Disclaimer : Les personnages sont ceux de J.K. Rowling. Pas les miens. Et cette fic n'est pas à but lucratif.
Genre : UA. Romance. Drame ?
Rating : M, sans aucun doute. Même si ils ne vont pas se sauter dessus dans le premier chapitre è.é
Note de l'auteur: J'attends votre avis sur ce chapitre. Je ne me plains pas; mais le peu de reviews pour mon travail est démoralisant. J'espère juste que cela ne sera pas le dernier chapitre. Car j'avais prévu beaucoup, après cela.
Merci à ma bêta, Roxanne33, d'avoir corrigé ce chapitre.
Message de la bêta: aujourd'hui, c'est moi qui me charge de poster le nouveau chapitre. Donc je vais faire court pour remercier tous ceux qui ont laissé des reviews^^
Bonne lecture!
Ne m'oublie pas sur ta bouche à en perdre les mots.
Mourir. Silencieusement. Doucement. Facilement.
Harry était une ombre. Un corps sans vie. Un pantin sans cordes. Harry était mort de l'intérieur. On lui avait bouffé le cœur, rongé la chair et détruit les os, liquidé ses sens. On l'avait tué. On l'avait réduit à être ce fantôme, cette pâle copie de lui même. On l'avait noyé. Une noyade, qui avait commencé depuis trop longtemps. Il avait touché le fond, vraiment. En fait, c'était dur d'être une ombre. Car être une ombre, c'était exister. Et on ne naissait pas en étant une ombre. Cela voulait dire qu'il y avait un avant. Où on existait pleinement. Où, même si on ne vivait pas, on survivait au moins. Etre une ombre, c'est posséder un avant sans obtenir un après.
Harry ne vivait plus depuis un mois. En fait, l'engrenage avait prit route bien avant. A la mort de sa mère, peut être. A la mort de Kyle, sûrement. Et je me répétais. En disant qu'il crevait, au fil des jours, des secondes. Mais là, maintenant, toute suite c'était l'apothéose. La fin. Le commencement.
On ne savait pas vraiment. Il ne savait pas non plus. Il n'était qu'une ombre, qui avait oublié de vivre. Qui omettait de manger, de sourire et parfois même d'ouvrir les yeux. Il n'était qu'une ombre, qui rêvait de partir. Rêver. Croire. Deux mots, qui lui permettaient de le relier à ce fil, devenu si fin, qu'était la vie. Harry dépérissait avec le sourire, des rêves pleins la tête et de l'espoir mort plein les yeux.
Harry était à peine une ombre, physiquement. Pourtant, personne ne pourrait en témoigner. Car en un mois, il n'avait croisé personne. Lorsqu'il s'était réveillé, il était dans sa chambre. Par magie.
Harry ne descendait que rarement. Une fois tout les deux jours ; pour prendre un biscuit. Tous les matins, après leur départ, pour prendre une rapide douche. Il était presque étonné de ne pas les avoir encore trouvé collés à la porte.
Dire qu'il était maigre aurait été un euphémisme, alors mieux valait ne rien dire. La pâleur avait remplacée son teint habituellement halé, alors que ses joues se creusaient au fil des jours. Ses yeux émeraude avaient perdu le peu d'éclat de vie qu'il leur restait. Et son corps finement musclé avait dépéri. Alors que sa chair disparaissait naturellement face au manque d'alimentation évidente, ses os semblaient vouloir sortir hors de son corps. Comme son cœur voulait s'enfuir de ce corps, à présent trop frêle pour le protéger de la vie.
Et on le laissait crever en paix.
†
Le temps effacé. Les heures décomptées. Les souvenirs oubliés. Les sourires délaissés.
Plus rien ne comptait. Plus rien ne comptait plus. Il ne connaissait plus la date. Cela faisait longtemps qu'elle n'existait plus. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'on l'emporte vers un monde meilleur. Une question de secondes, peut être. Il pouvait la sentir. S'approcher lentement. La mort. Elle était là. Elle le scrutait, elle l'attendait. Et il l'appelait, silencieusement. La priant, dans son lit. Les yeux clos, le souffle rendu irrégulier par la fatigue, et le corps creusé par la privation. Harry priait pour qu'elle vienne. Et pourtant, elle ne vint pas.
