Chapitre 12
L'idée de Francis
Les entraînements reprirent comme si de rien n'était. Mais chaque mouvement, chaque mot laissait entrevoir la tension ambiante. Par moment, Arthur sentait qu'un simple rien pouvait faire éclater ces non-dits. Son attitude tapait sur les nerfs de Francis, et vice-versa, incapable d'accepter la possibilité d'être dans le tort.
Cependant, la discussion avait permis de voir la relation d'Héraclès et de Francis sous un nouveau jour, qui l'agaçait toujours car, bien qu'ils soient juste amis, ils se comportaient toujours de manière horriblement guimauve. Arthur ne pourrait jamais se comporter de façon aussi débile avec Gilbert ou Kiku. Et eux non plus.
Quand il pensait à Francis, des souvenirs remontant jusqu'à leur première année à Poudlard lui venaient en tête, quand il lui avait bien fait comprendre à quel point il ne pouvait pas le sentir et la joie qu'il ressentirait s'il allait voir ailleurs. Francis avait accédé à sa requête sans problème, et Arthur s'était réjoui d'avoir pu mettre les choses au clair une bonne fois pour toute.
Il n'avait jamais compris pourquoi Francis s'était acharné à s'intégrer à leur groupe quand il y avait dans sa propre Maison d'autres élèves qui correspondaient plus à sa personnalité. Il s'était rapidement lié d'amitié avec Feliciano et Feliks, l'un peu brillant en classe mais entièrement dédié aux arts, l'autre, bruyant et sot, mais un vrai génie avec les nombres. Cependant, Francis avait attendu les leçons de vol pour rencontrer Héraclès et Monique, et, depuis ce jours, ils ne s'étaient jamais séparés.
Arthur avait été convaincu depuis le début que Gilbert était une personne à qui l'on pouvait faire confiance, tout comme Kiku. Les deux avaient d'autres amis – Gilbert avait Antonio, trop Gryffondor à son goût, et Kiku avait Alfred, qui était encore pire qu'Antonio – mais aucun ne posait problème. Antonio, de son côté, avait Lovino, Alfred et Matthew. Mais avec aucun d'entre eux il n'éprouvait la même répulsion qu'il ressentait quand Francis s'approchait.
Peut-être cela venait-il du fait qu'il avait le sourire facile et enjôleur, qu'il avait pensé qu'avec des paroles aimables, il allait se mettre un Kirkland dans la poche, qu'il parlait de sa famille et du monde moldu comme s'il s'agissait des choses les plus merveilleuses qui puissent exister ou le fait qu'il rompe ses relations à tout va. Il y avait beaucoup d'arguments en défaveur de Francis, et Arthur les connaissait tous.
Les semaines s'écoulèrent. La finale du championnat de Quidditch se profila. Les équipes qui s'affrontaient partageaient une rivalité plus que notoire, Serpentard contre Gryffondor. Pendant une semaine, le Tournoi fut oublié pour laisser place à l'euphorie du sport préféré des sorciers. Arthur se fit insulter, provoquer et ensorceler et il avait répondu coup sur coup, sans se laisser faire une seule seconde. Alfred Jones, attrapeur, passait par les mêmes épreuves.
La nomination d'Alfred comme attrapeur avait toujours été curieuse, car il aurait tout aussi bien pu jouer comme gardien, poursuiveur ou batteur, et même y faire un meilleur job. Les attrapeurs étaient petits et fins. Arthur avait postulé pour être attrapeur pendant ses premières années, mais un garçon plus apte avait été choisi et il avait fini poursuiveur. Maintenant, son corps était plus adapté à ce poste qu'à celui qu'il avait voulu au départ. Des années d'entraînement sur le terrain et dans son jardin avec des frères qui n'hésitaient pas à le frapper, si le besoin s'en faisait ressentir, pour gagner, avaient amélioré sa condition physique.
Arthur se rendit au terrain, et pendant qu'il volait, s'adaptant au terrain, il distingua une chevelure blonde dans les tribunes des Serpentard, accompagnée de Monique et d'Héraclès. Il avait assisté à la partie alors qu'il rabâchait sans arrêt ne pas voir l'intérêt d'un sport violent ? Il fit une acrobatie et voulut se convaincre qu'il n'essayait pas de faire son intéressant. Il exécuta deux autres pirouettes et cette fois, ne put pas réprimer un énorme sourire de satisfaction devant les cris d'encouragement de ses compagnons de Maisons et d'autres, comme un certain Champion bon à rien, qui encourageaient Serpentard.
