bella fuyait mon regard, avais-je fait quelque chose d'embarrassant cette nuit ? J'espérais que je ne m'étais pas collé à elle ou un truc de ce genre…
« Bonjour » dis-je.
« Bonjour »
Sur ce bref échange, nous nous levâmes et je partis directement me préparer pour aller travailler. En arrivant au bureau, je me servis un autre café car bien que j'avais enfin récupérer du sommeil cette nuit, ça avait un gout de trop peu et mes paupières étaient encore lourdes. Par deux fois, le téléphone me tira de ma somnolence dans la journée.
Le soir, Alice nous apprit qu'elle avait eu des nouvelles de son appartement. Apparemment, les experts n'avaient rien trouvé d'inquiétant et elle pouvait rentrer demain. C'était la dernière nuit à la supporter.
« Je suis soulagée… » dit Bella en entrant dans le lit ce soir-là.
« Elle va enfin nous foutre la paix. J'adore ma sœur, mais là, je suis au bout du rouleau »
« M'en parle pas »
Cette dernière nuit était plus détendue, nous savions que demain nous retrouverons nos espace et de mon coté j'étais plus confiant car la nuit précédente s'était passée sans incidents apparents. Il n'y avait pas de raison pour que celle-ci se passe mal. Serein, je m'endormis instantanément.
Le lendemain, une odeur fleurie chatouilla mes narines. Je connaissais cette odeur, je la connaissais trop même. Un mélange de frésias et de gardénias. Lorsque j'ouvris mes yeux, je clignai plusieurs fois mes paupières pour comprendre ce qui m'entourait. A moins de dix centimètres de mon nez se trouvait un des plus beaux visages qu'il m'ait été permis de voir. Je faisais encore ce rêve où Bella m'apparaissait avec cet air paisible. Je profitais de voir les premiers rayons du soleil percer et illuminer sa peau de porcelaine quand soudain, le réveil sonna. Il n'y avait pas ça dans mon rêve d'habitude. Bella gémit et commença à bouger. Mon rêve n'était vraiment pas comme ça d'habitude, Bella ne bougeait pas et ses pieds ne glissaient pas sur les miens ! Merde ! Je ne rêvais pas ! Je sortis du lit en sursaut comme un mec découvrant au matin qu'il avait couché avec un travesti.
Debout et tétanisé devant le lit, je restai regarder Bella se réveiller. Elle s'étira de tout son long et ses paupières finirent pas s'ouvrir avant que ses yeux se posent sur moi. En réalisant que je restai la fixer, elle attrapa les couvertures d'un coup sec et les tira jusqu'à son menton.
« Quoi ? » dit-elle avec panique. « Qu'est-ce que j'ai fait ? »
Elle me demandait ce qu'elle avait fait alors que c'était moi qui m'étais retrouvé collé à elle ?
« Rien, tu n'as rien à te reprocher » dis-je finalement en passant ma main dans mes cheveux. Elle resta me jauger un instant.
« Ok… »
« Euh, excuse-moi » dis-je en sortant de la chambre pour me diriger vers la douche.
Après ce réveil surprenant, j'avais besoin d'une douche froide, non, glacée plutôt. L'eau coulait sur moi et à chaque fois que je fermais les yeux c'était son visage que je voyais. Et merde ! Ce matin l'eau glacée ne ferait rien pour mon problème hormonal, j'allais devoir le régler manuellement chose qui me dérangeait car je n'arrivais pas à penser à autre chose que Bella quand je m'activais. Cela me mettait extrêmement mal à l'aise, surtout quand je la croisais juste après, car j'avais l'impression qu'elle le voyait sur mon visage. Je ne savais pas si je devais être soulagé ou pas, mais il me fallu moins de trente secondes pour résoudre le problème aujourd'hui. J'en avais marre, c'était vraiment dur de réprimer ses émotions. D'habitude, je maitrisais à la perfection cet art, mais là, c'était comme si une bataille faisait rage en moi et que mes émotions luttaient pour sortir de mon corps. Mais il était hors de question que je cède, il restait moins d'un mois à tenir et je tenais à conserver la complicité que j'avais durement gagné avec Bella, je ne voulais pas tout gâcher à cause de l'embarras que mon comportement créerait.
Ma journée de travail fut moins fatigante qu'hier mais elle fut plus stressante. Ce soir, nous avions notre deuxième cours de danse. Quand je rentrai, certes Alice n'était plus là mais Bella était déjà habillée et chaussée. Le prof de danse lui avait dit de mettre des talons à partir de maintenant car pour elle, danser avec des talons et sans étaient deux choses différentes… Des putains de talons hauts qui me rendaient fou à chaque fois que Bella en mettait. Finalement, je partis me changer à mon tour et nous partîmes en direction de la salle.
« Oh ! Edward et Bella, mes chéris ! Vous êtes magnifiques ! » s'exclama Lizzie, la professeur, en nous voyant arriver. C'était une personne qui frôlait la soixantaine mais avec un dynamisme à faire pâlir les plus jeunes, et son enthousiasme débordant était communicatif.
Après avoir échangé quelques mots, nous ne perdîmes pas de temps et la leçon de valse commença. Cette danse était vraiment ennuyante, Rose allait devoir me payer ça un de ces jours.
« Edward, Edward, Edward… » dit Lizzie avec affliction en coupant la musique. « Ecoute mon garçon, tu as les pas, ça, je ne peux pas le nier, on sent que tu as le rythme dans la peau. Mais la danse ce n'est pas seulement exécuter une série de pas, il faut y mettre de l'émotion ! Regarde, il y au moins cinquante centimètres entre vous deux, il faut vous rapprocher ». Je sentis mon cœur battre la chamade, c'était à cause de cette distance que j'arrivais à tenir. « Imagine toi à la cour de Vienne à la fin du 18ème siècle, et imagine que Bella est une jeune demoiselle que tu cherches à courtiser à tout prix. La danse est le seul moyen pour toi de pouvoir la toucher physiquement et je doute que tu aies envie de garder cette distance entre vous ! La valse, et la danse en général, c'est tout ça tu vois, c'est ce contact rapproché entre deux personnes, il faut y mettre un peu plus de passion ! » débita Lizzie avec exaltation en faisant de grands gestes.
Oui Lizzie, je comprends et c'est bien pour ça que j'ai énormément de difficultés. Donne-moi Alice ou Kate et je te les fais tourner à en vomir.
Je me forçai à me concentrer sur les pas et à imaginer ma sœur à la place de Bella, puis je resserrai ma prise autour de son dos pour me rapprocher. Lizzie relança la musique et Bella me suivit avec aisance. A la fin de l'heure, j'étais satisfait de moi-même, mon corps ne m'avait pas trahi et les progrès étaient là.
« C'était très bien ! Edward, je suis impressionnée, tu es sûr que tu n'as jamais dansé auparavant ? » demanda Lizzie.
« Euh non, je vous assure » répondis-je avec gêne.
« Eh bien ce n'est pas donné à tout le monde d'apprendre à danser aussi vite. En même temps, Bella est une très bonne danseuse aussi. Bien, je crois qu'on va pouvoir passer au rock la prochaine fois »
Je sentis un poids énorme s'enlever de mes épaules, avec le rock, on était pas obligé de rester collés l'un à l'autre pendant une heure et demi…
Le jour suivant, je me levai de bonne humeur, la nuit avait été calme et reposante car Bella et moi avions retrouvé nos chambres respectives. Cependant, Bella semblait toujours fatiguée, et le soir, en rentrant de sa séance de radiothérapie, elle s'endormit sur le canapé.
Le lendemain soir, j'étais entrain de regarder l'orage sévir à travers la baie vitrée du salon quand mon téléphone sonna dans ma poche. C'était Bella.
