Salut.
Oui, je sais, ça fait longtemps, mais les examens sont ce qu'ils sont, je n'ai pas beaucoup pu travailler sur EdO, et puis j'hésitais un peu sur ce chapitre, que j'ai finalement décidé de couper en deux non seulement pour pouvoir vous le poster, mais aussi pour éviter de faire un chapitre trop étendu (car les choses commencent à avancer un peu plus vite et mettre quinze milles actions en un chapitre me paraît un peu étrange). En tout cas, la suite est déjà bien engagée. Voici donc la première partie de la 'contre-attaque' des enfants, celle qu'ils sont prêts à mener contre Quirrell.
Rapidement, en réponses aux reviews (je manque un peu de temps, désolé), voilà :
- en ce qui concerne Regulus, il y aura des explications et bien d'autres choses, mais ne perdez pas de vue que Wolf n'a pas tellement pu passer lui parler.
- Quirrell et Voldemort ne sont pas constamment réunis, je confirme
- et le 'peut-être que les choses iraient un petit peu mieux' trouve sa réponse directement dans les premières lignes.
Je tache de poster la suite en fin de semaine,
Bonne lecture et reviews, please !
Kael
CHAPITRE 12 : Norbert
Bon, d'accord, ça n'allait pas mieux du tout. Pas même un tout petit peu. Harry savait que l'espoir faisait vivre, mais là il devait reconnaître qu'il avait poussé ledit espoir un peu trop loin. La raison de sa brusque désillusion ? Il s'était fourvoyé. Et en beauté.
Il avait osé espérer que le semblant d'entente qui régnait à présent entre Hermione et Drago aurait au moins le mérite de rendre leurs journées plus calmes – dans la mesure du possible, ils traînaient quand même avec Loan et Wyra – mais pas du tout. En fait, les deux enfants se disputaient presque plus qu'auparavant. Le peu de silence qui entourait d'ordinaire la petite bande s'était envolé et Harry n'arrivait toujours pas à comprendre comment. Peut-être ses deux camarades ne pouvaient-ils communiquer que de la sorte, en se chamaillant et en se disputant parfois violement. Peut-être.
Pour le reste aussi, Harry devait en convenir, ce n'était pas brillant non plus. Ils avaient mis en place une surveillance constante de Quirrell – un exercice difficile lorsque l'on savait à quel point une prise en flagrant délit pourrait leur coûter. Le Survivant affirmait en plaisantant à demi que le pire pour lui ne serait pas de se faire prendre par Quirrell, mais par Rogue. Et les fréquents regards noirs que lui adressait le Maître des Potions ne démentaient pas vraiment son point de vue, il fallait en convenir. Mais au moins, en ce qui concernait le professeur de Défense, les enfants se trouvaient être légèrement rassurés. L'homme était devenu très pâle, comme perpétuellement malade, et ses bégaiements s'étaient accentués. De son côté, Harry faisait tout son possible pour ne pas avoir à le croiser : il changeait d'itinéraire en l'apercevant dans les couloirs, s'installait systématiquement au dernier rang durant ses cours et veillait à ne pas rester seul en sa compagnie, une tâche relativement aisée dans la mesure où Ron et Edmund l'encadraient désormais pour chaque cours, le Serpentard ayant délaissé momentanément son cousin pour parer au plus pressé. Loan s'était même proposé de rester non loin de leur salle de classe lorsqu'ils avaient cours de Défense, mais le jeune Kamstryl avait bien assez à faire avec ses propres responsabilités.
D'un commun accord, les enfants avaient décidé de lui octroyer la surveillance de la clairière, lui qui séchait la moitié des cours et ne s'inquiétait pas outre mesure des retombées. En effet, tous guettaient le moment où Quirrell chercherait à nouveau à entrer dans la Forêt Interdite ou bien à passer devant Touffu, et Loan s'était rapidement vu devenir le responsable de la Forêt. Tandis qu'il patrouillait régulièrement, Wyra, l'air de rien, se renseignait auprès d'Hagrid quant à la disparition des Licornes.
Pour Touffu, Jasper, Ron et Klaus s'en étaient vus décerner la surveillance complète. Ils se relayaient en prenant garde à ne pas attirer l'attention et faisaient scrupuleusement leur rapport à la fin de chaque journée. Edmund cherchait de son mieux à glaner des informations auprès des différents professeurs, mais en vain. Chaque fois que deux d'entre eux semblaient discuter de choses de grande importance, ils s'interrompaient à son arrivée. Une chose qui lui faisait penser, à juste titre, qu'ils étaient tous au courant de quelque chose, même s'il ne parvenait à pas à savoir quoi exactement. Cela concernait-il seulement Quirrell, ou bien autre chose, de plus problématique encore ? Il espérait que non, avait même du mal à imaginer pire, comme situation. Pourtant…
Pourtant son épaule le brûlait chaque soir à présent. Il n'en avait parlé à personne, pas même à Severus. A quoi bon ? Cela faisait longtemps qu'il s'était fait une raison concernant cette marque brûlante, sur laquelle aucune potion n'avait d'effet. Peut-être son père aurait-il souhaité tout de même être mis au courant, mais le garçon préférait ne pas y penser. Mieux valait cesser avec toutes ces histoires : il ne lui arriverait rien sous prétexte que son épaule le brûlait. Mieux valait se concentrer sur de véritables problèmes existants et persistants, tels que Flamel et les Licornes, sans oublier Quirrell, et les examens de Noël qui approchaient, chose que les Granger ne manquaient pas de rappeler à tout le monde.
En ce samedi après-midi, le petit groupe s'était réuni à la bibliothèque. Théoriquement, ils étaient supposés réviser leurs examens approchant et ne pas manger dans l'enceinte de la bibliothèque. En pratique, ils fouillaient dans des livres qui ne figuraient pas au programme, avaient dissimulé derrière plusieurs piles de livres l'intégralité de la commande qu'ils avaient effectuée chez Honeydukes et s'étaient installés dans le fond de la bibliothèque.
« Granger, envoie une Chocogrenouille. »
« Quand tu seras capable de me sortir les propriétés du Sang de Licorne, aucun problème. »
« Quoi ? Arrête de déconner, envoie une Chocogrenouille ! »
« Les propriétés du Sang de Licorne, je te dis. »
Les autres échangèrent des regards amusés alors que Drago et Hermione commençaient une de leurs habituelles disputes dont ils avaient le secret. Décidément, il semblait qu'ils ne fussent pas capables de passer une journée sans se disputer. La recherche sur les propriétés du Sang de Licorne était leur occupation des derniers jours, et la fillette bassinait le blond en permanence pour qu'il retienne ce qu'ils trouvaient dans les livres qu'ils épluchaient. Harry soupira en jetant un regard par la fenêtre. Les premières neiges commençaient à recouvrir le château et ses alentours, minuscules flocons flottant dans le ciel gris au gré du vent. Soupirant en refermant le volumineux livre qu'il venait de feuilleter, Ron se leva pour aller le reposer sur une étagère derrière, et fit relever la tête de ses camarades lorsqu'il s'exclama :
« Hagrid ! Qu'est-ce que vous faites là ? »
Les enfants se penchèrent tous sur la droite dans un bel ensemble et le demi-géant apparut dans leur champ de vision. Il paraissait embarrassé et dissimulait quelque chose derrière son dos. Par une sorte de sixième sens que conférait l'habitude, Wyra décala ses affaires du bout de la table et fit discrètement signe à Edmund, en face d'elle, de faire de même. Ce n'aurait pas été la première fois que le malaise du garde-chasse le rendait maladroit, et la jeune fille en avait déjà fait les frais. Non qu'elle ne trouvât pas ça amusant voire adorable à l'occasion, mais ça ne lui apparaissait pas comme une idée lumineuse dans l'instant.
