Bonjour, bonsoir, bonne nuit ? Alors, comment allez-vous mes chers lecteurs ? Je poste aujourd'hui parce que je me suis faite sermonnée par une certaine personne qui se reconnaîtra :p J'espère que vous apprécierez ce chapitre où l'on découvre enfin un peu du passé de Lux, où l'on comprend qu'Ace... Eh bien, Ace reste Ace x) Hum, sinon, personnellement, je reprends les cours demain, et je veux pas parce que mon mois de vacances, bah c'était bien xD
Bref, je vous souhaite une bonne lecture, et je souhaite que vos avis m'aident à avancer ;)
Je rappelle qu'aucun des personnages de One Piece ne m'appartient, ni même l'univers! :)
BERHARAP ET COBARDE
Lux essayait tant bien que mal de ne pas le montrer, mais elle était troublée. Depuis qu'elle savait qu'ils étaient présents sur l'île, elle faisait semblant d'agir comme si tout allait bien. Et depuis qu'Ace avait partagé l'idée de faire un tour de l'île pour débusquer les hommes de Cobarde, elle devait avouer qu'elle n'était pas rassurée. Elle s'était isolée du reste de l'équipage, s'imprégnant de l'air marin, si connu et pourtant si différent, qui emplissait cette île. Elle fut témoin du bal des oiseaux qui nichaient sur les parois verticales de la falaise entourant le village. Le pépiement incessant des volatiles prenait même le dessus sur le bruit des vagues, celles-ci venant s'écraser contre le calcaire du gigantesque mur rocheux.
Accoudée au bastingage, regardant le soleil se coucher lentement à l'horizon, elle ne remarqua pas la présence d'Ace à ses côtés. Le jeune homme se laissa tomber contre la rambarde en bois, levant la tête vers le ciel. Lux préféra l'ignorer encore quelques instants, profitant du calme et du silence qui, sournoisement, s'étaient invités sur le pont du navire. Mais c'était sans compter sur le jeune Commandant, qui lui, semblait bien décider à en découdre.
- Je peux te poser une question ?
La brunette ne répondit pas immédiatement. Elle venait de repérer un nid de fulmars boréal, signe que cette île était printanière. Et elle se dit qu'en lui demandant cela, le brun avait déjà posé sa question. Un sourire se forma sur ses lèvres, le regard absent.
- Tu viens de le faire, non ? le taquina-t-elle.
Elle ne lâcha pas les oiseaux des yeux, mais elle pouvait sentir la brûlure du regard du jeune Portgas sur sa peau. Elle daigna enfin lui faire face, lui offrant un sourire enfantin comme il savait si bien le faire. Elle ne fut pas surprise de voir les taches de rousseur plus nettement à mesure que les joues du jeune Commandant rougissaient. Il abaissa son chapeau, échappant ainsi au rire cristallin de la jeune fille. Elle reporta son attention sur les oiseaux de la falaise.
- Certes. Mais –
- Oui, tu peux, dit finalement Lux d'un ton rieur, mettant ainsi un terme aux hésitations du jeune homme.
Elle l'entendit marmonner, disant qu'elle prenait un malin plaisir à le faire tourner en bourrique, ce qui eut l'effet de lui arracher un nouveau sourire. Puis il se tut, reprenant un sérieux qu'elle lui avait rarement vu. Elle ne pouvait qu'anticiper les futures interrogations qu'elle allait subir et auxquelles elle allait devoir répondre. Cette fois, elle le sentait, le brun ne la laisserait pas s'en tirer avec des explications alambiquées.
- Tu les connais, n'est-ce pas ? Les hommes de Cobarde.
Elle avait échoué. Même pour dissimuler ses émotions, elle n'avait aucun talent. Elle imita le Poing Ardent, s'asseyant contre le bastingage. Elle prit une grande inspiration avant de replonger dans ses années de tourmente. Des souvenirs qu'elle avait du mal à effacer.
- Je ne les connais pas particulièrement. Mais je le connais lui. Du moins, connaissais.
Le jeune Portgas ne lui laissa pas le temps de souffler et enchaîna, sans se soucier de ce qu'elle pouvait ressentir en ressortant ses vieilles peurs du tiroir.
- Est-ce que cela à un rapport avec le Buster Call ?
