Chapitre 11: Préparations

Jusqu'à là, c'est le chapitre le plus long de l'histoire.
Ce fut également un chapitre complexe à écrire, et cela va se ressentir dans la lecture. En fait, il y a beaucoup de chanements de points de vue, et le style changera donc beaucoup: il faut donc s'attendre à un mode de pensée simpliste et une expression enfantine quand un enfant s'exprime, et à un vocabulaire technique quand un adulte le fait.
Un passage de ce chapitre contient une brève explication du système politique; cela peut paraître chiant à lire (en tout cas, j'ai adoré l'écrre) mais la lecture est indispensable à la compréhension des futures machinations de nos protagonistes préférés !

En vous souhaitant une agréable lecture.

Stellaecephale


Truc de Kouar

Si vous voulez avoir le dernier mot dans une dispute, dites « Oui, tu as raison. »


Hermione n'avait jamais été aussi excitée ! Si on lui avait dit il y a trois mois qu'elle attendrait avec impatience la fin des vacances, elle l'aurait cru. Si, en revanche, on lui avait dit qu'elle irait dans une école de sorcellerie...elle se serait posé des questions sur la santé mentale de son interlocuteur.

En effet, un mois auparavant, elle ne connaissait rien à la magie. Lorsqu'elle avait reçu la lettre pour "Poudlard", elle avait tout d'abord cru à une farce élaborée, mais lorsqu'une vieille femme stricte à l'accent écossais avait transformé la table basse de son salon en cheval, ses parents et elle n'avaient eu d'autre choix que de se rendre à l'évidence: la magie existait.

Et il se trouvait, pour sa plus grande fascination et, elle en était sûr, son plus grand bonheur qu'elle était elle-même une sorcière.

La jeune brune avait tellement hâte d'aller à Poudlard ! Après son voyage avec le professeur McGonnagall et ses parents sur le chemin de traverse, une sorte de Carrefour magique, elle s'était plongée dans des livres sur le cursus scolaire et sur la civilisation du monde magique. Elle avait découvert qu'il était possible de faire tant de choses qu'elle avait auparavant jugé inimaginables: transformer du sable en coton, faire léviter des objets, concocter une potion qui faisait repousser des os,et même voler dans le ciel sur un balai ! Encore mieux, elle s'était rendu compte avec délice que toutes les merveilleuses créatures qui avaient peuplé les histoires de son enfance existaient: elle ne pouvait pas attendre de chevaucher une licorne, et de discuter avec des centaures ? Le monde magique était si merveilleux !

(A plusieurs kilomètres de là, Lucifer renifla dédaigneusement. Par réflexe. Sans même comprendre pourquoi. Il avait juste l'intuition que quelqu'un venait de dire quelque chose d'incroyablement stupide. Probablement un enfant qui était persuadé que Harry était comme dans les horribles livre qu'on écrivait sur lui. Ou une autre inanité de la sorte)

Mais par dessus tout, Hermione avait découvert ses héros: elle se serait cru dans un conte de fées: le professeur Dumbledore, le Directeur de son école avait combattu un méchant sorcier, et avait gagné ! Et en plus, il était si puissant, si gentil, si savant: En dehors du fait d'être directeur de Poudlard. Dumbledore est aussi président du Magengamot, le tribunal et le Sénat des sorciers. Il est également l'heureux récipiendaire de l'Ordre de Merlin première classe, l'équivalent de Chevalier de Sa Majesté la Reine. Il est aussi Docteur en Sorcellerie, Enchanteur-en-chef et Manitou suprême de la Confédération internationale des sorciers ! En plus, il avait été un Gryffondor, la maison des nobles et des courageux ! Hermione était timide, et n'avait pas beaucoup d'amis: les jeunes de son âge la traitaient de "rat de bibliothèque", de "Mademoiselle je-sais-tout" et de "Miss Grosses dents" ! Mais à Gryffondor, on l'accepterait et elle deviendrait courageuse ! Hermione irait dans la maison des rouge-et-or; elle était déterminée à marcher sur les pas du plus grand sorcier de cette époque. Elle allait être si épanouie ! Et l'éducation donnée par le professeur Dumbledore devait être géniale !

