Chapitre 12 :

C'était devenu une habitude depuis qu'elle était arrivée à Deimon. Chaque midi, Ayako montait sur le toit de l'école, s'asseyait à même le sol, posait son déjeuner face à elle et éparpillait ses chansons autour d'elle. Quelque fois, elle emportait sa guitare et composait, d'autres fois elle ne faisait que corriger les paroles et ou n'écoutait que de la musique.

C'était le cas aujourd'hui. Elle avait envie de se vider la tête et de se reposer. Cela faisait deux jours qu'elle enchainait les heures supplémentaires au magasin et cela s'en ressentait. Elle n'avait pas touché à ses chansons depuis des jours et le groupe ne s'était pas retrouvé depuis que Ren avait acquis sa guitare, ce qui était plutôt problématique dans la mesure où ils n'avaient pas encore répété tous ensemble. Heureusement, Eri était rentrée hier d'Ôsaka. Son retour allait permettre à Ayako de se reposer et de se consacrer un peu plus à sa musique. Elle avait immédiatement prévenu les autres qu'une répétition était prévue dans après-midi après les cours.

Elle regarda sa montre. Il lui restait un peu moins d'un quart d'heure avant la fin de la pause déjeuné. Un instant, Ayako fut tenté de sécher les cours et de rester sur le toit à rêvasser, mais elle se rappela qu'elle avait cours d'anglais et qu'il s'agissait d'une matière dont elle ne pouvait pas vraiment se passer dans la mesure où toutes ses chansons étaient en anglais.

Elle soupira et sélectionna une chanson suffisamment longue pour la mettre en retard. Un prétexte comme un autre pour arriver le plus tard possible en cours. De toute façon, la prof était elle aussi régulièrement en retard.

La chanson défilait tranquillement lorsque tout à coup, un écouteur lui fut arraché. La surprise fut telle qu'Ayako en cria et se tourna précipitamment vers le responsable. C'était Hiruma, appuyé négligemment appuyé contre le mur, l'écouteur volé dans l'oreille.

« Mais qu'est-ce que tu fais-là ? s'exclama-t-elle. Tu m'as fait peur, pauvre crétin ! »

- C'est du death ? demanda le quarterback en désignant l'écouteur.

- Hein ? Non, c'est pas du death, c'est du symphonic !

- Le type chante en death.

- Et alors ? Ça veut pas dire que ça en est ! Chanter en voix death est assez courant dans le metal. Tu devrais le savoir quand même. »

Ayako fronça alors les sourcils, comme si elle s'était rappelée de quelque chose.

« Ceci dit… commença-t-elle, il me semble que le batteur et le bassiste viennent du milieu du death metal, alors il se peut qu'il y ait des sonorités similaires…

- Héhéhéhé ! Je commence à avoir l'oreille, fuckin'musicienne.

- Faut croire, ouais. »

Ils restèrent un moment silencieux, écoutant la chanson qui défilait. La sonnerie résonna dans l'école. Ayako éteignit son lecteur et reprit possession de ses écouteurs.

« Maintenant, si tu me disais ce que tu étais vraiment venu faire ici ? demanda-t-elle. T'es pas censé t'entraîner en vue du match contre Ôjô ?

- Y'a pas entraînement aujourd'hui, répondit Hiruma.

- Oh ! Tu es capable de laisser un jour de repos à tes joueurs ? Ça me surprend venant de toi.

- Le corps a ses limites, fuckin'musicienne. Le match contre Shinryûji a laissé des traces.

- Vu comme ça…

- T'en es où avec ton groupe ? Ton nouveau guitariste s'est bien intégré ?

- J'avais beaucoup de travail ces derniers temps. On n'a pas pu répéter. Mais attends… comment tu sais qu'on a un nouveau guitariste ?

- T'as bien viré le fuckin'albinos, non ?

- Et alors ? Il me semble pas avoir dit que j'en avais trouvé un nouveau. »

Hiruma rit et sortit de sa poche un petit cahier noir. Il le feuilleta allègrement.

