Titre :
Irksome
Auteur
: Hitto-sama
Base :
Naruto
Genre :
la mélodie du bonheur sonne faux
Disclamer
: Je doute que Masashi Kishimoto, auteur du manga "Naruto"
et donc unique propriétaire des droits, aime torturer ses
personnages. Ça tombe bien, parce que moi j'aime ça.
Note :
Ah ah !
-¤ Irksome ¤-
Le soleil était haut dans le ciel, la journée fraîche et agréable, quelques nuages jouaient dans le ciel ; le village de Konoha était calme en cette matinée du vingt-trois septembre. Et pour une fois, cela mettait du baume au cœur de Kakashi. Il se sentait étrangement en harmonie avec ce paisible village et ses oiseaux gazouillants à qui mieux-mieux tout en se regroupant sur les câbles électriques. Leur migration commencerait bientôt et Kakashi leur souhaita bon courage.
Cette semaine avait été plus qu'agréable et il se demandait pourquoi il n'avait pas pris de vacances plus tôt. Il avait appris des choses intéressantes (peindre un mur uniformément, réparer une tuyauterie coudée, éplucher n'importe quel fruit ou légume, faire une véritable omelette, repasser un chemisier, épiler une dame à la cire sans lui faire mal, mettre correctement du rouge à lèvre, broder, etc …) qui lui ouvraient de nouvelles perspectives. Kakashi se sentait bien. Il inspira profondément l'air frais, debout devant la fenêtre ouverte de son salon, écoutant distraitement la radio. Il salua une voisine qui passait dans la rue (la vieille en resta comme deux ronds de flan un instant avant de lui répondre) puis décida qu'il était temps de commencer à bouger un peu. Ses exercices matinaux étaient déjà fait aussi pensa-t-il aller au plus tôt chercher de quoi s'occuper pour la journée. Une bonne petite mission de rang A ou S le tentait bien.
Ce fut donc frais et dispos que Kakashi entra d'un pas vif à l'administration, souriant sous son masque comme s'il était aux anges. Vraiment, cette semaine avait été très reposante et déterminante dans son avenir proche. Les couloirs étaient étrangement calmes ce matin là, n'attirant pas plus l'attention de Kakashi que ça. Le monde était trop beau et ordonné pour qu'il ne remarque le peu d'activité autour de lui. Bifurquant par habitude dans la salle d'assignation des missions, que certains avaient surnommé "la résidence secondaire de Hatake Kakashi" pour l'y avoir vu très souvent, Kakashi eut la surprise de rentrer dans une porte. Reculant un peu et ajustant sa vue, il remarqua que les portes étaient bien fermées et même scellées par un fûda qu'il mit un peu de temps à trouver tant il était bien dissimulé. Kakashi savait que le bureau était ainsi scellé lorsqu'il n'y avait personne, bien que la pièce fut vide de tout document compromettant – encore une bizarrerie de l'administration, en somme. La question qui se posait dès lors fut la suivante : pourquoi diable le bureau d'assignation des missions était-il fermé ?
Kakashi recula un peu, regarda dans le couloir pour constater qu'il était désespérément vide de toute présence humaine. Il haussa les épaules. Le Hokage avait ses raisons que la Raison ignorait. Kakashi glissa les mains dans ses poches et se dirigea vers la salle de repos réservée aux jônin, se disant qu'un petit café ne sera pas déplaisant. Lorsqu'il arriva devant la porte, il prit bien garde à son état avant de juger qu'il pouvait entrer en la faisant simplement coulisser. Conscient qu'il risquait de croiser un collègue indésirable, Kakashi se colla d'abord contre le shôji et écouta attentivement ce qui se passait de l'autre côté. Un silence de mort lui indiqua qu'il pourrait passer un petit moment seul en tête à tête avec son café sans sucre, trop amer et à l'affreux goût métallique – une annexe du Paradis.
La pièce donnait sur deux côtés –en face de la porte et à gauche- sur une magnifique vue d'une arrière cours de l'administration, un puit de lumière dans cette fourmilière si souvent arpentée. Le mur de droite était occupé par différentes machines et le dernier par des tableaux d'affichage. Kakashi regarda les dernières nouvelles avec plus ou moins d'intérêt. Les annonces importantes du Hokage côtoyaient les derniers ragots sur untel, il fallait l'expérience d'un œil avisé pour trouver ce qui était important immédiatement. Kakashi vit une note d'Inuzuka Tsume proposant des chiots ninja. C'était intéressant mais Kakashi n'avait pas du tout envie de passer des mois à dresser un chien. Les siens lui prenaient déjà beaucoup de temps, même s'ils n'étaient que des invocations. Il tomba ensuite sur un post-it signé de la main de Gai annonçant qu'il organisait une fête pour la réussite de Hyûga Neji. Kakashi haussa un sourcil. Il se souvenait que Neji avait été promu jônin mais cela remontait à quelques mois déjà. Le mot de Gai était pourtant daté de trois jours en arrière. Kakashi ne s'en préoccupa pas plus. Il ne cherchait pas à comprendre Gai.
