Bonjour tout le monde,

Alors comme promis me voici avec un nouveau chapitre. Je devais le poster le week-end dernier mais je me suis rendu compte que je n'étais vraiment satisfaite et donc j'ai rajouté quelques passages. Je crois qu'il est plus long que le dernier de quelques centaines de mots j'espère donc que sa longueur vous conviendra. Aussi, comme je vous l'ai déjà dit, je me suis remise sérieusement à l'écriture de cette fanfiction, j'espère la finir dans une dizaine de page mais vu comment c'est parti cela sera plutôt une vingtaine de page. Sachez au moins que j'ai déjà écrit la dernière phrase de l'histoire.

Sinon comme toujours je remercie les personnes qui on lut le dernier chapitre et les personnes qui prennent le temps de me laisser une review. A ceux qui ne le font pas : Ce n'est pas grave mais je préférerais quand même que vous le fassiez pour que je sache si ça vous plaît ou non (message surtout destinés à ceux qui follow ou mettent dans leur favoris l'histoire sans me laisser de review). N'oubliez pas que la review est la seule manière pour nous d'être "payé". *insérez ici smiley qui sourit*

Bref tout ça pour dire que je publie enfin le douzième chapitre aujourd'hui.

Bonne lecture,

Colibrii


Beth était en train de nourrir Judith au biberon lorsqu'elle sentit la présence de quelqu'un derrière elle. La jeune femme devina sans peine qu'il s'agit de Daryl. Ce dernier était revenu la veille sauvant Rick de justesse de la morsure d'un rôdeur. Daryl n'était pas seul, son frère, Merle, était avec lui. Hershel avait immédiatement conseillé à sa cadette de l'éviter. Merle n'était pas quelqu'un de bien.

Elle imaginait parfaitement Daryl dans son dos attendre le bon moment avant de se manifester. Elle commençait à le connaître et savait qu'il était perdu, ne sachant exactement que faire. Soudain, elle l'entendit racler sa gorge.

— Que veux-tu Daryl ? demanda-t-elle d'une voix sèche sans se retourner.

— Je… Te parler.

— Je t'en prie.

Daryl soupira légèrement. Bien qu'elle ne le voie pas, Beth pouvait parfaitement imaginer l'expression de son visage à la fois dure et perdue.

— Il fallait que je parte Beth, commença-t-il. Merle est mon frère, ajouta-t-il en voyant le peu de réaction chez son interlocutrice.

Beth se sentit devenir plus stoïque tandis que sa mâchoire se serrait. Merle était son frère. Et elle ? Qu'était-elle pour lui ? Une larme, qu'elle ne put retenir courut le long de sa joue. Beth berça doucement la petite Judith essayant tant bien que mal de se donner du courage pour ne pas pleurer. Elle ne devait pas craquer, elle se devait de rester forte.

— Je vois, souffla-t-elle d'une voix froide.

Elle avait difficilement contrôlé le tremblement dans sa voix et espérait que Daryl ne l'ait pas entendu. Un silence gênant s'installa entre eux. Beth n'avait jamais été ennuyé par ce genre de blanc avant. Leur relation n'avait cessé d'en être ponctuée et le silence était devenu une normalité entre eux, quelque chose de rassurant toutefois celui qui les séparait à cet instant était loin de l'être.

— C'est mon frère, chuchota-t-il.

Beth sentit la course de son cœur s'accélérer et une colère froide la gagner. Ses mains tremblèrent alors qu'elle posait délicatement Judith dans sur son lit.

— Et je suis quoi pour toi Daryl ? demanda-t-elle d'une voix froide. La nana que tu baises et jettes à envie, ajouta-t-elle glaciale.

La jeune femme préféra ne pas se retourner ne voulant pas le regarder. Elle continuait de s'occuper de Judith essayant difficilement de se donner un air calme alors qu'elle arrivait à peine à penser. Le silence s'installa de nouveau dans la cellule seulement ponctué par les gazouillis de la petite.

— Je suis désolé, lâcha-t-il finalement.

Beth l'entendit quitter la pièce et malgré elle, la jeune femme ne put empêcher les larmes de couler le long de ses joues. Judith gazouilla de nouveau et lui offrit son plus beau sourire. A travers ses pleurs, Beth réussit à en esquisser un.

— Tu as besoin d'être changée dis-donc, jeune demoiselle ! s'exclama-t-elle refoulant du mieux qu'elle put ses sanglots.

Elle devait être forte. Daryl l'avait déçue mais se morfondre ne ramènerait jamais la complicité qui avait pu exister entre eux. Ou du moins celle que Beth avait cru percevoir. La jeune femme ne put s'empêcher de se remémorer certains des moments qu'ils avaient pu partager avant de retrouver le groupe. Parfois Beth pensait qu'ils auraient été plus facile pour eux de ne pas les retrouver mais cette idée la quittait rapidement à chaque fois qu'elle lui traversait l'esprit. Malgré la situation, elle savait que revoir son père et Maggie était pour elle une des choses les plus importantes.

— Ça va Beth ? demanda Abby.

Beth sursauta. Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas entendu son amie arriver. La petite Judith dans les bras, Beth se tourna vers Abby. Cette dernière était appuyée contre le chambranle de la porte. Un léger sourire étirait ses lèvres bien dessinées tandis que ses longs cheveux roux étaient retenus en une queue de cheval haute.

