Une fois de plus, je cède à la pression générale (et aux menaces), et je poste rapidement ce petit chapitre qui répond à la question : qui est le visiteur nocturne ? En tout cas merci et bravo à toux ceux qui ont fait preuve de beaucoup d'imagination pour la résolution de ce problème…
Disclaimer : tout est à JKR, etc…
Avertissement : ceci est un slash, avec des vrais morceaux de citron à l'intérieur.
Mood : The bitter end de Placebo
12. The bitter end
« Lâche-moi, Potter » dit Malefoy abruptement en essayant de se dégager.
- Non, pas tant que tu ne m'auras pas expliqué. Qu'est-ce qui se passe, exactement, entre nous ? Pourquoi tu m'as dit d'arrêter ? D'arrêter quoi ?
- Ecoute, c'est compliqué. Faut plus qu'on se voie, plus qu'on se parle, c'est tout. Tu comprends ? C'est trop dangereux. Tu dois me laisser, Potter, maintenant…
- Mais c'est toi qui es venu cette nuit, non ?
Malefoy fronça les sourcils, sans répondre, mais tourna précipitamment la tête vers le couloir.
Neville se tenait devant eux, les menaçant de sa baguette :
- Voyez-vous çà, notre couple de l'année…mais tu ne comprends pas, Harry ? Il te dit de le laisser, alors laisse-le !!
- Quoi ?
- Qu'est ce que tu crois ? Qu'il t'aime ? Ce salaud te traite comme une merde, Harry, et toi tu lui cours après !! Rappelle-toi comme il t'a laissé tomber, après d'avoir abusé de toi, dans la forêt.
- Tais-toi, Londubat, souffla Drago, blême.
- Je vous ai vus, Harry, et j'ai vu comme il t'a traité. Et ils se sont bien foutus de toi, après, à mon avis.
- Ta gueule !!
- Donc tu étais bien là, Neville ? s'exclama Harry. Mais pourquoi tu n'es pas intervenu ?
- Quand vous étiez…seuls, je n'ai pas osé. J'avais honte pour toi, Harry. Alors je suis retourné me coucher. Comme tu ne rentrais pas, je suis revenu, mais ils étaient déjà repartis. Je suis sûr que ce serpent avait tout organisé.
- Détrompe-toi, Londubat, intervint Malefoy. Je n'y suis pour rien. Je ne l'ai pas frappé, je n'ai rien demandé à Crabbe et Goyle. Et je te jure que je n'ai qu'une envie : oublier toute cette histoire. Ca devient trop pénible.
Harry déglutit difficilement. C'était une découverte gênante, pour lui. Qu'allait-il apprendre d'autre ? Il se lança :
- Mais qui était là, cette nuit ?
- C'est moi, Harry, murmura Neville. C'est moi qui t'aime, Harry. Moi qui te soigne, moi qui te protège. L'amour, c'est pas tirer un coup contre un arbre.
- Non, non, c'est faux…dit Harry, effrayé. Drago ?
Ce dernier ne répondit pas, fixant obstinément le sol. Neville ajouta, d'un ton narquois :
- Alors quoi ? Dis-lui que tu l'aimes, Malefoy, si c'est le cas. Profites-en. Fais éclater la vérité.
Un ange passa. Harry était suspendu aux lèvres du blond, le cœur battant la chamade.
- Je suis désolé, Potter, répondit-il en détournant les yeux.
- Non, non…C'est pas possible…non…
Harry secouait la tête, perdu : « Mais…qui m'a rapporté mes lunettes ? » Aucune autre question ne lui venait à l'esprit, même s'il savait que c'était idiot.
- C'est moi, Harry, je te l'ai dit… ajouta doucement Neville, en tendant la main vers lui.
Malefoy le regarda avec dégoût.
Harry eut un haut le cœur et partit en courant. Il courut jusque dans la forêt, jusqu'à tomber à genoux, à bout de souffle.
La conversation tournait dans sa tête, d'une manière infernale. Les questions et les réponses se succédaient, inlassablement. Il n'arrivait toujours pas y croire. Il avait dû mal comprendre. Pourtant, non, les mots étaient là, clairs, limpides. Cruels.
Il revit en flash les moments passés avec Malefoy, et il vomit. Comment s'était-il fait avoir à ce point-là ? Il n'osait même pas évoquer les deux nuits précédentes, c'étaient des souvenirs obscènes. Il crut qu'il allait hurler. C'était…abominable. Ecoeurant.
Il avait l'impression que tout son corps se révoltait, et qu'il cherchait à expulser tous ses souvenirs, tous ses sentiments. Son estomac continuait à se contracter péniblement, alors qu'il était vide.
Il aurait voulu disparaître dans la terre, mourir sur place, ne plus jamais revoir personne. Ni Malefoy ni Neville. Il les détestait tous les deux, ils l'avaient abusé, tous les deux. Des larmes amères coulaient sur ses joues.
Il resta longtemps couché au sol, face contre terre.
Le jour tombait lorsqu'il se releva et se décida à rentrer. Où aurait-il pu fuir, de toute façon ? Il n'avait qu'un foyer, et c'était Poudlard.
Il alla directement se réfugier dans son lit, et quand il vit Neville s'approcher de lui avec précautions, il lui dit : « Neville, ne m'adresse plus jamais la parole, tu veux ? ». Neville rougit et repartit précipitamment.
Harry avait vaguement conscience de l'injustice de son comportement. Après tout, il s'était imaginé tout seul que son visiteur était Malefoy, et il n'avait pas de raison logique d'en vouloir à Neville. Mais c'était plus fort que lui : il était convaincu que Neville avait profité de son trouble et s'était bien gardé de le détromper.
