Et voilà, changement d'époque pour ce chapitre. Vous aurez quelques réponse à vos questions. Merci à tous de vos reviews, je suis comblée même si certains essayent de resquiller…N'est-ce pas Sunpatronus? Lol.

Merci à tous de me suivre et bises à vous et en particulier à Eladora.

Rien n'est à moi…

Chapitre 12 : Un nouveau professeur

La grande salle bruissait des conversations des élèves heureux de se retrouver. L'année scolaire commençait le lendemain et ils attendaient impatiemment les première année. Severus Snape soupira longuement, lassé de tout ce cérémonial. L'entrée des petits, leur répartition avec la longue litanie de noms égrenés par le professeur Flitwick et le banquet qui marquait l'ouverture de l'école de magie de Poudlard l'ennuyaient profondément. Il avait hâte que ces réjouissances soient terminées pour descendre dans ses cachots, s'enivrer d'un bon whisky pur feu pour oublier que, le lendemain, il retrouverait cette troupe de cornichons décérébrés. Allez donc faire entrer quelque chose de potable en potions dans les cerveaux inexistants de ces ados, plus préoccupés par leurs hormones que par leurs études !

Enfin, la grande porte s'ouvrit sur le petit professeur suivi d'une ribambelle de filles et de garçons de onze à douze ans. Il formèrent un troupeau sous les yeux noirs du Maître des Potions qui ne pouvait s'empêcher de ricaner intérieurement de leurs faces ébahies. Il est vrai que le premier contact avec la grande salle était magique, c'est le moins que l'on puisse dire. La répartition prit fin un long moment plus tard et l'on n'entendit plus que les acclamations des nouveaux pour chaque Maison. Severus, éternel directeur des Serpentards, hérita de quatre jeunes garçons et trois jeunes filles.

Alors que le calme revenait, la directrice, Minerva McGonagall, se leva et vint sur le devant de l'estrade, face aux élèves. Aussitôt, tous se turent.

—J'ai une annonce à vous faire, fit la femme. Le professeur Dymest, qui vous enseignait la métamorphose jusqu'à maintenant, m'a donné son préavis. En effet, elle a choisi de vivre sous d'autres cieux et de fonder une famille. Nous lui souhaitons bonne chance et beaucoup de bonheur pour son futur mariage.

Les élèves applaudirent, un peu déçus de perdre une aussi sympathique enseignante. La directrice poursuivit :

—C'est pourquoi j'ai fait appel à un nouveau professeur qui nous vient des Etats-Unis. Il vient de terminer sa Maîtrise en métamorphose et je lui ai aussitôt proposé le poste. Nous devrions l'accueillir ce soir, mais il semblerait que votre nouvel enseignant ait un peu de retard. Ce n'est pas grave, en attendant, que le festin commence !

Sous les yeux admiratifs même des plus grands, les tables furent, en un instant, recouvertes de mets divers et variés, tous plus appétissants les uns que les autres. Les jeunes affamés se jetèrent sur la nourriture et l'on entendit bientôt plus que les bruits des couverts que l'on entrechoquait. Severus contemplait la curée d'un air dégouté, lui qui se contentait, ce soir, de chipoter dans son assiette. La grande porte qui se rouvrait ne le détourna pas de son morceau de poulet qu'il était en train de disséquer. Pas plus le petit cri de plaisir de Minerva quand elle se leva pour accueillir le nouvel arrivant. Ni quand elle prit la parole, les mots n'arrivant pas jusqu'à son cerveau, tellement il était déconnecté de ce qui se passait autour de lui.

—Mes chers élèves, j'ai le plaisir de vous présenter notre nouveau Maître en Métamorphose, le professeur Hermione Granger !

Un tonnerre d'applaudissements retentit à l'annonce du nom connu. En effet, Hermione Granger restait dans les mémoires comme l'amie proche de Harry Potter, qui avait combattu à ses côtés et avait été l'une des héroïnes de la dernière guerre, huit ans plus tôt.

Les propos de Minerva s'insinuèrent lentement dans l'esprit de Severus. Quand ils prirent tout leur sens, il leva brusquement la tête et se trouva confronté à deux yeux d'ambre qu'il connaissait. Ce regard, qui le hantait depuis plus de huit ans, était posé sur lui par-dessus l'épaule de la directrice. Il resta figé, telle une statue de pierre, plus pâle et froid que le marbre. L'Ecossaise sentit la tension de la jeune femme dans le brusque raidissement de ses muscles. Elle se retourna juste à temps pour voir une cape noire voler vers la petite porte du fond et disparaître. Elle soupira puis regarda Hermione.

—Il vient de recevoir un choc mais ne vous inquiétez pas, cela va passer. Venez vous assoir et vous restaurer, après ce long voyage.