(Loin de la maison des Granger, un garçon brun aux yeux entouré de cernes eut l'irrésistible envie de secouer la tête et de soupirer. Il n'y avait aucune explication à cette pulsion, mais Harry le fit quand même. Cela ne servait à rien de se priver si céder au plaisir n'avait aucune conséquence néfaste)

Et encore mieux, si elle était à Gryffondor, elle serait dans la même maison que Harry Potter. Elle avait lu beaucoup de livres sur lui, et les livres ne mentaient jamais ! Bien sûr, elle ne prenait pas au sérieux les romans fantastiques sur sa personne, mais s'il était marqué dans L'Histoire magique du XX siècle que Harry Potter était un héros car il avait vaincu un mage noir, c'est qu'il l'avait fait. Le livre disait aussi qu'il serait l'héritier de Dumbledore, et qu'il avait été élevé par des licornes, et qu'il chevauchait des dragons... Hermione avait tellement hâte de le rencontrer ! Elle avait même appris par cœur tout ses livres: elle ne voulait pas rester derrière lui ! Après tout, s'il avait été élevé par des licornes, il devait en savoir un rayon ! A moins qu'il n'ait été entraîné spécialement par le Professeur Dumbledore, comme indiqué dans Les Grandes figures du monde magique , au quatrième chapitre !

Hermione jeta un coup d'œil à l'horloge...

"Plus que deux jours, dix sept heures, vingt-deux minutes et trois secondes avant le départ !"


Draco enfila lentement ses gants blancs. Père lui avait toujours dit d'éviter les contacts avec la plèbe, et il comptait bien appliquer ces conseils. Après tout, il ne pouvait pas prendre de risques aujourd'hui. En effet, il allait faire sa rentrée à Poudlard. Et il comptait bien faire en sorte qu'elle soit retentissante, mémorable. Rien de moins pour le futur Roi de Serpentard.

Draco marcherait sur les traces Père, et régnerait d'une main d'acier sur la maison des serpents. Et s'il n'y arrivait pas seul, il pourrait toujours demander de l'aide à Père. Mais bon...rien ne lui était impossible. Il était un Malfoy après tout. Une des familles nobles du monde magique, et si le sang ne suffisait pas, ils avaient de l'argent. Beaucoup d'argent.

Draco se targuait d'être le fils de l'homme le plus puissant du monde magique. Après tout, Père avait le Ministre de la magie dans sa poche, et avait été membre de ces fiers chevalier qui défendaient la noblesse des sang-purs: les mangemorts. Draco se souvenait encore les rares moments de son enfance qu'il avait partagé avec Père, quand celui-ci lui narrait les aventures de lui et de ses amis, au service de cette noble cause; lorsqu'ils combattaient pour leur Seigneur contre les vils sang-de-bourbes, qui étaient venus ici pour détruire leur civilisation. Et si c'était pour marier une princesse aussi pure, noble et belle que mère...Draco serait aussi un mangemort.

Cependant, Draco avait beau être certain de la noblesse de cette cause, il n'arrivait pas à la réconcilier aux horreurs décrites dans les livres d'histoires.
Les livres devaient mentir.

Et puis; même si c'était vrai...Draco ne décevrait pas Père. Il lui montrerait qu'il était digne d'être un Malfoy. Il lui montrerait qu'il était le meilleur.

"Draco. Vient ici."

Il se redressa, et marcha lentement, en enchaînant les pas d'un manière si fluide, avec une grâce qui criait "aristocratie", vers Père, qui venait de l'appeler.

Et il avait l'air encore plus sérieux que d'habitude, ce que Draco ne pensait être possible. Bien sûr, il ne s'en inquiéta pas. Il n'existait pas de problème dont Père ne pouvait venir à bout.

"Oui, Père ?"

"Draco. Cette année est capitale. Quand tu sera à Serpentard...par ce que je n'ai aucun doute là dessus..."

Draco dut faire appel à toute la maîtrise de ses émotions pour s'empêcher de déglutir, devant la menace à peine voilée. Mais il serait digne d'être un Malfoy: il irait à Serpentard. Et il unifierait la maison, comme Père l'avait fait avant lui. Comme le Seigneur des Ténèbres l'avait probablement fait.

"...Tu devra faire usage de tout l'entraînement en politique que je t'ai donné. La plupart des héritier sang-pur des grandes familles s'y retrouveront, et tu devra t'en faire des alliés. J'ai déjà demander à nos vassaux, les maisons Crabbe et Goyle d'ordonner à leur héritier de te servir de garde du corps et de compères. N'oublie pas Draco. Ils seront tes alliés, et non tes amis. Tu ne va pas à Poudlard pour t'amuser, mais pour apprendre et dominer. Ne me déçois pas, fils"

Draco hocha la tête. Il avait entendu ce discours plusieurs dizaines de fois: Père attendait de lui qu'il soit un élève modèle, mais par dessus tout, un Serpentard modèle. Il devait être diplomate, mais rassembler la maison et l'unifier par son charisme. Intelligent et avoir des bons résultats scolaires, mais surtout ambitieux et vicieux. Il devait, lors de sa première année, rassembler ses camarades de classes. Père souhaitait que, avant sa cinquième année, il soit reconnu comme le dirigeant incontesté de la maison de Salazar Serpentard.