« Oui Bella ? »
« Edward…j'ai besoin de toi » dit-elle avec panique avec des trémolos dans la voix.
« Qu'est-ce qu'il se passe ?! » m'enquis-je en me retournant.
« Je…je suis en panne…j'ai froid, j'en peux plus Edward… » dit-elle en se mettant à pleurer.
« Où es-tu ?! » paniquai-je. Je l'entendis renifler puis elle m'informa qu'elle était sur un parking près de Seward Park. « J'arrive Bella »
« Merci Edward » dit-elle en craquant à nouveau.
Ni une, ni deux, j'attrapai mes clés et sortis sous la pluie la pluie glaciale. Après avoir brulés quelques feux rouges et dépassé toutes les limites de vitesse, j'aperçus la vieille camionnette rouge de Bella, le capot ouvert. Je savais que ce tacot allait lâcher un jour. Je garai la voiture et sortis précipitamment. Bella était recroquevillée sur son siège, ses cheveux mouillés encore plaqués sur son visage, tremblante. Je frappai à la fenêtre pour lui signaler ma présence avant d'ouvrir la portière. Elle sursauta puis se jeta à mon cou.
« Oh merci Edward ! »
« Shh, je suis là Bella, tout va bien » la rassurai-je en caressant ses cheveux. Elle craqua à nouveau et pleura contre mon épaule. Elle semblait épuisée.
« Je suis désolée, c'est juste que…que…j'étais incapable de savoir ce qu'il fallait faire…je…d'habitude je sais gérer ces situations…mais là, j'étais perdue, il n'y avait personne…je…je suis si fatiguée Edward… »
« Bella écoute moi. » dis-je en prenant ses joues entre mes mains. « Ce n'est pas grave, on va tranquillement rentrer à la maison. On va laisser ta voiture ici, on s'en occupera plus tard. D'accord ? »
Elle renifla plusieurs fois en me regardant puis hocha la tête, elle était complètement à bout de nerfs. Etant donné qu'elle était encore toute tremblante, je la pris dans mes bras et allai vite la déposer dans ma voiture. Puis, j'attrapai ma veste qui était restée à l'intérieur et la passai autour de ses épaules avant de mettre un peu de chauffage.
En arrivant à la maison, je lui dis d'aller prendre une bonne douche chaude pour se réchauffer.
« Merci encore Edward » dit-elle en venant s'installer près de moi sur le canapé.
« C'est normal Bella, ne me remercie pas »
Comme l'autre soir, Bella s'endormit avec la tête sur mes genoux, mais au bout de quelques minutes elle commença à s'agiter.
« Il fait chaud… » dit-elle dans son sommeil en tirant sur son col.
En regardant bien, je vis qu'elle transpirait légèrement et mis ma main sur son front. Elle était brulante. Je ne savais pas quoi faire. Après réflexion, je la pris dans mes bras une fois de plus et la couchai dans son lit, puis je partis dans la salle de bain prendre le thermomètre avant de retourner dans sa chambre. Je ne m'étais encore jamais servi de ce machin et pris quelques instants pour comprendre son fonctionnement avant de le porter à son oreille. 39,2°C. Je commençai à paniquer et le seul qui pouvait me rassurer était Eleazar, aussi malgré l'heure tardive, je décidai de l'appeler.
« Bonsoir Eleazar, je suis désolé de te déranger, mais je suis inquiet. Bella a de la fièvre, et je me demandais si…enfin si… » bredouillai-je sous la panique.
« Edward, du calme. Elle a beaucoup de fièvre ? » me répondit-il.
« 39,2… elle a du prendre froid tout à l'heure, elle était en panne et je pense qu'elle est restée pas mal de temps sous la pluie… »
« Sûrement, et puis la fatigue aussi. Même si son traitement est léger cet effet secondaire peut être observé, surtout qu'elle semblait stressée ces derniers jours…Bon Edward, as-tu du paracétamol chez toi ? »
« Oui » répondis-je.
« Donne-le-lui pour faire baisser la fièvre. Si ce n'est que ça, ça ne sert à rien de s'alarmer. Si ça s'aggrave, appelle un médecin pour qu'il l'ausculte. » expliqua-t-il.
Nous discutâmes encore quelques instants puis je rejoignis Bella en apportant un verre d'eau et des cachets.
« Bella » l'appelai-je doucement en caressant sa main. Elle s'agita un peu puis ses paupières s'ouvrirent légèrement. « Tiens prends ça et bois un peu d'eau » chuchotai-je en l'aidant à prendre le médicament. Elle me regarda puis se rendormit.
Je sortis de sa chambre en laissant la porte entrouverte et m'installai dans le canapé pour rester à proximité d'elle.
« Edward ! » cria-t-elle dans la nuit ce qui me réveilla immédiatement. Je précipitai dans sa chambre et vis son lit complètement défait tant elle avait chaud.
« Je suis là Bella » dis-je en m'approchant d'elle.
« Edward… » murmura-t-elle en gardant difficilement les yeux ouverts.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Je veux pas rester seule…reste avec moi… »
Je restai la fixer devant sa requête. Jasper devait faire ça d'habitude, c'était à moi de prendre soin d'elle maintenant car il n'était pas là.
« D'accord Bella. Je reste là. » répondis-je en m'allongeant à coté d'elle.
Pendant toute la nuit, je somnolai entre les fréquents délires de Bella, la fièvre la faisait cauchemarder et le nom des ses parents et celui de Jasper revenait souvent. Le lendemain, j'appelai Kate pour lui dire d'annuler mes rendez-vous, je n'allais pas laisser Bella toute seule ici alors qu'elle avait encore de la fièvre.
Bella resta dormir toute la journée et j'allais de temps en temps lui prendre sa température et lui donner un peu de paracétamol quand c'était nécessaire. En milieu de soirée, Bella se réveilla alors que j'étais entrain de travailler sur mon ordi à coté d'elle.
« Tu te sens mieux ? » demandai-je.
« Oui…merci Edward… » répondit-elle avec gêne. « Pour tout… ». Je lui souris.
« C'est à ça que servent les amis…Jasper en aurait fait autant. » dis-je doucement en détournant mon regard sur l'écran de mon ordinateur pour ne pas la regarder.
« Sans doute… »
« Tu as faim ? » demandai-je pour briser le silence qui s'était installé.
« Hum je ne sais pas trop… » réfléchit-elle.
« Un peu de bouillon ? » proposai-je. Elle tourna la tête et me regarda avec des yeux étonnés. « Oui il y en a, je ne sais pas s'il sera aussi bon que celui de ma mère, mais ça ressemble à du bouillon » dis-je en riant en repensant au cours que ma mère m'avait donné au téléphone ce matin.
« Tu m'épates ! » dit-elle en souriant.
« J'apprends à être imprévisible… » répondis-je avec un sourire en coin en repensant à la fois où elle m'avait dit que j'étais 'si prévisible'.
« Oh mais ça fait déjà quelques temps que tu me surprends… » répliqua-t-elle en chuchotant alors qu'elle se levait doucement.
La fièvre de Bella avait bien baissé ce soir là, elle se remettait de son coup de froid et les heures de sommeil lui avaient fait du bien. Le lendemain, Bella resta lovée dans le canapé à regarder la télévision. L'après-midi, mon père et ma mère passèrent prendre de ses nouvelles et Esmé en profita pour m'aider à préparer le diner. Même si Bella m'avait appris quelques trucs en cuisine, je n'étais pas encore lâché.
Le soir, boulet n°1 et boulet n°2, alias Emmett et Alice, arrivèrent en compagnie de leurs moitiés. Je ne m'étais même pas donné la peine d'aller leur ouvrir la porte, je savais qu'ils se la donneraient et j'étais très bien dans le sofa avec la tête de Bella sur mes genoux. Cette nouvelle habitude qu'elle avait prise n'était pas pour me déplaire…
« Ben alors ? On est malade ? » dit Emmett à Bella comme s'il s'adressait à une enfant avec taquinerie.