« Je suis venu emprunter un ou deux livres » expliqua précipitamment Hagrid. « Et vous, qu'est-ce que vous faites ? Vous n'en êtes pas encore à chercher qui est Nicolas Flamel ? »
« Non, non » assura Hermione avec un grand sourire tandis que tous les autres hochaient la tête en signe d'acquiescement. « Et tant que vous êtes là, vous pourriez nous donner les propriétés du Sang de Licorne, s'il vous plaît ? On épluche tous les bouquins de la bibliothèque depuis une semaine, et on n'a toujours rien trouvé. »
« Pourquoi vous vous intéressez soudain aux Licornes ? » s'enquit Hagrid, suspicieux.
« Pour rien » assura Harry.
« On les trouve fascinantes » enchaîna Edmund.
Le garde-chasse se pencha légèrement en avant, les avisa soigneusement l'un après l'autre avant de se redresser.
« Ce n'est pas au programme de Première Année, mais si ça vous amuse, allez vérifier dans l'allée du fond. »
« Vous ne pouvez pas nous répondre ? » demanda Harry.
« Il faut que j'y aille » dit précipitamment Hagrid. « Passez prendre le thé à l'occasion. Et amenez Jasper et Klaus. »
Les deux garçons étaient présentement en train de surveiller le Deuxième Etage.
Le garde-chasse les salua avant de quitter la bibliothèque, laissant les enfants légèrement surpris.
« Je savais pas que l'autre débile savait lire. »
« La ferme le Décoloré ! »
« Toi-même Granger ! »
« Ça suffit tous les deux » intima sèchement Edmund. « Temps mort ! »
« Il était où ? » s'informa Harry.
« Je vais voir » répondit Ron en s'éloignant.
Il revint quelques instants plus tard et laissa tomber une lourde pile de volumineux ouvrages devant Edmund et Wyra qui se retrouvèrent noyés dans la poussière qui émanait des livres. Le Serpentard se mit à tousser si fort que l'on aurait dit qu'il crachait ses poumons.
« Fais gaffe, Weasmoche ! » lança Drago en retirant de la poussière des cheveux de son cousin.
« Des dragons ! Hagrid regardait des livres sur les dragons ! » s'exclama Ron sans relever l'emploi de son surnom détesté. « Mais regardez : Les différentes espèces de dragon d'Angleterre et d'Irlande, De l'œuf au brasier, Le Guide de l'amateur de dragons ! »
« La vache, jolie collection » siffla Wyra. « Eh Top-Potty, pourquoi t'as l'air si mal ? »
Harry paraissait en effet soudain très mal à l'aise.
« Je crois que je sais pourquoi il se renseigne sur les dragons. Il en a toujours voulus un, il me l'a dit lorsqu'il m'a emmené faire mes courses au Chemin de Traverse. »
Les autres se tournèrent vers lui avec des yeux ronds.
« La vache ! » lâcha enfin Drago. « J'aurais même pas à écrire à Père pour le faire virer, parti comme c'est ! »
« Comment ça ? » s'exclama Harry, déboussolé. « C'est si dangereux que ça ? »
« T'imagines peut-être que l'on permet à tous les mecs d'élever les bestioles qu'ils veulent ? » lança Wyra. « C'est interdit d'avoir son propre dragon, c'est super dangereux ! »
« Plus que d'être ami avec un Kamstryl ? »
« Toi le Sang-Pur décoloré dégénéré du bulbe, tu arrêtes tes traits d'humour à deux ronds ! Je suis sérieuse ! C'est dangereux, hyper dangereux ! Le Ministère ne le permet pas. »
« Sérieusement ? » s'enquit Hermione.
« Sérieusement ! » reprit Ron. « L'élevage des dragons a été interdit par la Convention des sorciers de 1709, tout le monde sait ça. Comment veux-tu qu'on arrive à cacher notre existence aux Moldus si on garde un dragon dans son jardin ? En plus, ils sont impossibles à dresser. Et super agressifs. »
« Euh… y a quand même pas de dragons en Grande-Bretagne ? » s'informa Harry.
« Bien sûr que si ! » s'exclama Edmund. « Y en a trois tonnes ! T'as pas entendu parler du Vert gallois ou du Noir des Hébrides ? T'as aucune idée de l'horreur que c'est lorsque des dragons apparaissent devant des Moldus. Faut appeler la Brigade des Oublilators à chaque fois, et ils sont que dix pour couvrir tout le pays, je te raconte pas la galère… ! »
Un silence pesant tomba sur la petite troupe, alors que les enfants échangeaient de lents regards inquiets et mal à l'aise. Soupirant profondément, Drago referma son livre d'un geste sec, faisant sursauter ses camarades.
« Je vais chercher Jasper et Granger mâle, quelque chose me dit qu'on n'a pas finis de rigoler. »
Il ignorait encore à quel point il avait raison.
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Il était trois heures de l'après-midi lorsque la petite bande frappa à la porte du garde-chasse, redoutant ce qu'elle allait y trouver. « Avec lui, on ne sait jamais » avait affirmé Wyra quelques minutes plus tôt. La crainte que sa remarque ne soit vérifiée rendait Harry profondément nerveux. Et le fait qu'Hagrid ait jugé utile de tirer tous les rideaux n'était pas fait pour le rassurer.
Lorsque Hagrid vint leur ouvrir cependant, il paraissait d'excellente humeur. S'il n'avait pas porté de gants anti-chaleur, il aurait presque eut l'air normal.
« Entrez, entrez ! » leur dit-il avec empressement.
Les enfants s'entre-regardèrent, peu rassurés. Ils étaient au complet, si l'on exceptait Loan, et aucun ne paraissait véritablement confiant. Même Wyra semblait soucieuse.
A peine fut-il rentré qu'Harry se sentit prit à la gorge par la chaleur étouffante. Il est vrai qu'il ne faisait que deux ou trois degrés au-dehors, mais la température de la cahute était bien trop élevée, même par rapport à celle des salles communes, où les cheminées fonctionnaient pourtant toute la journée ou presque. La différence de température était vertigineuse, car le garçon évaluait bien à quarante degrés celle de la cabane.
Alors que les enfants s'installaient avec peine (la maisonnette n'avait pas été prévue pour abriter huit gamins en plus de son locataire qui prenait déjà une certaine place et de son chien), le garde-chasse leur proposa du thé, qu'ils refusèrent poliment sur recommandation muette de Wyra. Ils firent de même pour les gâteaux maison, expliquant, soulagés de cette excuse véridique, qu'ils avaient déjà dévalisé leur stock de confiseries.
