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Chanson : No doubt Underneath it all
CHAPITRE 21
=== Edward ===
J'entrai dans la clairière à toute vitesse. C'était une belle nuit, claire sans nuage. Je levai les yeux vers le ciel illuminé par les étoiles et un croissant de lune, ma vision faisait briller le ciel comme un diamant. Je trouvai notre rocher et j'attendis qu'elle arrive. J'étais plus rapide, et comme d'habitude toujours en avance mais ces moments seuls maintenant n'étaient pas si pénibles. J'avais Bella. Je l'avais vraiment et pour la première fois depuis des années, être seul n'était plus aussi effrayant et c'était un sentiment merveilleux de savoir que quelqu'un attendait votre retour.
J'avais laissé Bella à la maison, Angela était venue et elles allaient sortir pour manger et aller au cinéma. Du temps entre filles ou quelque chose comme ça. Je n'avais pas la moindre idée de ce que cela signifiait réellement mais Bella avait insisté pour continuer à avoir une relation avec son amie, ce que je comprenais parfaitement. Sa famille était loin et leurs contacts étaient minimes. Je réalisai que j'étais chanceux d'avoir accès à un soutien inconditionnel tout le temps et je voulais qu'elle ait la même chose, peu importe la façon. Angela était importante pour elle mais aussi pour moi. Alors ma tête enfouie dans son cou j'avais embrassé une dernière fois son pouls sous son menton et je l'avais quittée pour mon rendez-vous.
Penser à Bella provoqua une fausse sensation de chaleur à travers mon corps. Le baiser que nous avions partagé cet après-midi était toujours bien présent dans mon esprit. Je la voulais depuis si longtemps mais je n'étais pas sûr que ce soit une bonne idée. J'étais inquiet de la blesser et que mon désir pour son sang prenne le dessus. Je m'inquiétais que ça aille trop vite et que ce ne soit pas ce qu'elle veuille, que je projette simplement mes désirs sur elle, utilisant ma séduction naturelle pour l'embrouiller et l'influencer. Je ne pouvais pas me souvenir d'une fois où je n'avais pas pu entendre les pensées d'une femme ou d'une fille et connaître ses besoins. Il fallait que je comprenne Bella comme une personne ordinaire le ferait, sans mon don, et c'était incroyablement intimidant et frustrant.
Donc je me retins et laissai ma nature prendre le dessus. J'arrivais à m'éloigner, le travail et James me distrayaient, me permettant de laisser un peu d'espace entre nous. Mais Bella était forte. Mentalement et émotionnellement, elle savait ce qu'elle voulait et elle ne se doutait sûrement pas combien je lui en étais reconnaissant. Dans notre relation ce ne pouvait jamais être la volonté de l'un contre celle de l'autre. Il fallait que nous mettions nos forces en commun et déterminions qui allait diriger. Cette fois-ci ça avait été elle. Il fallait que je la laisse me dire comment elle voulait qu'on fasse.
Comme d'habitude Bella parut consciente de mon hésitation et elle m'avait testé, n'ayant aucune idée de combien j'avais dû lutter dans le grenier. Je l'avais entendue monter l'escalier et tandis qu'elle apparaissait dans l'encadrement de la porte, j'avais utilisé ma vision périphérique pour la regarder, ses fines jambes et ses tongs. Je la sentis, derrière moi, s'installer au bord de mon bureau. Je ne la voyais pas mais je pouvais entendre chacun de ses mouvements, le balancement de ses pieds et de ses jambes, le bruissement de sa jupe, le bruit de ses chaussures cognant contre le bois dur. J'avais été agressé par l'odeur de ses cheveux quand elle les avait attachés.
Je lui tournai le dos et elle ne voyait pas ma réaction. J'utilisai toutes mes forces pour garder mes pieds en place et éviter à mes genoux de craquer sous la pression. Le venin coulait doucement dans ma gorge, moins à présent mais toujours. Mon corps entier régissait à sa présence et telle une rangée de dominos je les sentais tomber les uns après les autres, mes poings étaient serrés, mon pantalon était devenu étroit et mes narines étaient dilatées à son succulent arôme.