« Ta gueule Emmett… » maugréa Bella sans bouger de mes genoux. « Tu me caches la télé, bouge »
« Bien sûr comme si t'allais me faire croire que tu regardais la télé dans cette position avant qu'on arrive… »
« T'as raison, tu viens de nous déranger dans un moment très intime… » répliqua Bella avec une voix monotone. Visiblement, Bella était tout aussi enchantée que moi de les voir.
« Ça va mieux Bee ? » demanda Jasper en s'agenouillant près d'elle.
« Oui Jazz, ne t'inquiètes pas, Edward s'est très bien occupé de moi ». Les yeux de Jasper se posèrent sur moi et il acquiesça avec un sourire poli.
« Bon, Kate et Garrett n'ont pas pu venir mais on va quand même mettre au point le voyage du weekend prochain. »
« Euh pardon ? Un voyage ? » demandai-je.
« Oui on va passer le weekend à Las Vegas pour enterrer nos vie de célibataires ! » dit Emmett.
« Je voulais pas aller si loin, mais Em ne voulait pas en démordre » dit Rosalie.
« Attends, s'il y a un lieu pour faire ce genre de chose aux USA, c'est bien Las Vegas ! Alors je ne veux pas louper ça ! »
« C'est une blague, c'est ça ? » dit Bella en se relevant.
« Non, il n'a pas arrêté d'en parler dans la voiture » déclara Jasper.
« Mais c'est pas la porte à coté ! » s'exclama Bella.
« C'est bien pour ça qu'on y va le weekend. »
« De toute façon vous n'aviez rien de prévu le 22, non ? » demanda Rosalie.
« Euh non- » commençai-je.
« Ben, voilà ! C'est décidé, on va tous là-bas le weekend prochain ! » s'écria Alice avec enthousiasme.
« Ah j'oubliais, Emmett et moi prenons tous les frais en charge, vous avez juste à nous suivre, c'est tout ! » dit Rosalie.
Bella tourna la tête vers moi et haussa les sourcils pour montrer son étonnement.
« Ok, vas pour Las Vegas » dis-je en faisant un signe de la main.
« Yes ! Ça va être cool ! On va se marrer ! » s'exclama Emmett en tapant dans ses mains.
On ne parla que de ça pendant toute la soirée, ce qu'on pouvait faire là-bas pour s'amuser, les hôtels les plus excentriques, les anecdotes liées à cette ville, etc. A la fin, j'étais aussi excité qu'eux à la perspective de ce weekend, même si une seule chose m'inquiétait. Qui disait enterrement de vie de garçon, disait alcool à flot et donc comportement irresponsable. J'espérais juste que je n'allais pas faire de conneries et foutre en l'air le travail que Bella et moi faisions depuis des mois…
Le rendez-vous fut pris et le samedi matin suivant, nous nous retrouvions tous chez Emmett et Rosalie puisqu'ils se trouvaient le plus près de l'aéroport.
« Bon, tout le monde est prêt ? Il est 9h15, il faut qu'on se dépêche, l'avion décolle à 10h35 ! » dit Rosalie.
Après s'être assurés qu'on n'oubliait rien, nous partîmes tous en direction de l'aéroport.
« Ça va ? » demandai-je à Bella discrètement alors que nous étions dans l'avion. Elle allait beaucoup mieux mais semblait soucieuse depuis quelques jours.
« Oui…mais je te cacherais pas que je suis un peu inquiète pour ce soir, j'ai peur de nous trahir… » chuchota-t-elle.
« Oui moi aussi… » soupirai-je. « On verra bien »
Deux heures et demie plus tard nous arrivâmes à Las Vegas, je savais qu'il y faisait plus chaud qu'à Seattle mais je ne m'attendais à ce que le soleil pique la peau à ce point, il devait faire facilement plus de 35°C. Après avoir récupéré nos bagages, des taxis nous amenèrent au MGM Grand hotel, l'un des plus grands hôtels du monde.
« Vous ne vous êtes pas foutus de nos gueules… » dis-je à Rosalie et Emmett qui se trouvaient dans le même taxi que nous.
« On ne se marie qu'une fois, enfin j'espère… » rit Rosalie.
Ils avaient réservé quatre chambres l'une à coté de l'autre et Emmett avait bien fait savoir qu'il les voulait pas trop loin d'un ascenseur, l'hôtel était déjà immense, ce n'était pas la peine de se taper en plus un marathon pour aller jusqu'à sa chambre selon lui. Bella et moi pénétrâmes dans notre chambre, elle était simple mais très agréable et une grande baie vitrée donnait une vue impressionnante sur la ville. Après s'être changés dans une tenue plus légère, nous rejoignîmes les autres pour aller déjeuner.
Dans l'après-midi, les gars et moi avions décidé de faire un tour au casino, mais après avoir dépensé tout notre argent, nous partîmes rejoindre les filles qui étaient restées au bord de la piscine, ou devrai-je dire, du parc aquatique.
« Wow…et dire qu'elles sont avec nous… » dit Emmett en voyant les filles installées sur des transats alors que nous approchions.
Oui Em, sauf que la brunette aux longs cheveux et avec ce corps magnifique n'est pas avec moi…
« Tiens, tiens, tiens…regardez qui voilà… » dit Alice en baissant ses lunettes.
« Je prends le grand brun » dit Rosalie.
« Et moi le beau blond » dit Alice en riant.
« Alors t'as fait fortune ? » me demanda Bella alors que je m'asseyais sur le bout de son transat.
« Euh, tout ce que j'ai gagné c'est d'apprendre que mon compte s'est allégé d'une centaine de dollars… » dis-je en riant.
« Tiens au fait je t'avais pris ta casquette, t'as intérêt à la mettre si tu veux éviter une insolation » dit-elle en se penchant sur son sac.
« Merci » répondis-je avec gêne en attrapant la casquette car je sentais les regards des garçons sur moi.
« Eh te moque pas toi ! » s'écria Rosalie en donnant une tape derrière la tête d'Emmett. « Je t'en ai pris une aussi ! Et que je ne te vois pas l'enlever ! »
Finalement, nous installâmes des transats à coté d'elle et restâmes toute l'après-midi à profiter du soleil, des cocktails et de la piscine.
« Bon, c'est pas tout ça mais il faudrait peut être qu'on aille se préparer maintenant, non ? » dit Alice alors que le soleil commençait à décliner.
« T'as raison » dit Kate.
« Ok on se rejoint devant la réception… disons à 19 heures ? » proposa Rosalie en regardant sa montre.
« C'est parti ! » s'écria Emmett en se levant.
Nous ramassâmes nos affaires et retrouvâmes nos chambres respectives. Tandis que Bella téléphonait à Jacob, je profitai de la salle de bain pour prendre ma douche et m'habiller, puis, je m'allongeai sur le lit pour regarder la télé le temps que Bella se prépare à son tour.
« Nul…nul…nul…carrément nul…à chier…nul… » murmurai-je pour moi-même en faisant défiler toutes les chaines, à part quelques reportages je n'avais rien trouvé à me plaire. « Pff, c'est nul…pourri…nul…nul…canon ! » finis-je en m'exclamant en voyant Bella sortir de la salle de bain.
« C'est pas 'trop' ? » demanda Bella en se contorsionnant devant le miroir.
« Tu vas…tu vas vraiment sortir comme ça ? » demandai-je en sautant du lit pour la regarder. « Tu vas réellement mettre ce haut et cette…cette mini-jupe ? » balbutiai-je en passant ma main dans mes cheveux. C'était un appel à la décadence ! Le but des enterrements de vies de jeunes filles était de s'envoyer en l'air avec le plus de mecs en une soirée ou quoi ?
