Chapitre 12- l'époque des changements

Le 17 septembre 1988, Allée des Embrumes

C'est en parcourant les ruelles miteuses des allées des embrumes, qu'un homme agile et méfiant se faufile discrètement sur le chemin étroit que lui offre cet endroit sordide. Marchant sans aucun bruit, il se confond dans ce lieu.

Le regard des habitués était morne comme le sien. Ici, ils étaient tous de la même espèce. Des vermines, les déchets du monde sorcier, les indésirables. Ceux à qui on confiait les missions les plus importantes et sordides. Les tâches avec lesquelles les gens venant d'en haut ne voulaient pas se salir.

Ici, les gens étaient prêts à tout pour s'en sortir, et vivre à la lumière comme tous les autres sorciers. On pouvait y voir des traîtres, des violeurs, tous les dénigrés de la société. Mais, aussi des hommes qui avaient mal fini, même des sangs purs qui se cachaient parmi eux.

Eux qui ont été renié par leur famille, qui ont réussi à tout dilapider, ne connaissant pas la valeur de l'argent. Maintenant ils savaient ce que c'était que d'avoir faim, d'être regardé de haut, d'être méprisé et haït de tous, en se trouvant entrain de mendier pour une miette de pain.

Eux qu'autrefois, rien ne pouvais atteindre. Maintenant ils goûtaient à la vraie vie. Une vie misérable. Une vie où il fallait se battre pour survivre. Une vie où le confort n'existait pas, où l'on se devait de dormir par terre. Sur le sol dur, plein de graviers et de boue.

La famine était si tenace, le ventre si vide qu'on se surprit tout d'abord à vouloir tout mettre dans notre bouche sèche. On était des hommes mais nous nous comportions comme des animaux. Eux même ne faisaient pas long feu par ici. La plupart s'était égarée trop loin de leur pauvre maître. Cela me rappellait le jeune homme qui s'était empressé de chercher son pauvre rat.

- Croûtard! Réponds!

Mais au silence qu'il reçut, le jeune s'était avancé vers moi timidement et craintivement.

-Vous n'avez pas vu mon rat Monsieur ?

Sachant par avance la perte de ma voix et ne lui faisant pas confiance, je hochais positivement de la tête en lui indiquant la direction. Le jeune accourut sans remerciement. Heureusement. Car le spectacle qu'il reçut le mortifia. Son rat, son pauvre rat se faisait manger cru.

Le rat se faisait manger avec appétit et raffinement, cela faisait longtemps par ici, qu'il n'avait pas vu un rat aussi dodu. Le jeune enfant de peur d'être la prochaine victime courut aussi vite qu'il le pouvait. Il s'éloigna des lieux du crime et du délit.

Courir pour échapper à ce monde, courir et tout faire pour ne pas être aussi bas que terre. Tout faire pour ne plus revenir ici.

Travailler pour qu'un jour ton poste te permette de faire disparaître cette endroit sordide. Mais peu importe, les principes de la société, ils n'étaient plus présents par ici. Ici-bas dans les allées des embrumes, il fallait juste tout faire pour survivre. Essayer de vivre.

Aucun ami, ni soutien, car tous pouvaient te trahir dans le dos, pour un simple bout de pain. Ce n'était pas la vie. Les jeunes enfants abandonnés l'ont compris dès leur entrée dans ce monde noir et tordu. Tout le monde vendait son corps pour subsister. Leur sang était donné volontairement au vampire s'il pouvait recevoir en retour de la nourriture. L'argent, la nourriture, l'eau, tous ces besoins vitaux et inhérents à la nature humaine étaient une d'orée rare dans cette société.

Ici, tout le monde se respectait, il n'y avait pas de personne plus gradée que d'autre. On était tous au même niveau et on se respectait mutuellement, tant que nous nous attaquions pas entre nous. Ce serait bien stupide de s'entretuer et d'offrir encore un spectacle divertissant pour ces hautes personnes de la société.

C'est en cela que les grands de ce royaume venaient ici, car ils savaient qu'une affaire de meurtre ne serait vue, ni écoutée par la société. Car ici, ce n'était pas la société. C'était autre chose, où tout était permis. La drogue était légale, le meurtre, le viol était monnaie courante, et personne ne changeait ce monde de ténèbres. Ceci est un monde sans foi, ni loi. C'était l'abysse de tous les plaisirs et fantasmes, c'était l'eldorado des plus riches. Et l'enfer des plus pauvres.

Enfin de compte, ce monde sorcier était tombé bien bas, et des décisions pouvaient gâcher toute une vie et une famille, si famille il y avait encore.

Il était donc là, parmi eux. Lui qui autrefois faisait parti de ces snobes riches, puissants, beaux. La duperie, la trahison, la manipulation, l'avaient meurtri au plus profond de son être, qu'il fût marqué à vie. Toute chose était factice. Et toute personne avait une face cachée, qu'elle soit noire, blanche ou grise.

Lui, qui avait était grand et beau n'était maintenant, qu'un esprit fou de vengeance et de regrets. Que son âme soit torturée et damnée s'il mourrait avant d'accomplir sa tache.