Quand la partie commença, Arthur s'efforça plus que jamais d'humilier Gryffondor. Ses coéquipiers partageaient son état d'esprit. La vrai bataille se livrait toutefois toujours plus loin. Alfred Jones et Albus Potter se mesuraient du regard, à la recherche du Vif d'Or. C'était un combat contre l'habilité et l'observation de l'autre. Le match se termina sur une victoire de Serpentard et les célébrations durèrent jusqu'à l'aube. Le soir, quand il alla à l'entraînement, Francis le félicita de sa victoire.
« Ce n'était rien. C'était très facile » dit Arthur en se vantant. Il avait des cernes profondes qui témoignaient du manque de sommeil de la veille et évita de mentionner le fait qu'il tenait debout grâce à des potions. « Et ça, c'est quoi ? »
Francis lui donna un paquet enveloppé dans du papier cadeau vert.
« Un cadeau pour ta victoire. En fait, j'allais te le donner quelle que soit l'issue du match. C'est en remerciement pour tout ce que tu fais pour moi.
– À ce point, c'est ta vie que tu me dois, pas un cadeau » dit Arthur, mais il l'ouvrit et fixa les gâteaux. « Tu les as volé aux elfes ?
– Non, abruti. Je les ai fait moi-même. Je me suis introduit dans les cuisines hier.
– Tu connais des sorts de cuisine, mais aucun de défense contre les Forces du Mal ?
– Je ne les ai pas fait avec un sort. Je les ai fait à la manière moldue. La meilleure si tu veux mon avis.
– Admet donc que tu es un moldu infiltré. » fit Arthur, réprimant son envie de se mettre à sourire sans bonne raison. Il n'arrêtait pas de le faire ces derniers temps et se disait que s'il continuait, on allait le confondre avec un Pouffsouffle ou un Serdaigle comme Feliciano. Il goûta les gâteaux. Ils étaient délicieux. « C'est dégueu mais je vais quand même les manger pour ne pas gâcher. »
Il commencèrent la séance dix minutes plus tard. Ils essayèrent l'enchantement du patronus. Arthur fit jaillir de sa baguette un lion que Francis voulut caresser. Arthur allait refuser, mais le lion ne se déroba pas quand Francis lui posa la main dessus. Il se volatilisa en quelques instants.
« Allez, ça ne peut pas être si difficile. » s'entêta Arthur alors que Francis agitait sa baguette comme s'il s'agissait d'un simple bout de bois. « Un simple souvenir heureux de rien du tout. Tu es heureux non ?
– Je sais. Mais je suis stressé.
– Olala, quelle terrible vie tu mènes. Pense à un souvenir heureux bon sang. »
Francis se remit à la tâche, mais ne parvenant à rien, ils passèrent à autre chose.
Un vendredi, à l'heure de l'entraînement, Arthur fut surpris quand Francis l'informa qu'ils ne feraient rien ce jours-là.
« Charlotte nous a invité, Lukas et moi. On doit se retrouver dans le quartier des préfets. Vu que Cosette en est une... Tu veux venir ? Ça doit être important. »
Arthur finit par accepter. Il était curieux de savoir ce que pouvaient bien manigancer les deux autres Champions. Il ne serait pas surpris qu'ils cherchent à profiter de l'intellect de Francis, après qu'il ait joué un rôle clef pendant la deuxième Tâche. C'était son devoir d'éviter que Francis ne laisse échapper la moindre information sans rien y gagner en retour.
Avant de lui accorder du temps pour se préparer – Ce qui était voué à l'échec – Francis lui demanda de le suivre et ils allèrent à la salle des préfets. C'était une pièce privée dont les préfets obtenaient l'accès en septième année. Wendy avait profité d'un tel privilège quand elle avait été nommée préfète et l'avait une fois amené ici, pour passer une soirée tranquille avec le seul frère qu'il lui restait à Poudlard. Arthur avait un jour rêvé de porter la même insigne mais ce fut Scorpius Malfoy qui en hérita, ce qui n'étonna personne étant donné sa moyenne et son comportement irréprochable.