« Hagrid » dit Edmund au bout de quelques minutes, « pourquoi est-ce que vous semblez soudain fasciné par les dragons ? »
Alors qu'ils regardaient un peu partout sans paraître se préoccuper plus que ça du garde-chasse, les enfants se tournèrent tous vers lui, attendant sa réponse avec une certaine appréhension. Par pitié, songea Harry, faites que l'on se soit trompé.
Hagrid entrouvrit la bouche pour répondre…
… et Ron poussa une exclamation mi-horrifiée, mi-fascinée :
« Regardez ! »
Comme un seul homme, Harry et les autres se précipitèrent sur le chaudron qui trônait dans la cheminée, et au-dessus duquel était déjà penché le rouquin. Et c'est presque simultanément qu'ils pâlirent.
« Dites-moi que ce qui se trouve dans ce chaudron n'est pas ce que je crois que c'est » lâcha Wyra d'un ton presque suppliant.
Un ton qui surprit profondément Harry. Il n'avait pas souvenir que supplier fit partie des habitudes de la jeune fille. Et c'en était plus effrayant encore. Car même lui qui n'y connaissait rien était capable de reconnaître un œuf quand il en voyait un, et vu la taille de celui-ci, ce n'était assurément pas un œuf de poule.
« Où vous l'avez eu ? » questionna Jasper, les yeux ronds, alors que Drago, livide, reculait contre la table.
« Je l'ai gagné au jeu » répondit Hagrid avec ce qui ressemblait à de la fierté.
Au regard de Wyra, Harry comprit qu'il n'était pas le seul à désapprouver cette fierté.
« Au pub, l'autre soir » poursuivit Hagrid sans paraître se rendre compte des regards incrédules qui l'observaient. « C'est un anglais qui me l'a cédé, après que je l'ai battu au poker. Il semblait plutôt content de s'en débarrasser. »
Comme vous devriez l'être au moment de l'imiter, songea Harry, les yeux écarquillés sur l'œuf à la taille impressionnante.
« … tout lu dessus » poursuivait le garde-chasse. « La bibliothèque est bien équipée, même si les livres datent un peu. Mais avec ce que j'ai emprunté, je devrais être capable de bien m'en occuper. C'est une espèce rare, vous savez. Une véritable aubaine de gagner un tel œuf en jouant aux cartes ! » acheva-t-il, réjouit.
« Ah oui, ça pour une aubaine… » marmonna Wyra, si bas que seul Harry, juste à côté d'elle, l'entendit.
Et le sarcasme était on ne peut plus audible…
Ils quittèrent la garde-chasse une dizaine de minutes plus tard, interdits et désespérés.
« Ce timbré risque de nous faire renvoyer ! » cracha Drago sitôt qu'ils furent sortis de la cabane d'Hagrid.
Tous le foudroyèrent du regard.
« Non mais attendez deux secondes, il a un dragon ! »
« Un œuf » tenta de minimiser Harry.
Mais ce n'était pas spécialement le moment de minimiser. Même Wyra était de cet avis.
« On ne peut pas le laisser faire. Dès que l'œuf aura éclos, il faudra s'en débarrasser. »
« Un dragon adulte peut atteindre sept mètres de long » commenta Klaus, la mine sombre. « Certaines espèces dépassent même les douze mètres, queue non comprise. »
Ron hocha la tête, plus sombre encore.
« C'est un œuf de Norvégien à Crêtes, je le sais, mon frère Charlie s'en occupe en Roumanie. C'est réputé pour être très précoce au niveau du feu. En quelques jours il pourra produire de petites flammes, et sa croissance est super rapide. Si je ne me trompe pas, il atteint sa taille adulte vers l'âge de onze mois. »
Ce commentaire acheva de démoraliser les troupes. Décidément, on ne pouvait pas dire que la chance leur souriait beaucoup, ces derniers temps…
« Le stade » marmonna Harry en désignant les gradins d'un vague geste de la main.
Les autres acquiescèrent et bientôt l'intégralité de la petite troupe se trouva réunie dans les tribunes gryffondoriennes. Le visage soucieux, Edmund prit la parole en premier.
« Bon, qu'est-ce qu'on fait ? »
« A propos de quoi ? » demanda Drago, maussade.
« De ce truc ! » Le Serpentard brun perdit soudain son calme habituel, stressé. « Si jamais quelqu'un le voit, Hagrid est bon pour un renvoi et un passage devant le Magenmagot ! Ils seraient capables de lui retirer son droit au travail, voire même de l'expédier à Azkaban ! »
« Az… »
« La prison des sorciers » expliqua Wyra en coupant court la question d'Harry. « Le dernier endroit où tu souhaiterais passer tes vacances, crois-moi. »
Les autres s'entreregardèrent, visiblement affligés.
« Donc, je reformule : que peut-on faire ? »
« Pas grand-chose, Eddy » répondit Jasper avec un léger soupir. « Il faudrait se débrouiller pour le faire sortir du pays, mais je ne vois pas très bien comment… »
Klaus poussa alors un petit cri victorieux qui fit sursauter tout le monde.
« Et ton frère ? » s'exclama-t-il en se tournant vers Ron. « On ne pourrait pas le lui faire parvenir ? »
Le rouquin réfléchit un moment, secoua la tête.
« On peut toujours essayer de lui écrire, mais je ne garantis rien. »
« Honnêtement, si on peut convaincre Hagrid de lui laisser cet œuf, ça nous faciliterait la vie » commenta Harry.
Mais est-il besoin de préciser que les évènements ne semblaient pas souhaiter leurs facilités la vie ?
Lorsque le lendemain matin Hermione arriva dans la Grande Salle en courant presque, son frère sur les talons, Harry eut tout juste le temps de conseiller à Edmund de poser sa carafe d'eau. Quelque chose lui disait qu'arroser un livre constituait pour les jumeaux Granger un crime passable de mort, et ils paraissaient bien assez surexcités comme ça – le Survivant aurait même dit effrayés. La petite bande s'était comme d'ordinaire réunie à la table des Gryffondors et avait entamée l'une de ses habituelles batailles. Il n'y avait pas aujourd'hui de Loan pour arbitrer l'affrontement, le garçon n'étant toujours pas rentré de sa patrouille dans la Forêt.
Drago sursauta lorsqu'Hermione abattit son livre juste à côté de son assiette et se décala prudemment lorsqu'elle s'assit comme une furie. Par mesure de sécurité Ron opéra de même avec Klaus, dont la place habituelle se trouvait à sa gauche, et le rouquin échangea malgré lui avec le blond un regard effaré.
« Regardez ! » souffla Hermione en ouvrant le livre.
Elle déblaya brutalement un espace au milieu du petit groupe et ouvrit grand le livre. Jasper, qui se trouvait le plus près, déchiffra à voix basse le paragraphe qu'elle lui montrait :
Aujourd'hui les propriétés du sang de Licorne sont reconnus comme dangereuses et inutilisables dans les potions et les traitements médicaux. En effet, le simple contact entre du sang de Licorne et les lèvres rendrait la vie à n'importe qui aux portes de la mort, notamment grâce à un élément jusque là inconnu des chercheurs, le-
« Plus bas ! » intima Klaus, dans le même état que sa sœur.