C'est à cet instant qu'elle m'appela et ma retenue lâcha. Avec autant de calme que je pouvais je me tournais lui laissant voir mon désir. Je l'écoutai et lui répondis lorsqu'elle me parla mais tout ce à quoi je pouvais penser était à ses jambes nues et à ce que je ressentirai quand je toucherai sa peau du bout de mes doigts. Et à chaque mot qu'elle disait je voulais fermer ses lèvres avec les miennes, voulant qu'elles parlent à travers moi, pas à moi. Les mains tremblantes elle me tira à elle, m'invitant à me connecter à son corps et je ne pus pas résister bien longtemps. Je lui respirai dessus et pour un moment c'était beaucoup trop - presque trop et je priais silencieusement qu'elle reste tranquille pour pouvoir me calmer. Son silence me permit de le faire et mes sens arrivèrent à discerner quel était le désir le plus fort et ce n'était pas la soif de son sang, c'était mon désir physique donc je l'avais embrassée et à mon grand soulagement elle m'avait embrassé en retour.
J'étais en train de revivre ce moment dans ma tête quand j'entendis des pas approcher. Une silhouette émergea de l'épaisseur de la forêt et j'étais à ses côtés en un instant. La prenant entre mes bras je la soulevai et la fis tourner. Si Bella était ma boussole, Esmée était ma constante. Elle était honnête et franche, elle ne jugeait jamais et ne voulait que le meilleur pour ceux qu'elle aimait. J'avais été là pour elle quand elle s'était réveillée de la mort, perdue et effrayée. Elle avait été là pour moi quand j'étais revenu la première fois, amer et vide. Nous nous étions soutenus l'un l'autre pour traverser tout ça. J'étais proche de chacun des membres de ma famille mais Esmée et moi partagions un lien différent. Nous avions grandi ensemble dans cette seconde vie, contrairement aux autres. C'est vers elle que j'allais quand j'avais besoin de connaître la vérité. Et jusqu'à présent je n'avais pas voulu entendre ce qu'elle avait à dire.
Je plantais un baiser sur son front ferme et laissais ses pieds retoucher le sol. "Tu m'as manqué," lui dis-je et dans l'obscurité je pouvais voir ses yeux d'or m'observer.
"Tu m'as manqué aussi," dit-elle, en réponse et elle tendit sa main pour repousser mes cheveux de mon visage. Je glissai ma main dans la sienne et nous marchâmes vers le grand rocher où nous nous installâmes.
C'était notre endroit. Le mien et celui d'Esmée. Nous ne venions pas ici souvent mais après que j'aie quitté la famille, nous avions eu des moments difficiles. Elle voulait m'aider, me materner et je devais lui rappeler constamment qu'elle n'était pas ma mère, et que c'était moi son grand frère et que je pouvais me débrouiller seul. Alors nous nous étions fixés des rendez-vous à l'avance, nous nous retrouvions ici pour garder les choses au clair et réaffirmer notre affection.
"Eh bien," dit-elle en tapotant mon genou, "Raconte-moi tout sur elle. Tout."
Je la tapai doucement sur le bras. "Non toi en premier. Qu'as-tu entendu?"
Un sourire timide se dessina sur son visage. "Hummm... Alice est au paradis, mais tu le sais déjà. Jasper est fasciné par le concept de ton attraction envers Bella, une humaine. Et Emmett pense qu'elle est bonne pour toi."
Je ris parce que comme toujours qu'Emmett était toujours plus malin que ce que je croyais. Je fronçai un sourcil et demandai. "Et les autres? Qu'en pensent-ils?"
Esmée resta tranquille et je vis son nez se froncer en pensant... Rosalie est inquiète. Pas à propos de Bella mais au sujet des autres vampires. Tu sais bien qu'elle aime avoir une vie tranquille.
J'acquiesçai, pas du tout surpris par la position de Rosalie. Je repoussai les autres pensées d'Esmée et j'attendis qu'elle parle à nouveau.
"Carlisle t'aime et il est toujours fier de tes choix."
Cette dernière affirmation flotta dans l'air pendant une minute et je fus fier. Je trouvai sa main et je jouai avec. "Et toi?" demandai-je, redoutant ce qu'elle allait dire.
"Moi?" demanda-t-elle.
"Qu'est-ce que tu en penses?"
Je la regardai caresser ma joue avec le dos de sa main. "Je pense que tu sembles heureux. Tu es rempli de quelque chose… je ne savais pas que tu l'avais en toi."
Je ne pus m'empêcher de sourire parce que je pouvais le sentir aussi. J'en débordai même. Avec Bella.
"Les autres fois je savais que les choses n'allaient pas. Evidemment Rosalie et toi étiez incompatibles et je n'ai toujours pas la moindre idée de comment Carlisle a pu penser que ça fonctionnerait. Et Tanya..." elle laissa la phrase inachevée et je ne pus empêcher la grimace de s'installer sur mon visage. "Bon Tanya nous a montré qu'il fallait qu'on soit honnêtes avec nous-mêmes. Tu ne peux pas faire fonctionner les choses pour les autres. Tu as clairement appris cette leçon."