Lux soupira. Elle avait reproché au jeune homme son manque de volonté à partager son histoire dans les premiers mois qu'il avait vécu sur le Moby Dick. Mais elle comprenait maintenant ce qu'il avait pu éprouver. Décidément, elle non plus n'aimait pas parler d'elle.
- Non. Le Buster Call a eu lieu il y a neuf ans. Cobarde et ses hommes ont débarqué sur mon île il y a onze ans.
La brunette revit des images qu'elle aurait préféré faire brûler. Du sang, des flammes, des morts et leurs sourires satisfaits, diaboliques, malsains. Elle pouvait presque entendre le bruit des explosions, des lames qui s'entrechoquent, les cris des femmes protégeant leurs enfants. Elle ferma hermétiquement les yeux, ramenant ses genoux contre sa poitrine.
Ace ne l'avait jamais vue comme ça. Cette brunette aux yeux émeraude n'avait jamais réellement montré ses faiblesses. Mais la voir ainsi, prostrée de la sorte, rendit le jeune homme mal à l'aise. Elle paraissait tellement fragile, incroyablement vulnérable. Il posa délicatement sa main sur l'épaule de la jeune fille, la faisant sursauter. Elle avait les yeux hagards, affolés, cherchant désespérément une chose à laquelle se raccrocher.
- Lux, est-ce que ça va ?
Elle sembla reprendre ses esprits au son de sa voix. Le Poing Ardent observa la jeune fille alors que celle-ci s'adossait une fois de plus au bastingage, ses jambes toujours repliées sur elles-mêmes. Qu'avait-il bien pu se passer dans la tête de sa seconde pour qu'elle se retrouve dans cet état ? Il hésitait à en demander plus à présent. Mais la curiosité était bien un de ses pires défauts. Il attendit toutefois que Lux se calme totalement avant d'enchaîner.
- Tu veux bien me raconter ?
Il pouvait encore voir le fantôme d'une peur oubliée dans les pupilles de la jeune fille. Une chose qu'il n'avait encore jamais eu l'occasion de croiser dans ce regard d'habitude si assuré. C'est pourquoi il avait parlé d'un ton apaisant, essayant du mieux qu'il le pouvait de ne pas brusquer la brunette. Elle croisa les bras sur ses genoux, son menton allant se poser sur la barrière de ses bras. Allait-il enfin en savoir un peu plus ?
Lux croisa le regard d'Ace et n'y vit rien d'autre que de l'intérêt et de la compassion. Elle était redevenue, l'espace d'un instant, la petite fille de six ans assistant au massacre des habitants de son village. Et cet aspect de sa personnalité avait osé se manifester devant le jeune Portgas. Voilà pourquoi elle n'aimait pas parler de son passé. Parce qu'elle paraissait faible, aussi éphémère qu'ébranlable. Elle s'en voulait que son Commandant ait pu apercevoir ce qu'il y avait sous sa carapace. Alors quand il avait demandé si elle était prête à en dévoiler un peu plus, elle avait été réticente. Mais elle savait qu'elle pouvait lui faire confiance. Elle se doutait de ce que lui-même avait dû subir en tant que fils de Roger. Elle se lança, prête à révéler ce morceau de son passé. Un morceau insignifiant comparé aux autres, mais un morceau important tout de même. Elle rencontra une dernière fois les orbes gris du brun.
- C'était il y a onze ans…
~ Onze ans plus tôt, Île de Berharap, North Blue.
Il était environ midi. Le soleil, haut dans le ciel, réchauffait tant le cœur des habitants que les terres de l'île. Sur la colline centrale, un village respirait la joie de vivre, les cris euphoriques des enfants s'entendant jusqu'au rivage, un peu plus au sud. Les pêcheurs rentraient au port, les cales remplies de poisson frais pris le matin même. Sur le quai, une femme attendait. Son visage était dissimulé par une capeline blanche enrubanée de noir. Elle tenait par la main une petite fille lui ressemblant presque totalement, si l'on exceptait ses yeux d'une couleur émeraude et ses taches de rousseur. Cette petite fille n'était autre que Lux, alors âgée de six ans.
La petite fille tenait contre elle un ours en peluche unijambiste. Elle scrutait des yeux l'horizon. Pourquoi étaient-elles venues jusqu'au port ?