La pièce était tel qu'il s'en souvenait : comme une salle commune où les couleurs des quatre Maisons se mélangeaient, remplie de fauteuils et de tapis et d'une cheminée qui crépitait chaudement. Elle avait des fenêtres énormes d'où l'on pouvait apercevoir le parc et un bout du lac. C'était sans l'ombre d'un doute une vue stupéfiante et Arthur regrettait de ne pas en avoir une pareille dans sa Salle Commune. Il était fier d'être Serpentard, mais il haïssait la position de leurs quartiers tout comme il détestait toujours passionément le lac.
Charlotte les reçut chacun avec une bise sur chaque joue, les laissant passer. Lukas et Simon étaient déjà là, devant le feu. Simon discutait avec Cosette tandis que Lukas regardait dans le vide, absorbé dans ses pensées. Arthur savait que ce n'était qu'une façade, en réalité, il était attentif à tout ce qu'il se passait dans la pièce.
Francis se joignit rapidement à la conversation. Arthur, en revanche, garda le silence et détailla les expressions de chacune des personnes présentes. Charlotte aborda le sujet du Tournoi et rien ne put les distraire des théories sur la Troisième Tâche. Les deux Champions voulaient entendre Francis, qui se retrouva à énumérer toutes ses idées, qu'Arthur trouvait fantaisistes, mais que Charlotte et Lukas écoutèrent avec attention, comme s'ils essayaient de se faire à ces possibilités. Peut-être respectaient-ils seulement la dernière chose qui pouvait encore sauver la réputation de sorcier de Francis après ce qu'il s'était passé pendant la seconde Tâche.
Minuit passé, Cosette bailla et s'affala sur le mobilier, incapable de garder les yeux ouverts. Les autres étaient absorbés par une autre idée de Francis, qui parlait d'affronter un dragon à plusieurs têtes. C'était vraiment n'importe quoi, comme le fit remarquer Arthur, car, à ce jours, il n'avait jamais entendu parlé d'un tel dragon, et il s'y connaissait bien grâce à son frère.
« Je vérifierai » déclara Lukas et Simon ajouta :
« Où on vit, il y a des créatures qui n'ont toujours pas été répertoriées par votre Ministère de la Magie. Il y en a beaucoup qui sont ignorées bien que de temps en temps, on fasse de nouvelles découvertes. Il y a aussi des créatures que l'on croit éteintes et qui apparaissent un beau matin, comme si de rien n'était, semant la mort sur leur passage. Vous ne vous souvenez pas du massacre d'un petit village turque ? C'était à cause d'une énorme manticore à la force surhumaine. Il a fallu une douzaine d'Aurors pour l'arrêter.
– Ils pensent sérieusement nous laisser faire face à une créature inconnue et mortelle ? Demanda Charlotte, stupéfaite.
– Ils l'ont déjà fait avant. Quand deux Champions ont été tués par un basilic. C'était la Troisième Tâche. Complètement tarés qu'ils étaient. Mais évidemment, cette société barbare n'a d'yeux que pour la violence du spectacle » cingla Francis.
L'aube s'approchant, ils se dirent au revoir. Cosette et Charlotte s'en furent dormir dans le dortoir des préfètes tandis que Lukas et Simon se dirigèrent vers les quartiers des Durmstrang, sur leur bateau. Arthur se dit qu'il ne pourrait pas étudier à Durmstrang si cela impliquait d'être trop près de créatures marines. Lui et Francis avancèrent sur le qui-vive, priant pour ne pas tomber sur le concierge bien qu'ils n'aient plus leur peur d'enfant de se faire attraper. Arthur s'était une fois battu en duel contre Antonio dans une des salle d'enchantement. Il avait alors treize ans et gagna haut la main. Naturellement, il ne précisait jamais qu'Antonio avait trébuché sur les lacets de ses chaussures au moment d'avancer vers lui, la baguette levée. Ce n'était pas digne pour le vainqueur.
Il raconta cette anecdote à Francis, peut-être pour égayer le trajet.
« À cette époque, ils passaient leur temps à se battre. Tout le monde avait l'air énervé, comme s'ils étaient impatient de montrer qui était le plus fort. Je sais que même Rose Weasley s'est battu.