Elle avait raison. J'avais appris cette leçon et c'était pourquoi j'étais prêt à me battre aussi fort et à risquer beaucoup pour Bella. Une fois je m'étais battu pour de mauvaises choses. La mauvaise personne.
"Elle me fait relever des défis, et elle m'accepte. C'est plus que tout ce que j'aurais pu espérer."
Esmée rit doucement. "Il faut que ce soit un fort tempérament pour rester près de toi. Plus forte qu'Alice ou même que Rose." As-tu pensé à l'avenir?
"Pas encore. C'est trop tôt, mais je sais qu'il faudra que nous le fassions," répondis-je, et cette pensée m'incommoda. Tout était nouveau mais aussi étrange que cela paraisse nous n'avions pas tout le temps.
Je cognai contre son épaule avec la mienne et nous restâmes tranquilles un moment. J'écoutai ses pensées avec les bruits de la forêt et les crissements des grillons. Esmée fredonnait une mélodie que j'avais écrite pour elle, les notes passaient dans sa tête.
Elle posa sa tête contre la mienne confortablement et je dis : "Je compose à nouveau."
Pour elle?
"Elle m'inspire."
De l'inquiétude passa dans ses pensées… des 'si' allaient arriver. Si je la blessais? Si James arrivait à l'avoir en premier? Si ce n'était pas la vie qu'elle voulait? Si je la perdais? Alors quoi?
Je repoussai toutes ces pensées préférant pour l'instant rester dans mon état de déni. Esmée et moi passâmes le reste de la nuit assis sur notre rocher parlant de l'amour et de la façon dont il nous change. Elle me raconta une fois de plus sa première rencontre avec Carlisle quand elle était humaine et comment c'était encore trop tôt. Je me demandai si Bella et moi nous étions rencontrés à un autre moment, dans d'autres circonstances, comment les choses se seraient passées. La lumière de l'aube commença à percer derrière les arbres, nous nous dîmes au revoir, nous étreignant fermement et je lui promis de lui amener Bella bientôt. Mon cœur était plus léger en la regardant disparaitre derrière les buissons de la forêt. Une fois que je ne pus plus entendre le bruit de ses pas, je courus dans la direction opposée, vers Bella.
=== Bella ===
"Un thermomètre à viande?" demandai-je, en déballant l'article suivant qui était sur le comptoir face à moi.
La tête d'Edward avait disparu dans un grand carton posé sur le sol de la cuisine et je l'entendis répondre avec un soufflement, "Bien sûr, pourquoi pas?"
"Parce que je ne mange pas de viande?" dis-je, en observant le thermomètre en métal dans ma main.
Il releva la tête et posa ses mains sur le bord du carton, ses avant-bras nus et tendus. Il avait un morceau de mousse d'emballage accroché dans ses cheveux ébouriffés. Perplexe, il répondit, "C'est vrai. C'est drôle d'ailleurs, tu ne manges pas d'animaux mais moi si?"
"Dingue … mais quoi qu'il en soit aucun de nous n'a besoin de ce genre de thermomètre," dis-je, et je le mis du côté des choses à rendre.
Plus tôt aujourd'hui j'étais à mon bureau lorsque quelqu'un avait sonné. Edward m'avait poussée et avait rapidement signé pour plusieurs colis avant de les porter dans la cuisine. Il avait une expression toute excitée et je pouvais voir une trace de fierté dans son sourire tandis qu'il transportait la plus grande boite dans mon bureau.
Avant même que j'aie pu me lever, je l'entendis ouvrir les cartons, glissant ses ongles acérés sous le ruban adhésif. Hypnotisée, comme d'habitude, par le contraste brutal entre ses mouvements gracieux et ses capacités physiques, je le regardais avec fascination déballer ce qu'il y avait dans les cartons.
"Puis-je te demander qu'est-ce que c'est que tout ça?" dis-je, une fois que mes yeux eurent quitté ses mains et que j'eus trouvé les bons mots.
Il s'arrêta et sourit d'un air penaud. "C'est pour toi. Du matériel de cuisine. Maintenant que tu vis ici, tu dois avoir quelques ustensiles pour cuisiner."
Je sentis un sourire s'étaler sur mon visage. C'était incroyablement doux. Il était incroyablement doux. Je me dirigeai vers lui et arrêtai ses mains qui sortaient des objets emballés du carton. "Merci," dis-je et laissai ma main glisser sur sa taille. Je le regardai, attendant son approbation puis quand il me fit un signe, je me hissai sur la pointe des pieds. Mes lèvres trouvèrent les siennes, fraîches et lisses, et je l'embrassai chaleureusement.
