Auteur : Visionairy (lien sur mon profil)

Traductrice : Toumies

Disclaimer : Les personnages et lieux ne sont, bien entendu, pas à moi et l'histoire de cette fanfiction appartient à Visionairy. Seule la traduction est de moi.


Chapitre 12 – Furie

« Qu'avez-vous entendu ?

Assez pour savoir que ce n'était pas votre idée. Mais je dois savoir où se trouve Sammy. Je dois le retrouver.

Je ne sais pas plus où il est que toi, Dean, mais entres, nous allons parler. »

Il fit signe au groupe d'entrer dans son bureau.

Sam se réveilla avec la bouche pâteuse. Sa jambe et sa cheville, en particulier, lui faisaient mal. Le lit sur lequel il était allongé était plat. Il essaya de s'éclaircir la tête et se souvint vaguement qu'il avait fait des tests, et pensa qu'ils devaient être terminés maintenant.

« Dean. »

Sa voix lui semblait assez faible même à ses oreilles. Il tenta de déglutir et ouvrit les yeux. Tout était lent et étrange. Sa poitrine lui faisait mal. Où était Dean ? Il avait dit qu'il serait là.

« Dean ! »

L'effort qu'il dut fournir pour parler à voix haute le réveilla complétement, et il n'aima ce qu'il voyait. Il n'était plus dans la chambre d'hôpital. Il se trouvait dans une pièce qui ressemblait à une chambre – une chambre qui était rarement utilisée à la vue de l'ameublement propre mais rare. Une petite télévision était posée sur une commode, et il y avait un vase décoré de vielles fleurs en plastique sur la table de chevet, ainsi qu'une télécommande. Quelqu'un avait au moins laissé un verre d'eau à côté du lit. Sam tendit le bras pour rassasier sa soif. Mais sa main n'était pas stable, et, au lieu de prendre le verre, il réussit à le renverser. Le verre tomba sur la moquette presque sans un bruit.

Sam voulut s'asseoir pour le prendre mais cela réveilla la douleur dans sa poitrine, et il dut se recoucher, haletant.

« Dean ! » essaya-t-il encore une fois.

Une femme d'un âge mûr arriva alors rapidement dans la chambre.

« Oh, Sam, je vois que tu es réveillé. Ne t'inquiètes pas, tu es en sécurité ici, à la maison avec nous. On est ta famille d'accueil. Je m'appelle Emily Samuels, et voici mon mari, Tony."

Un homme trapu au visage sévère venait d'entrer dans la chambre.

« Quoi ? Quoi ? »

Ça n'avait aucun sens. Qui étaient ces gens ? Il devait être à l'hôpital. Qu'est-ce qu'il s'était passé ? Ce devait être un cauchemar.

Suivant l'homme de près se trouvait la femme que Dean avait surnommé la femme vautour et le cauchemar commença à faire sens. Il n'était pas en train de dormir, ce cauchemar était réel. Ils avaient réussi à le prendre à sa famille d'une manière ou d'une autre. Ils l'avaient pris à Dean. Et bon sang, il allait être furieux.

La femme vautour fit un pas en avant.

« Sam, l'hôpital nous a donné l'autorisation de te transférer chez les Samuels pour que tu puisses continuer ton rétablissement dans un environnement plus propice. »

Sam lui jeta un regard noir.

« Comment vous avez fait ça ? Comment vous avez fait pour me sortir de l'hôpital sans que Dean ne vous arrête ? »

Emily Samuels regarda son mari avec inquiétude.

« Sam, allez, on sait que tu as une situation difficile chez toi ces derniers temps mais nous sommes là pour t'aider à aller de l'avant. On veut juste que tu ailles mieux, et on veut s'assurer que tu es dans une famille adaptée à un garçon qui grandit. »

Sam pensa que la femme était folle mais il n'était pas sûre si elle n'avait juste pas les bonnes informations ou si elle était aussi coupable que le femme vautour.

« Alors comment ça se fait que je sois ici sans mon consentement ? Comment avez-vous pu me prendre quand j'étais inconscient, purée ! »

Tony s'avança.

