Chapitre 12 : Première sortie à Pré-au-Lard

La vie suivait son cours dans l'école de sorcellerie Poudlard. Le mois d'octobre pointait déjà le bout de son nez et la première sortie à Pré-au-Lard allait enfin avoir lieu. Harry était exceptionnellement exempté de ses cours particuliers pour cause de pleine lune. Et oui, il fallait que celle-ci tombe le week-end de ses cours avec Lupin. Il pouvait donc sortir avec ses amis, qui espéraient ainsi lui changer les idées.

Nos trois amis venaient juste te passer le portail. Juste derrière eux, à quelques pas, se tenait le jeune Malefoy.

- Drago, attends-nous !

Drago s'arrêta et fit face à ses "amis". Blaise Zabini, Vincent Crabe et Grégory Goyle.

- Vous n'en avez pas marre de me suivre ? Et puis je croyais que vous deviez rester ici ?

- Oui, mais vu que tu sors, on vient. À moins que l'on te dérange ? demanda Blaise.

De ses trois suiveurs, il était le plus intelligent. Il était même parfois un peu trop malin aux goûts de Drago. Celui-ci savait pertinemment que ses dires risquaient d'être rapportés à son père. Pourquoi ne pouvait-il pas faire un seul geste sans être épié ?

POV Drago

- Pourquoi cela me gênerait-il d'abord ? Je n'ai pas envie de perdre des points et vu le nombre de devoirs en retard que vous avez… mais venez, s'il n'y a que ça pour vous faire plaisir.

Laissez-moi en paix. Pourquoi vous ne comprenez pas que j'ai besoin d'être seul ? Pourquoi perdez-vous votre temps à me suivre ? Que gagnez-vous à faire cela ?

- Ne t'inquiète pas, on ne perdra pas de points. Bon, on y va ?

- Bien évidemment, on ne va pas rester ici indéfiniment, rétorqua Drago.

Adieux moment de liberté, bonjour sortie surveillée. On dirait presque un gamin avec ses gardes du corps… Eux ? Des gardes du corps ? Même Weasel pourrait facilement s'en débarrasser. Sauf peut-être Zabini, il risquerait d'avoir un peu plus de mal avec lui. Et pourquoi je pense à lui maintenant ? Quitte à penser à quelqu'un, je préfère à mon Lupin. Mon ?

Drago ne put s'empêcher de sourire à cette pensée.

- Qu'est-ce qui t'amuse Drago ?

Blaise suivit le regard de son ami, espérant ainsi deviner à quoi il pensait. Un peu plus loin, il remarqua la présence d'Harry, Ron et Hermione.

- Qu'as-tu prévu de leur faire cette fois-ci ?

Drago revint alors sur Terre, comprenant qu'on lui parlait.

- Hein ?

D'un mouvement de tête, Blaise lui montra les Gryffondors.

- Vu ton sourire, tu as dû prévoir quelque chose, n'est-ce pas ?

Mais de quoi il parle ? Je ne les avais même pas vus. Mes pensées étaient bien plus intéressantes.

- Bien évidemment que je leur réserve quelque chose. Tu verras le moment venu…

-Je suis pressé de voir ça, te connaissant…

Les trois Serpentards qui accompagnaient Drago s'en frottaient presque les mains, au grand désespoir du blond qui devait maintenant élaborer un mauvais plan contre le trio des rouge et or.

Arrivé chez Honeydukes, Drago préféra attendre dehors.

- Je n'ai besoin de rien.

- Bien, on se dépêche.

Enfin, je respire. Revenons à nos moutons. Lup… le professeur Lupin n'avait pas l'air bien cette semaine. Le surmenage ? Le stress ? La fatigue ?

Il leva les yeux au ciel et compris immédiatement.

La pleine lune, mais bien sûr. Il risque vraiment d'être fatigué après. J'espère qu'il a fait le plein de chocolat…

Il se releva d'un bond, entra dans la boutique et acheta alors une douzaine de boîtes de chocolat : deux de chaque sorte.

Lorsqu'il sortit avec les autres, il eut évidemment droit à un interrogatoire.

- Je croyais que tu n'avais besoin de rien ?

- J'ai changé d'avis.

- Et c'est pour qui ces chocolats ?