Il m'embrassa en retour et quand nous nous quittâmes sa langue se précipita sur mes lèvres pour un balayage final, provoquant une sensation de faiblesse dans mes jambes. C'était toujours ainsi. Ses baisers me rendaient faible, me faisaient bégayer ou balbutier. Edward était convaincu que c'était son charme vampirique. Je le laissai le croire mais je savais que ce n'était pas vrai. C'était tout simplement lui et son contact qui me captivaient. Mon corps lui appartenait, mon esprit ainsi que mon âme.
Je m'obligeai à retourner à mon carton mais je me retrouvai à le regarder. Il était détendu et heureux, son visage avait toujours été lisse et parfait mais je savais à présent qu'il y avait toujours eu de la colère et de la tristesse sous-jacentes. Mais depuis que nous étions ensemble, tout cela avait disparu. Il était occupé à trier les ustensiles, les cuillères à mesurer, des baguettes - pour manger Thaï, s'était-il exclamé avec joie. Il était magnifique et rassurant. Il était formidable et transmettait l'enthousiasme comme les enfants savent le faire. Je me sentais attirée par lui comme je ne l'avais jamais été par personne. Et bien que je sois contente de travailler si près de lui, j'avais encore des questions et j'avais besoin de réponses.
Mais je ne savais pas comment l'aborder. Pas vraiment. Edward venait d'une autre époque. Il était poli et réservé. Il fallait que je sache où étaient nos limites personnelles en réalité. Il fallait que je sache où était le danger et s'il me voulait autant que je le voulais.
Une heure plus tard je réfléchissais toujours à comment lui poser ces questions quand je m'aperçus que la plupart des cartons avaient été déballés. Edward tenait une roulette à pizza dans sa main, la faisant rouler encore et encore sur son doigt.
"C'est merveilleux," dit-il complètement fasciné par ce petit couteau en forme de roulette. "Donc tu le mets sur ton pain et il roule en ligne droite sans s'arrêter." Je hochai la tête, essayant d'empêcher mon expression amusée de se montrer. Pour quelqu'un qui avait vu autant de choses et avait tant vécu, ça pouvait paraitre complètement incompréhensible.
Je grimaçai quand il le fit rouler sur son bras, une ligne pâle apparaissant pour une seconde mais ça guérissait instantanément. "Alors ta peau cicatrise simplement?" demandai-je.
"Oui regarde." Il sortit un couteau du bloc et le passa sur sa joue. Au lieu de voir du sang on ne voyait qu'une petite ligne rosée qui disparaissait rapidement. "Et il faut que j'appuie vraiment fort pour y arriver."
Je marchai vers lui et levai ma main. Il baissa la tête et tourna sa joue vers moi et je pus sentir. Il n'y avait aucune trace de blessure, sa peau était aussi lisse qu'avant. Avec mon autre main j'enlevai la mousse qui était restée dans ses cheveux.
"Donc tu ne peux pas être blessé, sauf si on te démembre et qu'on te jette au feu en morceaux? Ce qui ne peut être fait que par un autre vampire ou par un loup-garou?" demandai-je.
Il hocha la tête et dit, "C'est un avantage et aussi un inconvénient." L'inconvénient disait-il c'était d'être coincé comme ça pour l'éternité. Il n'y avait pas de solution facile.
"Mais tu peux aller au soleil, tu n'y vas juste pas," confirmai-je. Je ne comprenais pas ça et j'y avais pensé un moment pour savoir comment aborder ce sujet. Il faisait soleil aujourd'hui, pas de nuage dans le ciel et j'avais une idée. "Dans tes journaux tu dis que tu ressembles à un monstre au soleil, que ça révèle ta nature démoniaque. Je ne comprends pas. Tu ne donnes pas plus d'explications."
Edward rangea le couteau dans le tiroir ainsi que le doseur dans le placard. "C'est difficile à expliquer. Mais ça nous oblige à rester à l'abri, à l'ombre. C'est pourquoi je reste chez moi quand il fait soleil, c'est pourquoi nous vivions ici."
J'étais appuyée contre le comptoir sur les coudes. Je voyais qu'il était mal à l'aise et je ne le voulais pas. "Montre-moi?" demandai-je.
Il sembla peiné et dit. "Il ne vaut mieux pas, c'est tellement bizarre."
Je me redressai et m'approchai de lui. "Je t'en prie?" suppliai-je. "Je veux tout savoir de toi." Je le pris par le bras et le tirai vers la porte de derrière, celle qui donnait sur le patio.