Au lieu de ça, il sentit une main sur son front. Un cri. De l'eau. Beaucoup d'eau. Partout. Il se sentit transporté. Transporté loin. Plus haut. Il vit des ombres danser devant ses paupières trop lourdes pour se relever. Puis le noir. La chute. Longue, violente. Mais il n'atteignit jamais le sol.
†
Sa gorge était trop sèche. Ses yeux étaient trop lourds. Et le manque de salive était gênant, alors qu'il essayait désespérément de sortir un mot.
Alors qu'il reprenait ses esprits, un détail qu'il n'avait pas remarqué jusque là atteignit son cerveau endormi Une main. Une main, qui passait dans ses cheveux épais. Une main, qui était douce. Une main, qui frôlait sa chevelure dans une caresse régulière. Une main fine, dont les doigts majestueux s'emmêlaient parfois dans la masse brune.
Finalement, après quelques minutes, alors que la caresse persistait, sa bouche lui répondit enfin. Un murmure rauque et sèche s'élevant de sa personne. Il vint à douter de sa propre voix.
« Que… s'est-il passé ? »
Puis les secondes défilèrent. Lentement. Et il vint à douter. Et si finalement, la connasse l'avait adopté ? Et si finalement, c'était le paradis ? Et si cette main dans ses cheveux était celle de sa mère ? Peut être qu'il était mort. Il se rendit compte que cette idée était totalement ridicule, lorsqu'il sentit son cœur se gonfler d'espoir. Merde, il ressentait encore.
« Je ne sais pas. J'ai eu un mauvais pressentiment. Et vu que demain, c'est le bac, et que je ne t'avais pas vu depuis deux mois, je me suis dit qu'une petite visite ne ferait pas de mal. Et j'ai trouvé un putain de mort sur le lit. Alors, vu qu'on paniquait et que si tu survivais et qu'on t'amenait à l'hôpital, tu nous aurais tué, on a décidé de te laver, de te faire boire et dormir. Maintenant, en gentil anorexique que tu es devenu, tu vas fermer ta sale gueule et tu vas bouffer. »
La voix était sèche. Toujours aussi froide. Toujours aussi cassante. En fait, il était plutôt en enfer. En enfer avec un ange. Harry se dit que pour comparer le jeune blond à un ange, il devait être sacrément malade. Et c'était le cas. Il le savait. Il sombrait. Profondément. Plus que jamais. Il aurait voulu répliquer. Lui hurler d'aller se faire foutre. Lui crier qu'il voulait crever en paix. Mais non seulement il n'en avait pas la force, mais il sentit un contact métallique contre ses lèvres.
Une fourchette. Il était en train de le nourrir. Il sentit les deux bras, dorénavant puissants face à son corps maigre le redresser contre le lit. Une bouchée. Deux, trois. Une assiette. Une deuxième. Une troisième. Une envie de vomir. Un comprimé. Un somnifère. Puis deux. Une caresse sur ses cheveux. Et Morphée, enfin.
†
Harry était épuisé. Vidé de toute force. Il somnolait encore. Comme avant. Comme si les assiettes répétitives n'avaient rien fait. Comme si. Et pourtant, c'était différent. Il pouvait bouger. Il pouvait respirer convenablement. Il pouvait. Il pouvait entendre, aussi. Et la voix douce, chantonnant à ses oreilles était la plus belle des caresses. Il ne connaissait pas son possesseur. Il n'y pensait pas. Il se contenta de se redresser, laissant ses yeux émeraude clos. Ses yeux qui n'étaient plus près à affronter le monde.
« Tu manges, puis tu te rendors, d'accord ? Demain, à dix-heures, Blaise viendra te réveiller. Tu partiras à midi avec lui. On a toutes nos épreuves, demain. Tu auras le temps de revoir ses notes. Et même si tu n'as pas travaillé, ça devrait aller. Tu en as fait largement trop avant. »
†
Les deux journées d'épreuves avaient été longues. Et pourtant, il était soulagé. Il n'avait croisé personne. Ou plutôt, il avait fait en sorte que ses yeux émeraude dorénavant ouverts restent fixés sur la copie. Il avait réussi. Il en était certain. Il ne savait pas par quelle miracle, mais il avait réussit à laisser ses mains tracer des lettres à une vitesse folle, alors que ses jambes le portaient à peine, et alors que ses yeux ne s'éveillaient que trop peu, et que son corps rêvait de lâcher.