Après avoir reçu les gestes et paroles de bienvenue du corps professoral, Hermione se retrouva soudain prise en étau entre deux grands bras, serrée contre un torse grand comme trois hommes.

—Hagrid, rit-elle, moi aussi je suis heureuse de vous revoir mais vous m'étouffez.

—Oh, pardon ma petite Hermione, fit le demi-géant, je suis tellement content que tu sois professeur ici, à Poudlard. Tu es devenue une belle femme, aussi diplômée qu'on peut l'être, je suis fier de toi.

—Merci Hagrid. Moi aussi ça me fait chaud au cœur de revenir ici et de m'y installer. Toutes ces années de travail et d'études n'avaient qu'un but. Enseigner la métamorphose dans cette école et aucune autre.

Minerva eut un petit sourire tendre car elle connaissait la raison intime de la jeune femme. Et cette raison venait juste de disparaître par cette petite porte du fond de l'estrade…Elle s'éclipsa aussi, laissant la nouvelle recrue se sustenter.

Le coup cogné à sa porte sortit Severus de sa léthargie. Il posa son verre à demi vide sur la table basse et se leva pour ouvrir car il avait reconnu la façon de frapper de la directrice. Code qu'ils avaient mis au point au temps où il était directeur.

Il la fit entrer dans un soupir et se replongea dans le canapé et dans son verre.

—Vous enivrer ne servira à rien, Severus.

—Pourquoi ne m'avez-vous rien dit ? Murmura-t-il d'un ton impassible.

Elle ne s'y trompait pas. Le feu couvait en lui et le calme qu'il affichait était celui qui précédait la tempête. Elle le connaissait tellement bien, comme le fils qu'elle n'avait jamais eu. Elle compta mentalement les secondes qui la séparaient de l'explosion. Un, deux,…

—Pourquoi ne m'avez-vous rien dit ? Répéta-t-il plus fort. Il se leva et se mit à arpenter le salon à grandes enjambées.

—Severus…

—Visiblement vous avez été en contact récemment avec elle, alors je vous le redemande. Pourquoi m'avoir laissé dans l'ignorance de son retour ? Rugit-il.

—Je discuterai avec vous si vous vous calmez, Severus.

Comme il stoppait sa déambulation nerveuse, Minerva le saisit par le bras et le fit assoir. Elle approcha un fauteuil et s'assit juste en face de lui, ne lui laissant d'autre choix que de l'écouter.

—J'ai toujours été en contact avec Hermione, Severus. Tous les mois, depuis le jour où elle est partie d'ici, il y a huit ans, j'ai reçu un petit mot d'elle où elle me racontait ce qu'elle faisait, l'avancée de ses études. Ses aspics ont été validés à la faveur de ses résultats cette année-là, brillants bien sûr, avec un Optimal à toutes les matières. Elle a d'abord fait une année dans un lycée moldu pour passer un bac en biologie, grâce à son retourneur de temps. Elle hésitait entre les potions et la métamorphose, le saviez vous ?

Le sombre professeur ne répondit pas, se contentant de darder sur sa supérieure son regard insondable.

—Titulaire de son bac, elle a réalisé qu'elle n'arriverait jamais à votre niveau et que, de toute façon, Poudlard n'avait pas besoin de deux Maîtres en Potions. Elle s'est décidée pour la métamorphose, matière qu'elle préférait malgré tout, continua-t-elle en se rengorgeant un peu.

Severus se contenta de renifler avec mépris. Ce qui fit sourire la vieille femme. Au moins, il l'écoutait.

—Elle a donc monté son dossier pour intégrer l'UMAS, l'Université de Magie Avancée de Salem. Peu de sorciers y sont admis, vous le savez très bien vous qui y êtes allé.

En effet, cette école supérieure comptait très peu d'élèves à qui l'on dispensait des cours extrêmement pointus et avancés. Ces étudiants étaient donc choisis sur la base de leur dossier scolaire et la jeune fille n'avait eu aucun mal à intégrer l'établissement.

—Elle vient de terminer sa soutenance et d'être nommée Maître en Métamorphose après seulement deux ans de thèse. Comme vous Severus.

Il ne releva pas la similitude de leurs parcours estudiantins, se contentant de regarder sa vis-à-vis dans les yeux.

—Huit ans, Minerva. Huit ans qu'elle a quitté Poudlard, sans un regard en arrière. Jamais elle n'est revenue, articula-t-il les dents très serrées.

—Elle ne pouvait pas revenir, Severus, s'écria Minerva. Si elle l'avait fait, elle n'aurait jamais pu repartir…Dans chacune de ses lettres, elle parlait de vous, voulait savoir si vous alliez bien. Elle préférait terminer son cursus, après quoi elle serait libre.

—Elle n'a apparemment pas eu de mal à rester au loin, cracha-t-il.