Il faisait magnifiquement beau dehors, ça faisait mal aux yeux. Je passais devant lui, dans la chaleur et lui resta juste sur le seuil de la porte.
"Viens Edward. Ça ne peut pas être si horrible," ris-je, mais il ne voulait toujours pas bouger. "Oh. Mon. Dieu. C'est ça! Ton visage se couvre de piquants ou alors il se transforme comme celui des vampires à la télé?" J'essayai d'en plaisanter mais son hésitation m'inquiétait.
Je revins vers lui et posai mes mains sur lui. "C'est bon, tu peux me montrer."
Je le tirai gentiment, il était un pas derrière moi, le soleil tapa sur le dessus de ses cheveux, éclaircissant le bout de ses mèches cuivrées. Je me penchai et commençai à poser de doux baisers sur son visage en commençant par son front puis allant vers ses joues, en passant par son nez jusqu'à ce que j'atteigne sa bouche. Mes doigts s'agrippèrent à sa chemise, près de sa taille et je pus entendre un grognement sourd. Parlant contre ses lèvres je dis," Ferme les yeux." Et je sentis qu'il les fermait et je fermai les miens aussi tandis que je le faisais avancer, essayant de le distraire avec ma bouche et mes mains.
Je sentis le soleil taper sur ma tête et j'ouvris les yeux pour le voir, grand et mince, les yeux fermés, étincelant dans la lumière du soleil. C'était comme s'il s'était roulé dans un scintillement irisé. Il semblait être recouvert de diamants.
Je fis courir mes doigts sur ses bras, les laissant glisser sur sa peau brillante. Il frissonna à mon contact, ce qui me fit plaisir. Mes mains voyagèrent sur le tissu de sa chemise jusqu'à son cou où à nouveau je touchais sa peau, faisant jouer les ombres et révélant la beauté de cet homme. Je suivis le col de la chemise et m'arrêtai au bouton sous sa gorge et demandai : "Puis-je?" Et les yeux toujours fermés il opina, me donnant sa permission. Mes mains défirent les boutons soigneusement, un à la fois, laissant apparaitre le brillant sur sa peau, révélant lentement son torse puis son estomac.
Une fois entièrement déboutonné je repoussai le tissu sur ses épaules, le laissant glisser le long des ses bras et tomber au sol. Sa peau était exposée, pâle et blanche, miroitant au soleil de l'après-midi. Mes mains trouvèrent ses abdos ciselés et parfaits, et tracèrent ses muscles un par un jusqu'à ce que j'atteigne sa poitrine. "Tu plaisantes j'espère?" me demandai-je, à voix haute, mes yeux attirés par les reflets des étincelles sur moi.
"Pourquoi," demanda-t-il, rompant le calme.
"Toi! Tu agis comme si tu paraissais horrible ou effrayant." Je marchai autour de lui et passai mes mains sur son dos sculpté et flamboyant. On aurait dit qu'il était recouvert de sucre. Et il me fallait toutes mes forces pour ne pas lécher sa peau.
"Les gens ne sont pas comme ça Bella. Pas les gens ordinaires en tout cas," dit-il, avec mélancolie, sa voix lourde de regret.
J'arrêtai de le mater un instant et le tournai vers moi. Je glissai mes doigts dans les siens et l'amenai vers le coussin moelleux d'un fauteuil en osier dans le patio.
"Tu n'es peut-être pas normal, Edward mais tu es très beau." Je laissai trainer mon doigt sur son visage et le poussai sur le fauteuil. "Et tu n'en as pas la moindre idée," dis-je, avant de m'installer sur ses genoux.
=== Edward ===
Je tendis ma main et repoussai ses cheveux collants derrière son cou. Son visage était rouge à cause de la chaleur et je pouvais voir une goutte de sueur rouler sur sa nuque. Je l'amenai vers moi et posai mes lèvres contre sa peau, la goûtant.
Ça faisait un certain temps que nous étions assis dans le patio, le soleil baissait et n'éclairait plus qu'un coin du sol carrelé. Les mains de Bella étaient toujours posées sur mon torse nu, comme si elles y étaient fixées avec un adhésif. A l'extérieur j'affichai toujours cet air sûr de moi mais à l'intérieur j'étais complètement chamboulé. Ses mains étaient douces, trop, et elles passaient sur mon corps avec tendresse et mon corps était parcouru d'électricité. Notre proximité était nouvelle et exaltante.