« Utagoe Ren, lit-il. Quatorze ans, né un quatorze novembre, fils de Utagoe Natsumi et…

- T'es vraiment qu'un sale type ! s'écria Ayako en se relevant. T'es allé jusqu'à faire des recherches sur Ren ! Je t'avais pourtant dit de ne pas en faire sur les membres de mon groupe !

- Héhéhéhé ! ricana le démoniaque quarterback. Les informations servent toujours.

- Juste comme ça, t'as appris quoi sur eux ?

- Oh deux-trois trucs bien utiles.

- Espèce de... »

La jeune fille était tellement furieuse que ses mains en tremblaient. Lui, arborait un sourire satisfait, ravi de la voir si en colère.

Ayako attrapa son sac d'un geste furieux, en se retenant au passage coller un coup de pied à Hiruma, et descendit les escaliers d'un pas rapide. Mais au lieu de s'arrêter au deuxième étage où se trouvait sa salle de classe, elle continua jusqu'au rez-de-chaussée et sortit du lycée.

« Hé ! Fuckin'musicienne ! l'interpella Hiruma qui l'avait suivi. T'es pas censée avoir cours ?

- Faut que j'aille vérifier si t'as pas planqué des caméras dans mon local ! répliqua-t-elle.

- Héhéhé ! C'est que tu deviendrais parano, ma parole. Ça t'intéresse pas alors ce que j'ai pu trouver sur ton guitariste ? »

Pour toute réponse, Ayako lui lança un regard furieux.


Le son de la guitare emplissait tout le local. Ce son l'apaisait et le remplissait de joie en même temps. En jouant, il oubliait ses soucis et débarquait dans un monde où il se sentait enfin chez lui.

Oui, la musique était son monde. Ce fut ce que Ren se dit.

En principe, il devait être en cours à cette heure. Mais pour la première fois, se rendre à l'école lui était difficile. Alors au lieu de se diriger vers le collège, il avait pris la direction du local et depuis ce matin, il jouait de sa nouvelle guitare. C'était risqué de sécher les cours pour faire de la musique sachant l'état dans lequel se trouvait sa mère seulement Ren ne voulait plus faire semblant. Il ne voulait plus essayer d'être ce qu'il n'était pas. Lui, il était musicien. Il voulait faire de la musique son métier. Il n'était pas la doublure d'un disparu.

Il était allé voir son père la veille. Il lui avait présenté ses excuses mais lui avait aussi expliqué pourquoi il n'était pas venu. Il avait été honnête avec lui. Son père, à sa grande surprise, avait très bien pris la nouvelle. Il l'avait encouragé.

« Je reconnais… que cela n'a pas dû être facile pour toi, avait-il dit. Toute ton enfance, la maladie de ta mère et ça… J'ai eu tort. Celui qui devrait s'excuser, ce n'est pas toi mais moi. Pardon Ren. Pardon de m'être montré si égoïste. »

Ces paroles avaient renforcé le jeune garçon dans sa conviction. Plus tard, il serait musicien.

La porte du local s'ouvrit dans un grand bruit. Ren cria de surprise.

« Mais qu'est-ce que… fit une voix. »

Ayako apparut, les yeux écarquillés de surprise.

« Ren ? s'exclama-t-elle. Mais qu'est-ce que tu fais ici ?

-Ayako-san… »

La chanteuse s'avança vers lui et le regarda d'un air réprobateur. Il détourna les yeux.

« J'avais pas très envie d'aller en cours alors...

- T'as séché ?

- Ouais... »

Ren baissa les yeux, honteux mais à sa grande surprise, Ayako ne le réprimanda pas. La jeune fille se contenta d'hausser les épaules et de s'asseoir sur l'estrade en fixant les armoires du local d'un regard noir.

« Heu… Ça te dérange pas ? interrogea Ren, inquiet.

- Comment tu crois que je sois ici aussi tôt ? répondit Ayako. J'ai séché moi aussi alors ce serait déplacé que je te fasse la morale.