- Pour moi.

- Pour toi ?

- Oui, ça te pose un problème ?

- Non, mais…

- Alors, arrête avec tes questions. Et puis, je suis fatigué, je rentre.

Les autres s'apprêtaient à lui emboîter le pas quand :

- Non ! Vous me laissez tranquille !

En quoi ça les regarde d'abord ? J'ai très bien pu avoir une envie soudaine de chocolat. Mouais, ça ne me ressemble pas vraiment en fait. Pas que je n'aime pas le chocolat, mais pas sur un coup de tête comme ça. Et autant… Vont-ils faire un rapport pour ça ? Y a de grandes chances. Ils ont vraiment beaucoup de temps à perdre…

FIN POV Drago

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Pendant que le jeune Serpentard prenait son temps pour retourner au château, profitant ainsi du peu de liberté qu'il pouvait avoir, le professeur Rogue, lui, se dirigeait vers le bureau de Dumbledore. Évidemment, une fois dans le bureau, il eut droit à l'habituelle tasse de thé.

- Non merci, je suis plutôt pressé.

- Des potions sur le feu ?

- Évidemment, rétorqua le professeur Rogue.

- Comment vous portez-vous, mon cher Severus ?

- Bien. Puis-je ?

- Vous venez à peine d'arriver. Et Harry ?

- Potter ? Comment le saurais-je ? Demandez-le-lui, ça sera plus simple.

Le professeur Rogue le fixa de son éternel regard amusé. Son vis-à-vis cachait parfaitement son malaise. Qu'il détestait ce regard et ce petit sourire qui signifiait "je sais que tu mens" !

- Et les leçons particulières ?

- En retard, trop lent, ne fait aucun effort, n'écoute pas ce que je lui dis… Je continue ?

- Non, j'ai compris. Continuez tout de même. Je vous fais confiance.

- Bien, sur ce…

- Une dernière chose, ne vous inquiétez pas trop, il n'est pas si fragile que ça.

Severus se retourna, fixa le directeur et ajouta :

- Si vous le dites.

POV Severus

Il put enfin sortir. C'était bientôt l'heure du déjeuner. Il se dirigea finalement vers la Grande salle.

Pas si fragile ? Ce n'est pas l'impression que j'ai eue. Pourquoi aurait-il besoin de faire ça s'il n'était pas fragile ? Pourquoi ce maudit directeur ne fait-il rien pour aider Potter ? Il adore pourtant fourrer son nez où il ne devrait pas.

En chemin, il croisa le jeune Malefoy. Ce dernier se dirigeait vers les cachots.

On dirait qu'il a enfin pu échapper à la surveillance de son père. À quoi peut bien penser Lucius pour le surveiller ainsi ? A-t-il peur qu'il ne suive pas ses traces et qu'il se détourne du seigneur des Ténèbres ?

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À Pré-au-Lard, tous profitaient pleinement de leur première sortie. Hermione venait d'entraîner ses amis pour l'aider dans ses emplettes. Harry, lui, se sentait de trop…

- Je suis désolé, mais je vais rentrer. Je vais allez voir comment va Remus. Amusez-vous bien.

Il ne laissa pas le temps à ses amis de répondre qu'il était déjà parti, direction le château. Contrairement à Drago, il se dépêcha de rentrer. Il n'en pouvait plus de faire semblant d'aller bien, il n'en pouvait plus de leur mentir ainsi, il n'en pouvait plus, un point c'est tout… Il se sentait si seul, qu'importe que ses amis soient là, au fond, il était terriblement seul et il en souffrait. Il se dépêcha, voulant se trouver un endroit tranquille quand :

- Faites un peu attention…

Il venait de rentrer de plein fouet dans le professeur Rogue.

- Pardon.

Il commença à partir :

- Potter…

Le professeur le retint par le bras, l'obligeant à le regarder dans les yeux. Harry détourna rapidement le visage. Il ne voulait pas entendre le professeur se moquer de lui.

- Suivez-moi.

- Non, je…

- Soit vous me suivez de votre plein gré soit je vous donne une retenue à faire immédiatement. Vous choisissez quoi ?

- J'ai besoin d'être seul alors…

- Non, vous venez.