- Maman, pourquoi on est là ?
Sa mère se pencha à sa hauteur.
- Pour accueillir ton père.
La petite fille ne voyait pas pourquoi elles avaient besoin de faire ça. Son père était assez grand pour retrouver le chemin du village tout seul. Mais elle l'aperçut au loin. Le bateau de pêche sur lequel il travaillait en tant que vigie. Elle se souvenait lui avoir demandé en quoi cela consistait. C'était lui qui repérait les bancs de poissons grâce aux oiseaux, qui volaient plus près de la surface pour chasser.
Alors la petite Lux commença à agiter la main, pensant ainsi pouvoir dire bonjour à son père. Mais le navire n'entra dans le port que quelques minutes plus tard. La fillette admira la coque du bâtiment. Et quelqu'un interpella sa mère.
- Mona !
C'était un homme blond aux yeux bleus. Il leur adressa un sourire depuis le bastingage et fut rejoint par un autre homme. Celui-ci était grand, avait une chevelure de jais, des yeux verts scintillant et des joues parsemées de taches de rousseur, même si celles-ci étaient cachées derrière une barbe naissante.
- Papa ! fit joyeusement la petite Lux.
L'homme lui adressa un sourire affectueux. On se moqua de lui pour ses airs de papa poule et d'homme amoureux, mais il ne dit rien. Quand elle le vit descendre de la passerelle, les bras chargés d'une caisse pleine de poissons, Lux n'attendit pas qu'il pose son fardeau et se jeta dans les jambes de son père, les faisant basculer tous les deux. La caisse vola, déversant son contenu sur le quai. Des rires éclatèrent parmi les marins. Mais la fillette fut sermonnée.
- Lux ! Je te l'ai déjà dit la dernière fois. Attends que nous ayons fini de décharger.
La petite fille baissa le regard, serrant un peu plus son ours contre elle. Ses yeux se remplirent de grosses larmes qui ne demandaient qu'à couler. Sa mère se plaça derrière elle, posant ses mains rassurantes sur ses épaules. Lux leva la tête pour voir l'air maléfique qu'avaient pris les traits de sa mère.
- Daiku ! Ta fille a le droit d'être heureuse de te voir. Trois mois que tu es parti en mer et pas une lettre, pas un appel !
- Mona…
Les rires des marins redoublèrent d'intensité. Mais Daiku ouvrit grands les bras, permettant ainsi aux deux amours de sa vie de venir se blottir contre lui.
- Je suis rentré, marmonna-t-il.
- Bienvenue à la maison.
La petite Lux repartit ensuite en direction du village, accompagnée de sa mère. Elles commençaient déjà à gravir une des collines quand l'homme blond qui avait appelé sa mère plus tôt recommença.
- Ma femme et mon fils vont bien ?
La fillette vit sa mère hocher la tête de façon affirmative. Elles rentrèrent, la mère de Lux lui promettant de lui préparer son plat favori.
Quelques heures plus tard, la nuit recouvrait déjà le ciel de sa noirceur, créant des ombres inquiétantes sur les murs. La petite Lux n'arrivait pas à s'endormir, les silhouettes se découpant dans l'obscurité s'amusaient à l'effrayer. Elle sortit de son lit et se dirigea vers la cuisine. Là, de la lumière se déversait dans le couloir à travers l'interstice laissé par la porte entrouverte. La fillette s'approcha et entendit les voix de ses parents s'élever de l'autre côté de la porte.
- Des pirates ?
La petite fille avait réussi à déceler l'inquiétude dans la voix de sa mère. Les pirates étaient méchants, monstrueux. On lui avait dit qu'ils mangeaient les enfants, tuaient les papas et emmenaient les mamans.
- Ils s'approchent de nos côtes, ajouta son père. D'après l'étendard, ce ne sont pas des pirates à prendre à la légère.
- Qu'allons-nous faire ?
- Nous défendre. Si jamais ils font escale sur cette île, nous leur montrerons qu'ils ne sont pas les bienvenus.
Lux laissa tomber son ours en peluche sur le sol. Le bruit mat résonna dans le silence de la nuit. La fillette entendit des pieds de chaise grincer. Quelques instants plus tard, le visage de son père apparut dans son champ de vision. Il lui sourit.