Jasper obtempéra docilement et émit un hoquet d'horreur.
La demi-vie qui résulterait de cette pratique entraînerait le sujet du stade être vivant à celui d'ectoplasme, d'esprit parasitaire qui nécessiterait pour sa survie prolongée le sacrifice d'un hôte chargé de lui offrir une partie de son corps et donc de son énergie vitale et magique.
Un silence teinté d'horreur s'abattit sur le petit groupe et Harry déglutit avec difficulté.
« Vous comprenez ce que ça veut dire ? » reprit Hermione. « Harry, c'est ce spectre qui vous a attaqué, Drago et toi, qui boit le sang des Licornes ! C'est lui qui a besoin de survivre et qui est prêt à n'avoir qu'une demi-vie ! »
« Mais ce spectre… » tenta Ron, la gorge sèche. « C'est… »
« Oui » coupa Harry d'un ton abrupt, inquiet à l'idée qu'on puisse l'entendre.
Le silence reprit ses droits sur cette part de la table, et les enfants échangèrent des regards sombres. Ils avaient compris, plus ou moins, ce que cela pouvait aussi signifier, mais Ron ne put retenir une dernière interrogation, à laquelle il craignait plus que tout d'obtenir une réponse positive.
« Et vous croyez que l'hôte c'est… ? »
Il n'osa pas formuler sa phrase jusqu'au bout, et sa question mourut sur ses lèvres. Néanmoins, Wyra hocha la tête en signe d'acquiescement.
« Oui, c'est lui. J'en suis sûr. »
Et cette simple confirmation sembla assombrir considérablement la journée.
…
« Il faut passer à la contre-attaque. »
Assis autour de leur habituelle table dans un coin de la bibliothèque, la petite bande s'interrogeait depuis déjà un moment sur la marche à suivre. Harry et Edmund semblaient mener la danse, et c'est comme à son habitude le Serpentard qui avait ouvert le bal avec cette phrase au sens capital.
« Et que proposes-tu, Ô Grand Maître Serpentin ? » demanda Klaus en haussant un sourcil.
Tous les regards convergèrent vers lui et, avec une moue désintéressée, nullement gêné, il lâcha :
« Eh bah quoi ? Je suis dans la même salle commune que Loan, vous espériez que ça ne se sente pas ? »
« Bon » reprit Edmund, sentant l'attention lui échapper, « l'idée est de mener deux actions simultanées. On en a pas mal discuté avec Harry, et je crois que ce serait le mieux. On va former deux équipes : l'une se chargera de l'œuf, l'autre de Quirrell. La première sera chargée de veiller à ce que personne d'autre ne soit au courant et à le refourguer le plus vite possible au frère de Ron. La deuxième équipe devra trouver un moyen de surveiller Quirrell, et si possible même de lui faire avouer devant témoin son secret. Qu'est-ce que vous en dites ? »
« Que c'est impossible » lâcha Drago du tact-au-tac.
Harry inspira profondément. Il s'y était attendu, préparé même. Le blond ne pouvait que protester, c'était logique. Ce qui l'était un peu moins – ou alors que l'on pouvait juger surprenant – c'était que ce soit lui qui réponde calmement :
« Au contraire, c'est faisable. Edmund connaît une potion qui pourrait tout faire avouer à Quirrell, ça s'appelle le Véritasérum. En voler dans la Réserve de Rogue est… »
« … du suicide » termina Wyra avec un sourire. « Je le sais, j'ai déjà essayé. Ça m'a valu la plus mémorable punition de ma vie. »
« Donc » poursuivit Harry en sur-articulant ce mot, « la deuxième équipe devra se rendre sur le Chemin de Traverse afin de se procurer les ingrédients permettant d'en fabriquer, et Hermione et Edmund n'auront plus qu'à réaliser la potion. »
Il y eut un bref silence puis…
… puis Drago leva les yeux au ciel.
« Vous êtes malades ! Pourquoi ne pas aller voir ce taré de Dumbledore, plutôt ? Lui, il devrait pouvoir se débarrasser de Quirrell, vous ne croyez pas ? »
Mais Edmund secouait déjà la tête.
« Sev lui fait des rapports quotidiens, je pense qu'il sait déjà certaines choses. Si on passait le voir maintenant sans aucune preuve, on lui confirmerait ses intuitions mais on se mettrait à la merci des représailles de Sev pour avoir fouiner à nos risques et périls. Si on rapporte des preuves, il nous engueulera, mais moins fort, il n'aura pas tellement le choix. Et je préfèrerais éviter d'avoir à me promener dans mes appartements avec des protections pendant des semaines sous prétexte que l'autre grincheux est de mauvais poil. »
Ils s'entreregardèrent un moment, puis Hermione leva lentement la main.
« Je suis partisante de rester m'occuper de Norbert. »
« Moi aussi » dit aussitôt Ron en levant la main à son tour. « De toutes façons, je suis le plus à même de m'en charger, puisqu'il faudra contacter mon frère. »
Harry leva la main à son tour.
« Je reste m'occuper du dragon. »
« Pareil » décida Jasper. « Donc, Dray, Edmund, Klaus et Wyra, vous vous chargerez des courses… »
Mais la jeune fille secouait déjà la tête en signe de dénégation.
« Je vais rester ici, ce serait mieux. »
« Et pourquoi ? » demanda Drago d'un ton provocateur, plus pour avoir le dernier mot qu'autre chose.
« Je t'en pose, des questions ? » rétorqua la Troisième Année.
D'une même voix, Harry, Edmund et Jasper s'exclamèrent :
« TEMPS MORT ! »
Tous les regards se tournèrent vers eux, ahuris. Depuis la rentrée, jamais ils ne s'étaient exprimés de la sorte. Eux-mêmes surpris, les garçons échangèrent un regard puis, comme d'un commun accord, Harry et Jasper hochèrent imperceptiblement la tête, laissant à Edmund le soin de clarifier leur pensée.
« On ne va pas agir en même temps, ce serait débile. On ne pourra évacuer cet œuf que dans la nuit, et on ne va aller faire nos achats en nocturne, si ? Pour le moment, on voit les volontaires pour gérer l'œuf, et on fera les comptes plus tard pour les courses, ok ? »
Un silence buté lui répondit, mais il décida de le prendre pour un oui.
« Nous disions donc : Harry, Jasper, Hermione, Wyra et Ron pour l'oeuf. Ce sera amplement suffisant, il ne faut pas qu'on se fasse prendre. En plus, si les autres voient qu'on passa tous notre temps chez Hagrid, ça risque d'attirer l'attention. On va se diviser en deux groupes, mais on va faire en sorte d'agir indépendamment les uns des autres, ok ? » A mesure qu'il parlait, un plan plus précis semblait se dessiner dans son esprit, mais Harry, voyant où il voulait en venir, le devança :
« Inutile qu'on se fasse tous prendre. Donc on évite de discuter de ce qu'on fabrique à tout bout de champ et on se concentre sur nos objectifs, point à la ligne. » Il se tourna vers Edmund. « Est-ce qu'on compte Loan ? »
Le Serpentard secoua la tête de gauche à droite.