— Tu m'as fait peur, souffla Beth en esquissant un léger sourire.

— C'est bien la première fois que je te surprends ainsi, remarqua Abby en pénétrant dans la cellule.

Elle s'assit sur le lit et attrapa un ours en peluche que Daryl avait ramené pour Judith lors d'un ravitaillement.

— Tu sais que tu peux me parler si tu en ressens le besoin, Beth, déclara Abby après un silence.

— La réciproque est vraie, répondit la jeune femme en souriant.

Le regard d'Abby se reporta sur l'ours en peluche qu'elle ne cessait de tripoter. Beth pouvait deviner que quelque chose tracassait son amie mais que celle-ci ne savait pas comment aborder le sujet.

— Il est revenu, Beth. Il est vivant, lâcha-t-elle finalement. J'espère que tu prends conscience de ta chance.

Son amie baissa la tête mal à l'aise. Elle savait qu'elle avait de la chance qu'elle aurait pu le perdre définitivement comme Abby avait perdu son père mais savoir que Daryl avait préféré suivre son frère lui brisait le cœur.

— Il est parti, souffla-t-elle finalement.

— C'est vrai. Mais il est revenu Beth. Il aurait pu continuer avec Merle mais il a préféré revenir, plaida Abby. Je comprends que tu te sois sentie trahie et abandonnée mais n'oublie pas que lui est revenu.

Beth s'installa à côté de son amie qui continuait à jouer avec l'ours en peluche visiblement pensive.

— Mon père me manque, Beth. Il me manque tellement, dit-elle tandis qu'une larme coulait le long de sa joue.

Beth posa sa main sur celle d'Abby la serrant doucement. Elle voulait qu'Abby sache qu'elle était là pour elle et qu'elle comprenait sa douleur. Elle-même avait perdu sa mère et son frère au début de l'épidémie et avait même cru qu'ils étaient seulement malades et qu'ils redeviendraient ce qu'ils avaient été. Abby posa sa tête sur l'épaule de son amie ne pouvant plus retenir ses larmes tandis que d'une pression de la main Beth lui faisait savoir qu'elle était là pour elle.

oOoOo

L'attaque orchestrée par le Gouverneur avait détruit le portail principal permettant ainsi aux rôdeurs de pénétrer dans le champ. Désormais seul un grillage protégeait les bâtiments ce qui obligeait les habitants de la prison à se faire encore plus discrets qu'ils ne l'étaient déjà.

Beth discutait avec Carl berçant doucement la petite Judith. Les deux jeunes gens se trouvaient sur le pont entre les deux blocs de cellules. Ce pont était le seul endroit où ils avaient été autorisés à aller. Beth fronça les sourcils lorsqu'elle aperçut une silhouette au loin. Elle plissa les yeux, il s'agissait d'une femme blonde qui tenait au bout d'une sorte de gaffe un rôdeur sans bras. A mesure que la femme se rapprochait la jeune femme fut capable de la reconnaître comme étant Andrea. Elle avait bien entendu Michonne parler avec Rick du duo qu'elle avait formé pendant des mois avec Andrea mais Beth n'avait jamais espéré la revoir vivante. Sans attendre, Beth retourna vers la salle commune. Son père était installé autour d'une table avec Abby et Marvin. Beth crut les entendre discuter d'un passage de la Bible mais n'y prêta pas plus attention que cela.

— Andrea est là ! s'exclama-t-elle.

— Andrea ? Qui c'est ? questionna Abby en tournant son visage vers son amie.

— Elle était avec le groupe quand ils sont arrivés à notre ferme et a disparu quand elle a été envahi de rôdeurs, expliqua rapidement Beth. Tu te rends compte Papa ? Elle est vivante ! Elle est vraiment vivante !

— Où est-ce que... commença Hershel.

Une porte grinça plus loin le faisant taire. C'était elle. Andrea était de retour, Beth en était persuadée. Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Même si personne -et encore moins Maggie- n'avait compris à l'époque, Andrea avait été d'un grand secours lorsqu'elle avait envisagé de mettre fin à ses jours. En la laissant faire son choix, Andrea lui avait permis de prendre sa propre décision. La vie.

— Beth. On devrait aller mettre Judith au lit, tu ne penses pas, déclara Carol dans son dos.

— Euh... Si si, j'arrive Carol, répliqua Beth en suivant la femme vers la cellule où était installé le couffin improvisé de la petite.

— Je peux le faire si tu préfères, Beth. Tu t'es occupée d'elle toute la matinée.

La jeune femme remercia son aînée et déposa délicatement Judith dans ses bras.

— Elle est tellement mignonne, souffla Beth avant de l'embrasser avec douceur sur le front.

Elle s'éloigna doucement pour revenir vers son père qui s'était mis debout. De là où ils étaient, ils pouvaient entendre que des gens semblaient se disputer vers le chemin du bloc. Elle reconnut la voix de Daryl mais ne comprit pas ce qu'il disait. Il y avait aussi Rick et une voix féminine. Bien qu'elle ne la reconnaisse pas, Beth sut qu'elle appartenait à Andrea. Quelques secondes plus tard, cette dernière pénétrait dans le bloc suivie de Daryl et Rick. Les lèvres d'Andrea s'étirèrent en les voyant.