Rogue le traîna presque derrière lui, jusqu'à son bureau. Une fois à l'intérieur, il s'installa tranquillement à son bureau.

- Assis.

- Je ne suis pas un chien.

Quelle tête de mule ! Alors que je prends la peine de m'inquiéter pour lui !

Le professeur Rogue prit une profonde inspiration. Que ce gamin pouvait être chiant quand il voulait !

- Auriez-vous l'amabilité de vous asseoir ?

- Avec plaisir. Pourquoi m'avoir emmené ici ?

- Où comptiez-vous aller tout à l'heure ?

Harry fut étonné de la question.

- Je ne sais pas vraiment… mais pourquoi cette question ? Je ne vois pas en quoi ça vous regarde.

- Ça me regarde si c'était pour faire ce que je pense.

C'est vrai qu'il y avait pensé… Il en avait besoin. Vraiment besoin, c'était la seule chose qui l'aidait à tenir.

- Et alors, je fais ce que je veux de toute façon.

- C'est vrai. Mais voulez-vous continuer toute votre vie à le faire, à mentir à vos amis ? Vous en êtes fier ? Je savais que vous étiez stupide, mais à ce point là…

- Je ne suis pas stupide ! répondit Harry, se relevant brusquement.

- Vous pensez que ce que vous faites est intelligent ?

Après quelques secondes, Harry se réinstalla.

- Non, mais… il le faut.

Il le faut ? Comme s'il n'avait pas d'autres choix. Ça lui plaît tant que ça de jouer les pauvres victimes ? Pourquoi aller aussi loin pour attirer l'attention de quelqu'un ?

- Et vos amis, ils font quoi ?

- De quoi vous parlez, ils ne sont pas au courant ?

- Vous êtes toujours ensemble et ils ne l'ont toujours pas remarqué ? Les Gryffondors ne sont vraiment pas très perspicaces.

- Ce n'est pas vrai. Je ne veux pas les inquiéter, c'est tout. C'est mon problème. Je peux y aller maintenant ?

- Non. Vous êtes vraiment égoïste. Si ce sont vos amis, ils devraient comprendre.

Harry était de plus en plus étonné des paroles de son enseignant. Pourquoi semblait-il prendre cela autant à cœur ?

Pourquoi est-ce que je m'implique autant pour ce gamin ? Je m'en fous complètement des problèmes de ce gosse alors pourquoi est-ce que je veux autant qu'il aille mieux ?

- Je ne veux pas qu'ils s'inquiètent, qu'ils me surveillent. Ils ont leur vie aussi. Eux, ils ont le droit d'être heureux."

Eux ? Pourquoi seulement eux ?

- Et vous non ?

- Je… Je ne sais pas. Je peux y aller ? Je suis fatigué.

- Avez-vous l'intention de vous coupé une fois que vous aurez quitté ce bureau ?

- Je… Je ne sais pas.

- Bien. Aimeriez-vous pouvoir arrêter d'en éprouver le besoin ?

- Ce n'est pas si simple…

- À chaque fois que vous en ressentirez le besoin, venez me voir.

Mais qu'est-ce qui me prend ? Je ferais mieux de l'envoyer à sa directrice de maison ou même au directeur. Ce n'est pas à moi de faire ça…

- Pardon !

- Si vous ne voulez pas, ne venez pas, mais vous voulez vraiment arrêter… Je ne vous demanderai pas de déballer vos soucis.

- Encore heureux.

- Exactement. C'est à vous de choisir ce que vous voulez vraiment. Bien sûr, vous avez la possibilité d'aller en parler à quelqu'un d'autre, vous pouvez y aller… sauf si vous préférez rester, dans ce cas, restez…

Le professeur Rogue sortit des copies d'élèves qu'il commença à corriger, sous le regard perplexe de son élève.

FIN POV Severus

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POV Harry

Je veux juste ne plus penser, ne plus rien faire…

- Faites un peu attention…

Et mince, il faut que je tombe sur lui.

- Pardon.

Pourquoi il me regarde comme ça ? Et puis, qu'il me lâche d'abord.

- Suivez-moi.

- Non, je…

- Soit vous me suivez de votre plein gré soit je vous donne une retenue à faire immédiatement. Vous choisissez quoi ?

Tu parles, comme si j'avais le choix.