« Il vaudrait peut-être mieux qu'il reste sur la clairière, non ? Après tout, il est le seul à pouvoir s'en charger… »
Il se tourna vers Wyra, puis progressivement détailla chacun de ses camarades.
« Alors ? C'est bon, tout le monde est d'accord ? »
Drago ouvrit la bouche pour protester mais Jasper le coupa calmement :
« Je crois que tu nous as suffisamment fait part de ton point de vue, merci Drake. »
Harry pouffa malgré lui, à l'instar des autres.
« Je crois qu'on peu dire que tout le monde est d'accord » enchaîna Wyra. « Donc on part sur cette idée, et on avisera au besoin. »
°0°0°0°
« C'est à l'aube du XIIème que naquit Rufus Alrabecq, qui devait un jour porter sur ses épaules titanesque la furie et la soif de libre arbitre de tant de gobelins martyrisés par les sorciers aux vastes et nombreux pouvoirs… »
Harry laissa sa tête tomber sur sa table, causant un bruit sourd qui se répercuta dans la salle de classe comme dans une cathédrale. A ceci près que les élèves n'étaient pas là selon leur bon vouloir, bien entendu. Harry avait du mal à comprendre qu'un professeur aussi soporifique ait encore le droit d'enseigner près de cent ans après sa mort. C'était pour le moins perturbant, et surtout très, très ennuyeux. Au moins ça a le mérite de nous laisser le temps de peaufiner notre plan, songea-t-il avec un rictus désabusé. Leur plan… Comme s'ils en avaient un ! Cela faisait presque trois jours que Ron avait écris à son frère Charlie (en prenant soin d'employer un autre hibou qu'Errol), et aucune réponse ne se profilait à l'horizon. Ainsi, tout ce qu'ils avaient pu avancer comme contre-attaque ces derniers jours relevait d'un simple listing de ce qu'il leur faudrait acheter/voler/emprunter/fabriquer afin d'obtenir du Véritasérum. Rien de bien épique, donc. Maussade, Harry émit une sorte de grognement, qui fut en partie étouffé par le bois.
Inutile de dire que cela lui valut un regard sévère d'Hermione, assise à deux places de lui sur sa droite. Il roula les yeux en se redressant à peine, incapable de faire mieux. Il avait du mal à comprendre comment la fillette faisait pour ne pas s'endormir comme les autres et prendre des notes avec sérieux. En même temps, il ne risquait pas de s'en plaindre, vu qu'elle prenait des notes pour cinq. Edmund dessinait Merlin seul sait quoi sur un vieux carnet, Ron s'était endormi à peine cinq minutes après le début du monologue de Binns et Drago semblait avoir trouvé une toute nouvelle occupation : embêter Smith. Le blond ne pouvait pas plus le supporter qu'à la rentrée, et la protection que représentait son cousin avait fait le tour de l'école : il ne doutait pas que ses condisciples serpents y réfléchiraient désormais à deux fois avant de lui chercher des crosses. Une information qui changeait amplement la donne…
« Hermione va te tuer » souffla Harry au blond qui, assis juste à côté de lui, déchirait avec application toutes les pages de son livre d'Histoire de la magie.
Le jeune Malefoy haussa les épaules avec indifférence, se concentrant davantage sur sa tache. Au bout de quelques secondes, il du juger qu'il avait assez de pages arrachées pour arrêter là son manège et sortit sa baguette magique de sa poche.
« T'as envie de t'amuser un peu, Potter ? » proposa-t-il en fixant les pages qui s'étalaient sur toute sa table.
Harry haussa les épaules, incertain. Il avait depuis longtemps constaté que sa notion de l'amusement n'était pas la même que celle de Drago.
« Tu penses à quoi ? » se renseigna-t-il du bout des lèvres, anxieux à l'idée de se faire prendre en flagrant délit par Binns.
« Bataille de boulettes de papiers ensorcelées. »
Le brun leva les yeux vers son camarade, persuadé qu'il blaguait mais, devant l'évidence de son sérieux presque comique, il laissa un demi-sourire naître sur ses lèvres et hocha la tête.
« Cible ? » demanda-t-il en parcourant la classe des yeux.
« Smith, Parkinson, Crabbe et Goyle » énonça Drago en recouvrant les boulettes de papiers formées par Harry d'un sortilège d'encre indélébile. « T'as vingt secondes après l'enchantement pour les envoyer sans t'en mettre plein les mains » ajouta-t-il d'un ton banal.
« Ça marche. »
Moins de dix secondes plus tard, dans une synchronisation quasi-parfaite, les deux élèves de Première Année jetaient de toutes leurs forces leurs armes improvisées sur les quatre serpents. Pansy Parkinson se prit la première boulette, celle d'Harry, dans la nuque, et Smith reçut la sienne en plein dans ses cheveux.
« Strike ! » s'exclama Harry à voix basse sans y penser.
Drago s'immobilisa en plein élan, le regarda les sourcils froncés en signe d'incompréhension.
« Désolé » marmonna Harry en prenant une nouvelle boulette de papier. « C'est un expression moldue. »
« Ouais, bah ôte-moi ça de ta bouche de Petit Saint Potter avant que je ne te fasse avaler une boulette » gronda Drago en joignant le geste à la parole.
Harry acquiesça avec ferveur, tâchant de se montrer à la hauteur de sa toute nouvelle… quoi d'ailleurs ? Entente ? Oui, sans doute, sa toute nouvelle entente avec Drago Malefoy. Difficile de dire si le blond se contentait de le supporter ou s'il l'appréciait un tant soit peu, tout comme il l'était de se prononcer sur la pseudo entente qu'il avait avec Hermione. Mais pour l'heure Harry souhaitait oublier un peu toutes ces questions sans réponses et, au fond, sans grand intérêt non plus. Il avait mieux à faire.
Le bombardement des Serpentards dura jusqu'à ce que, à la surprise générale, ne retentisse un bruit de frappe contre du verre. Surpris, Harry et les autres – à l'exception de Ron qui dormait toujours – levèrent les yeux vers l'origine du bruit qui ne leur fut pas longue à trouver : accroupie sur le rebord de la fenêtre, Wyra se trouvait plaquée contre la vitre, une enveloppe dans la main. Avec un regard circulaire pour vérifier que ses condisciples dormaient toujours autant, Harry quitta silencieusement sa place et avança à pas de loup jusqu'à la fenêtre. Dans un souci manifeste de diversion, Edmund se joignit à son cousin et entreprit à son tour de bombarder les autres Serpentards.
Arrivé devant la fenêtre Harry leva sa baguette et murmura un vague Alohomora qui la déverrouilla. Il l'ouvrit lentement, prenant garde à ne pas faire de bruit alors que Wyra lui tendait l'enveloppe.Une brise glaciale s'insinua dans la pièce, faisant frissonner le Première Année.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » chuchota le brun avec effarement en lançant un regard inquiet vers Binns, pourtant toujours occupé à lire scrupuleusement chaque ligne de son livre.