— Je suis tellement contente de voir que vous êtes vivants! s'exclama-t-elle.

Sans dire un mot, Beth s'avança vers elle et l'enlaça.

— Ça fait plaisir de te voir, dit-elle avant de s'éloigner.

Des gazouillis enfantins leur parvinrent aux oreilles à cet instant, Andrea tourna son visage vers Rick. Beth remarqua que l'homme semblait encore plus froid qu'à son habitude. Le regard d'Andrea se reporta vers la source du son. Carol se trouvait sur le pas de la porte d'une des cellules tandis qu'elle berçait doucement Judith.

— Carol ! s'exclama Andrea en se dirigeant vers elle.

Elle l'enlaça doucement avant de s'éloigner et de poser ses yeux sur le nourrisson.

— Est-ce que c'est ?

Carol hocha la tête avant d'ajouter que la petite s'appelait Judith.

— Et Lori ?

— Elle... Elle n'a pas survécu, bredouilla Carol dans un murmure.

— Je suis désolée, répondit Andrea visiblement sincère.

Un silence assez gênant s'installa dans la pièce avant que des bruits de pas ne résonne sur l'escalier en métal. Beth releva la tête tout comme les différentes personnes présentes et découvrit Michonne qui descendait les marches d'un pas lent mais décidé.

— Michonne !

Andrea souriait largement visiblement soulagé de les revoir en vie et en relative bonne santé alors que ceux de la prison dont Michonne semblaient bien plus réticents de la voir. Beth savait qu'Andrea vivait à Woodbury mais elle avait été avec eux. Elle ne pouvait définitivement pas être au courant de ce que tramait le Gouverneur. Andrea était quelqu'un de bien, Beth en était persuadée.

— Allons parler de ça dans un endroit plus calme, déclara Rick mettant ainsi fin au silence gênant. Daryl ! Hershel ! Vous venez, ajouta-t-il en leur faisant signe de le suivre.

Beth les suivit du regard tandis qu'ils quittaient la pièce. Elle espérait que la discussion aiderait à améliorer la situation mais rien n'était moins sûr. Son regard se posa sur Marvin qui était toujours installé autour de la table. Elle chercha Abby quelques secondes mais la jeune femme ne se trouvait plus dans la pièce.

— Abby est partie ? s'étonna-t-elle en s'asseyant à côté de Marvin.

— Ouais. Partie faire je-ne-sais-quoi ! Enfin ce ne serait pas la première fois.

— Comment ça ?

— Ça fait deux trois fois qu'elle disparaît depuis hier, expliqua Marvin d'une voix calme. Enfin... Peut-être qu'elle est simplement allée faire un tour ou qu'elle avait besoin de se soulager.

— Peut-être... souffla Beth pensive. Et toi Marvin ? Comment tu supportes tout ça ?

Marvin tourna enfin son visage vers Beth et lui offrit un pauvre sourire tout en haussant les épaules. Le garçon si joyeux que Beth avait rencontré quelques semaines plutôt avait laissé la place à un homme bien plus triste et visiblement blasé.

— Je ne crois pas qu'il y ait autre chose à faire que de le supporter, répondit-il. Après tout, j'ai bien peur que tout ça n'ait jamais de fin.

Beth se pinça les lèvres. Elle comprenait le pessimiste de Marvin, cette sensation que plus jamais les choses ne seraient pareilles. Elle aussi avait ressenti ce sentiment lorsqu'elle avait su que sa mère et son frère ne reviendraient jamais.

— La situation ne redeviendra jamais la même, c'est sûr mais ne penses-tu pas que nous allons pouvoir créer quelque chose ici ?

— Pas si ce connard de Gouverneur continue à nous attaquer comme ça, non.

Beth baissa le regard. Elle savait que Marvin disait vrai mais elle avait toujours l'espoir que les choses puissent s'arranger qu'ils puissent aménager la prison comme ils le désiraient. Elle voulait tant ravoir un semblant de vie normal. Elle savait que cette vie ne serait jamais aussi "normale" qu'elle aurait dû l'être mais rien que ne plus avoir à craindre les rôdeurs à chaque minute du jour et de la nuit lui paraissait être un but à atteindre.

— C'est pour ça qu'il faut qu'on se défende, Marvin. On ne doit pas le laisser nous faire peur.

Marvin releva son visage vers Beth visiblement surpris.

— Je ne te savais pas si guerrière Bethany, essaya-t-il de plaisanter.

Beth se sentit rougir légèrement. Il était vrai qu'elle n'avait jamais ou très peu montré ce côté de sa personnalité.

— Je dis pas ça méchamment, au contraire. Hein ! répliqua-t-il en lui donnant un léger coup de poing sur l'épaule.

Marvin fixa Beth en souriant quelques secondes avant d'ajouter :

— Je suis content de voir qu'au moins l'un de nous n'a pas perdu espoir.

Alors que Beth ouvrait la bouche pour répondre quelque chose Glenn pénétrait dans la pièce.

— C'est mon tour d'aller guetter les méchants. A plus Beth! Ça m'a fait plaisir de te parler, déclara Marvin en se levant.