Il se sentait mieux. En deux jours, il avait repris quelques couleurs, et se forçait à manger au moins deux repas par jour. Il n'arrivait plus à les fuir. Blaise le collait continuellement, bien que silencieusement. Les mots étaient inutiles. Tout était inutile. Il rêvait d'en finir. Et c'était pour bientôt. Il ne savait même pas ce qui le retenait encore. En fait, si, il savait. Il ne le savait que trop bien.
†
Il hésitait. Il sentait son cœur chavirer. Il sentit ses joues s'enflammer. Il ne savait pas vraiment pourquoi il était là. Il devait y être, c'est tout. Et c'était déjà pas mal. Il aurait pu rester devant cette porte pendant des heures. Des années. Des siècles, peut être. Mais une voix le pressa. Une voix glaciale. Une voix qui fit rater un battement à son cœur. Une voix qui lui disait d'entrer.
Il sentit les pas aériens de Malfoy le suivre, alors qu'il avançait sur le parquet parfait de sa chambre. Harry le regarda à la dérobé, alors que ce dernier allait s'asseoir sur son lit. Son visage aristocratique et pointu était plus fermé que jamais, alors que les prunelles métalliques s'obstinaient à fixer le mur d'en face. Harry allait parler, car personne ne le ferait, sinon. Et qu'il était là pour cela. Mais il se tut, lorsqu'il aperçut ses lèvres rosées se crisper alors qu'un sifflement passait entre ses dents :
« Tu es une merde, tu le sais ? Te laisser crever, sans rien dire. Tu es vraiment le pire des lâches. Tu te crois malheureux, connard ? Tu sais combien Blaise s'en veut, de n'avoir rien remarqué ? Tu es vraiment qu'un putain de... »
Harry le fit taire. Il posa ses lèvres sur les siennes. Ses lèvres glacées, qui avaient goûté au parfum doré de la mort. C'était différent de tous ces effleurements quelconques. Il n'y avait pas de réserve. Il n'y avait pas de tendresse. Et encore moins d'amour. C'était juste ses lèvres appuyées bestialement contre les siennes, alors que sa langue demandait avec désespoir l'accès. C'était juste ses lèvres blessant les siennes, par leur pression désagréable. C'était juste son corps penché sur le sien.
Etonnamment, il ne le repoussa pas. Et après quelques secondes, la langue d'Harry s'engouffra sans attendre dans la bouche du blond. On ne saurait jamais si c'était une invitation ou une protestation. Mais ça ne changeait pas grand chose. Le résultat était le même : sa langue cherchant la sienne. Leurs langues se fuyant, dans un ballet bestial. La violence de leur attirance, résumée dans un seul baiser. Deux langues qui se fuient pour mieux s'entrechoquer. Deux astres qui s'évitent pour mieux se faire mal. Ce n'était pas agréable. Et pourtant c'était bon. C'était fort. C'était un peu eux.
Et pourtant, comme si cela ne suffisait pas, il y eu la douceur qui vint s'en mêler. Alors qu'ils reprenaient leurs souffles pour mieux plonger, il y eu des mains. Une main agile et inexpérimentée sur sa cuisse. Sa jumelle sur sa nuque. Une main osseuse et habituée sur le bas de ses reins, sa jumelle dans ses cheveux blonds.
Et puis tout devint plus confus. L'excitation. Les langues qui se trouvent, pour enfin danser doucement. De la tendresse. Pas assez, mais beaucoup trop. Deux langues qui s'harmonisent. C'était beaucoup plus agréable. Mais ça leur donnait envie de vomir. Ça leur donnait envie de hurler. Car ils étaient blessés. Ils étaient morts, au fond d'eux. Et la douceur fait mal. Et elle fait espérer. Et pourtant, c'était évident que leurs langues reviendraient se cogner. Que les dents reviendraient racler la chair. Et que la violence reprendrait le dessus.
Et pourtant, sur le moment, personne n'y pensa. Car il était beau ce moment. Il était unique. Et terriblement éphémère.