"Cependant, Draco..une variable est rentrée en jeu. Je pensais que tu serais le plus noble, et surtout celui avec le plus d'influence à rentrer en Serpentard cette année. Avec la réputation, la fortune et l'influence des Malfoy...Bref, ce n'est plus le cas. Même si tu n'arrive pas à devenir le roi de la maison, tant que tu es le second de Valerius, je ne t'en voudrai pas. Mais si tu arrives à dominer le ils de la maison du Maître des âmes...je serai fier de toi, Draco. Mais ne t'en fait pas un ennemi."

Draco ne parvint pas à camoufler totalement son expression de surprise. Quelqu'un qui pourrait avoir plus d'influence qu'un Malfoy ? Et surtout...pourquoi Père n'avait pas totalement confiance en sa victoire ?

Il montrerait à ce Valerius ce qu'il coûtait de prendre la place légitime d'un Malfoy: celle au sommet de la chaîne alimentaire. Et il le ferait comme un vrai Serpentard: de manière invisible, avec des complots et des machinations.

Après tout, Draco était arrogant, mais il n'était pas fou. Si même père se méfiait de lui...


"Ah ! Molly ! Exactement la personne que je cherchais !"

Les Weasley étaient très honorés de recevoir le sorcier le plus puissant de cette époque dans leur maison: Ron et Ginny regardaient, émerveillés, le professeur Dumbledore évoluer librement dans leur petite cuisine.

Cependant, ce n'était pas la première fois qu'ils le voyaient; ils avaient déjà rencontré l'homme il y a environ un an. Et il le voyaient comme un sauveur de la sorte. Le vieux sorcier leur avait fait la promesse que Ron serait le meilleur ami du Garçon-qui-a-survécu, et que Ginny serait sa femme ! Les deux Weasley avaient été extasiés à l'idée d'être si proches de leur héros: Ron et Ginny lisaient des histoires sur le Survivant depuis leur tendre enfance, et ils avaient hâte d'être aussi connus et riches que lui ! Ron était sûr qu'il pourrait jouer au Quidditch avec Harry, et qu'il apprendrait plein de sorts tellement cools !

En échange de tant de cadeaux, ils ne devaient que faire en sorte que Harry reste sur le chemin de la lumière, et déteste les Serpentard ! Ron sourit, et secoua la tête: comme si ce n'était pas le cas ! Après tout, Harry Potter avait vaincu Tu-sais-qui, forcément qu'il détestait les Serpentard ! Et ils devaient également rapporter ses faits, gestes, paroles, et même pensées au Directeur ! Ron avait tout d'abord été gêné de tromper son futur meilleur ami, mais bon...le professeur Dumbledore avait dit que c'était "pour son plus grand bien". Alors, si c'était pour aider Harry Potter à vaincre les forces du mal...

En haut de l'escalier, Gred et Forge écoutaient, interloqués et quelque peu choqué, leur bien aimé directeur donner ses consignes: leur mère avait été explicitement ordonnée de manipuler Harry Potter afin que ce dernier soit le meilleur ami de leur petit frère.


Daphné Greengrass inspira lentement...et elle expira. Dans quelques heures, elle ferait sa rentrée à Poudlard.

Son père la regardait avec un mélange de fierté...de pitié, d'appréhension et de crainte.

En effet, il avait beau savoir que Daphné était brillante, elle n'en était pas moins une femme, destinée à servir de trophée à un héritier d'une famille noble sang-pur. Après tout, les Greengrass étaient une famille dans laquelle il faisait bon de se marier. Ils avaient beau ne pas être une famille noble et ancienne comme les Black, les Malfoy ou encore les Potter, ils possédaient tout de même le titre de Marquis. Lord Greengrass ne possédait que deux filles, et il était impossible pour l'une d'entre elles d'hériter de ce titre de noblesse en raison de leur sexe. Parfois, Xavier Greengrass regrettait de ne pas avoir de fils pour perpétrer l'usage de leur nom de famille. Et surout, pour protéger sa fille quand elle serait à Poudlard.