« Ce stupide piaf s'est gouré de Weasley » grogna la jeune fille, essoufflée. « Il a amené la réponse aux Copies Conformes. On avait une heure de libre, Cours de Soins aux Créatures Magiques annulé » ajouta-t-elle rapidement en guise d'explication. « Les bois ne sont plus sûrs, d'après Hagrid et le professeur Brûlepot refuse d'en approcher. Trop de licornes tuées. Ça les inquiète » ajouta-t-elle avec sérieux. Elle paraissait soudain à des kilomètres de l'habituelle jeune fille pimpante et ravie de faire des bêtises. « J'ai jamais vu ça Top-Potty. C'est la première fois qu'on annule un cours sous prétexte que la Forêt est de mauvais poil. »
Elle marqua une brève pause, jeta un regard à la classe, sembla rassurée et poursuivit à voix basse, sautant coq à l'âne : « Il faut qu'on aille voir Hagrid toute à l'heure. Il s'apprête à éclore. »
Le Survivant pâlit instamment.
« D'accord » lâcha-t-il précipitamment en avisant Binns qui flottait dans leur direction sans même s'en rendre compte. « File ! »
La jeune fille obtempéra, enjamba le rebord de la fenêtre et se laissa tomber sur la gargouille qui se trouvait presque un mètre plus bas. Harry referma la fenêtre et se raidit, car son professeur se trouvait trop près de lui à présent pour ne pas le voir, juste en levant les yeux de son livre. Le garçon recula lentement, en silence, et s'éloigna progressivement du mur pour regagner sa place.
« Alors ? » interrogea Edmund alors que le Survivant décachetait la lettre.
« Une minute ! » souffla l'intéressé.
« Ça ne peut pas attendre que le cours soit finit ? » demanda Hermione, exaspérée. « Avec toutes vos bêtises on va finir par être punis ! »
« Dis plutôt qu'on risque de réveiller les autres » corrigea Drago sans cesser de lancer ses boulettes de papier. « Quoi que… ça va faire au moins dix minutes que Smith s'en prend plein la figure et il ne s'est toujours pas réveillé. Parkinson a bien grognée, mais avec elle pas moyen de savoir si c'est parce qu'elle dort ou qu'elle communique… »
« La ferme » gronda la petite lionne. « Sinon je te jure que tu te débrouilleras tout seul pour récupérer ton cours ! »
L'argument fit mouche et Drago se tu immédiatement. Il alla même, devant le regard assassin d'Hermione, jusqu'à reposer le projectile qu'il s'apprêtait à envoyer, pour se focaliser sur son voisin, qui venait de pâlir un peu plus encore.
« Qu'est-ce qu'y a ? » s'enquit-il, soudain anxieux.
« Réveille Ron, s'il te plaît » demanda Harry plutôt que de répondre.
Avec un haussement d'épaules et une moue faussement désintéressée, Drago se pencha en arrière et tendit le bras pour atteindre le rouquin sur la nuque duquel il appuya avec force une de ses boulettes tâchées d'encre. L'effet fut immédiat : Ron se réveilla.
« Eh ! Sale… »
« Chut » imposa Edmund. « Ou bien Binns va vraiment se rendre compte que l'on écoute pas. »
« Parle pour toi » grommela Hermione.
Mais le regard qu'Harry adressa à chacun d'eux capta leur attention. Il s'éclaircit la gorge et annonça d'une voix tremblante :
« Charlie ne peut pas venir. »
Il y eut un terrible silence, comme seul peuvent l'être les instants succédant une mauvaise nouvelle. Et un échange de regards horrifiés.
« Les frontières sont de plus en plus surveillées, apparemment » continua Harry en tendant la lettre à Ron. « Il ne dit pas pourquoi, mais elles le sont suffisamment pour empêcher un convoi de balais de circuler sans autorisation spéciale. Faire passer un bébé dragon est impossible. »
« C'est rien qu'un œu… Un quoi ? » s'exclama Edmund, les yeux écarquillés.
Hermione lui fit signe de baisser le ton alors que certaines têtes bougeaient en émettant de vagues grognements. Binns, quant à lui, avait parfaitement entendu et se tournait à présent vers le jeune Serpentard, visiblement vexé d'avoir été troublé de la sorte durant son cours.
« Puis-je savoir la raison de cette exclamation ? » s'enquit-il, le regard rivé sur Edmund.
Il ne semblait pas avoir remarqué que les trois-quarts de ses élèves dormaient, focalisé qu'il était sur la cause du bruit.
« Euh… je… » bredouilla l'intéressé, pris au dépourvu.
Tout autour d'eux les élèves s'éveillaient lentement, surpris d'être troublé de la sorte dans leur sieste hebdomadaire.
« Je vous prierais de sortir, Mr Rogue » dit Binns en retournant à son livre.
Interdit, Edmund regarda Harry un moment, avant que finalement le coup de coude de Drago (« Profites-en, c'est une chance qui se représentera pas ! ») ne le décide à rassembler ses affaires. Il quitta la classe à reculons, complètement désarçonné. Il avait beau être ami avec Wyra et Loan, il n'avait encore été viré d'aucun cours et n'était pas du genre à les sécher. Il jeta un dernier regard désolé à ses camarades, qui allaient encore devoir subir Binns durant une heure. Ah ! La joie des lundis après-midi et de leurs deux heures d'Histoire de la Magie…
Bonne bataille de boulettes, songea-t-il avec ironie.
Lui-même doutait de pouvoir se détendre durant cette heure et demie de détente improvisée.
Il envisageait plutôt d'aller retrouver Wyra dans le parc pour discuter des dernières informations, mais, alors qu'il dévalait l'escalier qui menait vers la sortie Ouest du parc, il percuta un élève au pied des marches. L'autre venait à vive allure et ne semblait pas avoir remarqué la présence d'Edmund devant lui. Ce n'était pas le cas du Serpentard, mais l'autre avait été trop rapide pour qu'il puisse l'éviter.
« Eh ! » protesta-t-il en tombant sur les marches.
« Excuse. »
Le ton pressé mais vaguement moqueur ne trompa pas l'habitué de l'école : Loan semblait de bonne humeur. Et accessoirement, il était de retour. Ce qui était aussi bien une bonne chose qu'une mauvaise, Edmund l'avait appris à ses dépends. Et alors même que le jeune Indien le relevait, il songea rapidement à tous les scénarios catastrophes envisageables à l'heure actuelle. Il n'en trouva pas qu'il lui parût beaucoup plus dramatiques que ce qui leur arrivait à présent.
« Déstresse » sourit Loan. « Mister Pue-L'ail est rentré au château et son acolyte spectrale est aux abonnés absents pour le moment. Pas de problème supplémentaire en vue, juré. Et puis, pas de nouvelle, bonne nouvelle, non ? »
Edmund soupira intérieurement.
« J'en ai, moi, des nouvelles. »
« Et ? »
« Et tu vas commencé par aller te changer et ensuite je te retrouve dans le parc avec Wyra » imposa Edmund en avisant l'Indien détrempé et couvert de boue. « Et je n'y dérogerais pas ! »
Loan souffla un petit vent exaspéré, leva les yeux au ciel et s'éloigna en grommelant.
« Dérogerais. Putain, t'as de ces mots, toi ! T'as douze ans, je te rappelle, alors évite de te la péter avec ton vocabulaire princier ! Sale gamin roguien… t'es sûr que vous avez pas de sang en commun ? »
« Ta gueule ! » lui lança le Serpentard.