« Ici toutes les filles s'habillent comme ça, Edward. Ne t'inquiète pas, on ne va pas se faire agresser ! »
« Nan mais être entourées de mecs lourds qui vont feront des avances, oui ! » dis-je entre mes dents.
« On risque de bien rigoler ! » dit-elle en riant. Elle s'arrêta de rire en voyant que je ne partageais pas son enthousiasme et s'approcha de moi en posant ses mains sur mes épaules. « Ecoute Edward, attends-toi à ce que des nanas viennent aussi vous harceler, il ne faut pas que tu te braques, il vaut mieux en rire. » expliqua-t-elle. Elle croyait que je lui avais dit ça à cause de mes a priori, il y avait de ça aussi, mais c'était surtout parce qu'il s'agissait de Bella. Savoir que des gros lourds allaient tourner autour d'elle, ça me…ça m'énervait.
« Je vais faire mon possible pour endurer ça » répondis-je avec un petit sourire pour la rassurer mais aussi pour me motiver.
« On y va ? » demanda-t-elle en inclinant la tête. Je hochai la tête et nous prîmes chacun notre carte magnétique, Dieu seul savait à quelle heure nous allions rentrer et comment…
Une fois dans le hall, après avoir vérifié que tout le monde avait bien la clé de sa chambre et son téléphone portable, les filles partirent de leur coté et nous du notre.
« Bella a de ces jambes… » dit Garrett et regardant Bella s'éloigner.
« Ouai… » soupirai-je.
« Bon allez ! Place aux réjouissances ! » s'écria Emmett.
« Par quoi veux-tu commencer ? » demanda Jasper.
« Une boite de striptease ! » répondit-il.
« Em il est 19 heures… » dis-je.
« Ça, ça m'est bien égal, j'ai réussi à négocier durement avec Rose le droit d'aller voir des filles nues, alors je ne compte pas passer à coté ! » dit-il en croisant ses bras.
« C'est toi le roi de la soirée, on te suit » dit Garrett.
J'étais loin d'être enthousiaste à cette perspective et je l'étais encore moins quand nous entrâmes dans un club feutré aux lumières tamisées. A mon grand étonnement, il y avait déjà du monde et des filles se déhanchaient autour d'une barre sur de la musique langoureuse.
« Relax Ed ! Faut se détendre vieux ! » cria Emmett pour couvrir le bruit de la musique en me tapant dans le dos.
Nous nous installâmes dans un coin fait de banquettes en velours puis Garrett commanda la première tournée de téquila.
« A ta vie de célibataire Em ! » dit ce dernier en levant son verre.
Nous bûmes le petit verre d'une traite puis ils commencèrent à faire des commentaires sur les filles dénudées qui déambulaient dans le club.
« Regarder celle-là là-bas avec ses jolies petites fesses… » commenta Emmett.
Je me sentais vraiment mal pour ces filles, comment pouvaient-elles accepter de faire ça ? Se mouvoir de façon si sulfureuse et supporter le regard presque pervers de tous ces hommes…
« Edward, fais-moi une faveur s'il te plait » dit Emmett.
« Quoi ? » demandai-je.
« Arrête de tirer cette gueule le jour de mon enterrement de vie de garçon, ok ? Si ça peut te rassurer, on ne va pas sauter sur ces filles, on est là pour s'amuser et glisser quelques billets dans ces jolis petits strings. Je suis sûr et certain qu'elles aiment ça. D'accord ? »
« Je vais faire un effort, mais il me faut un autre verre » répondis-je.
« Bon réflexe frangin ! »
Nous commandâmes une bouteille de téquila et on nous apporta du sel et des quarts de citrons verts. Au bout d'un certain laps de temps, la téquila coula dans mes veines et je commençai à sourire niaisement. J'avais cette étrange impression que dès que je tournais la tête toute la pièce tournait aussi, la téquila avait bien rempli sa mission car les filles qui dansaient devant nous me semblaient un peu plus intéressantes.
« Alors Em, t'as fini de mettre en pratique ton fameux livre ? » demanda Garrett en reposant brutalement son verre sur la table.
« On fait une deuxième relecture pour bien comprendre toutes les subtilités si tu vois ce que je veux dire… » répondit celui-ci en haussant plusieurs fois les sourcils. « Au fait Ed, c'est vrai que Bella aime bien le bondage ? Elle a déjà essayé avec toi ? »
Je faillis recracher mon verre en entendant ses paroles.
« Quoi ? Qu'est-ce qui te fait dire ça ?! » m'étonnai-je en essuyant ma bouche du revers de ma main.
« C'est ce qu'elle m'a dit le jour de ton anniversaire à la plage…Putain vieux, t'as un de ces bol ! J'arrive pas à convaincre Rose, peut être qu'elle devrait en parler à Bella- »
« Attends, attends… » dis-je en secouant mes mains devant moi. « C'est ce qu'elle t'a dit ce jour là ? ». Je ne pus m'empêcher de rire en entendant ça.
« Ne me dit pas que c'est pas vrai ?! J'arrête pas de fantasmer là-dessus depuis qu'elle a dit ça ! »
« Ah mais je ne dis rien du tout moi ! » continuai-je en riant. Bella s'était bien foutue de sa gueule, à moins que…non…Bella n'avait pas ce genre de pratiques, si ?
Un peu trop embrumé pour réfléchir à cela, je décidai de laisser ça de coté pour le moment. Une fille passa à coté de nous et Emmett lui fit signe d'approcher. Il chuchota quelque chose à son oreille et lui donna quelques billets. Intrigué, je restai regarder la fille qui s'approcha de moi avec une allure féline.
« Oh, non, non, non ! » paniquai-je en la voyant s'assoir sur mes genoux. « Je suis marié madame ! » dis-je en montrant mon alliance.
« Edward ! C'est bon, elle va pas te violer ! » rit Garrett en se tenant les côtes.
« Bella serait pas d'accord ! » dis-je en pensant au premier mensonge qui me passait par la tête.
« On va bien s'amuser mon chou » dit la fille en mettant sa poitrine siliconée devant mes yeux.
« Bella n'est pas là Edward ! Et elle doit passer du bon temps aussi ! » dit Jasper en riant à son tour. Ils étaient tous explosés de rire à me voir cramponner la banquette.
« C'est ça, foutez-vous de ma gueule ! » dis-je avec énervement.
« Shh…relax, apprécie le spectacle » dit la fille en se déhanchant sur moi.
Je levai les yeux vers son visage mais je vis celui de Bella à la place. Oh non… je voulais bien avoir des hallucinations mais pas ça ! Je fermai les yeux et me concentrai en essayant de répertorier tous les états américains par ordre alphabétique, et les vapeurs d'alcool ne me facilitaient pas la tâche.
« Eh bien mon chou, ta femme est sacrément chanceuse d'avoir un mari si mignon et si amoureux d'elle » dit la fille en passant sa main sur sa joue une fois qu'elle eut fini sa lap dance.
Atterré par ce qu'elle venait de dire, je restai la regarder s'éloigner. Comment ça 'si amoureux d'elle' ? Je reconnaissais que Bella m'attirait car c'était une belle femme et agréable mais delà à être amoureux d'elle… C'était vrai que je l'appréciais énormément, qu'elle me rendait heureux et que je redoutais le jour où elle allait partir, mais ce n'était pas possible que je l'aime…
Oh merde, j'étais amoureux de Bella…merde, merde, merde !
« Ça va vieux ? » s'inquiéta Emmett.
« Hein ?! » dis-je en le regardant.
« T'as l'air secoué, en même temps je peux comprendre que sa paire de nichons peut te faire cet effet »
« Tu parles de qui ? » demandai-je en fronçant les sourcils.