La jeune femme le suivit du regard alors qu'il quittait la pièce. Il y avait encore de l'espoir, Beth le savait au plus profond de son cœur.

oOoOo

La discussion entre Andrea, Rick, Hershel et Daryl avait duré vingtaine de minutes puis ils étaient revenus pour en parler avec les autres. Beth et Carl avaient été invités à quitter la pièce mais ne l'avaient pas fait. Carl était de plus en plus énervé qu'on le prenne encore pour un enfant et se comportait pourtant parfois comme un garçonnet capricieux. Plus tard dans la journée, Beth avait essayé de lui en parler mais s'était retrouvée face à un mur.

— C'est pas parce que tu baises avec Daryl que tu dois te prendre pour ma mère, avait rétorqué Carl hargneux.

— Carl ! s'exclama-t-elle choquée par son langage.

— Quoi ? Je suis vulgaire si je le veux, putain ! s'agaça-t-il.

Beth se retint de répliquer quelque chose de méchant. Elle était l'aînée et devait par conséquent se montrer plus mature que lui. De plus, ce n'était pas en s'énervant qu'elle prouverait qu'elle était bel et bien devenue une adulte.

— Je ne me prends pas pour ta mère, Carl, répondit-elle d'une voix sèche. Je voulais juste te faire savoir que les autres te prendraient sans doute plus au sérieux si tu arrêtais de te comporter comme un gamin de huit ans…

Carl ouvrit la bouche pour la couper mais Beth poursuivit d'une voix glaciale :

— … incapable de prendre non pour une réponse ou d'écouter les conseils de personnes plus expérimentées. Sur ce, je te laisse car j'ai des choses à faire.

— Comme t'occuper de Judith ? T'en as pas marre toi que tout le monde pense que tu n'es bonne qu'à ça ?

— Tout le monde ne pense pas comme ça.

— Tu parles de Daryl ? Pourtant c'est lui qui t'a empêché d'aller à Woodbury pour Maggie, répliqua Carl irrité.

Carl avait raison Daryl avait fait parti de ceux s'opposant à sa venue lors de la mission d'exfiltration. Toutefois, Beth savait que cela ne l'empêchait pas de croire en elle et en sa force. La jeune femme n'était pas sûre que toutes les personnes présentes dans le groupe aient confiance en elle autant que lui.

— Cela n'a rien à voir.

— Ça a tout à voir au contraire. Il a soit disant confiance en tes capacités mais ne te laisse pas aller te battre. Il pense que tu es faible.

— Je ne crois pas non, intervint une voix féminine derrière eux.

Le cœur de Beth rata un battement en reconnaissant la voix d'Andrea. Elle tourna son visage vers la femme qui lui offrit un sourire amical. Qu'avait-elle entendu ? Était-il possible que son secret ait été une nouvelle fois éventé ?

— S'il ne la laisse pas y aller c'est car il a peur de la perdre tout simplement. Par contre, toi tu as le droit de rester à l'arrière et de t'inquiéter, plaisanta-t-elle acide.

Beth savait qu'Andrea n'avait jamais supporté la répartition des tâches dans leur groupe. Lors de leur arrivée à la ferme les rôles avaient été définis clairement en fonction de leur genre. Les hommes au combat et les femmes au ménage et à la cuisine. Heureusement, la situation avait fini par évoluer même si le cas de Beth était plus complexe. Elle savait qu'ils la voyaient comme une enfant incapable de se défendre malgré ses dix-sept ans révolus. Dans quelques mois, elle aurait dix-huit ans et le groupe continuerait de la considérer comme un bébé. Mais Beth ne ne voulait pas être vu comme une faible toute sa vie. Ils allaient devoir comprendre qu'elle était devenue adulte.

Carl lança un regard noir à Andrea avant de se diriger vers la vigie d'un pas rapide. Le garçon commençait à être intenable et l'état de son père n'arrangeait en rien la situation.

— Alors comme Daryl et toi ? demanda Andrea taquine.

— Ça ne te choque pas ? s'étonna Beth.

— Pourquoi le serais-je ? Enfin si ça me choque de savoir Daryl dans une relation mais pas particulièrement avec toi. Tu sembles surprise ?

— C'est juste que comme Daryl et moi avons, disons, pas mal d'années d'écart…

— Tu pensais que j'allais m'écrier qu'il était bien trop vieux pour toi ou quelque chose dans ce genre-là, c'est ça ? Je te rassure tu es loin d'être la première jeune fille de dix-huit ans à entretenir une liaison avec un homme bien plus vieux, plaisanta Andrea.

Beth esquissa un sourire. Andrea n'avait pas l'air d'être particulièrement offusqué par la situation et la prenait, au contraire, de manière calme et amusée. Bien que la jeune femme espèrait au fond d'elle que Maggie réagisse tout aussi posément, Beth savait que ce ne serait pas le cas. Sa sœur allait faire un scandale en l'apprenant, elle n'avait aucun doute là-dessus.

— Je n'ai que dix-sept ans, rectifia-t-elle.

— Dix-sept ans, dix-huit ans… Dans un monde comme celui-ci je ne pense pas qu'une année de plus ou de moins change grand-chose.

— Si tu pouvais dire ça à Maggie, soupira Beth.

Andrea lui lança un regard étonné et lui demanda si sa sœur était au courant de son histoire avec Daryl.

— Non, elle ne le sait pas et je sais même pas si elle aura besoin de le savoir finalement.