« Toi-même » siffla l'Indien depuis le haut des marches.
Edmund esquissa un demi-sourire en se dirigeant vers le parc. Bon, Loan était agacé et fatigué par les trois jours qu'il venait de passer dans la Forêt, mais il était de bonne humeur. Et vu la situation, c'était une bonne chose. Un plus. Ce qui se profilait à l'horizon exigeait que leur Louveteau soit calme.
Car, en dépit du dégoût que cela lui inspirait, du frisson d'horreur qui lui parcourait l'échine, il venait d'envisager une solution. Une terrible solution, à laquelle il ne se serait pas cru capable de penser…
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« Quoi ? » s'étrangla Hermione. « Mais c'est inhumain ! »
Drago émit un rire sarcastique.
« C'est le principe : à problème dragonique, solution dragonique. Pas humaine. »
Hermione lui décocha un regard noir, imitée en tous points par son jumeau.
« Tu dis ça seulement parce que ce n'est pas toi qui comptes t'en charger ! »
« A quoi nous servirait notre Kamstryl international si ce n'est à nous débarrasser des erreurs de la Nature que ramène ce taré de garde-chasse ? » rétorqua le blond.
Autour d'eux s'installa un silence inconfortable. Nul n'était heureux de ce plan élaboré à la va-vite, cruel, mais qu'ils savaient tous réalisable, justement grâce à Loan. Qui mieux que le jeune pourrait régler le problème ? Honnêtement, Edmund ne voyait pas. Car c'était bien lui qui avait proposé cette solution extrême au Serdaigle, cette solution qui lui posait un véritable problème depuis qu'il en avait eu l'idée. Il avait demandé à Wyra de récupérer Jasper et Klaus afin de communiquer cette information à tous et d'effectuer un vote, mais l'idée ne lui plaisait pas. C'était la sienne, certes, mais elle était trop barbare pour lui. Vraiment trop barbare. Sauf qu'il ne voyait rien d'autre. Un dragon ! Comment le dissimuler aux autres élèves ? Et les professeurs ? Ni lui, ni Loan, ni Wyra ne seraient capables de mentir de manière convaincante à leur tuteur respectif. Alors quoi ? Si jamais Hagrid était découvert, ça sonnerait la fin définitive de sa vie telle qu'il la connaissait, et le début d'une longue procédure au bout de laquelle il risquait fort de se trouver expédier à Azkaban. Ils ne pouvaient tout de même pas laisser un œuf – bon d'accord, ce qui serait bientôt un vrai petit dragon – de gâcher leur existence !
L'air grave, la mine désolé, les enfants levèrent un à un la main pour témoigner leur accord. Hermione résista farouchement, et mais qu'il fut entièrement de son avis Harry joignit sa main à celle des autres. Il ne voyait aucune autre solution. Encore fallait-il baratiner Hagrid pour lui retirer l'œuf.
L'œuf ?
« Regardez ! » s'exclama le garde-chasse, fou de joie, lorsqu'ils pénétrèrent chez lui une dizaine de minutes plus tard. « Il a éclôt ! »
« Génial » lâcha Wyra entre les dents.
En effet, sur la table trônait un minuscule dragon à peau vert foncé, d'aspect un peu visqueux, pataud, qui se déplaçait avec peine et émettait de petits couinements proches de ceux d'une souris.
Malgré eux, tous les regards convergèrent vers Loan, qui fixait la créature d'un air indéchiffrable.
« Regarde-le ! » poursuivit Hagrid en s'adressant au jeune Kamstryl. « N'est-il pas magnifique ! Hein mon bébé dragounet que tu es magnifique ? »
Drago échangea un regard atterré avec Jasper, puis avec Hermione, debout à sa droite et sa gauche.
« Ne viens pas me dire après ça qu'il est saint d'esprit ! » chuchota-t-il de sorte à ce que seule la fillette l'entende.
« La ferme ! » grinça-t-elle, furieuse.
Mais il fallait bien reconnaître que le garde-chasse de deux mètres cinquante était complètement gaga de son nouvel animal, comme s'il ne réalisait pas qu'il s'agissait d'un authentique dragon. Et lorsque celui-ci laissa échappa une flammèche qui manqua de faire s'enflammer la barbe d'Hagrid, ce dernier s'en extasia.
« Il s'est déjà faire des flammèches ! Vous avez vu ? »
« On risquait pas de le louper » grommela Drago, livide, appuyé contre la porte.
« Ça faut reconnaître, il essaye de faire comme les grands » commenta Ron, qui ne semblait pas tellement plus à l'aise.
« Chic, chic, chic » renchérit Wyra en s'écartant de la table. « Dites Hagrid, vous êtes au courant j'espère que votre baraque est en bois ? Parce que je me suis laissé dire que ça risquait de prendre feu, avec cette bestiole à l'intérieur… »
Mais Hagrid ne sembla pas l'entendre, focalisé qu'il était sur le dragonneau. La Troisième Année échangea un regard affligé avec Harry. Ils n'étaient pas sortis de l'auberge…
« Hagrid. »
Tous se tournèrent vers Klaus, qui venait de s'éclaircir la gorge et paraissait très gêné de devoir se faire le porte-parole du groupe.
« Ecoutez Hagrid » commença-t-il, incertain, alors que le garde-chasse le scrutait, vaguement soucieux soudain. « Vous ne pouvez pas le garder, vous en avez conscience ? D'après nos estimations, dans une semaine il devrait m'aller au genou, dans un mois il fera la taille de la table, et dans au maximum trois mois il ne tiendra plus dans votre cabane. Sans compter qu'on risque de le voir. Ou bien il risque de faire cramer quelque chose. » Il marqua une pause étudiée et Harry ne put retenir un mince sourire. Timide, peut-être, mais Klaus restait un surdoué qui savait comment jouer pour obtenir l'effet désiré. « Nous avons déjà contacté le frère aîné de Ron, qui travaille dans une réserve de dragons en Roumanie. Il est d'accord pour s'en charger. »
Il y eut un bref silence puis…
« Mais… »
Hagrid paraissait soudain extrêmement malheureux, comme si on venait de lui ôter toute joie de vivre, et durant une fraction de seconde, Harry se demanda s'il n'était pas sur le point de pleurer.
« Je viens à peine de lui trouver un nom ! Norbert, comme l'auteur des livres sur les créatures magiques ! »
Son ton avait quelque chose de larmoyant et ses yeux s'étaient mis à briller. Venant au secours du petit Serdaigle, Wyra prit le relais :
« Hagrid, vous vous souvenez de ce qui s'est passé la dernière fois ? Quand Dumbledore s'en est rendu compte ? Dites-vous que là il y a de réels risques pour les élèves. Il suffit qu'un seul vienne traîner devant votre porte, et que Norbert soit de mauvaise humeur, ou même tousse ! » Elle était convaincante, très convaincante, mais le garde-chasse ne semblait toujours pas d'accord. « Faites-le pour lui, Hagrid ! Il a besoin de liberté ! »
Personne ne vit le bref regard qu'échangèrent Ron et Klaus sous l'œil vigilant de Loan.