– Contre Nott, et elle n'a eu aucune chance. Mais ensuite, elle a gagné contre Parkinson, expliqua Arthur. Moi j'ai gagné tous mes duels.
– Ça c'est pas sûr.
– Bien sûr que si ! Contre Gilbert, Scorpius, Ivan, Antonio, Elizabeth...
– Et Alfred et Albus ? Je sais qu'Alfred t'a mis la pâté et que tu en a pleuré.
– Je n'ai pas pleuré ! Cria Arthur. Ça m'a juste agacé. Ce n'était pas un duel à la loyal. Je me sentais mal ce jour là. Mais si je m'étais retiré, ils auraient dit que je me défilais. Alfred ne pourrait pas me battre. Jamais. Et Albus ce n'est pas comparable. Comme il est le fils du sauveur du monde magique, il connaît plus de sorts que nous. »
Francis sourit et on pouvait voir l'effort qu'il faisait pour ne pas rire ouvertement.
« Tu es mauvais perdant.
– Pas du tout, je ne perd jamais. »
C'est alors que Francis bailla. Arthur s'arrêta, regardant par dessus l'épaule de Francis.
« Et cette porte ? Elle était là avant ?
– Celle-là ? » Francis la regarda.
Ils finirent par s'approcher, poussant la porte et passant le seuil. Ils se retrouvèrent dans une pièce qui ressemblait à une bibliothèque, avec des étagères pleines à craquer de livres. Il y avait deux fauteuils confortables de velours rouge en plein milieu. Arthur alla directement s'asseoir dans un, car il savait pertinemment que Francis allait foncer passer les livres en revue.
Ce qu'il fit, cependant, il revint au bout de quelques minutes.
« Aucun de ces livres n'a de titre et les pages sont blanches, expliqua t-il. J'ai essayé des enchantements de révélation ou de contre secret et nada. Je suis perplexe. »
Ce fut au tour d'Arthur de bailler.
« Ce n'est rien alors. Tu ne peux pas savoir tout sur tout.
– Ça je sais. » répliqua Francis, contrarié, car manifestement, il voulait savoir tout sur tout. Il s'assit sur les genoux d'Arthur, sans demander la permission. « J'ai tellement sommeil. Cette discussion m'a tué.
– C'est sûr qu'on a fait beaucoup de théories, dit Arthur en fronçant les sourcils. T'es lourd.
– On peut échanger de place.
– Tu as un autre fauteuil juste là.
– Non, il est creux, j'ai déjà regardé. »
Arthur se leva juste pour vérifier les dires de Francis. Quand il revint, Francis avait déjà occupé la place. Arthur protesta mais ne parvint pas à le faire se lever. Il fit le tour de la pièce et seulement là, il remarqua quelque chose d'encore plus inhabituel.
« Francis, regarde. »
Il avait découvert un lit spacieux. Il s'y assit et ne tarda pas à s'y allonger, vaincu par le sommeil et le confort. Francis le rejoignit quelques secondes après.
Ce fut leur première rencontre avec la Salle sur Demande.
Ils s'étaient tellement bien reposés qu'ils n'hésitèrent pas une seule seconde à en faire leur lieu de rendez-vous pour l'entraînement. Ils s'y rendaient le soir et pratiquaient des sortilèges. En plus de cela, Francis avait à sa disposition un lieu complètement isolé pour lire et réfléchir.
Toutefois, la salle changeait constamment d'aspect et c'était là qu'entraient en jeu leurs envies. Ils n'entraient pas toujours dans une bibliothèque mais il y avait parfois d'avance une chambre spacieuse avec un lit au milieu et des pyjamas pour dormir, en plus de robes de chambre, de pantoufles et d'une armoire pour y pendre leurs habits. Une fois, en examinant l'armoire, Arthur trouva du lubrifiant et divers jouets que son frère adorerait, sans nul doute, avoir dans sa chambre. Horrifié, il les laissa hors de vue et n'en parla pas à Francis, même s'il savait très bien que s'il y avait quelque chose de ce genre ici, c'était de sa faute.
La quatrième fois, ils ne furent pas surpris de trouver un lit à la place d'une salle d'entraînement.
« Désolé, je dois avoir sommeil » se justifia Francis, car ils savaient tout les deux de que si quelqu'un y avait pensé, cela devait être lui.