Beth n'arrêtait pas de penser au départ de Daryl avec son frère. Quelques heures avant son départ, il lui promettait de lui ramener sa sœur avant de préférer s'enfuir avec Merle. Beth se sentait trahi et même si elle comprenait parfaitement les raisons qu'il l'avait poussé à le faire, elle ne pouvait empêcher cette once de ressentiment de s'insinuer en elle.

— Comment ça ?

— Daryl n'est pas revenu tout de suite après l'assaut sur Woodbury. Il est parti avec Merle de son côté, expliqua-t-elle.

— Alors pourquoi se trouvait-il là tout à l'heure ? questionna Andrea en pointant la porte de son doigt.

— Il est revenu mais… Rien ne sera plus comme avant. Tu comprends ?

Andrea hocha la tête un sourire triste ornait ses lèvres tandis qu'elle posait sa main sur celle de Beth.

— Je comprends tout à fait, Beth. Je pense qu'à ta place j'aurais pensé exactement pareil…

— Mais ?

— Mais tu as vu le monde autour de toi ? Tu crois vraiment qu'on a le temps d'alimenter des rancunes ?

Beth savait qu'Andrea avait raison tout comme Abby, la veille, lorsqu'elle lui avait dit à près la même chose.

— Je ne pense pas non. C'est pour ça que tu veux essayer d'arranger les choses avec le Gouverneur ?

— En effet. Je pense qu'il y a assez de menaces extérieures sans qu'on ressente le besoin de se faire la guerre, tu ne crois pas ?

Bien entendu que Beth était d'accord avec ce qu'Andrea venait de dire mais parfois la situation ne permettait pas de faire autrement.

— J'aimerais que ça soit si simple, souffla Beth.

— Ça peut l'être si chacun de nous fait des efforts.

— J'ai entendu Merle dire que le Gouverneur ne laisserait jamais tomber. Il pense que cette rencontre est une erreur.

— Tu en penses quoi toi ?

Beth se mordilla la lèvre inférieure. Elle savait qu'Andrea faisait tout cela pour améliorer les relations entre Woodbury et la prison mais Beth avait peur que rien ne puisse les arranger.

— Je ne sais pas Andrea. J'aimerais y croire mais… Mais je ne pense pas que les choses vont s'arranger.

Beth devina à l'expression de son visage qu'Andrea était déçue de sa réponse mais elle ne dit rien. Un silence de plusieurs minutes s'installa entre elle avant que Beth ne le brise en demandant :

— Il y a des enfants là-bas, n'est-ce pas ?

— En effet. Des enfants, des vieillards, des familles qui veulent simplement la sécurité.

— On ne peut pas être en sécurité dans ce monde, lâcha Beth.

— Je sais bien mais eux veulent y croire.

Andrea prit une grande inspiration alors que Beth continuait à regarder au loin pensive. Elle aussi avait eu l'espoir qu'un jour ils auraient la chance de retrouver la sécurité mais elle avait arrêté d'y croire suite à l'invasion de la ferme. Ils pourraient trouver un semblant de protection mais jamais cette sécurité d'avant pas lorsque le danger se trouvait si près. Beth pensait qu'ils finiraient par pouvoir non plus simplement survivre mais vivre toutefois elle était loin de croire en la possibilité d'une vie comme celle d'antan. Il suffisait de s'endormir auprès de quelqu'un et on pouvait se réveiller aux côtés d'un mort-vivant. Beth secoua la tête essayant de se retirer cette idée pourtant tout à fait probable de la tête. Il ne servait à rien de se monter la tête avec des idées aussi morbides.

— Je crois que Carol t'appelle, remarqua finalement Andrea.

Beth tourna son visage vers l'entrée du bloc C et constata que Carol se tenait sur le pas de la porte et regardait dans leur direction. Elle leur fit signe avant de demander à Beth de venir.

— Ça a été sympa de te parler, Beth.

La jeune femme lui sourit avant de lui dire « au revoir » et d'aller retrouver Carol.

— J'aurais besoin de toi pour surveiller la petite dure à cuir, expliqua-t-elle.

Le sourire de Beth se fana légèrement à cette annonce. Elle avait fini par être vu simplement comme la baby-sitter de Judith ou l'aide-cuisinière par la plupart des membres du groupe. Ne voulant pas passer pour une lâcheuse, la jeune femme la suivit à l'intérieur sans rien dire.

— Daryl a réussi à attraper un lapin, déclara Carol en se dirigeant vers les cellules.

— Tu veux que je le dépouille ?

— Oh non non, répliqua Carol. Je peux le faire c'est juste que je ne veux pas que Judith soit toute seule.

— Marvin n'est pas là ? demanda Beth hésitante.

— Si. Il est en train de lire dans sa cellule. Sa jambe n'est pas encore totalement remise.

— Ah !

Beth ne put s'empêcher de penser que cela n'empêchait pas Marvin de s'occuper de Judith mais préféra ne rien dire. Elle se dirigea vers la table où Carol avait laissé la boîte dans laquelle la petite dormait. Elle esquissa un sourire en voyant le nourrisson qui dormait à poings fermés.

— Vous parliez de quoi avec Andrea ? interrogea finalement Carol tout en découpant la peau du lapin.