« Fais attention ce que tu dis, monsieur. Si on t'héberge, s'attirant peut-être les foudres de ta famille de délinquants, tu nous montreras à ma femme et moi du respect.

– Famille de délinquants ? Comment osez-vous ? Mon frère était là, et il prenait soin de moi !

– C'est exactement ce que je pensais, interrompit la femme vautour, et c'est pourquoi on a dû partir d'une manière aussi clandestine. Ces personnes gentilles ne voulaient pas faire face aux menaces ou aux représailles d'un jeune homme de 18 ans en colère. Et parce qu'il est d'accord pour rester avec toi dans la chambre d'hôpital pendant quelques jours ne veut pas dire qu'il est le meilleur choix parental pour toi. »

Si Sam pouvait atteindre quelque chose, il l'aurait jeté à la femme. Le plus lourd, le meilleur.

« Quand est-ce que je pourrais parler à Dean ? demanda Sam.

– Désolé fiston, fit Tony, qui n'était pas désolé, il n'y a pas de téléphone ici ou à l'étage. Je ne veux pas que tu ramènes ton frère pour qu'il harcèle ma famille. On nous a demandé de te surveiller, et on va le faire mais on ne te laissera pas causer des problèmes. Je suis policier, j'ai l'habitude de m'occuper d'enfants difficiles. On ne laissera rien passer ici. »

Sam secoua la tête de dégoût.

« Vous savez, je me sens déjà mieux. »

La femme tapota la jambe non blessée de Sam. Il a retira de sous sa main.

« Je vais te laisser t'installer alors. »

Elle se tourna vers Tony.

« Je vais téléphoner à un médecin pour qu'il vienne demain après-midi pour l'ausculter. En attendant, garder un œil sur lui. Au revoir Sam, rétablis-toi bien. »

Et la femme vautour partit.

Un loup-garou vicieux serait pratique en ce moment. Ou un bon petit esprit vengeur. Pourquoi est-ce que les créatures les plus dangereuses n'étaient pas là quand vous en avez besoin ? Peut-être qu'un chien noir l'attaquerait quand elle irait à sa voiture. Sam ne ferait rien pour l'aider.

Tony s'approcha de lui et prit le verre vide qu'il replaça sur la table de chevet. Sam ne voulait pas demander de l'eau, alors quand ils partirent, il fixa le verre du regard et humidifia ses lèvres sèches avec la langue.

Sam n'était peut-être pas capable de bouger, mais il pouvait penser, et il déversa toute sa frustration et sa colère intériorisées dans une chose : s'enfuir fissa de cet endroit et retrouver Dean.


La patience de Dean était dans ses derniers retranchements pour la centième fois cette après-midi. Il faisait les cent pas furieusement dans la pièce en écoutant le docteur Phillips, Pasteur Jim et Tom discuter des mérites d'un plan ou d'un autre. Malheureusement, aucune des suggestions n'impliquait de faire du mal ou de tuer la femme vautour sinon Dean aurait été bien plus enthousiaste.

Ils avaient appelé la Protection de l'enfance mais personne ne put leur donner plus d'information à part que Sammy était en sécurité et qu'il resterait avec sa famille d'accueil légalement choisie. Tom partit au tribunal pour demander une audience. Ils avaient décidé de procéder sans John, sinon Sam serait gardé loin d'eux trop longtemps. Bien sûr, c'était déjà trop long de leur avis.

Ils avaient demandé à Dean de rester calme et d'avoir l'air d'un rôle modèle mature pour son jeune frère. Poursuivre la famille, les menacer ou les blesser sérieusement, et voler son frère ne les aideraient pas dans la dernière audience importante au tribunal pour la garde.

Dean comprenait la logique mais ça ne résolvait pas son besoin d'avoir Sam près de lui – surtout quand il était aussi vulnérable. Qui s'assurerait qu'il prenne ses médicaments et qui le regarderait prendre les dernières pilules antidouleur ? Qui s'assurerait qu'il mange convenablement et fasse ses exercices ? Ces personnes devaient vraiment aller en enfer.