- Qu'est-ce que tu fais là, petit monstre ?
La petite fille ne sut pas comment justifier sa présence. Alors elle improvisa.
- C'est vrai que tu vas te battre contre les pirates ?
Ses parents échangèrent un regard. Mais la fillette avait peur. Elle ne voulait pas que son père meure et que sa maman soit enlevée. Elle ne voulait pas être mangée. Son père la prit dans ses bras et, après un dernier regard pour sa femme, il ramena la petite Lux dans sa chambre. Il la borda.
- Ne t'inquiète pas, Luxie. Ils ne feront pas de mal à ton papa.
- Pourquoi ?
- Parce que je suis le plus fort.
Il lui fit un clin d'œil, lui faisant comprendre que même si ce n'était pas réellement vrai, il ne laisserait personne s'en prendre à sa famille. Elle lui fit alors un bisou sur la joue.
- Je t'aime papa.
L'homme couva sa fille des yeux. Il avait beau dire, il savait très bien que face à des pirates, il ne faisait pas le poids. Mais pour sa famille, il se devait de se montrer fort. Alors il embrassa le front de sa fille avant que les yeux de celles-ci ne commencent à se fermer.
- Moi aussi, petit monstre.
La fillette s'était endormie. L'homme rejoignit sa femme qui avait observé la scène depuis la porte de la chambre. Il la prit dans ses bras, son front rencontrant l'épaule de la brune.
- Daiku…
- Je vous protégerai, quoiqu'il arrive…
Trois jours plus tard, l'île était prise d'assaut.
Le sang coulait sur le port, une couleur carmine prenant possession des eaux. Les corps étaient éparpillés sur le chemin menant au village. Mais la procession des pirates avançait toujours plus dans les terres, s'approchant inévitablement de leur destination finale. Et quand ils l'atteignirent, tout ne fut plus que chaos.
La petite Lux s'était réfugiée dans les bras de sa mère. Elles s'étaient cachées sous une fenêtre, dans l'ombre, espérant ainsi échapper aux pirates. La fillette savait que son père était parti afin d'aider les autres hommes à repousser les envahisseurs. Mais elle avait peur. Peur qu'il lui arrive quelque chose. Elle pouvait entendre les cris venant de l'extérieur, mélangés aux rires démoniaques des pirates.
N'y tenant plus, elle sortit de la maison, découvrant tout de suite un étrange spectacle. Tous les hommes qui avaient survécu au carnage du port étaient agenouillés à même le sol. Têtes baissées, regards dissimulés, mains liées. Et devant eux se trouvait le Capitaine.
La petite Lux resta devant la porte, pétrifiée. L'homme était grand. Il portait un tricorne sur la tête et une grande cape de corsaire. À sa ceinture, une épée infiniment longue brillait. Ses petits yeux mauvais jaugeaient les hommes courbés face à lui. Son sourire malsain dévoilait une dentition blanche presque effrayante.
Lux se retint de hurler mais elle ne put empêcher un couinement de s'échapper de ses lèvres. Les regards se tournèrent vers elle et elle vit son père, horrifié. Elle commença à courir vers lui, les larmes retenues depuis si longtemps dévalant sans mesure ses joues rougies. Mais la voix, plus grave sous le coup de l'émotion, de l'homme, s'éleva.
- Lux, ne bouge pas !
La fillette se stoppa net dans sa course, un hoquet de surprise se coinçant dans sa gorge. Ses larmes, comme muées d'un instinct primaire, cessèrent de couler. C'était la première fois que la petite Lux voyait son père dans cet état. Du sang – peut-être le sien – mélangé à de la terre couvrait son visage. Ses vêtements étaient déchirés à plusieurs endroits, dévoilant des plaies immondes.
- Papa…
Le père se mordit la lèvre. Pourquoi avait-il fallu que sa fille sorte de la maison ? Mona accourut derrière elle. Trop tard. Le Capitaine pirate fondait déjà sur sa fille. Il lui attrapa les cheveux, tirant sur ceux-ci pour la mener devant son père.
- Luxie ! hurla la mère de la fillette.