« Houlà…tiens, bois ça ! » dit-il en me tendant un verre que je bus cul sec.
« J'en veux bien un autre » dis-je.
« A ton service ». Je pris l'autre verre qu'Emmett me tendit et le bus d'une traite également.
On disait que l'alcool aidait à oublier et j'en avais besoin pour oublier ce à quoi je venais de penser.
Je n'aime pas Bella, c'est une amie. Je n'aime pas Bella, c'est une amie. Je n'aime pas Bella c'est une amie…
« Eh, vous savez ce que je voudrais faire maintenant ? » dit Emmett avec une voix qui trahissait son état d'ébriété.
« On t'écoute mon grand » dit Garrett avant de finir son verre.
« Je veux voir Céline Dion…ah ouai ce serait cool ça, voir Céline Dion… » répondit-il.
« Allons-y » dis-je en me levant en manquant de perdre mon équilibre précaire.
« C'est où ? » demanda Jasper en se tenant à moi pour se lever.
« J'en sais rien, on va bien trouver… » dit Emmett.
En titubant dangereusement, nous sortîmes du club et marchâmes sur le Las Vegas Boulevard, enfin d'après ce qu'on nous avait dit.
« Excusez-moi monsieur…euh pardon madame, » dit Emmett en accostant une personne dans la rue. « Elle est où Céline Dion ? ». La dame le regarda avec dégout et s'éloigna ce qui nous fit beaucoup rire sans trop savoir pourquoi. « Roh, mais c'est pas vrai ça ! Personne ne veut nous dire où elle est ? »
« Emmett ! Regarde, elle est là ! » dit Jasper en désignant une enseigne lumineuse. « Il y a écrit… 'Venez voir le spectacle de Céline Dian'… »
« Mais euh ! C'est pas Dian son nom, c'est Dion ! » s'écria Emmett.
« Ben p'tet qu'ils veulent le prononcer à la québécoise** ! » dis-je.
« On va voir ça… » dit Emmett en entrant dans l'établissement.
L'ambiance n'était pas beaucoup différente du club précédent, il ne me semblait pas que Céline Dion officiait dans un cabaret, mais bon… On trouva des chaises libres et commandâmes quelques boissons pour étancher notre soif.
« Hello tout le monde ! Je vois que vous êtes venus nombreux ce soir » dit une voix masculine efféminée au micro. « Bonsoir mes chéris, qu'est-ce qui vous ferait plaisir à écouter ? » dit la personne en venant près de nous. La lumière du spot la suivit et nous découvrîmes que Céline Dian était en réalité un travesti. En voyant la tête déconfite d'Emmett nous partîmes tous dans un fou rire et Jasper tomba même de sa chaise dans son élan.
« Euh j'ai pas de préférences ma-madame » bredouilla Emmett.
« Hum…t'as pas de préférences, hein ? » dit d'une voix grave le travesti en attrapant le menton d'Emmett avec ses fausses griffes manucurées, affichant un sourire coquin.
« Je vais me marier dans deux semaines… » dit-il d'une toute petite voix aigue nous faisant repartir tous dans un fou rire. Le travesti sourit franchement et tapota la joue d'Emmett avant de monter sur la petite scène.
« Em tu me déçois ! » dit Jasper en le pointant du doigt.
« Pourquoi ? »
« Je croyais que t'étais le genre de mec à draguer et choper n'importe qui…je me suis trompé… » dit Jasper avec provocation.
« Quoi ? Tu crois que je suis pas capable de draguer un travelo ? » dit Emmett en pointant son pouce vers lui. « Attends ». Emmett tituba vers le bar où quelques travestis discutaient. Nous restâmes le regarder baratiner et nous nous esclaffâmes quand un des travestis lui paya une bière avant de le laisser tout seul.
« Ils ont dit que je leur faisais pitié… » bouda Emmett en revenant.
« Em, à l'heure actuelle, tu fais pitié… » dis-je en riant niaisement.
« Parce que tu ne fais pas pitié toi p'tet ! »
Après avoir écouté et chanté n'importe comment les chansons que le travesti chantait, on nous éjecta gentiment du club car 'nous bousillions le spectacle' soit disant. Nous étions entrain d'errer en zigzaguant sur l'immense trottoir quand un groupe de japonais attira notre attention. Essayant de faire bonne figure, nous leur proposâmes de les prendre en photo, mais Garrett trouva qu'il était plus marrant de prendre en photo n'importe quoi.
« T'as vu leurs têtes ? » s'esclaffa ce dernier.
« En tout cas les insultes en japonais diffèrent pas tellement de leur langage quotidien…limite s'ils vont pas s'incliner en te traitant de connard ! » dis-je en riant.
« Merde, il où Jazz ? » demanda Emmett.
Nous tournâmes sur nous-mêmes pour le chercher des yeux mais ce fut une mauvaise idée car je perdis l'équilibre et entrainai Garrett dans ma chute.
« Jasper ! » appela Emmett.
« Eh ! Je suis là ! »
Nous trouvâmes Jasper dans un petit bassin avec quinze centimètre d'eau. Il tentait vainement de faire la brasse.
« Venez, l'eau est bonne ! » dit-il en se tournant pour faire la planche.
« T'es con, t'es trempé maintenant ! » dit Garrett.
« Il faut qu'on te trouve d'autres vêtements… » dis-je.
Nous réussîmes tant bien que mal à sortir Jasper du bassin, puis nous nous mîmes en quête de quelque chose à lui mettre.
« Ils doivent bien avoir un truc de potable, ici… » dit Emmett en entrant dans une boutique de farces et attrapes.
Quand nous ressortîmes de la boutique, Jasper était habillé en Superman et Emmett en Spiderman, ce dernier avait été jaloux du costume du premier. Quant à Garrett et moi, il nous restait encore une once de raison et nous pûmes éviter le ridicule.
« Je me sens pas bien… » dit Jasper en mettant la main sur son ventre.
« On va boire un coup, ça va passer ! » dit Emmett.
Pour la troisième fois de la soirée, nous nous retrouvâmes dans un bar, mais de cow-boys cette fois.
« Je peux avoir une paille s'il vous plait ? » demanda Emmett au barman. « Je peux pas boire à travers mon masque »
« Enlève-le bouffon ! » dis-je.
« Et dévoiler mon identité secrète ? T'es con toi ! » répliqua-t-il.
« Eh Superman t'endors pas sur la table » dit Garrett en tirant les cheveux de Jasper en arrière pour qu'il se relève.
« Je vais vomir… » dit celui-ci d'une voix pâteuse. Garrett le relâcha et la tête de Jasper retomba sur la table. « Je veux Alice… »
« Elle est pas là » dis-je avant de finir mon verre de 'je-sais-pas-quoi'.
« Je veux Alice quand même… »
« Elle est pas là » répétai-je.
« Je la veux… »
« Pas là… »
Inlassablement je répétai à Jasper qu'Alice n'était pas là, mais il continuait de la demander. Finalement, nous décidâmes qu'il était temps de rentrer à l'hôtel car nous ne savions pas combien de temps cela allait nous prendre. Garrett et moi passâmes chacun un bras de Jasper sur nos épaules puis nous quittâmes les cow-boys en renversant plus d'une chaises sur notre passage.
« Emmett… » l'appelai-je en voyant qu'il ne suivait pas. « Pardon, Spiderman, t'arrives ?! »
« J'ai toujours rêvé de faire ça… »
Garrett et moi stoppâmes et nous retournâmes pour trouver SpiderEmmett en admiration devant une boutique de tatouages.
« Non Em »
« Allez Ed ! Un petit ! Un souvenir de cette soirée ! »
« Non »
« Ah ouai…un tatouage, j'en veux un…et je veux Alice aussi » dit Jasper.