- Ah… »

Elle finit par se lever, ouvrit une des armoires où se trouvaient des paquets de gâteaux, des boites de râmen, des sachets de thé etc.

« Tu cherches quoi ? demanda Ren.

- Des caméras, des micros et autres attirails d'espions.

- Heu… y'a ça ici ?

- Possible. Enfin, si ça se trouve il s'est juste fichu de moi.

- Qui ?

- Ouais, ça serait bien son genre ! Et je parie qu'il doit être explosé de rire en imaginant ma réaction.

- Ah…

- Bon sang ce qu'il peut m'énerver ! »

Ren renonça à connaître l'identité de ce mystérieux espion, bien qu'il ait une petite idée sur la question. À la place, il reprit sa guitare et recommença à jouer. Le son qui s'échappa alors calma immédiatement Ayako qui s'assit aux côté de Ren. La jeune fille reconnut le morceau qu'il jouait : c'était l'un de ceux qu'elle avait composé et qui se trouvait dans le classeur donné à Ren. La musique envahit le local et Ayako commença à fredonner puis à chanter. C'était une chanson plutôt mélancolique, pleine de regrets et de tristesse, qui prenait immédiatement au cœur. Les balades n'étaient pas vraiment la spécialité d'Ayako mais sur celle-ci, elle s'était surpassée.

« Eh bien, Ren ! Tu as drôlement progressé ! dit-elle une fois la chanson finie.

- Merci, rougit Ren. Et toi, tu chantes vraiment très bien.

- Oh, tu sais, je n'ai pas une voix si exceptionnelle que ça. Seulement, je l'ai beaucoup travaillé.

- Peut-être mais j'aime ta voix. »

Elle lui sourit. Cela faisait longtemps que quelqu'un ne lui avait pas dit qu'il aimait sa voix.

Au final, Ren et Ayako passèrent le reste de la journée à jouer de la musique et à discuter de tout et de rien, renforçant ainsi leur amitié naissante. Lorsque Misaki, Junko et Keiji arrivèrent, ils furent surpris de les trouver en pleine répétition.

« Mais comment vous avez-fait pour être là les premiers ? s'étonna Keiji. Vos écoles sont à l'autre bout de la ville !

-On est rapide, mentit simplement Ayako. »


Le lendemain, le professeur d'anglais Kotoni-sensei, ne manqua de reprocher son absence à Ayako. La jeune fille feignit la culpabilité et put s'en tirer avec simplement des exercices supplémentaires : des exercices et une rédaction sur l'évolution de la musique au cours du XXème siècle. Ayako sourit : elle n'aurait pas pu avoir un meilleur sujet.

Elle ne croisa pas Hiruma de la journée et ce fut tant mieux. Elle n'avait aucune envie de le voir se réjouir de sa crédulité. Car il fallait avouer qu'hier, elle s'était montrée un tantinet paranoïaque. Seulement il y avait de quoi quand on connaissait Hiruma. Il était tout à fait capable d'avoir posé des micros dans son local. Après tout, c'est ce qu'il avait fait pour la moitié de la ville.

En sortant du lycée, Ayako partit directement pour le travail. Elle ferait sa rédaction là-bas, car oui, la prof le lui avait demandé de le rendre pour demain. Ayako la soupçonnait d'abuser de ses facilités et d'être plus sévères avec elle qu'avec les autres élèves. Par chance, ils eurent peu de clients et Eri put les gérer facilement. Ayako eut tout le loisir de se concentrer sur ses exercices.

« Bonjour, lança Eri lorsqu'un client entra. Que puis-je pour vous ? »

Par curiosité, Ayako pencha la tête pour voir de qui il s'agissait et faillit tomber de sa chaise. Agon. Mais qu'est-ce qu'il faisait là ?

« Mais tu sais, tu es très mignonne, disait-il. On pourrait aller faire un tour, qu'en dis-tu ?