Les réactions de Bella m'étonnaient, comme d'habitude. J'avais passé toute ma vie à penser qu'exposer ma peau était effrayant mais elle m'avait prouvé que j'avais tort une fois de plus, trouvant de la beauté là où il n'y en avait pas. Elle avait sa tête posée sur mon épaule, ses doigts explorant ma peau. Brisant la quiétude. "Edward?" j'acquiesçai et elle continua. "J'ai quelques questions à te poser."
"Tout ce que tu veux," répondis-je et je passai mon nez sur le velours de son oreille.
Elle frissonna et je sentis un sourire contre mon torse. "Il faut que je sache exactement ce que nous pouvons faire."
"Faire?"
Elle appuya son front humide un peu plus fort contre moi et sa peau déjà rougie fonça davantage. Je savais ce qu'elle voulait. Le battement de son cœur et sa voix tremblante me l'indiquaient. Je pouvais sentir l'adrénaline dans son corps. L'idée qu'elle me veuille était passionnante et excitante mais cette partie devait être freinée à cause de la réalité de la situation.
"Et oui, il y a du venin et des dents et toutes sortes de choses étranges que je ne comprends pas," marmonna-t-elle. La brise souffla sur le patio nous rafraichissant. Je pouvais entendre les attaches des suspensions des fleurs qui s'agitaient en se balançant.
Je tournai son menton vers moi. "Tu veux vraiment savoir?"
"Bien sûr, Edward, nous ne sommes plus des enfants. J'ai eu des relations avant et je suppose que c'est la même chose pour toi."
Je hochai la tête, un pincement de jalousie sans fondement surgit à cette pensée que Bella avait été avec un autre homme. "Oui mais l'homme avec qui tu étais était humain et pour moi elle ne l'était pas."
Nous laissâmes cette constatation entre nous un moment et elle embrassa rapidement mon front puis dit : "Alors nous commençons du début je suppose. Nous avons besoin de savoir tous les deux ce qui est sûr et avec quoi nous sommes à l'aise."
Ses yeux étaient sérieux, elle avait une foi totale. Cette discussion était difficile pour moi. Pas seulement parce que je ne voulais pas la décevoir mais parce qu'à mon époque les hommes et les femmes ne discutaient pas de ce genre de choses. Mais nous étions à son époque plus à la mienne et je savais qu'il fallait que je m'adapte. Nerveusement je passai ma main sur sa jambe et laissai mon doigt atteindre son pouls derrière son genou, laissant son rythme me donner le courage nécessaire.
Bougeant sur mon siège je me relevais un peu, l'entrainant avec moi. "Bon, je ne suis pas certain. Je n'ai pas la moindre idée si un vampire a déjà eu une relation avec une humaine, ni assez vécu pour le savoir."
Elle se raidit un peu mais ses mains continuèrent à caresser mon torse alors je continuai. "Nous pouvons nous embrasser, le venin n'est pas nocif en cas d'ingestion par voie orale. Même si tu as une petite coupure dans la bouche rien ne se passerait." Je fis la grimace. "Mais c'est vrai que mes dents sont très acérées, c'est la façon dont nous sommes, dont nous nourrissons et luttons. Si tu te blesses sur elles, le résultat sera désastreux."
Son rythme cardiaque accéléra à mes oreilles et sous mon doigt. Après avoir dégluti elle dit : "Explique-moi ce que tu entends par résultat."
"Si mon venin entre dans ton système sanguin directement, autrement que par une petite morsure ou coupure, tu pourrais commencer à te transformer."
"Transformer... pour devenir comme toi?" éclaircit-elle.
Je pouvais sentir sa peur mais ce n'était pas suffisant, ça me laissait perplexe. "Oui comme moi et je te tuerai dans le processus." Je fermai les yeux et pris une profonde inspiration en aspirant son odeur. "Si je goûte ton sang, Bella je ne suis pas sûr de pouvoir me retenir."
Pensivement elle résuma, "Donc il nous est permis de nous embrasser même bouche ouverte mais en faisant attention à tes dents."
Je hochai la tête.
Elle aussi. "Donc ce que tu dis c'est que tu t'es éloigné de moi." Une expression d'irritation traversa son visage.
"Désolé. Je n'étais pas sûr..."
"Edward. Ne me traite pas comme si j'étais une petite poupée fragile. Je ne le suis pas," dit-elle, en faisant la moue.
Je hochai la tête. Elle avait raison. "Je suis désolé. Mais tu es très importante pour moi, pour que je mette ta sécurité en jeu de quelque façon que ce soit. Il faut que tu saches que toutes les précautions que je prends sont nécessaires. D'accord?"