Le tintement du métal résonna un instant d'éternité dans la salle avant que le monstre mécanique ne ronronne comme un gros chat. Un petit gobelet en carton marron tomba à sa place juste avant que l'odeur du breuvage n'emplisse les narines de Kakashi. Le café s'abattit au fond du récipient, glougloutant et susurrant déjà mille promesses de bonheur au ninja. De la vapeur s'échappa et le hurlement de la machine avertit l'heureux que sa décoction était prête. Attrapant le gobelet d'une main tremblante d'envie, Kakashi retira son masque en s'assurant une dernière fois qu'il était bien seul. Il s'affala sur la banquette la plus proche, attrapant au passage la première revue venue sur une table. Chaque mois, chaque jônin mettait quelques pièces dans une boîte pour financer lesdites revues que l'on entassait par la suite dans un coin de la salle jusqu'à ce que la pile s'effondre. On tirait au sort qui devait aller les acheter et le désigné faisait ce que bon lui semblait alors les titres variaient assez souvent. Cette fois-ci, le panel de magazine venait certainement d'une femme puisque Kakashi se retrouvait avait un exemplaire de "Sexy Shinobi" entre les mains. On pouvait voir un homme vêtu d'un short en résille agrémenté de quelques bandages, armés et dans une pose guerrière, sur la couverture glacée. Un gros titre ("Apprenez-lui à se servir d'un kunai") cachait fort heureusement sa dignité. Kakashi feuilleta quelques instants la revue avant de juger que les mannequins jouant les ninja étaient vraiment ridicules.
Il balança le magazine sur la table et avala son café d'une traite. Kakashi jeta un œil à l'horloge pour voir qu'elle affichait obstinément minuit vingt (ou midi vingt, différentes versions de la légende circulaient). Personne n'avait changé les piles depuis au moins trois ans, ce qui expliquait bon nombre de retards divers et variés. Dire que cette horloge avait survécu à l'attaque d'Orochimaru … Kakashi trouvait cela très noble. La pauvre était morte d'épuisement quelques semaines plus tard, alors que tout le monde s'occupait d'autre chose. Brave petite, se dit-il en écrasant son gobelet. D'un geste sûr, il l'envoya dans une poubelle située dans un angle mort, l'obligeant à faire au moins deux rebonds contre les murs tachés de café. Très fier de lui, Kakashi se releva, soupirant profondément. Il remit son masque en place et sortit de la salle de repos. Personne à gauche, personne à droite, un mur en face. Cela n'entacha nullement sa bonne humeur.
Les couloirs étaient toujours aussi vide, pas même un mouton de poussière ne traversait. Kakashi en profita pour flâner et se perdre mais ce jeu ne le lassa rapidement – comment se perdre dans un endroit que l'on connaît par cœur ? Il s'assit sur la rambarde d'un escalier et se laissa glisser jusqu'à l'étage inférieur, reprenant son chemin comme si de rien n'était. Cela lui fit étrangement plaisir. Il n'avait pas fait ça depuis qu'il était jônin, soit plus de dix-sept ans. Kakashi s'arrêta net dans le couloir et regarda en arrière, terriblement attiré par l'escalier. Il rebroussa chemin, monta les marches et redescendit en glissant sur la rambarde par pur plaisir. Ce fut lors de la quinzième descente que Kakashi se rendit compte qu'il n'était plus tout seul. Assez embarrassé, il atterrit sur ses deux pieds et se racla la gorge, regardant ailleurs.
"Je
m'entraînais, marmonna-t-il. C'est plus rapide en cas d'attaque
et … tout ça …
- Je ne
dirai rien sur votre entraînement secret, le rassura Umino
Iruka avec un grand sourire, pas du tout dupe."
Kakashi le remercia à demi mot, fourrant les mains dans ses poches et fixant ses pieds. Le sourire d'Iruka ne diminua pas. Ses élèves lui sortaient des excuses à longueur de journée pour un rien aussi avait-il l'habitude.
"Tu
vas à la salle d'assignation ? demanda Kakashi en jetant un
coup d'œil au carton que portait le chûnin.
- Oui,
c'est moi qui m'y colle aujourd'hui, soupira Iruka en repartant. Vous
y allez aussi ?
- Hum,
répondit Kakashi en lui emboîtant le pas.
- Vous
êtes bien matinal en tout cas ! C'est rare de vous voir si tôt
le matin ici. Vous êtes tombé du lit ?
- Je me
lève tôt, grogna Kakashi. C'est juste que j'ai …
oublié quelque chose."
