Merci à Laurence, michaël4ever, chtimigirl, Lockness, emmadinozzo pour vos reviews.

Aller un petit chapitre, le chapitre 13 sera en ligne mercredi.

Chapitre 12

-Bonjour.

-Bonjour. Tu veux un café ?

-Ouais.

Gibbs se leva et lui servit une tasse fumante de café noir qu'il lui tendit.

-Merci.

Tony n'arrivait pas à le regarder droit dans les yeux car il pouvait y lire la tristesse évidente de son père

Il but son café d'une traite et reposa la tasse sur la tablette avant de prendre des vêtements dans l'armoire et d'aller s'enfermer dans la salle de bains, sans dire un seul mot.

Même si cela avait été très bref, Gibbs avait pu lire beaucoup de souffrance dans le regard de son fils. Il aurait tellement aimé pouvoir le prendre dans ses bras et le soulager de tout son fardeau. Mais le jeune homme ne se laisserait sûrement pas faire et le repousserait sans doute brutalement.

Il but un second café pendant que son fils finissait de prendre sa douche. Soudain, une horrible pensée lui vint à l'esprit et il se demanda si Tony lui avait vraiment tout raconté sur ce James. Était-il allé encore plus loin que de lui faire subir des fellations répétées ? Il se jura de retrouver ce mec et de lui faire payer toutes les souffrances qu'il avait fait endurer à son fils.

Tony ressortit de la douche vêtu d'une chemise et d'un jean, ses cheveux encore humides en bataille.

-Voilà, la voie est libre. J'ai beaucoup de boulot à faire aujourd'hui. Je pense en avoir au minimum jusqu'à l'heure du déjeuner. On se retrouvera au mess, je pense.

-Très bien. Tu as besoin d'aide pour le boulot ?

-Non, c'est bon, merci. Il n'y a rien que je ne puisse faire par moi-même.

Sur ce, il quitta la partie chambre pour la partie bureau de ses quartiers et referma la porte derrière lui.

-Bon, et bien, j'ai plus qu'à me préparer moi.

Après avoir pris une douche rapide et s'être rasé, il se dirigea vers le mess pour manger un morceau. Il y trouva Will qui était attablé devant son petit-déjeuner et échangea quelques mots avec lui.

Puis, muni d'un plan que le jeune homme lui avait gentiment prêté, il arpenta le porte-avion de long en large. Il lut sur la brochure que L'USS-Ronald Reagan mesurait 332 m de long pour 76 m de large et pouvait accueillir un équipage pouvant aller jusqu'à six mille marins. Il était le premier représentant d'une nouvelle génération de bâtiments prévue pour sillonner les mers du globe durant les cinquante prochaines années et il disposait d'une capacité d'emport de quatre-vingt-dix avions, dont des F-18 Hornet .

Il se trouva finalement un endroit tranquille sur le pont d'où il allait pouvoir téléphoner.

-Laboratoire, Abby à l'appareil. Parlez-moi, je vous écoute !

-Abby, c'est Gibbs. J'aurais besoin que tu me fasses une recherche.

-Bonjour à toi aussi, Gibbs ! Oui, je vais très bien, je te remercie de m'avoir posé la question. Si je peux faire une recherche pour toi ? Mais bien sûr, boss ! Tu sais bien que je suis toujours disponible pour toi.

-Abby !

-Oui, je t'écoute. Vas-y, balance la sauce !

-J'ai besoin que tu me retrouves un homme dont le prénom est James mais dont je ne connais pas le nom. Tout ce que je peux te dire est qu'il a été au service de la famille Doërti de 87à 88, en qualité de majordome. J'aimerais savoir où il habite actuellement et ce qu'il fait.

-Pourquoi tu veux savoir tout ça ?

-Raisons personnelles se contenta-t-il de répondre évasivement. Merci, Abby. Appelle-moi dès que tu auras trouvé quelque chose, mon mobile passe partout ici. Maintenant, j'aimerais que tu me transfères sur le poste de Ducky.

-Je fais ça tout de suite.

Après deux sonneries, Ducky décrocha le téléphone.

-Ici, la morgue, Dr Mallard à l'appareil.

-Ducky, c'est Gibbs.

-Bonjour, Jethro ! Comment vas-tu… et comment va le jeune Anthony ?

- Je fais aller et pour Tony, je ne sais pas trop. J'ai réussi à le convaincre de m'écouter et à lui raconter les circonstances de sa venue au monde ainsi que la façon dont j'ai découvert son existence.

- Et comment l'a-t-il pris !

- Euh, pas très bien dans l'ensemble grimaça Gibbs. Il s'est montré assez méfiant et agressif…et quand j'ai voulu le toucher, il a pété les plombs et m'est tombé dessus à bras raccourcis.

- Oui, effectivement, il n'a pas l'air de l'avoir très bien pris remarqua doctement Ducky.

- Et ce n'est pas tout continua Gibbs. Il a voulu me balancer son poing dans la figure et quand je me suis écarté pour l'éviter, il a atterri assez…. brutalement dans le mur.

- Oh mon dieu ! Ça va, il ne s'est pas fait trop mal ?

-Oui, un peu. Il s'est fait une double fracture du poignet et s'est aussi brisé quelques os de la main.