Il faisait des efforts intenses pour oublier, essayer de penser à autre chose. En vain. Mais plus il revivait la scène, plus quelque chose le gênait. La réaction de Malefoy était…bizarre. Pourquoi lui avait-il dit qu'il était désolé ? Cà ne lui ressemblait pas. Il aurait dû se moquer de lui, plutôt.
Il y avait quelque chose qui clochait. Ou est-ce qu'il essayait vainement de s'accrocher au moindre espoir ?
Il finit par plonger dans un sommeil agité où, inlassablement, comme toujours, il luttait contre un ennemi masqué.
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Le lendemain, il se sentait encore très mal et alla en cours en traînant des pieds. Tous ses amis lui dirent qu'il avait une mine affreuse, et qu'il n'était sans doute pas remis. Il les envoya balader sans ménagements : il avait besoin d'être seul, un point c'est tout. Même Ron et Hermione n'arrivèrent pas à le dérider.
Le moment le plus difficile fut bien sûr de côtoyer Malefoy et Neville en cours. Ils avaient tous les deux l'air mal à l'aise et lui jetaient des petits coups d'œil discrets, comme pour vérifier qu'il allait bien.
Il n'allait pas leur faire ce plaisir. Non, il n'allait pas bien, et il les détestait, tous les deux. Ses efforts pour se concentrer sur ses cours étaient vains, car la conversation de la veille tournait en boucle dans son esprit. Comment avait-il pu se tromper à ce point là ?
A la fin de la journée, il s'installa au pied d'un arbre, dans le parc, épuisé. Désespéré.
Trop de choses s'étaient passées ces derniers jours, trop difficiles à accepter. Le mépris de Drago, le comportement de Neville, et cet horrible rêve où il avait cru mourir.
Pourquoi était-il encore tellement obsédé par ce sort ? Cà commençait à remonter à loin, maintenant, même si çà avait le début de ses ennuis.
Drago était guéri, il n'avait plus aucune trace, alors pourquoi ce rêve ? Qu'est-ce que çà pouvait bien signifier ? Il se rappelait l'horrible sensation qui l'avait saisi. Il avait vraiment cru mourir, ce soir-là. Il n'avait jamais ressenti un tel malaise, si profond, si intense qu'il était presque persuadé qu'il aurait pu mourir si on ne lui avait pas dit qu'il rêvait.
Il réfléchit. Qui lui avait dit qu'il n'était pas blessé ? Qui pouvait savoir ce qu'il ressentait ? Drago, qui avait déjà vécu ce sort. Il secoua la tête. Non, en fait, n'importe qui aurait pu lui dire qu'il rêvait, même sans savoir de quoi.
Il avait la sensation que la solution était là, toute proche. Il ne voulait plus se contenter de ce que Neville lui avait dit. Trop d'ambiguïtés, trop de mensonges, ces derniers jours. Il devait trouver une preuve irréfutable que c'était Neville son visiteur, même si çà devait lui faire mal.
Il se força à revivre les évènements. Le cauchemar. Le garçon qui était venu le réveiller, mais qui ne voulait pas rester…il fronça les sourcils. En fait, çà aurait pu être n'importe lequel des deux…la seule chose dont il était sûr, c'est que c'était la même personne que la veille, car il avait exactement la même odeur subtile de vanille. Il ferma les yeux en souriant à ce souvenir.
Comment le reconnaître ? Il n'allait pas se mettre à les renifler, tous les deux, c'était ridicule.
Plus il réfléchissait, plus il avait l'impression d'approcher de la vérité. Il devait bien y avoir un autre moyen de les différencier. Il repensa à la seconde nuit, à la faim qui l'avait saisi. Il n'était pas dans son état normal ce soir là.
Il avait eu violemment envie de posséder l'autre, de le mordre.
Soudain, un souvenir lui revint : il avait effectivement embrassé et aspiré fortement la peau délicate, à la base du cou de son amant. Longuement. Il sentait encore le goût de cette chair. Il passa sa langue sur ses lèvres. Son cœur s'accéléra.
Il devait rester une marque, forcément. Il fallait qu'il vérifie, tout de suite.
Où était Drago ? Il voulait commencer par lui, il n'avait pas envie d'approcher Neville. Il se mit à courir comme un fou vers Poudlard. Quelle heure était-il ? Il avait perdu tous ses repères.
Où était Drago ? Cette question lui emprisonnait l'esprit. Son cœur battait comme un fou, il était mort d'angoisse.
Il était si près de la vérité…Il courait dans les couloirs, hors d'haleine, ne prêtant pas attention aux amis qui l'interpellaient. Il s'arrêta plusieurs fois auprès d'élèves de Serpentard. : « Où est Malefoy ? ». Ceux-ci haussaient les épaules, étonnés.
Enfin, il aperçut au loin la chevelure blonde et accéléra encore. Il avait l'impression de voler au-dessus du sol. S'il se trompait, ce serait terrible, mais il ne voulait pas y penser. Il bousculait sans vergogne tous ceux qui étaient sur son passage. Ses jambes brûlaient sous l'effort, et il était complètement à bout de souffle. Mais rien n'aurait pu l'arrêter.
Enfin, il fut derrière lui et il l'attrapa par le bras. Malefoy se retourna d'un coup, sourcils froncés. Avant qu'il ait eu le réagir, Harry le saisit, entrouvrit rapidement son col et chercha la marque du regard…
Son cœur manqua un battement : la marque était là, bien visible, sous ses yeux.
A suivre…
Vous avez vu ? Cette fois je n'ai pas arrêté juste avant la révélation…comme quoi je ne suis pas si méchante que çà. C'est vrai que tout n'est pas encore limpide, mais çà viendra.
Merci de m'avoir lue, et merci pour vos reviews…