— De choses et d'autres. Rien de bien important, mentit la jeune femme. Tu penses que la rencontre se passera bien toi, Carol ?

— Je ne pense pas non. Ce Gouverneur m'a l'air d'être un parfait enfoi… Enfin tu vois ce que je veux dire.

Beth le voyait parfaitement car elle pensait exactement la même chose que Carol. Le silence s'installa pendant quelques minutes avant que des bruits de pas ne se fassent entendre dans le bloc.

— Yo les filles ! s'exclama Marvin en sortant de la cellule.

— Qu'est-ce que tu fais là, Marvin ? Hershel a dit que tu devais te reposer.

— Eh bien, je suis assez reposé. Et Hershel c'est pas le gars qui s'est fait amputer de sa jambe il a peine deux semaines de ça ?

— Marvin, le reprit Carol ne pouvant cacher son air amusé.

— Personne a vu ma folle dingue de sœur au fait ? questionna-t-il.

— Pas depuis ce matin non.

A peine quelques secondes plus tard, des pas se firent entendre et Abby pénétra dans le bloc. Elle fronça légèrement les sourcils en voyant son frère debout. Un sourire franc étira les lèvres de Marvin lorsqu'il la vit.

— Quand on parle du loup, on en voit la queue. Je suis le seul à trouver à cette expression une forte connotation sexuelle ? ajouta-t-il en se tournant vers Carol et Beth.

— Tu vois du sexe partout de toute manière, mon cher Marv-Marv, intervint Abby en souriant.

— Ouais, je sais… soupira-t-il. Je vais me flageller de ce pas, plaisanta-t-il en se dirigeant vers sa cellule.

Abby leva les yeux au ciel visiblement amusée avant de se tourner vers Beth et de lui demander si elle pouvait lui parler en privé.

— Je peux pas. Je dois surveiller Judith, répliqua Beth gênée.

— Je peux m'occuper de Judith si tu veux Beth, s'écria Marvin de sa cellule. De toute manière j'ai rien d'autre à faire. Ça me donnera de quoi m'occuper.

— C'est gentil. Merci Marvin. Allez viens Beth ! s'exclama Abby en l'attrapant par le bras.

— Qu'est-ce qu'il y a Abby ? demanda-t-elle lorsqu'elle se trouvèrent loin des oreilles indiscrètes.

— J'ai dit à Daryl que tu l'attendais dans l'atelier de menuiserie.

— Tu lui as dit quoi ?

— Que tu voulais lui parler et que tu l'attendais dans l'atelier de menuiserie. Beth ! Tu vas le regretter si tu ne t'expliques pas au moins une fois avec lui.

Les lèvres pincées, Beth réfléchissait à toute vitesse à ce qu'elle devait faire. Elle savait au fond d'elle que son amie avait raison mais il était difficile pour elle de passer au-dessus de la déception qu'elle avait ressenti.

— Tu y vas alors ?

— J'y vais.

Un sourire éclatant étira les lèvres d'Abby avant qu'elle ne lui demande ce qu'elle attendait pour filer. Beth ne répondit rien et se dirigea d'un pas rapide vers l'atelier de menuiserie. Les couloirs jusqu'à ce dernier avaient été nettoyés mais elle devait faire attention de ne pas se tromper de chemin au risque de tomber nez à nez avec des rôdeurs. Le cœur battant Beth pénétra dans la pièce quelques minutes plus tard. Daryl n'était pas encore arrivé.

Beth ne put s'empêcher d'élaborer les théories les plus ubuesques pour expliquer son absence. Peut-être était-il arrivé avant et avait trouvé la pièce vide. Peut-être qu'il n'avait pas envie de la voir. Peut-être que Rick le retenait et l'empêchait de venir à sa rencontre.

— Salut ma Mignonne. Tu t'es perdue ? questionna une voix masculine.

Beth ne put s'empêcher de sursauter en entendant la voix forte peu agréable du frère aîné de Daryl. Elle se tourna lentement vers lui essayant de garder une expression la plus neutre possible.

— Je cherche Daryl, répliqua-t-elle simplement.

— Qu'est-ce que tu lui veux à mon frère ?

— Rien qui ne te regarde, rétorqua-t-elle d'une voix sèche.

Les lèvres de Merle s'étirèrent en un sourire amusé. Elle ne lui avait jamais vraiment parlé avant mais tout ce qu'elle avait entendu à son sujet lui disait de se méfier.

— Au contraire, répondit-il. On veut s'accoquiner ? J'ai entendu dire que les jeunes filles bien propres sur elles avaient un penchant certain pour les méchants garçons.

Beth ne dit rien se contentant de le fixer. Elle essayait de garder l'expression la plus neutre possible bien que cela ne soit pas facile pour elle.

— Enfin, je ne pense pas que Daryl soit bien désigné pour ça. C'est un gentil, mon frère. Par contre si je peux t'aider, déclara-t-il en s'approchant d'elle.

Avant qu'il ne la touche, Beth fit un pas en arrière.

— Merle, je peux savoir ce que tu fais ? questionna Daryl dans son dos.

Beth ne put cacher le soulagement qui la gagna lorsqu'elle le reconnut. Elle recula d'un pas collant son épaule droite contre son bras gauche. Sentir sa présence près d'elle suffisait à la rassurer. Elle savait au fond d'elle que jamais Daryl ne laisserait son frère lui faire du mal.