Elle remit sa tête contre mon torse et me serra dans ses bras aussi fort qu'elle put. "D'accord je te fais confiance mais ne me sous-estime pas non plus."
Elle bougea et je pus voir son visage, je lui dis, "je ne le fais pas. Ce sont toutes tes questions?" demandai-je, mais je connaissais déjà la réponse. "Y a-t-il autre chose que tu veuilles savoir?"
Elle me fit face et dit. "Tu sais ce que je veux savoir."
Oui. Mais ce n'était pas ce que nous voulions entendre et je ne voulais pas être celui qui allait lui dire. Je soupirai. "Je ne suis pas sûr, cette situation est sans précédent et donc dangereuse. Tous mes fluides sont remplacés par le venin et c'est la préoccupation majeure. Contrairement à un baiser il y aura une plus grande quantité de venin à gérer. Et il n'existe aucun moyen de savoir si c'est possible ou pas."
Son visage s'assombrit un peu mais elle semblait considérer cette information sérieusement. "Mais nous pouvons nous embrasser, vraiment nous embrasser, pas vrai?" demanda-t-elle. Je ris et lui dit "Oui," et j'aimais la façon dont ses yeux s'illuminèrent à cette idée de 'm'embrasser vraiment'.
Puis je regardai ses yeux plissés et les engrenages tourner dans sa tête. Que n'aurais-je pas donné pour lire ses pensées à ce moment-là! J'attendis, sachant qu'il y avait plus et finalement elle dit. "J'ai une autre question." Elle se redressa et me regarda méchamment.
Je gémis intérieurement. Ça n'allait pas être bon. "Une seule?" demandai-je, pour gagner du temps.
"Pour l'instant," dit-elle et elle quitta mes genoux. Je la regardai ajuster son short puis elle m'attrapa par la ceinture me faisant lever du fauteuil en tirant mes deux mains. Je la suivis tandis qu'elle m'entrainait vers le dernier endroit où le soleil brillait encore et ma peau se mit instantanément à étinceler.
Ses mains étaient posées fermement sur mon pantalon et ses doux doigts caressaient ma peau. "De quoi s'agit-il?" demandai-je.
Elle souffla et se mordit la lèvre me couvrant de son odeur. "Eh je suis curieuse, je voudrai savoir quelque chose…" dit-elle en me tirant plus près.
"Bien." J'avais été honnête tout ce temps il n'y avait pas de raison que ça s'arrête maintenant.
Elle fit une pause encore une fois, s'agitant sur ses pieds, nerveusement. Impatient, je pris son visage dans mes mains et arrêtai ses mouvements avec un baiser ferme sur sa bouche. Elle répondit avec empressement, me poussant plus loin cette fois, appuyant sa langue sur mes lèvres. Je ne pouvais pas lire ses pensées mais je pouvais comprendre ses attentes. Elle allait me tuer.
A regret j'arrêtai le baiser et dis, "Alors, quelle est la question, Bella?"
Elle soupira longuement, elle avait le regard perdu et je ris à son air hébété. Elle essaya de voir comment je me sentais. Elle secoua la tête pour s'éclaircir les idées et dit : "Oh oui alors... hummm... est-ce que tout ton corps brille comme ça?" Et elle resserra sa prise sur mon pantalon provoquant un tressaillement à l'intérieur.
Ma bouche s'ouvrit de surprise ce qui l'encouragea. "Elle aussi? Elle brille?"
Elle était tout près, ses petites mains sur mon pantalon, posant des questions très intimes. J'étais très horrifié à la pensée de ce sujet en entier mais quelque chose dans la façon dont ses pieds tapaient me faisait me demander si elle était vraiment aussi courageuse qu'elle le montrait. Je pris ses mains dans les miennes, les posant sur ma taille et dit. "Bella, un jour j'espère que tu le découvriras mais pour l'instant c'est un mystère que je vais garder pour moi…" Je lui fis un sourire en coin espérant qu'elle allait me laisser esquiver la question. Son sourire me dit qu'elle le faisait et debout dans le soleil de la fin de cet après-midi, brillant comme un diamant, je l'embrassai, sachant que c'était plus que ce à quoi nous nous étions attendus.
X x X
J'étais assis au piano, un cahier face à moi, noirci de ma nouvelle composition. Je n'avais pas besoin de papier je l'avais en mémoire, bien sûr, mais c'était comme un filet de sécurité. Ça m'aiderait si je me trompais. Ce qui était impossible, ça n'était jamais arrivé. Mes doigts pouvaient se poser sur les touches et je jouais les notes dans ma tête, entendant la musique sans la jouer. J'étais bloqué. Bella m'inspirait mais quelque chose à l'intérieur de moi refusait de finir. La musique était mon dernier lien avec l'humanité. J'avais joué du piano avant ma mort et c'était le seul vrai talent que j'avais emporté de l'autre côté. J'avais arrêté il y avait des années quand j'avais réalisé que je vivais une fausse vie. Faisant semblant de vivre comme les autres alors que j'en étais extrêmement loin. Cependant je me sentais prêt mais je ne l'étais pas tout à fait.
