Chapitre 11 : Disparition

« Giréléna, qu'est-ce que ça veut dire ? C'est… »

« On n'a pas le temps de discuter, Nev ! Tu t'occupes d'elle, je vais m'occuper des autres ! »

Des autres ? Pourquoi ? Elles sont combien comme ça ? Je continue d'entendre des pleurs, ce qui n'est guère rassurant … mais je remarque aussi d'autres femmes-pokémon de métal … complètement insensible ? Comme si de rien n'était ?

« J'aimerai tellement une explication à ce sujet mais je crois … que ça va attendre. »

« OUI ! NEV ! Fais attention à toi ! Là, elles s'en fichent, elles n'hésiteront pas à te tuer si tu te montres trop faible ! Compris ?! »

« J'ai compris mais c'est à moi aussi de te dire ça ! Tu es peut-être la reine des femmes-pokémon, tu n'en restes pas moins une personne capable de mourir ! Fais … attention. »

« Tsss. Foutu humain. Si tu as du temps pour te préoccuper de moi, concentres-toi plutôt sur ton objectif, ça sera bien mieux dans le fond. »

« Prend garde à toi, c'est tout. Tu ne m'as pas répondu par l'affirmatif. »

« OUI OUI ! Je ferai attention à moi ! Et toi, tu as deux personnes à protéger ! La tienne et Niny ! Alors fais doublement attention ! Compris ?! »

Oui, oui ! Bien entendu ! D'ailleurs, je murmure à Niny de rester près de moi alors que je me mets en position de combat. Oui, cette femme-Onix qui pleure. Je la connais … mais elle est différente. Je sais d'où ça vient. Cette femme-Foretress ! C'est exactement pareil ! Je m'en doutais ! C'est exactement ça en fait !

« GIRELENA ! ELLES SONT COMME LA FEMME-FORETRESS ! »

« Alors, il n'y a pas de retour possible, Nev. »

… … … Elle a raison. Je ne peux pas penser autrement. Je dois combattre cette femme-Onix. Non, cette femme-Onix n'est pas celle que j'ai connue. Elle pleure de s'être transformée ainsi … ou plutôt qu'on l'ait transformée ainsi. Je compatis à sa douleur … et je vais alors mettre un terme à cela ! Je vais …

« NOOOOOOOOON ! JE NE VEUX PAS ! »

Un coup de queue métallique vient me projeter en arrière, Niny s'étant mise à voleter dans les airs, criant mon nom, inquiète. Mais je me redresse vite fait. J'ai réagi à temps pour appeler Stelireg à … mais hey ! Quand j'y réfléchis bien …

« Stelireg ! Toi aussi, tu es faite de métal ! Comment est-ce que cela se fait que tu ne sois pas comme elles ? Insensibles et … enfin ou presque … »

« Car je suis un esprit élémentaire, je suis issue de la nature. Ce que tu as en face, ce ne sont pas des femme-pokémon naturelles … ou presque. »

« Et qu'est-ce que je peux faire ? Elles sont en acier comme toi. »

« Tu peux tout simplement chercher à passer outre leur défense de métal. Tu en es plus que capable, tu as bien plus fort que tu ne veux le croire. »

« J'aimerai bien … mais bon … je vais essayer quoi ! »

Je peux m'en convaincre ! Mon maul est maintenant ferment tenu dans mes mains alors que je me dirige vers l'ancienne femme-Onix. Sans m'en préoccuper plus que ça … et parce que je sais qu'elle voudrait que je la libère, je n'hésite pas … un seul instant.

Toute ma force … j'y ai mis toute ma force. J'ai fait appel à tous les pouvoirs que je possède. Et je vois le corps de la femme-Onix qui est projeté en direction du ciel. Il tombe lourdement au sol, détruisant quelques ruines … et ne bouge plus … je vois … je vois les morceaux de métal … et sa queue aussi … Ce sont des morceaux entiers de métal et de queue qui semblent se séparer du reste du corps ! Qu'est-ce que ça veut dire ?!

« Attendez un peu … Pourquoi est-ce qu'elle n'est pas scellée ?! »

Je ne comprends pas ! Je ne comprends pas ! Je ne peux pas laisser faire ça ! Je cours vers le visage de la femme-Onix faite de métal, fonçant vers elle à toute allure. Elle est haletante, exténuée, fatigue … elle est juste …

« Mademoiselle ? Mademoiselle ? Attendez, vous êtes … »

« Fini … c'est fini. Mais tu es … un gentil garçon non ? Tu es devenu tellement plus fort qu'auparavant … il a suffi d'un coup. »

« Pardon ! Pardon, pardon ! Je ne voulais pas ! Mais qu'est-ce qui s'est passé exactement ? »

« Elle est venue … Je ne l'avais jamais vue … entièrement faite de métal. Elle … elle … elle m'a promis un corps immortel … à l'épreuve et à l'abri du temps. »