— Elle te cherchait, Darlina. J'essayais juste d'aider, c'est tout ! mentit Merle.

Daryl regarda son frère quelques secondes. Aucune expression ne se détachant de son visage. Il tourna lentement les yeux vers Beth et lui demanda ce qu'elle lui voulait. Sa voix froide fut comme une douche glacée pour elle.

— Ça peut attendre. C'était rien d'important, dit-elle en s'éloignant.

— Tu as fait fuir ta petite admiratrice. Franchement, Darlina pour une fois que tu pouvais serrer une petite poupée blonde, entendit-elle Merle s'exclamer.

— Ta gueule, Merle, répondit Daryl d'une voix calme mais froide. Beth ! appela-t-il. Beth !

La jeune femme crut entendre Merle s'écrier quelque chose mais elle n'en comprit pas un traître mot. Daryl la rattrapa au coin d'un couloir et, avant qu'elle puisse de nouveau fuir, prit son poignet entre ses doigts.

— Tu voulais me dire quelque chose ? l'interrogea-t-il.

Beth crut déceler une légère note d'espoir dans sa voix. Daryl avait toujours été difficile à cerner même pour elle. La jeune femme jeta un coup d'œil aux alentours s'assurant qu'ils étaient seuls avant de se mettre sur la pointe des pieds et de déposer un baiser sur ses lèvres. Elle s'éloigna doucement de lui et releva les yeux vers son visage. Beth put facilement y lire le désir qu'elle provoquait chez lui. La jeune femme ne put s'empêcher de rougir violemment alors qu'il plongeait sur ses lèvres. Il la plaqua contre le mur pressant son corps contre le sien tandis que Beth passait ses bras autour de cou. Elle sentit les mains de Daryl passer sous son T-shirt.

— Ton frère ? murmura-t-elle contre sa bouche.

— Il est parti, chuchota-t-il à son oreille.

Le cœur de Beth battait la chamade alors qu'il déposait de doux baisers dans son cou.

— Je suis désolé, Beth. Pardonne… commença-t-il avant qu'elle ne le fasse taire en l'embrassant.

Elle était heureuse de savoir qu'il s'en voulait véritablement pour ce qu'il lui avait fait mais ne désirait pas entendre ses excuses alors qu'ils étaient en train de passer un moment fort agréable. Beth passa ses mains sous le jean de Daryl tandis qu'il approfondissait le baiser. Doucement, Daryl éloigna ses lèvres des siennes gardant son front collé à celui de Beth. Du bout des doigts, il caressa ses seins emprisonnés dans son soutien-gorge.

— J'ai envie de toi, souffla-t-elle, s'étonnant elle-même de son audace.

Sans attendre, Daryl la souleva tandis qu'elle passait ses jambes autour de ses hanches. Il poussa la porte d'une pièce non loin du pied et l'allongea sur la table. Ils s'étaient finalement retrouver. Mais pour combien de temps ?

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— Je n'aime pas cette histoire. J'aime vraiment pas ça, disait Abby à côté de Beth.

Rick, Daryl, Hershel et Andrea avait quitté la prison une heure plutôt. Andrea avait réussi à organiser une rencontre en terrain neutre entre les deux leaders. Elle espérait encore pouvoir mettre fin au conflit sans verser plus de sang. Beth ne voyait pas comment cela serait possible, pas après ce que cet homme avait fait subir à Glenn et surtout à Maggie

— Et tu as raison, poupée, intervint Merle. Je connais le Gouverneur et ce qu'il veut c'est vous détruire. Il aime pas les contestataires. Ça marchera pas.

— Et t'as une autre solution, génie ? questionna Marvin blasé.

— Il faut tuer le Gouverneur, déclara Merle sûr de lui.

— Et comment tu comptes t'y prendre ? Ils sont bien plus nombreux que nous et j'imagine que ton Gouverneur n'est jamais seul, remarqua Marvin.

— Peut-être mais si on ne fait rien, il finira par nous écraser. Et j'pense pas que t'as envie de savoir ce qu'il arriverait au joli p'tit cul de ta sœur dans ce cas-là.

Marvin se leva soudainement près à frapper Merle mais Abby se mit entre eux.

— Ne fais pas attention à lui, Marv' ! Dégage Merle ! ajouta-t-elle en se tournant vers l'autre.

L'homme esquissa un sourire amusé avant de quitter la pièce en se moquant ouvertement de Marvin. Ce dernier fit un pas pour le suivre mais Abby posa sa main sur son bras et secoua la tête.

— Il ne mérite pas que tu lui prêtes la moindre attention.

— Elle a raison, Marv'. Il aime juste provoquer les autres, intervint Beth. Il…

Des éclats de voix leur parvinrent alors dans la pièce qui menait à la cour. Beth échangea un regard avec Abby tandis qu'elle reconnaissait facilement la voix de Merle et celle de Glenn. Elle ne comprenant pas ce qu'ils disaient mais devina que Merle voulait les convaincre que ce que Rick faisait ne servait à rien. Beth se dirigea d'un pas décidé vers la pièce alors que la voix de Maggie se faisait entendre. Elle sortit son pistolet et tira au plafond les arrêtant net dans leur dispute.