Les pirates ricanèrent perfidement. Le Capitaine pirate força la petite Lux à s'agenouiller sur le chemin de terre. La petite fille retint ses pleurs. Elle ne ferait pas ce plaisir à ce maudit pirate.
- Serait-ce ta fille ?
Daiku ne répondit pas. Il tenta tant bien que mal de soutenir le regard du pirate. Mais ce ne fut pas au goût de celui-ci qui abattit violemment son poing sur la joue du pauvre pêcheur.
- Répond ! Espèce d'insecte !
Ledit insecte cracha un filet de sang sur le sol, sous les yeux apeurés de sa fille. La petite Lux ne supporta pas que le pirate s'attaque à son père et lui mordit férocement la main, lui assénant un coup de talon sur les orteils par la même occasion. Le Capitaine cria de douleur, se tenant le pied et sautillant sur place. La fillette se plaça devant son père, les bras levés en signe de croix, pour le protéger. Derrière elle, les villageois aux mains liés retinrent leurs souffles. Mais elle était déterminée à secourir son père du haut de ses six ans. Le Capitaine pirate reporta son attention sur elle, sortant de sous sa cape un revolver qu'il pointa sur le visage de la fillette.
- C'est donc bien ta descendance, marmonna-t-il. Ne lui as-tu pas appris les bonnes manières ?
Daiku serra les dents, sa mâchoire se contractant durement. Il fallait que Lux fui.
- Les bonnes manières ne sont pas dignes d'un pirate, s'insurgea-t-il
- Comment oses-tu me manquer de respect ? aboya le pirate qui tenait toujours en joue sa fille. Moi, le grand Capitaine Cobarde, qui n'ait rien fait d'autre que demander un peu d'argent. Et voilà comment on me remercie… En envoyant les mouflets faire le sale boulot…
Cobarde abaissa lentement son arme, la pointant sur le cœur de la petite Lux. Celle-ci ne broncha pas et fixa dans les yeux le Capitaine pirate. Elle inspira profondément avant de prononcer des paroles dont elle ne pouvait pas encore saisir le sens, ni la portée.
- Les pirates n'ont pas besoin d'être respectés. Et mon papa, c'est le plus fort, il va vous massacrer !
La balle partit, rapide, brûlante. Lux ferma les yeux, attendant de ressentir la douleur qu'elle savait présente, les marins étant tombés sous le coup des armes à feu dans des cris déchirants. Mais jamais la douleur ne vint. À sa place, Lux pouvait sentir la chaleur de son père l'entourer. Elle rouvrit les yeux, croisant ceux de son père, identiques aux siens. Ils étaient larmoyants. Elle se laissa faire tandis que l'homme la prenait dans ses bras. Sa mère les rejoignit, s'agenouillant à même le chemin de terre, écorchant la peau de son genou.
- Daiku ! Daiku répond !
Il n'avait pas été gravement touché. La balle était allée se loger dans son épaule. Mais à bout portant, les dégâts internes étaient toujours plus importants. La petite Lux, ne comprenant pas pourquoi sa mère s'inquiétait autant, passa une main dans le dos de son père. Elle sentit alors un liquide épais, visqueux contre sa paume. Lorsqu'elle retira sa main, celle-ci était couverte de sang. Elle se mit alors à pleurer à chaudes larmes, imaginant le pire pour son père. Mais celui-ci s'était juste évanoui sous le choc de la douleur.
Derrière eux, Cobarde ricana de façon sonore, accompagné par les rires sadiques des hommes de son équipage.
- Que ceci vous serve de leçon, psalmodia-t-il. Dès à présent, vous serez obligés de payer une taxe : 25 milles Berrys pour un enfant, 50 milles Berrys pour un adulte. Si l'un d'entre vous ne paie pas cette taxe, il verra sa vie raccourcie de quelques années.
Des contestations s'élevèrent, très vite mises à mal par des coups de feu. Cobarde avait tiré quelques balles en l'air, le calme revenant immédiatement parmi les villageois menottés.
- Taisez-vous, bande d'ingrats ! Il serait dommage que je vous tue, ma fortune se construirait beaucoup moins rapidement, les méprisa-t-il avant de s'éloigner. Je viendrai réclamer mon argent tous les mois !