La vieille femme lui souffla :

—Détrompez-vous, mon ami. Dans tous ses courriers, je dis bien tous, je pouvais ressentir le manque qui l'habitait et les efforts héroïques qu'elle s'imposait pour aller au bout de ses projets. Plusieurs fois, elle a failli craquer et se précipiter ici. Il était de mon devoir de la remettre sur les rails, par respect pour elle et pour son travail. Poudlard est votre maison, vous n'alliez pas vous envoler du jour au lendemain! Ce qui l'a fait tenir, c'est qu'elle était sûre de revenir et de vous retrouver. Cela prendrait le temps nécessaire mais elle reviendrait vers vous pour toujours, Severus.

Le Maître des Potions avait du mal à entendre ce que son ainée lui disait. La rancœur face à ces années de silence ne voulait pas céder. Il se sentait trahi par celle qui lui faisait face.

—Moi qui vous croyais mon amie, ironisa-t-il. Vous m'avez laissé dans l'ignorance la plus totale.

Le cœur de Minerva se serra devant la tristesse à peine cachée de son professeur. Jamais il ne s'était laissé aller à exposer ses sentiments ainsi. Il était vraiment touché à cœur. Alors, elle lui avoua ce qu'elle n'avait jamais eu l'intention de lui dire.

—Elle m'a fait faire un serment inviolable…Je ne devais pas vous parler d'elle.

Severus releva brusquement la tête.

—Quand ? Quand avez-vous conclu ce pacte ?

—Le dernier jour de sa présence ici. Elle savait que les années qui allaient suivre allaient être difficiles pour elle, pour vous. Elle a préféré couper tous les ponts avec vous, sinon, elle n'aurait jamais été capable d'aller au bout de ses projets. Elle avait peur de ne pas tenir si vous aviez mis en place une correspondance entre vous ou si vous vous rendiez mutuellement visite.

Le Maître des Potions se leva, se resservit un verre de Whisky qu'il vida d'un trait. Minerva le regarda faire sans intervenir. Elle savait que ses sentiments pour Hermione n'étaient pas morts avec le temps. Sa réaction le prouvait. Il ne réagirait pas aussi violemment s'il ne ressentait plus rien pour la jeune femme. Minerva décida d'enfoncer le clou.

—Elle est revenue pour vous, Severus, seulement et uniquement pour vous, assura-t-elle avec conviction.

Mais Severus n'était pas disposé à l'entendre, du moins pas de sa part. Il murmura :

—Laissez-moi maintenant ! J'ai besoin d'être seul.

La vieille dame se leva, lui pressa le bras et sortit, le laissant seul avec ses pensées. Il se resservit un verre mais l'émotion le submergea brusquement. De toutes ses forces, il envoya le verre se fracasser contre le manteau de la cheminée puis mit sa cape et sortit d'un pas rageur. Il avait subitement besoin de prendre l'air…

Pendant ce temps, Minerva était revenue s'assoir à la table des professeurs pour prendre son dessert. Tout appétit l'avait déserté face à la détresse de Severus, d'habitude si maître de lui-même. Elle capta le regard anxieux d'Hermione et lui fit signe de continuer à manger. Elle la verrait après le repas.

Elles se retrouvèrent devant la gargouille du bureau de la directrice. En grimpant jusqu'à l'endroit derrière son ainée, Hermione songea à toutes ces fois où elle était montée discuter avec Severus. Cela faisait des années mais le souvenir restait fort. Elle songea avec nostalgie qu'à cette époque, il ne l'avait jamais fui comme il l'avait fait une heure plus tôt. Elle s'installa en face de Minerva et se lança :

—Comment va-t-il ?

—Sa santé est excellente mais ce n'est pas ça qui vous préoccupe, n'est-ce pas ?

—Je suis heureuse qu'il soit en forme bien sûr mais…Elle se tut.

—Il est choqué. Il faut dire que vous revoir après tant d'années pendant lesquelles vous ne lui avez donné aucune nouvelle l'a anéanti. J'ai bien peur qu'il ne se laisse pas approcher. Il ne comprend pas pourquoi vous revenez la bouche en cœur, si on peut dire, après huit ans. Mais au fond de lui, il ne peut s'empêcher d'espérer, j'en suis certaine. J'ai vu le doute dans ses yeux mais aussi autre chose. Une attente mêlée d'incertitude. Cela va sans doute prendre du temps mais vous réussirez à l'apprivoiser.

Hermione eut un petit sourire triste.

—Je n'espérais pas qu'il m'accueillerait à bras ouverts mais cette fuite lorsqu'il m'a vue m'a terriblement blessée.

—Je comprends mon petit. Je persiste à penser que vous auriez dû lui écrire de temps en temps. Quoi qu'il en soit, soyez patiente et tout s'arrangera.