La Grande-Bretagne magique était souvent qualifiée par les "modernes", dont il faisait parti, de société néo-médiévale: malgré toute la technologie, tout les progrès éthiques, techniques et technologiques depuis la sombre époque des fondateurs et de Merlin, le système législatif n'avait que peu, voire pas du tout, changé.

En effet, la Grande Bretagne magique était loin d'être une démocratie. Le poste de ministre de la magie était accordé à la suite d'une élection, ce qui trompait généralement les foules: après tout, qui dit élection dit démocratie. C'était on ne peut plus faux. En effet, les sorciers, les "citoyens" ne pouvaient pas tous voter. Seules les membres du magengamot en avaient la capacité, et chaque membre n'avait pas la même influence.

Le Magengamot concentrait le pouvoir législatif et juridique. De plus, c'était ses membres qui élisaient le Ministre de la magie, et avaient la possibilité de le remplacer, dixit le pouvoir exécutif. La séparation des pouvoirs n'était absolument pas respectée, et la Grande-Bretagne Magique était donc une aristocratie-oligarchique. Sur les dizaines de milliers de sorciers, seuls 169 avaient le droit de vote. Et sur ces 169 personnes, une trentaine d'entre eux possédaient soixante pourcent du pouvoir. En effet, le vote d'un chevalier et le vote d'un Grand- Duc ne valaient pas la même chose. Chaque titre était associé à un numéro d'unité et, lors d'un vote, le côté comportant le plus d'unité l'emportait.

La chambre était composée de soixante-dix Chevaliers, quarante Barons, vingt Vicomtes, quinze Marquis, dix Comtes, neuf Ducs, quatre Grand-Ducs et un Prince

Le Prince avait une voix de dix unités, et le droit de veto. Les Grand-ducs, quant à eux, avaient chacun sept unités. Les ducs en avaient six, les Comtes cinq, les Marquis quatre, les Vicomtes trois, les barons, deux, tandis que les chevaliers n'en avaient qu'une seule.

Parmi ces titres, tous sauf ceux de chevaliers étaient héréditaires. En effet, un chevalier pouvait ne pas l'être à vie. Auparavant, le rang de chevalier était attribué par les nobles ayant un rang supérieur ou égal à celui de Marquis, et étaient les vassaux de ces derniers. En cinq-cent ans, avec la création du Ministère de la Magie, l'organisation avait quelque peu changée. Les Chevaliers n'avaient jamais eu beaucoup de pouvoir politique: chacun d'eux avait une voix valant une unité, et étaient obligés de voter selon les désirs de leur Seigneur, sous peine de perdre leur titre. Bien sûr, la valeur de leur voix n'avait pas changé, et ils n'étaient plus obligés de voter selon les désirs de leur Seigneur. Cependant, rares étaient ceux qui osaient aller à l'encontre de ses désirs: cela signifiait perdre un important soutien politique, juridique et financier.

Le grand changement avait été celui de la nomination des Chevalier. En 1745, un mage noir du nom de Karakgistan avait tenté un coup d'état pour renverser le Ministre en place. Ce dernier, qui n'était pourtant qu'un marquis, avait abusé de son pouvoir de nommer des chevaliers, et, grâce au nombre, le "Marquis Noir" avait presque réussi. Sans l'intervention de la famille Bones, à qui on avait conféré le titre de Marquis en récompense, le Ministère n'existerait plus. Le Magengamot avait alors décidé de limiter son propre pouvoir, en décrétant que, malgré le fait que chaque noble supérieur pouvait nommer autant de chevalier qu'il le souhaitait, seule soixante-dix chevaliers auraient le pouvoir de vote. Ceux-ci seraient sélectionnés de la manière suivante:

Vingt d'entre eux étaient sélectionnés par le Ministre en personne. Ces derniers étaient souvent des sous-secrétaires ou des présidents de sections ministérielles en qui le Ministre avait confiance, et qu'il voulait récompenser.

Trente-cinq d'entre eux étaient sélectionnés par les nobles les plus puissants. Le prince pouvait en nommer cinq, les Grand-ducs trois. Chaque Duc pouvait en nommer deux.

Cinq autres étaient nommés par le Directeur de Poudlard. Il s'agissait généralement du vice-directeur, et des quatre directeurs de maison. Dans le cas exceptionnel où le vice-directeur était un des responsable de maison, le chevalier restant était un choix personnel du Directeur.