La confession de Francis planait constamment sur Arthur. Évidemment, il devait toujours plaire à ce sale pervers et comme c'était un éternel chaud lapin, son inconscient l'avait trahi.
Avoir un lit s'avéra cependant très utile car à la suite des entraînements, ils s'écroulaient de fatigue dessus et luttaient pour se lever le lendemain.
Arthur faisait parfois des rêves terrifiants, tous liés à la Troisième Tâche. La mort de Francis en tête, dans des scénarios variés et très sanglants. Grâce à eux, Arthur continuait à s'acharner à entraîner Francis pour qu'il puisse venir à bout de l'énigme de l'ultime affrontement. Or, il avait parfois des rêves bien pires, qui le réveillaient accompagné d'une vigueur matinale qui se changeait en douleur lancinante quand il tentait de la calmer à temps pour que son voisin ne se rendent compte de rien. À ces moments-là, il s'en allait le plus vite possible, jusqu'au jour où Francis le prit sur le fait.
« Pourquoi tu ne penses pas à un bain ? Demanda Francis
– D'eau froide ? Demanda Arthur, honteux.
– Oui » répondit l'autre, et pour lui éviter l'effort, il y pensa pour lui.
Quand la salle de bain se matérialisa devant eux, comme une salle adjacente. Arthur ressentit le besoin désespéré de se justifier, même si Francis ne lui demandait aucune explication.
« C'est juste que j'ai rêvé d'Élizabeth. »
Francis hocha la tête, haussant les épaules.
D'autres fois, la salle apparaissait accompagnée d'un lit, un jacuzzi à côté, et, quand ils l'inspectèrent, ils découvrirent quelques jouets sexuels qu'Arthur avait déjà vu auparavant. L'instant était plus que gênant.
« Je te jure que je me concentrais sur une salle d'entraînement. Je te le jure » dit Francis. Mais pour Arthur, c'était trop.
« Espèce de pervers ! Bafouilla t-il. Je suppose que tu espères qu'un jour, je me cogne la tête et que je crois vouloir une relation avec toi. Jamais je ne serai assez taré pour ça. »
Sans se rendre compte que la Troisième Tâche approchait ou que Francis avait vraiment besoin de continuer à pratiquer, Arthur s'en alla, pensant que son indignation était plus que justifiée. Dès qu'il quitta la pièce, Francis la vit se changer en la salle d'entraînement à laquelle il pensait depuis le début.
Arthur croyait devenir fou. Les rêves douloureux, alternant entre la mort de Francis et les baisers de Francis, devenaient continus. Ces derniers étaient les pires car il n'y avait que deux manières de les résoudre et, parfois, ses camarades occupaient la salle de bain très tôt.
Un beau jour, à la fin d'un entraînement avec les élèves de Durmstrang, il se retrouva à embrasser Berwald dans un placard à balais. Il avait porté son dévolu sur Berwald car il était discret et personne ne s'en rendrait jamais compte. Il avait beau essayer, il n'arriva pas à se concentrer sur le garçon avec lui. En touchant ses cheveux, il regretta ceux long et soyeux de Francis, son visage allongé et plus si enfantin, son corps fin et petit (en comparaison avec les Durmstrang bien sûr) et il se maudit quand, au moment crucial, il n'accorda aucune attention à Berwald car Francis s'était emparé de son esprit.
À la fin, ils n'échangèrent aucun mot doux. Arthur lâcha simplement :
« On n'en parle à personne ». avant de s'en aller et de se convaincre qu'il ne s'était rien passé. Il commençait à croire qu'il ne pouvait être satisfait qu'une fois qu'il aurait obtenu ce qu'il désirait d'une personne concrète.
Le soir-même, Arthur se rendit à la Salle sur Demande. À sa grande surprise, il entra dans une vrai salle d'entraînement. Francis était en train de pratiquer les sorts qu'il lui avait appris ces derniers-mois. Il devait bien admettre qu'il s'était un peu amélioré.
« Et le patronus ?
– Je n'y arrive toujours pas.
– La dernière Tâche est dans moins d'une semaine.
– Mes souvenirs heureux ne le sont pas suffisamment.
– Et sinon, tu t'es enfin décidé pour une de tes théories farfelues ? »
Francis l'invita à s'asseoir à ses côtés.
« Tu veux un secret ?