Sur ces paroles d'espoir, les deux femmes se séparèrent et la plus jeune gagna ses nouveaux appartements pour s'y installer. A peine arrivée dans son salon, elle écrivit un petit mot à ses amis, Harry et Ginny, qui attendaient des nouvelles de son arrivée à Poudlard. Avec un petit serment au cœur, comme chaque fois, elle songea à Ron qui n'avait jamais accepté ses larmes pour Snape, le jour de la bataille finale. Et quand il l'avait surprise embrassant la main de son professeur, à l'infirmerie, il avait tourné les talons sans manifester sa présence. Il lui avait écrit ensuite une longue lettre lui disant la peine et la colère qu'il ressentait d'avoir été supplanté par la chauve-souris des cachots et qu'il ne souhaitait plus la revoir. Lui, qu'elle avait accusé un jour de n'avoir pas plus de capacité émotionnelle qu'une petite cuillère, lui prouva qu'il avait compris qu'elle aimait ce sale bâtard mais que leur amitié s'arrêtait là. Depuis, il lui manquait, comme lui avait manqué Harry et Ginny bien qu'elle soit restée en contact étroit avec eux.

Elle reçut le lendemain un hibou de Ginny lui demandant si elles pouvaient se retrouver à un moment à Pré-au-Lard pour prendre un thé. Elle avait très envie, après toutes ces années, d'enfin la serrer dans ses bras, lui disait-elle. Hermione lui renvoya qu'elle n'avait pas cours l'après-midi même.

Les deux jeunes femmes tombèrent enlacées, en pleurant de joie, au beau milieu d'une rue du village. Par Merlin, quel bonheur de se retrouver au bout de huit ans. Hermione mesurait ce qu'elle avait laissé derrière elle et compris un peu mieux la réaction de Severus.

Attablées devant un thé fumant, chez Madame Rosemerta, les jeunes femmes devisaient gaiement, parlant de James et de Albus, âgés respectivement de deux ans et de trois mois, fiertés de leur papa, Harry, qui était resté à la maison pour les garder mais qui embrassait bien Hermione. Au bout de quelques minutes d'amusement, Ginny regarda son amie dans les yeux et la somma :

—Je veux que tu me dises pourquoi, Hermione. Pourquoi ces études, pourquoi Poudlard et surtout

pourquoi cette absence, sans retour depuis huit ans ? Ou plutôt pour qui ? Ajouta-t-elle car elle avait deviné beaucoup de choses.

L'interpellée baissa la tête puis la releva brusquement pour plonger ses yeux dans le regard vert de Ginny. Et elle lui raconta tout. Depuis sa nomination de préfète en chef, en passant par l'épisode du placard, les moments de discussion avec Severus Snape, directeur, dans son bureau, son désarroi de l'avoir vu mourir, la joie de l'avoir retrouvé et sa décision de partir étudier loin, pour ne pas être tentée de revenir avant la fin de son cursus. Elle lui expliqua sa volonté d'avoir les plus hauts diplômes possible pour être sûre de pouvoir enseigner à Poudlard et la raison de cela. L'amour inconditionnel qu'elle portait au Maître des Potions et sa résolution à passer sa vie avec lui.

A ces mots, la rousse leva un sourcil, un peu à la manière du sombre professeur, pensa Hermione.

—Et comment penses-tu qu'il va accueillir cette idée ? Demanda-t-elle d'un ton septique.

Hermione haussa les épaules.

—Quand il m'a vue, il s'est enfui !

—Mais qu'est-ce que tu croyais ? Tu arrives la bouche en cœur au bout de huit ans et tu voudrais qu'il t'ouvre les bras ?

La jeune professeure regarda son amie avec consternation.

—Tu parles comme McGonagall !

Ginny rit ce qui détendit un peu Hermione. Puis la jeune Madame Potter prit la main d'Hermione, la serra et l'assura de son amitié et de son soutien.

—Si tu le veux vraiment, bats-toi, Hermione. Mais je doute que cela soit facile. Je me souviens d'un homme strict qui ne s'en laissait pas compter.

—Comment crois-tu que réagira Harry ?

—Sais-tu quel est le deuxième prénom de notre petit Albus ? Il s'appelle Albus Severus Potter ! Alors je ne crois pas qu'il sera mécontent.

Hermione marqua sa surprise pour le choix de ce prénom. Ginny lui expliqua que Harry, après avoir vu les souvenirs du Maître des Potions, avait radicalement changé d'avis à son endroit. Il avait muri et s'était rendu compte de la valeur de cet homme. Il avait coutume de dire que Severus Snape était l'homme le plus courageux qu'il ait connu.

L'après-midi fila et les jeunes femmes se quittèrent en se promettant de se revoir très vite.