- Je vous remercie mais je dois travailler jusqu'à…

- Fais-toi remplacer, tu n'es pas toute seule, non ?

- C'est que… »

Agon se tenait à quelques centimètres du visage d'Eri qui ne savait plus où se mettre. Mais qu'est-ce que ce crétin avec ses spaghettis violets greffés sur la tête faisait dans un magasin de musique ? À draguer en plus ! Alors qu'il venait de se faire humilier par les Devil Bats ! Vraiment, il ne perdait pas de temps. Ayako avait bien envie de lui rabattre son caquet mais l'ennui avec Agon, c'est que le retour de bâton était souvent violent. Elle parlait d'expérience.

Takeshi arriva à ce moment-là, les bras chargés de carton. Cela donna une idée à Ayako.

« Voilà ! lança-t-il en posant les boites. Réapprovisionnement ! CDs, vinyles, cordes de guitares, médiators, et même peaux de batterie. On a tout ce qu'il faut !

-Takeshi-san, tu peux me rendre un service ? demanda Ayako. »


Il hésitait. Il ne savait vraiment pas quoi faire. Pourtant, ce n'était pas grand-chose. Un simple coup de fil, rien de bien anormal. Enfin si, cela pouvait quand même paraitre étrange vu le temps qui s'était déroulé depuis leur dernière conversation. Mais vu le contexte, c'était tout à fait normal de lui téléphoner.

Enfin… C'était ce qu'il essayait de se dire. Mais à chaque fois qu'il s'apprêtait à composer son numéro, quelque chose le bloquait et il renonçait. Mais il fallait qu'il lui parle… Enfin, il voulait lui parler ! Alors pourquoi est-ce qu'il n'arrivait pas à composer ce fichu numéro ? Pourquoi ?

« Allez ! Du nerf ! se dit-il. Tu peux le faire ! Fais-le ! »

Il n'aurait jamais cru que composer quelques chiffres soit si difficile mais au bout d'une dizaine d'essai, il y parvint mais il raccrocha dès que la première tonalité retentit.

Il était lâche. Il n'osait même pas aller au bout de ce qu'il souhaitait. Pourtant, s'il ne faisait pas ça maintenant, il n'oserait jamais s'imposer face à qui que ce soit.

Il recomposa le numéro et une nouvelle fois la tonalité retentit. Cette fois-ci, il se força à ne pas raccrocher.

« Tu restes et tu lui parles. De n'importe quoi ! Enfin pas de n'importe quoi ! Tu as un sujet de conversation tout trouvé. Le football américain. Oui, voilà, parlons de foot américain. »

Son cœur battait la chamade. La tonalité retentissait toujours. Dans sa tête, c'était un véritable débat :

« Décroche. Décroche pas. Décroche. Décroche pas. »

Il décrocha.

« Allô ? »

Son cœur manqua un battement. Il avait répondu !

« Allô ? »

« Dis-lui quelque chose ! Allez parle-lui ! N'importe quoi ! Parle, idiot ! »

Rien à faire. Quelque chose se bloquait dans sa gorge. Les mots ne voulaient pas sortir. Quoiqu'il puisse faire, ils refusaient de sortir.

« Allô ? insistait-il. Y'a quelqu'un ? »

Il raccrocha. D'un coup sec.

Il se prit la tête dans la main et serra les mâchoires pour empêcher ses larmes de couler.

Il était lâche.


« Ma chérie ! lança Takeshi en se précipitant vers Eri. On a reçu du nouveau matériel pour les clients.

- Quoi ? s'exclama Eri. Ah… les clients… heu mais…

- Un de tes amis, trésor ? continua le patron. Bonjour, je suis le propriétaire de ce petit paradis. Je vois que vous avez déjà fait connaissance avec ma fiancée.

- Ta… commença Eri avant que Takeshi ne lui écrase le pied.

- Aaah ! C'est ta fiancée ? lâcha Agon avec une grimace.