Puis soudain, les vêtements devinrent trop gênants. Les soupirs de plaisirs ne se retinrent plus, alors que les mains frôlaient leurs corps. Les gémissements coulaient sur leurs lèvres scellées, alors qu'ils se frôlaient dangereusement. Et bientôt, ils se retrouvèrent nus. Leurs respirations à présent saccadées refusaient de se calmer. La bouche pulpeuse parcourait le torse finement galbé du jeune blond. Des lèvres aspirant ses boutons de chairs, une langue les titillant. Et un corps qui se cambrait.
Un plaisir nouveau. Qui lui parut interdit. Qu'il n'appréciait pas vraiment. Des orbes grises, qui lui hurlaient d'arrêter autant que de continuer. Des yeux gris qui reflétaient sa peur. Alors il n'irait pas trop loin. Après quelques caresses appuyées, après des baisers trop léger explorant son corps, il lui donnerait ce qu'il désirait.
En douceur, il taquina le gland violacé de désir. Il en apprit le goût avec sa langue. Sous les suppliques, il applique. Après une série de "Potter", il abandonna. Ses lèvres s'enroulèrent autour de sa virilité, glissant sur sa hampe fièrement dressée à une vitesse plus que raisonnable. Sa bouche engloutit son membre, alors que la langue passait après les lèvres. Il sentit l'objet de ses désirs taper contre sa gorge.
Il avait oublié tout cela, depuis quelques temps. En fait, depuis qu'il l'avait rencontré. Il ne s'en rendit compte que maintenant. Mais il n'entendait que les soupirs de son partenaire, son nom revenant en boucle dans un soupir sensuel, et des mains s'accrochant à ses cheveux; le priant de s'activer.
Alors il y penserait plus tard. Il se dirait alors que l'élément déclencheur; c'était Lui. Draco. Malfoy. Non, plus Draco que Malfoy.
Puis il le prévint. Que c'était trop bon. Que c'était fini. Mais il ne bougea pas. Ne voulant rien perdre. Voulant garder entre ses lèvres le goût sucré qu'il possédait. Ne voulant jamais oublié. C'était un peu un adieu. C'était la fin.
Harry vit le regard torturé que possédait le blond. Il était beau, encore pantelant de désir. Il était beau, dans ses draps de soie. Il était beau, et cette vision resterait gravée dans sa mémoire à jamais.
Et pourtant, ses yeux argentés le regardaient avec haine. Il lui avait volé sa dernière parcelle de pureté. Harry ne s'en voulait pas. Harry sentait son cœur se mourir. Il regrettait. Il n'aurait pas dû. Car le goût que possédait sa peau, ses lèvres, était adictive. Il ne voulait plus partir. Plus jamais.
Ne supportant pas le regard glacial que possédait le jeune homme, qui malgré tout paraissait épuisé, Harry se releva. Ses vêtement reprirent place sur son corps place qu'ils n'auraient jamais dû le quitter. Sans vraiment s'en rendre compte, il avait jouit lui aussi. Sans qu'on ait besoin qu'on le touche. Voir l'ange le faire avait suffit. Observer l'orgasme dévorer ses traits était bien mieux.
Harry prit quelques affaires. Ecrivit une courte lettre mise en évidence sur la table, indiquant qu'à la rentrée, ils devraient donner les clefs de la charmante maison à Hermione. Elle en ferait ce qu'elle voudrait, de cette maison salie par les souvenirs.
Il prit ses affaires, son argent. Et chercha son sourire à travers sa chambre il ne le trouva pas. Alors il abandonna, et disparut dans Londres.
Aujourd'hui, il était Harry Potter. Aujourd'hui, il prenait le large. Il fuyait enfin. Il allait redevenir vivant. Il oubliait l'inoubliable. Il allait effacer l'ineffaçable. Il allait réaliser l'irréalisable. Il allait oublier le passé. Il allait effacer les douleurs. Il allait apprendre à vivre. Il allait réapprendre à sourire. Il s'appelait Harry Potter, et il allait renaître. Aujourd'hui, il s'appelait Harry Potter et il était torturé. Demain, il serait Harry Black.
N'oubliez pas le plus important, que ça vous ai plu ou non : une petite review, avec un petit commentaire, ça fait toujours plaisir d'avoir des retours sur son travail^^
A la prochaine !