Dean gardait son téléphone chargé à côté de lui tout le temps, espérant plus que tout que son frère l'appelle. Quelques heures plus tard, Dean se rendit compte que cela faisait aussi probablement partie des interdictions de Sam. Tout ce qu'il fallait faire était de mettre son téléphone à plus de 6 mètres du lit de Sam. Il ne pouvait pas aller loin sans se reposer, et certainement pas avec des béquilles.

L'estomac de Dean était noué, et il voulait frapper quelque chose ou quelqu'un. Cette nuit-là, il fit même le tour des bureaux des services sociaux pour voir s'il pouvait trouver un moyen d'entrer par effraction pour prendre les fichiers, mais la ville était tellement petite que les bureaux faisaient partie du tribunal, là où se trouvait aussi le commissariat de quartier. Il n'était pas du tout sûr de pouvoir entrer et sortir sans être vu. Et s'il se faisait attraper, ça empirerait son cas juridique pour récupérer Sam.

Dean alla aussi voir les autres cliniques dans le coin au cas où ils avaient vu Sammy. Il laissa son numéro de téléphone si quelqu'un le voyait. Au final, il accepta la requête du Pasteur Jim de retourner à la maison. Il savait que Jim voulait qu'il se calme et se repose, mais Dean se rendait compte que le pasteur avait aussi besoin de repos. Il s'était démené depuis qu'il était arrivé. D'un accord tacite, le groupe repartit vers la maison actuelle des Winchester.

Le lendemain, Dean rejoignit Tom au tribunal pour voir si sa requête pour une audience avait été acceptée. La date la plus proche qu'ils aient pu avoir au tribunal était une semaine plus tard. Une semaine complète – sept jours entiers en plus des deux jours depuis qu'il avait disparu. Tom dit que c'était un miracle que cela soit aussi tôt. Dean ne pensait pas que c'était assez tôt. Et si le juge était de mèche avec la femme vautour ? Dean avait mal à la tête. Après qu'il ait déposé Tom à la bibliothèque pour qu'il fasse des recherches sur les décisions locales au tribunal de grande instance, Dean alla à l'école.

Mike continua à venir tous les jours, mais il avait beaucoup de devoirs à rattraper à l'école. Quelques temps auparavant, Mike s'était porté volontaire pour aller voir tous les professeurs de Sammy et leur demander le travail nécessaire pour se remettre à niveau. Dean avait appelé Mike lors de la disparition de Sam, mais Mike ne savait rien de l'endroit où pouvait se trouver Sam, bien qu'il dit qu'il verrait ce qu'il pourrait trouver à l'école. Alors Dean se mit à réfléchir : peut-être que la famille d'accueil de Sam penserait à ses devoirs, peut-être que les professeurs ou l'école étaient en contact avec les personnes qui avait Sammy. C'était sa seule piste et il devait enquêter.


John Winchester et Bobby Singer eurent beaucoup de chasses difficiles dans leur vie, mais celle-ci commençait à devenir l'une des plus irritantes. Entre le terrain rocheux et inégal, le froid humide et l'altitude, sans parler de la créature qu'ils traquaient ces huit derniers jours, John espérait faire une pause et trouver un moyen de contacter ses garçons. Ils lui manquaient dès qu'il partait. Il se mettait même à revenir sur les disputes qu'il avait Sammy avec un regard plus neutre et pouvait comprendre certains points que Sam avait essayé de faire.

L'adolescence était difficile – pour l'enfant et la famille. C'était particulièrement difficile avec un fil avec du caractère comme Sam. Dean avait eu aussi du mal, mais entre son sérieux envers la chasse, et sa dévotion sans faille au bien-être de Sam, il montrait rarement les problèmes qu'il avait. Il faisait ce qui était nécessaire, et gardait ses sentiments quand il était seul. Parfois, John entendait le résultat des émotions qui se déversaient, mais c'était rarement contre John et jamais contre Sammy.

Ils étaient tous les deux de bons garçons, et il était fier d'eux – fier de leur force, fier de leur état d'esprit et fier de leur indépendance. Il voyait qu'ils grandissaient pour devenir des chasseurs excellents, et peut-être, pensa-t-il, qu'il devrait leur dire ça à un moment donné. Mais pour l'heure, il devait se concentrer sur cette créature. La saison de chasse de grosses proies se terminait ce soir-là, et les chasseurs amateurs seraient partis. Alors s'ils ne trouvaient pas ses traces maintenant, la créature allait sûrement se planquer jusqu'à l'année prochaine, et d'autres morts horrible arriveraient.