Emmett entra dans la boutique et nous dûmes le suivre à l'intérieur. Une heure plus tard, nous ressortîmes tous en tenant la partie douloureuse de notre corps. Après plusieurs minutes à tergiverser pour savoir par où il fallait rentrer, l'un d'entre nous eut la bonne idée d'appeler un taxi.
Arrivés devant l'hôtel, Jasper se laissa tomber de voiture tel un vulgaire paquet et Emmett trébucha sur lui, Garrett crut que c'était un jeu et se laissa tomber sur eux.
« Les gars…venez faut pas rester là… » dis-je en tirant sans force sur le bras de quelqu'un. Garrett et Emmett réussirent à se lever mais Jasper restait étalé comme une crêpe. Je me trainai vers un groom et piquai son chariot porte-bagage doré.
« Monsieur ! Vous n'avez pas le droit ! » me dit-il.
« Nan mais vous avez vu sa gueule ? Vous voulez qu'un client tombe sur lui et fasse un procès qui vous fera renvoyer illico pour votre inaptitude ? » dis-je en essayant de le regarder dans les yeux. « Bien. » dis-je puisqu'il ne protesta pas. Sans savoir comment, je réussi à amener le porte bagage près de Jasper et Garrett m'aida à le poser dessus, puis nous le fîmes rouler jusque dans le hall non sans heurts sur sa tête.
On venait de s'écraser lamentablement sur le sol carrelé de l'hôtel quand j'entendis des gloussements au loin derrière nous.
« Oh merde…regardez ça… » dis-je avec une voix pâteuse.
De superbes filles déguisées en Playmates déambulaient dans le hall en riant aux éclats. Leurs costumes serrés affinaient leurs tailles et bombaient leurs poitrines, sans compter les bas résilles et les escarpins qui allongeaient leurs jambes.
« Mais…c'est Rosie ! Rosiiiiiiiiiiiiie ! » cria Emmett. Je fronçai les yeux et essayai de stabiliser l'image devant moi.
« Bella ? » murmurai-je pour moi-même. « Bella ! » dis-je plus fort en me mettant debout.
« YOU HOUUU ! » cria Alice en faisant de grands gestes alors qu'elles se trouvaient à moins de vingt mètres de nous.
« Mon amour ! » s'écria Jasper en émergeant.
« Je croyais que t'étais malade ? » dis-je en le regardant.
« Ça va mieux quand je vois l'amour de ma vie… » dit-il en regardant amoureusement ma sœur.
Bella arriva près de moi et attrapa mes cheveux pour plaquer ses lèvres contre les miennes avant de me relâcher presque aussitôt.
« Ça, c'est mon mari ! MON MARI, A MOI ! ALORS MESDAMES, PASSEZ VOT' CHEMIN ! » cria-t-elle aux pasants en me désignant.
« Jazz ! Si on allait se marier nous aussi ? Dis oui ! Dis oui ! »
« Ça va de soi ma chérie, Superman ferait n'importe quoi pour sa Loïs ! » répondit Jasper à Alice. Avec difficultés, ils réussirent à se mettre debout et partirent en direction de la sortie, et voir Jasper en Superman et Alice en Playmate avec son pompon sur ses fesses me fit éclater de rire.
« Emmett… oh Emmett ! Je veux être ta Mary Jane ! Tu es si sexy en Spiderman ! » dit Rosalie en l'embrassant avec frénésie.
« On va prendre un dernier verre dans notre chambre ? » demandai-je à Bella en passant mon bras autour de sa taille
« Mmm… Je vous suis où vous voulez monsieur mon mari… » dit Bella d'une voix suave en passant sa main sur son torse avant de glousser. Nous tenant l'un l'autre, nous nous aidâmes mutuellement pour atteindre un ascenseur.
« J'en ai vu des filles ce soir, et aussi des hommes qui se prenaient pour des filles, mais aucunes n'étaient aussi jolies que toi…ou portaient un pompon sur les fesses » dis-je en pressant le pompon blanc.
« Edward ! » répliqua-t-elle, faussement outrée en me donnant une tape.
Je ris à mon propre geste, l'alcool me faisait faire vraiment des choses que je ne m'aurais jamais cru capable.
« Oh non… j'arrive pas à attraper ma clé… » bouda Bella en fourrant sa main dans son décolleté.
« Ne…ne me dis pas que tu la mises dans ton soutien-gorge ?! » paniquai-je.
« Non, j'ai pas de soutien-gorge, ce costume est tellement serré qu'il fait office de Wonderbra…ah ça y est ! » dit-elle. « Allez viens Edward » dit-elle en me prenant la main en voyant que j'étais paralysé sur place.
Nous réussîmes à aller jusqu'au milieu de la chambre en s'appuyant sur les meubles et je me laissai tomber dans le canapé qui se trouvait près du lit.
« Bella… » gémis-je alors qu'elle s'affairait près du mini-bar.
« Quoi ? »
« Tu peux faire quelque chose pour que la pièce arrête de tourner autour de moi ? Ça me rend malade… »
« Tiens bois ça » dit-elle en tendant une bouteille de champagne.
« Elle est vide ta bouteille, y'a rien qui sort » dis-je en la secouant au-dessus de ma bouche.
« Pfff mais non nigaud ! » gloussa-t-elle. « Tu l'as pas débouché ! »
« Ahh… » dis-je. Je penchai la bouteille et il ne fallu pas beaucoup de force pour que le bouchon saute en déversant sa mousse sur moi. « Oh mon t-shirt est toute mouillé maintenant… ». Après avoir passé ma main sur mon vêtement, je bus une grande gorgée de champagne et passai la bouteille à Bella qui s'était hissé sur le canapé à coté de moi.
« Dis Ed… »
« Hum ? »
« Tu crois que les autres vont s'envoyer en l'air ? »
« Ouai et ça me déprime… »
Nous bûmes chacun à notre tour des gorgées de champagne pendant un instant jusqu'à ce que Bella se traine vers le lit et s'y installe. Je continuai de vider un peu la bouteille en regardant Bella s'étirer tel un chat sur le matelas.
« Tu sais quoi ? ». Bella se mit sur le ventre et me regarda avec un sourire coquin.
« Quoi ? »
« Il n'y a qu'une chose qu'on a pas simulé pour faire gober notre supercherie… ». Elle se retourna sur le dos. « Hum…Edward… » commença-t-elle à dire en passant sa main sur son cou.
« Tu fais quoi là ? » m'inquiétai-je.
« Oh oui…hum… » continua-t-elle en passant sa main dans ses cheveux en fermant les yeux.
« Bella… » grondai-je.
« Je simule Edward…je vais leur faire croire que tu me donnes le meilleur orgasme de vie… »
Mes yeux s'écarquillèrent, elle était sérieuse là ? Elle allait me faire un remake de 'Quand Harry rencontre Sally ?', je n'allais pas pouvoir endurer ça !
« Oui Edward ! Ici oui…encore…hum… ». Non seulement elle le faisait mais en plus elle se tortillait sur le lit.
« Qu'est-ce que je te fais pour que ce soit si bon ? » demandai-je en venant m'assoir sur le lit.
« Disons que tes doigts savent où aller et quoi faire… » dit-elle dans un murmure sans ouvrir ses yeux. « Ne t'arrête pas…Oh oui !...comme ça… ». Elle finit par se mettre à genoux et agrippa ses cheveux. « Edward…Edward ! » cria-t-elle en sautant sur le lit.
« Bella, arrête car je vais pas pouvoir simuler moi… » dis-je en pointant mon entrejambe.
« Ah bon ? » dit-elle avec un regard malicieux.
La fille qui hantait mes rêves depuis des mois était habillée en Playmate et simulait un orgasme, évidemment que ça ne me laissait pas indifférent ! Elle sourit en coin avant de reprendre son souffle.
