Chapitre 11

Lisa et David restèrent un mois chez Mariella et Laurent, ces derniers leurs proposèrent de rester un peu plus longtemps, mais le jeune couple préféra décliner l'offre.

Deux mois s'étaient écoulés depuis la disparition de Lisa, les hommes d'Edon la recherchaient toujours, mais en toute discrétion, nul ne devait apprendre la vérité. Un soir de juillet 1257, un homme vêtu en bleu arriva au château de messire Von Tremmen.
" Qui va là ? Fit le garde.
- Je suis le messager du seigneur Von Brahmberg, j'ai un message pour messire Edon Von Tremmen.
Le garde le laissa passer, un jeune page conduisit le messager jusqu'à la grande salle où se trouvait Edon.
Le messager salua le seigneur en lui faisant une révérence.
- Quel message ton seigneur veut-il me transmettre ? S'enquit Edon.
- Messire Richard Von Brahmberg va venir vous rendre visite le mois prochain, il désire passer un peu de temps en compagnie de sa promise.
En entendant cela, Edon blêmit, le messager le remarqua.
- Que se passe t'il ?
- Rien, tout va bien, vous direz à votre seigneur que nous le recevrons avec les honneurs dus à son rang.
- Bien Messire Von Tremmen.

Edon était très inquiet, il lui fallait retrouver sa belle fille le plus vite possible.

Une semaine plus tard.

Lisa et David avaient trouvé refuge dans une grange tombant en ruine, une nuit ils furent réveillés par de fortes explosions. Lisa se blottit contre son mari, elle était terrifiée.
- Que sont ces étranges bruits ? Demanda t'elle?
- Je ne sais pas, c'est la première fois que j'entends bruits.
Tout doucement ils sortirent de leur cachette, ils furent surpris de voir le ciel éclairé, ils s'approchèrent de la ville et furent glacés d'effroi par le spectacle qui s'offrait ainsi à leurs yeux; d'énormes boules de feu traversaient le ciel dans un vacarme assourdissant et s'écrasaient sur les habitations en les enflammant. Ils virent des personnes en flammes courir dans tous les sens, ils pouvaient entendre leurs cris déchirants.
- Il ne faut pas rester là, essayons de longer la rivière. Suggéra le jeune homme.
Lorsqu'ils arrivèrent prés le la rivière ils virent que celle-ci était en flamme, une femme griffue vint au devant d'eux en brandissant un bâton en hurlant, ses yeux étaient exorbités.
- C'est diablerie ! C'est diablerie ! Hurlait-elle.
La femme courait vers le village en criant.
- Ne serait-ce pas une attaque au feu liquide ? demanda David.
- Cela y ressemble ! Ne restons pas ici! Fuyons par la forêt !
Lisa se mit à tousser, la fumée dégagée par le feu liquide lui brûlait la gorge.
Les deux jeune gens avaient raison, il s'agissait bel et bien d'une attaque au feu liquide, cette arme redoutable avait été inventée vers l'an 670 par Callinicus un architecte grec, originaire d'Héliopolis en Egypte. Cette arme appelée aussi "feu grégeois" avait la particularité de brûler même au contact de l'eau, elle se composait de naphte, de salpêtre, de soufre et de bitume, donc était hautement inflammable.

Les deux jeunes gens firent galoper leur chevaux le plus vite possible au travers de la forêt, bientôt ils n'entendirent plus rien, tout danger semblait être écarté, ils étaient arrivés dans un tout petit village relativement calme. Cela ne dissipa par leur crainte pour autant, il y avait quelque chose d'étrange, ce silence était pesant, on y entendait pas un aboiement de chien, pas le moindre cri d'un quelconque animal de ferme, ni même le cri d'oiseau nocturne.
- Ce silence ne me dit rien de bon, murmura Lisa.
- Tu as raison, il y a vraiment quelque chose d'étrange en cet endroit, j'ai l'impression que ce village a été abandonné.
Ils entrèrent dans la première maisonnette, ils allumèrent une torche, sur une table, ils virent de la nourriture pourrie dans une marmite; la maison semblait avoir été abandonnée dans la précipitation. Les trois autres maisonnettes aussi. Un peu à l'écart se trouvait une maison un peu plus grande que les autres, ils y pénétrèrent, aussitôt une épouvantable odeur parvint à leurs narines.
- Mais qu'est ce que c'est que cette horrible odeur !? Cria Lisa.
- Je n'en sais rien, mais c'est horrible, répondit son époux.
Ils se dirigèrent vers une autre pièce, l'odeur devint plus forte, ce qu'ils virent leur glaça le sang, sur des lits, il y avait trois cadavres en décomposition, celui de deux adultes et celui d'une petite fille de deux ou trois ans, plus loin ils virent le corps d'un garçonnet d'une dizaine d'années. Cette famille avait visiblement été décimée par une fièvre.
- Il ne faut pas rester là ! S'écria le jeune homme.
Ils sortirent en courant de la maison, David y mit le feu.
Ils s'éloignèrent le plus possible de ce village, bientôt ils aperçurent un lac, ils décidèrent de s'y arrêter pour se reposer et faire boire leurs chevaux. Lisa remarqua que son époux semblait très triste.
- Est-ce que ça va ?
Le jeune homme ne répondit rien, il cacha son visage dans ses mains et fondit en larmes. La jeune fille lui caressa doucement le dos.
- Pourquoi est ce que tu pleures ?
- Ce sont ces gens….morts d'une fièvre, exactement comme mes parents et ma sœur, ils sont morts d'une terrible fièvre, à quelques jours d'écart, tout d'abord ma mère, puis le surlendemain ma petite sœur, et la semaine suivante, ce fut le tour de mon père. J'avais à peine dix ans quand ce drame est arrivé, jamais dans ma vie je n'ai connu pareille blessure.
Lisa lui caressa doucement les cheveux.
- Je sais ce que c'est de perdre un parent, ma mère est morte quand je n'avais que cinq ans, quant à mon père il est mort avant ma naissance, bien sûr j'ai vécu avec une belle famille, mais il n'y avait pas réellement de liens sauf avec Sabrina.
David pleura de longues minutes dans les bras de son épouse. Il se releva et prit le visage de la jeune femme dans ses mains.
- Promets moi que tu seras toujours près de moi, ma princesse.
- Je te le promet "
Ils s'embrassèrent et firent l'amour avec passion.