Un autre chevalier était nommé par le président-sorcier du Magengamot, et agissait en tant que secrétaire et garde-du-corps personnel de ce dernier.

Trois des huit chevaliers restants étaient choisis par le capitaine des Aurors, et agissaient en tant que consultant des questions à la sécurité.

Les cinq derniers chevaliers étaient les plus mystérieux. Seul un d'entre eux occupait activement son poste, le mangemort Rosier en avait été un durant la guerre de sang, et les trois autres étaient dormants depuis l'époque du roi Français Louis XIV. Le seul chevalier actuel était une certaine Hestia Jones. Tout le monde savait qu'elle était une personne de confiance de Dumbledore, et seule une poignée de savants savaient qu'il avait pu l'y installer en qualité de "Seigneur de la Lumière".

Ce système limitait apparemment la concentration de pouvoir dans la main d'un seul homme.

Foutaises !

Dumbledore était un marquis, le directeur de Poudlard, et le Président-Sorcier du Magengamot. En tant que noble, il avait déjà quatre unités. Son rôle de Directeur du Poudlard lui permettait de nommer cinq chevaliers, rajoutant cinq unités dans son "panier". En comptant Hestia Jones, il en avait une de plus. Cependant, à la mort des quatre Grand-Ducs, Salazar Serpentard, Rowena Serdaigle, Godric Gryffondor et Helga Poufsouffle, ces derniers avaient décidé que, tant qu'un de leur héritier ne prenait pas leur place au Magengamot, le Directeur de Poudlard avait la capacité de nommer les chevaliers des Grands-Ducs, ou d'agir en leur nom. Enfin, en tant que président-sorcier, il avait un chevalier de plus.

Ce qui signifiait qu'un seul homme possédait le pouvoir ahurissant de nommer dix-neuf chevalier à lui seul. Le ministre, quant à lui, en avait vingt à ses ordres, plus les trois Aurors qu'il pouvait installer en "conseillant" le capitaine. Ce qui signifiaient que deux hommes pouvaient contrôler 60% des chevaliers.

Enfin...beaucoup plus.

En effet, il n'y avait pas eu de prince depuis la mort de Merlin, ce qui enlevait cinq chevaliers. De plus, quatre des chevaliers "titrés" étaient dormants: personne ne savait comment les nommer, et leurs sièges au Magengamot restaient vide. Enfin, parmi les neuf Ducs, c'est à dire les Black, les Potter, les Valerius, les Malfoy, les Londubat, les Peverell, les Lestrange, les Bogues, les Duant, les Graves et les Rosier...seules une maison était active: les Malfoy. Lord Black était emprisonnée, au même titre que Lord Lestrange. Les lignées des Rosier et des Valerius semblaient avoir été tuées durant la guerre de Sang, tandis que les Bogues s'étaient éteints il y a plusieurs siècles de cela. Enfin, les Graves s'étaient exilés aux États-Unis, tandis que les héritiers Potter et Londubat n'étaient pas en âge de siéger à l'assemblée. Ce qui enlevait seize chevaliers.

Il y avait donc vingt-cinq chevaliers absents au Magengamot. Parmi les clinquantes restants, vingt-trois étaient contrôlés par le Ministre, lui même dans la poche du Duc Malfoy, qui en avait deux: Les Sirs Crabbe et Goyles.

Ainsi, 50% des chevaliers étaient au service des Malfoy, tandis que l'autre moitié était aux ordres de Dumbledore.

La lumière contre l'obscurité.

Qu'étaient sensées faire les familles non-alignées, les "neutres" comme les Greengrass, si, non seulement ils n'étaient que des Marquis sans chevaliers, avec quatre malheureuses unités, leurs seuls héritiers étaient des héritières ?

C'est pour cela que Xavier Greengrass était inquiet pour sa fille. C'était une jeune sorcière brillante, dont le fort caractère se faisait cependant ressentir en privé. En publique, elle apparaissait comme la fille sang-pur modèle, ce qu'elle était réellement. Noble, gracieuse, maîtresse de ses émotions, son teint d'albâtre, sa chevelure d'Or et ses beaux yeux allaient malheureusement en faire une cible de choix pour les jeune sang-purs.

Cependant, Daphné allait refuser de n'être que le trophée d'un sang-pur incompétent, refuser de n'être réduite qu'à un rôle de machine à procréer. Elle rêvait..non..elle allait devenir une maîtresse en potion et une duelliste redoutée. Malheureusement pour elle, à part quelques figures exceptionnelles comme Bellatrix Lestrange, ou Minerva McGonagall, les femmes étaient jugées comme inférieure dans le monde magique, malgré leur talent évidemment équivalent à celui des hommes, alors qu'elles étaient généralement plus subtiles et intelligentes que ces derniers.