« Oh mon Dieu Edward ! Oui ! Oh oui ! EdwARRRD ! » cria-t-elle à pleins poumons.
« Et merde… » chuchotai-je en plaquant ma main sur mes yeux. Bella soupira de plaisir et gloussa en me voyant.
« Ton fidèle soldat est au garde-à-vous ? » dit-elle en pouffant de rire.
« Ça fait tellement longtemps qu'il a pas été sur le champ de bataille et il n'a pas compris que c'était un exercice… » ris-je en dégageant ma main pour regarder Bella qui s'approchait de moi.
« Et moi, ça fait longtemps que Bellaland n'a pas été envahi… » dit-elle en gloussant à nouveau.
« Combien ? » demandai-je en gloussant à mon tour. Il n'y avait que sous le coup de l'alcool que je gloussais, heureusement.
« Presque un an et demi. Et toi ? »
« Sensiblement pareil. James ? ». Elle acquiesça.
« Tanya ? ». J'acquiesçai à mon tour. Je chassai rapidement l'image de cette connasse pour rassembler le peu de concentration que j'avais sur Bella.
Nous restâmes nous fixer pendant quelques secondes en riant niaisement, puis soudainement, nos lèvres rentrèrent en contact avec urgence. Ses mains vinrent agripper mes cheveux et les miennes sa mâchoire pour intensifier notre baiser sauvage. L'alcool avait envahi mon système nerveux, il m'était totalement impossible de raisonner et mon corps était libre de s'exprimer.
Je la voulais, ici et maintenant, au diable les conséquences !
Nos langues se livraient bataille à présent pour avoir le dessus sur l'autre et nos mains tenaient avec plus de fermeté leurs positions. Maintenant que j'y avais gouté, je voulais explorer d'autres parties de son corps et quittai ses lèvres pour embrasser sa mâchoire et son cou.
« Edward… » soupira-t-elle. « On ne peut pas faire ça… » dit-elle en me collant davantage à elle en caressant mon crane.
« T'as raison…ça fait si longtemps… que je me demande si je sais le faire encore… » chuchotai-je entre mes baisers sur sa clavicule.
« Ok…mais entre amis alors… » souffla-t-elle avant d'attraper mes joues pour m'embrasser à nouveau. Le mot 'ami' fit ressurgir en moi de vieilles inquiétudes.
« Ce qui veut dire… ? » murmurai-je entre ses lèvres.
« On est deux…amis…qui crèvent d'envie…de s'envoyer en l'air…disons qu'on se rend service… » soupira-t-elle entre nos baisers. Je réfléchis moins d'une fraction de seconde car mon cerveau ne put faire plus.
« Je vois…un service amical… » dis-je.
« Purement amical… » gémit-elle alors que ma langue descendait sur son sternum.
« Se rendre service… c'est notre spécialité… » ris-je contre sa peau. Bella pouffa de rire avant de me pousser pour m'allonger sur le lit. Pris dans notre élan, nous tombâmes ensemble sur la moquette au bout du lit avant d'exploser de rire avec stupidité.
« Oups ! » dit Bella en s'esclaffant alors qu'elle était étendue sur moi. Je me rassis maladroitement avant d'enlacer la taille de Bella qui était assise à califourchon sur mes cuisses. « T'es complètement bourré ! » rit-elle.
« Exactement ! Et vous aussi madame Cullen, vous êtes ronde comme une queue de pelle ! » pouffai-je bêtement.
« Tu vas voir ce que madame Cullen sait faire ! » dit Bella en se dégageant de moi avant de se mettre à quatre pattes pour essayer de se relever. « Houlà ! » s'écria-t-elle en se retenant à la chaise non loin de là pour ne pas tomber. « Sors tes billets cow-boy ! » dit-elle en jetant son serre-tête en forme d'oreilles de lapin par terre.
En riant d'elle, je mis la main dans ma poche de jean et trouvai quelques billets, ceux qui étaient sans doute destinés aux filles du club de striptease et que je n'avais pu me résoudre à donner. Tant bien que mal, je me hissai sur le lit pour m'assoir et lui tendis la liasse.
« Voilà madame » dis-je avec sourire.
« Hum… c'est tout ? Avec ça je n'enlève que le haut mon loup » dit-elle d'une voix aguicheuse en se tenant à mon épaule pour ne pas tomber. Je cherchai dans mon autre poche et trouvai mon porte feuille. Avec concentration, j'essayai de dégager ma carte bancaire dorée avec mes pouces avant de la lui donner.
« Et avec la totalité de mon compte ? » dis-je avec un sourire en coin avant de glousser.
« Tu as carte blanche… » chuchota-t-elle en se déchaussant.
« Ok »
Je lui attrapai la main et tirai vers moi pour la faire tomber sur le lit, chose qui ne fut pas très difficile. Je passai ma main derrière ma tête pour attraper le haut de mon t-shirt et le retirai avant de le jeter dans un coin de la pièce. J'allai reporter mon regard sur Bella quand celle-ci prit mon visage entre ses mains pour m'embrasser rageusement. Ne pouvant lutter, je me laissai tomber sur elle et savourai avec délectation ses lèvres aromatisées à la téquila et au champagne. Alors qu'elle enroulait ses cuisses autour de ma taille, ma main glissa sur la fermeture éclair de son costume qui se trouvait sur son flan et tirai dessus. Je quittai ses lèvres quelques secondes pour la débarrasser de ce truc devenu superflu à l'heure actuelle. Maintenant que la machine était en route, je ne pouvais plus m'arrêter.
Bella, Bella, Bella, Bella, Bella
Je la veux, Je la veux, Je la veux, Je la veux, Je la veux
Maintenant, Maintenant, Maintenant, Maintenant, Maintenant
Dans la foulée, je tirai sur ses collants résilles puis sur son string.
« Edward… » m'appela-t-elle doucement. « Ne t'arrête pas… » râla-t-elle en tirant sur mon poignet alors que je m'étais figé. Je venais subitement de réaliser que Bella était nue devant moi, à ma merci et…totalement et complètement consentante.
Réalisant que ce n'était pas un rêve, je repris ma place entre ses jambes et repartis à l'assaut de ses lèvres. Je voulais profiter d'elle car je savais que ce moment ne durerait pas, aussi, je goutai ses lèvres, son cou, sa clavicule, son sternum, et…ses seins. Finalement, c'était à cause d'eux qu'on se retrouvait ici, ironie du sort. J'allais embrasser son sein gauche quand je me rappelai que c'était celui-ci qui était en traitement. Rien ne laissait penser qu'il avait été malade. Pour moi c'était les plus beaux seins du monde et ils méritaient toute mon affection, par conséquent je leur procurais les meilleurs soins. Je léchai sa peau fine puis pris entre mes lèvres son mamelon qui se durcit immédiatement.
Tandis que ses mains massaient mon cuir chevelu, j'embrassai et palpait sa poitrine, la faisant gémir de temps en temps ce qui ne faisait qu'accentuer mon excitation déjà bien présente. A cet instant, je maudissais l'alcool qui coulait dans mes veines car mon toucher était altéré et je ne sentais pas correctement son grain de peau ni l'effet de son contact sur ma peau.
« Bella… » gémis-je alors que mes baisers se dirigeaient sur son bas ventre.
« Oh Edward…ça fait si longtemps… » soupira-t-elle.
Je descendis encore mais décidai de garder le meilleure pour fin, aussi, je continuai de faire courir ma langue sur son aine puis sur l'intérieur de sa cuisse.
« Punaise Edward ! Ça fait un an et demi, j'aurais envie de te dire que je suis plus à une minute près mais c'est pas le cas ! » bouda-t-elle. Je pouffai de rire contre sa peau ce qui provoqua un petit gémissement de sa part tant l'endroit était sensible.