Lorsque le gardien des clefs accepta finalement, après dix autres longues minutes de conversation, de les laisser embarquer Norbert la semaine suivante pour le confier à Charlie, les enfants le quittèrent en le saluant, clairement mal à l'aise. Heureusement, Hagrid était trop bouleversé pour s'en apercevoir.
« Je sais pas pour vous » lâcha Harry alors qu'ils remontaient vers le château, piétinant dans une petite quantité de neige, « mais moi je m'sens mal. »
« La même » acquiesça Edmund, plus pâle que d'ordinaire.
« Vous réalisez qu'on vient de lui mentir en beauté ? » dit Hermione, les yeux brillants. « Mon dieu, s'il apprend la vérité… »
« Il apprendra que dalle » coupa Loan d'une voix sèche. « Je ne marche plus. »
Edmund, qui marchait juste derrière lui, pila aussi sec, trop rapidement cependant pour qu'Harry et Jasper ne l'évitent. Mais c'est une manie de nous rentrer dedans ou quoi ? songea-t-il, exaspéré, en se massant l'épaule. Il héla le Serdaigle, qui lui ne s'était pas arrêté.
« Qu'est-ce que tu veux dire par 'je ne marche plus' ? Lo, on a besoin de toi ! »
« Il est hors de question que je tue cette bestiole » clarifia l'intéressé en faisant brusquement volte-face.
Nul ne manqua que ses yeux brûlaient d'une lueur dangereuse.
« Je déteste prendre une vie, encore moins à un si jeune âge » poursuivit-il d'un ton dur, en approchant lentement. « Un œuf, je peux, même s'il est sur le point d'éclore. Mais un bébé, niet ! Et je ne te parle même pas d'Hagrid qui nous fait confiance à tous ! »
En disant cela il darda sur le groupe un regard accusateur.
« Alors qu'est-ce que tu proposes, si t'es si malin ? » demanda Drago, dans un sursaut d'agressivité. De son avis, il avait bien assez vu le cher Norbert pour les quarante prochaines années.
Le regard du jeune Kamstryl se porta lentement vers Ron et Klaus qui, clairement mal à l'aise de se faire dévisager par leurs amis qui ne comprenaient pas, s'avancèrent néanmoins pour faire face à eux tous.
« Ecoutez » commença le rouquin en dansant d'un pied sur l'autre, « je suis plus trop non plus pour cette histoire. Charlie me tuerait et puis… il nous a rien fait ce pauvre Norbert, non ? Donc je crois qu'avec Loan et Klaus, on est plutôt d'accord… »
« … pour le garder » acheva Klaus comme un parachutiste qui vient de sauter dans le vide.
Et attends le retour de manivelle inévitable : parachute opérationnel pour amortir ou pas parachute opérationnel ?
« Vous êtes dingues ? » explosa Drago.
Pas parachute.
« Pour une fois, je suis d'accord avec lui » renchérit Harry. « On ne peut pas plus le garder qu'Hagrid ! On saurait encore moins bien s'en occuper ! »
« Ça je ne parierais pas là-dessus, Top-Potty » glissa Wyra sur le ton de la conversation. « Hagrid est compétent mais il néglige un peu trop le danger et serait susceptible de trouver une tarentule de cinquante centimètres de diamètres 'vraiment très mignonne', pour le citer. »
Le brun la regarda, les yeux écarquillés.
« Tu plaisantes ? »
« J'ai jamais été aussi sérieuse. »
Les autres échangèrent foule de regards horrifiés et consternés. Tout autour d'eux, les flocons entamaient leur doux balai au gré de la brise.
« C'est impossible » intervint à son tour Hermione. « On y connaît rien, et Norbert est dangereux ! »
« Très dangereux » corrigea sombrement la Troisième Année.
« Et c'est elle qui dit ça ! » s'étouffa presque Drago. « Ça veut tout dire ! »
« Mais je croyais que tu voulais le sauver ? » poursuivit Wyra comme si le blond n'était pas intervenu.
« Le sauver oui, mais le confier à quelqu'un de compétent ! » Elle réfléchit quelques instants, puis demanda, pleine d'espoir : « Ce ne serait pas possible de le faire passer par Poudre de cheminette ? »
Jasper secoua la tête en signe de dénégation.
« Les cheminés d'ici sont surveillées, et pour se procurer la Poudre adéquate, ce serait la croix et la bannière. Si j'ai bonne mémoire, il est même interdit d'en vendre aux mineurs, à cause des propriétés dangereuses et des effets indésirables que ça peut avoir. Du coup il faudrait obtenir d'un adulte qu'il nous signe une demande écrite de Poudre, qu'il atteste de son statut de sorcier de second cycle… Et même là, il y aurait très peu de chance pour que ça fonctionne. »
Wyra acquiesça sombrement et vint se placer à la gauche de Ron.
« Je ne raffole pas des dragons, loin de là » grommela-t-elle. « Mais c'est hors de question que je participe à cette tuerie. Ce truc n'a que quelques heures. »
Les autres s'entreregardèrent pour la énième fois, de plus en plus mal à l'aise, jusqu'à ce que Jasper ne décide à faire un pas en avant.
« C'est complètement dingue » admit-il avec calme, « mais honnêtement, après l'avoir vu, moi non plus je ne suis plus partant pour ta solution, Eddy. »
Harry déglutit, envisagea une nouvelle fois les options qui s'offraient à lui, celles qu'ils avaient déjà épuisées et enfin les sentiments du garde-chasse, dont les yeux avaient brillés de larmes à la mention d'une séparation d'avec son dragonneau tout juste sortit de l'œuf. S'il savait ce qu'ils avaient envisagés à peine une heure plus tôt…
Il rejoignit Jasper.
Quelques instants plus tard, bien qu'ayant l'air clairement désapprobatrice, Hermione l'imita. Suivie d'un Edmund incertain.
Tous les regards convergèrent vers Drago, resté immobile.
« J'imagine que mon avis compte pour du beurre, de toutes façons ? » siffla-t-il avec colère.
« Tant que tu ne dis rien à personne, t'as tout compris » confirma Loan avec un sourire sarcastique.
Le blond émit un grognement furieux avant de faire un pas en avant.
« Mais je refuse de m'en approcher, vous m'entendez ? »
On est mal, putain on est mal, songeait le jeune Malefoy alors qu'ils remontaient la pente douce jusqu'au château. Ces fous vont me faire tuer. Il leva les yeux vers ses camarades, notamment vers Edmund et Jasper, et se sentit encore plus furieux. Son cousin avait été le premier à envisager la décision de se débarrasser de Norbert, et maintenant il revenait sur ça ! Il avait espéré au moins pouvoir compter sur lui pour ça. Ce que les autres n'avaient pas l'air de vouloir comprendre, c'était les conséquences de toute cette histoire si jamais ils se faisaient prendre.
On est mal, pensa-t-il à nouveau. Trop fort, sans doute.
« Voilà ce qui arrive quand on se lie avec l'ennemi ! »
« Ne l'écoute pas, au contr… »
Mais cette journée avait été suffisamment mauvaise pour qu'il ne se laisse pas en plus avoir par les Voix.
Vos gueules ! mugit-il mentalement.
Et pour la première fois de sa vie, les Voix se turent devant sa 'répartie'.
A suivre