Sa petite fille était très ambitieuse, et il ne doutait pas un instant qu'elle irait à Serpentard. Elle était beaucoup trop réfléchie pour aller à Gryffondor, trop paranoïaque pour aller à Poufsouffle et ne poursuivait pas la connaissance pour elle même, mais bien pour l'utiliser: elle serait malheureuse à Serdaigle. Il aurait voulu qu'elle vive encore un peu une enfance innocente, mais elle allait être jetée dans le nid de serpent, et pour survivre, elle allait devoir trouver un protecteur...gagner ses faveurs d'une quelconque manière. Xavier craignait que ce dernier n'en demandes des sexuelles, mais il n'était pas dupes: les jeunes sorciers ne voyaient pas en quelle autre façon une femme pouvait être utile.

Mais bon. C'était soi cela, soit être "éduquée" par plusieurs cinquième, sixièmes et septièmes années. En même temps.

Xavier serra les mains jusqu'à ce que ses ongles déchirent sa peau et fassent couler quelques gouttes de sang; en pensant aux "séances éducatives".

Et il ne pouvait rien faire. Rien. Seuls le Duc Malfoy et le Marquis Dumbledore pouvaient changer cela.

Mais aucun ne l'écouterait. Aucun n'en avait quelque chose à faire.

Sa petite fille allait être livrée à elle même.

Espérons juste qu'elle soit assez coriace pour se débrouiller seule.


"NEVILLE ! JE T'AI DÉJÀ RÉPÉTÉ CENT FOIS DE NE PAS LAISSER TRAINER TES AFFAIRES"

Neville frémit en entendant la voix de sa redoutable Grand-mère. Il avait toujours craint sa Grand-Mère.

Le souvenir le plus lointain qu'il possédait était celui de sa Grand-mère qui le réprimandait par ce qu'il était un "échec" et que "ses parents auraient honte"

Son deuxième souvenir était celui de sa famille qui était persuadée qu'il était un cracmol.

Enfin, son troisième souvenir était celui de son oncle Algie qui le lançait par la fenêtre. Du premier étage.

Il était évident que Neville n'avait pas une grande confiance en lui.

"Je suis désolé Grand-Mère..."

Neville s'empressa de ramasser les affaires qui trainaient, sans prendre le temps de faire remarquer à sa Grand-Mère que c'était elle qui avait éparpillé les journaux sur la table basse du petit salon du manoir Londubat.

"Neville...Assied toi. Il faut qu'on parle".

Il ne put s'empêcher de frémir. Encore un autre sermon. Mais Neville savait déjà... Il savait que ses parents avaient été des héros, et que lui il était couard. Il savait que ses parents avaient été nobles parmi les nobles: Duc et Duchesse ! Mais que lui, quand viendrait son tour de porter le titre, il serait une insulte à la famille. Il savait que ses parents avaient été des Guerrier aux compétences incommensurables... alors qu'on avait pensé qu'il était un cracmol.
Neville était persuadé...non...Neville savait qu'il était un échec.

"Tu va rentrer à Poudlard, mon garçon. Et si tu va à Poufsouffle... gare à toi ! Remarque, au moins cela voudrait dire qu'une des maisons t'a accepté. Je ne crois pas que le choipeau ait déjà refusé quelqu'un, mais avec toi..."

Des larmes menacèrent d'emplir les yeux de Neville. Il voulait à Gryffondor ! Il voulait être aussi fort et courageux que ses parents. Aussi Gryffondor que son héros: Harry Potter.


Harry et Lucifer pénétrèrent dans le hall de la gare de King's Cross

Lucifer avait rangé son coffre dans son anneau, de même que celui de son frère. Après tout, ils voulaient que rien n'entrave leurs mouvements.
Ils étaient plus matures et intelligents que bien des adultes, mais ils restaient des enfants.

Bien que Harry soit bien plus joueur que son frère au sérieux extrême, Lucifer devait avouer que L avaient des idées pour le moins...divertissantes.

Une horloge sonna, et Lucifer sourit.

Ils avaient une entrée épique à faire.


Et voilà pour ce chapitre !

Au prochain chapitre: Poudlard Express :

Harry et Lucifer rencontrent les autres élèves.