Il disparut, suivi de près par son équipage, retournant à son navire. Les villageois bouillonnaient de rage. Mais la petite Lux était plus inquiétée par son père, qui ne s'était toujours pas réveillé depuis qu'il avait reçu cette balle dans l'épaule. La fillette entendit sa mère appeler à l'aide mais le monde semblait avoir arrêté de tourner. Le médecin de la ville arriva rapidement, les femmes du village le suivant à la trace et aidant les hommes encore prisonniers à se libérer.
La petite fille suivit des yeux son père alors que celui-ci était emmené chez le médecin de la ville. Elle courut après le cortège, se joignant à sa mère au chevet du blessé après que celui-ci eut été opéré.
Quelques heures plus tard, le médecin revint faire son diagnostic.
- Je suis désolé Mona, mais ton mari ne pourra plus jamais se servir de son bras comme avant.
Lux sentit les larmes de sa mère plus qu'elle ne les vit. Elle tourna la tête pour découvrir l'air désorienté qui avait pris place sur les traits de sa maman.
- La balle, en touchant l'épaule, a arraché les ligaments et détruit beaucoup de terminaison nerveuse en plus de l'os qu'elle a laissé dans un très mauvais état. Je pourrais faire une nouvelle intervention, mais –
- Non, je comprends, marmonna la femme de l'homme qui était encore endormi sur la civière. Merci pour tout…
La voix de la femme se brisa, la petite Lux ne sachant pas quoi faire pour consoler sa mère. Alors elle se blottit contre elle. Celle-ci lui rendit son étreinte, son nez se perdant dans la chevelure de sa fille.
- J'ai bien cru vous perdre tous les deux…
Les villageois se remirent lentement de l'attaque, réunissant les corps des morts, organisant des enterrements, soignant les blessés. La petite Lux resta au chevet de son père jusqu'à ce que celui-ci se réveille. La scène avait été forte en émotion, provoquant des effusions de larmes.
Mais dès lors, les habitants vécurent dans la peur que ce genre de choses ne se reproduise. Ils payèrent tous les taxes une année durant.
Un jour, la Marine débarqua sur l'île, détrônant le Capitaine Cobarde. Quand il fut arrêté, son équipage déserta l'île, placée sous la protection du Gouvernement Mondial.
~ Présent, pont du navire de la deuxième division.
Ace voulait en entendre plus. Il venait de réaliser à quel point l'enfance de Lux était similaire à la sienne. Ruinée par la piraterie. Mais quand ils les voyaient tous les deux, membres de l'équipage de Barbe Blanche, il voulut rire. Qui aurait pu prédire qu'ils deviendraient à leur tour des hors la loi ? Cependant, il n'y avait aucune comparaison possible. Leur sens de la piraterie était foncièrement différent de celui de Cobarde et de ses hommes. À ses côtés, Lux n'avait pas dit un mot, attendant sûrement une réaction de sa part.
- Que s'est-il passé ensuite ?
La brunette lui accorda un sourire timide. Elle semblait doucement se remettre de son récit.
- Chaque chose en son temps, Commandant.
Elle se releva, époussetant ses vêtements. La nuit était tombée depuis longtemps sur Grand Line, pourtant les cris des oiseaux résonnaient encore sur l'île. Le jeune Portgas imita sa seconde, se relevant à son tour. Piqué par la curiosité, il ne put s'empêcher de poser une nouvelle question.
- Avec l'arrestation de Cobarde, la paix est revenue sur ton île, non ?
La jeune fille lui offrit un regard mystérieux accompagné d'un sourire énigmatique. Elle répéta les mots qu'il n'avait de cesse de lui dire depuis que Teach lui avait parlé.
- Et le Buster Call alors ?
Elle lui fit un clin d'œil avant de disparaître dans les entrailles du navire. Sur ce coup-là, elle marquait un point. Elle n'avait jamais évoqué le Buster Call dans son récit. Ace se sentit frustré. Il voulait en savoir plus, tout connaître de son histoire. Il resta encore quelques instants accoudé sur le bastingage, ressassant les informations qu'il venait d'obtenir. Il avait vu la carapace de Lux se briser plus d'une fois en l'espace d'une journée. Mais ce n'était pas suffisant. Du moins pas pour lui. Il voulait voir la brunette sans sa carapace pour qu'auprès de lui elle n'en ait plus jamais besoin.