Exaspéré, je refermai le couvercle et quittai la pièce, dévalant l'escalier vers mon bureau. Il était tard. Bella dormait dans sa chambre et comme toutes les autres nuits avant, j'étais désœuvré. James m'échappait pour le moment. J'attendais d'avoir des informations de la part de Carlisle concernant les loups et un rendez-vous arrangé avec eux. Il y avait des piles de documents qui attendaient sur mon bureau mais rien ne m'intéressait. Travailler, étudier apprendre. Plus rien ne m'intéressait. Une seule chose retenait mon intérêt, Bella.
Si j'avais pensé que mes tendances obsessionnelles allaient décliner une fois qu'elle serait à la maison et que nous aurions une relation et bien je m'étais trompé. Je la désirai plus que jamais. Alors cette nuit, je me promenais dans la maison, comptant les cd, les livres, sentant son odeur dans son pull bleu qu'elle avait laissé sur le dossier de sa chaise, j'ignorai les battements de son cœur, toujours uniforme, calme et reposant. La nuit c'était plus difficile de l'avoir ici et de devoir la laisser tranquille. Je voulais être avec elle tout le temps, l'avoir près de moi. Alors j'avais repris mes vieilles habitudes, je m'étais juste adapté à cette nouvelle situation.
Chaque soir j'essayais mais échouais à rester à l'écart, chaque fois je sentais cette attraction, ce besoin d'être près d'elle. Ce soir j'avais tenu plus longtemps, sûrement porté par les baisers et les caresses de notre après-midi dans le patio. Quand je sentis l'envie, je laissai mon esprit vagabonder, revivant les heures passées ensemble, nous explorant corps et âme. Mais j'avais atteint ma limite et je sprintai dans l'escalier, m'arrêtant devant sa chambre et je languissais devant sa porte.
Je commençai donc avec cette nouvelle habitude, attendre et écouter, guettant ses mouvements pendant son sommeil, toujours devant sa porte, sans jamais m'approcher de son espace, je fus surpris d'entendre un clic et de me retrouver nez à nez avec mon obsession, Bella.
"Edward," dit-elle, et mes yeux s'écarquillèrent en entendant sa voix. Ses yeux étaient bouffis et à moitié ouverts. Son visage portait les traces des plis de son oreiller. Ses cheveux étaient emmêlés. Elle était vulnérable et exquise.
"Oui?" répondis-je, humilié d'avoir été pris sur le fait mais tellement désespéré d'avoir un contact avec elle.
Elle frotta ses yeux paresseusement avec le dos de sa main puis bâilla. "Arrête de rester dans le couloir, viens au lit."
Etonné, je hochai la tête et la regardai partir en titubant vers le lit, rabattant les couvertures sur elle et roulant sur le côté.
Je restai sur le seuil de la porte, incertain, effrayé qu'elle dorme debout et d'être en train de dépasser les limites. Au moment où j'étais sur le point de me détourner avant de pécher par excès de prudence, elle leva ses yeux sur moi et me tendit la main, caressant le côté vide du lit en me faisant un sourire endormi.
En entrant dans la chambre je retirai mes chaussures, une à la fois. Je glissai sur le lit et posai délicatement mon dos, appuyant ma tête sur l'oreiller. Bella se blottit contre moi et je sentis sa main se poser sur ma poitrine en écartant ses doigts. Je roulai sur le côté et posai ma main sur sa hanche, la tirant contre moi.
Je réalisai que c'était la première fois que je me couchai dans un lit depuis des décennies. Je n'en avais pas eu besoin jusqu'à aujourd'hui. Bella avait brisé tous les murs que mon démon avait bâtis, forçant mon humanité à se manifester. Elle ne m'autorisait pas à vivre sans elle, sans la voir. Elle voulait que je vive cette vie avec elle. Pour une fois, j'appréhendais ce concept de vivre pour quelqu'un, avec quelqu'un et plus dans l'ombre, à lire des pensées et à anticiper des actions.
Je me penchai et embrassai son front en murmurant "merci," et en me préparant pour la nuit comme un participant et pas un observateur.
Petits pas mais on avance quand même
A bientôt!