Il entendit l'hélicoptère qui devait emmener le dernier groupe de chasseur. John Winchester n'admettait pas défaite, mais le temps se dégradait et s'ils ne partaient pas de cette montagne bientôt, ils se retrouveraient piégés. Dégoûtés, John et Bobby acceptèrent de faire le chemin de retour vers leur 4x4, en espérant qu'ils pourraient trouver des traces de la créatures en chemin.

Alors qu'ils finissaient de ranger leurs affaires, ils furent surpris d'entendre un appel émettre de la radio.

« John Winchester, est-ce que vous m'entendez ? »

John regarda Bobby. Seule une poignée de personnes dans le monde entier savait qu'ils étaient là-haut, et seulement deux connaissaient la fréquence de radio où on pourrait les contacter.

« Ici Winchester, répondit John.

– M. Winchester, je m'appelle Jack Dugan. Je suis le pilote de l'hélicoptère. On m'a demandé de vous passer le message d'un Pasteur Jim Murphy. »

John et Bobby eurent le cœur dans la gorge à ces mots. Il n'y avait aucune bonne raison de contacter un chasseur sur le terrain, à moins qu'il y ait un problème urgent chez eux. Ce n'était pas bon signe.

« Je suis désolé de vous annoncer que votre fils, Sam, était dans un accident de voiture. Un conducteur alcoolisé a l'a embouti. On me raconte qu'il est stable, et qu'il est à St Mary's Hospital. Cependant, il y a d'autres complications qui ont besoin de votre attention urgemment. Dean va bien et est avec lui, mais Pasteur Jim a dit que vous deviez le contacter au plus vite. Bien reçu ?

– Reçu, merci, répondit Bobby pour John qui avait l'air de digérer les nouvelles. John ?

– Allons-y, » fut tout ce que dit John avant de descendre rapidement vers les véhicules qui se trouvaient plus bas.

Il ne pensait plus à la créature, elle pouvait avoir les montagnes vides. John devait rentrer voir ses garçons, et Bobby allait s'assurer qu'il y arrive en un seul morceau.


Sur la route, Dean alluma la radio de la police que son père gardait dans la voiture. Peut-être qu'il pourrait trouver un indice avec ça. Il était désespéré. Il était allé à tous les cabinets médicaux, médecins et kinésithérapeutes du coin, mais personne n'avait vu son frère. Sans piste, il n'avait aucun moyen de rejoindre Sammy – alors qu'il lui avait promis qu'il le ramènerait.

Entre les annonces d'excès de vitesse et le vol à l'étalage d'un adolescent, Dean entendit l'annonce d'un garçon de 14 ans qui l'interpella. Les ambulanciers avaient été envoyé au 2580 Harper St pour transporter un garçon, 14, qui apparemment avait souffert d'une overdose parce qu'il avait avalé une bouteille entière d'antidouleur fort, qui était comme par hasard les mêmes que Sam prenait. A la radio, on disait qu'on lui avait fait une intraveineuse pour lui donner de l'oxygène et lui administrait du charbon pour absorber les médicaments. Ils étaient prêt à partir.

Dean augmenta le volume et se gara sur le bas-côté pour écouter. Les battements cœur du garçon étaient stable pour l'instant mais ses yeux étaient légèrement dilatés, et ils voulaient l'emmener à l'hôpital dès que possible.

« Non, non, il ne ferait pas. Ce n'est pas… il ne le ferait pas. »

Son esprit avait dû mal à se faire à l'idée.

Ce fut la mention de la « famille d'accueil » qui le fit bouger. Apparemment, les parents adoptifs allaient suivre l'ambulance à l'hôpital où ils rencontreraient la police. Dean n'arrivait pas croire que c'était Sam, ce n'était pas possible. Mais il devait quand même aller à l'hôpital. Ses pneus couinèrent sur le goudron quand il fit demi-tour, le moteur chantant sous la vitesse que Dean mettait pour retourner là où il avait vu son petit frère pour la dernière fois.