- Je vois. Mais à ta voix, je sens qu'il y a beaucoup plus que ça dit tranquillement Ducky, connaissant trop bien son vieil ami pour ne pas remarquer que quelque chose d'autre le tracassait.

- Oui c'est vrai reconnut Gibbs d'une voix étranglée par l'émotion et où Ducky put déceler aussi une pointe de remord. Il… il m'a parlé de son enfance hier soir après que nous nous soyons mis au lit.

La gorge de Gibbs se noua.

- Bon sang, Ducky ! Je n'aurais jamais imaginé qu'il avait eu une enfance aussi difficile après la mort de sa mère…

Les mots commencèrent à se bousculer sur les lèvres de Gibbs et il raconta tout ce que Tony lui avait appris à son confident et ami.

-Je me sens tellement coupable de ce qu'il lui est arrivé conclut Gibbs quand il eut fini de tout raconter á Ducky.

-Tu ne dois pas te sentir coupable, Jethro ! Le seul coupable dans cette histoire, c'est monsieur Doërti. C'était à lui de protéger Anthony. C'est lui qui a fait de son enfance un enfer. Pas toi.

-Il refuse que je l'aide ou que je le touche. Il y a une telle distance entre nous ! Je ne sais pas comment la combler sans le brusquer se désola Gibbs.

-Comme tu l'as dit toi-même, il ne faut pas le brusquer et le laisser aller à son rythme. Il s'est confié à toi et c'est déjà un grand pas. Il faut lui laisser le temps d'accepter d'être à nouveau aimé inconditionnellement par quelqu'un qui n'attend rien de lui, à part son bonheur. Et pour le moment, il refuse qu'on l'aime. C'est pour ça qu'il est si cynique et macho ou qu'il se mêle de la vie des gens sans vergogne… car il est plus facile pour lui de se séparer ou de perdre un personne qui ne l'aime pas, plutôt que de perdre quelqu'un qui lui montre de l'amour ou de l'intérêt.

Il a perdu toutes les personnes qui l'aimaient et qu'il aimait en l'espace de peu de temps et quand il était encore très jeune, à un moment où il avait le plus besoin de cet amour pour pouvoir se construire. Il a dû apprendre à faire ses armes tout seul, à ne compter toujours que sur lui-même pour survivre. Tu ne peux pas lui demander de changer du jour au lendemain ou de lui faire accepter que des personnes puissent avoir de l'affection pour lui. Le fait, qu'à son âge, il soit encore célibataire le prouve : il ne veut s'attacher à personne et il ne veut surtout pas que quelqu'un s'accroche à lui.

-Mais, il y a bien eu Jeanne lui fit remarquer Gibbs avec justesse.

-Oui, mais alors il jouait un rôle. Il n'était pas Anthony DiNozzo, agent au NCIS mais Anthony Dinardo, professeur d'histoire du cinéma à l'université. La vie qu'il a eue lui permet d'être un agent d'exception pour les missions sous couverture, car il a toujours dû jouer un rôle qui n'était pas le sien dans sa vie réelle.

-Oui. Je me demande bien pourquoi M. Doërti a autant insisté pour obtenir la garde de Tony si c'était pour l'éloigner de lui après.

-Là, je ne peux malheureusement pas te répondre et te dire quelles étaient les réelles intentions de cet homme.

Gibbs entendit alors des murmures étouffés à l'autre bout de la ligne, avant que Ducky ne le reprenne et lui dise.

-Je suis désolé, Jethro, mais je vais devoir te laisser. Je dois aller chercher un corps et je suis seul aujourd'hui. Mr Palmer s'est fait porté pâle ce matin.

-Au revoir Ducky.

Les deux hommes raccrochèrent simultanément.

Il était encore tôt pour aller rejoindre Tony au mess. Gibbs s'attarda donc quelques instants sur le pont pour observer la vie du porte-avion. Il vit un hélicoptère s'approcher et atterrir pour déposer quelques militaires avant de re-décoller immédiatement. Il trouva que l'USS Reagan ressemblait à une immense fourmilière grouillante d'activité. Les militaires s'activaient de partout avec ordre et efficacité dans un joyeux brouhaha.

Demain soir, il devrait quitter cet endroit en laissant son fils derrière lui. Il aurait bien aimé rester plus longtemps, mais l'amiral lui avait bien fait comprendre que cela ne serait pas possible. Plus aucun hélico ne serait autorisé à atterrir à partir de demain soir, car le porte-avion devait repartir pour une mission plus ou moins confidentielle.

Il reprit la direction de la chambre de Tony, se disant qu'il trouverait bien quelque chose à faire pour s'occuper en attendant l'heure du repas.

Arrivé devant les quartiers du jeune homme, Gibbs vit un quartier-maître se tenir devant la porte du bureau. Il lui parut visiblement très nerveux à l'idée de rencontrer l'agent de liaison du NCIS.

Il lui adressa un sourire en coin en passant à sa hauteur et pénétra dans la chambre de son fils. Tony sortait juste des toilettes et se passait la main sur le visage.

-Ça va ?

-Ouais. Mal de tête marmonna-t-il entre ses dents. Bon, j'y retourne.

-Y a un type nerveux qui t'attend dehors.

-J'aime quand ils sont nerveux… ils craquent plus vite.

Il entra dans son bureau et referma la porte derrière lui.