Le lui de maintenant reflétait cet endroit, morbide et sombre. Il était l'ombre de lui même. Non, il était bien plus que ça. Il était une autre personne, avec un corps et un esprit fondamentalement différent du lui d'avant. Il était hanté, par les esprits du passé. Et ne vivait que pour ces esprits là.

Chaque soir son corps et son esprit souffraient de mille morts. Il divaguait. Son esprit qui avait vécu des souffrances ne faisait plus aucun lien entre sa bouche et ses pensées, ses souvenirs et les moments présents. Il avait le regard vague. Toujours vague et lointain. Très loin de ce monde ici bas.

Du matin au soir, il marchait, sans savoir où aller, ni pourquoi il était toujours debout avant l'aube du matin. Il continuait à se lever sans avoir le pourquoi du comment, mais il le faisait. Silencieusement comme une ombre. Seul et perdu.

Qui était-il donc ?

Il le savait, mais n'était pas encore prêt à se l'avouer ou à le dire à voix haute. Il avait peur. Mais de quoi ? Il ne le savait pas, il devait juste rester discret et ne jamais se faire remarquer. Personne ne devait le reconnaître, ni voir son visage. Il fuyait ces souvenirs. La peur lui tordait le ventre. Son esprit refusait de lui explique la raison d'une telle peur. Pour son bien, il devait juste rester ici. Cacher. Mais pour combien de temps encore ?

Les jours défilaient sous ses yeux. Et au fur et à mesure il commençait à connaître les habitués de cet endroit sordide. Les habitués étaient les personnes les plus à craindre. Car ils avaient du pouvoir et de l'argent. Ce genre de personnes lorsqu'elles vous tenaient entre leurs mains, ne vous laissaient jamais partir, et vous emprisonnaient dans des endroits des plus sombres. Elles vous laissaient crever après avoir abusé de vous, autant qu'il leur plaisait.

Ses cheveux bouclées avaient perdu de leur couleur et étaient ternes, eux qui autrefois étaient si beaux. Maintenant, il savait qu'il avait des cheveux blanc et peut être quelques trous parsemés ici ou là. Devenait-il chauve ? Qui sait ? Cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas regardé devant la glace.

Des cheveux blancs dû au stress, à l'inquiétude, à la peine, la tristesse, et à l'énorme poids qui lui pesait sur le cœur et qui faisait s'abaisser son dos de plus en plus. Comme un vieillard. De temps en temps, sa mémoire se rétablissait, son esprit errant revenait à lui. Elle lui rappelait le plan qu'il avait établi depuis bien longtemps, depuis qu'il avait appris la vérité, le mensonge et la trahison.

Ici, il attendait sa proie. Car c'est ici qu'il la trouvera.

Une était déjà partie rejoindre le monde des morts il y a peu. Il ne se réjouissait pas encore. Pas tout de suite, car les plus forts étaient encore là, bien présents et attendaient de découvrir leurs ennemis et amis.

Un ennemi qui se faisait discret avait plus de chances d'arriver à ses fins qu'un ennemi à découvert. C'est une règle simple et basique, mais qui peut sauver la vie de tout un monde. Il comptait jouer sur l'effet de surprise, mais trop tarder ici pouvait écourter sa pauvre et misérable vie.

Il se faisait tard, très tard et sombre. Mais tous ses sens étaient en éveil et attendaient patiemment comme un loup.

Ici, son regard cherchait. Il cherchait quelque chose, mais ne savait pas encore quoi. La chance viendra à lui, il le savait. Il suffisait juste qu'il soit patient et à l'écoute de toutes les conversations qu'il y avait autour de lui.

La patience était le maître mot, il était ici pour ça. Il pouvait le faire. Se cachant dans sa longue cape d'invisibilité, une douce monotonie s'était installée tranquillement sous la pleine lune. Une certaine habitude de la regarder s'était éveillée en lui.

Des bruits de pas et cri étouffés se firent entendre. Cette personne se voulait d'être discrète, et un désagrément pouvait si vite arriver que le peuple des ténèbres encore éveillé s'éclipsait doucement et hâtivement. Leur vie était en jeux. Hors de question de la perdre, alors qu'ils s'accrochaient si hardiment à elle !

Une enfant. Encore une. Elle se battait en vain. Les larmes coulaient sans cesse, suppliant de l'aide. Que quelqu'un ait pitié d'elle et vienne la sortir de là. Elle ne voulait pas, pas encore, pas si tôt, elle n'avait que sept ans.

-Maman ! Murmura t-elle doucement, mais dans un monde sans bruit, un murmure ressemblait à un cri.

Il pouvait la sauver, mais ne le devait pas. C'était un crime passible de mort. S'il intervenait elle en serait pas la seule, ni la dernier à subir ce châtiment. Il se devait de penser aux autres, mais se promit de punir cet homme. La lune lui permettait de le distinguer. Aucun doute n'était permit. Il était reconnaissable parmi tous, lui, le plus grand mage blanc de tous les temps, lui qui avait vaincu le précédent mage noir, lui directeur de Poudlard, son ancien directeur. Dumbeldor.

A suivre !

Prochain chapitre, tous les principes sont bafoués.

Review !

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Qui est ce mystérieux personnage ? Des idées ?

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