- J'ai besoin d'être seul alors…

- Non, vous venez.

Il compte m'emmener où comme ça ? Et puis, j'ai dit que je voulais être seul.

- Assis.

- Je ne suis pas un chien.

Et puis quoi encore, il va me demander de lui donner la patte ensuite.

- Auriez-vous l'amabilité de vous asseoir ?

- Avec plaisir. Pourquoi m'avoir emmené ici ?

- Où comptiez-vous aller tout à l'heure ?

Attends, il m'a emmené juste pour ça ? Je ne vois pas en quoi ça le regarde de toute façon.

- Je ne sais pas vraiment… mais pourquoi cette question ? Je ne vois pas en quoi ça vous regarde.

- Ça me regarde si c'était pour faire ce que je pense.

C'est vrai que j'y ai pensé… mais pourquoi est-ce que j'ai l'impression que ça l'inquiète vraiment ?

- Et alors, je fais ce que je veux de toute façon.

- C'est vrai. Mais voulez-vous continuer toute votre vie à le faire, à mentir à vos amis ? Vous en êtes fier ? Je savais que vous étiez stupide, mais à ce point là…

- Je ne suis pas stupide ! répondit Harry, se relevant brusquement.

- Vous pensez que ce que vous faites est intelligent ?

Il me prend vraiment pour un idiot. Je sais bien que je n'aurais jamais dû commencer… mais c'est trop tard maintenant.

- Non, mais… il le faut.

Je ne peux plus revenir en arrière, le mal est fait. Et puis si je ne le fais pas, comment je vais faire pour tenir moi…

- Et vos amis, ils font quoi ?

- De quoi vous parlez, ils ne sont pas au courant ?

- Vous êtes toujours ensemble et ils ne l'ont toujours pas remarqué ? Les Gryffondors ne sont vraiment pas très perspicaces.

- Ce n'est pas vrai. Je ne veux pas les inquiéter, c'est tout. C'est mon problème. Je peux y aller maintenant ?

- Non. Vous êtes vraiment égoïste. Si ce sont vos amis, ils devraient comprendre.

Ils ont leur vie, leur famille… je ne veux pas les ennuyer avec ça. En plus, ils risqueraient de culpabiliser, de penser qu'ils auraient pu faire quelque chose même si c'est faux… Ils n'auraient rien pu faire pour moi.

Mais pourquoi est-ce qu'il a l'air de prendre tout ça autant à cœur ? C'est vraiment de plus en plus bizarre, surtout venant de lui. On dirait presque que mon sort l'inquiète… Est-ce possible ?

- Je ne veux pas qu'ils s'inquiètent, qu'ils me surveillent. Ils ont leur vie aussi. Eux, ils ont le droit d'être heureux.

Moi je dois m'occuper de Voldemort. Je suis né juste pour ça…

- Et vous non ?

- Je… Je ne sais pas. Je peux y aller ? Je suis fatigué.

- Avez-vous l'intention de vous coupé une fois que vous aurez quitté ce bureau ?

- Je… Je ne sais pas.

- Bien. Aimeriez-vous pouvoir arrêter d'en éprouver le besoin ?

- Ce n'est pas si simple…

J'ai déjà essayé, qu'est-ce qu'il croit.

- À chaque fois que vous en ressentirez le besoin, venez me voir.

Mais qu'est-ce qui lui prend ? Comme si j'allais venir à chaque fois. Même, comme si j'allais venir le voir lui !

- Pardon !

- Si vous ne voulez pas, ne venez pas, mais vous voulez vraiment arrêter… Je ne vous demanderai pas de déballer vos soucis.

- Encore heureux.

Manquerait plus que ça. Je lui en ai déjà trop dit.

- Exactement. C'est à vous de choisir ce que vous voulez vraiment. Bien sûr, vous avez la possibilité d'aller en parler à quelqu'un d'autre, vous pouvez y aller… sauf si vous préférez rester, dans ce cas, restez…

Qu'est-ce que je dois faire ? Rester ? Partir ? Je ne sais pas… Je peux rester, juste assis, pendant qu'il corrige ses copies ? Rester juste avec lui, comme ça ? Ça fait vraiment bizarre, lui qui ne peut pas me supporter…