- Eh oui ! Ma chère fiancée ! On se marie au printemps. J'ai hâte ! »

Cachée dans l'arrière-boutique, Ayako était en proie à un fou rire silencieux. La tête qu'Agon avait faite quand Takeshi lui avait dit qu'Eri et lui étaient fiancés valait le détour. Oh ! Bien sûr Takeshi et Eri n'étaient pas vraiment fiancés. C'était elle qui avait suggéré cette comédie à son patron pour que ce crétin lâche Eri. Et cela avait fonctionné : Agon était parti sans demander son reste.

« Je peux savoir ce que ça signifie ? s'emporta Eri après son départ.

-Me regarde pas comme ça ! se défendit Takeshi. C'est Aya-chan qui en a eu l'idée. »

Les yeux noirs d'Eri se braquèrent sur Ayako qui avait du mal à contenir son hilarité.

« Au moins je t'ai débarrassé de lui, répondit la jeune fille. »

Un groupe de filles entra à son tour dans la boutique. Eri se proposa immédiatement pour les aider. Pendant ce temps, Ayako se remit à sa rédaction et Takeshi s'occupait des horaires des employés. Il tendit une feuille à Ayako.

« AAAAAAAH ! hurla la jeune fille en découvrant ses horaires. Takeshi-san tu peux pas me faire ça !

- Qu'est-ce qu'il y a ? s'étonna le patron.

- Tu me fais travailler ce weekend ! Et le weekend d'après aussi !

- Et alors ? Il y a un problème ?

- Oui ! Mon frère a un match ces deux weekends là ! Je t'en supplie, Takeshi-san, je ferais un tas d'heures sup' quand tu veux, où tu veux, pendant autant de mois que tu veux, mais s'il te plait, me fait pas travailler ces deux weekends là !

- Je suis désolé, Aya-chan… bredouilla-t-il. Si je le pouvais, je le ferais mais Eri est absente ces deux weekends et Koseki ne rentre que le mois prochain… J'ai besoin de quelqu'un pour garder la boutique.

- Mais le match… C'est la demi-finale ! Et après la finale ! Je peux pas rater ça ! »

Il soupira.

« Écoute, reprit-il. J'essaierai d'arranger ça mais pour l'instant tu devras te contenter de ces horaires. »

Ayako contempla la feuille, effarée. Elle allait manquer la demi-finale contre Ôjô… Et la finale aussi. Bon, pour l'instant ce n'était pas sûr que les Devil Bats l'atteignent mais elle allait faire comme si… mais elle ne pouvait pas rater la demi-finale ! C'était impossible… Et pourtant… si Takeshi ne parvenait pas à changer ses horaires…

« C'est trop injuste ! »

Ce sentiment la poursuivit jusqu'à chez elle. Et même les mots de son frère ne parvinrent pas à la consoler.

« Tu pourras sans doute partir plus tôt, disait Musashi. Les matchs sont longs et contre Ôjô, ça ne se réglera pas en un tour de main.

- Mais justement ! Quand je pense que je vais rater ça… Et en plus, la finale aussi… Ah Takeshi-san je te haiiiiiiis !

- Ça t'avancera à rien d'insulter ton patron, tu sais.

- Non mais ça soulage. »

Il sourit et commença à débarrasser la table. Ayako ne décolérait pas et cela l'amusait de la voir dans cet état. Bien sûr, il était un peu déçu de ne pas la voir au match. Elle avait toujours été très proche de l'équipe

« Hé ! Grand frère.

- Quoi ?

- Vous avez intérêt à le gagner ce match. »

Oh pour ça Ayako n'avait pas à s'en faire. Aucun joueur n'avait envie de perdre si près du but. Ils étaient arrivés trop loin, traversés trop de chose pour perdre maintenant. Ce match allait sûrement le plus difficile et le plus éprouvant mais ils allaient le gagner.

Coûte que coûte, ils devaient le gagner. Car c'était la dernière fois qu'ils pourraient vivre ces moments.

« Ne t'en fais pas, Ayako, dit Musashi. Nous gagnerons quoi qu'il arrive. »