« Mais est-ce que … vous avez acceptez ça ? »

« Hahaha, non … non … je … » bafouille la femme-Onix au corps de métal alors que je constate que sa queue n'est déjà plus qu'à sa moitié, le reste est déjà en train de s'effondrer. « Non … je … n'ai pas accepté. Elle ne m'a pas laissé le choix. »

« Mais qui est-ce cette personne ? Capable de faire ça ? Qui ? Vous pouvez me le dire ? »

« Je … Je … je … fais attention … aux femmes-pokémon … qui sont intégralement … faites de métal … Elles n'ont aucune … émotion. Aucune, je … »

C'est déjà trop tard, n'est-ce pas ? Je ne peux pas la laisser et je sais aussi qu'il ne lui reste plus que quelques instants à vivre. Je ne peux pas … défaire ça. Pas du tout même. Je peux juste … la ramener à l'endroit d'où elle est issue.

« Rigorek, est-ce que tu veux bien … m'aider ? »

Il est rare que je m'adresse à elle directement. C'est même le seul élémentaire avec qui je n'ai presque aucun contact. Toujours à parler à partir d'une poupée de pierre représentant une femme-pokémon, elle est comme ventril….

« D'accord … merci beaucoup. »

C'est une petite voix douce, fluette … et intimidée. J'ai l'impression que … C'est Rigorek ? La véritable voix ? Je veux lui poser une question mais je me tais. Je la remercie juste intérieurement alors que je frappe le sol d'un poing des plus violents. Le sol se fissure, s'ouvre … mais seulement autour du corps presque sans vie de la femme-Onix. Le sol s'effondre sous son corps, venant l'envelopper avant que je ne murmure :

« Repose donc en paix … j'arrêterai cette femme. »

Je ne peux que lui promettre cela car je ne laisserai pas tout ça se répéter. Il en est hors de question … HORS DE QUESTION ! JE LE REFUSE ! JE NE LE PERMETTRAI PAS ! J'en ai assez ! Assez de ces morts ! Niny s'approche de moi alors que je tremble légèrement.

« Papa … tu es triste ? C'était une amie ? »

« Même si ce n'est pas vraiment … une amie …ça reste une personne que j'ai connue … et que j'appréciais distinctement. »

« Tu es triste quand même, papa ? »

« Je le suis, Niny. Je le suis … mais il faut aller trouver Giréléna. » murmure-je avant de me retourner. Sauf que là, je ne vois que des cadavres de femmes-pokémon de métal. Et Giréléna qui trône au milieu d'entre elles, fière et droite. Elle ne craint rien, ni personne. Elle est grande et puissante … c'est vraiment superbe. C'est ça la reine des femmes-pokémon ? Cela risque d'être très difficile de réussir à la combattre … surtout quand je ne veux plus vraiment.

« Bon ? Tu as fini la tienne, Nev ? Nous pouvons nous en aller. »

« Giréléna, est-ce que certaines … te paraissaient insensibles ? Et d'autres complètement dévastées ou en pleurs ? »

« C'est le cas, Nev. Pourquoi est-ce que tu me poses cette question ? Tu as une idée en tête non ? Ou alors, un avis à donner. »

« C'est juste par rapport … à ce qu'à ma dit cette femme-Onix de métal. Elle … il y a quelqu'un qui l'a transformée ainsi. Est-ce que les autres t'ont dit ça aussi ? »

« Non, elles voulaient simplement me tuer, rien de plus. Quelqu'un, tu dis ? Est-ce que tu en as parlé avec Stelireg. » me dit-elle alors que j'hoche la tête positivement.

« Elle ne sait pas grand-chose à ce sujet, elle n'en a aucune idée. Sinon, j'ai pu entendre la véritable voix de Rigorek. Elle est toute belle et mignonne. »

« La voix de Rigorek ? Vraiment ? »

Oui, oui, ça m'étonne encore maintenant mais ce n'était pas déplaisant. Pas du tout même. Je regarde si Giréléna a des blessures et je vois que oui. Sans un mot, j'arrive vers elle et passe mes mains sur ses plaies. Je ne sais plus comment je fais mais ça devient naturel. Ses plaies se referment alors qu'elle se laisse faire, marmonnant :

« Un jour, faudra m'expliquer comment tu es capable de faire ça hein ? »

« Si j'arrive à le comprendre par moi-même, ça sera avec un grand plaisir, Giréléna. Pour l'heure, malheureusement, ce n'est pas du tout le cas. Tu vas bien maintenant ? »

« Outre le fait que tu soignes une ennemie mortelle que tu vas affronter bientôt, oui. Ça peut aller. Bon, on se tire de cette ville. »

Je ne peux pas le lui dire … que je ne la considère plus comme une ennemie depuis déjà quelques temps. Peut-être qu'elle voudra se battre mais je ne la laisserai pas se considérer comme mon adversaire très longtemps. Je le lui montrerai.