La jeune femme se contenta de leur lancer un regard noir avant de quitter la salle. Elle entendit Merle s'écrier que la petite poupée blonde avait un sacré caractère mais n'y prêta pas attention. Ils devaient attendre avant de tenter quoique ce soit de stupide.

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Rick, Hershel et Daryl étaient revenus dans la soirée de leur entretien avec le Gouverneur. Beth remarqua immédiatement à leur expression que tout ne s'était passé comme ils l'auraient souhaité. Après que son père soit couché, Beth se glissa hors de son lit le plus discrètement possible. Elle se dirigea vers la vigie où Daryl se trouvait toujours. La nuit était pleine cette nuit-là et Beth pu voir dans la cour herbeuse les lapins sortir de leur terrier avant de vite s'y réfugier. Les bêtes aussi sentaient la présence des rôdeurs. La jeune femme grimpa les marches qui grincèrent sous son poids.

— Daryl ! C'est moi, Beth, déclara-t-elle avant d'entrer.

Elle entendit du mouvement à l'intérieur et la porte s'ouvrit sur lui. Malgré le manque évident de sommeil, l'homme semblait toujours en alerte. Il lui fit signe de rentrer et ferma la porte derrière elle.

— Tu ne te fais donc jamais remplacer !

Daryl haussa les épaules tandis que Beth s'asseyait le dos appuyé contre le mur.

— Je préfère dormir ici de toute manière, rétorqua-t-il.

— Ça s'est mal passé, n'est-ce pas ? demanda-t-elle après plusieurs minutes de silence. Merle a dit que le Gouverneur ne laisserait jamais tombé, ajouta-t-elle lorsqu'il ne répondit pas.

— Je pense que sur ce coup-ci, mon frère est loin d'avoir tort, dit-il pensif.

— Tu penses qu'on va devoir quitter la prison ?

Daryl releva son visage vers elle et planta son regard dans le sien.

— Tu as envie de partir ?

— Bien sûr que non. Papa a raison cette prison est pour nous la possibilité de tout recommencer mais avec le Gouverneur…

Daryl fit un pas en avant de s'asseoir à côté d'elle. Hésitant, il passa son bras autour de ses épaules tandis qu'elle calait sa tête contre lui.

— Rick va trouver une solution Beth. J'en suis sûr, souffla-t-il.

— J'espère que tu as raison, répliqua-t-elle pensive.

Daryl et Beth restèrent assis l'un contre l'autre un long moment. Beth aimait sentir sa présence à ses côtés. Elle se rappelait leur temps loin du groupe. A l'époque, ils dormaient tous les soirs dans le même lit. Cet état de fait lui manquait chaque nuit un peu plus. Surtout depuis qu'elle avait commencé à partager sa cellule avec son père. Père qui s'inquiéterait certainement s'il se réveillait et ne la trouvait pas dans son lit. A regret, Beth s'éloigna de Daryl.

— Papa risque de se faire un sang d'encre s'il voit que je ne suis pas là.

Daryl se contenta d'hocher la tête alors que Beth se penchait vers lui pour déposer un baiser sur ses lèvres. Le baiser avait été si rapide que Daryl aurait pu penser l'avoir rêvé.

— Beth ! Fais attention à toi !

— Toi aussi, Daryl. Toi aussi, répondit-elle en souriant.

Beth resserra son gilet autour d'elle. Les nuits étaient de plus en plus fraîches depuis quelques jours. Elle descendit l'escalier d'un pas rapide et se dirigea vers l'entrée du bâtiment. Elle eut à peine le temps de faire deux pas dans le bloc de cellules que Maggie se précipitait vers elle pour l'enlacer.

— Où est-ce que tu étais ? On s'est tous fait un sang d'encre ! s'exclama-t-elle en s'éloignant de sa sœur.

— Comment ?

— Bethy ! s'écria Hershel visiblement soulagé. Où étais-tu ma chérie ? Quand je me suis réveillé, tu avais disparu.

— Je suis allée voir Daryl à la vigie, expliqua-t-elle.

— Où était-elle ? interrogea Carol.

— Elle est allée voir Daryl à la vigie, répéta Hershel. Allez ! Allons-nous recoucher ! C'est fini.

Il passa son bras autour des épaules de sa fille et l'entraîna vers la cellule qu'ils partageaient.

— Pourquoi es-tu allée voir Daryl ? questionna-t-il finalement.

Beth haussa les épaules avant d'expliquer qu'elle avait pensé qu'un peu de compagnie ne ferait pas de mal à Daryl.

— J'oublie parfois que vous avez passé plus de deux mois seuls tous les deux, remarqua Hershel en souriant. Allez ! Au lit mauvaise troupe ! ajouta-t-il.

Beth embrassa son père avant de monter dans son lit. Ils n'étaient pas passés loin de la catastrophe. Heureusement qu'elle n'était pas restée plus longtemps avec Daryl et qu'aucun d'eux n'avaient souhaité pousser l'intimité plus loin. Elle rougit brusquement en imaginant Maggie ou pire encore son père les découvrir. Ils avaient décidément eu beaucoup de chance.


Alors qu'avez-vous pensé de ce douzième chapitre ? La réconciliation de Daryl et Beth ? Merle ?

N'hésitez pas à laisser une review et à bientôt pour le prochain chapitre !