« Tu m'excuses, j'ai perdu le mode d'emploi, j'avance à tâtons… » dis-je en reprenant mes baisers sur l'intérieur de son autre cuisse.
« T'es qu'un bouffon Cullen, viens par ici ! ».
Elle attrapa ma tête pour m'inviter à remonter sur elle et m'exécutai avec plaisir, puis, elle me poussa par les épaules pour que je m'allonge. Aussitôt, elle vint s'assoir sur mes cuisses avec un immense sourire aux lèvres et s'attaqua à déboucler ma ceinture.
« Qu'est-ce que c'est que ça monsieur Cullen ? » dit-elle
Je relevai la tête et vis qu'elle pointait un bout de sparadrap sur ma hanche qui dépassait de mon pantalon. Je réfléchis pour savoir pourquoi j'avais ce truc, mais je n'y arrivais pas. Bella déboutonna puis dézippa ma braguette avant de tirer pantalon et boxer en même temps.
« Tu t'es blessé ? » demanda-t-elle en caressant avec la pulpe de ses doigts les contours de la compresse me faisant frissonner.
« Je sais plus ! » ris-je. « Regarde »
Elle essaya de décoller un bout du sparadrap mais dut s'y reprendre à plusieurs fois pour réussir à l'attraper. Elle tira d'un coup sec la compresse mais je ne ressentis aucune douleur car l'alcool m'anesthésiait avec efficacité.
« Un tatouage Edward ?! ». Bella partit dans un fou rire incontrôlé tandis que mes yeux tentaient de faire le point sur la tâche noire qui se trouvait sur l'os de ma hanche. Finalement je réussis à lire 'Bella' en calligraphie et cet épisode de ma soirée me revint en tête.
« Ils m'en croyaient pas capable… alors j'ai trouvé que si je mettais ton prénom, ça leur clouerait le bec » expliquai-je en caressant ses cuisses pour lui faire comprendre qu'il fallait qu'on reprenne là où s'était arrêté.
« Hum…c'est trop sexy » chuchota-t-elle en se penchant pour m'embrasser.
Rapidement, elle abandonna mes lèvres pour déposer des baisers fiévreux sur mon torse, n'oubliant pas un seul endroit. A mesure qu'elle descendait je sentais ses seins caresser ma peau et cela me rendait fou. Soudain, elle arriva sur mon entrejambe et frôla du bout des lèvres mon sexe tendu.
« Pas ça Bella… » la menaçai-je.
« Pourquoi ? » demanda-t-elle avec un sourire machiavélique.
« Parce que je suis pas sûr de tenir » m'esclaffai-je. « Par contre toi… ». Je la pris et nous fis une fois de plus pivoter sur le lit, manquant encore de tomber au sol.
L'heure n'était plus au blabla et je collai mon entrejambe contre son intimité pour rechercher la friction avant de glisser ma langue entre ses lèvres. Je sentis ses mains se plaquer sur mes fesses et remonter sur mes reins avant de redescendre langoureusement. Elle enroula ses jambes autour de ma taille et ma main n'avait de cesse de glisser sur sa cuisse jusqu'à ses fesses.
« Edward… » gémit-elle alors que mes lèvres ne quittait plus son cou parfumé.
Ma main se faufila jusqu'à son intimité et la caressait doucement en faisant de légers va-et-vient. A ce contact, Bella se cambra sous moi et donna des coups de bassin pour approfondir mon massage. Au bout de quelques secondes ses gémissements de fit plus insistants et je savais qu'elle commençait à s'impatienter. Bien que je souhaitais la même chose, je prenais plaisir à la taquiner de la sorte. Soudainement, elle glissa à son tour une main entre nous et pris mon membre entre ses doigts.
« Bella ! » m'écriai-je en décollant mes lèvres de sa peau.
« Il faut que tu comprennes ce que tu me fais endurer, cow-boy. » chuchota-t-elle avec un sourire en coin.
« Je…ok » cédai-je en souriant. « Je vais te faire crier comme ta petite scène de tout à l'heure… » murmurai-je à son oreille en guidant mon sexe en elle.
« J'ai hâte de voir ça… » dit-elle avant pousser un petit cri étouffé.
Je commençai par de lentes intrusions pour apprécier ce contact en embrassant Bella passionnément. Je me sentais si bien, et ce n'était pas seulement à cause de l'alcool qui imbibait mes cellules, je me sentais entier à cet instant. Bella vint planter ses ongles dans mon dos et onduler sous moi pour accentuer notre mouvement. Instinctivement, j'accélérai mon rythme pour augmenter le plaisir, mais il fallait que je me retienne car ça faisait si longtemps que je luttais contre cette envie que maintenant que j'y étais, je devais prendre sur moi pour ne pas exploser immédiatement.
« Bella…punaise Bella…! » dis-je entre mes dents au bout d'un certain temps. J'étais tenté de changer de position mais je doutais trop de mon équilibre, si c'était pour se retrouver encore à terre …
« Oui Edward…hum… oui comme ça… » geint-elle alors que nous avions atteint notre rythme de croisière.
Elle prit mon visage entre ses mains et vrilla son regard dans le mien avec intensité quelques secondes avant de m'embrasser et gémir contre mes lèvres. Complètement émoustillé par ça, je laissai tomber ma volonté et accélérai encore mes pénétrations.
« Edward…oh oui Edward !...mon dieu… oui c'est ça ! » s'écria-t-elle entre mes va-et-vient.
« Bella je vais… »
« Oui Edward…moi aussi je…nom de dieu Edward ! » cria-t-elle.
Sentant que j'en avais plus que pour quelques secondes, je glissai ma main sur son intimité et caressai la zone la plus érogène de son anatomie pour lui donner le coup de grâce.
« Ohhh ! Edwaaaard ! » hurla-t-elle alors que son orgasme la submergeait. Presque aussitôt, je vins en elle et une vague de plaisir m'envahit.
« Bella ! Bon sang ! » m'exclamai-je en donnant mon dernier coup de rein.
Epuisé par l'effort alcoolisé que je venais de fournir, je m'affalai sur la poitrine de Bella pour reprendre mon souffle. J'entendais le cœur de Bella battre la chamade et sentais sa cage thoracique se soulever avec frénésie sous ma tête.
« Edward…c'était… » murmura-t-elle.
« …indescriptible » finis-je.
Les mains de Bella vinrent caresser mes cheveux, et ajouté au sentiment de plénitude que je ressentais et à l'alcool qui brouillait mon cerveau, il ne m'en fallu pas plus pour sombrer peu à peu dans les bras de Morphée…
Je t'aime Bella.
Je souris à ma pensée puis mes yeux se fermèrent.
* Personnage interprété par John Travolta dans La fièvre du samedi soir, le 2001 Odyssey est la boite disco dans laquelle il se rend tous les samedis.
** J'adore les québécois, ni voyez rien de péjoratif !^^
Bon et bien voilà, je sais que beaucoup attendaient avec impatience ce (premier) lemon, j'espère qu'il ne vous décevra pas trop. J'ai choisi de faire quelque chose de soft pour car d'une part, le lemon n'est pas mon point fort et d'autre part, je ne voulais pas aller dans quelque chose de trop cru.
Pour le prochain chapitre, je doute qu'il soit beaucoup plus rapide à venir, je suis désolée… A moins que je réduise la longueur des chapitres et poster dans des délais raisonnables, je vais voir ça…^^
Je voudrais faire un petit aparté important : En collaboration avec beth_juju_jeny, nous avons organisé un concours de One-shots sur le site, venez visiter mon profil pour voir le lien ! On espère que vous serez nombreux à y participer ! ^_^
J'attends avec impatience et stress vos reviews, et j'ai hâte de voir vos théories sur la suite, eh eh !