« Nev ? On se rapproche du palais. Je vais vous montrer le chemin. »

Nous marchons depuis une bonne heure maintenant alors que Giréléna prend finalement la parole que maintenant. Pourquoi est-ce qu'elle me dit ça ? Enfin, non, ce n'est pas étonnant en soi, c'est juste que bon … me montrer le chemin ?

« Tu nous y emmènes non ? »

Elle ne me répond pas. J'ai une mauvaise impression, très mauvaise impression mais je ne sais pas pourquoi exactement. Une nouvelle heure passe et elle déclare qu'ici, nous serions en sécurité. Elle me désigne finalement un immense bâtiment fait de pierre noire au loin. C'est là-bas ? C'est quand même énorme et spacieux.

« C'est donc là-bas que tu habites, Giréléna ? »

« Que j'habitais on va dire … Cela fait depuis des mois voire même plus que je n'y suis plus. On va dire que j'ai été … occupée. »

« Hahaha. Tu nous feras visiter à Niny et moi ? »

Je demande cela en plaisantant mais Giréléna ne me répond pas. Je prépare ensuite le repas pour la soirée mais je me sens mal à l'aise. Quelque chose cloche mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Lorsqu'il est l'heure de dormir, je ne trouve pas le sommeil, pas du tout même. Je suis là, assis en face de Giréléna.

« Pourquoi est-ce que tu n'irais pas te reposer ? Demain est une sacrée journée qui t'attends, non ? » me dit-elle. Je ne sais pas … j'ai l'impression que … si je dors, je risque de perdre quelque chose. Quelque chose de très important. Je ne le lui dis pas, je ne peux pas le faire. Mais bon … ça ne change pas que … je veux parler avec Giréléna. Bien entendu, je ne veux pas refaire comme hier, j'ai encore mes principes … mais dormir avec elle sans rien faire ?

« Giréléna ? Tu veux encore dormir avec moi et Niny ? Mais attention, seulement sous forme humaine hein ? Je n'autoriserai pas de forme-pokémon. »

« Je prends la forme que je le désire, compris ? »

« Mais est-ce que tu veux bien dormir ou pas ? Niny dort déjà. »

Sans vouloir me donner sa réponse, elle prend une forme humaine mais habillée. Je vais juste m'installer contre Niny bien que je lui tourne le dos. Je ne sais pas ce que je fais … Je sais pas du tout ce qui me prend d'avoir demandé ça. Je suis stupide ou quoi ?

Pourtant, Giréléna vient se placer en face de moi, se couchant tout en me regardant de ses yeux bleus. Bon sang, je fais quoi là ? Je fais une horrible bêtise, une erreur monumentale. Je contrôle mes mains, les plaçant sur mes hanches pour ne pas commettre d'erreurs mais … vraiment, je … je … je … je suis stupide.

« Bonne nuit, Giréléna. Tu fais de beaux rêves, j'espère. »

« Nous verrons ça en temps et en heures. »

Je ne sais pas ce qui m'a pris de proposer ça. Je la regarde une dernière fois et je ferme les yeux. Je n'entendrai plus rien, plus rien du tout même. Je plonge dans un profond sommeil et je sens son corps qui vient se coller contre le mien. C'est ce que je voulais dans le fond mais je n'ai pas osé le lui avouer. Je me sens … bien, très bien même.

Lorsque je rouvre les yeux, j'ai la mauvaise surprise de ne plus voir Giréléna. Elle n'est plus là ? D'habitude, elle dort plus profondément quand c'est avec moi. Pourquoi ? Je me redresse et regarde autour de moi. Niny est encore endormie … mais aucune trace de la part de Giréléna ? C'est une blague, n'est-ce pas ? Je n'accepterai pas ça.

« Giréléna ? Si tu te caches, je n'apprécies clairement pas cette blague ! »

Je m'exclame et Niny se réveille … mais rien du tout. Aucune trace de Giréléna ? AUCUNE TRACE ?! ELLE NE SERAIT … QUAND MÊME … PAS … Non non et non ! Je n'arrive pas à y croire ! Elle serait partie comme ça ?! Sans même me prévenir ? Sans crier gare ? Sans même me mettre au courant ? Alors que ça fait plus d'une année que … que je suis avec elle ? Non, je n'apprécie pas ça. Pas du tout !

« Où est dame Giréléna, papa ? »

« Je … je … je sais pas, Niny. Je ne sais pas du tout, je suis désolé. »

« Elle est peut-être dans son château et nous prépare à manger ? »

Son château ? Pourquoi est-ce que … si … j'y ai pensé. Mais ce n'est pas un repas qui nous attends, j'en suis certain. Elle a préféré … nous abandonner pendant la nuit plutôt que de nous le dire en face. C'est … la première fois que je la vois manquer de courage réellement. Le coup des insectes, ce n'est pas pareil. Je … Je vais aller la retrouver dans son palais et quiconque se mettra sur mon chemin … subira mon courroux.