– Dis moi.
– C'était méchant de ma part, mais je n'ai dit la vérité ni à Lukas, ni à Charlotte. Je sais déjà de quoi va retourner la dernière épreuve. Je l'ai su après avoir regardé le fil d'or pendant un moment. La réponse est clair. Mais...
– Mais ?
– Mais bien que je sache à quoi je vais faire face, je ne sais pas comment le vaincre. Je ne suis pas un héro.
– C'est si puissant que ça ?
– C'est une créature que l'on croit éteinte.
– Et c'est... ?
– Un minotaure.
Arthur garda le silence.
« Et c'est quoi ?
– c'est une bête mi-homme mi-taureau, assez forte car sa peau repousse de nombreux sorts. Elle est connue pour dévorer les gens. Ce n'est pas juste une histoire de moldue, dans l'Antiquité les sorciers en parlaient comme d'un véritable fléau. Ensuite, on n'en a plus rien su, jusqu'à récemment. J'ai parcouru des documents récents et il y a un petit article grecque qui parle d'une créature semblable. On ne sait pas d'où elle vient car on n'a vu que des spécimens mâles. » Francis se tut un moment le temps de reprendre son souffle. « Je n'ai pas voulu dire la vérité à Charlotte et Lukas car c'était ma découverte, mais je leur ai donné des pistes avec mes idées.
– Tu en es sûr et certain ?
– Oui.
– Si tu échoues...
– Je n'échouerais pas. Du moins, pas à résoudre l'épreuve. »
Francis se cramponna à un des bras d'Arthur.
« Tu veux un autre secret ?
– Pas besoin ». rejeta Arthur, gêné. Il s'aventura à lui caresser les cheveux avec une certaine maladresse. « Ne dis rien parce que sinon tu vas te dégonfler. »
Et ils restèrent silencieux, sans oser parler ou faire un geste de plus.
Voilà ! je voulais poster hier mais je crois que FF a planté total non ? Bref, au moins c'est réparé.
Je voulais préciser que si j'oublie de répondre à un mp ou une review, je suis désolée, je les vois mais mon esprit fait "Nope" et déconnecte et après je sais plus si j'ai répondu. :/
Bref, sinon, plus que 3 chapitres avant la fin. Enfin, officiellement, après, il se peut qu'Alega en écrive plus. ^^ Hésitez pas à me dire si vous voyez des fautes de français, de traductions et à poster des reviews sur la fic originale. :)
Bonne semaine à vous, et bonnes vacances si vous y êtes !
Edit: Je voulais dire merci à Yukiche et Lafilleoiso qui m'ont dit pour le démon et le fil d'or. Donc leurs réponses sont dans les reviews si vous voulez la version longue
C'est Lafilleoiso: Cela fait référence au conte des "3 cheveux d'or" où un jeune homme est tombé amoureux de la princesse et pour avoir sa main, le roi l'ordonne d'aller chercher 3 cheveux d'or du diable en personne. Il part donc à son antre. Sur le chemin, il rencontrera 3 personnes, chacun avec un problème ou une malédiction et leur a promis de résoudre leur problème après avoir récupérer ses 3 cheveux (si jamais il revient). Arrivé là-bas, il rencontre la mère du diable (chance pour lui) qui accepte de l'aider. Il se cache et le diable revient chez lui. Comme il aime bien se faire caresser la tête par sa mère, celle-ci lui propose. Il se détend et elle se met à l'œuvre. Tout en le caressant, elle lui expose les 3 problèmes et obtient la reponse tout en récupérant les 3 cheveu de son fils. Ce dernier s'endort et le héros remercie la mère et part avec sa récompense. Sur le chemin du retour, il résout les problème et a pu se marier avec la princesse.
Et Yukiche a proposé : Après quelques recherches très rapides, je suis tombée sur un certain Baron, qui chercherait la pierre philosophale par tous les moyens, pour changer le plomb en or, ou l'Antéchrist, qui dans sa vie humaine aurait reçu l'enseignement d'autres démons pour créer de l'or, pour en trouver, l'extraire des océans etc etc etc.
Néanmoins la piste la plus intéressante serait celle du démon qui représente l'Avarice, Mammon. Mais je trouve qu'il manque encore quelque chose pour correspondre vraiment à l'indice donné dans le chapitre