Kakashi s'arrêta sous le regard curieux d'Iruka. Il l'avait oublié. A bien y réfléchir, cela faisait plusieurs semaines qu'il l'avait oublié. Il n'était pas allé se recueillir sur la stèle des disparus ce matin, ni celui d'avant ni les autres jours. Une bonne trentaine de jours. Kakashi se sentit soudainement mal à l'aise mais sa bonne humeur ne disparut pas. Il voulait hurler sans y parvenir. Quelque chose le bloquait, l'empêchait d'exploser. Iruka remarqua que le rythme respiratoire de son supérieur avait soudainement accéléré. Il paniquait. Le chûnin cala comme il le put son carton sous un bras et osa toucher Kakashi de l'autre. Le regard gris se plaqua immédiatement sur lui et Iruka en resta une fraction de seconde stupéfait. La pupille était dilatée et il voyait quelques gouttes de sueur perler. Une vieille chanson chantée à tue tête raisonna dans le couloir avant qu'Iruka n'ait le temps de parler d'un ton rassurant pour faire retomber le stress de Kakashi. Celui-ci tourna la tête vers le bout du couloir et ses muscles se crispèrent automatiquement.
Maito Gai approchait. C'était bien la dernière personne au monde que Kakashi aurait voulu voir. Il devait trouver une solution pour s'en débarrasser le plus vite possible. Son regard analysa rapidement la situation. Il se trouvait dans un couloir par lequel Maito Gai allait pointer le bout de son nez. Les fenêtres de l'administration ne pouvaient pas être brisée en si peu de temps – merci les vieux schoks qui pensaient à la sécurité – et on ne pouvait pas non plus utiliser de technique demandant trop de chakra. La chanson se rapprocha et avec elle le spectre fantomatique de l'agaceur publique numéro un, ne faisant que plus stresser Kakashi. Il devait trouver quelque chose et vite. Il y avait le couloir, oui, et puis … Le regard glacial de Kakashi tomba sur Iruka. Celui-ci déglutit.
"Et les buissons touffus …
- Arrêtez un peu avec ça, maître Gai ! râla Tenten. Ça fait une semaine que vous chantez des chansons paillardes, c'est insupportable !
- Si au moins votre répertoire était plus étendu, marmonna Neji.
- Neji ! s'indigna la jeune fille.
- Je crois me souvenir du couplet suivant ! s'enthousiasma Lee. Au fond de mon derrière …
- Lee ! hurla cette fois Tenten en lui enfonçant son coude dans le ventre. Ça suffit !"
Gai rit à gorge déployée en voyant Tenten secouer Lee comme un prunier et Neji fredonner la suite de la chanson pour faire enrager un peu plus sa camarade.
"Quel plaisir de vous voir de si bonne humeur le matin, les enfants ! s'émerveilla Gai. Cette journée s'annonce bien et je sens que la chance va … Tiens ? fit-il en entendant quelque chose de lourd tomber."
La Team Gai s'arrêta net dans le couloir pour voir un peu plus loin le rival du jônin, Hatake Kakashi lui-même, ainsi qu'un chûnin présent à la fête d'anniversaire dudit rival. Le premier embrassait avec passion le deuxième plaqué contre le mur.
Iruka s'était souvent dit qu'il en avait vu des vertes et des pas mûres grâce à son poste d'enseignant. Il avait survécu à la session de Naruto, après tout, qui comptait également dans ses rangs Kiba et Akamaru (le duo infernal), Chôji (le gouffre sans fin – pas en terme de connaissance), Shikamaru (le fainéant génial), Shino (Monsieur Regard-noir), Sasuke (crête de perroquet), Ino (miss monde en devenir), Sakura (gentille mais parfois lente à la détente) et Hinata (trop timide pour son bien). Il y avait eu d'autres cas insupportables mais ils avaient soit été recalés par les jônin les testant, soit abandonné en se rendant compte de la dureté du monde ninja. Cependant, Iruka n'aurait jamais pensé un seul instant que l'un de ses supérieurs lui ferait pareil coup. Kakashi l'utilisait pour faire diversion, tout simplement. Iruka détestait cette idée. Décidant que lui aussi avait bien le droit de jouer un quelconque mauvais tour, Iruka glissa ses mains sous la veste sans manche de Kakashi et lui caressa le dos sous les yeux ébahis de l'assistance.
Lee s'était figé et s'étouffait presque en voyant la scène. Neji haussait un sourcil, ne sachant pas trop s'il devait se montrer outré à l'instar de Lee ou bien simplement neutre. Tenten semblait ravie de ce qu'elle voyait, murmurant un vague "je le savais" enthousiaste. Quant à Gai, Neji n'aperçut que son poing se serrant soudainement avant qu'il ne disparaisse dans un nuage de fumée. Le jeune homme croisa les bras sur son torse, regardant finalement le couple se séparant d'un mauvais œil. Si la situation en arrivait là, il devrait s'en mêler. Cette perspective ne l'enchantait guère.
A
suivre ...
